00:00Bismarck
00:12Bien dans son job pour parler de l'accès à l'emploi aux personnes en situation de handicap.
00:18C'est parfois un parcours du combattant, mais des structures évidemment s'engagent pour les accueillir et leur rendre leur
00:25dignité.
00:25C'est le cas de l'association Action Philippe Streit qui lance sa première campagne de dons qui fait appel
00:31à vous, vous les entreprises, vous les particuliers, font appel à votre générosité.
00:36Bernard Streit, merci d'avoir répondu à notre invitation.
00:38Merci, Chardonnay.
00:39Vous êtes le président, le fondateur d'Action Philippe Streit.
00:43Je rappelle la genèse, vous êtes un dirigeant, un capitaine d'industrie pendant près de 40 ans.
00:49Vous avez dirigé une très très belle entreprise, Delphingen.
00:51Et puis vous avez décidé, au moment où vous avez revendu cette très belle entreprise que vous avez créée, de
00:57vous consacrer intégralement à la cause du handicap et à l'emploi.
01:01Une campagne de dons, pourquoi ? Pourquoi vous lancez cette campagne de dons ?
01:05Alors, une campagne de dons parce que nous avons progressé rapidement après avoir fait la promesse à mon frère de
01:11créer quelque chose pour les personnes en situation de handicap, lui-même étant handicapé.
01:15Nous avons créé rapidement 120 emplois, pardonnez-moi.
01:19Vous êtes déjà projeté sur les 150.
01:20Oui, tout à fait, puisque le projet est 230 emplois, mais 120 emplois dans un petit village rural du Doubs,
01:28qui est de 450 habitants et qui est dans la Bourgogne-Franche-Comté.
01:32Et nous avons rapidement fait l'acquisition d'un bâtiment où nous avons pu développer plusieurs activités pour donner du
01:40travail à des personnes en situation de handicap.
01:41On va voir les images de la maroquinerie ?
01:43De la maroquinerie et de la téléphonie en service payant.
01:49On voit ces femmes qui travaillent le cuir, qui cousent sur des pièces très particulières.
01:54Je voudrais quand même, parce que vous êtes quelqu'un de très modeste, on a eu sur ce plateau beaucoup
01:58d'entreprises adaptées qui nous ont parlé, leur engagement aussi.
02:01Votre association, elle a quelque chose en plus parce que vous avez, et c'est vous qui l'avez conceptualisé,
02:06voulu créer un écosystème.
02:07C'est quoi l'idée que vous aviez en tête et que vous avez réussi à faire ?
02:10Alors l'écosystème, il est venu du fait que déjà, d'une part, parce qu'on est en zone rurale,
02:14et donc aider des personnes à se reconstruire par le travail, c'est déjà quelque chose d'original,
02:19surtout par les temps qui courent, parce que le travail, ça guérit, le travail, ça reconstruit les individus, et j
02:25'en témoignerai tout à l'heure.
02:26Et donc, on a été confrontés à un certain nombre de sujets, entre autres, comment héberger ces personnes qui nous
02:33retrouvaient.
02:35On a eu un autre problème, c'était leur mobilité. Certains n'avaient pas la possibilité de se déplacer.
02:39On a eu aussi certains qui avaient des enfants, donc il a fallu ouvrir une crèche pour qu'ils puissent
02:44mettre leurs enfants là,
02:45et ouvrir cette crèche au village envoisinant, pour que tout le monde puisse bénéficier de cette crèche.
02:50On s'est aperçu assez rapidement que ces personnes aussi continuent à souffrir. La souffrance ne les abandonne pas comme
02:56ça.
02:57Et donc, on a commencé à imaginer comment les soigner, et on est arrivé, au bout de deux ans, à
03:03construire un centre médico-sportif,
03:05où nous avons aujourd'hui quatre médecins, quatre kinés, on a aussi une psychologue, on a aussi un ostéopathe,
03:14on a également deux professeurs de sport adaptés, et les personnes peuvent se soigner pendant leur temps de travail.
