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Chaque week-end, l’émission pilotée par Dominique Rizet, consultant police/justice BFMTV, et Pauline Revenaz, traite d’un événement majeur de la semaine, ainsi que d’autres affaires qui sont revenues sur le devant de la scène.
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00:01Générique
00:10Bonjour à tous, il est dimanche, nous sommes dimanche, il est 13h, bienvenue dans Affaires suivantes.
00:15Ravis de vous retrouver avec mon complice Dominique Rizet.
00:17Bonjour Pauline, il est dimanche, bonjour à tous.
00:19Au programme cette semaine, le cas de Francis Saul, me détenu depuis 1992, malade,
00:24mais il a réintégré sa cellule en centrale le mois dernier.
00:27Les inquiétudes de la fille et de l'une des victimes présumées, Jean-Joseph Clément.
00:32Avec son avocate, elles sont nos invitées.
00:34Elles attendent un procès le plus vite possible, tant que l'état de santé de ce tueur en plus de
00:38série le permet.
00:39Oui, vendredi dernier, il y a deux jours, c'était la reconstitution de la nuit du meurtre dans l'affaire
00:44Jubilard.
00:45Alors, Cédric Jubilard avait-il prémédité son geste en tuant sa femme à Cagnac-les-Mines ?
00:51En quoi cet acte d'enquête, une reconstitution, peut éclairer le procès en appel ?
00:56Nos meilleurs spécialistes seront avec nous en plateau.
00:59Affaire suivante, c'est tout de suite.
01:00Restez avec.
01:13Bonjour à tous, bienvenue dans l'affaire suivante.
01:15Francis Homme, 67 ans, détenu depuis 1992, pourrait être jugé juste devant les assises pour le meurtre de Jean-Joseph
01:22Clément en 1989.
01:23Oui, mais l'un des plus célèbres tueurs en série français, déjà multicondamné, a vu son état se dégrader fortement
01:31ces derniers mois.
01:32Les derniers éléments avec Pierre-Louis Bousset.
01:36Ce 8 août 1989, Jean-Joseph Clément part au volant de sa Peugeot 405, direction Avignon, pour y acheter une
01:43pièce mécanique.
01:44Il quitte son domicile juste après le déjeuner, pour ne jamais y revenir.
01:49Son corps est retrouvé le lendemain à Bédaride dans le Vaucluse.
01:53Son pantalon a été baissé, son crâne fracassé à coups de pierre, aucune trace du coupable.
01:59Le jour de la disparition, à quelques centaines de mètres de la scène de crime,
02:03les gendarmes contrôlent un vagabond, un parfait inconnu, un certain Francis Homme.
02:08Il est relâché, mais trois ans plus tard, dans le cadre d'une autre affaire,
02:11le tueur en série avoue le meurtre de Jean-Joseph Clément, avant de se rétracter.
02:15Faute de preuves, il bénéficie finalement d'un non-lieu en 2002.
02:20Pourtant, de nombreux détails du crime font planer l'ombre de Francis Homme.
02:24Le lieu du meurtre à l'écart, la violence des coups, l'absence de mobiles apparents,
02:29comme si la victime avait été choisie au hasard.
02:31Il y a aussi ce djinn ensanglanté retrouvé sur place, qui allait parfaitement au suspect.
02:37Francis Homme est aujourd'hui renvoyé devant les assises pour ce meurtre,
02:41une décision dont il a fait appel.
02:43La tenue d'un procès demeure incertaine, en raison notamment de l'état de santé fragile du tueur en série.
02:50Alors avec nous pour en parler, nous recevons Christine Clément, la fille de Jean-Joseph Clément,
02:54retrouvée donc assassinée en 1989.
02:56Merci d'être avec nous et à vos côtés, votre avocate Marine Alali, merci d'être là aussi.
03:01Le général d'Aus nous accompagne pour nous éclairer ce dimanche aussi.
03:05Dominique, ce procès a été requis par le pôle Colcase de Nanterre, 37 ans après l'effet.
03:12Et maître Alali, on a une échéance pour le mois de novembre.
03:15Mais pourquoi est-ce que c'est aussi long d'abord ?
03:18Alors c'est long ce que nous dit la Cour d'appel de Versailles,
03:21puisque c'est elle qui va devoir dessiner ou non du renvoi de Francis Homme devant la Cour d'assises,
03:25que le rôle est saturé, c'est-à-dire qu'il y a trop de dossiers,
03:28pas assez d'audience, pas assez de magistrats,
03:30et du coup, les délais d'attente sont très longs.
03:33Alors Christine Clément, quelle est votre plus grande crainte
03:35et qu'est-ce que vous demandez à la justice aujourd'hui de manière un peu solennelle ?
03:39Moi, ma plus grande crainte, c'est au niveau de la santé de Francis Homme,
03:43parce que c'est vrai qu'il y a quelques temps en arrière,
03:46on nous a dit qu'il était vraiment très très très malade.
03:48Bon là, il est ressorti, mais apparemment avec de gros problèmes de santé.
03:52Donc moi, j'attends un procès, que le procès s'accélère.
03:57Vous demandez à la justice d'accélérer le calendrier et de trouver cet audiencement,
04:00de trouver une date pour que le procès se tienne.
04:03Oui, oui, tout à fait.
04:04Quand quelqu'un est dans son état de santé,
04:07est-ce que vous avez la possibilité, maître, de faire savoir qu'il y a urgence,
04:12que c'est un dossier particulier et qu'on peut peut-être le placer au-dessus de la pile ?
04:16C'est possible ou pas ?
04:17Alors, on peut le faire, mais de manière un petit peu officieuse,
04:20dans le sens où il n'y a pas de recours qui nous est donné par le code de pression
04:24pénale particulier.
04:26Il n'y a pas de levier possible dans ce cas-là ?
04:27Nous, on n'est même pas tenu au courant de l'état de santé de Francisot,
04:29ce qui est normal, on n'est pas ses avocats.
04:32Donc en fait, on sait juste qu'il a été malade, mais on n'en sait pas plus.
04:37Alors nous, on le sait par les dernières nouvelles d'Alsace, Dominique.
04:40L'Est républicain.
04:41Il a fait des allers-retours entre la centrale et l'unité de soins de Brabois.
04:45Il a été opéré.
04:46Il a été opéré cet été.
04:47Il a regagné sa cellule à NCSIM, la centrale où sont les AICS,
04:52hauteurs d'infractions à caractère sexuel.
04:54Il y est revenu récemment.
04:56Le 16 septembre dernier.
04:57Le 16 septembre.
04:58Donc finalement, Francisot le va plutôt bien.
05:00Nous, si vous voulez, on en est ravis,
05:02parce que notre objectif premier avec Mme Christine Clément,
05:06c'est qu'aujourd'hui, il soit jugé pour le maire, soit Jean-Joseph Clément.
05:09Cela fait des années que ça dure, des années de retard.
05:13Et il faut que, si vous voulez, la justice se rattrape de toute manière dans ce dossier.
05:16Donc il est urgent que maintenant le dossier soit...
05:20La première étape, c'est la Cour d'appel.
05:21Et ensuite, on veut une date très rapide devant la Cour d'assises
05:24si c'est la décision que prend la Cour d'appel.
05:26Pourquoi il faut que la justice se rattrape, selon vous ?
05:29Parce que c'est un dossier.
05:30D'ailleurs, on a signé l'État pour faute lourde,
05:32parce qu'il y a une succession de fautes très importantes dans ce dossier,
05:36avec des années blanches, c'est-à-dire des années où le dossier est tout,
05:38perd l'instruction, mais dans laquelle il ne se passe absolument rien.
05:41Il y a d'ailleurs dix ans dans ce dossier, donc c'est énorme,
05:44dans lesquels il y a zéro acte d'instruction,
05:46alors qu'un juge était désigné et que M. Francisome était mis en examen.
05:49Donc c'est évidemment une faute de l'État de ne pas enquêter,
05:53encore plus quand il y a une mise en examen,
05:55et encore plus quand une famille attend les réponses pour la personne qui est décédée.
