- il y a 9 minutes
Le ministère de l'Intérieur fait état de 71.500 personnes dans les cortèges et manifestations statiques en France aujourd'hui, dont 24.500 à Paris. "On estime que 55.000 personnes ont participé à des actions devant des établissements scolaires, une partie seulement ayant rejoint les manifestations", précise le ministère.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:02On vient tout juste d'assister à une Marseillaise qui vient d'être entonné ici par plusieurs dizaines, centaines de
00:08manifestants
00:09qui font face, comme vous voyez sur ces images, à plusieurs dizaines de camions de CRS.
00:14Il y a également au centre de ces camions un camion équipé de canons à eau qui pour l'heure
00:18n'en a pas fait usage depuis au moins une quarantaine de minutes.
00:22En tout cas ici sur ce secteur il n'en a pas fait usage.
00:24Et donc ce qui s'est passé et ce qui se passe actuellement c'est que cette place de la
00:27Bastille a totalement été vidée de ces manifestants.
00:31La place de la Bastille qui est désormais occupée par tous ces dizaines de camions de CRS.
00:36Ils ont commencé à avancer de l'autre côté de cette place, du côté de l'avenue de Beaumarché.
00:41Ils ont donc avancé au fur et à mesure des minutes.
00:44Et donc face à eux ici les manifestants ne veulent pas partir.
00:48Forcément ils ont dû quitter cette place face aux différentes charges des forces de l'ordre.
00:52Ils ont tenté de répliquer avec des projectiles.
00:55Et là regardez, ils sont parfois assis, parfois debout.
00:59Entonnent des slogans pour justement continuer d'assiéger ici cette rue de Paris.
01:05Avec donc pour l'instant une situation qui reste figée.
01:09Et pourquoi on se situe du côté de la rue de Paris ?
01:12Et bien parce que c'est la seule qui est pour le moment laissée libre par les forces de l
01:16'ordre.
01:16Ils veulent justement que les manifestants évacuent par cette route.
01:20Voilà ce qui se passe actuellement. Une situation un petit peu figée avec ce face à face entre les camions
01:26de CRS.
01:27Des forces de l'ordre aussi au sol et en face d'eux donc des manifestants qui veulent rester ici
01:33aux alentours de la place de la Bastille.
01:35Et ici plus précisément sur cette rue de Paris.
01:39Effectivement, bonsoir à tous et bienvenue à vous.
01:41Comme vous le voyez, situation de dispersion qui était très tendue il y a encore quelques instants.
01:46Place de la Bastille à Paris.
01:48Une concentration, on l'a vu sur nos écrans, de casseurs et d'hémetiers.
01:53Face aux forces de l'ordre, des projectiles ont été lancés.
01:55Des chaises, des jardinières sur les CRS.
01:57C'est les policiers qui ont répliqué par des gaz lacrymogènes et l'utilisation de canons à eau pour repousser
02:03la foule alors que la manifestation avait plutôt bien démarré.
02:07Il faut le souligner.
02:09Et puis des individus cagoulés, masqués, tout vêtus de noir avec souvent du mobilier urbain.
02:14Des casseurs professionnels s'en sont pris aux forces de l'ordre qui essayent et qui sont en train de
02:19parvenir de faire repartir, de diriger de nouveau la foule vers Nation via la rue de Lyon.
02:26Et il s'agit de désengorger, comme vous le voyez, la place.
02:28On a vu plusieurs charges ou plusieurs bons offensifs.
02:32Et puis l'utilisation, là, c'est manifeste de ces canons à eau.
02:36Certainement pour remplacer également les grenades assourdissantes.
02:40Et plus largement, la bataille politique se durcit également.
02:42Jean-Luc Mélenchon a affirmé que la Bastille a été reprise.
02:46Référence clairement révolutionnaire.
02:49La politique, les tensions, la suite également.
02:52Quelle solution politique ? On en parle avec nos invités ce soir.
02:55Merci d'être là.
02:57Maître Randall Schwerdorfer, bonsoir.
02:59Vous êtes avocat pénaliste.
03:01Nous sommes avec Dominique Rizet, bien sûr, notre consultant en police-justice.
03:04Bonsoir à vous.
03:05Baptiste Gélie nous accompagne.
03:06Bonsoir.
03:07Vous êtes délégué national de l'Uni.
03:09Avec vous, alors, face à vous, vous n'avez pas la même vision de ce qui se passe et de
03:14ce qui est à venir.
03:15Marius Mélenchon, bonsoir.
03:16Bonsoir.
03:16Vous êtes co-secrétaire général de l'Union syndicale des lycéens.
03:20Et je salue la présence de Laurent Joffrin, directeur de Libre Journal.
03:23Bonsoir.
03:24Bonsoir à vous.
03:25Une première question.
03:26Je n'y comprends plus rien, Dominique Rizet.
03:28Une première question sur la gestion du maintien de l'ordre.
03:32Quelle consigne ?
03:33On s'est quitté hier en disant retenue et fermeté.
03:37Là, très clairement, alors qu'il y a eu des cortèges fournis, il faut le dire, dans différentes villes, il
03:42y a eu des cortèges fournis à Nantes, à Lille, à Strasbourg.
03:45Même s'il y a eu des tensions, ça s'est quand même globalement bien passé.
03:48Là, on voit bien qu'à la fin de cette manifestation, ce sont des casseurs professionnels.
03:53Là, le contact est presque évident, je veux dire.
03:57D'abord, il y a une doctrine.
03:58Il y a un ministre de l'Intérieur qui donne une position politique du maintien de l'ordre.
04:05Et sa position politique du maintien de l'ordre, c'est proportionnalité dans la riposte.
04:12Ensuite, sur le terrain, il y a des commissaires de police.
04:16À Paris, il y a une salle de commandement avec un préfet de police qui observe les caméras de la
04:20ville de Paris.
04:20Il y a des commissaires de police, des OPC, la Direction de l'ordre public et de la circulation,
04:26qui dirigent, sur certains quartiers, certaines unités des forces de l'ordre et des policiers et des gendarmes
04:33et qui disent, à cet endroit-là, on va faire ça, on va utiliser tel matériel.
04:37Et ainsi de suite, jusqu'à Lens, où un gamin de 15 ans a eu la main arrachée,
04:42où les ustensiles à la disposition des policiers, en l'occurrence, l'unité qui était là-bas,
04:48c'était une compagnie de CRS, la CRS 61, qui est basée à Vélizy, qui avait été envoyée à Lens.
04:54Donc, il y a un officier qui dit, on utilise tel type de matériel.
04:58Il y a quatre types de matériel.
05:00Dans les grenades, les policiers ne lancent pas des gaz lacrymogènes,
05:04ils lancent des grenades lacrymogènes.
05:06C'est le contenant.
05:07D'accord ? C'est un objet.
05:08Dans l'objet, dans le contenant, il y a du lacrymogène, du fumigène,
05:13ou alors la grenade de désencerclement, ou alors la grenade assourdissante,
05:16qui s'appelle la grenade Condor, qui a été lancée à Lens,
05:19qui n'aurait... C'est mon point de vue.
05:21Ça ne regarde que moi, ça n'engage que moi,
05:23jamais dû être lancé à cet endroit,
05:27parce que ce sont des grenades qui sont utilisées quand les forces de l'ordre
05:31sont encerclées par des black blocs,
05:33et que dix policiers sont coincés par des black blocs,
05:37on lance une grenade assourdissante par Lens.
