Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 14 minutes
Avec Laurence Rossignol, sénatrice du Val-de-Marne

—

Abonnez-vous pour plus de contenus : http://ow.ly/7FZy50G1rry

———————————————————————

▶️ Suivez le direct : https://thao.funnymoment.net/video/x75...
🎧 Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/

———————————————————————

🔴 Nous suivre sur les réseaux sociaux 🔴

▪️ Facebook : https://www.facebook.com/SudRadioOffi...
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradiooff...
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr
———————————————————————

———————————————————————

☀️ Et pour plus de vidéos du Grand Matin Week-End : https://www.youtube.com/playlist?list=PLaXVMKmPLMDSoOQuH74IIXMno3AffxfUT

##LA_FORCE_DE_L_ENGAGEMENT-2026-10-04##

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Retrouvez la force de l'engagement.
00:03Avec Agipi, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
00:09Sud Radio, la force de l'engagement, 15h, 15h30, Muriel Rius.
00:15Bonjour à toutes et à tous, merci d'être avec nous pour la force de l'engagement,
00:18l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font bouger la société.
00:22Mon invité aujourd'hui est Laurence Rossignol, sénatrice du Val-de-Marne,
00:25vice-présidente de la délégation aux droits des femmes du Sénat,
00:28ancienne ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des Femmes.
00:31Elle préside aussi l'Assemblée des Femmes qui organise le 17 et 18 octobre prochains à Saint-Ouen
00:36sa 33e université féministe autour d'un thème majeur, celui des résistances féministes.
00:42Avec Laurence Rossignol, nous allons chercher à comprendre ce que signifie résister
00:46pour préserver des droits que l'on croyait parfois définitivement acquis
00:49et comment transformer ces résistances.
00:52Mais avant de démarrer cette conversation, chère Laurence,
00:54engageons-nous immédiatement pour les résistances féministes.
00:58On croit les droits des femmes gravés dans le marbre, on les dit acquis,
01:01comme si le combat était gagné une fois pour toutes.
01:03Et pourtant, génération après génération, la même vigilance s'impose.
01:07Car l'histoire des femmes ne va pas en ligne droite.
01:10En 1789, la révolution programme l'égalité.
01:12Quatre ans plus tard, elle ferme les clubs de femmes.
01:14En 1804, le code civil leur ordonne l'obéissance.
01:21En 1973, la Cour suprême des Etats-Unis reconnaît le droit à l'avortement.
01:25Aujourd'hui, dans plus de dizaines d'états, ce droit a disparu.
01:28En Afghanistan, les femmes n'ont pas perdu des droits, elles ont perdu tous les droits.
01:33Et en 2025, en quelques semaines, l'administration Trump a effacé près de 200 mots des documents officiels.
01:39Parmi eux, le mot « femme ».
01:40Ces reculs-là, parmi tant d'autres, se voient.
01:43Ils ont une date, un nom, une décision.
01:45D'autres sont plus pernicieux.
01:47Un service public qui ferme, une politique qui n'est plus financée, une loi mal appliquée,
01:51une parole publique qui fait à nouveau d'un droit un sujet de controverse,
01:55et l'épuisement de celles qui doivent sans cesse rappeler pourquoi ces droits sont vitaux.
01:59Ces mouvements de recul ne sont pas de simple impression.
02:02En 2024, selon ONU Femmes, un pays sur quatre a fait état d'un recul des droits des femmes.
02:07En France, le Haut Conseil à l'égalité estime que 17% des personnes de 15 ans et plus,
02:12près de 10 millions de personnes, adhèrent au sexisme hostile, terreau du masculinisme.
02:18Le cybersexisme est devenu la première forme de haine en ligne,
02:21et 84% de ses victimes sont des femmes.
02:24Contester l'égalité n'est plus une provocation isolée,
02:27c'est une position qui s'organise, qui circule, qui se normalise.
02:30Alors, comment résiste-t-on ?