05:59Et on va reposer la même question.
06:00Est-ce que ce juge, qui n'a rien fait pendant dix ans,
06:02est-ce qu'on lui demande de rendre des comptes ?
06:05Absolument pas.
06:05Sa hiérarchie lui dit, monsieur, venez un peu par ici,
06:09c'est quoi ce dossier vide pendant dix ans ?
06:10Alors, ce n'est pas un juge, en fait, c'est une succession de juges qui n'ont rien fait,
06:14puisqu'en dix ans, on sait que les juges...
06:16Est-ce qu'on ne peut pas dire à tous ?
06:17Voilà, vous allez rendre des comptes et...
06:19Malheureusement, le système aujourd'hui ne fonctionne pas exactement comme ça.
06:22Nous, on assigne l'État un peu comme une personne générale,
06:24mais on n'attaque pas une personne en particulier, un juge en particulier.
06:29On s'attaque évidemment à un système qui a été défaillant
06:32et une succession de fautes, mais de fautes qui ont été également personnelles
06:35de la part de certains magistrats, évidemment.
06:37Christine Clément, ça fait combien d'années que vous portez ce combat ?
06:40Enfin, depuis le début, j'imagine.
06:42Et comment on trouve la force de tenir ce dossier à bout de bras ?
06:46Moi, ça a fait 37 ans cette année, c'est-à-dire le 7 et 8 août,
06:50où il a été retrouvé.
06:52Et la force, je l'ai parce que je veux à tout prix savoir
06:56si c'est bien lui qui a le jugement
06:59et la promesse que j'ai faite sur le cercueil de papa.
07:02Et cette promesse, vous la faites aussi pour les autres membres de votre famille ?
07:05Vous êtes soutenu dans votre démarche ?
07:07J'imagine qu'il y a un élan collectif et familial ?
07:09Oui, oui, bien sûr.
07:11Si on se plonge dans le dossier, techniquement, il a avoué,
07:15Francis Aulma, vous, le meurtre de votre père,
07:18et ensuite, il se rétracte.
07:20Est-ce que vous pouvez nous dire, Maître,
07:22si au moment où il avoue, il donne des éléments probants,
07:27qui ne laissent aucun doute finalement, même s'il va se rétracter après,
07:30est-ce qu'il donne des éléments que lui seul pouvait connaître,
07:34que seul le meurtrier pouvait connaître ?
07:35Alors là, vous allez me piéger,
07:37parce que moi, je suis quand même tenue encore par ce fameux secret de l'instruction,
07:41tant que le dossier n'est pas renvoyé et rendu public à la cour d'assises.
07:45En tout cas, à notre sens aujourd'hui,
07:47ce qu'on va soutenir dans la cour d'appel de Versailles,
07:49c'est qu'il y a bien assez d'éléments pour que Francis Aulma soit jugé devant une cour d
07:53'assises.
07:53Alors pourquoi est-ce qu'il s'est rétracté ?
07:55La question est pertinente.
07:56Pourquoi est-ce qu'il s'est rétracté ?
07:57Parce qu'on ne l'a pas interrogé pendant 10 ans.
07:59On l'a laissé dormir.
08:00Donc il a profité de ses années blanches, finalement, pour faire machinariat ?
08:03C'est ce qui s'est passé, factuellement.
08:06Le parcours criminel de Francis Aulma,
08:09on le rappelle, il a déjà été plusieurs fois condamné.
08:11Il a été condamné 11 fois, je crois, dont 5 en Lorraine.
08:16Il est étudié au pôle Colcaise de Nanterre.
08:19Général Daouz, comme d'autres tueurs en série, d'ailleurs.
08:22Est-ce qu'on pense plausible, pour avoir ouvert ce parcours criminel,
08:25la question est, est-ce que c'est plausible de trouver encore d'autres victimes ?
08:30Ou est-ce que c'est pour éclairer ce qu'on a déjà...
08:32À quoi ça sert d'ouvrir ce parcours criminel à Nanterre ?
08:35Et comment on va l'éclairer ?
08:36Alors, l'éclairer, c'est se replonger dans le passé, mais dans tous les faits.
08:42Et là, il faut rendre hommage à Jean-François Abgral,
08:45qui est le gendarme qui s'est rendu compte qu'il avait un parcours...
08:49Regardez les victimes de Francis Aulma et le parcours du...
08:51On l'appelle le retard du crime.
08:53...et en quelques semaines, il arrivait à traverser la France 2-3 fois.
08:58C'est-à-dire qu'on s'aperçoit, au fur et à mesure, avec le travail de Jean-François Abgral,
09:03que partout où il passe, il y a des faits, des faits graves, des meurtres, des agressions, etc.
09:10Et que la majorité n'est pas vérifiée, ou elle est isolée l'une de l'autre,
09:16et on va chercher un coupable potentiel.
09:20Donc le fait qu'il y ait encore à découvrir,
09:24ça c'est mon intime conviction, ça ne repose rien,
09:27je pense qu'au regard d'un parcours qui a échappé à tous les radars possibles,
09:32qu'on peut encore retrouver quelques éléments.
09:34On en parlait à la rédaction, tous les deux, c'est vrai que Jean-François Abgral,
09:37c'était un gendarme qui était à la section de recherche de la gendarmerie de Rennes,
09:41qui travaille sur un cas, premier cas, c'est Aline Peres,
09:44qui est retrouvée, tuée à coups de couteau sur une plage en plein jour.
09:47La plage du Moulin Blanc.
09:48La plage du Moulin Blanc, au Ralec-Cairion.
09:50Donc il va travailler sur cette histoire, et ensuite il va remonter.
09:54Et il a fait un boulot phénoménal, et on en parlait tout à l'heure avec François à la rédaction
09:58avant de descendre.
09:59En fait, il a retracé tout le parcours de Francis Haume,
10:03qui était un vagabond,
10:04donc qui était contrôlé par des gendarmes ou des policiers,
10:07donc Abgral a repris tout ça,
10:09qui allait chez Emmaüs pour chercher des vêtements,
10:12et ça laissait une trace, il a refait ça,
10:15qui prenait des procès-verbaux parce qu'il voyageait sans billet dans les trains,
10:19donc il a retracé ça aussi,
10:21qui allait dormir à la cure,
10:23qui allait voir le curé, il a retracé ça,
10:25qui allait demander des colis alimentaires dans les mairies,
10:28il a retracé ça aussi.
10:29Il avait fait une carte incroyable,
10:31on s'apercevait qu'il était passé 84 fois dans les mêmes départements en France,
10:35et quand on mettait le calque des affaires non élucidées,
10:38ça donnait le vertige, je crois que,
10:39je ne sais plus,
10:40je crois qu'il y avait 44 affaires à cette époque-là.
10:44Et il y a une première affaire qui doit être son premier meurtre
10:48quand il habitait à Montigny-les-Messes,
10:50qui s'est passé dans son quartier,
10:52et ça pourrait être une histoire qui ressortira un jour.
10:55Oui, tout à fait.
10:56Juste peu de temps avant la mort de sa mère,
10:58il était encore mineur,
11:00donc il y a une histoire là.
11:02On a donné le déclenchement de ce parcours
11:06avec la mort de sa mère le 16 octobre 1984,
11:09le jour de l'affaire Grégory.
11:13Paradoxonement.
11:15Mais, comme le disait Dominique,
11:16il a très certainement commencé avant.
11:19C'est un parcours sériel.
11:21Mettre à la liste la raison pour laquelle il y a un anterre ?
11:24Oui, évidemment.
11:25Aujourd'hui, c'est quelqu'un qui a été condamné pour plusieurs crimes.
11:29Il le sera peut-être à nouveau pour un autre.
11:31Et tout le monde s'interroge, évidemment,
11:33de savoir s'il y a pu en avoir d'autres.
11:35Et avant tout, les juges d'instruction et le parquet de Nanterre
11:37qui font encore des recherches actuellement
11:40pour, justement, rattracher des meurtres.
11:41Peut-être celui dans lequel vous faisiez allusion
11:43ou peut-être d'autres.