05:40Simplement, on va aller sur le terrain, si je puis dire, à Bastille.
05:44On a vu, il y a quelques instants, des images de jet de bouteille.
05:47Tout à l'heure, nous avions vu des images de jet depuis les toits,
05:52debout de cheminée, sur les forces de l'ordre.
05:56Sur le terrain, on passe d'une situation d'un calme relatif, très précaire,
06:00à une situation extrêmement tendue.
06:02Il est clair qu'une grande partie des manifestants est partie,
06:04mais que restent ces casseurs professionnels.
06:09Oui, là, en fait, on est au niveau de la...
06:12Enfin, on était dans la rue de Lyon,
06:14et en réalité, là, les derniers groupes, effectivement,
06:16qui représentent une minorité des personnes
06:17qui étaient présentes dans cette manifestation,
06:20se dirigent, en fait, en direction de la gare de Lyon,
06:24et il y a des heures assez incessants avec la police.
06:29jet de projectiles, jet de bouteilles en verre,
06:31suivi de grenades lacrymogènes qui sont lancées
06:35au moment où je vous parle.
06:37Et les... Voilà, là, c'est la Bravem
06:41qui est en train de charger...
06:42Viens, viens !
06:47Excusez-moi, donc je vous disais la Bravem qui est ici dans cette rue
06:51et qui a commencé sa charge vers les personnes qui sont présentes ici.
06:55Pour vous expliquer un peu, évidemment, les personnes qui sont encore là
07:00sont des personnes qui souhaitent en découdre, vraisemblablement,
07:04avec les forces de l'ordre, parce qu'il y a...
07:05Voilà, encore un nouveau jet de grenade lacrymogène.
07:08parce qu'il y a des jets de projectiles.
07:10Il y a aussi des gens qui restent là, qui suivent le mouvement
07:13et qui ne font rien de spécifique.
07:15Et puis, on a aussi vu des personnes, en fait,
07:18qui ne savaient pas comment rentrer chez elles
07:20parce qu'elles ne pouvaient sortir par aucun accès
07:23et qu'à l'endroit où on leur disait d'aller,
07:25elles se retrouvaient dans des heures entre les forces de l'ordre
07:28et les dernières personnes restantes.
07:30Voilà donc pour la situation qui est tendue
07:34entre les dernières personnes qui sont encore dans cette rue de Lyon
07:39et qui, donc, s'affrontent ici avec les forces de l'ordre.
07:43Et vous qui nous regardez, vous vous rendez compte
07:45de la difficulté de la situation ?
07:47Parce qu'il faut bien se rendre compte
07:48qu'une fois, les manifestants partis.
07:50Et c'est vrai que cela a été difficile
07:51pour ceux qui connaissent les environnements
07:53et la place de la Bastille qui a été malgré tout encerclée.
07:56Il ne restait pas beaucoup de rues adjacentes pour sortir.
08:00Mais aujourd'hui, à cette heure-ci,
08:02plus de deux ou trois heures après les premières arrivées de manifestants,
08:06eh bien, les forces de l'ordre sont face à des groupes
08:08qui sont extrêmement organisés,
08:10qui communiquent entre eux sur les différentes boucles
08:12pour dire qu'il faut aller là, il faut éviter telle zone,
08:15il faut se retrouver, pour certains,
08:17on a vu cette image sur les toits,
08:19on les a vus aussi à des fenêtres de bâtiments,
08:23tout simplement pour arracher les jardinières.
08:25Bon, là, il faut bien le dire,
08:27le mot de retenue qui a été prononcé hier de proportionnalité
08:31est compliqué à mettre en œuvre.
08:32C'est ce que je vous disais tout à l'heure,
08:33je vous parlais des moyens qu'utilisent les policiers
08:36dans les manifestations.
08:38Il y a les moyens qu'utilisent les casseurs
08:40dans les manifestations,
08:42je dis bien les casseurs,
08:43pas les lycéens, ça n'a rien à voir,
08:45qui sont des ultras,
08:47qui sont des spécialistes,
08:49des professionnels du désordre dans les manifs,
08:51qui viennent perturber des manifs,
08:55souvent à la fin de la manif,
08:56ou qui s'installaient,
08:56on l'a vu dans les manifestations,
08:58des gilets jaunes à l'avant,
08:59et qui affrontent les forces de l'ordre,
09:03sont souvent des black blocs.
09:05Alors, le black bloc, c'est un terme,
09:06vous savez, c'est pas...
09:08Ce sont des gens qui vont arriver dans la manif,
09:11qui vont s'habiller en noir,
09:13qui vont se désilhouetter ensuite,
09:14se réunir et constituer un black bloc,
09:17et affronter les forces de l'ordre.
09:18Alors, il y a des stratégies,
09:20on a qui peuvent...
09:20D'où l'intervention de la BRAVEM,
09:22qui a été dépêchée sur place en renfort.
09:24Bien sûr, ils peuvent prédispositionner des choses
09:25la veille de la manif,
09:26par exemple une voiture qui est garée dans une rue,
09:28avec dans le coffre des pavés,
09:30des objets, des marteaux...
09:31On la voit arriver parce qu'elle est motorisée.
09:33Oui, la BRAVEM, ce sont des motards
09:35de la préfecture de police,
09:37avec à l'arrière un policier qu'on appelle un piéton.
09:41Donc, le piéton, il appartient aux compagnies
09:43d'intervention parisiennes,
09:45il n'y a rien à voir avec les motards,
09:46et ce ne sont pas des binômes,
09:48ce sont des équipes qui peuvent changer
09:50en fonction de la compagnie d'intervention
09:53qui est de permanence,
09:54et puis des motards qui sont de permanence.
09:55Et là, le policier monte derrière.
09:57Ça rappelle des mauvais souvenirs,
10:00les voltigeurs d'un préfecture de police de Paris.
10:02Oui, mais quand même, c'est un moyen,
10:04c'est le préfet l'Allemand qui avait mis ça en place,
10:07et c'est un moyen qui est brutal.
10:11Les policiers n'aiment pas forcément faire ça,
10:13mais en fait, c'est très efficace.
10:15Et dichotomie de l'image,
10:16on voit la BRAVEM déployée d'un côté,
10:17et de l'autre, vous ne l'entendez pas,
10:19mais c'est une Marseillaise qui est entonnée
10:20par ceux qui sont encore sur place.
10:22C'est un mélange,
10:23un théroclique, difficile de faire,
10:25si je puis dire, la différence
10:27entre le bon grain et le livret.
10:28Simplement faire réagir,
10:29et puis tout le plateau va évidemment s'exprimer.
10:31Baptiste Gilly et Marius Menil,
10:33puisque vous êtes concernés au premier chef,
10:35évidemment,
10:36par ses, non pas,
10:36surtout pas par la casse,
10:38mais par les mouvements lycéens.
10:39Que vous inspirent aussi ces images,
10:41Baptiste Gilly ?
10:42Justement, là,
10:43ce qu'on voit à l'image,
10:44c'est ce que nous, on voit,
10:45ce qu'on dénonce
10:46depuis le début de ce mouvement à l'Uni,
10:47c'est-à-dire que ce mouvement,
10:49il a du lycéen que le nom.
