Accusée d’empoisonnement et condamnée au bûcher, Marie-Françoise Victoire Salmon échappe de justesse à la mort avant d’être innocentée après cinq ans de prison. Plongez dans cette incroyable affaire de rumeurs, de preuves douteuses et de rebondissements !
#Histoire #Justice #France
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“Cicada” by Kevin MacLeod
0:08 - Origines et entrée au service des Duparc
3:24 - La mort de Monsieur Bullier et l’empoisonnement
7:12 - L’accusation et l’enquête contre Marie
10:45 - Condamnation, appels et sursis
14:13 - Le procès de Paris et l’acquittement
16:40 - Nouvelle vie et dernières années
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NewsTranscription
00:07Aujourd'hui, nous allons nous intéresser à une affaire de la seconde moitié du 18e siècle.
00:13Alors, installez-vous confortablement et partons pour la France.
00:17Marie-Françoise Victoire Salmon est née en 1760 dans le petit village français de Miettes, en Normandie, en France.
00:26Son père était ouvrier agricole et Marie a grandi au sein d'une famille rurale, 3ème d'une fratrie de
00:317 enfants.
00:32Dans la France des années 1760, la plupart des gens vivaient encore dans des villages et de petites communautés.
00:38Et le village de Miettes, situé en Basse-Normandie, était une région essentiellement agricole,
00:43où la majorité des familles dépendaient des travaux de la ferme et du service domestique pour subsister.
00:48L'enfance de Marie fut cependant marquée par le malheur.
00:51Quand elle était petite, elle a été attaquée par un porc, un accident qui lui a laissé des séquelles permanentes
00:56à la main gauche,
00:57réduisant considérablement son usage.
00:59Peu de temps après, sa mère mourut.
01:02Son père s'est ensuite remarié, et bien que Marie soit restée dans la maison familiale encore quelques années,
01:07à l'âge de 15 ans, elle a quitté le foyer de son père et a commencé à travailler comme
01:11domestique.
01:14En 1780, alors qu'elle avait 20 ans, elle entra au service de M. et Mme du Dumoulin, dans la
01:19paroisse de Formigny.
01:21Pendant qu'elle y travaillait, elle a fait la connaissance de M. Revelle, le procureur du roi dans la ville
01:26de Caen.
01:27Marie était une jeune femme à l'apparence agréable, et M. Revelle l'a traité avec gentillesse.
01:32Il lui dit qu'elle devrait quitter la campagne et aller à la ville, où elle pourrait trouver de meilleures
01:37opportunités de travail.
01:39Marie n'a pas immédiatement suivi ses conseils.
01:41Au lieu de cela, elle s'est rendue dans la ville de Bayeux, et a tenté de trouver un emploi
01:45de couturière.
01:46Cependant, avec une mobilité réduite de la main gauche, elle fut incapable de s'établir dans ce métier.
01:51Elle suivit donc le conseil de M. Revelle, et partit pour Caen, à la recherche d'une autre place de
01:55domestique.
01:56Elle y est arrivée le 1er août de l'année 1781.
02:02On lui parla d'un emploi chez Mme du Parc, qui, après avoir discuté avec Marie,
02:06et ayant été favorablement impressionné par ses manières et son apparence,
02:09accepta de la prendre à son service, et lui dit de commencer l'après-midi même.
02:13La maisonnée se composait de 7 personnes.
02:15M. et Mme du Parc, leurs deux fils, l'un âgé de 21 ans et l'autre de 11 ans,
02:21leur fille de 17 ans, et M. et Mme Bullier,
02:24qui étaient les parents de Mme du Parc, tous deux âgés de plus de 80 ans.
02:29Mme du Parc expliquait à Marie ce qu'on attendait d'elle.
02:31Elle devait préparer de la bouillie pour M. Bullier, qui devait être prête à 7 heures précises.
02:37Elle devait ensuite accompagner Mme Bullier à l'église.
02:41Après cela, elle devrait faire des courses, aller dans les magasins,
02:44et accomplir d'autres tâches domestiques.