11:44Est-ce que vous avez été confronté à Francisome
11:47dans un cabinet d'instruction
11:48ou pas encore, vous, personnellement ?
11:51Alors, là, je vais encore voter en tout.
11:53Je suis vraiment désolée,
11:54mais on est très regardé, on le sait, sur ce dossier.
11:56Et on ne peut pas révéler des secrets de l'instruction.
11:59Ma question, c'est plus générale,
12:01c'est comment est-ce qu'il se comporte ?
12:02Est-ce qu'il l'énonce ?
12:02Est-ce qu'il élabore des choses ?
12:04Comment est-ce qu'il se justifie ?
12:05Et comment est-ce qu'il l'exprime ?
12:06Puisqu'il a notamment dit à un moment « j'ai tué ».
12:10Ensuite, il s'est rétracté.
12:11Est-ce que c'est quelqu'un qui élabore et qui est capable ?
12:14Est-ce qu'il y a, par exemple, un mode opératoire identique
12:17sur toute cette cartographie ou pas ?
12:19Je peux répondre à la question de manière générale.
12:21Moi, je pense qu'il est capable de parler encore
12:23et qu'il faut pour ça l'interroger, le réinterroger,
12:26à l'instar de ce qu'on a peut-être fait avec Michel Fourniret
12:28et Monique Olivier grâce à Sabine Kéry.
12:30C'est ce qui n'a jamais été fait pour l'instant avec M. Francis Aulman.
12:33Il y a une signature Aulman,
12:34des meurtres commis avec une grande violence,
12:36avec des objets qui lui tombent sous la main.
12:38À Montigny-les-Messes, il tue deux enfants,
12:40Alexandre et Cyril, à coups de pierre.
12:42Il tue Laurent Bureau dans un gymnase épérigueux,
12:45à coups d'extincteurs.
12:46Votre papa, c'est une pierre
12:48où c'est un pistolet à peinture.
12:50C'est une côté d'une grande violence.
12:52Il déshabille en partie ses victimes.
12:54Il n'y a pas de viol parce qu'il est atteint,
12:55Francis Aulman est atteint d'un syndrome de Klinfelter,
12:58une atrophie des testicules.
13:00C'est un contemplatif. C'est un homme très violent.
13:02Quand il est alcoolisé,
13:04c'est encore plus une circonstance aggravante.
13:06Et puis, ce qui est déroutant,
13:07là, c'est les similitudes,
13:09mais ce qui est déroutant, c'est qu'il n'y a pas
13:11un type de victime. Ce n'est pas Patrice Allègre
13:13ou Guy Georges qui cherche des jeunes femmes de 20 ans
13:16ou 25 ans.
13:17Il tue tout le monde. Il tue votre papa,
13:20c'est un monsieur qui a 70 ans.
13:22La justice n'a pas encore 59 ans.
13:2559 ans, pardon.
13:26Il tue Mme Manès et puis Notre-Dame dans les Ardennes
13:29qui ont 80 ans. Il tue Sylvie Rossi,
13:31une femme de 30 ans à côté de Reims.
13:33Il tue un gamin,
13:35Joris Viville, qui doit avoir 9 ou 10 ans,
13:379 ans, à la sortie du camping
13:39de Port Grimaud. Il tue tous azimuts
13:41et tout le monde. Il tue Laurence Guillaume
13:43qui a 15 ans à côté de Metz.
13:45Ce qui en fait l'un de nos plus grands tueurs en série.
13:47Bien sûr, le plus imprévisible.
13:49Totalement imprévisible.
13:50Pas de typicité de victime.
13:52Pas de mode opératoire
13:54au sens tel qu'on l'imagine
13:56et tuer en série avec la même chose
13:58qui est le couteau, les pierres,
14:01la violence, les poings.
14:02Il a tué à coups de poing et à coups de pied
14:04une jeune femme de 30 ans
14:06qu'il avait prise dans un champ.
14:08Sylvie Rossi, il l'a piétinée dans un champ.
14:11Voilà.
14:11Donc, c'est une explosion de violence.
14:14Et là, je reviens à Jean-François Aubgral
14:17qui avait réussi à communiquer avec lui.
14:20comprendre qu'il savait Holm,
14:22il sait aussi jouer avec les gens,
14:25voir leurs faiblesses, s'inservir,
14:27parce que parfois...
14:28Mais est-ce qu'il a le temps, pardon,
14:30quand c'est une bouffée meurtrière,
14:33si je puis dire, est-ce qu'il a le temps
14:34de déceler ça chez la victime potentielle ?
14:37Oui.
14:38Apparemment, oui.
14:39Il arrive à voir les faiblesses immédiates des victimes.
14:41Et il se prépare souvent,
14:43parce que les bouffées,
14:44c'est ce que expliquait Jean-François...
14:45Enfin, moi, je dis bouffées,
14:46mais je ne sais pas si c'est le bon terme.
14:48Voilà.
14:49Il imagine les meurtres
14:52et après, les meurtres ont lieu.
14:54Oui, il les imagine.
14:55Et il les raconte comme s'il était un spectateur.
14:57Je l'ai vu avancer,
14:58il a fait ci, il a fait ça,
14:59il est allé là,
15:00il a sorti son couteau,
15:01en fait, il raconte son histoire.
15:03Et puis, il a quelque chose de particulier,
15:05il arrive à embarquer des gens avec lui.
15:07Des gens qui n'ont rien à voir
15:08quand il tue le petit Joris Viville,
15:09mais il emmène avec lui un infirmier
15:11qui a une voiture,
15:12et c'est la voiture dans laquelle
15:13ils vont emmener l'enfant.
15:14Quand il tue Laurence Guillaume,
15:15il va l'accueil avec le propre cousin
15:17de Laurence Guillaume.
15:18Il n'a pas de voiture.
15:19Il dit, tiens, on prend ta voiture,
15:20on va suivre ta cousine.
15:22Vous voyez, il a parfois des complices.
15:23Est-ce que vous savez
15:24s'il a pu en avoir un dans le meurtre ?
15:26Dans votre affaire.
15:27Il n'y a pas de complices.
15:28Dans le dossier de Jean-Joseph Clément,
15:29il n'y a toujours eu que Francis Homme
15:31de suspecter tout seul.
15:33Bon, écoutez,
15:34on va suivre attentivement
15:35cette audience
15:36qu'on a compris du 19 novembre.
15:38Merci à toutes les deux de vos lumières.
15:40On suivra cette décision.
15:41Dans un instant,
15:42nous, on replonge
15:43dans le procès jubilard.
15:45Quels sont les fruits
15:45de la reconstitution
15:46qui a eu lieu vendredi dernier
15:48à Cagnac-les-Mines ?
15:50Ne bougez pas,
15:50on revient dans un instant.
16:0113h30 sur BFM TV.
16:02Bienvenue si nous vous rejoignez
16:03dans l'affaire suivante.
16:04Se redéployer sur les lieux,
16:06refaire les gestes,
16:07expliquer le passage à l'acte.
16:08C'est ce qu'a fait Cédric Jubilard
16:10vendredi accompagné de son avocat
16:11toute la journée
16:12lors de la reconstitution des faits
16:14du meurtre de Delphine Osaguel.
16:16Avec nous pour en parler,
16:17j'accueille Mourad Batik,
16:19l'avocat de l'oncle
16:20et de la tante de Delphine.
16:21Merci d'être avec nous.
16:21Vous avez assisté à la reconstitution,
16:23vous allez nous expliquer.
16:24Jacques Fonbonne,
16:25général de gendarmerie,
16:26ancien commandant
16:27de la section de recherche d'Orléans.
16:29Général d'Aouster,
16:30restez avec nous.
16:31Dominique Rizet également.
16:32Alors, Mourad Batik,
16:33ça a duré 5h vendredi
16:35à l'intérieur du domicile familial
16:36à Cagnac-les-Mines.
16:38Cédric Jubilard a remimé la scène,
16:39a refait les gestes.
16:40Nous, on n'y était pas.
16:42Racontez-nous comment ça s'est passé.
