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  • il y a 28 minutes
Après un premier blocage dans un lycée de Créteil le 17 septembre, un mouvement de mobilisation lycéen s'est répandu en France en l'espace de deux semaines. 

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Transcription
00:00Moi je suis auxiliaire de vie, donc je sortais, le papi m'a envoyé faire deux courses à Super U.
00:07J'étais à la ride bus parce que bon, je travaille beaucoup, je fais tout à pied.
00:11Donc là je me suis dit je monte avec le bus, on était à la ride bus, il y avait
00:14un couple de personnes âgées aussi,
00:16il y avait une autre personne avec moi. On entendait crier, ça avait commencé très tôt.
00:22Et après d'un coup je vois derrière moi qu'il y a un mouvement, il y a des petits
00:29jeunes qui arrivent, un mouvement de foule et tout.
00:31Et c'est là où tout a commencé.
00:35Et le mouvement de foule, c'est là où tout a commencé, qu'est-ce qui s'est passé ?
00:40En premier j'ai vu des jeunes filles venir vers la barrière qui était collée à la ride bus.
00:49Elles l'ont prise et elles ont dit on va casser la ride bus et après on va casser, je
00:53pense qu'elles parlaient de la glace ou du restaurant à côté.
00:57Et j'ai entendu, je lui ai dit avec la dame qui était à côté de moi, j'ai dit
01:00elles sont sérieuses.
01:02Et j'ai fait le tour, je leur ai parlé, je leur ai dit mais qu'est-ce que vous
01:04faites ? Vous n'allez rien casser du tout.
01:06J'ai dit allez manifester, il faut marcher, vous ne cassez rien, vous ne voyez pas qu'il y a
01:10du monde, vous ne voyez pas qu'on attend le bus, on travaille.
01:12J'ai dit, j'ai essayé de leur parler parce qu'elles n'ont pas paru violentes au début, elles
01:17avaient leur tenue, elles avaient...
01:20Et puis c'est arrivé tellement vite en fait, il y en a quand même, elles écoutaient, elles ont dit
01:25oui c'est vrai, on va manifester.
01:27Et puis il y a un groupe qui tenait la barrière, qui m'enfonçait dessus, elles m'enfonçaient dessus.
01:32Et c'est là où j'ai retenu la barrière, d'ailleurs je me suis baissée.
01:36Et après j'ai eu l'impression que ça s'est enchaîné, elles ont continué, je poussais, elles m'ont
01:40poussée, il y a quelqu'un qui m'a grippée.
01:43Et c'est là où j'ai vu quelqu'un avancer vers moi et j'ai senti une forte chaleur
01:47sur mon visage.
01:48Mais je ne pensais pas, je ne pensais pas que ça allait en arriver là, je ne m'attendais pas
01:52à une telle violence, je ne m'attendais pas.
01:55Je pensais me faire bousculer, j'ai vu qu'elle dégageait, sinon vous allez vous prendre les vitres.
02:00C'est-à-dire, et puis elles m'ont poussée, elles ont commencé à taper la vitre avec la barrière,
02:04comme elles n'avaient pas assez de force, ça ne s'est pas cassé.
02:06Donc elles voulaient que ça se casse sur moi.
02:08Mais je leur ai dit, mais arrêtez vos conneries, arrêtez-vous, j'ai essayé de leur parler.
02:14Je pensais vraiment qu'à un moment, parce que j'avais vu une ou deux qui avaient reculé.
02:19Mais après ça s'est enchaîné, je pense que quand ça a chauffé comme ça, l'autre gars il est
02:23venu derrière.
02:23Je ne m'attendais vraiment pas à des gamins qui soient si violents, parce que j'ai revu les images
02:30après et c'était terrible de voir.
02:33Heureusement, je n'ai pas la gravité des images de séquelles sur mon visage.
02:37Mais de voir un gamin qu'on ne connaît pas, avec qui on parlait normalement, qui vous vise délibérément au
02:44visage.
02:44Il n'a pas visé les habits, il n'a pas visé les jambes, il m'a visé au visage.
02:49Quand je le vois qu'il me vise au visage, je me dis pourquoi ? Pourquoi ?
02:53La journée de jeudi, je l'ai passée à faire les commissariats, à essayer de porter plainte.
02:59Parce que j'ai été prise en charge par les pompiers.
03:02Les hôpitaux étaient débordés, ils m'ont amenée vite au centre médical de la Corderie.
03:07J'ai été prise en charge là-bas, ils ont été super.
03:09Ils m'ont fait les premiers soins, grâce à la pommade, au tulle gras et tout, ça a désenflé, c
03:15'est pour ça que j'ai moins de traces.
03:16Et après, j'ai vite voulu aller porter plainte.
03:18Je ne voulais pas laisser passer.
03:22Malheureusement, tous les commissariats étaient débordés, il n'y avait pas d'agent.
03:27Et c'est après, je suis rentrée chez moi le soir.
03:30Bien sûr, j'étais encore sous le choc, je tremblais.
03:33Et c'est là, dans la nuit, on m'a envoyé les images.
03:35Le lendemain matin, en me réveillant, et c'est là où j'ai éclaté.
03:40J'ai tremblé, j'ai commencé à pleurer, à pleurer en regardant les images.
03:43Merci.

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