02:46Mais Mme du Parc l'assura qu'elle et sa fille l'aideraient pour la plupart de ses corvées.
02:53Mme du Parc montra à Marie comment préparer la bouillie de son père,
02:57et lui précisa tout particulièrement de ne pas y ajouter de sel.
03:00Au cours des jours suivants, Marie accomplit bien ses tâches,
03:04et sa maîtresse sembla être satisfaite de son travail.
03:07On avait dit à Marie que le dimanche, elle devrait mettre sa plus belle robe,
03:11car le dimanche était une occasion où même les domestiques et les travailleurs
03:14devaient porter leur plus beau zottement.
03:16Dans la France des années 1780, l'apparence était très importante,
03:20et les gens prêtaient une grande attention à la façon dont les autres étaient vêtus.
03:23Le 5 août était le premier dimanche depuis que Marie avait commencé à travailler.
03:28Elle a donc posé sa robe de travail, qui était bleue à rayures blanches et jaunes,
03:33sur le dossier d'une chaise dans la petite pièce du rez-de-chaussée où elle dormait,
03:37et a enfilé sa nouvelle robe à rayures bleues et blanches.
03:40Le lendemain matin, le lundi 6 août,
03:43Marie est allée chercher du lait, mais n'a pas trouvé le laitier.
03:46Un peu inquiète, elle est retournée à la maison,
03:48et a vu Mme du Parc,
03:50qui lui a dit qu'elle s'arrangerait pour que le lait soit apporté à la maison.
03:53Après avoir nettoyé les petits pots,
03:55Mme du Parc a donné à Marie un récipient d'avoine,
03:57auquel elle a ajouté de l'eau et du lait,
03:59puis l'a fait chauffer sur le feu.
04:01Cependant, alors qu'elle remue la bouillie,
04:03Mme du Parc lui a soudainement demandé si elle avait ajouté du sel.
04:07Marie a répondu que non,
04:08et a rappelé à sa maîtresse qu'elle lui avait ordonné de ne jamais le faire.
04:13Mme du Parc a alors retiré le pot du feu,
04:15s'est dirigée vers le buffet,
04:16et a saupoudré quelque chose sur la bouillie.
04:19Quand la bouillie fut prête,
04:20Marie l'a versée dans une assiette et l'a apportée au vieux M. Bullier.
04:24Elle a ensuite accompagné Mme Bullier à l'église.
04:27Ensuite, Mme du Parc lui a confié plusieurs courses,
04:30ce qui l'a tenu éloigné de la maison pendant une partie de la matinée,
04:33et elle n'est revenue qu'à 11h30.
04:36Cependant, dès qu'elle a franchi la porte,
04:38on lui a appris que peu après avoir mangé la bouillie,
04:41M. Bullier était tombé malade et avait commencé à vomir.
04:44Mme du Parc semblait en colère
04:46et a dit à Marie de s'occuper de lui et de veiller à ses besoins,
04:48mais tout au long de la journée, son état n'a fait qu'empirer.
04:52Un apprenti apothicaire a été appelé
04:54et il a appliqué des vésicatoires sur le vieil homme,
04:56un traitement couramment utilisé au XVIIIe siècle.
04:59Les médecins croyaient que le fait de provoquer délibérément des ampoules sur la peau
05:02pouvait extraire la maladie du corps
05:04et ses cloques pouvaient ensuite être percées pour laisser s'écouler le liquide.
05:08Cependant, le traitement n'a pas empêché son état de s'aggraver
05:11et il semblait s'affaibir.
05:12Le mari de Mme du Parc travaillait au loin.
05:15Elle a donc ordonné à son fils aîné
05:16de prendre le cheval et de partir annoncer à son père ce qui s'était passé.
05:20Cependant, le jeune homme n'est pas rentré immédiatement.
05:24Vers 17h30 cet après-midi-là,
05:26Monsieur Buyer est mort.
