00:00Allez, notre chiffre, chaque jeudi, un chiffre marquant va revenir au marché obligataire.
00:04C'est Sébastien Barthélémy qui va nous livrer son chiffre.
00:06Bonjour Sébastien, responsable de la recherche crédit qui est plaire chevreux.
00:10Votre chiffre aujourd'hui, 140 points de base. De quoi s'agit-il Sébastien ?
00:13C'est un chiffre dont on parle beaucoup.
00:15C'est évidemment le spread entre l'EAT française et le Bund allemand à 10 ans.
00:19On était autour des 140 points de base à 10 ans ce matin.
00:23Ça fait une EAT autour des 4,90 contre 3,50 pour le Bund.
00:27Ça se détend, ça se retend.
00:30On n'est pas très loin des proches des niveaux de 160 points de base observés il y a quelques
00:36temps.
00:37Ça reste quand même extrêmement élevé.
00:40Est-ce que la contagion peut toucher le crédit corporate ?
00:45Oui, effectivement. Par rapport à il y a quelques semaines, il y a eu un changement.
00:50La hausse du coût de financement n'est plus uniquement une histoire de tout.
00:54J'avais parlé à l'antenne de la problématique hausse des taux et écartement des spreads.
00:58Et là, on voit qu'en plus de la hausse des taux souverains, les primes de crédit commencent également à
01:04monter,
01:04surtout pour les signatures les plus risquées.
01:06On le constate directement.
01:08Et comment on le constate ?
01:09On regarde les obligations corporate et on regarde le spread.
01:11Et sur l'investment grade européen hors financière, l'écartement est contenu.
01:16Mais si on va sur la partie high yield, donc la partie la moins bien notée hors financière,
01:20ce mouvement est beaucoup plus important.
01:22Pour vous donner une idée, on est passé sur un indice Bloomberg high yield européen
01:26de 279 points de base à 340 points de base.
01:30Ça fait plus 60 points de base sur la même période.
01:33Et évidemment, ça a un impact sur le rendement.
01:35Le rendement maintenant sur du high yield, il est de 6,5% contre 4,8% en début d
01:42'année.
01:43– Alors cette situation, est-ce qu'elle commence à fermer le marché du refinancement aux entreprises ?
01:47– Alors il n'est pas fermé, mais clairement il est plus difficile.
01:51C'est probablement le changement le plus important par rapport aux présents de semaine.
01:55Quand on regarde le marché du crédit, pour cette semaine, on s'attend à moins de 40 milliards d'euros
01:59d'émissions.
02:00Et selon un sondage Bloomberg, près de 20% des participants interrogés n'anticipent que 20 ou 25 milliards.
02:07Lundi, on a eu moins de 2,3 milliards d'euros.
02:11Et les banques qui émettent pour le compte des entreprises des obligations
02:16commencent à signaler que les primes des nouvelles émissions sont plus élevées
02:20et que les investisseurs sont beaucoup plus sensibles au prix.
02:22Et autre signal qui est totalement inhabituel, c'est que mercredi,
02:25deux émissions de Sovereign ont terminé avec des carnets d'ordre inférieurs au montant proposé,
02:31ce qui ne s'était produit qu'une seule autre fois cette année.
02:34Donc le message, il évolue.
02:35Il y a encore quelques semaines, on pouvait dire le problème, c'est le prix, pas l'accès au financement.
02:39Aujourd'hui, le prix reste le premier problème, mais l'accès devient plus sélectif.
02:43Pendant que, malgré tout, certaines entreprises françaises continuent quand même à très bien se financer.
02:47Alors oui, effectivement, mais les émetteurs de bonne qualité.
02:51On a un exemple qui est arrivé mercredi, c'est Air Liquide, c'est vraiment le meilleur exemple.
02:55Je rappelle que Air Liquide, tout le monde connaît la signature,
02:58c'est un émetteur qui est noté en catégorie simple A.
03:00Donc une très bonne notation.
03:01Il a émis cette semaine 2 milliards d'euros en trois tranches.
03:03Il a reçu, pour 2 milliards d'euros, plus de 12,5 milliards d'euros de demande.
03:08Soit plus de 6 fois le montant proposé.
03:10Mais surtout, Air Liquide a réussi à emprunter un rendement inférieur à celui de l'État français
03:15sur des maturités comparables.
03:17Donc c'est très révélateur.
03:18Le marché ne met pas tous les émetteurs français dans le même panier.
03:22Un groupe mondial très diversifié, bien noté, avec un bilan solide,
03:25peut continuer à attirer énormément de demandes, malgré l'attention sur l'OAT.
03:29Et à l'inverse, oui.
03:31Allez-y, allez-y, ça va se faire, allez-y.
03:32Non, à l'inverse, effectivement, le marché sanctionne.
03:35Les entreprises plus risquées, plus endettées, plus domestiques,
03:38on va parler du risque français,
03:40donc high yield ou ayant des besoins de refinancement importants à court terme.
03:44Voilà, conclusion.
03:46Tension souveraine qui commence à se transmettre dans le credit corporate,
03:49mais de façon encore différenciée.
03:50Sur l'investment de joyeux, la qualité, on le voit,
03:52l'écartement d'esprit de reste relèvement continu.
03:54Ça commence à se tendre sur le high yield.
03:56On a parlé de son point de base d'élargissement depuis le mi-septembre.
03:59Marché primaire reste ouvert, plus exigeant sur le prix et la qualité créée.
04:03Oui, et ce qui est frappant, c'est que les entreprises en bonne santé
04:05et relativement internationales, vraiment, ont aucun problème à se financer,
04:08au point que c'est Bloomberg qui nous donne ce chiffre.
04:1038% des entreprises françaises, investment grade,
04:1338% se refinancent à des taux inférieurs à ceux de l'État.
04:16Ça, c'est quand même incroyable.
04:16C'est-à-dire que 38% des boîtes,
04:18le marché leur fait plus confiance qu'à l'État pour les rembourser.
04:21C'est quand même impressionnant ce qui est en train de se passer.
04:23Merci beaucoup Sébastien de nous avoir accompagné.
04:25Sébastien Martellemi pour Kepler Chevreux.
04:26Merci Sabrina.
04:27Merci Guillaume Frère.