00:00Le problème, c'est ni le préfet de police, ni les citoyens qui choisissent l'objectif des casseurs.
00:05Quand ils disent marchons vers l'Elysée, ce qui était aussi le cas quand il y a eu le pillage
00:09de l'Arc de Triomphe,
00:10on sent bien que la police, à ce moment-là, a été dépassée.
00:13D'abord, parce qu'il dit qu'il ne faut pas aller au contact.
00:14Ensuite, parce qu'elle n'est pas mobile, nous sommes le seul pays où, à l'exception du préfet Lallemand
00:19ou de l'ancien directeur central des CRS, Philippe Clémann, on a des forces mobiles statiques.
00:24Et on leur dit, vous ne bougez pas.
00:25Et donc, qui ont fait bouger ? Ceux qui ne sont pas des forces mobiles.
00:28Donc, ceux qui ne sont pas préparés au maintien de l'ordre, à qui on dit, prenez tout sur la
00:31figure,
00:32ce n'est pas très grave, ça passera.
00:34Et en fait, on se rend bien compte que tout a changé dans des objectifs dont une partie des opérateurs
00:39sont soit effectivement de l'effet d'aubaine pour les pilleurs,
00:42soit des gens qui veulent aujourd'hui tuer du flic et pas seulement s'affronter aux institutions.
00:47Il y a un changement très important dans la nature de l'affrontement avec la police.
00:52Et ça, c'est ce que j'explique tout à l'heure, la génération Naël.
00:55– Et est-ce qu'en face, nous, enfin nous, si je puis dire, oui, j'allais dire, nous, les
00:59citoyens,
01:00mais surtout l'État, l'objectif, c'est toujours pas de blesser, pas de tuer ?
01:04– Ah ben bien sûr, j'entends beaucoup de choses absolument fascinantes sur,
01:08oui, mais l'armée qui ne sait pas faire le maintien de l'ordre, et heureusement,
01:11ou les autres, mais moi je suis prêt à entendre,
01:14celui qui vient dire qu'il faut tirer dans le tas assume le lendemain.
01:17Non mais il y en a, il y en a, vous savez, je…
01:20– Oui, certainement, mais…
01:21– J'écoute, j'entends, il y a des gens qui me parlent dans la rue parce que je m
01:25'y promène encore,
01:26je vois des gens tous les samedis en conférence publique,
01:29là je serai à Valence, je vais voir comment ça se passe,
01:31la semaine dernière j'étais à Angoulême, il y avait 4000 personnes qui manifestaient…
01:34– Certains vous disent, il faut arrêter de prendre des pincettes, il faut y aller maintenant ?
01:37– Oui, bien sûr, on a une discussion, parce que je ne les renvoie pas dans leur but,
01:41moi mon problème c'est de faire en sorte qu'ils comprennent le pourquoi du comment
01:46et pourquoi à la fin ça a un effet inverse à celui recherché,
01:50qui est le retour à l'ordre, le retour à l'ordre il faut être plusieurs,
01:53on ne peut pas l'imposer par une décision autoritaire,
01:56et les décisions autoritaires ne remplacent pas le débat sur la revendication sociale.
02:01S'il n'y avait pas eu 600 à 800 000 personnes en masse de manœuvres,
02:05il n'y aurait pas eu tout le reste,
02:06et donc l'arbre de la casse ne peut pas faire ignorer la forêt amazonienne
02:11de la revendication sociale.
02:13– Et pourtant…