- il y a 2 semaines
Après un premier blocage dans un lycée de Créteil le 17 septembre, un mouvement de mobilisation lycéen s'est répandu en France en l'espace de deux semaines.
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00:00Bonsoir Réveux Morin, vous avez vu, vous avez regardé comme nous ce témoignage de cette femme qui a été agressée
00:06par un jeune homme de 15 ans,
00:07un adolescent de 15 ans, qui a été arrêtée, qui est en ce moment en garde à vue.
00:11Simplement votre commentaire sur ce qu'on vient d'entendre.
00:14Déjà, c'est extrêmement poignant ce témoignage, une femme qui veut du bien, et à qui on lui renvoie la
00:22violence.
00:24Mais malheureusement, j'ai été voir deux proviseurs de lycée, jeudi, sans presse, je voulais parler avec eux,
00:34il y avait les cadres de ces établissements qui étaient là, ils étaient dans un état de choc terrible,
00:39parce qu'ils ont découvert une violence qu'on ne pouvait pas imaginer.
00:43Des proviseurs de votre région qui ont été agressés ?
00:52Et surtout, ce qui les a beaucoup frappés, alors c'est pour l'essentiel, ce sont des bandes de casseurs,
01:01des scolarisés, qui ne sont pas leurs lycéens.
01:05Parfois, quelques lycéens se sont retrouvés embarqués dans l'affaire.
01:09Mais les témoignages que j'ai eus, pour ceux qui étaient les violents, éminemment violents,
01:17voulant détruire, casser, brûler, c'étaient des jeunes qui n'étaient pas scolarisés,
01:25qui n'étaient pas dans l'établissement.
01:28Extérieurs, donc, à ces établissements.
01:29Extérieurs, oui, c'est ça.
01:30Très jeunes, jeunes, moins jeunes.
01:32Oui, et puis alors ce qui était incroyable, c'est qu'ils m'ont fait voir toute une série d
01:36'images
01:37des jeunes qui n'étaient, la plupart du temps, qui étaient à visage découvert,
01:42donc qui étaient dans cette espèce d'affrontement en disant, en clair,
01:47je vais m'attaquer à un des symboles de...
01:51Je ne sais pas si c'est le symbole de la République,
01:53mais enfin le symbole de ce qu'on peut attendre d'une nation,
01:56c'est-à-dire l'école, quoi.
01:58Frapper l'école, vouloir faire brûler un lycée,
02:01c'est quand même quelque chose qui est juste inimaginable, quoi.
02:04Le fait qu'il ne se soit pas couvert le visage,
02:07vous en faites l'explication, qu'ils n'ont même pas peur de se faire...
02:10Oui, c'est ça.
02:11...de se faire retrouver derrière.
02:12C'est ça, je l'analyse comme vous.
02:16Combien de lycées dégradées dans votre région, en Normandie ?
02:18Vous avez une idée ?
02:19Non, oui, on a fait un recensement,
02:22on a fait venir immédiatement des équipes pour faire des réparations,
02:25parce qu'il y a beaucoup de vitres brisées, etc.,
02:27pour mettre des bois, pour essayer de reconsolider,
02:32pour éviter les intrusions, etc.
02:34Ce qui est sûr, c'est qu'on a plusieurs millions d'euros de dégâts, quoi.
02:39Plusieurs millions d'euros de dégâts,
02:41les réparations vont commencer, elles ont commencé ?
02:43Les réparations ont commencé,
02:46certaines vont nécessiter plus de temps.
02:49Je prends un exemple simple,
02:50quand vous avez le système d'alarme incendie qui est détruit,
02:56vous n'allez pas pouvoir réparer ça en 24 heures,
02:59et donc vous ne pouvez pas accueillir des élèves,
03:01tant que vous n'avez pas un système d'alarme qui marche.
03:04Ça veut dire qu'il y a des établissements qui vont rester fermés là ?
