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Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, était l’invitée de #LaGrandeInterview de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.
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00:00Et notre invitée ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Yaël Braun-Pivet.
00:04Bonjour à vous et bienvenue, présidente de l'Assemblée nationale.
00:07Évoquons d'abord le mouvement des lycéens, situation toujours tendue avec sans doute un round 4 dans la rue aujourd
00:13'hui.
00:14Vous appelez au calme, Yaël Braun-Pivet, mais est-ce qu'il ne faut pas d'abord ramener le calme,
00:18restaurer l'ouverture des établissements avant de dialoguer et peut-être de négocier,
00:23je ne sais pas ce qu'il y a à négocier, avec les lycéens et leurs représentants ?
00:26Quand j'appelle au calme, j'appelle tout le monde au calme.
00:28Donc évidemment, j'appelle les lycéens à, lorsqu'ils décident de faire un blocus, et c'est leur droit.
00:34On a quand même dans notre pays une liberté, liberté de manifestation, liberté d'expression.
00:39De brûler des poubelles ?
00:40Justement, non. Voilà, c'est liberté de manifester, de s'exprimer, éventuellement de bloquer les établissements.
00:46Enfin, c'est des jeunes et ils ont le droit de s'exprimer, mais ça ne doit pas se faire
00:50dans la violence,
00:51ça ne doit pas se faire dans l'agressivité, parce que justement, quand on veut être entendu,
00:57ça ne sert à rien non plus d'hurler. Donc il faut que les étudiants puissent manifester calmement et sereinement
01:04pour qu'on puisse entamer ce dialogue. Et j'appelle également les forces de l'ordre à la plus grande
01:09retenue.
01:09On a quand même des images qui sont très anxiogènes pour nos jeunes-mêmes.
01:15Et donc il faut que les forces de l'ordre réussissent à maintenir le calme. Je sais que c'est
01:19difficile pour elles de trouver les bons équilibres.
01:22Parce que ce que vous dites est important et impacte beaucoup les forces de l'ordre, qui ont mon gros
01:25sur la patate.
01:26800 blessés dans leur rang, policiers et gendarmes. Il y a Elbrun-Pivet. Ils ont été ulcérés par le président
01:32Macron,
01:32qui a laissé entendre qu'il manquait d'empathie. Est-ce que vous dites, vous, qu'il y a des
01:37scènes qui vous ont choquées ?
01:39Ils sont chargés du maintien de l'ordre dans notre pays.
01:41Ils sont chargés du maintien de l'ordre, évidemment. Et ils font du mieux qu'ils peuvent. Il ne faut
01:45accuser personne.
01:46Et ils font un boulot remarquable et très difficile. Mais ce sont nos enfants en face. Ce sont bien souvent
01:52des mineurs.
01:53Moi, j'ai discuté avec le procureur de Versailles. La plupart des jeunes qui ont été interpellés n'ont pas
02:00de fichiers.
02:02Ils n'ont jamais été interpellés auparavant. Et ils sont mineurs.
02:06Donc, il faut faire aussi attention à avoir la plus grande proportionnalité. Parce que ce sont, à nouveau, nos enfants.
02:13Et donc, on ne maintient pas l'ordre de la même façon avec des manifestations violentes et des black blocs
02:20qui viennent pour tout casser.
02:21Et nos enfants qui manifestent devant nos lycées. Donc, il faut faire attention. Et c'est à cela qu'il
02:27faut appeler le dialogue et le calme.
02:29Comment vous distinguez, dans une foule qui vous est hostile, un lycéen pacifique, d'un black bloc qui tient un
02:36mortier d'artifice ?
02:36Comment ? Dans cette masse qui vous entoure quand vous êtes policier.
02:39On a vu les images de cette jeune policière dans Paris.
02:42Mais c'est terrible !
02:43Comment vous arrivez à faire la distinction ?