02:33Eh bien, avec une porte qui s'ouvre la nuit pour une femme en danger,
02:36une association qui porte une affaire jusqu'au tribunal,
02:39une entreprise qui permet à une salariée victime de violence de débloquer son compte épargne pour pouvoir partir,
02:44une chercheuse qui cartographie les réseaux de la haine en ligne,
02:47une classe où l'on apprend aux enfants qu'ils peuvent refuser les rôles qu'on leur assigne,
02:51une femme qui refuse de se taire malgré les insultes et les menaces,
02:55un film, un livre, une enquête qui nous oblige à regarder ce que nous ne voulions pas voir,
03:00la force de la société civile qui influe sur les politiques publiques.
03:04Ces résistances tiennent debout ce que la loi promet et que la société ne garantit pas encore.
03:09Résister, c'est aussi égligé que l'école, l'entreprise, la justice et la puissance publique prennent leur part.
03:14La résilience ne peut pas devenir un devoir, ni l'héroïsme, une condition pour accéder à ses droits.
03:19Car si chaque génération de femmes doit consacrer l'essentiel de son énergie à défendre des droits acquis,
03:24elles disposent de moins de temps et de force pour en conquérir de nouveau.
03:27S'engager pour les résistances féministes, ce n'est pas simplement protéger le passé.
03:32C'est refuser que le recul soit présenté comme inévitable.
03:35Résister, c'est tenir la porte ouverte pour que d'autres, demain, la franchissent.
03:39Sud Radio, la force de l'engagement, Muriel Reus.
03:43Aujourd'hui dans la force de l'engagement, mon invitée est Laurence Rossignol,
03:47sénatrice du Val-de-Marne, vice-présidente de la délégation aux droits des femmes du Sénat
03:51et présidente de l'Assemblée des femmes.
03:53Le 17 et 18 octobre, Laurence, l'Assemblée des femmes organise à Saint-Ouen
03:56sa 33e université féministe consacrée aux résistances féministes.
04:02Bonjour Laurence.
04:03Bonjour.
04:03Alors cette université ne s'intitule pas conquête, égalité, émancipation,
04:08mais résistance féministe et au pluriel.
04:11Ça en dit long.
04:12Quelle est la diversité de ces résistances ?
04:15Effectivement, vous avez bien fait de souligner que le titre est au pluriel.
04:19Les résistances féministes parce que les attaques contre les droits des femmes sont diverses
04:24et proviennent de pôles qui parfois peuvent sembler très éloignées les uns des autres
04:30mais qui tous aboutissent au même résultat.
04:32D'abord, un mot sur ce qu'est cette université féministe.
04:35C'est la 33e édition, vous avez eu la gentillesse de le rappeler.
04:39C'est celle d'une association qui a été fondée par Yvette Roudy.
04:41D'ailleurs, nous rendrons hommage à Yvette Roudy à cette occasion.
04:45Mais c'est surtout un événement annuel auquel nous tenons beaucoup
04:49parce que la pensée féministe est une pensée en mouvement,
04:53est une pensée continuellement nourrie à la fois par les expériences des femmes,
04:58par les chercheuses, par une connaissance nouvelle et tout le temps renouvelée
05:04de ce qu'est le patriarcat, des moyens de domination des femmes
05:09et aussi une connaissance des modes de résistance des femmes,
05:12de la manière dont elles s'organisent pour conquérir des droits nouveaux
05:15ou stabiliser les droits qu'elles ont déjà acquis.
05:18Et nous tenons beaucoup à cette mise en relation d'experts, d'universitaires,
05:23de chercheuses mais d'acteurs de terrain, d'acteurs et d'actrices de terrain.
05:26Et il y aura des magistrats de la protection de l'enfance,
05:30il y a une commande de police, il y a vous-même, cher Muriel,
05:33qui interviendrait sur l'articulation entre les droits des femmes,
05:38l'immigration, le changement climatique,
05:40parce que le sujet, nous y passerons une journée et demie,
05:44nous pourrions y passer huit jours en réalité.
05:46C'est le choix que nous avons fait.
05:47Et c'est encore ouvert, il y a encore des possibilités de s'inscrire
05:50sur le site de l'Assemblée des femmes que vous trouverez sur le net.
05:53Alors, ces résistances féministes, nous allons travailler à la fois
05:57sur la question des montées des mouvements masculinistes,
06:00de ce qu'ils signifient, de la manière dont on peut les identifier.
