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Michel Onfray passe en revue l’actualité de la semaine dans #FaceAMichelOnfray. Présenté par Laurence Ferrari.
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00:00Bonjour à tous et bonjour à toutes, bienvenue dans Face à Michel Onfray sur CNews et sur Europe 1.
00:04Bonjour Michel, ravi de vous retrouver après cette petite semaine d'interruption due au voyage papal.
00:09On va en reparler d'ailleurs dans un instant, ce pape de Léon XIV en France.
00:13L'actualité cette semaine, c'est malheureusement les violences dans les lycées,
00:16à l'appel de syndicats qui se sont greffés sur la journée de mobilisation des fonctionnaires
00:21avec des centaines d'interpellations, des dizaines de forts de l'ordre blessés,
00:24des centaines de milieux d'euros de dégâts et un parti politique,
00:28la France insoumise qui appelle ses élus à s'interposer entre les policiers et les lycéens,
00:34des élus irresponsables selon le ministre de l'Intérieur.
00:37On verra comment vous analysez la stratégie du parti de Jean-Luc Mélenchon.
00:42La charge lourde du député Charles Aloncle contre l'audiovisuel public,
00:46le rapporteur de la commission d'enquête parlementaire révèle dans son livre
00:49« Je jure de dire la vérité » chez Fayard les pressions,
00:52les menaces en tout genre qu'il a subies tout au long de cette enquête
00:56des méthodes dignes de la mafia.
00:58On se posera avec vous Michel la question de l'avenir de l'audiovisuel public français.
01:03On reviendra donc sur la visite du papillon 14 le week-end dernier,
01:07la ferveur populaire dans notre pays,
01:09que l'on n'avait pas vu depuis longtemps,
01:10et puis vous avez été marqué par son discours civilisationnel à Metz
01:14et le choix de son voyage pastoral au sens propre que nous sommes figurés
01:18puisqu'il a cheminé parmi les pèlerins à Lourdes notamment.
01:21Et alors le point philo nous emmène évidemment sur les traces de saint Augustin,
01:26saint patron du pape Léon XIV, sur la chute de Rome.
01:29C'est le livre que vous nous conseillez, 5 sermons,
01:315 sermons sur la chute de Rome qui nous renseignent sur notre époque.
01:34C'est bien cela Michel ?
01:35Absolument, c'est ça.
01:36Allez, on commence par ce rude retour à la réalité après les 4 jours du voyage du pape.
01:42Eh bien c'était une parenthèse peut-être pacifique, enchantée,
01:46et il y a eu le début des heurts, des violences devant des centaines de lycées en France.
01:50Il y a beaucoup d'images qui ont émaillé cette semaine,
01:53des manifestations, des forces de l'ordre qui ont été blessées,
01:58des personnels enseignants, et c'est ça que je trouvais le plus choquant,
02:00qui ont été poursuivis, blessés, molestés,
02:04et choqués aussi par les forces de l'ordre qui sont attaquées, soyons très clairs.
02:08Et il y a des élèves aussi qui ont été blessés.
02:10Avant de parler de la stratégie politique,
02:13qui évidemment sous-tend ces manifestations,
02:15écoutons les revendications des lycéens.
02:18Revendications, est-ce qu'elles sont crédibles ou pas ?
02:21Je vous propose d'écouter.
02:23En vrai, les dégradations c'est peut-être un peu trop,
02:27mais c'est bien aussi de montrer que c'est important comme mouvement, etc.
02:30Dégrader du matériel public, etc.
02:32C'est peut-être pas la meilleure marche à faire,
02:35mais c'est pas non plus extrêmement négatif,
02:37sachant que c'est une cause importante pour les écoles
02:41qui beaucoup manquent de budget.
02:42Je ne dis pas que c'est bien en soi, je ne porte pas de jugement moral,
02:45mais je pense que c'est un ras-le-bol qui doit être écouté,
02:48qui doit être entendu,
02:50et c'est un moyen de se faire voir,
02:53et aujourd'hui qu'on en parle.
02:54Je pense que ça illustre surtout un ras-le-bol général,
02:58parce qu'encore une fois, par exemple ce matin,
03:01il y avait des lycéens, et puis nous on est jeunes adultes,
03:04et on a le sentiment qu'on se fiche de notre tête.
03:10Pourquoi on fait la grève ?
03:10Je fais la grève parce qu'il y a trop de cours,
03:13et trop d'horaires.
03:15Il faut bien bosser quand même dans la vie.
03:17On bosse !
03:18On bosse toujours.
03:19C'est quoi trop de cours pour toi ?
03:21C'est faire du 8h-17h30 tous les jours.
03:24Et au boulot, tu veux faire du 8h-17h30 tous les jours après ?
03:26Bah ouais, mais là on est mineurs.
03:28Ah ouais, on est mineurs, donc pas assez...
03:30Ah voilà, c'est ça.
03:33Et tu penses qu'on donne la grève, ça va arranger les choses ?
03:35Bien sûr.
03:36Oui, monsieur, il y a toute la France qui se mobilise,
03:38ça va changer quelque chose.
03:39Ça va changer quelque chose.
03:42Et qui est-ce qui doit changer ?
03:44Les conditions de travail, les emplois du temps,
03:46les profs sont là pour nous, la coaching, les règles, tout.
03:49Non, non, pas le mieux, monsieur.
03:51Alors conditions de travail, quoi ?
03:53On est là, on est 25 dans des salles, il n'y a pas de profs.
03:57Ça manque de profs, ça manque de plein de choses, monsieur.
03:58Les profs qui font des grèves !
04:00Voilà pour ces revendications des lycéens,
04:02assez hétéroclites, on va le dire, Michel Onfray.
04:05Qu'est-ce que vous retenez, vous, de tout ça ?
04:07Pour l'instant, et on parlera des dégradations ensuite
04:09et de la stratégie politique de la France insoumise.
04:12Vous savez déjà ce que je pense, ce qu'on appelle les micro-trottoirs.
04:15Je sais.
04:16On essaie d'en mettre plusieurs.
04:17Oui, oui, on prend 10 personnes et puis on choisit dans les 10 personnes
04:21le discours qu'on a...
04:22Là, c'est quand même...
04:22Non, non, j'entends bien.
04:23Homogène.
04:24Mais donc, je...
04:26D'abord, l'indigence de la démonstration.
04:28C'est vraiment la crotine.
04:30Il y a un problème à la cantine.
04:31Bon, d'accord, c'est très bien.
04:32Ils veulent quoi dans la cantine ?
04:33Manger autre chose ? Manger mieux ?
04:34Manger vegan ?
04:36Avoir une traçabilité dans l'alimentation ?
04:37Ce genre de choses.
04:38Moi, je comprends qu'à cet âge-là, on a envie de changer le monde.
04:41On estime que les anciens ont raté ce monde-là
04:44mais que nous, on va le réussir et qu'on va le réussir en faisant des grèves, etc.
04:47Mais l'indigence du vocabulaire, l'indigence de la démonstration dans le genre.
04:51La violence, c'est pas bien, mais c'est bien.
04:53Ça, ça s'appelle le principe de non-contradiction.
04:55Une porte est ouverte ou fermée ne peut pas être ouverte et fermée en même temps.
04:57Elle peut l'être successivement.
04:59Donc là, on a envie de leur dire, il y a des trucs qui vont pas.
05:01On peut pas demander des crédits supplémentaires pour avoir des profs en plus
05:04et puis dire qu'on travaille trop.
05:07Si c'est l'un...
05:08C'est pas l'autre.
05:09Moi, j'ai été prof dans un lycée technique pendant 20 ans.
05:13J'avais 9 classes et j'avais des classes de 38 élèves.
05:1738 élèves de lycée technique quand vous enseignez la philo
05:20qui était à l'époque coefficient 1, c'est-à-dire coefficient 0.
05:23Vous avez intérêt à tenir votre classe.
05:25Et c'est pas exactement la même chose que d'avoir des classes à 20, 25
05:27où on peut aujourd'hui tout faire en cours, à leur téléphone portable,
05:31insulter la prof ou le prof.
05:32Enfin, il faut avoir des attouchements sexuels.
05:34Ça a eu lieu il y a quelque temps, avec des problèmes divers et multiples
05:38qui font que les enseignants sont de héros.
05:40Il faut être un héros aujourd'hui pour être soutenu par personne.
05:43Vous n'êtes pas soutenu par le directeur.
05:45Et encore, quand vous êtes soutenu par le directeur,
05:47c'est le directeur sur la tête duquel on met une poubelle,
05:51dans la meilleure des hypothèses.
05:52Donc évidemment, tout ça est confus.
05:54On a bien compris qu'il y a des éléments de langage,
05:55qu'il y a une feuille de route qui a été fournie par des militants,
05:57que vous avez une espèce de pyramide.