02:45C'est leur métier. Ce sont des spécialistes du maintien de l'ordre.
02:48C'est extrêmement compliqué.
02:49C'est pour ça qu'il ne faut pas les accabler. Et moi, je suis convaincue, à nouveau, qu'ils
02:53font du mieux possible.
02:55Maintenant, il faut toujours raison garder. Ils font face à nos jeunes.
02:59Donc, on leur dit d'arrêter. On leur demande de ne plus intervenir.
03:02Pas du tout. Mais vous savez, là, c'est un mouvement. Il y a eu des milliers d'interpellations.
03:08On appelle juste à la désescalade. Et c'est pour ça qu'il faut appeler d'un côté au calme
03:13chez les lycéens.
03:14Et de l'autre côté, à la plus grande retenue de la part de nos forces de l'ordre.
03:19Et donc, c'est ainsi que nous pourrons réussir à ramener le calme dans notre pays.
03:24Et c'est important parce que ce mouvement lycéen, il faut qu'on les écoute maintenant, ces jeunes.
03:29Et il faut qu'on leur apporte des réponses.
03:31Et tant que la violence est là, c'est très difficile d'entendre ces revendications.
03:35Vous comprenez qu'Emmanuel Macron a vu parler de manque d'empathie de la part des forces de l'ordre.
03:38Il y a le Brun Pivet.
03:39Les forces de l'ordre n'ont pas à être particulièrement empathiques.
03:43Moi, ce que je leur demande, c'est de faire leur travail en respectant les règles déontologiques qui sont les
03:49leurs.
03:49Elles sont formées au maintien de l'ordre.
03:51Après, nous avons une doctrine de maintien de l'ordre qui est spécifique, qu'on peut toujours à chaque fois
03:57réinterroger.
03:58On a d'autres pays qui pratiquent d'autres techniques avec davantage de désescalade.
04:04Peut-être que là aussi, on peut s'interroger.
04:06Mais en tout cas, nos forces de l'ordre, à nouveau, sont soumises à une hiérarchie, sont soumises à une
04:12formation, doivent respecter nos règles.
04:15Et quand elles ne le respectent pas, ce qui arrive, il y a des enquêtes déontologiques.
04:19Là, il y a 18 enquêtes qui sont ouvertes.
04:22Et donc, elles iront jusqu'à leur terme.
04:24Et j'ai entendu que le ministre de l'Intérieur demandait est-ce qu'il n'y ait pas l
04:28'usage d'un certain nombre d'outils de maintien de l'ordre,
04:32justement, compte tenu des enquêtes en cours.
04:33Donc voilà, il faut réussir à trouver les bons équilibres.
04:36Mais n'oublions jamais que, un, elles, elles sont chargées de faire respecter les lois de la République
04:41et de permettre la liberté de manifestation aussi et de protéger nos concitoyens.
04:46Et donc, il faut apérativement que, lors de ce mouvement, nos jeunes soient également protégés
04:51parce que ce sont, à nouveau, nos enfants.
04:53Un dernier mot là-dessus, Laurent Nunez a décidé, donc vous l'avez souligné,
04:56d'interdire l'utilisation des grenades assourdissantes.
04:59C'est ce que demande, en gros, la France Insoumise.
05:02Elle demande de désarmer la police.
05:04Donc, et les filles en rêves, c'est le gouvernement qui l'exécute ?
05:06Mais non, parce qu'il ne s'agit pas de désarmer la police.
05:08La police a beaucoup d'outils de maintien de l'ordre.
05:12Il s'agit là d'un outil spécifique.
05:15Il y a une enquête en cours.
05:16Pourquoi on le fait ?
05:16Parce qu'il y a une enquête en cours.
05:18Il y a un jeune qui a été terriblement blessé.
05:20Et donc, il faut qu'on fasse la lumière sur cela pour éviter d'autres accidents.
05:25C'est normal.
05:26Je crois que c'est le bon sens qui prévaut en la matière.
