00:03Et on vous retrouve Françoise Degoy, bonjour, pour une drôle d'époque, on vous retrouve ce matin avec au menu
00:10ce premier débat socialiste hier soir et votre regard sur ce premier débat diffusé sur LCI.
00:18Ah bien sûr, ceux qui n'aiment pas la gauche n'ont pas regardé, mais les passionnés politiques, y compris
00:23de droite évidemment, étaient forcément devant LCI hier et ils avaient raison car ce débat était passionnant.
00:29Alors là, je ne vais pas vous dire qui a gagné, qui a perdu, parce que la moitié des gens
00:32qui nous écoutent n'ont certainement pas vu, donc ils ne savaient peut-être même pas qui était en compétition.
00:37Pourquoi je dis qu'il était passionnant ? Parce que pour la première fois d'abord, on est sortis des
00:41querelles d'adhésion, de Philippe Brun, des polémiques pour aller sur le fond.
00:45Et là, on se rend compte que la gauche a encore des choses à dire, notamment sur le social, la
00:49vie chère, l'écologie, des différences entre les candidats.
00:52Mais si je devais résumer la soirée, chacun a tenu en fait son rang.
00:56Raphaël Guzman n'a pas vraiment chuté, mais il n'a pas du tout crevé l'écran.
01:01Olivier Faure, solide premier secrétaire, a joué sa partition de gardien du Temple, en quelque sorte de la gauche plurielle.
01:07Et Ségolène Royal, deux candidats hors normes, comme toujours.
01:10Les deux outsiders, Jérôme Gage et Emmanuel Morel, le resteront certainement.
01:14Ils n'ont pas du tout renversé la table.
01:16Mais bon, le premier a été convaincant sur sa gauche républicaine.
01:19Et le second, fluide, car il ne joue pas le titre à l'évidence.
01:22Au-delà des perfs, il y a l'essentiel, Françoise, le clivage politique réel.
01:27Oui, bien sûr, Jacques.
01:28Et le débat s'est emballé, évidemment, à la fin, sur la question des alliances avec deux moments forts.
01:33D'abord, entre Olivier Faure et Raphaël Glucksmann.
01:36Le premier a un discours assez simple et pragmatique.
01:39Si nous gagnons, avec qui faisons-nous passer les lois ?
01:42Est-ce qu'on les fait passer avec les électeurs, y compris de LFI, et de l'ensemble de la
01:47gauche ou pas,
01:48en disant que les électeurs de LFI ne sont pas Mélenchon ?
01:51Le second, lui, il fait le pari que l'élan serait si fort vers la social-démocratie
01:56qu'on pourrait réduire la France insoumise à peau de chagrin.
01:59Second moment, certainement le plus fort du débat.
02:02Ségolène Royal, qui en cinq minutes, elle a été éclipsée pendant toute la soirée,
02:06mais dans ses cinq dernières minutes, elle asphyxie littéralement Glucksmann et Gage
02:11sur leur mépris, dit-elle, des électeurs de Mélenchon,
02:14et surtout sur le sens de la présidence de la République.
02:18Je dois le dire, chacun connaît mes liens, beaucoup de gens avec Ségolène Royal.
02:22Je suis souvent assez peu d'accord avec elle depuis quelques années,
02:25mais elle a quand même, hier soir, administré une leçon politique magistrale.
02:29La gauche n'est donc pas sortie de l'orberge.
02:31Ah ben non, vous dites ça, évidemment, parce que ça c'est facile,
02:34et vous savez très bien que ce n'est pas vrai.
02:36Bien sûr, ah là là, il s'engueule, etc.
02:38Mais c'est le charme de la gauche, Jacques, on le sait.
02:40Eh ben, la gauche, elle s'engueule à ciel ouvert.
02:42Ça fait un siècle que ça dure.
02:44Et pour les gens qui nous disent, c'est irréconciliable,
02:46eh ben écoutez, je vous renvoie au débat entre Jean Jaurès au début du siècle et Jules Guedde.
02:51Ils en venaient quasiment aux mains sur les lignes politiques.
02:54Ça n'a pas empêché la gauche d'avoir des présidents de la République.
02:57C'est ce charme-là, et elle s'y se met des peignets à ciel ouvert.
03:01Elle finit toujours par se retrouver sur un programme commun.
03:04La différence quand même aujourd'hui s'appelle Jean-Luc Mélenchon,
03:07qui est devenu une véritable obsession.
03:10Et c'est d'ailleurs ça, la faiblesse en fait du débat hier.
03:14Eh bien, il y a un fantôme qui a été convoqué,
03:17un éléphant au milieu de la pièce que personne faisait,
03:20ou tout le monde faisait semblant de ne pas voir.
03:22Il est arrivé à la fin du débat.
03:23Jean-Luc Mélenchon, j'ai juste une chose à dire.
03:27À force d'être obsédé par Jean-Luc Mélenchon,
03:29en réalité, on se stérilise.
03:32Finalement, le second débat devrait permettre au candidat
03:35de faire sans Jean-Luc Mélenchon.
03:37Ce serait bien.
03:39Les socialistes et la France insoumise,
03:41vu par Françoise Degoy,
03:43que l'on retrouve en podcast et sur sudradio.fr.
03:47Merci Françoise.
03:48Et à tout à l'heure.
03:49Alors, j'en profite pour...