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  • il y a 3 semaines
Arnaud Montebourg déménagé chez Habitat et le mélange des genres de Nicolas Sarkozy sur le Front national ont donné du grain à moudre à Maurice Ulrich, journaliste à l'Humanité. Photos AFP. Réalisation : Abrahim Saravaki

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Transcription
00:00...
00:06Bon, disons-le, les jours que nous vivons ne sont pas très drôles.
00:10Donc, après tout, on va en profiter pour se moquer un peu.
00:15Voilà, il y a une dépêche qui est arrivée tout à l'heure sur l'AFP
00:17pour nous apprendre que Arnaud Bonnebourg,
00:21donc notre ancien ministre de l'Industrie, je crois,
00:24notre ancien ministre de l'Industrie, qui vantait le Made in France,
00:26d'ailleurs, vous vous souvenez, avec une belle photo en marinière
00:29à la une de, je ne sais plus quelle hebdomadaire,
00:32et donc, Arnaud Bonnebourg vient d'être nommé responsable
00:37de l'innovation du groupe Habitat.
00:40Sacrée responsabilité quand on a été ministre et un homme politique
00:43de premier plan, candidat d'ailleurs à la primaire du PS
00:46pour l'élection présidentielle.
00:48Mais enfin, bon, après tout, il faut bien qu'il travaille,
00:50il a toujours eu envie, dit-il, de connaître l'entreprise.
00:52Je veux dire que ça aurait été très bien aussi qu'il la connaisse un peu
00:55avant de devenir ministre de la production industrielle,
00:57ça aurait pu aider.
00:59Mais, donc, il est content parce que, dit-il,
01:02Habitat est une marque capable de porter haut les couleurs du Made in France.
01:07Donc, au fond, il va continuer sa tâche,
01:09sa lutte infatigable pour le Made in France.
01:13Alors, évidemment, si ça ne marche pas,
01:14qu'il n'est pas à la hauteur de ce qu'on attend chez lui,
01:17de lui chez Habitat, parce que, vous savez,
01:19dans les grands groupes industriels, on attend que les gens,
01:21ils travaillent beaucoup, qu'ils fassent des efforts.
01:23Alors, si ça ne marche pas, il pourra toujours essayer de,
01:26comment dirais-je, promouvoir le Made in France
01:28en se faisant boulanger, en vendant des baguettes de pain
01:30ou en vendant des bérets basques.
01:32Ça aussi, ça fait très français.
01:34Donc, voilà un programme pour Arnaud Montebourg.
01:36En revanche, s'il fait des progrès, si ça marche bien,
01:39s'il reprend pied dans la vie politique,
01:42il pourra toujours être ministre, je ne sais pas,
01:45de l'ameublement ou du...
01:56Mais qu'est-ce qui arrive à nos confrères ?
02:00Depuis longtemps, mais en particulier depuis une semaine,
02:03on n'entend plus que ça.
02:04Le Front National, le Front National, le Front National,
02:06partout.
02:07Ça, sans s'expliquer aucunement sur son programme,
02:10sur ce qu'il propose réellement.
02:11En revanche, une page entière dans Le Parisien dimanche dernier,
02:16trois quarts de page sur Marion Maréchal-Le Pen
02:18dans le journal du dimanche,
02:19la une de l'Express sur la même,
02:21avec huit pages à l'intérieur de dossiers
02:23sur cette jeune femme qu'on présente
02:26comme l'effrontée nationale.
02:28Alors voilà, on est loin du débat qui serait nécessaire
02:31sur quelles sont les positions des uns et des autres.
02:36Et on va entendre mardi, lundi,
02:40lundi prochain, on va entendre des cris.
02:42Le Front National, le Front National, mon Dieu,
02:44le Front National qui ne cesse pas de monter.
02:46Mais j'oserais dire, comme le disait,
02:49allez, on va citer Jacques Lacan,
02:50qu'au fond, tous nos collègues ne feront que trouver
02:54le lapin qu'ils ont mis eux-mêmes dans le chapeau.
02:57Alors, il y a aussi une autre dimension de cette affaire,
03:00c'est que ça fait très bien dans les dîners en ville,
03:02vous savez, quand entre gens, bien entre soi,
03:06on parle du populisme, des extrêmes.
03:08Donc, le programme du Front National
03:10serait sensiblement le même que celui du Front de Gauche.
03:13C'est évidemment une crapullerie.
03:15Jamais, aucune extrême droite,
03:16où que ce soit, n'a épousé,
03:19tenté de répondre aux attentes populaires,
03:21n'a épousé la moindre politique sociale.
03:24Bien sûr, dans les mots, ils l'ont fait.
03:26Ça a même souvent été une des raisons
03:28de leur accession au pouvoir.
03:29Mais après, qu'est-ce qui s'est passé ?
03:31L'histoire, nous le monde.
03:32Donc, arrêtons avec ça.
03:34Mais lui, Nicolas Sarkozy, n'arrête pas avec ça.
03:36Et ça va même plus loin,
03:37puisque comme le programme du Front de Gauche,
03:39au fond, serait assez proche de celui de Syriza,
03:42et que le programme du FN, c'est celui du Front de Gauche,
03:44c'est donc aussi le programme de Syriza,
03:46d'après Nicolas Sarkozy.
03:48Et au fond, il a peur,
03:50parce qu'il ne veut pas
03:51qu'avec la montée du Front National,
03:53il arrive à la France,
03:55ce qui arrive à la Grèce.
03:57Le tour de passe-passe est quand même extraordinaire.
03:59Mais il y a une autre question
04:01qu'aurait pu lui poser Gilles Boulot,
04:02l'autre soir, à TF1,
04:03quand Nicolas Sarkozy disait ça.
04:05Mais qu'est-ce qui arrive à la Grèce,
04:07M. Sarkozy ?
04:08Est-ce qu'il arrive à la Grèce
04:09depuis l'arrivée au pouvoir de Syriza ?
04:12Est-ce qu'il arrive qu'un gouvernement de droite
04:13organise la chasse aux immigrés
04:15de façon criminelle,
04:16comme a pu le faire Aux-Doré ?
04:17Est-ce qu'il arrive qu'il y a un nouveau plan de la Troïka,
04:20un nouveau plan d'austérité,
04:21qui soit appliqué sans aucune discussion
04:23par les autorités grecques ?
04:25Est-ce qu'ils vont vers la fermeture totale,
04:27vers la sortie de l'euro ?
04:28Pas du tout.
04:30Donc, au fond,
04:31ce qui embête Nicolas Sarkozy en Grèce,
04:34c'est tout simplement qu'il y ait un gouvernement de gauche
04:37déterminé à en finir avec l'austérité,
04:39qu'il soit venu au pouvoir.
04:40Au fond, c'est la question qui ne lui a pas été posée,
04:42mais on aurait bien aimé entendre la réponse.

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