03:06Vous ne pouvez pas, par exemple,
03:08quand on s'est attaqué au hall,
03:10qu'on a essayé de faire brûler le hall,
03:12et que des portes ont explosé, etc.,
03:15et que ces portes sont absolument indispensables en cas d'incident grave,
03:19etc.,
03:20et donc il faut qu'elles soient parfaitement fonctionnelles.
03:23Donc on ne veut pas rouvrir les établissements, c'est ça ?
03:24Il y a des établissements sur lesquels on ne va pas pouvoir accueillir des élèves du jour au lendemain.
03:28En tout cas, pas lundi, par exemple.
03:31Pas lundi, ça a coup sûr.
03:33Ça prendra quoi ? Des jours, des semaines ?
03:34Non, ça va être très vite, parce qu'on a tous...
03:36Enfin, j'imagine que dans les autres régions, c'est pareil.
03:38Nous, on a des contrats avec des entreprises,
03:40donc dès le vendredi matin,
03:42vous aviez des entreprises qui étaient dans les lycées en train de réparer.
03:46Qui va payer ?
03:47Ben nous.
03:48Nous, c'est la région.
03:49Ben le contribuable.
03:51Vous souhaiteriez que ce ne soit pas vous ?
03:53Je voulais vous dire, que ce soit l'État,
03:56nous, ça reste toujours le français,
03:58ça reste toujours nos impôts.
04:02Ce qui est désolant, c'est que dans une période
04:05où on est obligé de réduire massivement nos investissements
04:07parce qu'on a été purgé par l'État depuis deux ans,
04:11ce qui veut dire que ce qu'on va faire là,
04:13on ne va pas le faire ailleurs.
04:14Vous avez une idée du montant de la facture ?
04:16Ce sont des millions, des dizaines de millions ?
04:18Pour moi, ce n'est pas des dizaines de millions.
04:19Mais là où vous avez des lycées qui ont été,
04:21comme j'ai vu à Nantes, qui ont brûlé en partie,
04:23ça va être des dizaines de millions.
04:25Construire un lycée, ce n'est pas compliqué.
04:26J'ai construit deux lycées, donc je peux vous le dire.
04:28C'est 50 à 60 millions d'euros.
04:30Donc, les choses sont assez claires.
04:33Cet argent, vous allez le prendre où ?
04:35Sur les programmes d'investissement de la région.
04:39Donc, probablement, sur les programmes d'investissement,
04:42notamment consacrés aux autres lycées.
04:44Ce que vous dites aux casseurs ou à ceux qui ont fait ça,
04:48c'est qu'au bout de la chaîne, ce sera un lycée en moins,
04:50peut-être dans quelques années ?
04:51Une rénovation qui ne sera pas faite ?
04:53Mais ce qui est sûr, c'est que ce sont des programmes de rénovation.
04:56Vous voyez, il faut constater.
04:58Si on va avoir des établissements qui marchent,
05:00il faut qu'il y ait des plateaux techniques dans les lycées professionnels
05:02qui soient à la hauteur, etc.
05:04Donc, ça veut dire, probablement, qu'on va se dire,
05:05là, on va retarder d'un an un plateau technique dans un autre lycée.
05:08Là, on en a besoin.
05:09Surtout dans une région où, en plus,
05:11on a énormément de programmes d'investissement,
05:15des chantiers sur lesquels on a besoin de dizaines de milliers de salariés,
05:18notamment avec les deux chantiers nucléaires à Pont-Li-Aurano.
05:21C'est 30 000 salariés qui vont travailler,
05:23plus des entreprises qui s'installent.
05:24Donc, on se dit, quand même,
05:27être obligé de réduire un certain nombre d'investissements
05:29dans nos établissements,
05:30parce qu'il y a des casseurs
05:32qui ont détruit une partie de nos établissements scolaires.
05:38C'est quand même tellement désolant.
05:41– Hélène Lecomte.
05:41– Mais derrière cette question de qui va payer,
05:44il y a eu des propositions de réponse.
05:46Gérald Darmanin a fait passer cette circulaire au procureur.
05:48– Oui, mais ça, c'est de la com' ça.
