00:00Europe 1
00:02Eliott de Valais-Vous, midi 18, merci d'être avec nous sur Europe 1 pour cette deuxième heure d'émission.
00:07Débat autour de l'actualité depuis ces quatre jours, ce sont les violences urbaines aux abords des lycées,
00:12on a abordé le coût de ces événements, on parle maintenant de la gestion politique de la situation.
00:17On est toujours en ligne avec Pierre Jean qui nous a appelé au 01 80 20 39 21.
00:21Et quand l'État est impuissant, vous avez des associations qui essayent de se mobiliser pour tenter de faire face
00:30aux émeutiers
00:31ou de débloquer des lycées ou des universités qui sont finalement en proie au blocus.
00:39Clément Liébar, président de la Cocarde étudiante, était l'invité ce matin d'Alexis de la Fléchère sur Europe 1.
00:44Il explique avoir voulu débloquer une fac, mais non sans difficulté.
00:49Jeudi matin était prévue la première journée de mobilisation dans les universités.
00:53Donc nous avons décidé d'aller débloquer parce que nous pensons que les étudiants sont en droit d'aller étudier,
00:57que ces mobilisations, notamment dans les universités, n'avaient pas de cause légitime.
01:03Donc nous sommes allés débloquer au centre René Cassin.
01:06Nous avons pu déblayer les poubelles et tout ce qui entravait le passage des étudiants.
01:10Et pendant que nous étions en train de débloquer, d'ailleurs c'est quelque chose qui est assez intéressant à
01:14souligner,
01:15la sécurité de la faculté était là et n'avait rien fait lors du blocage.
01:18Et elle est intervenue à ce moment-là pour en quelque sorte se mettre entre les deux groupes et les
01:23séparer.
01:24C'est-à-dire qu'on a une administration et donc une sécurité qui reçoit ses ordres de l'administration
01:29qui est totalement paralysée par l'extrême gauche, qui lui fait peur.
01:33Ça c'est intéressant.
01:34C'est-à-dire, et je me tourne vers vous, le délégué national de l'UNI que vous êtes,
01:41c'est-à-dire que vous avez aussi une administration, Rubens Strachan,
01:45qui est terrorisée à l'idée de faire face à ces groupuscules d'extrême gauche.
01:50Je suis content de voir que d'autres étudiants reprennent nos prises de position sur les blocages.
01:58Effectivement, il y a beaucoup d'administrations, d'universités, de lycées
02:02qui ne veulent absolument pas agir, alors que pourtant ils ont plusieurs possibilités.
02:07Déjà, lorsqu'il y a la fac qui est débloquée par des étudiants ou par l'UNI par exemple,
02:12il est possible de réouvrir tout simplement le campus pour pouvoir permettre aux étudiants
02:16d'y accéder, ce qui n'est pas fait.
02:18La deuxième possibilité, c'est tout simplement de sanctionner lorsqu'il y a des débordements.
02:22Les présidences d'universités ont la capacité de virer quelqu'un définitivement
02:29de l'enseignement supérieur, public, donc c'est quelque chose qui n'est quasiment jamais fait.
02:35Et on a donc une administration qui, soit par peur, soit par complicité, n'agit pas.
02:41Parce que dans certaines administrations, il y a aussi un certain nombre de représentants
02:45des profs des étudiants qui sont d'extrême gauche et qui arrivent à faire pression sur l'université.
02:52On avance et on poursuit la discussion et vous pouvez surtout réagir au 01-80-20-39-21.
02:59Ou alors sur WhatsApp avec Estelle Laffont, on était toujours avec Pierre-Jean, ancien militaire.
03:05J'ai une question Pierre-Jean, vous l'ancien militaire que vous êtes.
03:09Ces délinquants, ces jeunes délinquants qui ont entre 16 et 18 ans,
03:15un petit stage à l'armée de 6 mois, ça leur ferait du bien, non ?
03:18Alors carrément, je suis tout à fait pour le retour au service national.
03:22Ça c'est une bêtise faite par nos gouvernements, c'est une catastrophe.
03:27Et aujourd'hui, sur les dégâts qui sont considérables,
03:33je rappelle que 85% des personnes qui ont été interpellées sont mineures.
03:37Donc les dégâts, c'est aux parents de payer ou c'est à vous Pierre-Jean ?