10:50En réalité,
10:51c'est des choses beaucoup profondes,
10:52des réseaux qui s'activent
10:53et qui sont allés chercher un terreau fertile,
10:55que sont les revendications lycéennes,
10:57mais qui, là,
10:58ne sont qu'un prétexte
10:59à certains groupes,
11:00souvent proches de la France insoumise,
11:02dont on a un représentant
11:03juste en face de nous,
11:04et qui vont aller, justement,
11:05mobiliser...
11:06Jean-Luc Mélenchon,
11:07représentant...
11:08avec l'Union syndicale lycéenne
11:09qui est, en réalité,
11:09un proxy de la France insoumise
11:11à peine grimé
11:12et qui, depuis des mois,
11:13cherche à, justement,
11:15comment dire,
11:16activer la jeunesse
11:17pour rentrer dans ce que
11:18Jean-Luc Mélenchon veut faire,
11:19c'est-à-dire un soulèvement global.
11:21Et nous, sur le terrain,
11:22c'est ce qu'on voit
11:22entre l'Union syndicale lycéenne d'un côté
11:24et l'Union étudiante dans les facs.
11:26On voit vraiment
11:26qu'il y a eu un noyautage,
11:27il y a eu un noyautage
11:29poussé par des années de laxisme
11:31dans les facs,
11:32à travers des blocages
11:33du développement de ces groupes-là.
11:35Et aujourd'hui, en réalité,
11:36on voit que ces groupes-là
11:38débordent dans le reste de la société.
11:40Mais l'Union, c'est un syndicat de droite.
11:42Oui, bien sûr.
11:42Très à droite.
11:43Non, de droite,
11:44l'Union de la droite.
11:45Alors, la réponse...
11:46Avec l'attention à le nazi, des fois.
11:47Non, alors, justement,
11:47je voudrais juste répondre sur ça.
11:49La différence entre vous et nous,
11:51c'est que, quand il y a eu
11:52des débordements d'un autre côté,
11:53les personnes ont été virées dans l'heure.
11:55On a toujours été extrêmement clairs
11:56et en lutte totale
11:58contre l'antisémitisme,
11:59ce qui n'est pas votre cas.
12:00Bon.
12:01Moi, je ne suis pas venu pour commenter
12:03ce qu'il dit.
12:03C'est n'importe quoi.
12:04Je pense que tout le monde le voit.
12:06Je ne suis pas non plus venu
12:07pour commenter ça.
12:08Moi, ce que je peux vous dire,
12:09c'est que la mobilisation,
12:09aujourd'hui, est une victoire.
12:11À Bastille,
12:11il y a eu des milliers de personnes.
12:13Dans l'ensemble,
12:13la manifestation s'est déroulée
12:14dans le calme.
12:15On a aussi eu des centaines
12:16de l'Élysées bloquées ce matin.
12:18Donc, nous, on est contents.
12:19Et là, je ressors d'une réunion
12:20au ministère.
12:21Malheureusement,
12:22cette revendication
12:22n'est toujours pas écoutée.
12:24Et donc, c'est pour ça
12:25qu'on appelle une nouvelle journée
12:25de mobilisation,
12:26un acte 5,
12:27ce mardi 13 octobre.
12:28Et je dis à tous les lycéens
12:29et toutes les lycéennes,
12:30mobilisez-vous.
12:30Il faut même intensifier
12:31la mobilisation,
12:32se mobiliser encore plus
12:33tant qu'on n'ait pas écouté
12:33sur leurs revendications.
12:34On continue les violences.
12:36Là, on a vu que ce monsieur
12:37nous dit que c'est génial
12:38les manifestations.
12:38On a quand même
12:39des groupes de black bloc.
12:40Les lycéens...
12:41On est d'accord.
12:41Il faut quand même un préalable.
12:43On est d'accord
12:43qu'on condamne tous les violences.
12:44Mais non, ils en sont à l'origine.
12:46Ils le poussent,
12:47ils le veulent depuis le début.
12:48Je vous posais la question
12:48à Marie-Smini.
12:49On pousse pas les violences.
12:50Si, quand vous poussez
12:51à bloquer ce qui est déjà
12:53un acte illégal,
12:54vous faites le premier pas
12:55et ensuite vous engrainez.
12:55On a vu sur les groupes,
12:56que ce soit les élus,
12:57les collaborateurs
12:58de la France Insoumise
12:59ou justement ces deux associations
13:00qui sont l'Union étudiante
13:01et l'Union syndicale lycéenne,
13:03engrainez, donnez le mot d'ordre,
13:04la caisse de résonance,
13:05à CAB, quel est le rapport
13:06entre vous,
13:07ce que vous voulez,
13:08et des violences policières,
13:10les mots d'ordre que vous donnez
13:11et la réalité du terrain
13:12et les revendications lycéennes
13:14qui ne sont encore qu'un prétexte ?
13:15Alors, d'abord, sur le blocus,
13:17pourquoi nous,
13:18on en vient à bloquer des lycées ?
13:19On a essayé d'autres choses.
13:21Nous, on est présents
13:21dans des institutions.
13:22Moi, je suis moi-même
13:23élu au Conseil académique
13:24de la vie lycéenne.
13:25Dans ces conseils académiques,
13:26tout le monde est d'accord
13:27sur nos revendications.
13:28Tout le monde est d'accord
13:28qu'il faut un professeur
13:29devant chaque classe,
13:30que Parcoursup est un mauvais système,
13:31qu'il faut rénover les lycées.
13:32On se fout,
13:45les deux, d'ailleurs,
13:46pour qu'on se comprenne,
13:47les revendications sont légitimes.
13:49La question, c'est la méthode, maintenant.
13:51Est-ce qu'il y a...
13:52Évidemment, je peux dire
13:52la bonne idée.
13:53J'y étais, j'y étais.
13:54Et par exemple,
13:55personne ne dit l'inverse.
13:55Les revendications sont légitimes.
13:57Il y a deux ans,
13:57il y a eu une pétition
13:58qui a été lancée,
13:59300 000 signatures
14:00chez les lycéens.
14:00Et finalement,
14:01il ne s'est rien passé.
14:02Et on observe que maintenant,
14:03quand on bloque les lycées,
14:03effectivement,
14:04et bien...
14:05Oui, c'est une erreur du gouvernement.
14:06On est reçu par le ministre.
14:08C'est le cœur du débat.
14:10Et je voudrais tous
14:11vous interroger sur ce sujet.
14:13Maître Randall Schroederfer,
14:14comment vous expliquez ?
14:15Je pose la question
14:16depuis plusieurs jours.
14:17Et c'est vrai
14:17qu'il faut attendre
14:18des jours et des jours.
14:20Quoi qu'on pense,
14:20évidemment,
14:21on condamne les violences.
14:23Mais quoi qu'on en pense,
14:24des jours et des jours
14:25de manifestations,
14:26de mobilisations
14:26et donc de casses,
14:27de violences,
14:28de saccages
14:28pour avoir les premières réponses.
14:30Est-ce qu'on est dans un pays
14:32habitué, biberonné
14:32au fait qu'il faut attendre
14:34que ça casse
14:34pour qu'il y ait une réponse politique ?
14:36C'est le sentiment
14:37que nous, citoyens,
14:39on peut avoir
14:39quand on regarde,
14:40puisqu'on n'est plus lycéens
14:41depuis longtemps,
14:42on n'est pas dans vos mouvements,
14:43on voit à peu près
14:44d'où ça part,
14:45on comprend les revendications,
14:46on les entend,
14:47certaines sont légitimes,
14:48d'autres pas.
14:49On pourra en reparler.