05:48– Justement, ça m'intéresse d'avoir votre avis sur cette circulaire
05:53qui demande au procureur de systématiquement aviser les victimes
05:57pour qu'elles saisissent la justice pour obtenir réparation
06:00et pour que les parents de ces mineurs
06:02qui auraient commis ces dégradations payent.
06:05Et puis, il y a une autre accélération,
06:07c'est ce qu'on appelle la loi casseur-payeur,
06:10on connaissait « tu casses, tu répares »,
06:11ça va être « tu casses, tu rembourses »,
06:15qui existe, cette loi, elle est écrite,
06:17elle est au Parlement, elle n'est pas encore examinée
06:18et qui doit s'accélérer.
06:21Et là, on ne parle plus de réparation financière individuelle,
06:25mais de la possibilité de sanctionner tout en groupe
06:28à hauteur de 10 000 euros.
06:29Vous dites que c'est de la com' ?
06:31– Parce que cette loi n'existe pas,
06:33elle est au Parlement.
06:34Vous avez vu avec le bordel que vous avez au Parlement,
06:37vous pensez que demain matin, ça va être voté,
06:38alors qu'il y a la loi de finances
06:40et la loi de financement de la Sécurité sociale.
06:42Donc très clairement, c'est un texte qui n'existera pas
06:44avant la fin de cette législature.
06:46Bon, ça c'est le premier.
06:47Et le second, pardon,
06:50mais considérons qu'on arrive à récupérer,
06:53à pouvoir déterminer un certain nombre de casseurs
06:55et les retrouver, etc.
06:57Vous savez, il y a une formule,
07:01dans les campagnes normandes,
07:03on ne tombe pas un agneau qui vient d'être tondu.
07:06Ça veut dire quoi ?
07:07Ça veut dire que c'est des jeunes dans lesquels
07:09vous allez avoir quoi en face ?
07:13Rien !
07:14Il n'y a pas de capacité de saisie,
07:16il n'y a pas de patrimoine, très probablement.
07:18– Donc ça ne sert à rien de dire ça.
07:20Donc dire ça, et puis je vais vous dire…
07:21– Et surtout, il y a une autre difficulté…
07:24– Alors moi j'ai porté plainte,
07:25systématiquement, j'ai porté plainte et je le ferai.
07:27– Et vous demanderez réparation.
07:28– Je le ferai.
07:28– Il y a une autre difficulté sur les mineurs,
07:31c'est qu'il faut être absolument certain
07:33d'avoir identifié le mineur qui a commis l'acte de décès.
07:37– C'est différent dans la loi Casseur.
07:38– Est-ce que vous dites…
07:39– Pour les mineurs, il faut être absolument certain que c'est lui.
07:42– Est-ce que vous dites, comme votre collègue
07:43présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse,
07:45je vais envoyer la facture aux insoumis ?
07:47Elle a dit, j'enverrai la facture de ce qui s'est passé
07:49à Bali Bagayoko puisqu'il était devant un délicé.
07:52Ou est-ce que vous ne considérez que c'est un débat
07:54qui ne peut pas avoir lieu ?
07:55– Très clairement, les insoumis ont participé à tout cela,
07:59ça ne fait aucun doute.
08:00Nous, très clairement, on a eu des témoignages,
08:03soit des parlementaires insoumis,
08:04soit des collaborateurs des parlementaires…
08:06– Participer à tout ça, ça veut dire quoi ?
08:07– Qui participaient, qui étaient aux côtés des lycéens, etc.
08:10– Qui bloquaient ou qui cassaient ?
08:12– Qui bloquaient, je ne veux pas dire…
08:14– J'essaye de préciser vos propos.
08:17– Mais très clairement,
08:21on ne peut pas simplement résumer le mouvement lycéen
08:25au seul fait que la France insoumise
08:27soit à leur côté au moment des manifestations.
08:32Qu'on les ait, qu'il y ait des tentatives de manipulation,
08:35ça ne fait pas de doute.
08:36Mais de se dire que tous ces jeunes qui sont dans la rue
08:40sont dans la rue uniquement parce qu'il y a 20 parlementaires insoumis
08:45qui sont allés à leur côté…
08:48– Vous êtes à contre-courant, par exemple,
08:49de Bruno Retailleau ?
