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#7INFO #VUDECOTEDIVOIRE

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Éducation
Transcription
00:00Musique
00:05Militaire, homme d'état, diplomate, homme politique et écrivain,
00:10le général Wassén en connaît a marqué plusieurs décennies de l'histoire ivoirienne.
00:15Mais derrière l'uniforme et l'homme public qu'il était,
00:19se cachait une personnalité aux multiples facettes.
00:23Dans cette biographie nourrie de confidence recueillie de son vivant,
00:27le journaliste Moussa Traoré nous fait découvrir l'homme, ses convictions,
00:32mais également ses combats et son héritage.
00:34Qui est véritablement Gaston Wassén en connaît ?
00:37C'est notre grand entretien avec l'auteur Traoré Moussa,
00:41qui je le rappelle est administrateur de l'ONG Confrère Journaliste,
00:44mais également vice-président de l'Association des écrivains de Côte d'Ivoire.
00:49Je tiens à souligner que vous êtes bel et bien très engagé dans la promotion du livre et de la
00:54chaîne des valeurs.
00:54Merci beaucoup M. Traoré Moussa d'être sur ce plateau.
00:58Merci également pour l'opportunité que vous me donnez pour parler de ce livre.
01:02Alors, première question, pourquoi Wassénan connaît et pas Ténébiraïma Ouattara ?
01:08Oui, parce que je ne peux pas écrire sur tout le monde au même moment.
01:10Je pense qu'à chaque chose son temps.
01:13Aujourd'hui, c'est Wassénan, hier c'était le général Koubali,
01:16et récemment c'était sur le président Fauboyi où je parlais de la face méconnue.
01:21D'accord.
01:21Donc je pense que ça viendra, mais à chaque chose son temps.
01:24À chaque chose son temps.
01:27Justement, à chaque chose son temps, d'accord.
01:29Mais qu'est-ce qui vous a personnellement conduit vers Gaston Wassénan connaît ?
01:33Est-ce que c'était une fascination pour son parcours militaire,
01:36une rencontre humaine,
01:38où le sentiment qu'une page importante de notre histoire
01:42risquait de tomber dans l'oubli ?
01:44Non, je pense que cette oeuvre n'est pas le fruit du hasard.
01:47J'avais écrit sur le général Koubali,
01:50et j'avais remis un exemplaire du livre au général Wassénan.
01:54Et quand il a lu, il m'a appelé,
01:57et il m'a dit, moi j'ai fait une méprise dans le livre.
02:01Il dit, pourquoi je mets dans l'oeuvre que c'est le général Umandao
02:04qui était le deuxième commandant supérieur de la gendarmerie ?
02:06Et c'était qui normalement ?
02:07C'était lui.
02:08Selon lui.
02:08D'accord.
02:09Donc quand je suis arrivé chez lui, j'ai dit, mon général j'arrive chez toi.
02:11Et donc j'arrive chez lui, et je tape Wikipédia.
02:14C'est ce que Wikipédia vous donne comme réponse.
02:17Ça donne comme réponse, Umandao, deuxième commandant supérieur de la gendarmerie.
02:20Il dit, non, c'est quand il est devenu ministre de la sécurité,
02:25que Umandao est devenu commandant supérieur.
02:26Il dit, c'est lui le deuxième.
02:27J'ai dit, tu vois mon général, si tu n'écris pas ton histoire,
02:30les autres diront autre chose de toi.
02:31D'accord.
02:32Donc Suplas m'a dit, écrivons mon livre.
02:33Donc tu vois que c'est à partir de là que le livre est né en sa présence en l
02:36'oeuvre.
02:36Le livre naît justement, et dans la préface, c'est M. Kébé Yacouba
02:40qui explique qu'il ne connaissait jusque-là que l'homme public
02:44qui était donc très réputé, autoritaire et intrépide.
02:48Mais à la lecture de votre ouvrage, M. Kébé Yacouba découvre, selon ses mots,
02:54un homme humble, généreux et proche des plus modestes.
02:58Vous qui l'avez écrit, vous qui avez recueilli toutes ses confidences,
03:02comment est-ce que vous décrirez l'homme que le grand public a connu ?
03:07Non, il faut dire que Wacina, de loin, effectivement, c'était quelqu'un de très autoritaire.
03:14Mais quand vous l'approchez, quand vous rentrez dans son intimité,
03:18vous vous rendez compte que c'était une personnalité attachante.
03:20Vraiment, il m'honorait de son amitié.