05:59Un manuel quasiment.
06:00Comment mettre le feu à mon lycée.
06:01C'est ça.
06:01Parce qu'en gros, vous allez les chercher tous,
06:04ils disent tous la même chose.
06:05C'est étonnant qu'ils aient à peu près 5 ou 6 rubriques
06:07et que les rubriques soient les mêmes à Lille, à Rennes, à Lyon,
06:09sans qu'il y ait une communication.
06:11Il y a une communication, et elle est faite effectivement par le noyautage.
06:14Mais ça, je l'ai dit à l'époque des Gilets jaunes,
06:15la mort des Gilets jaunes, ça a été Mélenchon et les siens.
06:18Quand ils ont commencé à dire qu'on y va,
06:19et puis on va phagocyter tout ça,
06:21ça met une métastase un peu tout ce qui se passe.
06:23Et la violence, c'est formidable.
06:24Ça fait le jeu de Mélenchon.
06:25Parce que Mélenchon, lui, il veut être au second tour.
06:27Et au second tour, Marine Le Pen, ça semble assuré.
06:30Et lui, c'est pas forcément assuré.
06:31Mais c'est assuré s'il a fracturé la France en deux,
06:34et s'il fracture la fracturation, s'il fracture les fracturations, etc.
06:37Et qu'il le fait en permanence.
06:38On voit M. Bagayoko, on voit M. Coquerel,
06:41avec leurs écharpes d'élus,
06:42qui sont là en disant, mais c'est formidable.
06:43On voit M. Louis Boyard,
06:46qui est là aussi, il faut filmer comme un héros.
06:50Il est accablé.
06:51Il y a quelqu'un qui dit, mais quoi, c'est un ange ou quoi ?
06:53On entend ça ? C'est un ange.
06:54Ça fait quand même le degré zéro de la pensée d'imaginer,
06:56on peut aimer beaucoup Louis Boyard, peut-être.
06:58Mais de là, imaginer que c'est un ange.
07:01Donc, il y a une espèce de...
07:03Je ne voudrais pas utiliser un gros mot pour dire...
07:05On parle de bordélisation, on en parle,
07:07puisque c'est eux-mêmes qui en ont parlé.
07:08Oui, je crois qu'ils emploient même le mot.
07:09Et le prétexte est là.
07:09C'est-à-dire que ça peut être ici, mais ça va être ailleurs.
07:11Ça va être dans tous les endroits de la société.
07:14Et sur cette revendication de la jeunesse
07:17face à un monde d'adultes qui ne les comprend pas,
07:19l'inquiétude de la jeunesse face à l'avenir,
07:21ça ressort de ce qu'on entend ?
07:24Ou ce n'est pas la véritable motivation, Michel ?
07:26Moi, je veux bien que...
07:26C'est un âge d'angoisse, l'âge de l'adolescence.
07:29Vous avez connu, j'ai connu.
07:30Donc, on peut parler...
07:31Tout le monde peut parler d'expérience
07:32quand il est adulte sur cette période extrêmement fragile,
07:35y compris sur la question de l'identité sexuelle.
07:38Je vous fais une parenthèse,
07:39mais c'est une période fragile en tout.
07:40Y compris sur la question de l'identité sexuelle.
07:42Parenthèse fermée.
07:43Mais sur la question de l'identité tout court.
07:45C'est une société de consommation
07:46qui exige beaucoup d'argent que la nôtre.
07:48Vous n'avez pas d'argent,
07:49seulement l'argent que vos parents vous donnent.
07:51Peut-être éventuellement,
07:52vous pouvez faire un peu de deal
07:53pour avoir un peu d'argent,
07:54parce que vous avez envie, comme les autres,
07:55d'avoir le beau téléphone,
07:57la belle voiture,
07:58les belles chaussures,
07:59je vous allais donner une marque,
08:00et les beaux vêtements,
08:01ce genre de choses.
08:02Et donc, je peux comprendre
08:03qu'il y ait cette angoisse-là.
08:04Et je peux comprendre
08:05qu'il y ait aussi des problèmes.
08:06Rien ne va dans cette France
08:07depuis pas mal de temps.
08:09Ne me faites pas parler de Maastricht.
08:10Mais au moins des...
08:11Vous l'avez fait.
08:12Sans que vous y pousse.
08:13Au moins des dix dernières années
08:14qui font qu'il y a eu de l'argent
08:16pour l'immigration,
08:17il y a eu de l'argent pour l'Europe,
08:18il y a eu de l'argent pour des guerres
08:19qui ne concernent pas la France.
08:20Mais il n'y a pas d'argent pour les lycées.
08:22Et je comprends que les gamins disent
08:23il fait trop chaud quand il fait chaud,
08:24il fait trop froid quand il fait froid.
08:26La cantine, ce n'est pas terrible,
08:27on ne mange pas des choses extraordinaires.
08:30Le matériel fait défaut, etc.
08:31Ils ont probablement raison.
08:32Je pense qu'il y a des...
08:33Mais de là à tout brûler,
08:34brûler comme maintenant ta reine.
08:36Voilà, c'est ça le problème.
08:37C'est-à-dire que jadis,
08:38on pouvait imaginer,
08:38moi j'ai été représentant de ma classe
08:41et puis j'étais représentant
08:42des représentants des classes
08:43et puis il y avait des conseils d'établissement
08:44et dans les conseils d'établissement,
08:46je ne mettais pas le feu aux poubelles
08:47mais j'avais le sens de l'intérêt général
08:49du bien public et de la représentation
08:51et je portais les revendications
08:53de mes camarades.
08:55Et ils ne seraient jamais venus à l'idée
08:56en portant les revendications
08:57de dire que sinon on allait brûler le lycée.
09:00On parle là évidemment
09:02parlons de la stratégie de la France insoumise
09:05qui souffle sur les braises.
09:07Je crois que tout le monde l'a vu.
09:08On va écouter Jean-Luc Mélenchon.
09:09Cette semaine, il s'est exprimé
09:10en disant non seulement
09:11qu'il soutenait ce mouvement lycéen
09:13mais qu'il fallait qu'il s'interpose,
09:15que les élus et que tout le monde
09:16s'interpose entre les jeunes
09:17et la violence policière,
09:19c'est ce qu'il a dit.
09:20Écoutons-le.
09:22Ce Premier ministre qui croit
09:23que c'est nous qui créons les problèmes,
09:25nous autres,
09:26les insoumis,
09:27aux portes des lycées.
09:29Nous sommes fiers d'être
09:31aux portes des lycées.
09:32pour défendre nos gamins.
09:36Parents, militants insoumis,
09:40mobilisez-vous
09:41pour vous interposer
09:43face à la sauvagerie policière.
09:49Ceux qui tabassent nos enfants,
09:53ceux qui frappent,
09:54ceux qui insultent,
09:56ceux qui laissent libre cours
09:57à leur racisme
09:58vont bientôt nous retrouver
10:00sur leur chemin.
10:01Il n'y aura ni oubli
10:02ni pardon
10:04pour personne.
10:05Jean-Luc Mélenchon,
10:07qu'on vient d'entendre,
10:08on est sur CNews et sur Europe 1
10:09avec Michel Onfray.
10:11Michel, que vous inspire
10:11ce discours de Jean-Luc Mélenchon
10:13que l'on vient d'entendre ?
10:14On pourrait en faire une analyse
10:15point par point
10:15montrant que c'est une littérature
10:18insurrectionnelle.
10:19D'abord, elle est manichéenne,
10:20c'est du noir et blanc,
10:21il y a nos gamins,
10:22il y a le sens de la famille.
10:23C'est vrai qu'il y a un sénateur
10:26de la France Insoumise
10:27qui a été élu,
10:27c'est son gendre.
10:28Donc il a le sens de la famille,
10:30il va avoir du mal
10:30à râler contre le sens
10:31de la famille chez les Le Pen.
10:33Mais l'insurrection est là,
10:35la sauvagerie,
10:37sauvagerie de la police.
10:38La police ne se réveille pas
10:39le matin en disant
10:40on va faire des descentes
10:42de sauvages,
10:42on va tabasser.
10:43Et puis il parle du racisme,
10:44ce serait intéressant
10:44de savoir pourquoi
10:45il parle du racisme,
10:46pourquoi il y aurait
10:46des couleurs à prendre
10:48en considération
10:49dans cet endroit,
10:49il y aurait des insurgés
10:50qui seraient peut-être
10:51d'une couleur
10:52et d'autres qui ne le seraient pas.
10:53On va voir un peu plus de détails
10:54s'il y a vraiment du racisme.
10:57Donc je trouve qu'on peut
11:00aujourd'hui être
11:00dans l'insurrection,
11:01dans la sédition,
11:02dans l'éloge de la violence,
11:03dans la défense
11:04de la destruction,
11:06etc.