05:29Après la mort de son père,
05:31Mme du Parc a fait venir une garde malade
05:33pour préparer et veiller le corps.
05:35Et Marie a ensuite reçu l'ordre d'accompagner la garde toute la nuit.
05:39Le lendemain matin, vers 7h,
05:41Marie s'apprêtait à commencer ses tâches ménagères
05:44lorsque sa maîtresse lui a reproché de porter encore ses habits du dimanche
05:48et lui a dit d'enfiler sa tenue de travail.
05:51Marie est allée dans sa chambre et s'est changée.
05:53Puis elle a repris ses tâches.
05:55Elle était fatiguée car elle n'avait pas beaucoup d'envie
05:58et ont passé la nuit assise sur une chaise
06:00auprès de la dépouille du défunt père de sa maîtresse.
06:04Comme Marie n'avait pas fermé l'œil,
06:06Mme du Parc et sa fille ont pris le relais pour préparer le dîner.
06:09Elles ont mis une marmite sur le feu,
06:11ont ajouté du sel et des légumes
06:13et ont préparé une soupe.
06:14Ce matin-là,
06:16M. du Parc est rentré à la maison.
06:18À une heure,
06:19la famille s'est assise à table.
06:20Ils ont été rejoints par la sœur et le neveu de Mme du Parc
06:23mais l'atmosphère à table était très morose
06:26et Mme du Parc,
06:27comme sa sœur,
06:28semblait visiblement affectée par la mort de leur père.
06:31Lorsque Marie est venue débarrasser les assiettes de soupe,
06:34Mme du Parc et son fils ont tous deux dit
06:35avoir senti quelque chose de coincé entre leurs dents.
06:38Le repas s'est toutefois poursuit
06:39et tout le monde est resté à table jusqu'à deux heures,
06:41deux heures et demie,
06:42quand le fils et le neveu de Mme du Parc
06:44ont commencé à se plaindre de maux d'estomac.
06:46D'autres membres de la famille ont ensuite déclaré
06:48qu'eux aussi se sentaient mal
06:50et la maîtresse de maison a hurlé
06:52qu'elle sentait une odeur d'arsenic
06:54en train de brûler
06:55et qu'ils avaient tous été empoisonnés.
06:57On a fait mander l'apothicaire nommé M. Thierry
06:59et à son arrivée,
07:00il a commencé à soigner tous ceux qu'il croyait empoisonné.
07:03C'était un peu étrange
07:04car bien que toutes les personnes présentes
07:06aient terminé leur repas,
07:08elles n'avaient pas toutes ressenti
07:09les effets immédiats attendus d'un empoisonnement à l'arsenic.
07:13Marie a été interrogée par les magistrats criminels locaux
07:15selon la coutume de Normandie.
07:17Cependant, elle a soutenu qu'elle ne savait rien
07:19d'un quelconque empoisonnement présumé.
07:21L'histoire s'est rapidement répandue dans la ville.
07:23On racontait que sept membres de la Maisonnée du Parc
07:26avaient été empoisonnés par leurs servantes
07:28qui avaient également été accusés
07:31d'avoir mis de l'arsenic
07:32dans la bouillie du vieux M. Bélieu la veille
07:34ce qui avait entraîné sa mort.
07:37Peu de temps après,
07:38une foule s'était rassemblée devant la maison
07:39impatiente d'apprendre ce qui s'était passé.
07:42Madame du Parc ne fit rien pour décourager les rumeurs
07:44et la rumeur de l'empoisonnement présumé
07:46continua de se répandre.
07:48Finalement, un groupe de femmes du quartier
07:50fut autorisé à entrer dans la propriété
07:52et elles encerclèrent aussitôt Marie
07:54pour la cribler de questions et d'accusations.
07:56Pour Marie, c'était terrifiant.
07:58Non seulement ces femmes l'encerclaient
08:00et lui criaient dessus,
08:01mais une foule de plus en plus nombreuses
08:03s'amassaient également devant la maison.