06:03Et vous l'évoquiez à juste titre, quand quelqu'un vous dit
06:05« Ah, ça suffit, qu'est-ce qu'elles veulent encore ces femmes ? »
06:08« Elles ont déjà tout », vous pouvez dire que vous avez là,
06:10ad minima, une personne sous influence des discours masculinistes
06:13qui consiste à mieux organiser le statu quo
06:18pour mieux le faire régresser,
06:20parce qu'on dit souvent « Le féminisme, c'est comme la bicyclette,
06:24si on arrête de pédaler, en réalité, on tombe de vélo. »
06:28C'est ça.
06:28Nous allons travailler sur deux types en particulier d'offensives
06:33et qui peuvent paraître orthogonales ou différentes
06:36mais qui, en fin de compte, convergent.
06:38La première, c'est l'offensive des conservateurs,
06:41des ultraconservateurs, des extrêmes droits,
06:43des mouvements conservateurs religieux
06:45qui sont à l'œuvre en France mais dans de nombreux pays.
06:48Je vais prendre un exemple sur ces mouvements conservatistes,
06:51sur quoi ils se cristallisent, par exemple, en ce moment,
06:53sur le fait que les cours d'éducation à la vie affective,
06:58relationnelle et sexuelle ne soient qu'optionnels pour les parents.
07:01C'est-à-dire que les parents pourraient choisir
07:03de laisser leurs enfants fréquenter ou non
07:05un cours dans lequel on va apprendre aux enfants
07:08à respecter le consentement
07:09mais que leur corps doit être respecté aussi,
07:11que les adultes n'ont pas le droit d'y toucher.
07:13Là, nous avons une offensive contre l'éducation au consentement,
07:17l'éducation au respect de son corps
07:19qui doit être, dans l'éducation nationale,
07:21une des matières enseignées.
07:23Nous avons des offensives également sur les droits fondamentaux.
07:27On le sait, sur l'IVG, ce n'est jamais acquis, jamais stabilisé.
07:31Mais je remercie l'opinion publique française
07:32de ne rien lâcher là-dessus
07:34et d'être toujours très majoritairement attachée.
07:37Et puis, nous avons aussi des offensives
07:39que je qualifierais de libérales.
07:43Il s'est passé quelque chose hier de très grave
07:45à l'Assemblée nationale, sur un amendement de Sandrine Rousseau,
07:49pourtant souvent crédité d'être une voix féministe.
07:51Et par une majorité de circonstances
07:54qui allaient du Rassemblement national à l'extrême gauche,
07:58il a été décidé de retirer l'exploitation sexuelle
08:03par la prostitution de la liste des violences sexuelles,
08:06dans le débat sur la loi intégrale.
08:08Et on a affaire, parallèlement à l'offensive conservatrice
08:13et néo-réactionnaire,
08:15on a aussi affaire à une offensive
08:17fondée sur une espèce de libéralisme
08:20où chacun fait ce qu'il veut.
08:22Et donc, tout est liberté.
08:24Et l'exploitation sexuelle deviendrait une liberté.
08:27De qui ?
08:27Certainement pas des personnes exploitées.
08:29Des clients de ces personnes exploitées,
08:32incontestablement, c'est une liberté.
08:33Et des proxénètes qui s'enrichissent
08:35sur cette liberté des clients,
08:38sans aucun doute.
08:39Donc, nous sommes dans un moment
08:40où nous avons besoin de réfléchir
08:42à comment nous faisons face
08:44à ces différentes offensives
08:45qui doivent nous mobiliser.
08:47Et puis, nous voulons aussi,
08:48dans cette Assemblée des femmes
08:50et dans cette université féministe,
08:52être utile à tous ceux qui se posent des questions.
08:55Et nous aurons deux séances consacrées.
08:57D'une part, à l'exploitation sexuelle des mineurs.
08:59On sait que la prostitution des mineurs augmente.
09:03qu'on est aujourd'hui à au moins 15 000 gamins
09:05exploités sexuellement.
09:06Et nous aurons là un dialogue
09:08entre des acteurs de terrain,
09:10police, justice, associations.
09:12Et puis, nous aurons aussi une table ronde
09:14consacrée à la manière dont les parents
09:16peuvent faire face à la montée du masculinisme.
09:20Ça a été étudié au Conseil de l'égalité.