08:50– Je m'en fous d'être à contre-courant.
08:51– Qui n'est pas de votre parti.
08:52– Mais qui dit, ça va trop loin,
08:54il faut même envisager d'interdire les insoumis.
08:56J'essaie de voir où vous êtes, Hervé, moi.
08:58– J'aime beaucoup Bruno Retailleau,
08:58c'est un type formidable, mais…
09:00– Mais vous n'êtes pas d'accord avec vous ?
09:01– Je dis juste que…
09:04Moi, j'ai des enfants de cet âge, donc j'en m'arrive…
09:07– Qui bloquent ?
09:08– Non, mais je…
09:09– Attendez, juste un mot, vous avez discuté avec…
09:13Vous leur avez dit qu'il n'y allait pas ?
09:14– Je discute avec eux, et il y en a un qui me dit,
09:20mais il ne feste pas rien, il est plus petit.
09:25Il me dit, mais est-ce qu'on pourrait avoir des preuves ?
09:31Est-ce qu'on pourrait avoir des preuves ?
09:32Je vous rappelle qu'Emmanuel Macron a fait un plan
09:35qui s'appelait le pacte enseignant,
09:38où il avait dit, zéro classe sans preuves, 2023.
09:43C'était un désengagement de l'élection présidentielle.
09:45Vous avez toujours des classes sans preuves,
09:47vous avez toujours des matières dans lesquelles,
09:48pendant un mois, deux mois, trois mois, vous n'avez pas de preuves.
09:50– Si un de vos enfants, Hervé Morin, vous disait,
09:52je vais manifester pacifiquement, vous lui diriez quoi ?
09:55– Écoutez, ça ne va pas se passer.
09:58– Pourquoi ?
10:00– Ça n'arrive pas chez les Morin.
10:01– Ça ne se passerait pas.
10:02– Thierry.
10:03– Et quelles conclusions vous en tirez
10:05pour ce début de semaine qui nous attend ?
10:07Pour votre région et pour le pays en général,
10:10est-ce que vous êtes inquiet ce soir ?
10:11– Oui, je suis inquiet, oui, oui,
10:12parce qu'on nous annonce tout de même
10:15des manifestations fortes, je crois, mardi.
10:19– Il y en aura aussi chez vous ?
10:21– Il n'y a pas de raison que la Normandie,
10:24faisant partie de la France, il n'y a pas de raison
10:25qu'il n'y en ait pas chez nous, quoi.
10:28Mais très clairement, oui, je suis inquiet,
10:29parce que j'ai vu que François Hollande a eu cette formule
10:33qui n'est pas très élégante, mais qui est en comparant,
10:36en disant que c'est compliqué de faire revenir des jeunes
10:39qui ont manifesté, surtout quand, en plus de ça,
10:42vous n'avez personne en face, quoi.
10:44Il n'y a pas d'organisation syndicale,
10:45il n'y a pas de vraie revendication, parce qu'il n'est quand même…
10:48– Il y a toute une série de revendications, franchement,
10:51où on se dit, bon, OK, j'en entendais un dire,
10:54ouais, vous vous rendez compte, on finit à 18h,
10:56on n'a même pas le temps, après, d'être à être dans sa famille.
10:59J'ai envie de lui dire, le problème, c'est que
11:00quand tu vas rentrer à la maison, tu vas prendre ton téléphone de portable.
11:02– Il n'y a pas que ça dans la revendication.
11:03– Ils ne disent pas que ça, vous le disiez vous-même,
11:06votre fils, et peut-être nos enfants, d'ailleurs,
11:08disent déjà qu'on commence par avoir des profs,
11:10et qu'on puisse étudier, surtout ceux qui sont
11:12dans les années bac français et bac.
11:14Est-ce que vous avez vu Hervé Morin ?
11:16Vous, en tout cas, dans les témoignages ?