05:29Marine Le Pen estime qu'Emmanuel Macron est toujours du côté de ceux qui consistent à taper sur la police.
05:34Qu'est-ce que vous lui répondez ?
05:35Je trouve que c'est vraiment n'importe quoi.
05:37À nouveau, il faut rester nuancé, équilibré.
05:40Moi, ce que j'aimerais quand même, c'est qu'avec ces événements, qu'on ne parle pas que du
05:46maintien de l'ordre.
05:47En fait, moi, ce qui m'intéresse en tant que maire, en tant que présidente de l'Assemblée nationale, en
05:52tant que citoyenne, c'est qu'on parle des jeunes.
05:53On parle de la revendication.
05:55Il faut les écouter parce qu'être jeune aujourd'hui, c'est difficile.
05:58C'est angoissant.
05:59C'est inquiétant.
06:01Il y a 50 ans, il y a le groupe privé ?
06:02Oui, je le crois.
06:03Oui, parce que le monde est dangereux.
06:05On voit bien le réchauffement climatique qui nous impacte.
06:07Les jeunes ont tous vu, comme nous, les incendies cet été.
06:10On a des guerres aux frontières de l'Europe avec la guerre en Ukraine.
06:14On a la guerre en Iran avec le blocage du détroit d'Hormuz qui impacte directement leurs parents et les
06:21jeunes qui vivent dans les campagnes et qui ne peuvent plus se déplacer pour aller parfois suivre leurs études.
06:26On voit que c'est difficile de s'insérer sur le marché de l'emploi.
06:29Nos jeunes, aujourd'hui, ont 20% de chômage des jeunes.
06:32Le premier CDI pour un jeune, c'est 27 ans.
06:35C'est beaucoup trop tard.
06:36On voit qu'ils ont du mal à se former.
06:38On voit que l'État a abandonné les jeunes de l'aide sociale à l'enfance.
06:42Donc, c'est difficile d'être jeune aujourd'hui.
06:44Et donc, il faut aussi que nous, les adultes, ceux qui sont aux responsabilités, qu'on les entende, qu'on
06:49les comprenne.
06:50Moi, je vous avoue que je suis un petit peu hors de moi.
06:52On entend parler des emplois du temps.
06:55On entend parler de la charge, des cours, etc.
06:58On a eu une convention citoyenne des temps de l'enfant.
07:01Cette convention citoyenne, elle a été menée remarquablement, comme d'habitude.
07:05Et que ce qui s'est passé après ?
07:06Rien. Rien.
07:07Ça fait un an.
07:08Moi, j'ai appelé à ce qu'on se saisisse de ses conclusions.
07:11Parce que les conclusions de la convention, elles disaient quoi ?
07:13Elles disaient notamment qu'il fallait absolument que les emplois du temps soient répartis sur 5 jours, pas sur 4
07:19jours et demi.
07:20Qu'on fasse des cours de 9h à 15h30.
07:23Et qu'après, on passe sur ce qui épanouit nos enfants aussi.
07:27Le sport, la culture, le théâtre.
07:29C'est ça qui fait qu'on va prendre soin de nos enfants et on n'en a rien fait.
07:34On va apporter, il y a le bon de buvée à cette génération qui aura du mal à trouver un
07:37emploi.
07:38Vous l'avez dit.
07:38C'est de se lever un tout petit peu plus tard, d'aller un petit peu moins en cours, d
07:41'être moins compétitif.
07:42C'est pas moi.
07:43Vous avez vu le niveau des clairs sur PISA ?
07:45Est-ce qu'il ne faut pas dire travailler plus ?
07:47Est-ce qu'il faut travailler dur ?
07:48Il faut travailler mieux.
07:49Parce que justement, si on répartit les cours du lundi au vendredi, c'est pas travailler moins.
07:54C'est travailler mieux.