16:44Écoutez, on s'est d'abord
16:45dans un premier temps rendu
16:47dans le domicile conjugal.
16:49Et donc, dans le domicile conjugal,
16:51il s'agit de refaire la scène
16:54et que Cédric Jubilard nous explique
16:56ce qui s'est passé avant,
16:57pendant, après.
16:58Et donc, Cédric Jubilard
16:59va continuer à s'enferrer
17:02dans des mensonges
17:02parfaitement absurdes
17:04puisqu'il va expliquer,
17:05comme sa ligne de défense
17:07se trace depuis plusieurs semaines,
17:09que finalement,
17:10c'est presque un peu
17:11de la faute de Delphine.
17:12C'est-à-dire qu'il va expliquer
17:13qu'il va péter un plomb,
17:15qu'il va devenir fou
17:17à la suite d'une provocation
17:19de Delphine.
17:20Et donc, vous voyez,
17:21on a une inversion
17:22de la charge.
17:24Celui qui provoque,
17:25ça n'est plus lui,
17:26c'est Delphine.
17:26Donc, vraisemblablement,
17:28dans ses explications,
17:29à lui,
17:29il explique qu'elle est
17:30sur son téléphone portable
17:31et qu'il y a un premier échange
17:33et qu'à la suite
17:34de ce premier échange,
17:35elle lui montre
17:35le téléphone portable
17:37en lui disant,
17:38tu vois,
17:39je suis avec lui,
17:40donc comprenez l'amant,
17:41et nous avons
17:43des relations intimes
17:44qui sont bien meilleures
17:46que celles que je peux avoir
17:47avec toi.
17:48Et donc là,
17:48elle vient,
17:49elle se lève.
17:50Dit-il ?
17:51Dit-il.
17:52Dit-il.
17:52Elle se lève,
17:53elle va à sa rencontre
17:55au niveau de la cuisine
17:57pour poursuivre
17:58cette provocation
17:59et comprenez que
18:00Cédric Jubilard,
18:01lui,
18:01il subit tout ça,
18:02il subit ces provocations
18:03multiples de Delphine.
18:05La provocation du téléphone
18:06et puis la provocation verbale
18:08et puis elle continue
18:09et le pauvre Cédric Jubilard
18:10lui dit, arrête,
18:11tais-toi,
18:12tais-toi,
18:13Simplement,
18:13sur PV,
18:14il a quand même dit
18:14qu'il avait dégoupillé,
18:15alors est-ce qu'il a explicitement
18:17mimé la scène de l'étranglement ?
18:19Parce que c'est ça
18:20le cœur de la scène.
18:20Il va lui dire de s'arrêter
18:21un nombre incalculable de fois,
18:24Delphine refusant,
18:25bien évidemment,
18:26de s'arrêter
18:27et là,
18:27il va vouloir la faire taire
18:29et donc il l'attrape
18:29contre le frigidaire,
18:31il met ses deux mains
18:32autour de son cou
18:32et il sert de toutes ses forces
18:34avec les deux pouces
18:35sur la carotide.
18:36Vous voyez cette scène ?
18:37On voit cette scène,
18:39il la mime.
18:40Alors,
18:40qui joue le rôle
18:42de Delphine Jubilard ?
18:43Alors,
18:43il y a deux rôles
18:46qui sont joués,
18:47un par une officielle
18:48de police judiciaire
18:48qui a le même gabarit,
18:50une gendarme,
18:50qui a le même gabarit
18:51que Delphine Ossaguel
18:53et puis,
18:54une fois que ce premier mime
18:57est fait,
18:58eh bien,
18:58on a un mannequin,
18:59un mannequin lesté
19:01pour finalement voir
19:03s'il est possible
19:04que ce qu'il explique
19:06se déroule dans la réalité.
19:08Donc,
19:08une fois que Delphine Ossaguel,
19:09donc que la gendarme
19:11s'est faite étrangler,
19:14eh bien,
19:14le mannequin est à terre
19:15et là,
19:15il va expliquer
19:16qu'il prend Delphine
19:18sur son épaule droite,
19:19qu'il la porte,
19:20qu'il la sort de la maison,
19:22qu'il descend une pente
19:23à 10%
19:24pour la mettre
19:26dans le coffre
19:26et donc là,
19:27patatras
19:28à la première possibilité
19:31de reconstituer cette scène,
19:32il va être
19:33dans l'impossibilité,
19:34dans l'incapacité physique
19:35de prendre le mannequin
19:37de 60 kilos
19:38et de le mettre
19:39sur son épaule.
19:39Il n'y arrive pas.
19:40Il n'y arrive pas.
19:40C'est trop lourd.
19:41Il va essayer
19:42une fois,
19:42deux fois,
19:42trois fois.
19:43Le magistrat instructeur
19:44va lui dire
19:44« Monsieur Jubilard,
19:45vous n'y parvenez pas. »
19:46Il va dire
19:46« Non,
19:46je n'y arrive pas. »
19:47Très intéressant.
19:48Ça veut dire quoi ?
19:49Ça veut dire que c'est faux.
19:50Ça veut dire que c'est du pipeau.
19:52Ça veut dire que c'est vrai
19:52que Jubilard est un menteur.
19:53Mais ça,
19:53on n'apprend rien.
19:54C'est une énième preuve
19:56de ses mensonges,
19:57de sa manipulation,
20:05qui peut être.
20:06L'autre version,
20:07c'est quoi ?
20:07Alors,
20:08la version,
20:09malheureusement,
20:09il n'y a que Delphine Osaguel
20:10qui pourrait dire précisément
20:12ce qui s'est passé.
20:13Mais en tout cas,
20:14ce qui a pu se passer
20:15au regard du dossier,
20:17c'est qu'en réalité,
20:19Cédric Jubilard,
20:20non pas par le truchement
20:23de Delphine,
20:24voit ce qui s'est passé,
20:26c'est-à-dire qu'il va
20:26l'espionner.
20:27On voit que sur le canapé,
20:29juste au-dessus du canapé,
20:30il y a un mur en placo.
20:32Dans ce mur en placo,
20:33il y a un trou décoratif
20:36et donc il peut passer
20:37derrière ce mur,
20:38voir par-dessus l'épaule
20:40ce qu'il se passe
20:41sur le téléphone de Delphine.
20:43Là, lui dégoupille
20:44en voyant effectivement
20:45qu'elle est en train
20:46de parler à son amant.
20:47Une bagarre éclate.
20:48Je pense qu'il la frappe
20:50très fortement
20:50et très lourdement
20:51puisqu'on va trouver
20:52les lunettes de Delphine
20:53cassées
20:55à différents endroits.
20:57Je pense qu'elle s'enfuit
20:59du domicile.
21:01Elle court.
21:01Il la rattrape.
21:03Pourquoi est-ce que je dis ça ?
21:03Parce que les voisines
21:04vont entendre
21:06des cris stridents.
21:08À 23h07.
21:09Exactement.
21:10Des cris stridents,
21:11des cris de détresse.
21:12Elle essaye de fuir.
21:13Il la rattrape.
21:14Il va la tuer
21:15à l'extérieur
21:16et il va la mettre
21:17dans le coffre
21:18pour...
21:19Et comment il fait alors ?
21:20Si on suit votre raisonnement,
21:22il la tue à l'extérieur
21:23et comment il fait
21:23pour la mettre dans la voiture
21:24sachant qu'il a eu du mal
21:25à soulever ce même poids
21:27dans la cuisine ?
21:28Comment il y arrive
21:28à l'extérieur ?
21:29On va être sur quelque chose
21:31de très morbide
21:32mais je pense qu'il la traîne
21:33soit par les pieds
21:35et on imagine
21:36la tête de Delphino Saguel
21:38tapée sur chacune
21:40des marches reconstituées
21:42dans le domicile
21:43soit ce serait
21:45une autre hypothèse
21:46il la traîne
21:47par les bras.