14:50Par contre, c'est vrai
14:50que la réaction politique,
14:51elle est très lente,
14:53extrêmement lente.
14:53Et on a vraiment le sentiment,
14:55un peu comme pour les Gilets jaunes,
14:56c'est qu'il faut aller
14:57jusqu'au bout de la rupture,
14:58c'est ce que vous dites,
15:00et malheureusement utiliser la violence
15:02pour avoir des réponses.
15:03Alors, on va parler
15:04de la légitimité de tout cela,
15:07c'est vrai que cette inaction
15:09provoque forcément
15:10une surréaction.
15:11Et moins je réagis,
15:12moins je donne de réponses,
15:13et plus en fait,
15:14j'alimente une surréaction.
15:16Je n'ai pas dit qu'elle était adaptée,
15:17c'est un autre sujet,
15:18je n'ai pas dit qu'elle était légitime.
15:19Mais je dis qu'on comprend
15:21que le silence
15:22ou l'absence de réaction,
15:23et là, il faut réagir,
15:25il faut agir.
15:25Parcoursup, on peut en parler,
15:27mais visiblement,
15:28il faut en parler très vite
15:29et il faut réagir très vite
15:30sur ce sujet-là.
15:31Et on a l'impression
15:32qu'en fait,
15:32on ne peut rien changer.
15:34Et je pense que c'est
15:35cet immobilisme au sein de la société
15:37qui font que des jeunes
15:38qui sont plus impatients que nous,
15:40et on l'a été comme vous,
15:41qui exigent plus vite des réponses.
15:42Je me rappelle
15:43nos manifestations
15:44pour la loi de Vaquet,
15:45on voulait des réponses
15:46et rapides,
15:47et tout de suite,
15:48évidemment, tout de suite.
15:49Et on en a eu,
15:49et ça a pris du temps,
15:50et il a fallu la mort
15:51de Malik Ousekine,
15:52malheureusement,
15:53pour qu'on ait enfin des réponses
15:54et pour qu'on arrête les grèves
15:55et pour qu'enfin le gouvernement
15:56nous entendre.
15:57C'est incroyable,
15:58et c'est très français.
15:59C'est la hantise de tout gouvernement,
16:00un drame définitif comme celui-là.
16:02Moi, je trouve dommageable
16:04qu'on ne se parle pas plus vite,
16:06et dès qu'on a vu
16:06qu'il y avait un problème
16:07et un malaise chez les jeunes,
16:08qui est de la récupération politique ?
16:10Et c'est évident.
16:11Mais il n'y a pas que ça.
16:12Vous prenez la réflexion à l'envers.
16:13Il n'y a pas de la récupération politique.
16:15Il y a des groupes
16:16qui vont draguer
16:17une certaine frange de la population,
16:18qui là,
16:19vont attiser les flammes
16:21sur un téro,
16:22qui est certes fertile,
16:22vous l'avez très bien dit,
16:23mais il ne faut pas prendre
16:24le problème à l'envers.
16:25Ce ne sont pas des lycéens
16:26qui sont récupérés.
16:26C'est l'inverse des groupes
16:27qui attisent la haine
16:28chez les lycéens.
16:29C'est encore la question
16:30de Sonia Mabrouk,
16:31et je la trouve vraiment opportune.
16:33Est-ce que la réaction du politique
16:34n'est pas trop lente ?
16:35Et je pense qu'elle est trop lente.
16:36Je vais la poser directement
16:37à Laurent Joffrin.
16:38Et surtout au mauvais timing.
16:39Le ministre de l'Éducation
16:40va annoncer quelques mesures
16:42tout à l'heure,
16:43mais de ce que je comprends,
16:44elles sont déjà insuffisantes à vos yeux.
16:45Moi, je pose une question simple.
16:47Est-ce que le gouvernement
16:47parie sur l'essoufflement,
16:49ou pire,
16:50le pourrissement ?
16:51Et est-ce qu'il attend
16:51d'être aussi terre-à-terre
16:53la pluie,
16:54les vacances,
16:55le froid,
16:55pour que ça s'arrête ?
16:56Je vais revenir sur
16:58ce qui s'est passé aujourd'hui,
16:59comme d'ailleurs
17:00mardi dernier.
17:01C'est différent
17:02de ce qui s'était passé
17:03au début.
17:04Là, je constate
17:05que les défilés lycéens
17:07se sont passés
17:08dans le calme.
17:11Les heures,
17:12ils ont lieu après.
17:13C'est d'autres gens.
17:14Tandis qu'au début,
17:15la violence
17:16était beaucoup plus diffuse.
17:17Il y a eu quand même
17:18beaucoup de tension
17:18à Strasbourg et dans d'autres...
17:20Ça pose plusieurs questions.
17:21Oui, mais j'apporte l'effet.
17:22Il y a eu quand même
17:22beaucoup de tension
17:23à Strasbourg pendant les cortèges.
17:24Il y a eu d'autres images
17:25dans l'établissement.
17:26comme au début.
17:27C'est très différent.
17:29Et ça pose deux questions.
17:30Ça pose deux questions.
17:32Un,
17:33est-ce que la tactique
17:33du maintien de l'ordre
17:34au départ était la bonne ?
17:35Pas sûr.
17:37Parce que là,
17:37je constate que
17:38dès lors que la police
17:40fait preuve de plus de retenue,
17:41il y a moins de violence.
17:43Et deuxièmement...
17:43Non, mais...
17:44Laurent Joffrin.
17:46Laurent Joffrin.
17:46Il y a moins de violence.
17:48Laurent Joffrin,
17:49quand vous recevez
17:51n'importe quoi,
17:52autrement je me fâchais.
17:53Mais non,
17:54là vous faites un renversement
17:55parce que vous vous dites
17:55n'importe quoi
17:56quand vous dites
17:57que c'est entièrement manipulé.
17:58C'est faux.
17:58C'est complètement...
18:00Laissez-moi terminer.
18:01Tout à fait.
18:01Laissez-moi terminer.
18:02Et les renseignements...
18:03C'est un débat.
18:04Il faut délaisser la parole aux lycéens.
18:06C'est un avis.
18:07J'ai le droit de réagir aussi.
18:08Mais c'est deux avis
18:09qui comptent parfaitement.
18:11Permettez-moi la différence.
18:12Cette idée selon laquelle
18:15c'est entièrement manipulé
18:16est fausse.
18:16Mais les renseignements
18:17disent l'inverse.
18:18Vous êtes sur le terrain.
18:19Vous voyez les lycéens.
18:20Oui, j'ai un peu l'habitude
18:22de ces mouvements.
18:23Moi, j'y suis tout.
18:23J'ai un peu l'habitude.
18:24Laissez-moi terminer une phrase.
18:25Moi, je suis tous les jours
18:26et c'est la vérité.
18:26Laissez-moi terminer une phrase.
18:27J'ai un peu l'habitude
18:28de ces mouvements.
18:29on ne peut pas dire
18:29que c'est faux
18:30comme si c'était un fait établi.
18:33Les renseignements
18:33disent l'inverse.
18:35Il veut dire par là
18:36que les lycéens
18:36sont manipulés
18:37par des marionnettistes.
18:38Il a dit récupération.
18:40Il y a une récupération
18:40et surtout par des manipulations.
18:42On peut avancer.
18:43Mais il n'a pas compris
18:44ce qui se passe.
18:44S'il vous plaît.
18:45Écoutez, écoutez.
18:47Il y a des choses importantes
18:48sur le terrain.