07:55Et vous comme moi, on sait que quand un enfant apprend de la musique quand il est jeune,
08:00ça lui permet de mieux apprendre les langues étrangères, les mathématiques, les matières scientifiques.
08:06Quand un enfant éveille un enfant à la culture, à l'art, ça n'est pas du temps perdu.
08:11Quand on éveille un enfant à la pratique sportive...
08:13Il brûle les médiathèques dans certains endroits.
08:14Quand on élève un enfant à la pratique sportive, c'est apprendre la discipline,
08:18apprendre le sens de l'effort, la progression, le respect de l'orbite, le respect de l'adversaire.
08:24Tout ça, ce sont les valeurs fondamentales de la République.
08:27Donc arrêtons justement.
08:28Nous, on a un pays, malheureusement, qui a une éducation très anxiogène,
08:34qui base la réussite sur le niveau en mathématiques ou en français.
08:37C'est hyper important.
08:38Il faut le faire.
08:39Mais valorisons l'ensemble.
08:41Valorisons les métiers du soin.
08:43Valorisons les métiers professionnels.
08:45On est nuls en la matière.
08:47On le dit toujours.
08:48En fait, vous voyez, moi, j'appartiens à une majorité qui a beaucoup fait sur les lycées pros,
08:53sur l'apprentissage.
08:54On est passé de 200 000 apprentis à près d'un million d'apprentis.
08:57Mais en fait, ce que je constate, après 10 ans de politique, je ne faisais pas de politique avant,
09:01c'est que quand on fait par petits bouts, ça ne marche pas, ça ne suffit pas.
09:06Il faut des réformes d'ampleur.
09:07Il faut des réformes d'ampleur.
09:08C'est ce qu'on fait exactement en ce moment sur les violences faites aux femmes, avec cette loi intégrale.
09:12Eh bien, il faut faire la même chose, une loi intégrale pour notre jeunesse et pour l'éducation des enfants.
09:18Il faut faire un grand big bang, mais il ne faut pas hésiter à le faire.
09:21Nous, on a fait les choses par petits bouts.
09:23Huit ministres de l'éducation à 9 ans.
09:25C'est huit ministres de l'éducation.
09:28Mais c'est le bilan Macron, c'est l'instabilité qui est dans notre pays.
09:31Et donc ça, c'est l'instabilité.
09:33Elle résulte de la funeste dissolution.
09:36On est tous d'accord.
09:36Et après, du choix aussi qu'ont fait les Français d'avoir une Assemblée nationale qui est ce qu'elle
09:41est.
09:41J'essaye de la diriger du mieux que je peux, mais c'est compliqué.
09:44Et c'est vrai que ça empêche d'avoir un cap clair et une vision long terme.
09:48Vous êtes présidente de l'Assemblée nationale.
09:51On est sur CNUD et sur Europe 1.
09:52Vous venez de le rappeler.
09:53Est-ce que vous avez été choquée par l'attitude de certains députés de la France insoumise
09:56sur les blocages dans les lycées,
09:59arrangant la foule, mégaphonant en main,
10:02tentant peut-être de les inciter à poursuivre vos mouvements ?
10:05Ça vous a choquée ou pas ?
10:06Moi, ça m'a choquée parce qu'effectivement,
10:08le rôle d'un député, c'est avant tout d'être à l'Assemblée nationale
10:11et de faire son travail de représentant de la nation.
10:14Figurez-vous qu'hier, nous, on avait des auditions.
10:16On a auditionné, justement, suite à ces événements,
10:19en commission des affaires culturelles,
10:21le ministre Geoffrey de l'Éducation nationale
10:23et en commission des lois, le ministre Nunez de l'Intérieur
10:26pour qu'il rende des comptes.
10:28C'est ça, le job du Parlement.
10:29On a eu aussi des questions au gouvernement
10:31puisqu'on a la chance, nous, en tant que députés,
10:33de pouvoir directement interpeller les ministres.