11:18– Et puis, je pense qu'il y a peut-être, excusez-moi,
11:20je pense qu'il y a peut-être aussi, au fond,
11:23le sentiment aussi de la dégradation aussi
11:25du système éducatif français.
11:27Vous savez, je discutais de ça avec un patron
11:30d'une école d'ingénieurs à Rouen, jeudi.
11:32Il me dit, mais le niveau de maths
11:34de nos élèves ingénieurs
11:36est juste affligeant.
11:38Il me dit, mais le niveau de maths
11:40de tous les gamins, de tous les autres pays,
11:43et de tous les pays d'Afrique
11:44qu'on méprisait, etc., ont dit niveau de maths
11:46mais tellement supérieur aux nôtres.
11:48Donc, je pense qu'il y a peut-être aussi
11:50une inquiétude profonde sur la capacité
11:52de notre système éducatif
11:53à leur proposer un avenir.
11:55Il y a peut-être un peu de ça aussi.
11:56– Dans certains établissements,
11:58pour l'option maths,
11:59alors je ne sais pas exactement,
12:00maths renforcée,
12:01il y a plus de 40 à 45 élèves par classe
12:03dont certains n'arrivent pas
12:04à suivre les cours.
12:04Pour moi, il y a une question.
12:07Ce mouvement, en tout cas,
12:08en région parisienne,
12:09il a débuté il y a plus d'une semaine.
12:12Ceux avec qui vous avez pu échanger,
12:14est-ce qu'ils ont vu,
12:15les autorités parlent d'un tournant jeudi,
12:17est-ce que cette bascule,
12:19ils l'ont sentie venir
12:21ou est-ce qu'elle a été ?
12:22Parce qu'on a ce sentiment de,
12:23il y avait des poubelles devant les lycées,
12:25je caricature volontairement,
12:27on est passé de poubelles devant les lycées,
12:29ce qui arrive, on le sait, on le voit,
12:32aux scènes qu'on a vues jeudi et vendredi
12:34et on a l'impression que ça s'est fait comme ça.
12:36Ce qui est quand même assez déroutant.
12:38Oui, mais c'est aussi un système
12:40assez bien organisé pour les bandes
12:41en question qui sont celles
12:42qui commettent les violences
12:44et qu'elles tournent dans la ville
12:45et donc c'est assez compliqué
12:47d'arriver à saisir le mouvement
12:49et à mettre les forces de l'ordre
12:51qui conviennent en face.
12:52Vous, ministre de l'Éducation nationale,
12:55vous, au gouvernement...
12:55Je suis président de région,
12:57je n'ai pas l'intention de devenir ministre.
12:59C'est une hypothèse.
13:00Dans cette hypothèse,
13:02qu'est-ce que vous proposez ?
13:03Qu'est-ce qu'on peut faire
13:05lorsqu'on est au gouvernement aujourd'hui
13:07pour tenter de contenir, d'arrêter...
13:09C'est bien ça le sujet.
13:11Parce que quand on voit la pauvreté des réponses,
13:14mais qui sont aussi à la hauteur
13:16de la difficulté à saisir le sujet.
13:18Mais alors, qu'est-ce que vous répondez ?
13:20Qu'est-ce que vous proposez ?
13:21Et puis, je vais vous dire,
13:22de toute façon, il faut une transformation
13:23en profondeur du système.
13:25Mais ça, c'est pour, j'allais dire,
13:27post-2027.
13:28Mais ça ne va pas être facile.
13:29Ce n'est quand même pas le monde le plus facile
13:30à faire évoluer.
13:31Mais là, pour éteindre l'incendie, maintenant.
13:33Mais là, il y a zéro crédit.
13:35Il y a zéro crédit du...
13:37Donc, on dit aux lycéens,
13:39attendez, rentrez chez vous,
13:40les caisses sont vides ?
13:41Non, on va...
13:43Mais attendez, quand on...
13:45Allez, les profs, prenons les profs qui manquent.
13:49Vous avez vu les conditions de recrutement
13:51d'un certain nombre de profs,
13:52dans un certain nombre d'académies,
13:54où il n'y a même pas un entretien d'embauche,
13:56où on les prend sur CV ?