03:19Et tout ce système-là est ouvert sur l'extérieur, et l'année dernière, simplement pour information,
03:24ils ont fait 40 000 visites médicales, en plus des visites médicales de nos collaborateurs.
03:28– Vous précisez que, comme tout département rural, vous êtes victime, comme tous les départements, d'une désertification médicale.
03:34– Exactement.
03:34– Donc ça sert aussi aux populations.
03:36– Aux populations.
03:37– Quand même, les personnes qui nous regardent et qui disent, mais ce qu'il fait est quand même à
03:41la fois unique, original et absolument incroyable,
03:43parce que tout ça, vous l'avez pensé en mémoire à votre frère, il faut le rappeler,
03:48vous voulez aller plus loin aujourd'hui, c'est-à-dire passer de 120 à 230 emplois,
03:53ça vous oblige à un énorme effort supplémentaire.
03:56– Tout à fait. Alors ce premier effort, il a été fait avec des dons d'amis, d'entrepreneurs du
04:01secteur,
04:02et puis ça nous demande un effort énorme pour passer de 130 à 230,
04:07c'est à peu près 2 millions qu'on recherche d'euros pour arriver à finaliser.
04:10– C'est 2 millions.
04:11– 2 millions d'euros pour finaliser ce projet.
04:13Et je dois vous dire que c'est avec beaucoup d'émotion que je viens vous voir,
04:19M. Ardouin, en lançant ce premier appel aux dons.
04:22Parce que ce n'est pas notre culture, ce n'est pas notre culture.
04:25Et je le fais avec le courage et la force que m'ont amené mes collaborateurs,
04:32en regardant dans les yeux leurs larmes qui sèchent,
04:35et puis aussi plus tard les yeux qui pétillent de satisfaction d'être chez nous.
04:41Et c'est ça qui me donne la force aujourd'hui de dire à tous les Français qui nous écoutent,
04:45à tous nos concitoyens, aidez-nous à finaliser ce projet à Anteuil,
04:50et peut-être aussi, si tout va bien, à le dupliquer à travers la France.
04:54La France en a tellement besoin, aidez-nous, aidez-nous.
04:57– Dupliquer ce modèle d'écosystème, je voudrais quand même, avant qu'on se quitte,
05:01qu'on n'oublie pas les 120 collaborateurs qui sont pour certains des cabossés de la vie.
05:07Des personnes à qui vous avez tendu la main et qui étaient des exclus de l'emploi.
05:11– Tout à fait, alors quand je parlais de ces personnes qui me donnent la force
05:16de venir quémander un peu l'aide de la population,
05:19je pense à Xavier, à Lina, une jeune femme et un jeune homme.
05:26Xavier, lui, ingénieur des mines, cabossé par la vie,
05:29qui reste plus de 10 ans sans trouver de travail,
05:32personne ne veut l'embaucher, il a été tellement martyrisé, fracturé.
05:36Ils rentrent chez nous, et Lina, c'est la même chose,
05:39et au bout de quelques mois, on les voit reprendre courage,
05:43reprendre confiance en eux, et venir au travail en sifflotant.
05:47Franchement, c'est extraordinaire.
05:48Ça, ça me donne la force d'être face à vous, M. Ardouin,
05:51pour demander à tous nos citoyens de nous aider.
05:54Parce que c'est quelque chose d'original, exceptionnel,
05:56ce qui est en train de se faire à Anteuil, exceptionnel.
05:58– Et il faut aller voir à Anteuil, le Douc,
06:00qui est un très beau département par ailleurs,
06:02vous avez un projet, et il existe, il est naissant en gestation,
06:05il va grandir, au milieu de ce beau bâtiment,
06:08vous avez créé une salle de spectacle.
06:10– Oui.
06:10– Et vous voulez en faire un lieu culturel
06:12dans lequel la restauration soit gérée,
06:15cette fois-ci par des jeunes, et moins jeunes d'ailleurs,
06:17en situation de handicap mental.