10:36Donc, le rôle d'un député un mercredi,
10:38c'est plus d'être à l'Assemblée nationale,
10:40dans les commissions permanentes et dans l'hémicycle,
10:42que d'être dans les manifestations.
10:44Après, moi, ce que j'ai vu, c'est que j'ai vu un peu les deux choses.
10:47J'ai vu des parlementaires avec des casques blancs
10:50pour dire, en fait, pour appeler au calme.
10:52Et ça, pourquoi pas ?
10:53Et il peut y avoir aussi des parents, des profs, des proviseurs.
10:56Et il y en a eu.
10:57Et ça, c'est intéressant, je trouve,
10:58parce qu'il faut apaiser les choses
11:00et chacun peut prendre sa part.
11:01En revanche, attiser les violences,
11:06haranguer les jeunes
11:07et puis se dire qu'en fait, quoi qu'ils fassent,
11:09ils ont raison de le faire,
11:10là, je pense que c'est un tort
11:12parce que nous, notre rôle d'adulte et d'élu,
11:15c'est plutôt de faire en sorte que les choses se calment
11:17pour justement qu'on puisse construire ensemble, en fait,
11:20s'il ne s'agit pas.
11:21Moi, je suis inquiète parce que je vois une société
11:23où les gens se confrontent de plus en plus,
11:26où on va s'opposer de plus en plus.
11:28Nous, notre job, en tant qu'adulte
11:30et en tant que responsable politique,
11:31c'est plutôt d'unir, de rassembler,
11:34de faire en sorte que les gens
11:35qui n'ont pas forcément les mêmes opinions
11:37dialoguent entre eux.
11:38En tout cas, moi, c'est ce que j'essaye de faire
11:39et chacun doit appeler à cela.
11:42Est-ce qu'ils sont intouchables, les députés ?
11:44Thomas Porte de la France Insoumise
11:45a affirmé hier aux policiers
11:47qu'ils n'avaient pas le droit de le contrôler,
11:49qu'ils avaient le droit d'aller où ils voulaient,
11:50de faire ce qu'ils voulaient.
11:51Vous confirmez ?
11:52Mais non, les députés ne devaient pas du tout.
11:53Les députés sont des citoyens comme les autres.
11:55Ils ont une immunité parlementaire
11:57mais uniquement dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale
12:00pour les propos qu'ils tiennent.
12:02Tout ce qui se passe en dehors de l'Assemblée nationale,
12:05c'est...
12:05Il n'y a aucune immunité.
12:07Les députés sont des citoyens comme les autres.
12:09Il n'y a pas de passe-droit.
12:10Ils n'ont pas le droit de se tenir là
12:14où les autres n'ont pas le droit de le faire.
12:16Et ça, c'est vraiment...
12:17Il faut vraiment déconstruire cette idée.
12:19Ce n'est pas parce qu'on porte l'écharpe tricolore
12:20qu'on est intouchable.
12:22Ça n'existe pas dans une démocratie.
12:24Mais on voit effectivement que la France Insoumise
12:25est en train de faire une OPA idéologique
12:28sur la jeunesse.
12:29Il y a le brond de Pivès.
12:29Est-ce que c'est un problème pour vous ?
12:30C'est un problème parce que ce qu'il leur propose,
12:33je crois, ne résoudra en rien leurs difficultés.
12:36Et donc, il faut...
12:37Et moi, je n'ai jamais laissé tomber la jeunesse.
12:40Je vais continuellement leur parler.
12:42Presque toutes les semaines, je suis dans une faculté.
12:44La semaine dernière, j'étais à Sciences Po.
12:46Il y a trois semaines, j'étais à la fac de Toulouse.
12:49Il faut parler à la jeunesse.
12:50Cette semaine, on a accueilli le Conseil d'orientation
12:52des politiques de jeunesse à l'Assemblée nationale.