18:49Il y a quand même,
18:49malgré tout,
18:50des forces de l'ordre
18:50qui subissent aussi des violences.
18:52Il y a eu,
18:52et il faut le reconnaître,
18:54des enquêtes ouvertes,
18:54les GPN
18:55et des violences de l'autre côté.
18:56On a tous condamnés
18:57avec la plus grande fermeté
18:58le lycéen,
18:59évidemment,
18:59qui a eu la main arrachée.
19:01Mais moi,
19:01je veux comprendre aujourd'hui.
19:07de la situation
19:08alors que la réponse politique
19:09est clairement sous-calibrée.
19:11La dynamique du mouvement
19:12pour l'instant,
19:13ce n'est pas le durcissement.
19:14C'est moins violent qu'avant.
19:16Donc, ce n'est pas le durcissement.
19:18Écoutez,
19:18on va se rendre sur place.
19:19On peut toujours dire
19:20que c'est faux.
19:21Mais oui,
19:21mais je ne peux pas
19:22parler des images.
19:22Les places de la Bastille,
19:23priorité d'abord.
19:24Il suffit de compter
19:24le nombre de blessés.
19:25Priorité à nos journalistes
19:26sur le terrain,
19:26s'il vous plaît,
19:27pour nous raconter
19:28cette fin de dispersion tendue.
19:29Là, on a vu véritablement
19:32des affrontements,
19:32en tous les cas,
19:33des échauffourés
19:33et la présence
19:34de la Bravem.
19:38Oui, tout à fait.
19:39Pour tout vous dire,
19:39on pensait que c'était fini,
19:40que cette dispersion,
19:41elle était finie.
19:42Les membres de la Bravem
19:43étaient même remontés
19:45sur leur moto
19:45et étaient en train
19:46de partir.
19:47Sauf qu'il y a
19:48tout un groupe
19:49de jeunes gens,
19:50plusieurs dizaines,
19:52qui ont réinvesti
19:53la rue en courant
19:54en direction
19:55de ces motards.
19:57Et donc,
19:57ils se sont arrêtés,
19:58sont descendus
19:59de leur véhicule
20:00et ont à nouveau
20:02chargé
20:02ces groupes
20:03de jeunes
20:04qui étaient ici.
20:05Donc,
20:05on voit que ça
20:06s'éternise un petit peu.
20:08Ça a du mal
20:08à se terminer.
20:10La dispersion
20:11toujours en cours.
20:12On est dans la rue de Lyon.
20:12Ici,
20:13on n'est plus
20:13sur la place
20:14de la Bastille.
20:16Toutes les personnes
20:16qui étaient venues
20:18vraisemblablement
20:18avec des revendications
20:20dans cette manifestation
20:21sont-elles parties.
20:23Mais il reste
20:23quelques petits groupes
20:24qui continuent
20:25ici
20:26de s'affronter
20:26avec les forces de l'ordre.
20:28Là,
20:28à l'instant,
20:29sur l'image,
20:30vous le voyez,
20:30les membres
20:31de la Bravem
20:32sont à nouveau
20:32en train de rebrousser chemin.
20:34On va voir
20:34si c'est définitif
20:36ou pas cette fois-ci.
20:39Effectivement,
20:40plus largement,
20:41et je le dis
20:41depuis plusieurs jours,
20:42quand il y a les cortèges,
20:43quand il y a un encadrement,
20:44ça se passe mieux.
20:45Ça s'est passé mieux
20:45dans certaines villes.
20:46Mais il y a eu aussi
20:47des images
20:47qu'on ne veut pas voir.
20:48On vous les montrera
20:49tout à l'heure,
20:50cette séquence,
20:50tout à l'heure,
20:51à l'entrée du lycée
20:52Édouard-Hériot
20:52ou à Lyon
20:53où des individus
20:54cagoulés ou masqués
20:55ont lancé directement
20:56dans le lycée
20:58par la porte
20:58de l'établissement
20:59des mortiers
21:00avec des lycées
21:01aujourd'hui
21:02qui étaient à 97%
21:03pleins.
21:04Enfin,
21:04en tous les cas,
21:05ouverts.
21:05Donc,
21:06une grande majorité
21:07de lycées ouverts.
21:08Non,
21:08ce n'est pas le cas ?
21:08Oui,
21:08évidemment.
21:09Même si le mouvement
21:11a été rejoint
21:11par certaines facultés,
21:12on verra là encore
21:13ce qui s'est passé
21:14à Assas.
21:15Et il est vrai
21:16qu'il y a plusieurs slogans
21:16qui ont été entonnés.
21:18Là,
21:18il faut le dire,
21:18même Place de la Bastille,
21:20des slogans anti-police,
21:21des slogans anti-Rassemblement national,
21:23c'est toute la liberté,
21:23évidemment,
21:24de ceux qui y sont.
21:25Mais est-ce que ça signe
21:26quand même,
21:27je veux dire,
21:28une certaine tendance politique
21:30dans ce cas ?
21:31Mais bien sûr
21:32qu'il y a une colère
21:32contre la police.
21:33Et moi,
21:34je la comprends très bien.
21:35C'est-à-dire que
21:36quand vous êtes un lycée
21:37ou une lycéenne,
21:37que vous vous mobilisez
21:38pour avoir des conditions
21:39d'éducation normale,
21:41digne,
21:41et que la seule réponse
21:42qu'on vous envoie,
21:43c'est une réponse répressive,
21:44une réponse policière,
21:45et que vous avez des lycéens
21:46qui ont une main arrachée,
21:47un lycéen qui perd son oeil,
21:48une lycéenne qui est trangée
21:49sur plusieurs mètres,
21:50bien sûr que vous êtes en colère.
21:51Et le gouvernement a attendu
21:52dix jours pour enfin
21:53nous écouter sur nos revendications.
21:54Et maintenant qu'on est reçus,
21:55c'est pourquoi ?
21:56Pour en fait,
21:56ne rien nous annoncer,
21:57nous annoncer des miettes.
21:58Et donc,
21:59évidemment,
22:00il y a une colère qui monte,
22:01une colère qui monte,
22:02et la réponse à ce mouvement,
22:04elle ne peut être que politique,
22:06que par l'écoute
22:06de nos revendications.
22:07Et tant que nos revendications
22:08ne sont pas écoutées,
22:10eh bien le mouvement,
22:10il va continuer.
22:11Et ça c'est sûr,
22:12on est déterminé.
22:12Et donc on crée à casse.
22:13Aujourd'hui le montre,
22:14parce qu'aujourd'hui encore
22:15il y a des milliers de personnes
22:15qui viennent dans la rue.
22:16Donc ça montre qu'on ne s'arrêtera pas
22:17tant qu'on n'est pas écouté.
22:19Madame le professeur Bérénice Levé,
22:21bonsoir.
22:21Vous êtes professeur à Alipec,
22:23c'est la faculté libre de philosophie.
22:25Vous êtes philosophe également.
22:28Alors, il y a deux discours
22:29ce soir de lycéens,
22:31j'allais dire antinomique,
22:32je ne sais pas,
22:32mais deux visions
22:33d'un même mouvement.
22:36Monsieur qui dit
22:36qu'il y a une véritable récupération
22:38et qu'il y a une forme
22:38d'illégitimité finalement
22:39à ce que ça continue
22:41avec de telles violences.
22:42Et de l'autre côté,
22:43on entend votre voix
22:44qui dit nous,
22:45on va continuer.
