00:00Décembre 2010, François Fillon, Premier ministre de l'époque, et le président russe Vladimir Poutine assistent à la signature du
00:08contrat qui lie l'entreprise française d'acier moulé Sambre et Meuse au consortium russe UVZ.
00:15Commande et investissement à la clé.
00:18Le 18 mars 2015, le tribunal d'Avene prononce la liquidation de Sambre et Meuse.
00:23La lutte s'organise dans cette entreprise fleuron de l'industrie ferroviaire du Nord.
00:28Les salariés et leurs syndicats CGT et FO décident d'occuper les locaux jour et nuit.
00:34Ils devaient partir en homologation.
00:35Les salariés manifesteront ce jeudi à Paris.
00:38Deuxième génération qu'on devait faire pour envoyer là-bas en Russie.
00:43Il n'y avait aucune usine là-bas qui savait les faire.
00:47L'SNCF russe, ils venaient réceptionner les pièces ici.
00:50Tout ce qui est tête d'attelage, c'était brevets sans bremeuse, tout ce qui est plaque d'égout, brevets
00:56sans bremeuse, et tout brevets sans bremeuse, tout est parti.
00:59On avait un savoir-faire ici nous.
01:00Moi ça fait 25 ans que je suis ici.
01:02Mon père il a fait 40 ans et j'ai mon fils qui, ça faisait 5 ans qu'il était
01:06ici.
01:07Trois générations.
01:10Il y a eu plus de 3 millions d'investissements.
01:13Lui s'il y a un repreneur, on n'a qu'à appuyer sur le bouton, tout le monde a
01:15reparti.
01:17Ça c'est opérationnel, c'est prêt à repartir.
01:20On n'a pas touché à l'outil de travail.
01:22L'outil de travail il est là, on n'attend qu'une chose, c'est qu'on la remette en
01:25route.
01:25La tête d'un clinge, ça c'était pour bombarder.
01:29Les montants de cabine, c'était pour eux.
01:31Mais les Russes, ils privilégient que leurs pièces.
01:35Il y a 20% qui ont travaillé pour les autres clients, c'est ça qui a pu y éterner
01:38de perte.
01:40Il n'y a personne qui bouge, c'est pour ça que je ne comprends pas.
01:43Ici, pendant la guerre, c'était une usine d'armement aussi.
01:47Elle était protégée, l'usine.
01:50Maintenant, on est à l'abandon, il n'y a personne pour nous aider.
01:53Soit disant que le dossier est monté à Paris, mais bon, c'est pénible.
01:56Très pénible, surtout à les barbares, mal payé.
01:59Pour ce qu'on fait, c'était mal payé.
02:01En moyenne, entre 1 300-1 400, les gens ils faisaient.
02:06Ils ont trouvé comme excuse la guerre contre l'Ukraine.
02:10L'embargo, tout ça, mais moi j'ai du mal à croire.
02:12Parce qu'avec nous, on avait un gros chantier, un gros...
02:15On avait quasiment 10 ans de travail pour ça.
02:18Et du jour au lendemain, il ne peut rien.
02:19750 euros.
02:21750 euros pour aller travailler en vacances ?
02:22Oui, en plus on avait un billet, mais on avait un billet pour l'aller, pas le retour.
02:27Ce n'est pas des blagues, hein ?
02:30Il y a une grande manif, je dis, la journée de mobilisation.
02:33On y va.
02:34Montrer qu'on est mécontents.
02:35Et montrer au gouvernement qu'on est toujours là et qu'on veut que ça tourne.
02:41Vous voyez vous-même, vous avez le chantier avec la remette en route.
02:43Les politiques, ils ne bougent pas.
02:45L'investissement, on l'est ici.
02:48Bien sûr, c'est un étranger qui l'a fait, mais bon, ça reste à nous maintenant.
02:52Voilà.
02:53Je n'ai pas connu le chômage, madame.
02:55Je vais avoir 50 ans, je n'ai jamais été au chômage, donc c'est très dur.
02:59Et Olivier, je crois que c'est pareil aussi à Olivier.
03:01Pareil, 46 ans.
03:02Pascal, pareil.
03:02On est rentré en même temps.
03:04Moi, j'ai 26 ans de boîte.
03:06On a quasiment tous 25 ans de boîte.
03:08Oui, oui, 25 ans.
03:09Et pour nos enfants, c'est nos enfants aussi derrière.
03:12Il n'y a pas que nous.
03:12Oui, il n'y a pas que nous.
03:14Après, il y a nos enfants.
03:14Moi, j'ai trois enfants.
03:16Comme je vous dis, mon fils, il a fait 5 ans ici.
03:21Vous pensez que le politique, il a le pouvoir d'agir dans votre cas, par exemple ?
03:25Dans notre cas ici, à Saint-Germain, je crois que oui.
03:27Je crois que oui, parce que c'est une des dernières usines d'acier moulé qu'il y a en
03:31France.
03:32Et on fait beaucoup de ferroviaire.
03:33Donc je crois que le gouvernement, il pourrait regarder tout ça.
03:38Le ferroviaire, c'est des sigles, même Pascal a connu ça.
03:40C'est à peu près tous les 10-15 ans, ils renouvelent le parc.
03:47Donc moi, je suis certain qu'on pourrait...
03:49On avait beaucoup, pour les Africains à faire tout ça, pour les Andiens,
03:54il y avait un gros marché à prendre par là.
03:57Maintenant, il y en a qui ont décidé autrement.
