00:00Le pire pogrom jamais perpétré sur le sol israélien.
00:03Est-ce que ce massacre est en train d'être oublié ?
00:05Moi, c'est mon inquiétude.
00:07Mon inquiétude, c'est qu'on devienne amnésique
00:09et qu'on oublie notamment le fait que 51 Français ont été assassinés.
00:12Regardez, on a cohémoré il y a peu de temps les attentats de Nice
00:15et la France entière s'en est émue parce que c'était sur notre sol.
00:18Ce n'est pas parce que ça ne s'est pas produit sur notre sol
00:20que ça ne nous concerne pas.
00:22D'abord parce que les attentats terroristes islamistes,
00:24ils ont concerné les Français.
00:27Notre pays a été attaqué de très nombreuses reprises
00:29et parce qu'en plus, le 7 octobre,
00:31c'est 51 Français qui ont été assassinés le jour même
00:34ou dans les jours qui ont suivi dans les geôles du Hamas.
00:36Et je ne voudrais pas qu'on perde la mémoire.
00:38Je ne voudrais pas qu'on perde la mémoire.
00:39C'est du négationnisme qui est à l'œuvre.
00:42On n'est pas à ça pour se concentrer sur d'autres aspects
00:45de ce qui se passe au Moyen-Orient.
00:46On met à distance, on considère que finalement,
00:49ça n'est pas notre histoire.
00:50C'est notre histoire.
00:51C'est notre histoire parce qu'ils sont Français.
00:53Ils sont Français.
00:54Ils ne sont pas moins Français parce qu'ils seraient franco-israéliens.
00:57parce que se dire ça, ce serait absolument insupportable.
00:59Ils ne sont pas moins Français parce qu'ils seraient juifs.
01:02Parce que dire ça, ce serait absolument insupportable.
01:04Donc oui, je pense qu'il y a un risque d'amnésie
01:07pour m'être rendu sur les traces du Festival Nova,
01:11pour avoir tenu dans mes bras des mères qui ont perdu leur enfant,
01:15leurs enfants qui les ont appelés.
01:16C'est-à-dire qu'elles ont entendu les derniers souffles de vie
01:19de leurs enfants.
01:20Je vous assure que quand vous tenez dans vos bras
01:22des mères qui ont perdu leur enfant dans ces circonstances-là,
01:25vous ne pouvez jamais l'oublier.
01:27Et on ne devrait jamais les oublier.
01:29Mais ce n'est pas qu'une affaire de ressortissants français ou pas.
01:32C'est une affaire d'humanité.
01:33Bien sûr.
01:34Ce qui s'est passé ce jour-là était une barbarie sans nom.
01:37Et ça, on a tendance à l'oublier, encore une fois,
01:39à vouloir l'effacer de l'histoire.
01:41Vous savez, dès le 8 octobre, on a manqué d'empathie.
01:45Parce qu'on a eu le monde entier qui était au chevet de la France
01:48quand la France a eu à subir des attentats islamistes.
01:51Et on a été extrêmement émus de voir que, justement,
01:55on n'était pas seul face à la barbarie.
01:57Notre pays s'est aussi reconstruit grâce à ça.
01:59À se dire que le monde entier considérait que ce qui s'était produit en France
02:04les concernait aussi.
02:05Pourquoi ça nous concernerait moins ?
02:07Parce que ça concernerait Israël.
02:08On ne peut pas accepter cette idée-là.
02:10En effet, que l'humanité, elle se découpe en fonction de qui est concernée
02:14par un attentat terroriste.
02:15Et dès le 8 octobre, au lieu d'une empathie massive,
02:18on a eu un regain d'antisémitisme dans toutes les démocraties.
02:22Et c'est ça qui doit nous interpeller.
02:24Vous me parliez tout à l'heure des drapeaux palestiniens.
02:26Est-ce qu'on peut légitimement avoir de l'empathie pour le peuple palestinien ?
02:30Oui, et je pense que ni vous ni moi, on découpe notre empathie
02:32en fonction de qui est touché.
02:34Mais je ne veux pas qu'on mélange les sujets.
02:36Je ne veux pas qu'on mélange la question géopolitique,
02:39la question d'une politique menée par un gouvernement,
02:42et la question de l'antisémitisme.
02:43Est-ce qu'il n'y a pas un Français juif qui est responsable de la situation à Gaza ?
02:47Par contre, il y a malheureusement beaucoup trop de personnes
02:49qui aujourd'hui leur placent des cibles dans le dos
02:52et qui les rendent responsables par procuration de ce qui se passe là-bas.
02:55Et vous avez souvent dit, Aurore Berger,
02:57que l'antisémitisme tenait en trois lettres LFI.
02:59Le nouvel antisémitisme, oui.
03:01Parce qu'on voit bien que post-7 octobre,
03:04là où on aurait dû s'attendre justement à cette part d'humanité et d'empathie,
03:07on a eu l'inverse.
03:08Et donc on a mis des cibles dans le dos de nos compatriotes Français juifs.
03:12Mais regardez même ce qui s'est passé dans le débat de la primaire socialiste.
03:15On a une ancienne candidate à la présidentielle
03:17qui espère le redevenir,
03:18qui demande maintenant peut-être aux Français juifs de s'excuser.
03:22Enfin, dans quel monde on vit ?
03:24À l'idée...
03:25De s'excuser pour le gouvernement de Benjamin Netanyahou.
03:27Exactement.
03:28Et à s'excuser de la politique menée par un gouvernement étranger.
03:32On en est là.
03:33On en est là.
03:34Et finalement, on a eu ça de la part de Ségolène Royal.
03:37Et puis on a eu le débat sur le mot génocide.
03:39C'est-à-dire que vous n'appartenez pas au camp du bien
03:42si vous n'employez pas le terme génocide.
03:43C'est ce qu'Olivier Faure a reproché à Raphaël Guzman ou Jérôme Gage.
03:47Vous récusez ce terme de génocide ?
03:48Mais en fait, ce n'est pas moi individuellement qui le récuse.
03:51C'est une terminologie très précise.
03:54Et donc cette terminologie très précise,
03:55c'est en vérité ni à vous ni à moi de dire si on peut l'utiliser.