09:22Nous avons fait un rapport du Sénat
09:24il y a peu de temps avant l'été sur ce sujet.
09:27Et on observe une diffusion,
09:29une propagation numérique, virale bien entendu,
09:33de discours anti-féministes,
09:36de discours anti-femmes,
09:37de discours masculinistes.
09:38Mais ça ne reste pas que sur les réseaux sociaux.
09:40C'est dans la vraie vie.
09:41Et on a des parents, des familles,
09:44des mères, des sœurs
09:45qui sont confrontés à des gamins
09:47qui jusqu'à présent,
09:48quand on leur disait
09:49« tu peux débarrasser la table »
09:50répondent « débarrasser la table »
09:51et qui subitement se mettent à dire
09:53« c'est pas une tâche de garçon,
09:54c'est pas pour les garçons,
09:55c'est pour les filles,
09:55demande à ma sœur. »
09:56Et ces gamins-là,
09:57ils sont totalement sous influence
09:59des réseaux masculinistes.
10:00Et nous aurons une table ronde
10:02également avec l'éducation nationale
10:04qui est très investie,
10:07le monde associatif
10:08et là encore,
10:09tous ceux qui doivent aider
10:10les parents,
10:11les femmes,
10:12les sœurs
10:12à faire face
10:14à ces discours-là.
10:15Comment l'école
10:17peut être un lieu
10:17de contre-discours
10:19au masculinisme
10:20et nous repartirons
10:21là encore
10:21d'éducation
10:22à la vie affective,
10:23relationnelle et sexuelle ?
10:24Nous affinerons
10:24bien entendu
10:25notre connaissance
10:26du masculinisme
10:26et de sa diversité
10:28sur le plan mondial,
10:29des formes différentes
10:31que ce courant
10:32de pensée,
10:33si je vous appelle
10:34l'appeler ça
10:35une pensée,
10:35ce courant d'agressivité
10:37à l'encontre
10:38des femmes
10:38se développe.
10:39En fait,
10:40l'idée,
10:40c'est que vous venez
10:41à l'université féministe,
10:42vous avez envie
10:43d'entendre parler
10:44de sujets
10:45qui concernent
10:46la condition des femmes
10:47et vous repartez,
10:49d'abord en ayant passé
10:49deux jours très sympas,
10:51le soir,
10:52on mange ensemble,
10:54on reste ensemble
10:55du samedi midi
10:56au dimanche 16h,
10:58c'est chaleureux,
10:59c'est sororèle,
11:00c'est ouvert aux hommes
11:01bien entendu,
11:02mais surtout,
11:02vous repartez
11:03avec des arguments,
11:05vous repartez plus forte
11:06que vous n'êtes rentrée
11:08pour pouvoir justement
11:09résister.
11:10Alors,
11:11nous sommes à l'aube
11:13des élections présidentielles,
11:15c'est un moment
11:15extrêmement important,
11:16le corps des femmes
11:17va risquer de devenir
11:18une nouvelle fois
11:18le terrain central
11:19de l'affrontement politique
11:21en 2017,
11:22cette université féministe
11:24sera évidemment
11:24la dernière organisée
11:26avant cette élection,
11:27quels résultats concrets
11:28voudriez-vous
11:29qu'elle produise
11:30dans le débat public
11:30avant cette échéance
11:32et quels engagements
11:32attendez-vous
11:33des candidats
11:33et des candidates
11:34à la présidentielle ?
11:35On en parle
11:36juste après la pause.
11:37Retrouvez la force
11:38de l'engagement
11:39avec AJP,
11:41épargne,
11:42retraite,
11:43assurance emprunteur,
11:44prévoyance,
11:45santé.
11:52Vous écoutez
11:53la force de l'engagement
11:54sur Sud Radio,
11:55mon invitée aujourd'hui
11:56est Laurence Rossignol,
11:57sénatrice du Val-de-Marne,
11:58présidente de l'Assemblée
11:59des femmes
11:59qui organise
12:00les 17 et 18 octobre
12:01à Saint-Ouen
12:02sa 33e
12:03université féministe
12:04consacrée
12:05aux résistances
12:06féministes.