03:22Et je pense que son humilité, c'est ce qui m'a marqué.
03:26Et surtout les leçons des vues qu'il donnait.
03:28Il a donné tellement de leçons des vues que moi,
03:30chaque jour que j'allais chez lui, je tirais des enseignements.
03:32Et je me suis dit que voici vraiment une personnalité de qualité.
03:36Et il fallait absolument terminer ce ouvrage.
03:39Malheureusement, pendant que nous étions en pleine rédaction, il est décédé.
03:42Ça m'a tellement bouleversé que j'ai mis le livre de côté.
03:45Deux années, j'ai écrit un autre livre avant de revenir là-dessus cette année.
03:48D'accord. Et c'est un bel ou mal.
03:50En tout cas, c'était un homme très attachant.
03:54Une main des fêtes dans ce gare de vélo.
03:57C'est le résumé.
03:58C'était un homme attachant.
03:59Et vous avez également abordé sa vie familiale,
04:03ses habitudes alimentaires, son rapport avec l'argent,
04:06ses amitiés.
04:08Autant de détails que vous avez abordés dans cet ouvrage.
04:12Pourquoi est-ce qu'il était important de raconter tous ces détails-là
04:17concernant sa vie privée, concernant la vie privée du général ?
04:21Mais vous voyez, Wassena, au moment où j'écrivais l'œuvre, il avait 83 ans.
04:26Et je regardais le monsieur, j'étais fasciné.
04:27Il n'avait pas de ride sur le visage.
04:29Il était solide.
04:31Et je crois qu'il était parti pour vivre 20 ou 30 années en plus.
04:34Donc j'étais fasciné.
04:36Je voulais savoir comment quelqu'un pouvait être à 83 ans si solide.
04:40Donc j'ai cherché à comprendre son système alimentaire, son régime sportif.
04:46Et donc je l'ai pratiqué au quotidien.
04:47Et on peut en savoir davantage ?
04:49J'ai découvert des choses extraordinaires.
04:50C'est quoi ?
04:51Wassena, depuis les années 70, lorsqu'il est allé aux Etats-Unis,
04:56il a visité une brasserie.
04:59Et depuis ce jour, depuis 1970, il n'a plus jamais bu un seul soda.
05:03D'accord.
05:04Jamais, plus jamais.
05:06Pas de viande congélée, uniquement du poisson.
05:10Et il avait un type de poisson, le poisson rouge.
05:13D'accord.
05:13En tout cas, il y a un poisson rouge qu'il mangeait,
05:15qu'il commandait spécialement, qu'il partait recueillir au port.
05:17Il faisait tous les jours le sport à 5h du matin.
05:20Et surtout, il lisait.
05:22Il lisait.
05:23Vous voyez qu'il lisait.
05:25On s'en appelait à 7 cantines de livres dans sa chambre.
05:27Il était cultivé.
05:28Il était cultivé.
05:29Et il lisait à haute voix.
05:30Chaque soir, pour que son épouse écoute la lecture.
05:33D'accord.
05:33Donc, vraiment, c'est...
05:35Mais, tu te rends compte que Oacinan, c'était quelqu'un d'extraordinaire.
05:39Parce que sa vie était programmée.
05:43Et c'était quelqu'un qui n'était pas désordonné.
05:45On va maintenant parler du soldat et du serviteur de la nation qu'il était.
05:49Parce que le 7 août 1960, Gaston Oacinan connaît,
05:53est choisi pour descendre le drapeau français.
05:57Un geste qui est hautement symbolique dans l'histoire de notre indépendance.
06:01Alors, que représente cet épisode-là dans la construction de son identité et dans son rapport avec la nation ivoirienne
06:07?
06:08Je pense que ça, c'est un haut fait d'armes que tous les jeunes ivoiriennes devraient savoir.
06:13Vous savez que quand vous ne savez pas d'où vous venez, c'est difficile de savoir où vous allez.
06:18D'accord.
06:19Et le président n'applique pas toujours de construction de l'ivoirienne nouveau.
06:22Mais un ivoirien nouveau doit connaître son histoire.
06:24Quand vous ne connaissez pas votre histoire, c'est difficile.
06:27Aujourd'hui, j'écris pour que tous les jeunes de Côte d'Ivoire sachent qu'à l'indépendance, c'est
06:30qui s'est passé.
06:31Le 7 août 1960, qu'est-ce qui s'est passé ?
06:33C'est Oacinan qui était en Algérie.