21:48Mais je pense
21:49en tout cas
21:49je ne sais pas je pense
21:50factuellement
21:51il a été dans l'incapacité
21:52de la soulever
21:54ça c'est intéressant
21:55donc il l'a traîné
21:55Jacques Fombone
21:56Oui il y a quelque chose
21:57qui est étonnant
21:59qui pose la question
22:00finalement de savoir
22:01comment il est conseillé
22:03comment il est défendu
22:04si vous vous rappelez
22:06sa théorie
22:07et on vient d'en reparler
22:08c'est
22:08je me suis énervé
22:09je ne l'ai pas fait exprès
22:11je dirais qu'il lui suffisait
22:13de laisser planer le doute
22:14sur quelque chose
22:15qui s'emballe
22:16c'est à dire
22:17je l'ai frappé volontairement
22:19mais ensuite
22:20la mort est survenue
22:21d'une façon
22:22qui n'était pas ma volonté
22:24or
22:24il dit
22:25je l'ai étranglé
22:28on sait qu'effectivement
22:29il y a
22:30une perte de connaissance
22:31très rapide
22:32lors d'un étranglement
22:335, 10, 20 secondes
22:35mais qu'ensuite
22:35il faut presser
22:37le cou
22:38et couper les carotides
22:39et donc avec les pouces
22:40voilà
22:40pendant 3 à 4 minutes
22:42je pense qu'il aura du mal
22:43à expliquer
22:44devant la cour d'assises
22:45comment
22:46dans un acte
22:47qui n'est
22:48selon lui
22:49pas prémédité
22:49mais je pense qu'on pourra
22:50en reparler
22:51comment il a pu
22:52rester dans cette situation
22:53criminelle aussi longtemps
22:54c'est à dire qu'à un moment donné
22:56la colère passe
22:57mais elle passe en quelques secondes
22:58c'est véritablement
22:59une intention de tuer
23:00alors qu'il lui suffisait
23:01de dire
23:02elle est tombée
23:03elle est tombée
23:04malencontreusement
23:04il n'y a pas le crâne
23:05il n'y a aucune constatation
23:07de police technique
23:07sur le squelette
23:08ça passait au moins
23:09dans le doute
23:09alors moi j'ai une question
23:10pour vous deux
23:11comment se fait-il
23:12que les gendarmes
23:13n'aient rien retrouvé
23:14dans le coffre
23:15de la voiture
23:16ils emportent
23:17traîne
23:18dépose
23:19dans le coffre
23:20de la voiture
23:20comme l'avait fait
23:21Jonathan Daval
23:22dans sa voiture
23:22le corps de sa femme
23:25on doit retrouver
23:26alors
23:26c'est la voiture
23:27de Delphine
23:28on retrouve
23:28tu vas me dire
23:29on retrouve son ADN
23:30on retrouve
23:31mais bon
23:32dans le coffre
23:32de la voiture
23:33de Delphine
23:33il n'y a pas forcément
23:34des traînes
23:35il n'y a pas de saignement
23:37il n'y a pas forcément
23:37des mèches de cheveux
23:38avec un petit morceau
23:39de chair
23:39de toute façon
23:41c'est pas la position normale
23:42je pense que ça peut être
23:43un élément
23:44qui peut être discuté
23:45du point de vue
23:45de la préméditation
23:46c'est-à-dire
23:47prendre la précaution
23:48d'avoir habillé
23:49le coffre de la voiture
23:50avec des sacs poubelles
23:51avec quelque chose
23:52qu'on va enlever ensuite
23:53de façon à ne pas laisser
23:55forcément de traces
23:56s'il y a des traces
23:57un peu partout
23:57dans la voiture
23:58c'est de l'ADN de contact
23:59mais ça François le dira
24:00mieux que moi
24:01c'est pas étonnant
24:03si on avait effectivement
24:04une trace de sang
24:05dans le coffre
24:05là ça devient
24:06beaucoup plus difficile
24:07à expliquer
24:07tout à fait
24:09l'ADN n'est pas incriminant
24:11étant donné que même si
24:12dans le coffre
24:13c'est pas la position habituelle
24:14elle met des courses
24:16elle met ça
24:16et on a les transferts ADN
24:18de Delphine
24:19donc à partir de ce moment-là
24:21c'est pas là où
24:22il y en a le plus
24:23c'est pas probant du tout
24:24de plus
24:26comme disait Jacques
24:27tout à l'heure
24:27où il a habillé le coffre
24:29voire
24:29il a peut-être mis
24:31la fameuse couette
24:32mettre son épouse
24:34et la cacher dedans
24:35donc
24:36on voit que
24:37c'est pas ça
24:38qui est le déterminant
24:39le déterminant
24:40c'est
24:41effectivement
24:41est-ce que les gestes
24:43sont compatibles
24:43les gestes compatibles
24:45on l'avait déjà évoqué
24:47et
24:48j'avais expliqué
24:49que si on étrangle
24:50quelqu'un face à soi
24:51le poids du corps
24:52fait qu'on ne tient pas
24:534 minutes
24:54de la personne comme ça
24:55donc certes
24:56elle est inconsciente
24:57mais on doit continuer
24:58le geste
24:59pour arriver jusqu'à la mort
25:00donc il y a de la détermination
25:01il y a de la détermination
25:03de la volonté
25:03et le geste
25:04il y avait
25:05plusieurs hypothèses
25:07soit elle était
25:08sur le canapé
25:09et il l'a étranglé
25:10sur le canapé
25:11et comme elle était
25:12légèrement en hauteur
25:13après il peut la traîner
25:14à l'extérieur
25:15soit elle s'enfuit
25:16et il la rattrape dehors
25:17et il l'attrape
25:18par derrière
25:18et il refait
25:20le fameux geste
25:21qu'il a expliqué
25:22à une de ses amies
25:25au parloir
25:26et là c'est différent
25:27parce qu'on peut tenir
25:28quelqu'un
25:29et on peut le tenir
25:30plus de 4 minutes
25:31sans aucun problème
25:32mais maître Bati
25:33comment il est
25:34quel est son comportement
25:36pendant cette reconstitution
25:37son avocat dit
25:38qu'il est coopératif
25:39ok
25:39mais est-ce qu'il est détaché
25:41est-ce qu'il est
25:42très affecté
25:44comment vous
25:44comment vous le voyez
25:45c'est quand même
25:45un acte d'enquête
25:46assez exceptionnel
25:48une reconstitution
25:48il est à quelques mètres
25:49de vous
25:49comment il se comporte
25:50très détaché
25:52émotionnellement
25:52il n'a aucune émotion
25:54on ne sent pas
25:54de remords
25:55il ne pleure pas
25:56il n'a pas
25:57les yeux rouges
25:58vous voyez
25:59il ne tremble pas
26:00c'est quelqu'un
26:01qui est en maîtrise
26:02en pleine maîtrise
26:03de lui-même
26:04et c'est presque déstabilisant
26:05c'est-à-dire que
26:06j'avais le sentiment
26:07que nous
26:08avocats
26:09qui ne connaissions pas
26:11Delphine directement
26:12nous étions plus
26:13emprunts d'émotion
26:14que lui-même
26:15il est rentré
26:16dans cette maison
26:16dans laquelle il n'est pas
26:17rentré depuis plusieurs années
26:18aucune émotion
26:19aucune émotion
26:20il ne laisse rien transparaître
26:21il répond de manière
26:23très laconique
26:24oui
26:24non
26:25peut-être
26:26quand on lui pose une question
26:27il y répond
26:27sans aucune émotion
26:29et si vous voulez
26:30il est sorti de là
26:31il est retourné en détention
26:33sans qu'il ne se passe
26:34rien émotionnellement
26:35et c'était très déstabilisant
26:36et ça a duré en fait
26:37très peu de temps
26:38quand même
26:38parce qu'il est sorti
26:39ça a commencé à 9h
26:40à 14h
26:41c'était terminé