08:05De plus en plus de gens s'étaient rassemblés dans la rue,
08:07attirés par les rumeurs d'empoisonnement.
08:09Et Marie pouvait entendre tout ce vacarme.
08:11Il semblait qu'elle se trouvait désormais
08:13au centre d'une accusation troublante
08:15avec des inconnus dehors
08:16qui exigeaient de savoir ce qui s'était passé.
08:21Une surrogère locale,
08:22un homme nommé M. Lebray,
08:24qui était un ami de la famille du parc,
08:26arriva bientôt à la maison
08:27et déclara qu'il fallait fouiller les poches de Marie.
08:30Marie n'y vit aucun inconvénient,
08:32car elle ne pensait pas
08:33qu'une fouille lui causerait le moindre envie.
08:35Pourtant, elle se trompait lourdement.
08:37M. Lebray découvrit des miettes de pain
08:39mélangées à des morceaux
08:40d'une substance blanche et brillante
08:42dans sa poche gauche.
08:45Bien qu'il semblât fort surpris
08:46par cette découverte,
08:47il la montra à plusieurs personnes
08:48avant de la présenter finalement aux autorités.
08:52Suite à cette révélation,
08:53un homme nommé M. Fleury
08:55vint alors à la maison
08:56et déclara avoir été envoyé
08:58par les magistrats.
08:59Après avoir parlé à Mme Dupas
09:01et écouté son récit des événements,
09:03il informa le procureur du roi,
09:06un dénommé M. Revelle,
09:08ce même homme qui avait connu Marie
09:10quelques années auparavant
09:11et qui l'avait encouragé
09:12à quitter la campagne
09:13pour trouver du travail en ville,
09:15que les jeunes servantes
09:16avaient empoisonné des membres
09:17de la maison
09:18et que cet empoisonnement
09:19avait causé la mort d'un homme âgé.
09:21M. Revelle voulait
09:23savoir exactement
09:24comment le père de Mme Dupas
09:26était mort.
09:27Il ordonna donc
09:28la pratique d'une autopsie.
09:30A la suite de cela,
09:31les médecins ont conclu
09:31qu'il avait été empoisonné
09:33et que le poison
09:34avait causé sa mort.
09:36Dès lors,
09:36une enquête plus approfondie
09:37commença.
09:38Les dépositions
09:39de tous ceux
09:39qui se trouvaient dans la maison
09:40les 5 et 6 août
09:42ont été recueillies
09:43et une importance considérable
09:45a été accordée
09:46à la substance blanche
09:47et brillante
09:48qui aurait été trouvée
09:49dans les poches de Marie.
09:50Dès le début,
09:51cependant,
09:51il y avait des raisons
09:52de douter des accusations
09:53portées contre elle.
09:54Une question évidente
09:55concernait le mobile.
09:56Marie n'était au service
09:57de la maison
09:58que depuis quelques jours.
09:59pourquoi une servante
10:00de 21 ans
10:01décidevait-elle soudain
10:02d'empoisonner ses employeurs
10:03sans apparemment
10:05rien y gagner ?
10:06D'autres circonstances
10:08attirèrent également
10:08l'attention.
10:09Une rumeur
10:10avait commencé à circuler
10:11affirmant qu'une personne
10:13liée à la famille
10:14du Dupas
10:14avait acheté de l'arsenic
10:16quelques jours plus tôt.
10:17La disparition du fils aîné
10:19après la mort de son grand-père
10:20restait également inexpliquée.
10:23Au lieu d'approfondir
10:24ces pistes,
10:25l'enquête s'orienta
10:25vers une autre accusation
10:27portée contre Marie
10:27par sa maîtresse
10:28selon laquelle
10:29elle aurait volé
10:30des objets dans la maison.
10:32Interrogée sur ces allégations,
10:34Marie nia
10:34avoir empoisonné
10:35qui que ce soit
10:36ou volé le moindre objet.
10:38Néanmoins,
10:39elle fut accusée
10:39d'avoir empoisonné
10:40M. Boulier,
10:41ce qui avait entraîné
10:42sa mort.