13:57Vous avez vu qu'on a mis en face de profs...
14:03J'ai vu des témoignages
14:04qui avaient été faits par des enquêtes
14:07menées par certains journalistes,
14:08où on envoyait un CV
14:09à quelqu'un qui n'avait aucune compétence
14:12pour devenir enseignant,
14:13tout au moins aucune formation.
14:15Bon, donc, ce n'est pas si simple que ça
14:17que de dire,
14:17on va vous mettre des enseignants demain matin,
14:19s'ils ne sont pas capables d'être à la hauteur.
14:21Vous avez parlé, il y a quelques instants,
14:22de 2027, Hervé Moin.
14:24Vous êtes une sorte d'exception,
14:25d'ovni aujourd'hui.
14:26Vous êtes l'un des derniers qui dit,
14:28il faut une grande primaire
14:29de la droite et du centre.
14:31D'abord, ça va peut-être vous faire sourire,
14:32mais est-ce que ça veut dire
14:33que ce qui se passe au Parti Socialiste
14:35en ce moment vous fait rêver ?
14:36Vous avez envie de ça,
14:37aujourd'hui, de ce...
14:38Oui, mais ils ne me font pas beaucoup rêver non plus,
14:40en temps normal.
14:45Mais bien sûr qu'il faut une primaire.
14:46Mais plus personne n'en veut aujourd'hui.
14:48Eh bien, moi, j'espère que...
14:50J'attends vraiment,
14:52maintenant que Gérard Larcher
14:53a été réélu président du Sénat,
14:57j'attends notamment
14:58des deux présidents
14:59des chambres parlementaires
15:00de reprendre une initiative
15:01sur le sujet.
15:02C'est-à-dire ?
15:03Parce que quand j'ai lancé
15:04mon opération
15:05avec cette pétition...
15:06Vous avez lancé une pétition,
15:07vous avez écrit à quatre candidats.
15:08Gabriel Attal, Édouard Philippe,
15:10Bruno Rotaillot
15:10et David Lysnard.
15:12David Lysnard a toujours été pour,
15:13donc pas de problème.
15:14Mais les trois autres,
15:15vous aurez pour vous ou pas ?
15:15Non, non, oui, oui,
15:16j'ai eu des conversations
15:16avec un certain nombre.
15:19Entre Bruno Rotaillot
15:20et Gabriel Attal
15:21ne sont pas fondamentalement opposés,
15:22mais il y en a un
15:23qui n'en veut pas.
15:24Et c'est celui
15:24qui est en tête des sondages ?
15:25Oui, enfin, d'accord,
15:26mais enfin, les sondages d'octobre,
15:27ça ne fait pas les sondages
15:28du mois de mars,
15:28ni l'élection du mois d'avril.
15:30Et donc, très clairement,
15:32on voit bien
15:32ce qui va se passer.
15:34Ils vont tous continuer
15:35jusqu'en janvier
15:36ou en février
15:37parce que quand vous regardez
15:38les courbes
15:39d'intention de vote,
15:40grosso modo,
15:41ça ne bouge pas
15:41depuis trois mois
15:41ou quatre mois
15:42et ça ne bougera pas encore
15:43dans les mois qui viennent.
15:44Donc, tous vont dire
15:46les dernières élections présidentielles
15:47ont démontré
15:48que les courbes commençaient
15:49à bouger en février
15:50ou en mars
15:51et donc, je vais essayer
15:52de durer le plus longtemps possible.
15:54Eh bien, bien entendu,
15:55dans cette hypothèse,
15:56au bout du compte,
15:57on ne sera pas là.
15:58Et c'est grave.
15:59Est-ce qu'il n'y a pas
15:59une certaine logique
16:00à attendre un peu quand même ?
16:02Parce que s'il n'en reste plus qu'un,
16:04celui-là,
16:04ça va devenir la cible,
16:06celui qui va concentrer
16:07tous les tirs.