06:20Parlez-nous rapidement de ce projet,
06:22parce que déjà, c'est une des autres pierres essentielles
06:25à l'engagement des donateurs.
06:26– Oui, mais c'est aussi une façon de tenir cette promesse,
06:29c'est à mon frère.
06:30Mon frère avait un handicap mental.
06:31Jusqu'à aujourd'hui, sur ces 120 personnes qu'on a recrutées,
06:35on a des personnes qui ont des gros problèmes physiques,
06:38mais pas mentaux.
06:40Et donc, il fallait fermer la boucle,
06:42il fallait tenir cette promesse coûte que coûte.
06:43Quand on a promis, il faut tenir sa promesse,
06:46c'est une promesse, ça engage.
06:48Et donc, la réflexion, on s'est dit,
06:50c'est dans la partie cuisine, restauration, service,
06:54et qu'on pourra aller employer ces hommes et ces femmes
06:57avec des petits trucs en plus, comme on dit, dans leur tête,
07:01mais qui pourront faire un service remarquable.
07:04Et donc, on aura des soirées-spectacles.
07:05On a déjà commencé à l'initiative d'une collègue,
07:08Anaïs,
07:11qui va gérer cette salle,
07:14et qui organise des soirées-spectacles-repas.
07:17Et c'est formidable.
07:18Quand on voit cette jeunesse-là,
07:21ça nous donne de la force.
07:24– Cher Bernard, président d'Action Philippe Strait,
07:26si on veut faire un don,
07:27parce qu'il ne faut pas oublier que les entreprises,
07:29elles aussi, peuvent agir en direction de votre structure,
07:31qui est extraordinaire,
07:33tout simplement en donnant du travail
07:35au service relations clients,
07:36parce qu'on avait des salariés qui font de la relations clients,
07:39puis de l'autre, on a vu les images,
07:40qui font de la maroquinerie.
07:41Donc, n'hésitez pas.
07:42Vous voulez avoir une politique RSE engagée,
07:46inclusive,
07:47tournez-vous vers Action Philippe Strait ?
07:49– Oui, tout à fait.
07:50D'ailleurs, simplement pour rappeler à ces industriels
07:52qui nous écoutent, et à tous…
07:54– Et vous l'avez été, longtemps.
07:55– On a été, et si vous voulez,
07:57on a construit ça autour de trois valeurs simples.
07:59La bienveillance, la patience et l'exigence.
08:03L'exigence d'un travail remarquable, bien fait,
08:06qui donne satisfaction à nos clients,
08:08et puis une exigence de comportement
08:09vis-à-vis des gens qui sont cabossés par la vie.
08:11On ne se reconstruit pas s'il y a quelqu'un
08:13qui gâchent la vie des autres avec un comportement inadapté.
08:16– Une harmonie.
08:17Merci Bernard Strait d'être venu nous rendre visite.
08:19Vous allez repartir dans le Doubs,
08:20votre belle région du Doubs.
08:22Retour à Anteuil, dans cet écosystème.
08:24Il faut que vous alliez voir, peut-être par vous-même,
08:27à quoi ressemble ce lieu absolument unique.
08:30Merci de nous avoir rendu visite, cher Bernard Strait.
08:32Et puis évidemment, www.actionphilipstraight.com ou fr ?
08:38– C'était un piège, c'était un piège.
08:41.com, n'hésitez pas.
08:43Merci à vous.
08:44– Merci, merci M. Ardouin.
08:45– On tourne une page, on s'intéresse évidemment
08:47à la grogne des d'IC1,
08:49pour grogne le mot étant un peu faible évidemment.
08:51Que se passe-t-il ?
08:53De quoi ce malaise est-il le nom ?
08:55On va en parler et on va en débattre avec mes experts.
08:58C'est le Cercle RH et c'est tout de suite.
08:59– Merci.