06:36Il était au front, en train de se battre en tant que commandant d'une unité de tirailleurs sénégalais.
06:43Et donc, vous savez qu'il y avait une guerre là-bas.
06:46Et donc, il a été appelé d'urgence pour qu'il rentre à Abidjan.
06:50Et donc, il est rentré.
06:51C'est Abidjan.
06:52Il n'a même pas pris le temps de faire ses adieux à ses frères d'armes,
06:55puisqu'il pensait que c'était pour une mission express.
06:57Et il arrive à Abidjan, on dit, moi, vous allez préparer l'indépendance du bon pays.
07:00Et donc, pendant deux ou trois semaines, il a travaillé avec ceux qui étaient là.
07:06Et il a fait la retraite au flambeau.
07:08C'est la retraite au flambeau.
07:09Bon, aujourd'hui, on n'essayait pas l'indépendance comme on le faisait à l'époque.
07:11Mais c'est toute la population, à 19h, la veille de l'indépendance,
07:15qui prenait une flamme pour se promener dans les quartiers.
07:17À l'époque, il n'y avait que trois quartiers ici, en Côte d'Ivoire.
07:20À Abidjan, je veux dire, trois quartiers.
07:22Le plateau, Trècheville, Plateau et Adiamé.
07:26Il n'y en avait que trois quartiers.
07:27Donc, il a fait la retraite au flambeau de Trècheville jusqu'à Adiamé.
07:30Mais à minuit, moins de 30 minutes, il devait être sur l'esplanade de l'Assemblée nationale.
07:36Et il a été choisi parce qu'il était le plus jeune.
07:39Il avait 21, il était sous-lieutenant.
07:40Dans l'armée, celui qui fait la corvée, c'est le plus jeune.
07:44Et donc, descendre le drapeau était comme une corvée.
07:47C'était comme une corvée.
07:47C'était comme une corvée.
07:48Mais il reste dans l'histoire.
07:49Mais c'était un signe très symbolique.
07:52Voilà, descendre le drapeau, d'abord de la France.
07:56Parce que les Français, ce n'était pas évident.
07:58Les militaires français ne voulaient pas qu'un Ivoirien descende le drapeau.
08:02J'estimais que c'était comme si la France,
08:04c'était comme si la Côte d'Ivoire avait vaincu la France.
08:07Et donc, on voulait qu'un Français descende le drapeau de la France
08:11avant qu'un Ivoirien, Ouassina, monte le drapeau de la Côte d'Ivoire.
08:14Et c'est là que le commandant Sanon, il y a un quartier Sanon ici,
08:19le commandant Sanon a dit que non, la Côte d'Ivoire n'est pas encore indépendante.
08:23Donc, Ouassina est Français.
08:24Donc, étant donné qu'il est Français, il peut descendre le drapeau de son pays.
08:28Et justement, après, il va devenir Ivoirien.
08:30Ouassina, après cette descente du drapeau, a occupé de hautes responsabilités
08:36donc au sein de la Gendarmerie nationale.
08:38Là, j'ai envie de savoir comment est-ce qu'il se construit comme chef militaire ?
08:42Quelles qualités lui ont permis de s'imposer dans une institution
08:45qui est quand même aussi exigeante ?
08:48– Je pense que ça, c'est une équation personnelle.
08:52Il faut dire que très tôt, lorsque la loi Gaston Défait a été adoptée,
08:57cette loi autorisait les pays d'Afrique à envoyer des jeunes militaires
09:03en formation en Occident.
09:06Et donc, Ouassina fait partie du premier contingent qui est allé.
09:10Il était le majeur de sa promotion.
09:12Il était le seul noir sur 300 jeunes indigènes.
09:16Et donc, il a eu 18,24 de moyenne et celui qui suivait à 16 de moyenne.
09:21– D'accord.
09:21– Donc, il était majeur.
09:22– L'écart est grand quand même.
09:23– Donc, il a été demandé expressément à l'indépendance de venir.
09:26Mais quand il est rentré, le président Fouboni a regardé un peu son courant invité
09:30et il s'est rendu compte que c'était quelqu'un de valeur.
09:33Et ils l'ont nommé très tôt commandant en second de l'école de Gendarmerie.
09:37Et plus tard, 1962, lorsque le président Mouribou Keïta du Mali devait venir en Côte d'Ivoire,
09:42le président Fouboni l'a appelé à M. Kourou pour lui demander de créer la garde républicaine.
09:47À l'époque, on l'appelait la garde présidentielle et milices.