12:07Avant ce petit
12:08moment de pause,
12:09Laurence Rossignol,
12:10nous parlions
12:11de ce moment
12:11très concret,
12:13très particulier
12:13qui est
12:15le prélude
12:17à l'élection
12:19présidentielle
12:20de 2027.
12:22Qu'attendez-vous
12:23de ces universités
12:26féministes ?
12:27Qu'attendez-vous
12:27qu'elles produisent
12:28dans le débat public
12:29avant cette échéance ?
12:30Et quel engagement
12:31peut-on attendre
12:32des candidats
12:33sur les droits
12:34des femmes ?
12:35En effet,
12:36à l'université féministe,
12:37la première table ronde
12:39du samedi après-midi
12:40sera consacrée
12:41à la question
12:42de l'élection présidentielle
12:43parce qu'on sera
12:44vraiment dans
12:45cette perspective-là.
12:47Il y a plusieurs enjeux
12:48dans l'élection présidentielle.
12:49Le premier,
12:50c'est est-ce que les candidats
12:51vont parler des femmes ?
12:53Est-ce qu'ils vont parler
12:54de la condition des femmes ?
12:55Ou est-ce qu'on va avoir
12:56une campagne
12:56qui va être une campagne
12:58viriliste
12:59dans lesquelles
13:00les femmes seront
13:01effacées,
13:02oubliées
13:03ou alors,
13:04pire,
13:04peut-être encore,
13:05je ne sais pas
13:06si je peux le dire
13:07comme ça,
13:07une campagne
13:08dans laquelle
13:08les femmes
13:09seront un enjeu
13:11et en particulier
13:12on a choisi
13:12de cibler notre table ronde
13:13sur la question du corps.
13:14Je reviendrai ensuite
13:15sur les questions sociales.
13:16Sur la question du corps
13:17parce que nous savons
13:18qu'il y a une série
13:18de sujets
13:19qui peuvent donner lieu
13:20à une appropriation
13:23du corps des femmes
13:24par le débat public
13:26et par une série
13:27de propositions
13:28dans lesquelles
13:28elles sont
13:31à la fois
13:32l'objet
13:32des propositions
13:33et en même temps
13:34elles ne sont pas
13:36entendues
13:36sur ces propositions.
13:37Je vais prendre
13:38trois types de débats.
13:39Le premier,
13:39c'est le débat
13:40sur la natalité,
13:41le débat sur la démographie.
13:42Je vois bien
13:43chez un certain nombre
13:44de candidats
13:45la volonté
13:46de faire
13:46de la question démographique
13:47une question majeure
13:49du redressement
13:50supposé
13:51de la France.
13:52Et la question démographique
13:54pourra être abordée
13:54sur la question
13:56du vieillissement
13:56de la population
13:57qui concerne les femmes.
13:58Les aidantes
13:59sont les femmes.
14:00Mais ce n'est pas ça
14:00qui les intéresse.
14:01Ce qui les intéresse
14:02c'est que les femmes
14:03se remettent
14:03à faire des bébés.
14:04C'est-à-dire que
14:05les femmes sont mobilisées.
14:07Le président de la République
14:08avait eu une formule
14:10vraiment très désagréable
14:13qui était le réarmement
14:14démographique de la France.
14:15Les femmes sont mobilisées
14:17et leurs utérus
14:18sont appelées au combat
14:20pour redresser le pays.
14:22Dans ce débat-là,
14:23je crains qu'on passe
14:24à côté des sujets majeurs.
14:25Les sujets majeurs
14:26c'est pourquoi les femmes
14:27font des enfants
14:28aussi tard,
14:29aujourd'hui,
14:30plus tardivement qu'avant.
14:32Pourquoi les couples
14:33hésitent à faire
14:34plusieurs enfants ?
14:35Il y a des réponses
14:37qui sont assez simples.
14:38Aujourd'hui,
14:40un couple en région parisienne
14:42a perdu l'équivalent
14:43d'une chambre
14:44en mètre carré
14:46accessible
14:47avec le même niveau
14:48de revenu
14:48qu'il y a 15 ans.
14:51Quand vous avez
14:51une chambre en moins possible,
14:53vous faites moins d'enfants.
14:54Vous adaptez
14:55la taille de vos familles
14:56à la taille de vos logements.