22:46Vous l'avez dit vous-même.
22:47Je présente les deux
22:48et j'essaie d'être obligé.
22:49La manifestation lycéenne
22:50est terminée.
22:51Donc là,
22:51on ne commande plus
22:52la mobilisation lycéenne,
22:53on commande ce qu'il y a
22:54à la manifestation.
22:55Oui, mais c'est intrinsèque
22:56au mouvement.
22:56Je présente vos deux visions
22:57si vous le permettez.
22:58C'est que c'est intrinsèque
22:59et la violence est aux racines
23:00du mouvement.
23:02Avant,
23:02la violence a préexisté
23:04même au mouvement.
23:05Et c'est ça que tout le monde
23:06ne comprend pas.
23:07C'est-à-dire que la violence
23:07est à la racine.
23:09Les premiers faits,
23:10les premiers coups d'éclat
23:11de ce mouvement lycéen
23:13qui, je le répète,
23:13n'a de lycéen que le nom,
23:14c'est la violence.
23:15Bérénice Levé,
23:16et on vous écoute après.
23:17Effectivement,
23:18j'irai dans le sens
23:19de cet étudiant
23:21parce qu'il se trouve
23:23quand même
23:24que la manifestation de mardi
23:25a totalement occulté
23:27ce qui a précédé.
23:28Alors,
23:28la manifestation de mardi
23:29étant plus sereine,
23:31on a tiré un grand rideau
23:33sur ce qui, finalement,
23:34avait été
23:35l'acte inaugural
23:36et qui étaient
23:38des incendies,
23:39des actes violents.
23:41Et, par ailleurs,
23:42vous avez beau dire,
23:43nous n'obtenons pas
23:46satisfaction
23:46de nos revendications.
23:48C'est un mot
23:49bien ambitieux
23:51parce que vos revendications,
23:53il n'y en a pas.
23:53C'est une nébuleuse.
23:55Précisément,
23:55quand nous,
23:56en 1986,
23:58et je le regrette,
23:59ça a été mon dernier engagement
24:01de gauche,
24:02j'ai tendance à dire,
24:03mais il se trouve quand même
24:05que j'étais effectivement
24:06dans la rue
24:07en 1986,
24:08mais au moins,
24:09il y avait la loi de Vaquet.
24:10Une fois la loi de Vaquet retirée,
24:12même Génération Corandale,
24:13Schwerderford,
24:14vous venez d'en parler.
24:15Nous nous retirions
24:15et nous n'avions plus
24:17de vrais mobiles.
24:18Vous, c'est une telle nébuleuse
24:20que, de toute façon,
24:21le combat peut continuer
24:23s'éterniser.
24:24Je crois que le...
24:26Je participais à plusieurs émissions
24:28et j'entends beaucoup dire
24:29que la jeunesse est tellement maltraitée
24:31que, de toute façon,
24:32elle est légitime
24:33à être dans les rues.
24:34Il se trouve que, moi,
24:36je crois en effet
24:36que la jeunesse est maltraitée,
24:38mais elle est maltraitée
24:38parce qu'elle est flagornée.
24:40Et un point
24:42que je tiens vraiment
24:44à souligner,
24:45c'est que,
24:45ce qui est dommage aussi
24:46dans le registre
24:47des occultations,
24:48c'est que l'on sortait
24:49justement de la jeunesse
24:51accueillant le pape
24:52et le pape qui incarnait
24:54une certaine figure
24:55de l'adulte
24:56qui appelait la jeunesse
24:59à servir d'autres causes
25:01qu'elle-même
25:01et en trois jours,
25:03tout cela est balayé
25:04et on a une jeunesse
25:05qui est flagornée.
25:07Flagornée par les politiques,
25:09nous entendons
25:10que leur parole est précieuse,
25:12flagornée par les nombreux
25:13d'entreprises.
25:14Je veux bien,
25:15mais la seule chose
25:16où peut-être,
25:16là, j'apporte un élément
25:17de débat,
25:18moi, quand je suis allée
25:19sur le site
25:19sur les dix points,
25:21il y a quand même
25:21dix points qui sont
25:22assez objectifs.
25:23Je reconnais que
25:24quand on écoute certains,
25:25ils veulent un renversement
25:26du système.
25:26La seule chose,
25:27c'est que je pense
25:28que c'était à nous,
25:30adultes,
25:30et j'aurais aimé
25:31que ce soit les professeurs
25:32qui soient beaucoup plus tôt
25:33dans les...
25:34alors sinon dans les rues,
25:35mais justement,
25:36au travers de revendications
25:38syndicales,
25:38si les syndicats
25:40s'occupaient encore
25:41des questions de transmission,
25:42qui auraient dû
25:43prendre en charge
25:45ces questions
25:45et ne pas accorder...
25:46Écoutez,
25:46on signe avec vous,
25:47mais moi,
25:47je pose la question.
25:48Est-ce qu'une réponse politique,
25:50est-ce qu'elle peut se limiter
25:51face à de tels mouvements ?
25:53Ah,
25:53alors c'est super,
25:54les espaces de dialogue,
25:55c'est formidable,
25:56les plateformes,
25:57c'est vraiment très bien,
25:58la démocratie interne,
25:59je ne sais pas qui
25:59pourrait être contre,
26:01les numéros verts,
26:02c'est formidable
26:03pour aider psychologiquement
26:04quelqu'un,
26:04et ce n'est pas de l'ironie.
26:05Vraiment,
26:06je me demande,
26:07est-ce que tout le monde
26:07a compris,
26:08Laurent Joffrin,
26:09les enjeux,
26:10quels que soient ici
26:11les opinions
26:11et les uns et les autres...
26:12Quand Mme Levé dit
26:13c'est nébuleux,
26:13ça n'a rien de nébuleux,
26:14on peut dire que c'est excessif,
26:15on peut dire que c'est...
26:16On demande trop,
26:18on peut dire ce qu'on veut,
26:19mais pas nébuleux.
26:20Vous l'avez dit vous-même,
26:21il y a des revendications
26:22claires.
26:23Quel est le rapport ?
26:24Attendez,
26:24je n'ai pas fini.
26:25Quel est le rapport
26:25entre les étudiants,
26:26c'est pas possible.
26:31Laissez le terminer.
26:34s'il y a 10 revendications
26:36et qu'elles sont écrites
26:38noires sur blanc,
26:38ça n'a rien de nébuleux.
26:41Quand on dit qu'il y a
26:4210% des lycées
26:42qui sont vétus,
26:43je crois que c'est vrai.
26:44Et quand on dit
26:45que les professeurs
26:46ne sont pas remplacés,
26:47je crois que c'est vrai.
26:47Et quand on dit
26:48que Parc-en-Sup est obscur
26:50et angoissant,
26:50Si les lycées sont vétus,
26:52pourquoi en partie
26:52on les brûle ?
26:53Comment ?
26:54Si ils sont vétus,
26:55pourquoi on les brûle ?
26:55Pourquoi on les dégrave ?
26:56Je n'ai pas dit
26:58qu'il fallait brûler les lycées.
27:04Manifesté aujourd'hui
27:05dans le calme.
27:08Place de la Nation,
27:08beaucoup de tensions.
27:10Alors la réplique
27:10des forces de l'ordre
27:11avec les gaz lacrymogènes,
27:13que s'est-il passé ?