09:50Et donc, c'est lui qui a créé cette garde.
09:51– Ça vient de lui.
09:52– Voilà, c'est ça.
09:52– M. Traoré Moussa, vous consacrez également un passage important à la crise de Guébier de 1970.
10:00Alors, c'est un épisode assez douloureux pour la Côte d'Ivoire,
10:06dans lequel le rôle du général Wassena Kone a fait l'objet de différentes lectures.
10:11C'est quoi les précisions que vous pouvez apporter justement sur cette période
10:15et qu'avez-vous voulu transmettre au lecteur qui nous suit ?
10:20– Ce que je voulais transmettre, c'est la vérité, la vérité historique.
10:25– C'est quoi cette vérité ?
10:25– La vérité des faits.
10:26La vérité des faits, c'est que ce n'est pas Wassena qui a tué Kragwe Ndiabwe.
10:31Et ça, il tenait à le souligner.
10:33C'était ça, vraiment, sa grosse préoccupation.
10:35Parce qu'effectivement, en 1970, lorsque cette rébellion, cette sécession a eu lieu,
10:42Wassena a été choisi par le président Fouboni pour diriger les troupes qui partaient contre cette sécession.
10:50Au départ, c'était le commandant Touré-Roubet qui avait été nommé par le chef d'état-major.
10:53Mais le président Fouboni a demandé que ce soit Wassena qui dirige les troupes.
10:57Et donc Wassena, avant de partir, il a demandé à avoir à ses côtés un officier guébier.
11:01Et c'est là qu'on lui a affecté Ory Félix, qui est devenu plus tard chef de camp du
11:06président de la République.
11:06Donc Ory Félix et Wassena étaient dans le QG pour suivre les cartes et puis commander par radio.
11:13Mais l'unité qui a arrêté Kragbe-Niagbe dans la forêt de Bobia, en 1970, était commandée par Gueye-Roubet.
11:20D'accord.
11:21C'était commandé par Gueye-Roubet.
11:22Donc quand Gueye-Roubet l'a apporté au chef des opérations, Wassena, qu'est-ce qu'il a fait ?
11:27Il a pris Kragbe-Niagbe et ils ont fait le tour de tous les villages du guébier pour présenter à
11:32la population que la guerre est terminée.
11:33Nous l'avons arrêtée.
11:34Et après, il a fait des photos avec le monsieur et il l'a remis à la justice.
11:37Mais ce qu'on ne sait pas, enfin, on fait semblant d'oublier, c'est qu'il y a eu
11:41un procès en 1970 à Gagnoua.
11:43Au cinéma Yacouba-Sila, il y a eu un procès.
11:46L'affaire de Gueye-Roubet a été jugée.
11:48Et donc Wassena me dit, il dit, est-ce que quelqu'un qui a de la jugeote, pour quelqu'un
11:52qui va tuer quelqu'un,
11:55pourquoi le prendre pour se promener avec lui dans tous les villages, le présenter, faire des photos avec lui ?
12:01N'était-il pas facile de le supprimer en brousse ?
12:04Il dit, il ne l'a pas tué.
12:05Lui, il l'a remis à la justice.
12:07Et après, il est à la mission.
12:08Monsieur Bauré Moussa, ce que vous racontez, c'est une discussion qui a eu lieu seulement entre vous et Monsieur
12:14Wassena Koné.
12:14Personne n'a pris part à cette rencontre.
12:18On peut bien se demander ce qui prouve que c'est vrai.
12:21Ah oui, mais je ne me suis pas arrêté là.
12:23Quand Wassena a fini de parler, moi, je ne suis pas en train de faire une géographie.
12:26Je suis en train de faire une biographie.
12:27Donc quand Wassena a fini de parler, je suis allé à Fraternité Matin.
12:31Je suis allé fouiller les archives.
12:33Qu'est-ce que les journaux écrivaient à cette époque, en 1970 ?
12:36Vous avez vu, j'ai rapporté deux pages du journal Fraternité Matin vers la fin du livre.
12:40Et dans ces pages-là, il était bien écrit par Laurent Donafologo que Krabbe Ndiagoué est bel et bien entre
12:47les mains de la justice.
12:48Et cette fois, l'État ne sera pas clément avec lui.
12:52C'est écrit.
12:53Vous allez lire le livre, vous allez voir les articles de presse que j'ai rapportés.
12:56Donc je veux dire que j'ai plus le temps de vérifier ce que Wassena m'a dit avec les
13:01personnes qui sont encore là.