14:57Donc la question
14:58de la démographie,
14:59elle ne renvoie pas
15:00à la disponibilité
15:01des utérus des femmes,
15:02elle renvoie
15:03aux politiques
15:03du logement,
15:04aux politiques
15:05d'égalité professionnelle,
15:06à la manière
15:07dont dans l'entreprise
15:08on traite les femmes
15:09qui ont des jeunes enfants,
15:10à la manière
15:11dont on traite les pères
15:12qui ont des jeunes enfants
15:13pour qu'eux aussi
15:14contribuent au partage
15:15des tâches.
15:16Ce sujet-là,
15:17on veut le poser,
15:18il viendra sûrement,
15:19nous voulons le poser
15:20du point de vue
15:20de la question sociale
15:21et pas du point de vue
15:22de l'annexion
15:23des utérus des femmes.
15:24Je pense qu'un autre sujet
15:25qui va probablement venir
15:27parce qu'il a déjà été lancé
15:28dans le débat,
15:28ne serait-ce que par
15:29je crois Gabriel Attal,
15:31la question de la GPA.
15:32Est-ce qu'on peut
15:34en France
15:36légaliser
15:36des conventions
15:37par lesquelles
15:38des couples
15:39ou des femmes
15:40ou des hommes,
15:41d'ailleurs pourquoi dire
15:42des couples ?
15:42Je ne sais pas
15:43ce qu'il y a dans son esprit,
15:45pourraient
15:46passer un contrat
15:47avec une femme
15:48qui porterait
15:49pour eux
15:50un enfant
15:51ou pour elle
15:52un enfant
15:52et donnerait
15:53cet enfant
15:53au couple.
15:55GPA d'éthique,
15:56c'est comme ça
15:57qu'ils l'appellent.
15:57La GPA d'éthique,
15:58elle le donnerait.
16:00Dans la réalité,
16:01la GPA d'éthique
16:02n'existe pas.
16:03Les circonstances
16:05dans lesquelles
16:05une femme
16:06pourrait porter
16:07un enfant
16:08pour quelqu'un d'autre
16:08d'une manière
16:09absolument dépourvue
16:12de tout enjeu financier
16:14sont extrêmement marginales
16:15d'une part.
16:16D'autre part,
16:18ce que l'on sait
16:19avec la GPA
16:20avec les GPA
16:21qui existent
16:21dans les autres pays,
16:23c'est que
16:24c'est un moyen
16:25pour les femmes
16:27d'avoir un revenu
16:28supplémentaire
16:28et en fait,
16:30on passe complètement
16:31à côté
16:31toute la question
16:32de l'indisponibilité
16:34du corps humain
16:35qui est un principe
16:36pour moi intangible.
16:37Le corps des femmes
16:38n'est pas mis
16:39à la disposition
16:40des désirs d'enfants
16:41aussi légitimes
16:42soient-ils
16:43du reste de la population.
16:45Une grossesse
16:46n'est pas neutre.
16:48Voilà,
16:48on ne fait pas une grossesse
16:49comme on fait
16:49une prise de sang
16:50et un don du sang.
16:52Ce n'est pas la même chose.
16:53Et donc,
16:54ce sujet-là va venir
16:56et nous entendons
16:57défendre clairement
16:57le principe
16:58de l'indisponibilité
16:59du corps humain.
17:00J'ai évoqué tout à l'heure
17:01en début d'émission
17:01la question
17:02de l'exploitation sexuelle
17:04et de la prostitution.
17:06Le Rassemblement National
17:07a déjà dit
17:08qu'en ce qui les concernait,
17:09ils étaient favorables
17:10à la réouverture
17:10de maisons closes,
17:12certes autogérées,
17:13certes biodégradables,
17:15certes tout ce qu'on peut imaginer,
17:16mais in fine,
17:17ce ne sont quand même
17:18que des maisons closes
17:18et la légalisation
17:20de l'achat
17:20de services sexuels.
17:21Dans l'université féministe,
17:23on aura aussi
17:24des témoignages,
17:25parce que plusieurs ouvrages
17:26sont sortis,
17:27sur qui sont les clients
17:28de la prostitution.