11:07Et puis ne pas avoir
11:08de problème.
11:09Moi je vous assure
11:09que si j'utilise
11:10le même vocabulaire que lui
11:11pour le caractériser
11:13lui et les sien,
11:14on aura l'ARCOM,
11:15on aura les procès
11:16et on perdra les procès.
11:17Et ça c'est sûr.
11:17Je ne peux pas dire que
11:19par exemple il y a des sauvages
11:21à la France Insoumise.
11:22Parce que si je dis
11:23qu'il y a des sauvages
11:23à la France Insoumise,
11:24c'est tout de suite l'ARCOM,
11:25c'est tout de suite
11:25une décision de justice,
11:26c'est tout de suite un procès,
11:27etc.
11:28Et ce sont toujours
11:29des amendes.
11:30Donc je ne comprends pas pourquoi,
11:31enfin je ne comprends pas pourquoi,
11:32je comprends bien,
11:33mais il y a deux poids,
11:34deux mesures.
11:34Pourquoi on voit
11:36tous ces gens qui nous disent
11:36oui, oui, mettez le feu,
11:37allez-y, il n'y a pas de problème,
11:39continuez,
11:39c'est ce qu'il faut faire.
11:40Pour quelle raison ?
11:41Pour quelle raison
11:42faudrait-il soutenir ?
11:43Alors les revendications,
11:50l'été en plein hiver
11:51ou ce genre de choses,
11:52mais si on veut vraiment
11:53changer des choses,
11:54oui, pourquoi pas ?
11:55Et puis rencontrons des gens.
11:56Mais c'est trop tard
11:57quand j'entends le ministre
11:58aujourd'hui qui dit
11:58on va faire des commissions
11:59puis des commissions de commissions
12:00qui vont permettre
12:00des conseils dans lesquels...
12:01Ce n'est pas comme ça
12:02que ça va se passer.
12:04Quant à la police...
12:04Et toute la forme de concertation
12:05maintenant, a dit
12:07le ministre de l'Éducation nationale.
12:08Oui, pour que les lycéens
12:10puissent déposer leurs revendications.
12:12Mais ça ne marchera pas.
12:13Ça ne marchera pas.
12:14Parce que ce qu'il n'a pas compris,
12:15ce ministre,
12:16c'est que ça c'est ce qu'on avance
12:19en disant
12:19regardez, nous on veut des négociations.
12:21Alors faisons des négociations
12:22si l'on veut.
12:23Mais il faut savoir
12:23que ça ne se passera pas comme ça.
12:25C'est-à-dire qu'on n'arrête pas
12:26une violence avec des débats,
12:28avec des discours
12:28et avec des rencontres.
12:29On aura un, deux ou trois lycéens
12:30qui vont se manifester
12:32par leur faconde
12:32ou par leur grande gueule
12:33si on veut utiliser un autre mot
12:34et qui deviendront des syndicalistes
12:36qui auront une carte au parti
12:37machin ou bidule et untel
12:38qui deviendront des cadres
12:39et puis qui deviendront ministre
12:41dans un prochain gouvernement
12:42de Gabriel Attal
12:43ou de je ne sais pas qui
12:45ou de François Hollande.
12:46Mais ce n'est pas comme ça
12:47que ça va se régler le problème.
12:48On a fabriqué des incultes
12:50pendant 50 ans.
12:51Des gens à qui on a dit
12:52la France est détestable,
12:53la France est méprisable,
12:54la France est vichy,
12:55la France c'est pétain,
12:56n'aimait pas la France,
12:57la France c'est le colonialisme.
12:58Et là, on a le résultat,
12:59on a semé,
13:00on récolte aujourd'hui.
13:01On a des gamins
13:02qui disent à leurs adultes
13:03et parfois à leurs profs
13:04vous aviez raison de nous enseigner ça.
13:06La France est vraiment détestable
13:07et d'ailleurs on met le feu
13:08à tout ce qu'ils représentent.
13:08Le dernier extrait
13:09que je voulais vous faire écouter
13:10c'est Laurent Nouniez,
13:10ministre de l'Intérieur.
13:11Beaucoup de policiers
13:12ont été blessés
13:13dans ces interventions.
13:15Il leur demande
13:16de faire attention
13:17évidemment à leurs interventions
13:18parce qu'on sait toujours
13:19qu'il y a la hantise
13:20de l'erreur,
13:21de la bavure,
13:22du dérapage.
13:23Écoutez ce qu'a dit
13:24M. Nouniez
13:25après que Jean-Luc Mélenchon
13:26ait appelé les élus
13:27et les filles
13:27à s'interposer.
13:29Mais la réponse,
13:30elle est double.
13:31C'est d'abord
13:31une réponse politique.
13:33C'est de rappeler
13:33aux élus de la République
13:34qui n'ont pas
13:35à aller dans des mouvements
13:37ou leur place
13:38comme élus de la République.
13:39C'est évidemment
13:39de se porter au contact
13:41des manifestants.
13:41Ça, ce n'est pas un sujet.
13:42Par contre,
13:43quand ils incitent
13:44à des violences,
13:45quand ils incitent
13:46à des dégradations
13:47et on peut penser
13:48que certains propos
13:49qui ont été tenus
13:49allaient dans ce sens-là,
13:51il y a d'abord
13:52une dénonciation politique.
13:53C'est de rappeler
13:53que des élus de la République
13:54qui s'adressent
13:55à des jeunes mineurs,
13:55ils ont une vraie responsabilité.
13:57C'est celle de leur rappeler
13:58qu'évidemment,
13:59il faut étudier,
13:59il faut respecter
14:00les personnes,
14:01les personnels
14:04et les biens.
14:05Ça, c'est la première responsabilité
14:06à les politiques.
14:07Ensuite, parfois,
14:08elle peut être pénale.
14:09Et je l'ai dit hier
14:11dans les médias,
14:12je l'ai redit au préfet
14:13dans la réunion
14:13que nous avons organisée
14:14avec M. le ministre
14:15de l'Éducation nationale.
14:16Chaque fois que des élus
14:17tiendront des propos
14:18qui sont des incitations
14:19à la violence,
14:22il y aura des poursuites pénales.
14:24Voilà, je crois
14:24qu'un certain nombre
14:25de préfets ont déjà saisi
14:26les parquets
14:27sur mon instruction.
14:28Chaque fois que ces propos
14:29sont des incitations
14:31à la violence,
14:31il est normal
14:32qu'on saisisse la justice.
14:33Voilà, la réponse
14:35sur la justice.
14:37On verra ce que donneront
14:38évidemment ces saisines
14:39de la justice,
14:39Michel Enfray.
14:40Ça ne donnera rien.
14:41Ça ne donnera rien.
14:41On a un discours
14:43d'intelligence artificielle,
14:44je ne vais pas donner de nom,
14:46une intelligence artificielle
14:47genre bisounours,
14:48mais qui nous explique
14:49que nous allons saisir
14:50la justice,
14:50que la justice,
14:51mais la justice,
14:51moi je vais vous dire
14:52ce qui va se passer.
14:52Rien.
14:53C'est-à-dire que sur 500 émeutiers,
14:55on va en récupérer 12,
14:56sur 12,
14:57on va en mettre 3 au tribunal.
14:58Sur 3 tribunales,
14:59on aura des gens
15:00qui ont dit
15:00attention, c'est la première fois,
15:01il ne faut pas que ça recommence.
15:02Donc c'est une invitation
15:03à ne pas recommencer.
15:04Là, il parlait des élus,
15:05surtout, il disait...
15:06Oui, mais ça va être
15:07la même chose.
15:07Ça va être la même chose.
15:08Et puis après,
15:08moi je sais bien
15:09comment ça se passe.
15:10Il y a des dossiers
15:10qui sont prioritaires,
15:11c'est drôle.
15:12Vous avez des dossiers
15:13qui devraient pouvoir
15:13être classés en fonction
15:14de l'ordre d'arrivée
15:15et puis on devrait classer
15:16les interventions
15:17en fonction des dates
15:19d'arrivée du dossier.
15:20Là, il y a des dossiers
15:21qui, comme par hasard,
15:22n'ont pas disparaissent,
15:22mais sont sous le délai
15:25dernier de la pile.
15:25Il y a plein de choses
15:26qu'on pourrait reprocher
15:27à M. Mélenchon.
15:28Il y a plein de plaintes
15:29qui sont lancées contre lui.
15:31Elles n'aboutissent jamais
15:31parce qu'elles ne sont pas traitées.
15:33Donc là, il y a des façons
15:34aujourd'hui de dire
15:35la justice sera absolument
15:36intraitable pendant que
15:37certains syndicats
15:38de la magistrature
15:38font savoir qu'elle peut
15:40ne pas traiter.