13:03Parce que tous ceux qui s'est passé en 1910 sont encore nombreux, qui sont encore d'Ivoire, qui sont
13:07vivants.
13:08Et donc, il a essayé de me mettre face à une logique.
13:11Il m'a dit que quelqu'un que vous allez supprimer, pourquoi le prendre pour se promener avec lui dans
13:16la ville pour le présenter ?
13:17Ce n'est pas logique, quelqu'un qui a de la jugeote, vous le supprimez en bourse et puis c
13:20'est terminé.
13:21Mais vous ne le prenez pas pour mener, faire des photos avec lui.
13:25Mais Wassena, mieux.
13:26Vous avez vu, vers la fin du livre, j'ai publié une dizaine de photos.
13:29Wassena m'a remis les photos, les photos de la tentative de sécession.
13:35En effet, on les voit à partir de la page 150-190.
13:39Oui, il y a les photos.
13:40Ça veut dire qu'il a dit, mais il a les photos.
13:42D'accord.
13:42Les photos sont là.
13:44J'aimerais qu'on se dirige à la page 83.
13:47S'il vous plaît.
13:49À la page 83, vous parlez, vous intitulez une section.
13:53Bagbo Ouassena, je t'aime, moi non plus.
13:56Je vais lire quelques phrases.
13:59La nature des relations entre le président Bagbo et le général Ouassena est difficile à cerner.
14:05Face à face, c'est la courtoisie et les échanges de bons procédés entre eux.
14:10Par exemple, quand Laurent Bagbo était président de la République et qu'il passait par la ville de Katioula,
14:16il marquait toujours une pause chez Ouassena.
14:20Par moment, le général Tuvoli Bisoubo, ex-chef d'état-major particulier du président de la République,
14:27voulait assister aux audiences, mais Laurent Bagbo insistait toujours pour que les huis clos se tiennent sans témoin.
14:33Fin de citation.
14:34Comment est-ce que vous caractérisez-vous les rapports entre ces deux personnalités au-delà de leur divergence politique ?
14:44Après réflexion, je me suis dit que Laurent Bagbo n'accablait pas particulièrement Ouassena parce que lui, il connaissait l
14:51'histoire.
14:52C'est un historien.
14:53Il a vécu 70.
14:54Laurent Bagbo sait exactement ce qui s'est passé.
14:56C'est pour cela que, sur le plan politique, les deux personnalités s'attaquaient mutuellement.
15:03Mais sur le plan humain, lorsqu'ils se retrouvaient, c'était des accolades.
15:08Et Laurent Bagbo insistait toujours pour que ces rencontres à Katioula avec Ouassena se tiennent à huis clos.
15:13Mais il y a des témoins.
15:14L'épouse de Ouassena et plein de personnes qui assistaient aux audiences.
15:18Les gens même se demandaient, mais c'est de la comédie qu'ils font ou quoi ?
15:22Et donc, moi, j'ai essayé de comprendre.
15:24Mais finalement, à un moment donné, je me suis dit que Laurent Bagbo connaissait l'histoire.
15:29Que pensait Ouassena Kone d'Alassane Ouattara ?
15:33Bon, je pense que ce qu'il pensait d'Alassane Ouattara, il a dit une semaine avant sa mort.
15:38Une semaine avant la mort d'Oassena, il a accordé une interview à Fraternité Matin.
15:43Et dans cette interview, il a dit qu'Alassane Ouattara a eu une chance pour la Côte d'Ivoire.
15:47C'est une chance qu'il ait côtoyé le président Fouboyi.
15:50Et donc, ça fait qu'il dirigeait le pays parfaitement bien.
15:55Et donc, vous pouvez trouver ça dans la Fraternité Matin du 13 août 2023.
16:04Ok.
16:06Alors, vous avez eu le privilège de recueillir...
16:09Vous voyez que j'ai fait des enquêtes et je ne me suis pas limité à raconter les choses quand
16:12même.
16:12En tout cas, félicitations pour ce travail abattu.
16:14Je disais que vous avez eu le privilège de recueillir toutes ces confidences de son vivant.
16:19Mais le décès du général en août 2023 est intervenu justement avant votre entretien sur ses choix politiques.
16:29Qu'est-ce que cette disparition a changé véritablement dans votre manière d'écrire cette biographie ?
16:36Oui, effectivement, ça m'a bouleversé moi-même parce qu'on a fini les différents chapitres sur sa vie, son
16:45parcours, son cursus, sa formation professionnelle.
