00:00Passe d'Europe 1, Olivier Delagardu, justement, toute la presse revient ce matin sur ces manifs lycéennes.
00:04Et comme je passe en dernier, vous allez avoir une légère impression de peut-être de redites,
00:09avec parfois un phénomène assez curieux qui pourrait s'apparenter à ce que l'on appelle le syndrome de Stockholm.
00:14Vous savez, quand les otages prennent fête et cause pour leurs geôliers.
00:18Si vous ne voyez pas ce que je veux dire, lisez, vous en parliez à l'instant, le long papier
00:21d'ouverture du Parisien.
00:23Il est écrit par pas moins de 5 journalistes, ce qui explique peut-être cette sorte de course à l
00:28'échalote
00:28à celui qui sera le plus complaisant envers les manifestants et leur proxy, comme l'on dit désormais pour faire
00:34chic.
00:35Article qui en devient même drôle, malgré lui, car chacun d'eux en chérir sur un mouvement lycéen
00:40transformé en cortège de bisounours avec syndicalistes bon-enfants, parents concernés et manifestants pacifiques.
00:47Dans ce cortège bigarré, les jeunes reçoivent les soutiens attendus de LFI.
00:52C'est sous les acclamations que Jean-Luc Mélenchon arrive, raconte le journal.
00:55Mélenchon, président, scandent la foule en amourée.
00:58Et puis c'est le show Bali by Agayoko, raconte encore le Parisien, avec des étoiles dans les yeux.
01:03Tout ou presque veulent un selfie avec lui.
01:08Bah, Agayoko, Céline Dion, même combat pourrait-on dire.
01:11Voilà récit d'une bien belle journée, sans beaucoup de recul, mais à quoi bon après tout ?
01:15Les gentils manifestants sont d'un côté, les affreux policiers de l'autre.
01:20Pourquoi aller chercher plus loin ?
01:22Comme l'explique l'actrice Ariane Ascaride.
01:24Croiser dans le cortège quand on a des jeunes qui perdent un oeil ou un bras.
01:28J'appelle cela des enfants battus.
01:30Que voulez-vous répondre à cela ?
01:32Et pourtant, il y a d'autres choses à lire pour prendre la mesure du mouvement.
01:35D'abord ce petit papier dans la croix qui rappelle que la France dépense 28% de plus par lycéen
01:40que la moyenne des pays de l'OCDE.
01:41Ce qui relativise quand même quelque peu les discours sur le manque de moyens.
01:45Bien sûr, Parcoursup maintenant, excellent papier dans l'Opinion qui raconte comment la plateforme est devenue la coupable idéale, le
01:52bouc émissaire absolu.
01:53Parce que Parcoursup, ce n'est pas le problème, c'est le symptôme, explique au journal Joachim Lefloquimade.
01:59La conséquence d'une politique folle qui a transformé l'accès à l'enseignement supérieur en droit quasi opposable.
02:06Bref, quand l'idiot regarde Parcoursup, le sage désigne la massification universitaire.
02:12Et puis il y a cette idée du Premier ministre d'aménager un temps de démocratie interne.
02:16Ouais, alors là, le sang de Vincent Trémolet de Villers ne fait qu'un tournant.
02:20Mais allô quoi ?
02:21Qui imagine, Jules Ferry, Joseph Pagnole ou l'instituteur à qui Albert Camus a dédié son prix Nobel,
02:27proposer une suspension de cours pour un temps de démocratie interne ?
02:33Cette formule résume la situation cataclysmique dans laquelle nous sommes, affirme-t-il, à la une du Figaro.
02:38Faut-il s'adosser à des débats oiseux pour ne pas voir l'étendue du désastre ?
02:43Il ne s'agit pas d'une génération qui se lève, comme dit la gauche, en écho à Mélenchon.
02:48Mais le tableau désolant d'un pays qui s'effondre, oui, confirme Laurence Ferrari dans le J.D. News de
02:54cette semaine.
02:54Je ne peux m'empêcher de voir dans la flambée de violences des lycéens,
02:58largement récupérés par l'extrême-gauche radicale,
03:00une volonté de faire voler en éclat l'image d'une France réconciliée
03:04qui venait de s'afficher lors de la visite du pape.
03:07Les deux frances, c'est la une du J.D. News de cette semaine.
03:10Et à la une également les commémorations des massacres du 7 octobre en Israël.
03:14Tandis que les étudiants d'extrême-gauche brandissent les drapeaux palestiniens devant les lycées,
03:18vous lirez dans de nombreux journaux des reportages sur un état d'Israël
03:22qui reste traumatisé par ce qu'il a vécu il y a trois ans, jour pour jour.
03:26Stanislas Poyer, correspondant du Figaro à Jérusalem, s'est rendu sur le lieu du festival Nova,
03:31la même où 364 personnes ont été assassinées par les terroristes du Hamas.
03:36Il y a rencontré Hadar qui lui raconte l'agonie en direct de son ami
03:40qui avait encore trouvé la force de lui téléphoner avant de succomber.
03:44En Israël, de près ou de loin, tout le monde a perdu quelqu'un ce jour-là, raconte-t-il.
03:50Le deuil donc, mais aussi l'incompréhension.
03:52Pourquoi le pouvoir en place refuse toujours que la moindre commission d'enquête soit constituée
03:58pour expliquer comment un tel carnage a pu se produire ?
04:01Et puis dans le même Figaro, lisez aussi la tribune signée par Elisabeth Baninter,
04:05Jean Quatremer et Philippe Vall, entre autres.
04:08Le sort des juifs d'Europe se dégrade à mesure que le continent s'islamise, écrivent-ils.
04:14Mais je vous propose quand même de terminer par un sujet un peu plus léger.
04:18Et c'est dans les échos que j'ai trouvé ça. Peut-on bien écrire, et même très bien écrire,
04:23sans éveiller un soupçon ?
04:25Celui de s'être fait, bien sûr, aidé par l'intelligence artificielle.
04:29Et c'est un vrai souci pour les étudiants brillants et honnêtes
04:32qui désormais dégradent volontairement leurs copies, raconte Thomas Pontiroli.
04:37Pour cela, ils rabotent leur vocabulaire,
04:40ils simplifient certaines phrases et injectent même des fautes de français.
04:43C'est l'époque qui veut ça sans doute bien écrire, n'a jamais éveillé autant de soupçons.
04:50En relisant ta lettre, je m'aperçois que l'orthographe et toi, ça fait deux.
04:54Merci Olivier Delagarde, votre revue de presse revient demain matin sur Europe 1.
04:58Je vous souhaite une excellente journée lors des pros, dans un instant sur Europe 1.
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