15:40C'est comme ça
15:40qu'elle sera intraitable.
15:41Et il n'y a aucun problème.
15:43Le dossier est là,
15:44mais ça ne sert à rien.
15:44Puis éventuellement,
15:45à un moment donné,
15:45il peut tomber.
15:46Il y a une poubelle
15:47qui était comme par hasard
15:48à cet endroit
15:49et le problème
15:50ne sera jamais...
15:51Et le dossier disparaît.
15:52Le dossier disparaît.
15:53On suivra ce dossier
15:54des violences
15:55devant les lycées.
15:55Michel, il y a une nouvelle
15:56journée d'action
15:57qui est lancée
15:58pour le mardi 6 octobre.
15:59On verra si ça se poursuit
16:00ou pas.
16:00On fait une petite pause,
16:01Michel Onfray.
16:02On va évoquer
16:03le voyage du pape.
16:04Il vous a marqué
16:05notamment le discours de Metz
16:06qui était un discours
16:07civilisationnel
16:07pour évoquer
16:08les racines judéo-chrétiennes
16:10de l'Europe.
16:11Et puis de l'audiovisuel public,
16:12on parlera aussi
16:12du point philo,
16:13Saint-Augustin,
16:14évidemment.
16:16On se retrouve
16:16pour la seconde partie
16:17de face à Michel Onfray.
16:18On va évoquer dans un instant
16:19mon cher Michel,
16:20on est sur CNews et Européens
16:21le voyage du pape Léon XIV.
16:23Un tout petit mot
16:24de l'audiovisuel public d'abord.
16:25Il y a ce livre,
16:26je jure de dire la vérité
16:27qui sort chez Fayard
16:28qui relate les coulisses
16:29de la tumultueuse
16:30commission d'enquête
16:32parlementaire
16:32sur l'audiovisuel public
16:34dont Charles Lalonde
16:35était le rapporteur.
16:36Il était notre invité
16:37cette semaine.
16:38Il nous a raconté
16:39les coulisses
16:40de cette commission d'enquête,
16:41notamment les pressions,
16:42les menaces,
16:43les tentatives
16:44d'achat,
16:44les filatures
16:45dont il a été l'objet.
16:47Écoutez-le.
16:49Il y a eu,
16:49et j'ai probablement
16:50beaucoup de naïveté
16:51en entrant dans ces travaux,
16:52mais il y a eu
16:52des menaces de mort
16:53qui d'abord étaient formulées
16:54sur les réseaux sociaux,
16:55ensuite par mail,
16:56qui ensuite ont été envoyées
16:57par courrier
16:58de façon manuscrite.
16:59Il y a eu un député,
17:01Macroniste,
17:01en pleine commission d'enquête
17:03qui m'a menacé
17:04en expliquant
17:04« t'inquiète,
17:05tout on va te régler ».
17:06Je pense notamment
17:08aussi à l'animateur Nagui
17:09qui sur le plateau quotidien
17:10devant plus de 2 millions
17:11de personnes
17:11a inventé
17:12des engagements,
17:13une profession
17:14à mon père,
17:15a sali d'ailleurs
17:16mon nom de famille
17:17de façon totalement mensongère
17:18en expliquant
17:18qu'il pouvait être raciste
17:20et que s'il était
17:21à cette commission d'enquête,
17:22c'est parce que
17:23j'avais un problème
17:23avec les Égyptiens
17:24et les personnes
17:25qui étaient véganes.
17:26Il y a eu
17:27une sorte de délire
17:29et il y a eu
17:30une sorte de contre-attaque
17:31extrêmement offensive
17:33que j'ai difficilement supportée.
17:35Quand votre vie privée
17:37est fouillée
17:38pour le simple tort
17:39d'avoir réalisé
17:40une mission d'évaluation
17:41de politique publique,
17:42pour le simple tort
17:43d'avoir vérifié
17:44où va l'argent
17:45de l'audience du public,
17:46pour le simple tort
17:47d'avoir demandé
17:48un salaire
17:48à des personnes
17:49qui sont payées
17:50par les Français,
17:51je vous avoue
17:51que ça m'a vraiment étonné
17:53sur les connivences
17:54et sur l'effet de résistance
17:55de personnes
17:56pour un tel sujet.
17:57Ça vous étonne
17:58ce que dit Charles Aloncle,
17:59Michel Onfray ?
18:00Non, ça n'est pas du tout.
18:00La résistance du système,
18:01la façon dont ça...
18:02Non, pas du tout.
18:03D'abord, je saluais son courage.
18:05Son courage
18:06et le travail
18:07qu'il a pu faire,
18:08il a fait un travail
18:08de républicain.
18:09Je rappelle quand même
18:10que toute la gauche
18:11a voté contre
18:12la publication de ce projet.
18:13Mais qu'est-ce que ça veut dire ?
18:14Ça veut dire que la gauche
18:15n'est plus républicaine ?
18:17La réponse est oui.
18:18Mais la gauche qui nous dit
18:20il ne faut pas que ce dossier
18:22puisse paraître,
18:23c'est quand même incroyable.
18:24On dit mais le dossier
18:25il a été fait
18:26avec des gens
18:27qui ont parlé.
18:27Ces gens,
18:28on leur a demandé des comptes
18:29et c'est de l'argent public.
18:31Il y a beaucoup d'argent public,
18:32il y a beaucoup de frais de taxi,
18:33de frais de bouche,
18:33de frais de sortie à Cannes,
18:35de frais d'hôtel
18:36qui sont des palaces,
18:37etc.
18:38C'est mal géré,
18:39il y a des pertes incroyables,
18:41il y a la possibilité
18:41de faire des économies,
18:42on demande aux retraités
18:44de faire des économies,
18:45on demande aux gens
18:45qui utilisent leur voiture
18:47pour travailler
18:47de faire des économies.
18:49Et à ces gens-là,
18:49il ne faudrait pas dire
18:50peut-être là-dessus
18:50vous pourriez faire des économies
18:52plutôt que d'avoir
18:53des suites princesses royales
18:55quand vous allez à Cannes.
18:57Et là, ils disent
18:58on travaille quand on va à Cannes,
18:59oui on peut travailler
19:00mais je ne vais pas leur demander
19:01un Formule 1.
19:02Mais de là à chercher
19:03à faire taire celui
19:04qui pose des questions,
19:05c'est même...
19:05Alors justement,
19:06parce que c'est lui
19:07qui fait un travail républicain
19:08et ceux qui devraient dire
19:10formidable,
19:10on va pouvoir vous expliquer
19:11les choses,
19:12insultent, méprisent,
19:13attaquent,
19:15ne répondent pas.
19:16On a vu l'un des...
19:18Monsieur Niel, je crois,
19:19se mettre en colère,
19:20prendre sa chemise,
19:21sa veste,
19:22il est en bras de chemise,
19:22il s'est élevé,
19:23c'est inadmissible,
19:23on a juste envie
19:24de dire du calme,
19:25répondez simplement.
19:26On vous demande
19:26quel usage vous faites
19:27de l'argent public,
19:28est-ce que c'est une question
19:30interdite ?
19:31La réponse est oui.
19:32Donc on voit un système
19:33qui lui se met en place,
19:34toute la gauche qui dit
19:35on ne veut pas de ça,
19:36toute la gauche qui nous dit
19:37cet homme est de droite,
19:38s'il est de droite,
19:38c'est qu'effectivement
19:39il est même d'extrême droite
19:40puisqu'il est chez M. Ciotti
19:41et que M. Ciotti fait des alliances
19:43avec Mme Le Pen,
19:44et on dit donc
19:45tout ça n'est pas crédible.
19:46Moi je trouve ça au contraire
19:47très bien.
19:47Et ça aurait été fait par un député
19:49de la France Insoumise
19:50que j'aurais applaudi tout autant.
19:51Je pense qu'il a fait
19:55par les élus de l'usage public
19:57qui est fait
19:58et de manière privée parfois
19:59de l'argent public.
20:01C'était un travail
20:01extrêmement formidable.
20:02Je ne suis pas du tout étonné
20:03qu'il y ait des officines,
20:04qu'il y ait des gens
20:05qui travaillent à l'intimidation.
20:07C'est pour ça que je salue son courage.
20:08On est allé jusqu'à photographier
20:10des moments de sa vie privée.
20:11Enfin quand je dis
20:12qu'il était avec une amie
20:13dans la rue,
20:14on a commencé à extrapoler
20:15des choses incroyables.
20:16Il a mis le droit quand même
20:16d'aller, je ne sais pas,
20:18prendre un café
20:18ou aller au restaurant
20:19ou même avoir une petite copine.
20:21Et on a attaqué la vie privée.
20:22Que je sache,
20:24cette commission
20:25n'a attaqué la vie privée
20:26de personne.
20:27Ni de machin bidule
20:28un tel.