10:44L'affaire contre Marie
10:45fut examinée
10:46pour la première fois
10:47le 18 avril 1782
10:49devant le tribunal de Caen
10:50qui jugeait en première instance
10:52et les débats
10:53furent présidés
10:53par M. Revelle.
10:54Devant ce tribunal,
10:56Marie fut reconnue
10:56coupable à l'unanimité
10:58et condamnée
10:59à être brûlée vive.
11:00Dans le cadre
11:01de cette sentence,
11:02elle fut condamnée
11:03à subir la question
11:04préalable sous la torture
11:05afin de lui faire avouer
11:06les noms d'éventuels complices.
11:10Elle devait également
11:11faire à mande honorable
11:12Nupier
11:12une torche à la main
11:13demandant pardon
11:14avant d'être finalement
11:15exécutée.
11:17Marie continua
11:18de clamer son innocence.
11:19Elle fit appel
11:20du verdict
11:21mais le 17 mai 1782,
11:24le tribunal de Rouen,
11:26la capitale
11:27de la Normandie,
11:28confirma la sentence
11:29et ordonna
11:30l'exécution.
11:31La sentence
11:32étant étant désormais
11:33confirmée
11:33et la date
11:34de son exécution approchant,
11:36Marie resta en prison.
11:37Pendant ce temps,
11:38plusieurs prêtres
11:39lui rendirent visite
11:40et ils furent tous
11:41si émus
11:41par sa détresse
11:42qu'ils devarent
11:43convaincus
11:43de son innocence.
11:45L'un des prêtres,
11:46le père François Lambert
11:48était si sûr
11:48de son innocence
11:49qu'il lui conseilla
11:50de prétendre
11:51qu'elle était enceinte
11:52ce qui retarderait
11:53au moins l'exécution.
11:55Marie s'exécuta
11:56et deux sages femmes
11:57furent alors envoyées
11:58pour l'examiner.
11:59Cependant,
12:00les deux femmes
12:00ne parvinrent pas
12:01à s'accorder sur son état
12:02ce qui laissa
12:02les autorités
12:03dans l'incapacité
12:04d'établir
12:04si elle disait la vérité.
12:05Mais à question
12:06restant en suspens,
12:08l'exécution fut reportée.
12:11Lorsque les autorités
12:12réalisèrent que Marie
12:13n'était en fait pas enceinte,
12:15la date de l'exécution
12:16fut fixée
12:16au 29 juillet.
12:18Cependant,
12:19avant que cela n'arrive,
12:20la nouvelle de son affaire
12:21parvint à Versailles
12:22car ceux qui soutenaient
12:24son innocence
12:24portèrent l'affaire
12:25à l'attention du roi
12:26et il ordonna
12:27que l'exécution
12:28soit arrêtée.
12:29L'ordre du roi
12:30parvint à Rouen
12:31le 26 juillet
12:32puis fut transmis à Caen
12:34où il arriva
12:34le dimanche
12:3528 juillet.
12:37Une fois de plus,
12:38Marie-Françoise
12:39Victoire Salmon
12:40avait échappé au bourreau.
12:42Son reconnaissant légal
12:43était un homme
12:44nommé M. Le Cachoir
12:45et il était intimement convaincu
12:47qu'elle avait été condamnée
12:48à tort.
12:49Il examina les actes
12:50de la procédure initiale
12:51et découvrit
12:52de graves anomalies
12:52dans la manière
12:53dont l'affaire
12:53avait été instruite
12:54et jugée.
12:55Ses arguments
12:55finirent par mener
12:57à un nouveau réexamen
12:58de l'affaire
12:58et le 18 mai 1784,
13:02les autorités royales
13:03examinèrent la procédure
13:04et conclurent
13:05qu'il y avait lieu
13:06de tenir un nouveau procès.
13:08L'affaire fut alors
13:08renvoyé devant
13:09la cour de Rouen.