27:14Dites-nous sur place
27:15parce que la plupart
27:16de ceux qui sont présents
27:17en place de la Bastille
27:18commencent à affluer
27:19vers Nation.
27:23Alors écoutez,
27:24la place de la Nation
27:25se remplit.
27:27C'était jusque-là
27:28assez calme
27:29et bon enfant.
27:30Il y avait de la musique,
27:31beaucoup de personnes
27:32très jeunes,
27:32beaucoup de lycéens
27:33qui dansaient.
27:34Et là,
27:34au moment où je vous parle,
27:36les lycéens en fait
27:36avaient installé
27:37une espèce de barricade
27:40avenue Taillebourg
27:41où on se trouve.
27:43Et en fait,
27:43la police a chargé,
27:44envoyé quelques gaz lacrymogènes.
27:46Et alors vraiment,
27:47en moins de 10 secondes,
27:49tous les jeunes
27:50sont partis en courant,
27:51ont abandonné
27:52leur position
27:53et la barricade
27:54a été évacuée
27:55par les gendarmes
27:57que vous voyez
27:58sur les images.
27:59Là,
27:59ils se sont positionnés
28:00sur le bout de la rue
28:03où les lycéens
28:05se sont enfuis.
28:07Et là,
28:07vous voyez,
28:07ils sont en train,
28:08vous pouvez le voir,
28:09ils sont en train
28:09de reculer.
28:11Ils vont retourner.
28:13En fait,
28:14ils ont repris possession
28:15de cette rue.
28:15Je ne sais pas si vous voyez
28:16sur les images
28:16un petit peu plus au fond.
28:18Là,
28:18vous voyez la voiture.
28:21Là où vous voyez
28:21la voiture en warning,
28:23c'est là que les jeunes
28:24avaient installé
28:24une barricade.
28:25Et vraiment,
28:27ça a duré moins de 5 minutes
28:28et tout de suite,
28:29la police est intervenue
28:30pour tout enlever.
28:33Alors qu'il y a des jeunes...
28:34Ah,
28:34il y a des jets de bouteilles.
28:35On va se mettre
28:36un petit peu à l'abri
28:37alors qu'il y a des jeunes
28:38qui crient à 4 derrière nous.
28:39Je ne sais pas
28:39si vous les entendez.
28:40Voilà,
28:41ici,
28:41Place de la Nation,
28:42tout était bon enfant jusqu'ici.
28:43Beaucoup de chants de danse.
28:45Et là,
28:45ça vient de se tendre.
28:46Mais vous voyez,
28:47la situation est très vite
28:48revenu à la normale
28:49avec l'intervention rapide
28:51des gendarmes.
28:53Reprenez votre souffle
28:54et merci déjà
28:55pour nous décrire
28:56tout cela en direct.
28:58Il y a la situation
28:59de cette fin
29:01de dispersion,
29:02cette fin véritablement,
29:03cette queue de comète
29:04de manifestations.
29:06Il y a l'aspect politique
29:07dont on parle.
29:08On est tous d'accord
29:09autour du plateau
29:09pour dire qu'il faut
29:10une solution politique.
29:12Nous sommes d'accord.
29:13Ce soir,
29:13il va y avoir sans doute
29:14quelques mesures
29:15par rapport à ce qui a été dit
29:17hier par la Première ministre.
29:18Comment vous expliquez ?
29:20Une allocution du Premier ministre
29:22qui est annoncée
29:22depuis des jours.
29:23Une allocution solennelle.
29:25Dites-moi pour quel effet.
29:27Est-ce que ça interroge
29:28aujourd'hui sur la parole ?
29:30Qui est encore écouté ?
29:31Parce que quand vous dites
29:32récupération,
29:33ça m'inspire quelque chose.
29:34Quels sont les seuls élus
29:36qui sont dans la rue ?
29:37Alors vous allez me dire
29:38que ce n'est peut-être
29:38pas la place des élus.
29:39Mais pourquoi seuls
29:40les élus de la France insoumise
29:42sont allés auprès des jeunes ?
29:43Parce qu'il y a un intérêt politique
29:44récupéré.
29:45Évidemment.
29:46Et hier,
29:46j'entendais justement
29:47un jeune homme dire
29:49la France insoumise
29:51est le seul parti
29:52à s'intéresser à nous.
29:54Mais elle ne s'intéresse pas
29:55à la jeunesse,
29:56la France insoumise.
29:57Elle s'intéresse
29:58au potentiel électoral.
30:01Elle n'a que...
30:02des primo-votants de 2027.
30:04Mais elle est là.
30:04Mais elle est là.
30:06Vous comprenez ce que je dis ?
30:07Elle est là.
30:08Pourquoi les autres élus ?
30:10Je pose une question.
30:11La gauche commence à faire...
30:13Le Parti socialiste
30:14commence à faire
30:15une certaine surenchère.
30:16Vous avez entendu
30:17quand même
30:18Marine Tondelier.
30:19J'entends.
30:20Mais Bernice,
30:21je pose une question.
30:22Il y a la surenchère
30:23et la récupération.
30:24Mais je pense que tout le monde
30:25veut avoir des primo-votants
30:26en 2027.
30:27Tous les partis.
30:28Pourquoi les autres
30:28ne sont pas à la rencontre
30:30des...
30:30Ils n'ont pas envie de flagorner
30:32cette jeunesse, je pense.
30:33Mais pourquoi vous dites
30:34flagorner ?
30:34On peut respecter les gens
30:35sans les flagornés.
30:36Mais non, mais parce que...
30:37Vous les méprisez.
30:37Vous vous dites
30:38que c'est des idiots.
30:38Ils sont les panneux, etc.
30:39Mais parce que la jeunesse...
30:40Vous passez votre temps
30:41à bien, ça décrète un.
30:42Mais parce que la jeunesse,
30:42il faut lui...
30:42Elle n'a pas décrète un.
30:44La jeunesse, non, précisément.
30:46Je ne dis pas parce que
30:47la seule chose...
30:47C'est ce que vous venez de dire.
30:49Non, les seules personnes
30:50que j'incrimine...
30:51Les seules les professeurs
31:00des lycéens...
31:01Écoutez, écoutez,
31:02s'il vous plaît,
31:03s'il vous plaît,
31:03je ramène le débat
31:05aux politiques.
31:06C'est très important.
31:07Oui, mais il y a une raison
31:08toute simple.
31:08Oui, mais on est peut-être
31:09en fin de règne.
31:10C'est une question qui coûte cher.
31:11Et comme ils n'ont pas d'argent,
31:12ils ne peuvent pas y répondre.
31:14Alors, allons-y.
31:14Donc, les caisses sans vide,
31:15les poches sans trouées,
31:16il n'y a plus de gâteaux,
31:17il n'y a plus que des miettes.
31:18Pardonnez-moi.
31:18Supprimer Parcoursup,
31:19ce n'est pas une question d'art.
31:20Voilà.
31:22Ça prend du temps, ça.
31:23Ce n'est pas la solution.
31:23On peut toujours le supprimer,
31:24mais qu'est-ce que...
31:25Ça prend du temps,
31:26ça peut être opérationnel
31:27pour l'année prochaine.
31:28Mais on a vu sans avant
31:28que ça existe.
31:29Et la revendication
31:30apparaît cohérente.
31:31Mais avant, c'était
31:32un tirage au sort.
31:32C'était pas bien.
31:33Mais voilà, c'est exactement ça.