20:28Je ne donne pas les noms
20:29des journalistes
20:30du service public.
20:31Mais on n'est pas allé voir
20:31si certains bénéficiaient
20:33de l'argent public
20:34et qui étaient des compagnons,
20:36des compagnes, des amis
20:36ou je ne sais quoi.
20:37Ça n'a pas été fait comme ça.
20:38Ça n'a pas été crapoteux.
20:39Ça a été fait de manière
20:40extrêmement républicaine
20:41en disant
20:42la République a le droit
20:43via ses élus
20:44de demander des comptes
20:45à ceux qui vivent
20:45de l'argent public.
20:46C'est tout ce qui a été dit.
20:47Et là, que font ces gens-là ?
20:48Plutôt que d'expliquer,
20:50de dire, de raconter,
20:50de faire amende honorable.
20:51Et peut-être d'ailleurs
20:52que l'État aurait pu
20:53en virer quelques-uns.
20:54C'était possible
20:55à ce moment-là
20:55de dire de la part
20:56du chef de l'État
20:56ou de la ministre
20:59de la Culture
20:59de dire
21:00c'est inadmissible
21:01ce que nous venons de savoir
21:02va générer chez nous
21:03une enquête particulière
21:05et vous allez être mis à la porte.
21:06Qu'est-ce que c'est
21:07que ces endroits
21:07dans lesquels...
21:08Il y a eu un plan d'économie
21:09annoncé entre-temps, évidemment.
21:10Oui, mais on ne demande pas
21:11des plans d'économie.
21:12Des gens qui ont tapé
21:12dans la caisse.
21:13Je dis, on fait des procès
21:14et puis on envoie au tribunal
21:15des gens qui se sont enrichis
21:17avec de l'argent public.
21:18On va au-delà de tout ça.
21:19Mais on a quand même vu,
21:20c'est comme avec l'affaire Epstein,
21:21toute la gauche a demandé
21:22s'il n'y ait pas d'enquête.
21:23C'est étonnant
21:24que la gauche demande
21:25s'il n'y ait pas d'enquête
21:26sur un type qui faisait
21:27du trafic de corps humain,
21:28du trafic de corps de jeunes filles,
21:29tous ces gens qui nous parlent
21:30de féminisme,
21:31tous ces gens qui nous parlent
21:32de violences faites aux femmes.
21:34Et tous ces gens-là,
21:35quand les violences faites aux femmes
21:35sont faites par des gens
21:37comme Epstein,
21:37ils ne veulent pas
21:38qu'il y ait des enquêtes.
21:39C'est quand même étonnant.
21:40À un moment donné,
21:41on se posait la question
21:42du est-ce que vraiment
21:43nos élus sont des républicains ?
21:46Nos élus républicains sont républicains ?
21:48Là, pour le coup,
21:48avec Charles Aloncle,
21:49on en a un qui l'est vraiment.
21:50Et je salue ce monsieur.
21:51On s'est rencontrés dans un train.
21:53On a eu l'occasion un peu de parler.
21:55Et je ne veux pas dire
21:56que je fais de la psychologie
21:56du supermarché,
21:57mais j'ai cru voir le poids
21:58sur les épaules de ce jeune homme.
22:00C'est un jeune homme
22:00par rapport à moi.
22:01Et donc, je trouve que...
22:03Je lirai son livre
22:04parce que je trouve
22:05qu'il est intéressant.
22:06Éric Moriaud avait fait aussi
22:07un petit livre
22:08qui allait dans ce sens
22:09et qu'il dénonçait
22:10les mêmes choses.
22:11C'est quand même incroyable
22:12que dans une démocratie,
22:13on puisse à ce point
22:14être un délanquant
22:15sans être poursuivi.
22:16On est en face
22:17à Michel Onfray
22:18sur CNews et sur Europe 1.
22:19Michel, on va évoquer maintenant
22:20le voyage du pape.
22:22Quatre jours de visite pastorale.
22:24Ce n'était pas une visite d'État.
22:25Très important.
22:25Le pape Léon XIV
22:26avait refusé d'ailleurs
22:27toutes les cérémonies honorifiques
22:29que lui proposait Emmanuel Macron.
22:31Pas de dîner d'État,
22:32pas de Légion d'honneur,
22:34rien de tout cela.
22:35Ce qui avaluse peut-être
22:36la réponse du président
22:37de la République
22:38qui a refusé d'assister
22:38à la messe sur les Champs-Élysées.
22:40Il s'est rattrapé
22:40en allant à la messe à Metz.
22:42Il y a eu l'étape
22:43du Stade de France
22:44avec les jeunes.
22:45Il y a la célébration
22:46de la messe sur les Champs-Élysées
22:47depuis un million
22:48devant près d'un million de personnes.
22:50Lourdes,
22:51où il a prié
22:52dans le structure de la Vierge
22:53et a effectué
22:54la veillée au flambeau.
22:55Et là, c'est là
22:55qu'on retrouve
22:56la dimension pastorale.
22:57C'est le pasteur
22:58qui marche au milieu des siens.
23:01Vous avez voulu attirer
23:02notre attention
23:02sur le pallium.
23:05Cet ornement
23:06qui est sur sa tonique blanche.
23:08Qu'est-ce que c'est pour vous ?
23:09Pour vous,
23:10c'est le symbole
23:10de la brebis égarée, Michel ?
23:12Oui, c'est ça.
23:13C'est-à-dire que
23:14tout fait sens
23:15et tout est ultra-symbolique
23:16dans la religion catholique.
23:18C'est une religion d'allégorie,
23:19du symbole.
23:20Et il y a ce qu'on appelle
23:21le pallium.
23:22Parce qu'à un moment donné,
23:22je me suis dit
23:22il y a un étui à lunettes ici
23:23où il a...
23:25il n'a pas son portable.
23:27Et il y avait
23:27cette petite languette
23:28toute noire.
23:29Et en fait,
23:30je me suis intéressé
23:31à la signification
23:32de cette languette.
23:33Et j'ai un dictionnaire
23:34des antiquités
23:36païennes et chrétiennes
23:37très intéressant,
23:38un très vieux livre
23:38sur lequel il y a
23:39toutes les significations
23:40de tous les objets chrétiens.
23:42Et en fait,
23:43il y a ce qu'on appelle
23:44le pallium.
23:44Qu'est-ce que c'est le pallium ?
23:45Le pallium à l'origine.
23:46Ce qui est très intéressant aussi,
23:47c'est qu'il est un pasteur.
23:50Et le pasteur,
23:50c'est quoi ?
23:51C'est l'homme
23:52qui va chercher
23:53les brebis égarés
23:54et qui rassemble son troupeau.
23:56Et pendant deux ou trois siècles,
23:57dans ce qu'on appelle
23:57l'art paléo-chrétien,
23:58c'est-à-dire l'art du premier,
23:59deuxième, troisième siècle,
24:00avant que le christianisme
24:01ne devienne une religion officielle,
24:02Jésus n'est pas représenté
24:04sur la croix.
24:04Ça arrive au quatrième siècle,
24:06les premières représentations.
24:07Avant, il n'y a pas ça.
24:08Il y a en revanche
24:08une autre représentation
24:10qui est un jeune homme
24:11assez joli
24:12dans les catégories
24:13de l'art grec classique
24:15et qui porte une brebis
24:17sur ses épaules.
24:18Et donc,
24:18il porte la brebis,
24:19il lui tient les deux pattes
24:20comme ça et...
24:22Les quatre plutôt ?
24:23Les deux fois deux pattes,
24:25vous avez raison,
24:26les quatre pattes.
24:28Et j'ai perdu mon...
24:30Pardon, je vous ai...
24:30Non, mais vous avez raison.
24:31Je vous ai troublé.
24:32Les quatre pattes,
24:33mais avec ses deux mains.
24:35Et donc,
24:36le paléum,
24:37c'est le manteau
24:38qui raconte
24:38qu'on porte sur soi
24:40la laine de la brebis,
24:41c'est-à-dire les brebis égarées,
24:42avec la possibilité
24:43de voir les quatre pattes
24:45dans cette petite languette noire
24:46qui se trouve ici.
24:47Très bien.
24:47Et le paléum,
24:48c'était donc le manteau
24:49qu'on utilisait au départ,
24:52le pasteur
24:52qui l'utilisait.
24:53Puis après,
24:54c'est devenu le symbole.
24:55Donc,
24:55c'est devenu
24:56ce qu'on a pu voir
24:56sur le corps du pape.
24:59Et le paléum,
25:00c'est ce qui donne
25:00le soin palliatif.
25:01Ah, d'accord.
25:02C'est-à-dire que
25:03quand on dit
25:03c'est un manteau,
25:05moi-même,
25:05en son temps,
25:05j'ai pu commettre l'erreur
25:06en disant que c'était
25:07un manteau au sens large du terme,
25:08mais c'est le manteau primitif.
