00:00Ça a donc été une erreur à un moment de suspendre certaines grenades ?
00:03Alors, de toute façon, la grenade de désencerclement, qui est une arme de guerre, je le répète,
00:06quelles que soient les conditions, ça ne sert pas au maintien de l'ordre dans des manifestations.
00:10Ça sert à gérer l'État quand il est encerclé et au moment où il lutte contre une insurrection.
00:17Ce n'est pas la même chose.
00:18Donc, la grenade de désencerclement n'a rien à faire du tout là-dedans.
00:22Il se trouve que tout le monde parle du LBD comme si c'était une arme stable.
00:25Ce n'est pas vrai.
00:26Le LBD était une arme qui s'appelait le flashball.
00:29Le flashball tirait des projectiles plus larges, plus loin et avec une moins grande vélocité.
00:38C'est-à-dire qu'on pouvait avoir une petite fracture ou quelques hématomes, mais on ne perdait pas son
00:43œil.
00:43On a commandé de nouveaux produits qui s'appellent désormais LBD ou GL06,
00:48c'est le nom du fabricant, qui vient de brûler d'ailleurs en Suisse, avant-hier.
00:52Petit effet secondaire de la vente de LBD à la France, probablement.
00:56C'est ce que disent les autorités suisses, puisque c'est une entreprise suisse.
01:01Et donc, les projectiles sont plus petits, donc ils vous font perdre l'œil.
01:05Ils peuvent étirer de plus près et leur puissance est plus grande.
01:09Mais qui a eu cette idée folle d'utiliser cet outil,
01:14non pas le flashball ancien dont on pouvait discuter,
01:17quand on change la grenade assourdissante ?
01:21Votre collègue Maxime Switek, que vous avez retrouvé tout à l'heure,
01:23est venu ici montrer une grenade lacrymogène.
01:25Il l'a démontée et tout le monde a compris qu'à l'intérieur de la grenade lacrymogène...
01:28Rassurez-vous, ce soir, je suis désarmée.
01:30Oui, tant mieux, parce qu'autrement, vous allez avoir huit jours de lacrymo à la maison.
01:34Je ne suis pas sûr que ça va plaire à votre famille.
01:36Mais sur le fond, vous voyez tous les éléments composants de grenade.
01:39Vous comprenez que la grenade lacrymogène, qui n'est que lacrymogène,
01:43elle explose comme toutes les autres grenades,
01:44en envoyant des tas de petits picots en plastique, plus ou moins grands.
01:49Quant à la grenade assourdissante, c'est de la même manière.
01:51Elle vient de remplacer la précédente, qui était déjà jugée...
01:54Mais Laurent Lunès, il dit, moi, je veux tous les ventailles.
01:56Oui, parce qu'il n'est pas face à une manifestation de manifestants joyeux et sympathiques,
02:01ce qui a été le cas de la quasi-totalité des manifestations collégiens et lycéens,
02:05contrairement à ce qu'on raconte.
02:07Par contre, ce qui n'est pas le cas des blocages de lycées,
02:08pour les raisons que j'ai expliquées tout à l'heure.
02:10Je pense qu'elles sont explicites d'un certain nombre de problèmes
02:13avec des exclus du système scolaire ou des gens qui y sont dedans,
02:16mais qui aimeraient bien être dehors.
02:17Vous avez ensuite des casseurs où, là, il y a une problématique particulière.
02:21Et vous le voyez d'ailleurs avec la problématique du cocktail Molotov.
02:23Le cocktail Molotov, il date de la guerre d'Espagne.
02:26Il n'y a pas de nouveauté.
02:27Le cocktail Molotov n'est pas le problème.
02:29Ce qui est le problème, c'est que désormais, une partie des Black Blocks
02:31envoie du white spirit pendant des heures sur les policiers
02:35pour accélérer le pouvoir inflammable.
02:38On peut de nouveau regarder la séquence ?
02:41On est en train d'analyser si la détonation est une détonation
02:44liée au cocktail Molotov ou un bruit résiduel.
02:47Là, je vais laisser parler le spécialiste et je vais parler du symbole.
02:49J'ai eu plein de collègues qui m'ont dit
02:50« Oui, alors, il faut étudier, il y a les deux secondes,
02:53mais est-ce que c'est vraiment deux secondes ? »
02:54On les asperge.
02:56De white spirit pour que l'effet ne soit pas le cocktail Molotov,
02:59mais décuplant le cocktail Molotov, donc vraiment pour les griller.
03:02Et quand le ministre de l'Intérieur dit « C'est un acte meurtrier »
03:07ou avec une visée meurtrière, il a raison.
03:10Parce qu'on n'est pas simplement dans l'envoi du truc
03:13où les tenues qui appartiennent quasiment…
03:15Non, il y a une préparation.
03:15Ah, c'est très important.
03:16Oui, parce que tout cocktail Molotov n'est pas un cocktail Molotov.
03:19Vous avez des cocktails Molotov à mèche,
03:20des cocktails Molotov par la rencontre au moment où ils se brisent
03:23de deux entités chimiques,
03:24et des cocktails Molotov où vous rajoutez un élément
03:26que je ne vais pas vous donner sur ce plateau,
03:29qui les rendent explosifs, au sens de qu'ils provoquent
03:31une détonation en plus de l'embrasement.
03:34Et si vous rajoutez du white spirit ou autre produit du même genre
03:38que vous envoyez, on ne sait pas très bien ce que c'est
03:40parce que ça ressemble à de l'eau,
03:42pendant 10 minutes, 20 minutes, 1 heure,
03:44et puis tout d'un coup vous envoyez le cocktail Molotov,
03:46vous décuplez le pouvoir abrasif et incendiaire du cocktail Molotov.
03:50Et donc la tentative d'homicide est quand même assez affirmée.
03:53Oui, je le crois vraiment.
03:54On regarde la séquence à la boire ?
04:14D'accord, et donc c'est à la justice ?
04:17Oui, aux experts.
04:18Parce qu'ils vont regarder ça micro-seconde par micro-seconde.
04:21La police technique et scientifique, c'est comme ça que ça va.
04:23En tous les cas, il y a une chose dont on ne peut pas attendre,
04:24c'est la haine qui est envoyée avec un tel...
04:27Ah oui, mais ça c'est l'effet générationnel.
04:30Celui qu'on a totalement sous-estimé, pas vu, pas compris.
04:33Mais rien ne justifie.
04:34C'est agape.
04:34Oui.
04:35Non, non, je dis...
04:37Je ne juge pas des mobilisations sociales et de leur justification.
04:42Question.