03:59Mais je vous dis, il y avait une commande de 6 mois de ferroviaire à faire.
04:05Quand on a mis ça dans le journal La Voix du Nord, en Algérie, tout ça.
04:08On avait des contrats pour 6 mois.
04:10Pourquoi qu'on les a mis dans l'armoire et puis qu'on n'a pas...
04:14On a été sauvés 6 mois.
04:15On a une entreprise qui est liquidée.
04:17Il n'y a pas que celle-là, y compris les redressements.
04:22Il y en a des centaines aujourd'hui dans le pays.
04:25Il y a des liquidations pareilles.
04:27On est dans une situation aujourd'hui où on a une entreprise qui est en lutte,
04:32parce que leur particularité quand même, c'est de tenir l'outil pour pouvoir continuer de le pérenniser,
04:38d'exiger du gouvernement qu'il ait une stratégie industrielle,
04:41parce que là, on rentre dans cette idée qu'il faut avoir une stratégie industrielle
04:46pour maintenir les outils de production industrielles.
04:50Or, stratégie industrielle au niveau de l'État, il n'y en a pas.
04:53Donc cette lutte-là, elle s'inscrit directement dans le maintien de l'industrie.
04:58Et la Fédération de la métallurgie, notamment, appelle justement au maintien
05:02et au développement de l'industrie dans le cadre du neuf.
05:05Il n'y a pas que cette revendication-là, mais il y a aussi cette revendication-là.
05:08Et je pense que les Sors-Bremas seront à même de représenter cette revendication au mieux, le neuf.
05:15On n'a pas que celle-là, non.
05:17On a aussi Forges de Freyne, qui sont aussi une entreprise du ferroviaire.
05:21C'est Vendor, aujourd'hui, c'est une entreprise qui, entre guillemets,
05:26est un peu plus pérenne parce qu'il y a un projet.
05:28Mais enfin, on a des effectifs qui diminuent.
05:31Et c'est quand même la première fois dans l'histoire industrielle.
05:34En tout cas, personne n'a connu ça.
05:36Ou on a des projets, mais c'est pareil ici à MCA.
05:39C'est pareil à Toyota, pour ne prendre que l'auto.
05:42On a des projets véhicules et on ne pérennise pas l'emploi.
05:46Donc on continue de garder productivité, compétitivité,
05:50qui fait qu'aujourd'hui, on a des entreprises qui, y compris dans le meilleur des cas,
05:55on va dire, continuent de faire baisser ses effectifs.
05:59Et donc on perd de l'emploi.
06:01Autour de l'année, il y a eu un processus en amont.
06:03Et maintenant, évidemment, la loi Macron qui vient donner un coup de rabot supplémentaire.
06:10On a déjà demandé une surprime.
06:12Voilà, une surprime.
06:13De 20 000 euros par tête.
06:15Voilà.
06:16Et on s'en va ?
06:17On s'en va, on laisse l'usine.
06:18Et puis voilà, s'il y a un problème, il n'y a rien, il n'y a rien de
06:20souci.
06:2020 000 euros, c'est rien.
06:22On ne montre pas...
06:22C'est un long salaire, même pas.
06:2420 000 euros, ça représente quoi ?
06:25Ça représente les 5 millions d'euros.
06:275 millions d'euros, oui.
06:28Pour 261 salaires, voilà.
06:30C'est tout ce qu'on demande.
06:31Ah, lâché, on ne lâchera pas.
06:32Non, non, je ne crois pas.
06:33Moi, personnellement, je ne le ferai pas.
06:35Et il n'y a pas que moi qui ne lâchera pas.
06:37Et puis, il y a ça, j'étais derrière vous.
06:38Voilà.
06:39C'est le 1er accord de compétitivité signé en France dans un grand euro, juste avant l'année.
06:43Y compris, pour écrire à la Nice, ils se sont appuyés sur l'accord de compétitivité de Cévenna,
06:48où il y avait eu un chantage infâme de la direction.
06:52Mais depuis, on en a connu d'autres, puisque c'est autour de ce genre de chantage que tout
06:59s'est négocié.
06:59On a des grosses inquiétudes aussi dans la CIDÉ, avec Valorec, notamment, ici à Sassol,
07:04mais c'est à Sassol, où la direction dit, on a une usine petit hum en trop en Europe,
07:11et il n'y en a que deux.
07:12Il y en a Fulem, en Allemagne, et une à Sassol, donc on craint aussi là.
07:17La direction française de Sambre-et-Meuse a fui.
07:20Dans le bureau du PDG Francis Pauzasse, un agenda 2015 vide reste.
07:26Ce PDG vient de se porter repreneur d'une usine fabricante de pièces d'acier à fumelle
07:31en Aquitaine, qui a elle-même bénéficié d'investissements russes.
07:35Le tribunal de commerce a offert à ce PDG un avenir assuré.
07:42Comparer la belle cuisine des dirigeants et le réfectoire non chauffé des ouvriers en
07:47dillons.
07:51Une entreprise douaisienne, Arbel Fauveraille, serait prête à reprendre une partie des activités
07:57de Sambre-et-Meuse à suivre.
08:00Pour la manif de...
08:02Derrière, derrière.
08:03C'est parti.
08:04T'es où, t'es à-t'où ?
08:05T'es à-t'où ?
08:06T'es à-t'où ?
08:06T'es à-t'où ?
08:07T'es à-t'où ?
08:07Tu vas !
08:08T'es à-t'où ?
08:10T'es à-t'où ?
08:12Merci.