25:09Le manteau primitif
25:10a donné lieu
25:11à cet accessoire,
25:12à cet objet
25:14porté par les prêtres.
25:15Et donc,
25:16le pasteur
25:18porte sur ses épaules
25:19le peuple des brebis,
25:20c'est fait en laine de brebis,
25:22et avec la possibilité
25:24de dire que
25:24ce petit bout noir
25:25qui m'interrogeait
25:26et qui m'inquiétait,
25:27c'était en fait
25:29les pattes
25:29de la brebis égarée.
25:31Donc,
25:31cette signification
25:33symbolique
25:34de ce vêtement liturgique
25:38m'a intéressé
25:39parce qu'il est tout entier
25:40là-dedans,
25:40ce pape.
25:41Il est tout entier
25:41dans le fait de dire
25:42je suis augustinien
25:43et j'ai un message,
25:45on en parlera tout à l'heure
25:46avec les sermons,
25:46mais j'ai un message
25:47à transmettre,
25:48je ne vais pas donner
25:49des leçons,
25:49je vais simplement
25:50faire une analyse
25:50par exemple
25:51de ce qu'est la société.
25:52Et puis après,
25:53l'invitation à mener
25:54une vie chrétienne.
25:54En disant un chrétien,
25:55ce n'est pas forcément
25:56quelqu'un qui va à la messe
25:56le dimanche,
25:57c'est quelqu'un
25:58qui mène une vie chrétienne.
25:59Et on doit voir
26:00la vie chrétienne
26:01menée dans la vie du chrétien.
26:02Alors,
26:02on va écouter
26:03ce qui vous a intéressé,
26:04c'est surtout le discours de messe.
26:06Vous avez plusieurs chapitres
26:08qui vous ont intéressé.
26:09On va écouter
26:09un premier extrait
26:10de ce discours,
26:11ce n'est peut-être pas
26:11exactement celui que vous voulez,
26:12mais il nous donnera
26:13quand même la dimension
26:14de ce que voulait dire le pape.
26:16Et après,
26:17on prendra les chapitres
26:18qui vous intéressent,
26:18notamment l'esprit
26:19de ce discours
26:20de Léon XIV à Metz.
26:22Quels sont donc
26:23les enseignements
26:24de Robert Schumann
26:25à l'Europe
26:26et au monde
26:27d'aujourd'hui ?
26:29Tout d'abord,
26:30un profond désir
26:32de la paix.
26:32Aujourd'hui,
26:34malheureusement,
26:36la guerre a refait surface,
26:38même en Europe.
26:40Un nouveau massacre inutile
26:42qui fait chaque jour
26:44des numérables victimes civiles.
26:46Il est nécessaire
26:48de s'engager
26:49dans un dialogue patient,
26:51de faire preuve
26:52du courage
26:53dans la négociation
26:55et d'être prête
26:57à sacrifier
26:58certaines positions
26:59pour le bien supérieur
27:01de la paix.
27:02Voilà pour le pape Léon XIV
27:03en français, Michel.
27:04Redoutable,
27:05redoutable discours pacifiste.
27:07C'est-à-dire,
27:07aujourd'hui,
27:08un pacifiste
27:08est présenté
27:09comme un poutiniste,
27:10comme un collabo,
27:10donc quelqu'un
27:11à qui il faut fermer
27:12le sifflet.
27:14Alors,
27:14il faut le faire
27:15avec le pape
27:15qui, lui,
27:16dit commencer par la paix.
27:17Et la guerre,
27:18il ne dit pas non,
27:18il ne dit pas peut-être,
27:19mais il dit juste
27:20mon travail à moi,
27:20c'est de vous dire
27:21qu'avez-vous fait pour la paix ?
27:23Et devant un Macron
27:24qui ne fait rien pour la paix.
27:27Rien n'est fait
27:28avec Gaza et Israël.
27:30Ce n'est pas en disant
27:31qu'on va reconnaître
27:31l'État palestinien
27:33après avoir dit
27:33qu'on allait faire
27:34une armée internationale
27:35pour lutter contre le Hamas.
27:37Je parle des dépositions
27:38d'Emmanuel Macron
27:40qu'on va régler le problème.
27:40On met de l'huile sur le feu
27:41et on déçoit tout le monde.
27:42Les Israéliens sont déçus
27:43et les Palestiniens
27:45sont également déçus.
27:46Parce qu'on ne parle pas de paix.
27:48Alors, si c'est Trump
27:49qui va parler de la paix
27:50en disant
27:50qu'on va faire de Gaza
27:51une espèce de Riviera formidable,
27:53on a envie d'avoir
27:54un autre discours.
27:55Et ce discours-là
27:56est extrêmement intéressant.
27:57Et il a l'air de dire
27:58qu'il pourrait lui
28:00permettre au Vatican
28:01ou dans des évêchés
28:04ou je ne sais pas,
28:05sur des lieux de l'Église,
28:06faire de telle sorte
28:07que des gens se parlent.
28:08Et il dit, y compris
28:10en payant de l'abandon
28:12de certains territoires.
28:13Il faut entendre ce qu'il dit.
28:14Il est extrêmement diplomate
28:16ce prêtre.
28:16Ce prêtre.
28:17C'est un prêtre.
28:17Mais c'est aussi le pape.
28:18C'est l'évêque de Rome
28:19qui est aussi le pape.
28:20Et donc, il nous dit
28:21qu'avez-vous fait
28:22en présence de Macron ?
28:24Qu'avez-vous fait pour la paix
28:25en ce qui concerne
28:26par exemple l'Ukraine et la Russie ?
28:27Rien.
28:28Vous faites tout pour la guerre.
28:29Vous êtes en train de nous dire
28:30attention, il y a des menaces.
28:32Attention, il faut réarmer.
28:33Attention, il faut remettre
28:34de l'argent
28:35dans les budgets militaires, etc.
28:37Mais il dit,
28:37mais commencez d'abord
28:38par dire comment pourrions-nous
28:39faire la paix ?
28:40Et si nous commencions par ça,
28:41peut-être que, après tout,
28:42ne laissons pas ça
28:43entre les mains
28:47et pour l'Europe
28:48de faire autre chose
28:49que de conduire à la guerre.
28:50Il dit, l'Europe de Robert Schumann,
28:53Robert Schumann,
28:54oui, j'ai failli dire Maurice,
28:56elle voulait la paix
28:57parce qu'elle avait connu la guerre.
28:59Et là, il dit,
28:59vous, vous n'avez pas connu la guerre
29:00et vous avez envie de la faire.
29:01Il le dit discrètement,
29:03mais avec ses simples mots.
29:04Mais il dit,
29:05travaillez pour la paix
29:06et on verra que vous êtes
29:08un grand chef d'État.
29:09D'ailleurs, je ne sais pas
29:10si vous avez choisi cet extrait,
29:12mais dans un autre extrait,
29:13il souhaite que la France
29:14puisse disposer d'un chef de l'État
29:16qui ait le souci d'autrui,
29:17qui ait le souci de l'intérêt général
29:18et du bien public
29:19et il n'a pas donné de nom.
29:21Alors, Léon XIV a aussi dit
29:23beaucoup de choses dans ce discours.
29:24Il y en a un qui vous a frappé
29:25sur l'esprit de la maison.
29:27C'est un extrait où il dit,
29:28mais tout cela ne serait pas
29:29encore suffisant.
29:30Accueillir une personne,
29:31c'est l'intégrer dans sa propre famille
29:32en lui offrant la possibilité
29:34de développer ses talents,
29:35ses capacités
29:36et sa sensibilité,
29:37mais aussi d'entrer
29:38dans l'esprit de la maison.
29:39Ça veut dire quoi, Michel Onfray ?
29:40Vous vous rendez compte ce texte aussi ?
29:42C'est-à-dire que comme aujourd'hui,
29:43il faut tout surligner,
29:47s'il ait dit cela,
29:48là il y a un discours,
29:49moi je l'ai lu plusieurs fois,
29:50plus mal à main.
29:50Je l'ai écouté d'abord,
29:51puis ensuite j'ai cherché sur Internet
29:53et j'ai lu à nouveau
29:54parce qu'il y a plein de mots
29:56qui sont importants.
29:57Sur la question de la paix,
29:58c'était important.
29:58Sur la question de l'esprit de la maison,
30:00on avait un pape assez brutal
30:02et violent avec François
30:03et avec ce nouveau pape,
30:04on a un pape doux
30:06et avec une douceur sur son visage.
30:08Et d'ailleurs,
30:09on va en parler tout à l'heure
30:10avec les sermons d'Augustin,
30:12c'est une vertu à laquelle invite Saint Augustin.
30:14Il invite à la patience
30:15et il invite à la douceur.
