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  • il y a 17 minutes
Les chefs d’entreprise peuvent-ils être dyslexiques, HPI voire autiste ? Pour Élise Rousseau, les profils neuroatypiques font potentiellement les dirigeants les plus performants.

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Transcription
00:12Bien dans son job pour s'intéresser, et on en a déjà parlé sur ce plateau, au profil neuro-atypique.
00:18C'est un sujet dont on parle beaucoup. Comment faire lorsqu'on est un dirigeant neuro-atypique ?
00:23Mais justement, on en parle avec vous, chère Élise Rousseau. Bonjour.
00:26Bonjour.
00:26Ravi de vous accueillir. Vous êtes coach, vous faites donc du coaching. Un coaching particulier, on va y revenir, il
00:32est sur mesure, plutôt destiné au cadre dirigeant et aux dirigeants.
00:38D'abord, un petit mot sur vous, parce qu'on ne vient pas par hasard sur ces sujets de neuro
00:42-atypie. C'est souvent parce que nous-mêmes et vous-mêmes, vous êtes traversés par cette neuro-atypie que vous
00:48souhaitez peut-être aujourd'hui rendre et accompagner. Est-ce que je me trompe ?
00:52Exactement. C'est le sujet de ma vie.
00:55Et de votre vie quotidienne, en quelque sorte.
00:56Exactement, aussi. Moi, je suis neuro-atypique. Je l'ai toujours su. Ce n'est pas le cas de toutes
01:02les personnes que j'accompagne. En général, on a des profils qui se savent parfois, à travers un diagnostic qui
01:09est formel.
01:10On a d'autres personnes qui n'ont pas été diagnostiquées et qui, pour autant, se retrouvent dans les discours
01:15que, justement, je mets en avant et qui parlent à plusieurs profils, comme les surdoués, les hypersensibles, parfois, trouble de
01:23déficit de l'attention.
01:24Vous l'avez toujours su. On a peu de temps. Mais vous l'avez toujours su dès l'âge, dès
01:27votre petite enfance. Vous étiez différente.
01:29Exactement. Alors, j'étais très différente. Et puis, j'ai eu la chance d'être quand même détectée à l
01:35'école. Donc, de mon temps, ce n'était peut-être pas aussi commun, ou du moins, c'était moins démocratisé
01:42qu'aujourd'hui.
01:43Et ça se manifestait par quel type de comportement, chez vous ?
01:47Par des réponses qui étaient totalement décalées. C'est-à-dire que j'arrivais au résultat, comme nombre...
01:52Et par un autre chemin.
01:53Exactement. Et d'une manière très fulgurante.
01:58Vous dites à ces dirigeants, à ces cadres dirigeants, alors certains s'ignorent, commençons par ceux qui s'ignorent, puis
02:04il y a ceux qui ne s'ignorent pas et qui ne savent pas quoi en faire.
02:06Ceux qui s'ignorent, comment vous les révélez ? Comment ils viennent à vous ? Il y a des symptômes,
02:11il y a des éléments où ils se disent qu'il y a quelque chose qui ne colle pas. Comment
02:13ça se passe ?
02:14J'ai la chance d'avoir un discours qui parle pas mal à ces gens-là. Pourquoi ? Parce que
02:20j'ai pris le parti d'être très naturelle, et donc de ne pas masquer, de ne pas galvauder, ce
02:26qui parfois peut être stigmatisé, décrié, peu conforme.
02:31Et finalement, à travers cette liberté, mais moi je le revendique parfaitement, ce parti pris de ton qui est sensible,
02:40qui est parfois peut-être un petit peu, on va dire, antique en termes de lyrisme.
02:48C'est très beau.
02:50Eh bien, je prends le parti en tout cas d'assumer tout ça, et c'est aussi le leadership que
02:54j'ai envie de transparaître.
02:56Et j'ai la chance que ça parle à ces gens qui se reconnaissent à travers un discours, une façon
03:02de penser un peu différente.
03:04Ces dirigeants neuroatypiques, ceux qui se sont révélés, ceux que vous révélez, et ceux qui le savent, ça leur pose
03:10quelles difficultés, je dirais, dans leur vie sociale de dirigeants ?
03:13Parce qu'ils doivent prendre des décisions, il y a beaucoup de réunions, beaucoup d'interactions.
03:18Qu'est-ce qui les bloque ? Qu'est-ce qui les gêne ?
03:20Alors typiquement, il y a un double masking. Je vais m'expliquer.
03:23Il y a cette façon de masquer qui l'on est lorsqu'on est neurodivergent.
03:30Mais en plus de ça, il y a une forme de syndrome du héros, lorsque l'on est dirigeant, à
03:36vouloir un petit peu arborer le costume.