13:11M. Le Cachoir soutint
13:13qu'on avait accordé
13:13trop de poids
13:14aux accusations
13:14portées par Mme Dupas
13:16et pas assez
13:17aux preuves concrètes.
13:18Il souligna
13:19que des témoins importants
13:20n'avaient pas été
13:21interrogés convenablement
13:22et que tous les éléments
13:23susceptibles
13:24d'aider Marie
13:24avaient été négligés.
13:25Il contesta également
13:27les accusations
13:27selon lesquelles
13:28Marie aurait empoisonné
13:29la maisonnée.
13:30Parmi des arguments
13:31soulevés,
13:32figurait la découverte
13:33de la substance blanche
13:34suspecte
13:34dans l'une des poches
13:35de Marie.
13:37Il souligna
13:37que c'était une poche
13:38qu'elle utilisait rarement,
13:40sa main gauche
13:40ayant été gravement blessée
13:41dès l'enfance
13:42après avoir été attaquée
13:43par un cochon.
13:45Il remit également
13:46en question
13:46l'affirmation de l'accusation
13:47selon laquelle Marie
13:48avait un mobile
13:49pour empoisonner la famille.
13:50Elle n'était entrée
13:51dans la maison
13:52que récemment
13:52et avant la mort du vieil homme
13:54semblait avoir parlé
13:55en bien
13:56de son nouveau travail.
13:57Il a également suggéré
13:58que les éléments de preuve
13:59concernant l'empoisonnement
14:00avaient dès le début
14:01été interprétés
14:02à charge contre elle.
14:03A la fin du procès,
14:05le tribunal
14:05de Rouen
14:05a annulé
14:06le jugement initial.
14:07Cependant,
14:08Marie n'a pas été libérée
14:09de prison.
14:09Au lieu de cela,
14:10un complément d'enquête
14:11sur le crime présumé
14:12a été ordonné.
14:13Marie a fait appel au roi
14:14et la procédure
14:15a finalement été transférée
14:17devant la plus haute
14:17cour de Paris.
14:19A ce stade,
14:20le cachoir avait passé
14:21des années
14:22à travailler
14:22sur la défense de Marie.
14:23Il avait rédigé
14:24des mémoires juridiques
14:25détaillées
14:26exposant la faiblesse
14:27des arguments
14:27de l'accusation.
14:28Tandis qu'un autre
14:29grand avocat
14:29nommé Jean-François
14:31Fornel
14:32avait rejoint la défense
14:35mais au lieu de simplement
14:36chercher à convaincre
14:37les juges devant un tribunal,
14:39les deux hommes
14:40publièrent leur opinion
14:41ce qui permit au public
14:42de suivre l'affaire
14:44et d'examiner
14:45les preuves par lui-même.
14:46La publication
14:47circula largement
14:48à Paris
14:48et des gravures
14:49représentant Marie
14:50commencèrent à apparaître
14:51aux côtés de pamphlets
14:52sur l'affaire.
14:54Ces pamphlets
14:54dépeignaient Marie
14:55comme une jeune femme
14:56ayant quitté son petit village
14:57après avoir été attaquée
14:58par un porc
14:59et suite au décès de sa mère
15:00pour devenir domestique
15:01dans une grande ville.
15:03Et comment elle avait été accusée
15:04d'avoir empoisonné une famille
15:05et avait passé des années
15:06en prison
15:07sous le coup
15:07d'une condamnation à mort ?
15:09L'histoire a été présentée
15:10comme une illustration
15:11des dérives
15:11du système judiciaire pénal
15:13au sein duquel
15:14un accusé
15:15pouvait être condamné
15:16sur la base
15:16de preuves insuffisantes.
15:18Enfin,
15:18en mai 1786,
15:21l'affaire fut portée
15:22devant le tribunal de Paris
15:23et le procès
15:24dura trois jours.
15:26Lorsque le tribunal
15:27a rendu son verdict final,
15:29il a déclaré
15:29Marie-Françoise
15:30Victoire Salmon
15:32innocente
15:32de tous les chefs
15:33d'accusation
15:34portés contre elle.