30:16Les Grecs aimaient beaucoup aussi la douceur.
30:18La regrettée,
30:19Jacqueline de Romilly
30:20avait écrit de très beaux textes,
30:21de très belles pages
30:21sur la question de la douceur chez les Grecs.
30:24Et donc là,
30:24c'est un...
30:25Grand héléniste.
30:25Pardon ?
30:25Grand héléniste.
30:26Oui.
30:27Et c'est un homme
30:28qui invite à penser
30:30la question de l'immigration
30:31non pas en théoricien,
30:32en disant,
30:32mais enfin,
30:32l'Europe est pourrie,
30:33c'est une vieille femme stérile.
30:35Enfin,
30:35je rappelle les mots
30:36du pape François.
30:38Et lui,
30:39il nous dit,
30:40oui,
30:40bien sûr qu'il faut accueillir
30:41tous ces gens-là,
30:41mais il faut aussi qu'ils comprennent
30:42qu'il y a un esprit
30:43dans la maison
30:43dans laquelle on va les accueillir.
30:46Et cet esprit de la maison,
30:47c'est une formule incroyablement dense.
30:49Il y en a deux ou trois.
30:50Mais dans ce discours de Metz,
30:53elle est extrêmement intéressante
30:54parce qu'elle dit
30:54les droits sont articulés
30:56à des devoirs.
30:56Ils n'ont pas que le droit,
30:58les migrants,
30:58d'arriver en disant,
30:59je veux profiter
31:00de tous les avantages
31:01de la civilisation judéo-chrétienne
31:04et de la société
31:05ou de la culture française.
31:06Il dit,
31:06ils ont aussi des devoirs.
31:07Et les devoirs,
31:09c'est d'être soucieux
31:10de l'esprit de la maison.
31:11On respecte les femmes,
31:12on ne méprise pas les femmes,
31:14on ne viole pas les femmes,
31:15on n'a pas de relation sexuelle
31:17sans leur consentement,
31:18etc.
31:18Un certain nombre de choses
31:19qui font que non,
31:20pas la misogynie,
31:21pas la phallocratie,
31:22pas l'antisémitisme,
31:23pas un certain nombre
31:23de valeurs et de vertus
31:25qui ont fabriqué
31:26notre continent.
31:27Et l'esprit de la maison,
31:28si on ne l'enseigne pas,
31:30eh bien,
31:31il n'y a aucune raison
31:31qu'il soit respecté.
31:32Et comme aujourd'hui,
31:33enseigner l'esprit de la maison
31:34pour utiliser le vocabulaire
31:35du pape,
31:36ça passe aujourd'hui
31:37pour nazis,
31:37pour fascistes,
31:38etc.
31:38pour un certain nombre,
31:39il y avait la revendication
31:41d'un discours civilisationnel
31:42chez lui
31:42qui m'a plu.
31:43Autre extrait
31:44qui vous a marqué,
31:46Michel,
31:46quand il dit
31:46le pape Léon XIV,
31:47la civilisation européenne
31:49est également
31:49le fruit de rencontres séculaires.
31:51Même si celles-ci
31:52n'ont pas toujours été faciles,
31:54il suffit de penser
31:54à la présence
31:55de la culture arabe
31:56dans la péninsule ibérique
31:57ou à la projection
31:58du vieux continent
31:59dans le nouveau monde,
32:01ce qui généra
32:01parfois douloureusement
32:03de nouvelles synthèses
32:04sur le continent américain.
32:05Il est américain.
32:06Vous voyez la phrase ?
32:07Quelle phrase ?
32:08D'abord,
32:09il dit les arabes,
32:10il ne dit pas les musulmans.
32:11Quelqu'un sait ce qu'il écrit
32:12quand il écrit.
32:13Donc,
32:13ce n'est pas exactement
32:14la même chose.
32:15Vous avez des arabes chrétiens
32:16et vous avez des musulmans
32:17qui ne sont pas arabes.
32:18Les gens ont l'air d'oublier
32:19que la plus grande partie
32:20des musulmans de la planète
32:22sont indonésiens
32:23ou sont en Asie.
32:24Donc,
32:24l'association arabe-musulman,
32:26ce n'est pas exactement
32:26la même chose.
32:30La phrase édite,
32:30elle est extrêmement importante.
32:31Et puis,
32:32il parle du nouveau monde.
32:33C'est-à-dire,
32:33c'est une façon de critiquer
32:34tout ce qui s'est fait
32:36au moment des conquêtes
32:37en Amérique du Sud.
32:39On a eu,
32:39avec la controverse de Valladolid,
32:41que j'invite les gens
32:41à ne pas regarder,
32:42parce que ce film
32:43est une horreur absolue.
32:44Il ne s'est pas passé ça
32:45à l'époque de la controverse
32:46de Valladolid.
32:48Il n'était pas question
32:48de savoir
32:49si les Amérindiens
32:50avaient une âme ou pas.
32:51Ce n'était pas du tout ça
32:52la question.
32:52C'était la question
32:53de la possibilité
32:55de christianiser par la violence.
32:56Ce n'est pas exactement
32:57la même chose.
32:59Il y a eu un débat
32:59entre Las Casas
33:01et puis Cepulveda.
33:02C'est un débat
33:03extrêmement intéressant.
33:04Et il règle le problème,
33:06lui,
33:06en prenant position
33:07et en disant
33:07non,
33:07on a fait des trucs
33:08pas bien
33:08dans le nouveau monde.
33:10Et il faut des synergies.
33:12Il y a eu
33:12des synergies nouvelles.
33:13Et c'est synthèse.
33:15Il utilise le mot synthèse,
33:16vous l'avez dit.
33:17C'est le mot.
33:17C'est le mot synthèse.
33:19Le mot synthèse
33:19est extrêmement intéressant
33:21parce que ça propose
33:21une philosophie de l'histoire.
33:22C'est une façon de dire
33:23que s'il y a une opposition
33:25entre le judéo-christianisme
33:27et l'islam,
33:28il faut faire une synthèse.
33:29La synthèse,
33:30ce n'est pas un mélange de tout.
33:31C'est de dire
33:31comment peut-on vivre ensemble ?
33:34J'ai utilisé une formule
33:36que je n'aime pas utiliser
33:36habituellement.
33:37Mais c'était la question
33:38qu'avait posée Benoît XVI
33:39au moment du discours
33:40de Ratisbonne,
33:41discours extrêmement intéressant,
33:42en renvoyant
33:43un philosophe médiéval chrétien
33:46à Manuel II,
33:48paléologue,
33:48qui était un texte
33:49extrêmement intéressant.
33:50Et je pense que par la suite,
33:51si on a dit au pape Benoît XVI
33:52que la porte de la sortie
33:53se trouve ici,
33:54vous aurez intérêt
33:55à l'emprunter,
33:57il y a eu quelque chose
33:58à voir avec le bruit planétaire
34:01qu'il y a eu
34:01au moment du discours
34:02de Ratisbonne.
34:03Il y a aussi beaucoup
34:03d'autres choses,
34:04mais il faut qu'on parle
34:04du point philo.
34:05Il dit aussi aux jeunes
34:06« Ayez le courage
34:07de vivre de manière responsable.
34:08La mission de construire
34:09la paix dans votre cœur,
34:11dans vos relations,
34:12au sein de votre famille,
34:13dans les écoles,
34:13les universités. »
34:15Oui, si on regarde
34:15ce qui se passe aujourd'hui
34:16dans notre pays,
34:17dans la vie de vos villes,
34:18de vos pays
34:19et de toute l'Europe.
34:20Message de paix.
34:21Ça, ça m'intéresse aussi
34:22parce que l'histoire
34:24de la philosophie antique,
34:25c'était la grande leçon
34:25de Pierre Hadot,
34:27regretté Pierre Hadot lui aussi,
34:28mais qui avait écrit
34:29une œuvre magnifique,
34:31mais notamment un petit livre
34:32qui s'appelle
34:32« Qu'est-ce que la philosophie antique ? »
34:33où il disait que la philosophie,
34:34c'était l'art de mener
34:35une vie philosophique.
34:36Ce n'était pas d'écrire
34:37des traités,
34:38de faire des cours
34:38ou de gagner de l'argent.
34:39Il y avait des sophistes
34:40à l'époque
34:41qui gagnaient beaucoup,
34:42beaucoup d'argent
34:42en enseignant
34:44non pas la vérité,
34:44mais l'art de triompher.
34:47Et Pierre Hadot montrait
34:48que les philosophes
34:48de l'Antiquité,
34:49ils invitaient d'abord
34:50à mener une vie cynique,
34:51une vie pyrrhonienne,
34:52une vie stoïcienne,
34:54une vie épicurienne.
34:54Et le pape reprend ça.