12:55J'ai un conseil des jeunes de circo.
12:56Il ne faut pas que les jeunes se fassent instrumentaliser
12:59parce que ça leur nuira.
13:01Justement, il faut qu'on arrive à dialoguer tous ensemble.
13:04Et la jeunesse pourrait être un combat
13:06qui nous rassemble en transpartisans.
13:09N'en faisons pas, en fait, une querelle politique
13:11parce que les jeunes en seront les premières victimes.
13:15Yael Bourde-Pivès, nous étions le 7 octobre hier.
13:17On a eu une scène pendant ces blocages de lycée.
13:19Une femme qui avait un drapeau israélien
13:21qui se fait littéralement agresser
13:23et interpellée par un jeune manifestant
13:25évidemment masqué, évidemment cagoulé.
13:29Elle nous a dit...
13:30On est le 7 octobre.
13:31Et là, ce qu'on entend,
13:32ce sont des slogans sur Gaza, sur la Palestine.
13:34Elle dit...
13:35La jeunesse de France a brillé.
13:36Qu'est-ce que vous dites ?
13:37Mais qu'en fait, ce qui est terrible,
13:40c'est qu'on a des indignations à géométrie variable.
13:44Le 7 octobre, c'était des jeunes.
13:46C'était des jeunes qui étaient au festival Nova.
13:49C'était des jeunes qui faisaient la fête,
13:51qui dansaient, qui s'amusaient.
13:54C'est eux qui ont été assassinés.
13:56C'est un Bataclan puissance 10.
13:58Et donc, je comprends qu'on soit indignés
14:01par ce qui s'est passé à Gaza
14:03et la riposte israélienne
14:05qui a été surdimensionnée.
14:07On le sait tous qu'elle a fait
14:09beaucoup trop de dégâts
14:10en voulant éliminer le Hamas.
14:12Il y a des victimes civiles par milliers.
14:14Ça nous révulse tous, évidemment.
14:16Mais ce que je ne comprends pas,
14:18c'est qu'il faudrait être révulsé
14:19soit par l'un, soit par l'autre.
14:21On peut être communément révulsé.
14:23Et le 7 octobre, il fallait être révulsé
14:26par ce qui s'est passé en Israël,
14:28qui a été le pire attentat terroriste
14:31qui visait les Juifs depuis la Seconde Guerre mondiale.
14:33Moi, je suis allée avec le président du Sénat,
14:37main dans la main,
14:38comme d'habitude,
14:39au Mémorial Place des Vosges
14:40pour rappeler que la République française,
14:42ça n'est pas ça.
14:44Et donc, nous sommes unis
14:45contre l'antisémitisme, toujours.
14:47Avec, évidemment, la dénonciation
14:49de ceux qui instrumentalisent
14:51cette idéologie-là
14:52pour, notamment, créer des conditions
14:55pour l'antisémitisme
14:56qui, malheureusement,
14:57continue à sévir dans notre pays.
14:59Il a explosé, mais c'est ça.
15:00Il faut vraiment appeler à la raison
15:03et ne pas laisser
15:04qui que ce soit fracturer notre pays.
15:07C'est ça qui est en jeu en ce moment
15:09et nous ne laisserons pas faire.
15:11Deux mots, rapidement,
15:12pour terminer le budget.
15:13C'est très important, les Français.
15:14On n'a pas parlé des annonces
15:15du Premier ministre
15:16parce qu'on pensait
15:18qu'il parlerait des lycéens.
15:18Il a parlé du prix du gazole.
15:20Très bien.
15:21Il y a des annonces
15:21qui ont été faites
15:22sur le fait que le prix du gazole
15:24va baisser.
15:24Ce budget,
15:25est-ce que vous pensez
15:26qu'il sera voté
15:27d'ici le 31 décembre
15:28comme l'espère le Premier ministre ?
15:31Je ne sais pas s'il sera voté,
15:33mais je pense qu'il sera adopté.