16:09On a surtout besoin
16:10de faire en sorte
16:11qu'on soit tous ensemble
16:12à défendre
16:13un projet politique
16:14qui soit sérieux,
16:15fondé et solide.
16:17C'est quand même ça
16:17dont on a besoin.
16:18Et compte tenu...
16:20Moi, je reste intimement convaincu
16:22qu'il y a encore
16:22une majorité de Français
16:24qui souhaitent
16:26une majorité parlementaire
16:28et un président de la République
16:29l'année prochaine
16:30qui soit pour l'économie de marché,
16:32la réduction de la dépense publique,
16:34la réduction des prédéments obligatoires,
16:37un système de responsabilité,
16:40une gouvernance totalement transformée
16:42avec un vaste mouvement
16:43de décentralisation
16:44et de rationalisation.
16:45Je pense qu'il y a
16:46une majorité de Français là-dessus.
16:47Il faut juste qu'on puisse
16:49se faire entendre
16:49par une candidature
16:51qui soit portée par tout le monde.
16:52Gabriel Attal
16:53déclare ce soir
16:54à nos confrères du Parisien
16:55qu'il faut une coalition
16:57qui aille des électeurs
16:58de Raphaël Glucksmann
16:59à ceux de la droite républicaine.
17:02Des électeurs de Raphaël Glucksmann
17:04jusqu'à la droite républicaine.
17:06Il peut dire ça.
17:07Il est en train de changer
17:08votre primaire.
17:09Il faut demander à Raphaël Glucksmann
17:10de renoncer à être candidat.
17:11J'ai rédigé de...
17:13Vous n'êtes même pas d'accord
17:14sur le spectre
17:15dans lequel vous voulez gouverner.
17:17J'ai rédigé de ma blanche main
17:19sans l'intelligence artificielle
17:20la charte
17:23qui serait la charte signée
17:25par tous ceux
17:25qui participeraient.
17:27Mais Gabriel Attal
17:27vous répond en quelque sorte aujourd'hui.
17:28Il dit qu'il faut aller
17:29jusqu'à Glucksmann.
17:30Vous vous dites
17:31qu'on s'arrête à lui.
17:31La charte me semble-t-il
17:34convient aux quatre candidats
17:35parce qu'on y retrouve...
17:37Vous savez,
17:38je me suis livré un exercice.
17:39Pour rédiger cette charte,
17:40j'ai lu leur discours.
17:42Vous ne le faites jamais, vous.
17:44Non ?
17:45J'ai lu...
17:45On les écoute.
17:46On les écoute.
17:46On les écoute.
17:47Mais par contre,
17:47on les explique.
17:47Mais là,
17:48j'ai pris le temps
17:49de lire leurs principaux discours.
17:52Et c'est du côté collé ?
17:52Bien entendu,
17:53ils ont des solutions différentes.
17:55Ils ont des points
17:56sur lesquels ils insistent
17:57plus que d'autres.
17:58Mais au bout du compte,
17:59ils sont tout de même
18:00tous à peu près
18:02avec le même constat,
18:04la même analyse.
18:06Et donc,
18:07il faut y aller.
18:08C'est tout.
18:09avec Raphaël Glucksmann ?
18:10Non,
18:11si Raphaël Glucksmann
18:12veut participer
18:13à la primaire
18:14avec la droite et le centre,
18:16ça m'étonnerait.
18:17Il va falloir
18:17qu'il change vite d'avis
18:19puisqu'on rappelle
18:19qu'il a deux moments
18:21qu'il attend
18:22dans les ordinateurs.
18:24Demain,
18:2620h45,
18:27Raphaël Glucksmann
18:27et les quatre autres candidats
18:28de cette primaire socialiste
18:29débattent le dernier débat
18:30sur BFM TV,
18:3220h45,
18:33avec Apolline de Malherbe
18:34et Malamie,
18:36Maxime Soutek,
18:37évidemment.
18:37Et puis,
18:37dans une semaine,
18:37les militants de Place Publique
18:39et du Parti Socialiste
18:40qui vont voter
18:40pour les départager.
18:41Merci beaucoup.
18:42Merci.