03:41Absolument, absolument, c'est une condition, je dirais, s'il n'est qu'un autre,
03:45on a les images, on sait qui ils sont, avec les moyens de maintenant,
03:49je dirais que c'est aux parents de payer.
03:51Et aussi en partie, en parallèle, vous mettrez aussi le LFI.
03:55C'est ce parti ou ce groupuscule qui attise la haine et puis le chaos.
04:01Donc je pense qu'il faut aussi taper dans leur portefeuille.
04:04LFI, tout sauf un groupuscule, pour le coup, Pierre-Jean, permettez-moi de vous reprendre.
04:07Je fais attention avec l'Arcom, je peux me faire arcomiser.
04:10Oui, plus sérieusement, LFI, ils ont un pied au second tour de la présidentielle.
04:15Donc ils sont suivis par des centaines de milliers de personnes,
04:20voire quelques millions de personnes.
04:22Ensuite, toute la question est de savoir ce que ferait le bloc central, la gauche,
04:27en cas de second tour entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.
04:32J'ai ma petite idée, bien sûr, la soupe est beaucoup trop bonne,
04:34mais je ne suis pas Madame Nierma, donc je ne peux pas vous dire ce qui peut se passer.
04:39Pierre-Jean, merci de nous avoir appelés depuis la Bretagne, direction le Sud-Ouest.
04:42Au plaisir.
04:43À présent, 01-80-20-39-21.
04:46Laurent est avec nous.
04:47Oui.
04:48Bonjour Laurent.
04:49Monsieur, dames, je ne sais pas s'il y a des dames sur votre plateau, messieurs, dames.
04:51Vous vous présentez, Estelle est la pierre angulaire de cette émission.
04:54Ah, très bien.
04:54Bonjour Laurent.
04:56Bonjour Madame.
04:57Oui, alors vous voulez que je parle de ce qui me fait à cœur ?
05:01Non, mais vous pouvez parler de ce que vous allez déjeuner à midi 23 dans quelques instants,
05:06mais je crois que...
05:06Oui, mais j'étais à l'apéro avec mes collègues, là, vous voyez, on boit pour oublier, en fait.
05:10Oui, mais vous buvez avec modération, bien évidemment.
05:13Oui, bien évidemment.
05:16Bon, cher ami du Sud-Ouest, cher Laurent, évidemment...
05:21Mais vous pouvez dire de Corse aussi, parce que de temps en temps, je vais à Porto Vecchio,
05:25je sais que c'est un endroit que vous chérissez a priori.
05:27Ah bah, écoutez, vous êtes un voisin de Porto Vecchio, bah écoutez, formidable.
05:32Je n'ai pas la prétention de dire que c'est un endroit que je connais bien,
05:35c'est un endroit que j'ai découvert l'été dernier.
05:37Eh bien, revenez-y.
05:39Ah bah, merci de m'inviter, si vous avez un petit endroit, une petite qualité.
05:44Oui, mais c'est cher, je vous louerai quelque chose, mais très cher.
05:47Ah, parce que vous louez des choses en Corse, vous ?
05:49Non, je loue pas, j'y habite.
05:51Ah, vous y habitez à Porto Vecchio ?
05:54Les vacances scolaires, mais je ne peux pas y habiter tout le temps, c'est sûr.
05:57Ah bon.
05:58Renaud, chose sérieuse, cher Laurent, qu'est-ce que vous avez sur le cœur ?
06:03Bon, écoutez, j'arrive en fin de carrière, j'ai 61 ans,
06:06donc j'ai pas mal d'expérience aussi en la matière,
06:08donc je peux vous en parler, de ce qui se passe.
06:10Bon, je suis en collège, mais on voit les effets, en fait, de la massification,
06:14c'est-à-dire que nous, on a des instructions, plus ou moins,
06:17pour laisser passer en troisième le maximum d'élèves en seconde générale.
06:21Et ces élèves-là arrivent en terminale, ils ont le bac,
06:24et après, ils se plaignent du fait qu'il y ait parcours sup,
06:26mais il faut bien qu'il y ait une sélection, à un moment donné,
06:29et elle se fait tardivement, alors qu'elle aurait dû se faire en amont.
06:31C'est ça, le drame.
06:32Donc, en fait, ils subissent un système, bien entendu,
06:35qui est là en place depuis quelques années,
06:37mais ils déplorent les effets, en fait, des causes qu'ils chérissent.
06:41Ils ne veulent pas de sélection avant, mais la sélection, elle se fait à la fin,
06:44de manière très cruelle.