15:34Il doit l'être.
15:35Nous avons besoin d'un budget.
15:37Notre pays a besoin d'un budget.
15:39Et si nous n'en avons pas,
15:40tout le monde en souffrira.
15:42Ce ne sera pas la défaite d'un camp.
15:45Ce sera chacun de nos concitoyens
15:47en subira les conséquences.
15:49Il faut que tout le monde
15:50soit responsable.
15:52Et moi, vraiment,
15:52j'appelle chacun
15:53à être responsable
15:54dans l'hémicycle
15:55de l'Assemblée nationale.
15:56Je ne demande pas
15:57à ce qu'ils approuvent
15:58le budget présenté
15:59par le Premier ministre.
16:00Moi, j'ai demandé
16:01au Premier ministre
16:01d'enlever tout ce qui pouvait être
16:03chiffon rouge
16:04pour les uns ou pour les autres.
16:06Il nous faut un budget.
16:06Il est responsable
16:08et raisonnable.
16:09Mais en revanche,
16:10on doit maintenir une trajectoire.
16:11Et le prochain président
16:13de la République,
16:14quel qu'il soit,
16:15pourra agir
16:16soit par acte réglementaire,
16:17soit en présentant
16:18une nouvelle loi
16:19de finances rectificative
16:20pour impulser
16:21ses orientations.
16:22Mais il pourra le faire
16:23que si nous avons un budget
16:25et que si la France
16:26n'est pas tombée
16:26dans une crise financière
16:28et économique,
16:29ce que nous pourrions avoir
16:30si nous n'avons pas de budget.
16:31Donc là aussi,
16:33discutons,
16:33faisons tous des compromis
16:35et passons soit par ordonnance.
16:36Moi, c'est une solution
16:37que je n'aime pas du tout,
16:38mais je demande
16:39à ce que le gouvernement
16:40prenne ses responsabilités.
16:41Un 49-3
16:42après avoir entendu chacun.
16:44C'est important.
16:45Ce n'est pas un 49-3
16:46comme ça,
16:48balancé au Parlement.
16:49C'est un 49-3
16:50qui tient compte
16:51des débats en commission,
16:53des débats dans l'hémicycle.
16:54Mais à un moment donné,
16:55il faut être réaliste.
16:55Ce n'est pas la négation
16:56du travail parlementaire,
16:57le 49-3 ?
16:58Alors, les ordonnances,
16:59c'est encore pire,
16:59Madame Ferrari,
17:00parce que les ordonnances,
17:01c'est le budget tel
17:02qu'il a été déposé,
17:02donc il ne tient pas compte
17:03du débat parlementaire.
17:04Donc, c'est encore pire.
17:05Donc, plutôt un 49-3
17:06que pas de budget.
17:07Le 49-3 peut tenir compte
17:09des débats parlementaires
17:09puisque le gouvernement
17:10retient les amendements
17:11qu'il souhaite.
17:12Alors, c'est à la main
17:13du gouvernement.
17:13Ce n'est pas nous
17:14qui décidons ce qui est choisi,
17:16mais quand même,
17:17au moins,
17:17on peut tenir compte
17:18de ce qui s'est passé
17:19à l'Assemblée nationale.
17:20Donc, ça, c'est important.
17:21Et de toute façon,
17:22il ne faut pas être naïf.
17:23Le budget ne sera pas voté.
17:24Nous ne trouverons pas
17:25une majorité parlementaire
17:27pour le voter.
17:27On n'en a pas trouvé
17:28depuis que nous sommes
17:29dans cette situation
17:30sans majorité.
17:31Donc, moi,
17:32je ne crois pas au Père Noël,
17:33donc on n'en aura pas là.
17:34En revanche,
17:35on peut demander à chacun
17:36de faire un effort
17:36pour le bien de notre pays.