26:41donc il y a le domicile
26:43ça vous l'avez bien expliqué
26:44ensuite il y a eu le trajet
26:45vous avez fait le trajet
26:46et ensuite il y a ce fameux
26:47tas de composts
26:48sur lequel ont été retrouvés
26:49les deux fémurs
26:50il a fait les trois étapes
26:51en moins de 4h
26:52on a fait les
26:52c'est allé très vite
26:54puisqu'il a une version
26:56il déroule sa version
26:56alors c'est un tissu de mensonge
26:58comme toujours avec Cédric Jubilard
27:00il y a une vérité
27:01qui est entourée
27:03de 10 mensonges
27:04c'est-à-dire qu'aujourd'hui
27:05il vous dit
27:05j'ai tué Delphino Saguel
27:07et ça c'est une vérité
27:09et cette vérité
27:09il va devoir l'agrémenter
27:11d'énormément de mensonge
27:12pour garder
27:13pour conserver
27:15finalement
27:15une forme de
27:16de possession
27:18de maîtrise
27:18de maîtrise
27:19sur Delphine
27:20sur l'histoire
27:20un peu comme un pied de nez
27:22en disant
27:23à Delphine
27:23jusqu'au bout
27:24je te tiens
27:25et c'est moi qui détiens
27:26la version
27:27qui sera écrite
27:28je vais prendre la défense
27:29de Jubilard
27:30à ce moment-là
27:30mais il a dit la vérité
27:33il a dit où était
27:33le corps de sa femme
27:34quel intérêt selon vous
27:36a-t-il à mentir aujourd'hui
27:37pourquoi vous dites
27:38c'est pas la bonne version
27:39et si c'était la bonne version
27:40je crois
27:41alors d'abord
27:41c'est pas la bonne version
27:42puisque c'est une version
27:44qui ne correspond pas
27:45aux faits
27:46factuellement
27:47pragmatiquement
27:47ça ne colle pas
27:49aux éléments
27:49quel intérêt a-t-il à mentir
27:50qu'est-ce qu'il va gagner
27:52je suis avocat
27:53je ne suis ni psychologue
27:54ni psychiatre
27:55mais je crois
27:55qu'il y a quelque chose
27:56de l'ordre de la perversion
27:57chez Cédric Jubilard
27:58je crois
27:59qu'il veut
28:01maintenir
28:01sa vérité
28:02l'imposer
28:03vous voyez un peu
28:04comme les vainqueurs
28:04qui écrivent l'histoire
28:06et qui écrivent le récit
28:07il va confisquer
28:08la vérité
28:09à Delphine
28:10et à ses enfants
28:11jusqu'au bout
28:12de la même manière
28:12qu'il a confisqué le corps
28:13de la même manière
28:14qu'il a caché le corps
28:16dans du compost
28:17dans du fumier
28:18il y a quelque chose
28:19de très fort
28:19de dire
28:20tu n'as pas voulu être avec moi
28:22tu n'auras
28:23rien
28:24ni la vérité
28:25ni le corps
28:26ni une tombe
28:27ni une sépulture
28:28tu n'auras rien
28:28je te primes de tout
28:29souvenez-vous
28:30Cédric Jubilard
28:30il avait dit
28:30je fais cette reconstitution
28:32pour mes enfants
28:33oui et puis vous avez noté
28:34qu'il y a 15 jours
28:36il avait une relation intime
28:38dans le parloir
28:38alors qu'il est censé
28:39être au plus bas
28:41moralement
28:41qu'il était dans une forme
28:43de rédemption
28:44parce qu'on va vous expliquer
28:45que l'isolement
28:45c'est très dur
28:46oui oui
28:46ça n'avait pas l'air
28:47très dur
28:48au regard de ce qui s'est passé
28:49au regard de la découverte
28:50qu'en ont fait
28:50les surveillants
28:51en plein ébat
28:53avec une inconnue
28:54une nouvelle visiteuse
28:56une nouvelle visiteuse
28:56qui est venue lui rendre visite
28:58il avait l'air tout à fait joyeux
28:59et pas du tout
29:01au fond du trou
29:02si je puis me permettre
29:03François
29:03il peut y avoir effectivement
29:05la puissance psychologique
29:06et sa personnalité
29:07mais il y a aussi
29:08ce qu'on appelle
29:10c'est un calcul
29:11qui est un calcul
29:12pour les prochaines assises
29:13donc le procès en appel
29:15c'est en avril
29:16et on rappelle
29:16qu'en première instance
29:17il a été condamné à 30 ans
29:18alors qu'il pouvait avoir
29:19la perpétuité
29:20parce que le meurtre sur conjoint
29:22et bien c'est une circonstance
29:24aggravante
29:24c'est l'article 221-4
29:25du code pénal
29:27donc
29:27qu'il y ait préméditation
29:28ou pas
29:29le quantum est le même
29:29en revanche
29:30sur des jurés
29:31si on a des gestes
29:33qui sont préparés à l'avance
29:34ce n'est pas
29:35quelqu'un qui a dégoupillé
29:37mais qui a décidé
29:38froidement
29:38de la tuer
29:39et bien
29:40cette perception
29:41d'une repentance
29:43sur le tard
29:44ne marchera pas
29:46elle va sonner faux
29:47elle va sonner faux
29:48et les jurés
29:49n'y seront absolument
29:51pas sensibles
29:52au contraire
29:52ils vont voir
29:53quelqu'un de calculateur
29:55et là
29:55il risquera réellement
29:56de reprendre la perpétuité
29:57parce qu'il y a cette notion
29:58de préméditation
29:59qui est au coeur des débats
30:00et qui va sans doute
30:01éclairer les assises en appel
30:03alors ce que j'ai dit
30:04tout à l'heure
30:04c'est à dire
30:04comment peut-on dégoupiller
30:06et continuer
30:07l'action criminelle
30:08que l'on a menée
30:09mais je pense qu'il y a
30:10des éléments
30:11qui sont vraiment
30:12en faveur de la préméditation
30:13il y a d'abord
30:14si vous vous en souvenez
30:15la voiture
30:16qui est dans le sens inverse
30:17et il dit
30:18c'est pour sortir de chez moi
30:20avec le corps de ma femme
30:21éventuellement dans le coffre
30:22je vais jusqu'en bas
30:24de la descente
30:24quand la voiture
30:24a suffisamment d'élan
30:26contact
30:27seconde
30:27on ne peut pas le faire
30:28si on est en marche arrière
30:29la compression
30:30est au fort
30:31ensuite
30:32dans ces actes
30:33de préméditation
30:34ce qu'on évoquait
30:35tout à l'heure
30:35c'est qu'il n'y a pas
30:36de trace
30:36dans la voiture
30:38donc ça veut dire
30:39qu'a priori
30:40et on va le mettre
30:40au conditionnel
30:41il aurait prévu
30:42de monter dans la voiture
30:43avec des bottes
30:44avec quelque chose
30:45qui permettait
30:45de ne pas salir la voiture
30:47et de ne pas
30:47de ne pas
30:48de ne pas
30:49de ne pas
30:49de ne pas
30:49de ne pas
30:52ensuite il y a autre chose
30:53qui à mon avis
30:54mérite d'être évoqué
30:56on ne comprend pas
30:57pourquoi il s'accroche
30:59à cette différence
31:00d'horaire
31:01entre 23 heures
31:03et quelques minutes
31:03au moment où les voisines
31:05entendent des cris stridents
31:06et lui qui dit
31:07je me suis réveillé
31:08à une heure et demie
31:09du matin
31:09je pense que tant qu'il n'avait pas
31:11enfin c'est comme ça
31:12que je le comprends
31:12tant qu'il n'avait pas
31:13avoué le meurtre
31:14ça veut dire quoi ?
31:15ça veut dire au moment
31:16où les voisines
31:16ont entendu crier
31:18je dormais
31:19donc c'est pas chez moi
31:20donc elles se trompent d'horaire
31:21mais maintenant
31:22qu'il a avoué le meurtre
31:23ça se retombe contre lui
31:25pourquoi ?