06:46Donc, après, ils se plaignent du fait qu'il n'y a pas assez de profs.
06:48Mais écoutez, les profs, moi, je suis prof en collège, certes,
06:52mais on a des élèves de plus en plus hargneux
06:54qui n'arrêtent pas de nous empêcher de faire cours,
06:56parce qu'ils interviennent sans arrêt, ils contestent tout,
06:59les parents aussi, et vous voulez qu'il y ait des profs après.
07:02Le métier, il n'y en a plus de profs,
07:04parce que les gens, ils ne sont pas bêtes,
07:06ils ne veulent plus être dans des conditions de travail pareilles.
07:08En plus, on n'est pas payé.
07:09Donc, moi, j'arrive à 2995 euros, j'ai 61 ans,
07:13là, je viens de toucher mon salaire au mois d'août, là,
07:162995 euros après impôt.
07:18Bon, voilà, donc, il n'y a plus de profs,
07:20parce que le métier n'est plus assez attractif.
07:22Qu'est-ce que je voulais vous dire ?
07:23Les mesures gouvernementales,
07:24c'est trop horizontal, l'éducation nationale.
07:27Ils veulent redonner de la parole les citoyens,
07:30ils ont des droits, il faut qu'ils parlent,
07:31ces pauvres élèves.
07:33Oui, mais nous, les profs, on n'a plus notre mot.
07:36La verticalité, ça n'existe plus,
07:37l'autorité n'existe plus.
07:39Donc, c'est bien beau de donner la parole à tout le monde,
07:41mais il faudrait peut-être donner la parole aux profs aussi,
07:42c'est les premiers concernés.
07:44Vous êtes profs en collège ?
07:45La réforme à bi, c'est elle qui a déjà déstructuré tout,
07:48puisque le collège unique,
07:50vous en parliez récemment,
07:52de la réforme de Vaquet, etc.,
07:54mais il y avait d'abord la réforme à bi,
07:56qui était un centriste à l'époque, je crois,
07:58qui a voulu que tout le monde suive au collège,
08:02qui n'a plus d'orientation.
08:03Après, ça a été au lycée, le lycée pour tous,
08:05voilà, la massification.
08:07Le collège pour tous, le lycée pour tous,
08:09et après, c'est l'université pour tous,
08:11mais l'université, elle n'a pas vocation, en fait,
08:13à recevoir des étudiants qui, pour la plupart,
08:16végètent la première année, échouent,
08:18et après, ils te retrouvent le bec dans l'eau,
08:20ils ne savent plus quoi faire.
08:21Eh bien, écoutez, cher Laurent,
08:23n'hésitez pas à me rappeler,
08:25parce que votre témoignage est passionnant,
08:27c'est la parole d'un prof,
08:29c'est une parole courageuse,
08:31parce que souvent, les professeurs restent silencieux,
08:34et c'est intéressant,
08:36on pourrait vous confronter, entre guillemets,
08:38mais vous pourriez échanger avec des responsables politiques
08:41qui sont au cœur du réacteur,
08:44et voilà, une parole bien connectée au réel.
08:47Merci Laurent,
08:48je vous souhaite un bel apéro,
08:50avec modération, bien sûr.
08:51Et revenez à Portovesque.
08:53Mais écoutez,
08:55si Dieu le veut,
08:56si la Vierge Marie le désir.
08:59Vous avez eu le maire hier,
09:03il y a eu un beau discours, je trouve.
09:05Vraiment, ce maire est très bien.
09:07Le maire de Portovesque.
09:08Ce n'est pas le maire de ma commune,
09:09mais c'est le maire qui est très bien.
09:11Le maire de Portovesque,
09:12qui était l'invité d'Eliott de Valais-Vous,
09:14entre 11h et 13h,
09:15et qui nous a parlé de ce qui s'est passé en Corse.
09:18Mais je sens que ça intéresse,
09:19et les auditeurs,
09:21qu'ils ne soient encore sous nom,
09:22nous en parlerons à midi 40,
09:24si vous n'avez pas eu toutes les informations.
09:26Mais dans quelques instants,
09:27on reviendra sur les violences post-Blocus,
09:31et on sera en immersion avec des CRS
09:34dans les Hauts-de-Seine, notamment.
09:361027 sur Europe.
09:37Restez bien avec nous
09:38si vous souhaitez réagir à l'émission 01 80 20 39 21.
09:41A tout de suite.