15:35Après cinq ans
15:36de prison,
15:37elle fut libérée
15:39et obtint
15:39l'autorisation
15:40d'intenter
15:40une action civile
15:41contre ceux
15:42qui l'avaient accusée.
15:43Bien qu'elle ait choisi
15:44de ne pas le faire.
15:45La réaction à Paris
15:46fut extraordinaire.
15:47Une foule immense
15:48s'était rassemblée
15:48devant le tribunal
15:49pour attendre la sortie
15:50de Marie
15:50et lorsqu'elle est enfin apparue,
15:52tout le monde
15:52s'est mis à applaudir
15:53et beaucoup ont été
15:54émus aux larmes.
15:55Alors que la nouvelle
15:56de son acquittement
15:57se répandait,
15:58Marie est devenue
15:59l'une des femmes
15:59les plus dont on parlait
16:00le plus à Paris.
16:01Elle et son avocat
16:02ont été reçus
16:03par des membres
16:03de l'aristocratie
16:04et le roi Louis XVI
16:06ainsi que la reine
16:06Marie-Antoinette
16:07leur ont tous deux
16:08accordé une audience privée.
16:11Marie a reçu
16:12une aide financière
16:13comprenant des pièces d'or
16:14ainsi qu'une pension.
16:16Elle a été invitée
16:17à des représentations publiques
16:18et lorsqu'elle s'est rendue
16:20au théâtre
16:20avec Monsieur Le Cachoir,
16:22ils ont tous deux
16:22été applaudis
16:23par les acteurs
16:23et le public.
16:26Des gravures
16:26célébrant son innocence
16:27ont circulé dans toute la France
16:29portant souvent la mention
16:30« innocence reconnue »
16:31et son histoire
16:32a été adaptée
16:33en chansons
16:33et autres œuvres populaires.
16:36Il semblait que Marie
16:37était au centre
16:38de l'attention générale.
16:40Le 26 août 1786,
16:43trois mois seulement
16:44après son acquittement,
16:45elle a épousé
16:46Jean-Louis Savary,
16:47un ancien soldat
16:48de 28 ans.
16:50Et le mariage
16:51a eu lieu
16:51en l'église Saint-Sévérin
16:52à Paris.
16:53Le mariage a attiré
16:54une telle foule
16:55que des soldats
16:55ont été appelés
16:56pour maîtriser
16:57ceux qui s'étaient rassemblés
16:58pour la cérémonie.
16:59Une folle engouement
17:00suscité par l'affaire
17:01finalement retombée,
17:02Marie et son mari
17:03se sont installés
17:03dans une vie
17:04bien plus tranquille.
17:06Ensemble,
17:06ils eurent une fille.
17:07Mais le sort ne fut
17:08une fois de plus
17:09pas favorable à Marie
17:10car son mari
17:11et sa fille
17:11moururent avant elle.
17:13Plus tard dans sa vie,
17:14elle adopta
17:14sa jeune nièce
17:15à la suite du décès
17:17de l'un de ses frères.
17:18Marie s'éteignait
17:19à Paris le 2 mai 1827
17:21à l'âge de 67 ans.
17:24Au cours de sa vie
17:24mouvementée,
17:25elle avait passé
17:26près de 5 ans
17:26en prison
17:27pour un crime
17:27dont elle fut finalement
17:28déclarée innocente
17:29et avait échappé
17:30par deux fois
17:31à quelques jours près
17:32au bûcher
17:33où elle devait être
17:33brûlée vive.
17:37Bonjour à tous
17:38et merci infiniment
17:40de m'avoir écouté.
17:41Comme d'habitude,
17:43n'hésitez pas
17:43à laisser vos commentaires
17:44ou vos impressions
17:45et j'espère vous retrouver
17:47pour une prochaine
17:48Affaire en Bref.
17:49Sous-titrage Société Radio-Canada