31:26parce qu'il est
31:26une heure et demie du matin
31:27au moment
31:28où il avoue
31:29avoir comme il est fait
31:30engueulade
31:32meurtre
31:33ensuite
31:34quelques minutes
31:34pour voir
31:35si personne n'a été
31:36attiré par les cris
31:37mettre le corps
31:38dans la voiture
31:40là encore
31:41regarder s'il n'y a personne
31:42partir
31:43c'est à 30 km
31:44nuit de confinement
31:45oui mais on est effectivement
31:46en couvre-feu
31:47c'est à dire
31:48qu'il a quand même
31:489 chances sur 10
31:49de tomber sur une patrouille
31:50de gendarmerie
31:51il roule obligatoirement
31:53doucement
31:53il regarde s'il y a des phares
31:54il regarde s'il y a du monde
31:55il arrive sur place
31:56il attend encore
31:57sort le corps
31:58c'est vrai qu'il n'a pas besoin
31:59de fouiller longtemps
32:00et ensuite il fait le trajet inverse
32:02en s'assurant que les enfants
32:03ne sont pas réveillés
32:04en s'assurant qu'il n'y a pas de voisins
32:05et là il est 4h09
32:07au moment où il prévient les gendarmes
32:09c'est à dire que grosso modo
32:10entre 2h moins le quart
32:122h moins 10 du matin
32:13et 4h
32:164h09
32:16il a fait tout ce que je viens d'exprimer
32:18c'est à dire qu'en fait
32:19cette différence d'horaire
32:20se retourne contre lui
32:21et pourquoi ?
32:22parce que ça veut dire
32:23qu'il y va directement
32:24et que forcément
32:25il a reconnu les faits
32:27avant d'y aller
32:27il avait repéré les lieux
32:29vous voulez dire ?
32:29oui il avait repéré les lieux
32:30c'est à dire qu'on ne se promène pas
32:31en voiture à 2h du matin
32:32pendant le confinement
32:33pour chercher un endroit
32:34la juge lui pose la question
32:36donc on frère du parisien
32:37à Renan Folgoas
32:40information confirmée
32:40par BFM TV
32:41donc la juge
32:42qui va l'entendre
32:43lui pose la question
32:44mais cette route d'Albi
32:46sur la droite
32:47il y a l'endroit
32:47où on va retrouver
32:48le corps de votre femme
32:49vous la preniez souvent
32:50parce que vous alliez
32:51travailler là-bas
32:52et d'ailleurs
32:52votre téléphone borne
32:53on sait que vous passiez
32:54régulièrement ici
32:55donc comment se fait-il
32:56que ce soit justement ici
32:57que vous ayez déposé le corps
32:59sous-entendu
33:00repéré
33:01vous saviez
33:02vous aviez reféré
33:03et il dit
33:04ben non pas du tout
33:05c'est le fruit du hasard
33:06c'est le fruit du hasard
33:06c'est le fruit du hasard
33:07et il a redit ça
33:09vendredi devant le tas de compost
33:10ou pas ?
33:11il y avait deux défenses
33:13moi je suis dans le dossier
33:14depuis le départ
33:16en première instance
33:17c'est le dossier est vide
33:18il n'y a rien contre moi
33:19je suis innocent
33:20vous êtes en train de commettre
33:21une énorme énergie quissière
33:22et là on passe
33:23à une nouvelle phase
33:24c'est le fruit du hasard
33:25c'est le nouveau mantra
33:26c'est le nouveau maître mot
33:27tout est le hasard
33:28c'est tout
33:29les lunettes
33:30pourquoi est-ce qu'on les retrouve cassées ?
33:31je ne sais pas
33:32elles ne les portaient pas ce jour-là
33:33franchement ça doit être
33:33le fruit du hasard
33:34comment est-ce que vous repérez les lieux ?
33:37je ne sais pas
33:37je roulais comme ça
33:38et puis je me suis arrêté
33:39c'est ce qu'il dit vendredi
33:41quand vous êtes devant
33:42à la jonction
33:42à l'intersection
33:43je lui pose la question en direct
33:44je lui dis
33:45monsieur Gibilar
33:46je ne repère que
33:48devant la botte
33:49de fumier
33:51ou de compost
33:52appelons-la comme on veut
33:53élégamment
33:53ou moins élégamment
33:54plus réellement
33:55il y a un tout petit chemin
33:57un tout petit passage
33:58comme si vous vous étiez arrêté
33:59en voiture
34:00et que vous l'aviez traîné
34:01à travers ce petit passage
34:03et que vous l'aviez amené ici
34:05ah non non non
34:06non non pas du tout
34:07mais alors
34:08comment est-ce que vous expliquez
34:09que vous arrivez ici
34:10sur cette route-là ?
34:11je passais comme ça
34:12je ne savais pas où m'arrêter
34:13je me suis arrêté
34:14à cet endroit-là
34:14et puis je me suis dit
34:15pourquoi pas ?
34:17et donc si vous voulez
34:17à chaque fois qu'on le confronte
34:19à des éléments tangibles
34:21pragmatiques
34:21presque mathématiques
34:22à chaque fois il vous répond
34:23je ne sais pas
34:24il hausse les épaules
34:25il vous dit
34:25je ne sais pas
34:26pour vous il s'échappe
34:28à ce moment-là
34:28pour vous il prend la tangente
34:30à chaque fois qu'on
34:30complètement
34:31c'est son axe de défense
34:33c'est son nouvel axe de défense
34:34qui évidemment ne tiendra pas
34:35la route une seule seconde
34:36mais c'est son nouvel axe de défense
34:38ça peut être très violent
34:39en appel en tout cas
34:39ça peut être violent en appel
34:40il y a un élément
34:41sur cette connaissance des lieux
34:43si vous vous en rappelez
34:45Pauline et vous tous
34:45on avait des photos
34:47de comparaison
34:47entre le tas de compost
34:49quelques mois avant
34:51et ce tas de compost
34:52tel qu'il était devenu
34:53au moment où on a retrouvé le corps
34:55il n'est pas du tout
34:55à la même place
34:56non mais attendez
34:57d'ailleurs on a retrouvé
34:57de nouveaux ossements
34:58pendant les deux jours
34:59précédents les fouilles
35:00dans une parcelle
35:01derrière celle de Mayoc
35:02je passe au votre contrôle
35:04ce qui accrédite la thèse
35:05que cet agriculteur
35:06comme il l'avait dit
35:07avait épandé
35:08oui c'est ça
35:08on dit épandé
35:10ce fameux tas de terre
35:11voilà
35:11pardon je vous ai coupé
35:12non non mais ça veut dire
35:13qu'a priori
35:15il ne va pas forcément
35:16par hasard
35:16parce qu'il ne pourrait
35:16rien y avoir
35:17sur le terrain
35:18il a nécessité quand même
35:20de dissimuler le corps
35:21au moins
35:22le temps que la décomposition
35:25fasse son oeuvre
35:25et qu'on n'ait plus
35:26de traces sur les tissus mou
35:27ça veut dire
35:28qu'on ne peut pas
35:28l'abandonner à la surface
35:29dans un champ
35:30encore une fois
35:30il faut aller très vite
35:32et donc ça veut dire
35:33selon moi
35:33et encore au conditionnel
35:34qu'il y aurait eu
35:36un repérage
35:36dans les jours précédents
35:38de façon à y aller directement
35:39il est obligé
35:40d'y aller directement
35:41il ne peut pas prendre le risque
35:42de tourner en rond
35:43et de chercher un endroit
35:44c'est la nuit
35:44c'est le mois de décembre
35:45et encore une fois
35:46on est dans le couvre-feu
35:47et vous imaginez
35:48la violence
35:48la violence
35:49à laquelle
35:51qu'il faut vouloir
35:53infliger à Delphine
35:55mettre son corps
35:56dans un tas de fumier
35:58dans un tas de compost
35:59qui va se défaire
36:01extrêmement rapidement
36:03mais donc ça
36:03il le savait selon vous
36:04en le mettant
36:05sur ce tas de compost
36:06il savait que
36:06le corps allait
36:09très très vite
36:10allait se décomposer
36:10allait se décomposer
36:12et finalement
36:12quand on a fait
36:13les gros titres
36:14en disant
36:14on a retrouvé
36:15le corps de Delphine
36:17on a retrouvé
36:18deux bouts
36:18de fémurs
36:19le reste est étalé
36:21éparpillé
36:22il a été écrabouillé
36:23raison pour laquelle
36:24on retrouve des ossements
36:25avant-hier
36:26il y a quelque chose
36:27qui m'intrigue
36:28ça c'est
36:30son audition
36:31chez la juge
36:33je sors du village
36:34je prends bêtement
36:35la direction d'Albi
36:36j'ai pas réfléchi
36:37je roule
36:37sans objectif précis
36:40il dit être arrivé
36:41à l'entrée d'Albi
36:41voir des lumières
36:42il prend une route à droite
36:43dans le noir
36:44il veut retourner
36:46sur Albi
36:47il dit
36:47je prends à droite
36:48ou il fait noir
36:49je roule
36:50jusqu'à un endroit
36:51où je peux dissimuler le corps
36:52le problème
36:53c'est que la reconstitution
36:54elle a lieu en plein jour
36:55c'est ça ?