03:39Dans première ligne, sauveur du monde.
03:41Exactement. Et donc ce double masking, c'est autant de charges allostatiques, c'est-à-dire autant de charges cognitives,
03:48énergétiques,
03:49pour pouvoir conjuguer et parfois amener ses collaborateurs à suivre.
03:56Mais le problème, c'est que ça ne fonctionne pas comme ça.
03:59Vous, vous les accompagnez, il nous reste peu de temps, mais vous les accompagnez avec une méthodologie, je ne vais
04:03pas préciser,
04:04mais vous n'êtes pas qu'une coach, vous êtes aussi une chercheuse.
04:07Vous allez vers le doctorat, c'est-à-dire qu'il y a aussi un travail de recherche et d
04:11'approfondissement.
04:12Vous avez quoi ? Créé une méthodologie, une grille de travail, c'est ça ?
04:15Exactement. J'ai ma méthodologie en tant que coach.
04:19J'ai aussi, voilà, j'utilise plusieurs outils, notamment de psychologie du travail.
04:25J'ai créé mes propres outils.
04:27Et puis je suis partie un petit peu d'un double spectre,
04:30à savoir celui qui est plutôt, on va dire, auto-ethnographique,
04:36puisque c'est ma vie et que moi j'ai passé ma vie à analyser mes propres internalités,
04:42les conséquences et les relations, les liens de causalité parfois avec l'environnement.
04:48Donc moi j'ai mes propres stratégies, j'ai les outils bien sûr méthodologiques
04:52et je suis aussi en train, voilà, d'investiguer et puis de produire,
04:57puisque j'ai déjà, voilà, deux travaux qui sont sur le chemin,
05:02pour pouvoir rendre compte de cette spécificité, surtout à travers le leadership.
05:07Avant de nous quitter, Élise, 15 à 20% des personnes,
05:10c'est compliqué de connaître le chiffre exact,
05:13qui présenterait une forme de neuro-atipie, vous nous dites le masking,
05:17est-ce que votre mission c'est aussi de faire retirer le masque
05:19et de libérer la personne véritablement dans toute sa puissance et performance ?
05:23Absolument.
05:24Disons que moi j'ai une double mission.
05:26Non seulement c'est de revitaliser ces gens,
05:29parce que j'estime qu'à partir du moment où on vit sous scaphandre,
05:33on ne peut pas être en vie.
05:35C'est artificiel.
05:36Exactement.
05:37On respire à peine et puis c'est l'asphyxie.
05:40Donc moi ma première mission, c'est d'enlever ce masque
05:42pour que les gens puissent vivre et se vivre bien.
05:46Et deuxième mission,
05:47eh bien c'est pour ça aussi que j'accompagne un nombre de dirigeants.
05:51C'est pour peu qu'on ait des ambitions,
05:52pour peu qu'on ait des talents,
05:54pour peu qu'on ait des visions.
05:56On peut être visionnaire et ne pas être entendu.
05:59Et soi-même être complexé pour X raisons,
06:02c'est-à-dire syndrome de l'imposteur,
06:04beaucoup de choses de ce type-là.
06:06Eh bien moi je suis là pour les pousser jusqu'au bout
06:08et qu'ils aillent au bout de leurs ambitions.
06:11Merci Élise Rousseau de nous avoir rendu visite.
06:15Passionnant, déroutant presque.
06:16Merci de nous avoir rendu visite.
06:17Vous êtes coach, vous êtes chercheuse,
06:19avec des travaux qui vont prochainement sortir,
06:21à la fois sur votre travail de recherche,
06:23puis un doctorat je crois aussi sur lequel vous travaillez.
06:26Bref.
06:26Exactement, c'est des séminaires.
06:28Et des séminaires en entreprise.
06:29Coach personnalisé HPI,
06:31mais aussi sur les hypersensibles,
06:33chez les dirigeants notamment.
06:35Merci de nous avoir rendu visite.
06:37On tourne une page,
06:37on s'intéresse à un autre sujet
06:38qui peut être connexe d'ailleurs,
06:40le débat des arrêts maladie
06:41de courte et de longue durée
06:43de salariés en épuisement,
06:44de salariés qui parfois
06:46utilisent ces quelques jours
06:47pour un répit.
06:48C'est un coût évidemment social
06:50et le gouvernement a décidé
06:52de s'atteler à une réduction
06:53du coût de ces arrêts maladie
06:55pour la Sécu.
06:56On en parle avec nos experts.
06:57Pour faire le point,
06:59est-ce la bonne méthode ?
07:00On en parle.
07:01C'est le cercle.
07:01Je vais les racheter tout de suite.

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