17:38Notamment au RN,
17:39vous demandez à Marine Le Pen
17:41de faire attention
17:42à ce budget ?
17:43Je ne demande rien
17:44à Marine Le Pen.
17:44Pourquoi ?
17:45Je demande à chaque députée
17:48qui est présente
17:49dans l'hémicycle.
17:50S'il pense un tant soit peu
17:51à notre pays
17:52et à son intérêt,
17:54il faut qu'on trouve
17:55un compromis.
17:55Non, parce que le RN
17:56est une force centrale.
17:57Oui, mais j'en appelle
17:58à chaque députée
18:00et à Marine Le Pen.
18:01Comme les autres parlementaires,
18:02il y en a 577
18:03dans cet hémicycle.
18:04On voit que l'élection présidentielle,
18:06évidemment,
18:06est dans toutes les têtes
18:07et ce duel RN-LFI
18:09qui se profile
18:09pour le second tour.
18:10Comment desserrer
18:11cette tenaille, selon vous ?
18:12On voit que le bloc central
18:13est complètement fissuré,
18:14divisé.
18:15Rien n'indique
18:15quel candidat sera le mieux placé
18:17dans ce fameux bloc central.
18:18Pourquoi est-ce que vous
18:19ne vous proposez pas
18:20comme candidate d'union ?
18:21En fait, moi, je pense que
18:22déjà, ce duel, il fait peur.
18:24On entend, moi,
18:25c'est les retours que j'ai,
18:26que ce soit chez les jeunes
18:27ou les moins jeunes.
18:28Le duel entre les deux extrêmes
18:29fait peur,
18:30il est anxiogène,
18:31il est angoissant
18:32et il est angoissant
18:33parce que les gens se disent
18:35mais quelle est l'alternative ?
18:37Et donc, il faut qu'on propose
18:38une alternative
18:39qui soit solide
18:40et pour ça, moi,
18:41c'est ce que j'ai toujours dit
18:42depuis des mois,
18:43parlons projet.
18:45Moi, je ne vois que des candidats
18:46qui continuent dans leur silo.
18:48Alors, on a autant de propositions
18:50sur le régime de retraite
18:51que de candidats
18:52dans le bloc central.
18:52Ça n'est pas possible.
18:54Il faut qu'on présente
18:55quelque chose de commun
18:56et donc, travaillons sur le fond
18:57avant de se dire
18:58derrière qui on se met.
19:00Je continue à dire la même chose.
19:01Je me lasse.
19:02Je lasse tous les gens
19:03qui m'écoutent, malheureusement.
19:04En disant,
19:04vous ne voulez pas vous prononcer
19:05pour l'instant.
19:07Mais je veux parler du fond.
19:08Quel projet pour nos jeunes ?
19:10Quel projet pour nos jeunes ?
19:12Moi, ce que je propose,
19:13un big bang.
19:13Parlons, chamboulons
19:16la façon dont on forme
19:18nos jeunes,
19:18leur emploi du temps,
19:19la formation professionnelle,
19:21l'orientation.
19:22On a tant à faire pour eux.
19:24Discutons de ça
19:24plutôt que de savoir
19:25derrière qui on se met.
19:26Et il n'y a que des hommes
19:27dans ces candidats
19:28du bloc central.
19:28Ça ne vous dérange pas ?
19:29Si, ça me dérange
19:30comme d'habitude.
19:31Mais c'est ainsi.
19:32Ce sont les chefs de parti.
19:34Je le regrette.
19:35Mais il faut des femmes
19:37parce que peut-être
19:37que nous avons des regards différents.
19:39Enfin, ce n'est pas peut-être.
19:40J'en suis convaincue.
19:41Merci beaucoup,
19:41Yaël Brunpivet,
19:42présidente de l'Assemblée nationale
19:43qui était autre invité
19:44ce matin sur CNews
19:45et sur Europe 1.
19:46Bonne journée à vous.
19:46Sous-titrage MFP.
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