36:56le cas de fumée
36:57vous y allez en plein jour
36:58or
36:59la cohérence
37:00aurait été d'y aller la nuit
37:01pour voir si ça tait
37:02puisque visiblement
37:03il éteint les phares de la voiture
37:04c'est une voiture
37:06avec laquelle
37:06on peut rouler
37:08sans les phares
37:08c'est un modèle ancien
37:09aujourd'hui c'est impossible
37:10il y a au moins les veilleuses
37:11donc il est dans le noir
37:12avec sa voiture
37:12il arrive
37:13il ne connait pas cet endroit
37:15dit-il
37:16et dans le noir
37:17il va sortir le corps
37:18réussir à distinguer
37:20le tatoumé
37:20ça ne tient pas
37:21mais attendez
37:21mais à vous
37:22donc ce n'est pas une reconstitution
37:24comme elle aurait dû être faite
37:25alors il y a deux choses
37:26d'abord je vous réponds sur
37:27être dans le noir
37:28il explique qu'il va avoir
37:29une lampe frontale
37:31mais alors la lampe frontale
37:32où est-ce qu'il la trouve
37:33et où est-ce qu'elle est là aujourd'hui
37:35sur la table de la cuisine
37:36et pourquoi est-ce qu'il y avait
37:37une lampe frontale
37:38parce qu'on a toujours
37:40tous une lampe frontale
37:41parce qu'elle était là
37:42elle était posée là
37:43voyons
37:43il ne parle pas de la frontale
37:44il ne parle nulle part de la frontale
37:46ça a été fait dans la reconstitution
37:47dans la reconstitution
37:48il a une lampe frontale
37:49mais alors
37:50ça ne change rien
37:51enfin ça ne change rien
37:52si ça change tout
37:52sur la préméditation
37:53mais
37:54pourquoi est-ce qu'il roule
37:56comme ça
37:56et pourquoi est-ce qu'il en arrive
37:58à cet endroit
37:59et bien par le fruit du hasard
38:00c'est ce qu'on disait tout à l'heure
38:01et attendez
38:01est-ce qu'il a expliqué
38:02comment est-ce qu'il la dépose
38:03est-ce qu'il creuse avec ses mains
38:05est-ce qu'il l'a expliqué ça
38:05c'est très intéressant
38:06ce que dit Dominique Rizet
38:07puisque effectivement
38:08on nous a fait une reconstitution
38:10en pleine journée
38:11et dans un climat
38:13très accueillant
38:14il faisait beau
38:14comme dirait François Daou
38:15c'était pas le bon biotope
38:16non exactement
38:17et donc il va nous expliquer
38:19qu'il creuse avec ses mains
38:19avec ses mains
38:20à main nue
38:21à main nue
38:21et puis il lui remet
38:24il remet la terre par dessus
38:25jusqu'à ce qu'elle soit dissimulée
38:27complètement
38:27on est en plein hiver
38:29évidemment qu'il y a
38:30un côté qui se durcit
38:32gelé
38:33et donc évidemment
38:34qu'est-ce que ça veut dire ?
38:35ça veut dire qu'il y allait
38:35avec des outils
38:36c'est-à-dire qu'il y allait
38:37avec une pelle
38:37ça veut dire qu'il savait
38:38exactement ce qu'il faisait
38:39c'est-à-dire que sa version
38:40elle ne tient pas à un cœur
38:42et ça il n'est pas questionné
38:44sur les outils
38:44il n'est pas questionné
38:45sur l'endroit où il va mettre
38:46ses vêtements
38:47après la dissimulation
38:49si vous voulez on a fait
38:50une reconstitution de 5 heures
38:51si on commence à le reprendre
38:52sur chacune de ces contradictions
38:53on y est pendant 48 heures
38:55vous voyez ?
38:56donc est-ce que c'était utile ?
38:58pas vraiment
38:59est-ce que ça a apporté
39:00quelque chose ?
39:00quand même
39:00pas grand chose
39:01je ne suis pas d'accord avec vous
39:02on apprend quand même
39:03que ça ne colle pas
39:04devant le frigo
39:05on apprend qu'il a une langue frontale
39:06on apprend que ça ne colle pas
39:08depuis le premier jour
39:08il suffisait de dire le dossier
39:10il y a 3 ans
39:10on savait déjà que ça ne collait pas
39:11est-ce qu'on sait
39:12si c'est une nuit noire ?
39:14puisque vous savez
39:14quand on fait des reconstitutions
39:16il y a certains avocats
39:17qui ont demandé
39:18des conditions de réelle
39:19est-ce qu'on sait
39:20si c'est une nuit noire
39:21une nuit de lune
39:23les forces spéciales
39:24disent des nuits
39:25c'est de 1 à 5
39:25c'est une nuit 0
39:27enfin de 0 à 5
39:28c'est une nuit 0
39:28ou une nuit 5 ?
39:29alors là Dominique Rizet
39:30vous êtes dans un de la précision
39:31que je ne sais pas moi-même
39:35non mais on le sait dans le dossier
39:36c'est une nuit
39:37où il explique
39:39où il expliquait
39:40que Delphine était sortie
39:42pour aller voir
39:42les étoiles filantes
39:43donc elle était lumineuse
39:45on sait que c'était
39:45une nuit dégagée
39:48où on pouvait voir
39:49les étoiles filantes
39:50donc si vous voulez
39:50ce n'était pas une nuit
39:51ça donne une information
39:52ça donne une information précise
39:53puisque pendant très longtemps
39:54souvenez-vous de Dominique Rizet
39:55il va expliquer
39:56qu'elle s'était probablement
39:57enfuie par elle-même
39:58et qu'elle avait
39:58qu'elle avait quitté
39:59le domicile conjugal
40:01parce qu'elle aimait
40:02regarder les étoiles filantes
40:03et que par conséquent
40:04il fallait l'imaginer
40:05errer au milieu de la nuit
40:07pour
40:08François Daou
40:09c'est quand même utile
40:10ce que raconte Mourad Batik
40:11c'est quand même utile
40:12cette reconstitution
40:13ça a quand même nous aidé
40:14pour le prochain appel
40:15pour moi elle est très utile
40:16parce qu'elle met
40:17encore plus en avant
40:18les contradictions
40:19les impossibilités
40:21par rapport à des déclarations
40:22qui se veulent
40:23sincères et spontanées
40:24donc là
40:26derrière
40:27il va falloir
40:28qu'il travaille
40:28autrement
40:30pour revenir
40:31et expliquer
40:32ce qui s'est réellement placé
40:33la seule possibilité
40:34pour lui de travailler
40:35autrement
40:35c'est de dire la vérité
40:36mais il en est incapable
40:36de dire le premier jour
40:37il reste quelques mois
40:38le procès en appel
40:39est donc programmé
40:40en avril 2027
40:42merci à tous
40:42pour vos lumières croisées
40:43on se retrouve la semaine prochaine
40:45même endroit
40:45même heure avec vous
40:46Dominique
40:47absolument
40:47pour l'heure
40:48vous avez rendez-vous
40:48avec l'information
40:50mais avant cela
40:50c'est l'heure
40:51de la météo
40:53merci à tous