16:49On a fini cet aspect-là.
16:51Et je devais maintenant lui poser des questions politiques.
16:54D'accord.
16:54C'est choix politique.
16:55Il dit, je vais à Daogoro, je reviens.
16:57Il revient, il est malade.
16:59Il dit, bon, et j'apprends le soir qu'il est décédé.
17:01Je suis dépassé.
17:02Et donc, j'ai fermé le lit, j'ai fermé l'ordinateur.
17:06Je ne voulais même plus en parler.
17:07Et c'est deux années après, j'ai dit, bon, écoute, je peux revenir.
17:13Mais ça m'a bouleversé.
17:14Et donc, je suis allé maintenant vers son épouse pour qu'elle m'explique un peu les péripéties.
17:20Elle m'a donné, j'ai expliqué tous les détails jusqu'à sa mort.
17:23Vous voyez que je raconte comme si j'étais dans la voiture, qu'il le transportait de la maison à
17:27l'hôpital.
17:28Il a ouvert l'ENA et il a laissé les bras de sa femme, la main de sa femme.
17:32En tout cas, c'est une belle euronique.
17:33Ça m'a vraiment marqué.
17:34Et donc, c'est vrai, beaucoup d'émotion que j'ai accueilli ce décès.
17:41Merci beaucoup.
17:42On a terminé cette émission.
17:44En une minute, je vais vous demander d'expliquer.
17:48Enfin, vous avez écrit pour transmettre certainement aux jeunes générations les valeurs d'amour,
17:53les valeurs, pardon, de respect, de patriotisme.
17:56Si un jeune Ivoirien qui ne connaît pas justement Gaston Ouassena connaît,
18:01qu'est-ce qu'il devait retenir sur la leçon de sa vie ?
18:05Qu'est-ce que vous pourriez dire à ce jeune Ivoirien ?
18:08J'aimerais terminer par deux leçons essentielles que Ouassena donne.
18:12Ouassena dit que les enfants que nous ne voulons pas voir pleurer aujourd'hui,
18:18ce sont ces enfants-là qui vont nous faire pleurer nous-mêmes.
18:21Je pense que c'est fort.
18:22On peut reprendre ça ?
18:23Les enfants que nous ne voulons pas voir pleurer, ce sont ces enfants-là qui vont nous faire pleurer nous
18:28-mêmes.
18:28D'accord, pour parler d'éducation ferme.
18:29Ça veut dire qu'il faut éduquer de façon ferme, il faut être rigoureux dans l'éducation.
18:33Il dit également que la vie est comme la croix du Christ.
18:36Il y a des relations horizontales et des relations verticales.
18:40Il faut dire que c'est un fervent catholique aussi.
18:42C'est un fervent catholique, effectivement.
18:43Il dit donc que dans la relation horizontale qui concerne les amis, les époux, les frères, les cousins, les tantes,
18:52les neveux, les nièces, tout ce que vous voulez,
18:53même les patrons, c'est la relation horizontale.
18:56Dans cette relation, on n'a pas d'obligation de résultat.
18:59Si quelqu'un vous empêche d'évoluer, vous le contournez pour avancer ou le dégager.
19:03Mais dans la relation verticale, père, mère, enfant, vous avez une obligation de résultat.
19:08Votre enfant n'étudie pas, vous êtes obligé de le redresser.
19:12Votre père est malade, votre mère est malade, vous êtes obligé de la soigner.
19:14Vous avez une obligation de résultat dans la relation verticale.
19:18Donc, si vous considérez votre vie selon ce modèle, je pense qu'il n'y a pas de raison d
19:21'échouer.
19:21Traoré Moussa, merci d'avoir répondu à toutes nos questions.
19:24Je tiens à rappeler que vous êtes l'auteur de cet ouvrage intitulé Général Gaston Ouassénan-Coné,
19:30l'homme qui a descendu le drapeau de la France.
19:33Merci encore d'avoir été sur ce plateau.
19:35Mesdames et messieurs, au terme de cet échange,
19:38il y a une certitude, celle que Gaston Ouassénan-Coné ne se résume pas à un uniforme,
19:44à une fonction ou encore à une époque.
19:46Il fut aussi un père, un homme de conviction, un écrivain,
19:50mais également un acteur de l'histoire ivoirienne.
19:54Merci de nous avoir suivis.
19:55Cette émission prend ici fin.
19:56À très bientôt.
19:57Sous-titrage Société Radio-Canada
20:01Sous-titrage Société Radio-Canada

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