34:56Et c'est la même chose
34:57par exemple avec les moines.
34:58Moi, j'aime beaucoup
34:59la vie monastique
35:00parce que les moines
35:01reprennent l'idéal
35:02des épicuriens
35:02qui était de vivre
35:03la philosophie épicurienne,
35:04qui n'est pas la caricature
35:05qu'on en fait.
35:06Quand on a soif,
35:07on boit de l'eau,
35:07quand on a faim,
35:08on mange du pain
35:08et pour le reste,
35:09rien du tout.
35:10Donc, c'est la grande sobriété,
35:12l'épicurisme.
35:13Et quand vous allez
35:14dans un monastère,
35:14vous voyez qu'ils vivent
35:16en communauté épicurienne.
35:17La règle de Saint-Benoît,
35:18c'est une règle épicurienne
35:19en ce sens.
35:20Et là, il nous dit,
35:21il revient sur le devant
35:22de la scène
35:23en nous disant
35:23mener une vie philosophique.
35:25Cette vie philosophique,
35:26elle est chrétienne pour le coup.
35:27Mais c'est la charité,
35:28l'espérance, etc.
35:29Et il dit,
35:30là où vous êtes,
35:31montrez que vous êtes chrétien.
35:32N'allez pas à la messe
35:33en disant
35:34je suis allé à la messe
35:35et ça suffira.
35:36Et maintenant,
35:36je peux recommencer
35:37à mener une vie de perversion.
35:39C'est un peu le cas
35:39de ce que je voyais
35:40moi quand j'étais gamin
35:41dans le village
35:41et que je voyais certains à la messe
35:42et je me dis
35:43pas très chrétien
35:44dans la semaine.
35:44Mais pour le reste du temps,
35:45il semble l'être.
35:46Et là, c'est ce que fait le pape.
35:48Il nous dit
35:48soyez-le dans la vie quotidienne.
35:50Et justement,
35:50on va parler de Saint-Augustin
35:52puisque c'est notre point philo.
35:53Maintenant, Michel,
35:54vous avez choisi ce texte
35:56sur la chute de Rome.
35:57Cinq sermons,
35:58c'est ça qui nous renseigne
35:59sur notre époque.
36:00Expliquez-nous.
36:01Et puis je signale aussi
36:02votre livre
36:03Patience dans les ruines
36:04Saint-Augustin,
36:05qui était paru
36:06dans les collections
36:06bouquins.
36:07Oui, c'est un livre ancien
36:09mais qui commentait
36:10ses sermons.
36:10C'est pourquoi j'y reviens.
36:12Parce que l'œuvre complète
36:13de Saint-Augustin
36:14est monumentale.
36:16Et les sermons,
36:17c'est monumental aussi.
36:19C'est ce qu'a fait
36:20le pape à Metz.
36:22C'est-à-dire un serment
36:23qui est digne
36:23d'entrer dans l'histoire
36:24parce qu'il est civilisationnel.
36:25Et donc,
36:26dans ses sermons,
36:27il y en a plusieurs
36:27mais il analyse la question
36:28de la chute de Rome
36:29et il dit
36:30pourquoi ça a eu lieu ?
36:31Les chrétiens disent
36:32mais c'est parce que
36:32vous aviez vos dieux païens.
36:33Les païens disent
36:34mais c'est avec
36:34votre nouveau dieu chrétien
36:35et Augustin,
36:36il dit pas du tout.
36:37C'est ni la faute des païens
36:38ni la faute des chrétiens
36:39s'il y a un effondrement.
36:40Il dit quelque chose
36:41que je dis moi depuis longtemps.
36:43Les civilisations sont mortelles.
36:45J'en disais
36:45ah, Paul Valéry,
36:46oui d'accord
36:47mais avant Paul Valéry,
36:48lui il le dit.
36:48Très précisément.
36:49Il y a même des auteurs romains
36:50qui le disent aussi avant lui.
36:52En disant une civilisation,
36:53ça naît, ça croît.
36:54Il y a un moment d'acmé
36:55de pleine puissance
36:55ça décroît, ça disparaît
36:56et c'est remplacé.
36:58Et donc Augustin dit
36:59notre civilisation s'effondre,
37:01Rome dont on pensait
37:02qu'elle était éternelle
37:02n'est pas éternelle,
37:03elle va être remplacée.
37:05Et alors ?
37:05Et il renvoie à Job,
37:07très beau livre de la Bible,
37:08de l'Ancien Testament
37:10et tout le monde connaît
37:11l'histoire de Job
37:11sur son fumier.
37:12D'ailleurs si les gens lisent
37:13ils verront qu'il n'y a pas de fumier
37:14dans le texte lui-même
37:15et que c'est la suite
37:16qui a associé Job au fumier
37:18avec la peinture
37:19et l'histoire de la peinture.
37:21Et Job est quelqu'un
37:22qui a des ulcères,
37:22une maladie de peau terrible,
37:24il a perdu ses enfants,
37:25les uns après les autres,
37:26il a perdu son cheptel
37:28et tout le monde dit
37:28allez, sa femme dit
37:30à Dieu que t'en as assez quoi.
37:32Il lui dit non, pas du tout,
37:33jusqu'au bout,
37:34j'irai jusqu'au bout,
37:35je ne critiquerai pas Dieu, etc.
37:37Et à la fin,
37:37Dieu lui apparaît et dit
37:38je vais te sauver,
37:39etc.
37:40Texte formidable.
37:41Et il fait référence,
37:42Augustin, à Job
37:43en disant oui,
37:43nous sommes dans la situation
37:44de Job,
37:46souffrance, douleur, etc.
37:47Pas forcément des maladies de peau,
37:48pas forcément perdre son fils,
37:49sa fille, je ne sais quoi.
37:50Mais il y a des souffrances personnelles
37:52et des souffrances civilisationnelles.
37:54Sachez que Dieu est là,
37:55que la civilisation qui s'effondre
37:57va être remplacée
37:57par une autre civilisation
37:58et que cette autre civilisation,
38:01elle conduit à l'ultime civilisation
38:03qui sera la cité de Dieu.
38:04Et il écrit un très gros livre
38:06qui s'appelle
38:06La cité de Dieu
38:06qui est formateur,
38:07juste après les sermons,
38:09qui est formateur de l'Occident.
38:10Tout l'Occident s'est construit
38:11sur la cité de Dieu,
38:12qui est un livre monumental,
38:13je veux dire aussi bien
38:14en volume qu'en proposition
38:16sur tous les sujets.
38:18Les sujets sur l'avortement,
38:19sur la peine de mort,
38:21sur la guerre,
38:22sur l'amour,
38:22sur l'amitié,
38:23sur les honneurs.
38:26L'idée qu'on puisse donner
38:27la légion d'honneur au pape
38:28quand on s'appelle Emmanuel Macron.
38:30Enfin bon.
38:30Il a bien répondu
38:31en ne répondant pas ce pape.
38:33Et donc les sermons nous disent
38:35un jour viendra
38:36à ses proches.
38:37Il est dit d'ailleurs
38:37dans l'évangile de Matthieu
38:39que Dieu reviendra sur terre
38:40du vivant de ceux
38:41qui ont entendu le discours.
38:43Donc ça c'est intéressant.
38:44Et comme il n'est pas venu
38:45du vivant des gens
38:47qui ont entendu ce discours,
38:47il a fallu expliquer
38:48que ça s'appelle la parousie,
38:49que la parousie qui annonçait
38:51la venue de Jésus
38:52sur le temps de la génération
38:54à laquelle il s'adressait,
38:56eh bien la génération
38:56ce n'était pas la génération,
38:57etc.
38:57Et ça va générer
38:58la philosophie chrétienne
39:01et notre philosophie occidentale
39:02qui est une philosophie
39:03de l'allégorie et du symbole.
39:04Il fallait expliquer
39:05que la génération
39:06ce n'était pas la génération,
39:06c'était autre chose
39:07que la génération.
39:08Les juifs avaient inventé
39:09l'herméneutique.
39:09Nous, les chrétiens,
39:10on a inventé
39:11l'allégorie et la symbolique.
39:13Passionnant.
39:14Saint-Augustin
39:15sur la chute de Rome,
39:16Michel.
39:17Je recommande
39:18à nos téléspectateurs,
39:18nos lecteurs de le lire.
39:19Et peut-être aussi
39:20votre livre,
39:21Patience dans les ruines,
39:22Saint-Augustin et Torbi.
39:23Merci beaucoup Michel.
39:24C'est moi.
39:25C'était une émission passionnante.
39:26On a beaucoup parlé
39:26de philosophie
39:27à l'aune de la visite
39:29du pape Léon XIV.
39:30Bonne semaine à vous,
39:31bon week-end.
39:32On se retrouve la semaine prochaine.
39:33Sous-titrage Société Radio-Canada