17:29Parce que le vrai sujet,
17:31ce n'est pas simplement
17:32de protéger
17:33les femmes,
17:34les enfants
17:34et des hommes aussi
17:36d'exploitation sexuelle.
17:37Que signifie pour notre société
17:38que des hommes
17:39puissent acheter
17:41le corps des femmes
17:42d'autres hommes
17:43ou d'enfants ?
17:43Il y a aussi
17:45l'exploitation sexuelle
17:46des mineurs.
17:47Les forces de l'ordre
17:47ont recensé 704 mineurs
17:49victimes de prostitution
17:50ou de procès inétis.
17:51704.
17:5343% de plus
17:54qu'en 2021.
17:5594% sont des filles.
17:56Les associations,
17:57elles,
17:58n'ont pas du tout
17:58les mêmes chiffres.
17:59Elles estiment
17:59qu'au moins 10 000 mineurs
18:00seraient concernés.
18:01C'est colossal.
18:02Oui, c'est colossal.
18:03C'est lié
18:05à plusieurs facteurs.
18:07D'abord,
18:07il y a une vraie
18:10surexposition
18:11et vulnérabilité
18:12des enfants accueillis
18:12en protection de l'enfance.
18:14C'est-à-dire que
18:14tous les dysfonctionnements,
18:17tout le délabrement
18:18du système
18:18de l'aide sociale
18:19à l'enfance
18:20a comme traduction
18:22une vulnérabilité
18:23des jeunes filles
18:23qui sont accueillies
18:24en protection de l'enfance,
18:25qui sont à la main
18:26des réseaux d'exploitation,
18:28qui sont souvent liés
18:29avec des réseaux
18:29de trafic,
18:30de drogue.
18:31Il y a maintenant
18:31une espèce
18:32de business
18:34drogue,
18:35exploitation sexuelle
18:37qui s'est installée
18:38et qui,
18:40en fait,
18:40c'est un business terrible.
18:42Il tue les jeunes garçons
18:43qui font les chauffeurs,
18:45qui travaillent
18:46pour les réseaux
18:47de trafic,
18:48de narcotrafic.
18:49Et il détruit
18:51les jeunes filles,
18:52les gamines
18:53qui, elles,
18:54sont exploitées
18:55par des réseaux
18:55d'exploitation sexuelle,
18:57parfois même
18:57par leurs petits copains
18:58qui, lui-même,
18:59est en cheville.
18:59Donc, on a ça.
19:00Mais aussi,
19:01quand j'entends
19:02un certain nombre de gens
19:03dire,
19:03c'est formidable,
19:04le fait de se prostituer
19:06est une liberté.
19:07Alors, c'est une liberté
19:08à 18 ans,
19:09mais en dessous de 18 ans,
19:10c'est quoi ?
19:11C'est juste une...
19:12C'est une domination.
19:14C'est une domination.
19:14Ou alors,
19:15c'est l'apprentissage.
19:16Ou c'est l'apprentissage.
19:17On sait très bien
19:17qu'à 15-16 ans,
19:18on a envie de faire
19:19ce qu'on fera
19:19quand on sera plus grand.
19:20Si on ne dit pas
19:21qu'il y a là
19:22quelque chose
19:23qui est inacceptable
19:24pour tous les êtres humains,
19:25on surexpose les jeunes.
19:27Et que celles et ceux
19:29qui racontent ça
19:29ne croient pas
19:30que l'exploitation sexuelle
19:32ne concerneraient
19:34que les gamins
19:34des milieux vulnérables.
19:37Tout le monde,
19:38tous les enfants
19:39de tous les milieux
19:40sont aujourd'hui exposés
19:42à un risque
19:42de tomber entre les mains
19:43des réseaux
19:44d'exploitation sexuelle
19:45des mineurs.
19:45Ce sujet-là
19:46viendra également
19:47dans la campagne présidentielle.
19:48Et puis,
19:49il ne faudra pas
19:49que dans cette campagne,
19:50on oublie
19:51que la majorité
19:52des femmes travaillent,
19:54qu'elles sont
19:55dans les professions
19:56les moins rémunérées,
19:57les moins qualifiées,
19:58et qu'il y a
19:59un vrai enjeu,
20:00pas simplement
20:01sur l'égalité professionnelle,
20:03mais sur la requalification
20:05de tous les métiers
20:06qui sont des métiers
20:07majoritairement
20:08et principalement féminins.
