00:04Bonjour Françoise Degois, c'est drôle d'époque avec vous et cette intervention, vous revenez sur cette intervention de Sébastien
00:12Lecornu hier, que vous trouvez à la fois inefficace et étrange dites-vous.
00:16Oui, étrange, d'abord inefficace car lorsqu'on a 250 000 lycéens qui manifestent, ne lâchent rien et que les
00:23syndicats embrayent et peut-être les facultés, arriver à la télévision et ne rien dire, tout renvoyer au budget qui
00:28vient, c'est très léger, léger, léger.
00:31Il aurait pu dire par exemple, ça ne coûte rien, j'interromps Parcoursup par exemple. Il ne l'a pas
00:36fait avec une seule phrase pour dire, je comprends vos angoisses mais casser c'est pas bien, c'est un
00:42peu léger.
00:42Un peu léger également sur la crise de l'essence, avoir pour seule réponse la libération de 10 millions de
00:48barils, c'est-à-dire nos stocks stratégiques, pour faire baisser temporairement la fièvre, tout cela Jacques, c'est un
00:54peu léger.
00:55Alors ça veut dire que Sébastien Lecornu serait à côté de la plaque ?
00:58Non justement Jacques, ça veut dire que c'est volontaire, extrêmement politique et que le message en sous-texte est
01:04simple, ça s'appelle le budget.
01:06Qu'est-ce qu'il dit hier, Sébastien Lecornu ? Je vous renvoie, vous, toutes les forces politiques à votre
01:13responsabilité, surtout l'essence, l'éducation nationale, les dépenses, les recettes.
01:18Ça s'appelle jouer le pourrissement, adopter la stratégie de la tension.
01:23Tout renvoyer au budget, c'est instaurer un véritable rapport de force ou tenter de le faire avec les partis,
01:29les renvoyer à leur responsabilité, leur dire en gros, t'es cap ou t'es pas cap de censurer le
01:34budget.
01:34Est-ce que t'es cap ou t'es pas cap de précipiter le pays dans un véritable chaos politique
01:39?
01:40Il dit aux lycéens, à ceux qui veulent profiter du mouvement, alors vous êtes capable d'aller jusqu'au bout
01:45ou bien vous vous comportez en responsable, en intégrant les mesures budgétaires sur l'éducation.
01:51C'est en fait Jacques, tout sauf une allocation, une allocution anodine, elle porte une véritable stratégie de l'attention
01:59sociale et politique.
02:00Alors en tous les cas, pour aller où ? Pour aboutir à quoi ? C'est toute la question.
02:04Bah oui Jacques, moi je pense que c'est tout à fait froid et lucide, c'est arrivé avec une
02:08véritable crise politique.
02:10Imaginez que le mouvement lycéen continue, imaginez qu'il se renforce, imaginez que les mesures budgétaires sur l'éducation nationale
02:17soient trop faibles, que le compte n'y soit pas.
02:19Imaginez le train des réductions de dépenses sur les retraites, les allocations logements.
02:24Tout renvoyer au budget, c'est dire au groupe politique, vous appuyez sur le bouton censure avec le risque de
02:30dissolution derrière.
02:32La revoilà la dissolution, elle est dans la bouche de tous les parlementaires.
02:36Pourquoi ? Parce que quand un pays est bloqué, on dissout.
02:39Alors là, cap ou pas cap, c'est bien mal méconnaître ce pays.
02:42Pourquoi je dis ça ? Parce que hier Jean-Philippe Tanguy, le monsieur économie du Rassemblement National, a été très
02:48clair hier soir.
02:48Il a dit, la dissolution, on n'attend même que ça.
02:52La censure et la dissolution reviennent désormais dans toutes les bouches parlementaires avec une réponse.
02:57Et ça, ça devrait inquiéter Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu, même pas peur.
03:02Olivier Faure, le patron du PS, l'a dit également mardi sur BFM.
03:05On peut censurer si les mesures éducation ne sont pas au rendez-vous.
03:09Donc c'est un véritable bras de fer qui s'engage, Jacques, un peu à qui tout double, sur le
03:15plan de nos institutions.
03:17Et moi, je vais donner un point de vue personnel d'éditorialiste.
03:21Je trouve ça irresponsable.
03:23Et c'est dit, et c'est dans Drôle d'époque, sur Sud Radio, signé Françoise Degoy,
03:28qui nous décrypte les prochains enjeux politiques et ce qui se trame aujourd'hui à travers cette prise de position
03:35de Sébastien Lecornu hier.
03:37Chronique qu'évidemment, vous pouvez retrouver en podcast et sur le site internet de Sud Radio, sudradio.fr.
03:43Allez, à suivre !