20:09Alors moi,
20:09j'ai envie de vous poser,
20:10puisqu'on arrive
20:11pratiquement au bout
20:12de cette conversation
20:12une question
20:13un peu plus personnelle.
20:15L'université va rendre
20:16un fommage
20:17à Yvette Roudy,
20:18fondatrice
20:19de l'Assemblée des femmes.
20:20Elle a été ministre
20:21des droits des femmes
20:22de 80 à 86,
20:24remboursement de l'IVG,
20:25loi sur l'égalité professionnelle,
20:27reconnaissance officielle
20:28du 8 mars.
20:29Elle a vraiment fait avancer
20:30les droits des femmes.
20:31Vous l'avez bien sûr côtoyée.
20:33J'aimerais savoir
20:33ce qu'elle vous a transmis.
20:37Deux choses.
20:38Yvette Roudy
20:39était une féministe
20:40qui avait très tôt compris
20:42que le féminisme
20:44devait aussi se déployer
20:45en politique
20:46et qu'il fallait
20:47des femmes politiques
20:48féministes.
20:49C'est la première leçon
20:51qu'elle m'a transmise.
20:52La deuxième,
20:53c'est ce qui était
20:54à mon avis
20:55son grand talent,
20:57c'est qu'elle était
20:58d'une radicalité
21:01absolue
21:01sur ses propositions.
21:04Elle ne lâchait rien
21:05mais elle savait
21:06que pour avancer
21:07il fallait passer
21:08des compromis.
21:09Et Yvette Roudy
21:10avait cette force
21:12remarquable
21:12d'amener
21:14ses interlocuteurs
21:16à la table
21:17des négociations
21:18avec elle,
21:18de ne rien lâcher
21:20au départ
21:20mais de sentir
21:22qu'elle était le moment
21:22où le compromis
21:24était indispensable
21:25pour les avancer.
21:26C'était de ce point
21:27de vue-là
21:27une vraie réformiste
21:28révolutionnaire.
21:30Et qu'est-ce qu'elle
21:30peut apprendre
21:31comme résistance
21:32aux féministes
21:33d'aujourd'hui,
21:34aux jeunes femmes
21:34d'aujourd'hui ?
21:35Qu'est-ce qu'elle a
21:36légué à cette
21:37jeune génération ?
21:38Un, qu'il faut
21:38se faire respecter
21:39qu'être féministe
21:42c'est pas forcément
21:44la position
21:45la plus facile
21:46qu'on choisit
21:47dans les lieux mixtes
21:49mais qu'en étant
21:50féministe
21:51on finit par faire
21:53respecter toutes les femmes.
21:54Merci Laurence Rossignol
21:56L'université féministe
21:57de l'Assemblée des femmes
21:58s'attiendra
21:59les 17 et 18 octobre
22:01à Saint-Ouen
22:01autour des résistances
22:03féministes.
22:03Venez être nombreux
22:04et nombreuses.
22:05N'hésitez pas
22:06à vous inscrire
22:06sur le site
22:07de l'Assemblée des femmes.
22:08Résister n'est pas
22:09seulement empêcher
22:10un recul
22:10c'est rendre
22:11les droits effectifs
22:12maintenir les lieux
22:13de protection
22:13transmettre une mémoire
22:15construire des alliances
22:16et continuer à ouvrir
22:18tous les possibles.
22:19La force de l'engagement
22:20c'est chaque dimanche
22:21sur Sud Radio
22:21à 15h.
22:23Vous pouvez retrouver
22:23l'intégralité de cette émission
22:25et toutes les autres
22:26sur sudradio.fr
22:27et sur toutes les plateformes
22:28de podcasts.
22:29Je vous donne rendez-vous
22:30dimanche prochain
22:31même heure
22:32même énergie
22:33avec celles et ceux
22:34qui font bouger la société.
22:36Je vous souhaite
22:36un excellent dimanche.
22:38Sud Radio
22:39la force de l'engagement
22:4115h
22:4115h30
22:42Muriel Reus
22:43Avec AJP
22:45Association d'assurés
22:46engagés et responsables
22:47AJP

Recommandations