31:34Parcoursup vient remplacer
31:35un système qui faisait
31:36du tirage au sort
31:36et surtout, qui mettait de côté
31:38aussi une certaine jeunesse
31:39des quartiers populaires.
31:40Parcoursup a permis justement
31:41à ouvrir plus d'art.
31:42Excusez-moi, quand on voit
31:43les revendications
31:43au-delà des 10 points,
31:44on comprend que ce n'est pas
31:45un changement ni de Parcoursup
31:47ni d'autre chose.
31:47C'est un reset du système.
31:49ils sont énoncés
31:49par des groupes particuliers.
31:51Là, par contre,
31:52je ne suis pas d'accord avec vous.
31:52Ah bon, alors dites-moi.
31:52Non, c'est pas un reset du système.
31:53C'est juste les 10 points.
31:54Ah ben non, mais justement.
31:55C'est juste les classes chauffées
31:56quand les classes passées...
31:58Exactement.
31:58Et je dis aux gens,
31:59allez voir sur le site
32:00des mesures.fr,
32:00nos 10 revendications.
32:02Oui, c'est les 10 revendications.
32:05Elles ne sont pas ré-révolutionnaires.
32:06On demande juste
32:07à pouvoir étudier
32:07dans des conditions normales.
32:08Avoir un professeur
32:09devant chaque classe,
32:09ce n'est pas un reset du système.
32:11Et les élus,
32:12d'abord, on est content
32:13qu'il y ait des élus
32:13qui viennent nous soutenir,
32:14mais les élus devraient,
32:15s'ils avaient bien fait leur travail,
32:17avoir mis un professeur
32:17devant chaque classe
32:18et avoir rénové les bâtiments
32:21pour qu'ils soient adaptés
32:22aux enjeux climatiques.
32:22On n'aurait pas eu besoin
32:23normalement de bloquer
32:24des centaines de lycées.
32:25Non, mais c'est curieux quand même.
32:25Comme soudainement...
32:25Et attendez,
32:26je tiens à revenir
32:27à ce que vous avez dit là,
32:28vous deux.
32:29Vous avez dit,
32:30le point de départ,
32:30c'est la violence.
32:31Pas du tout,
32:31il faut se renseigner, désolé.
32:32Le point de départ,
32:33c'est des lycéens et lycéennes
32:34qui bloquent leur lycée
32:35avec le professeur.
32:36Vous parlez la langue inclusive.
32:38C'est typique.
32:45Parce qu'il manque des professeurs.
32:46Parce qu'il n'y a pas
32:46de professeurs adjoints.
32:47Parce qu'il manque des moyens.
32:48Ensuite, il y a des lycéens
32:49à côté qui se mobilisent aussi.
32:51Vous avez tellement
32:51la connaissance
32:52et le savoir
32:52et la transmission
32:54que vous descendez dans la rue
32:55et vous préférez
32:56passer votre temps dans la rue.
32:58Et effectivement,
32:58moi je suis...
32:59Mais quand on ne passe pas
32:59dans la rue,
33:00nous ne sommes pas écoutés.
33:04Priorité au direct
33:04puisque Place de la Bastille
33:05ce sont les dernières sommations
33:07véritablement.
33:08Il est 19h16.
33:09Rendez-vous compte
33:09que cela dure depuis 14h.
33:11C'était prévu à 15h.
33:12Depuis 14h.
33:13Et là, manifestement,
33:15ce ne sont vraiment plus
33:16des lycéens.
33:17En tout cas,
33:17il n'y a pas de revendications
33:18ni de pancartes.
33:19Les dernières pancartes
33:20que j'ai vues,
33:21c'était « Aqab ».
33:22Et c'était d'autres slogans
33:23qui étaient entonnés.
33:25Sur place,
33:26pouvez-vous nous raconter
33:28quelle est l'ambiance
33:29et est-ce que ces dernières sommations
33:30peuvent être écoutées ?
33:35Oui, c'est véritablement
33:36un face-à-face
33:38entre des manifestants
33:39très hostiles,
33:40il faut le dire,
33:41aux forces de l'ordre
33:41qui enchaînent les champs
33:44plus ou moins insultants
33:46en direction des forces de l'ordre
33:47qui font face,
33:48vous le voyez.
33:49On est ici,
33:50avec des jets,
33:51quelques jets que vous voyez,
33:52j'imagine,
33:52à l'image de projectiles
33:53en direction des forces de l'ordre.
33:55On est ici,
33:56pour vous dire,
33:56on est juste devant
33:57l'Opéra Bastille.
33:58On est à l'embouchure
33:59entre la place de la Bastille
34:00et la rue de Lyon.
34:01Et donc, en fait,
34:02il y a des manifestants
34:02qui sont restés,
34:03entre guillemets,
34:04bloqués place de la Bastille.
34:05Alors, il y a plein d'autres rues
34:07pour partir,
34:08mais ils nous disent
34:08être bloqués ici,
34:09ne va pas pouvoir passer
34:10et donc,
34:10ils font face ainsi
34:11aux forces de l'ordre.
34:13C'était assez contenu
34:15et assez calme
34:15ces dernières minutes,
34:16mais là,
34:17la tension s'est accrue
34:18de nouveau
34:19avec quelques jets de projectiles,
34:20mais les policiers
34:22continuent leur sommation
34:23sans intervenir.
34:24Il n'y a eu aucune manœuvre policière
34:25depuis de longues minutes,
34:27mais il y a quand même
34:27des mouvements de foule
34:28ça et là.
34:29En fait,
34:29quand on va panoter,
34:30là, on voit l'Opéra
34:31et voilà,
34:32là, on voit la place de la Bastille.
34:33En fait,
34:33il y a encore une seconde,
34:34il y avait un mouvement de foule
34:36parce que juste
34:36de l'autre côté de la place,
34:38eh bien, il y a des manifestants
34:40qui tentent de provoquer
34:41les forces de l'ordre
34:42et donc,
34:42il y a eu des tirs de lacrymogènes
34:43il y a quelques instants
34:44et donc,
34:45une foule qui est venue
34:46en courant ici.
34:47Ce qu'on peut dire,
34:47c'est que la place de la Bastille,
34:49pardonnez-moi,
34:50elle est nettement évacuée.
34:51Il ne reste quasiment plus personne.
34:53Une petite foule,
34:54effectivement,
34:55très protéiforme.
34:56Il n'y a plus de lycéens,
34:57quasiment plus.
34:58Il n'y a plus vraiment
34:59de revendications
35:00si ce n'est
35:01ce face-à-face
35:03avec les forces de l'ordre
35:04et donc, là,
35:05j'entends libérer nos camarades
35:08interpellations,
35:09mais c'est uniquement
35:10un face-à-face
35:11des provocations
35:12qui restent pour l'instant
35:13sans réponse
35:14de la part des forces de l'ordre
35:15ici,
35:16place de la Bastille.
35:18Les interpellations,
35:19on va en parler
35:19dans quelques instants.
35:20Maître,
35:20vous nous direz
35:21quelle suite,
35:22quelle réponse pénale
35:23parce qu'il y a beaucoup,
35:24beaucoup qui s'interrogent
35:24aujourd'hui
35:25sur l'aspect pratique,
35:27faisable
35:28du principe
35:28casseur-payeur.
35:29Qui va payer
35:30une facture
35:31qui s'annonce
35:31extrêmement salée ?
35:32Mais tout d'abord,
35:33Dominique Rizet,
35:34expliquez-moi de nouveau.
35:35Quand on prend les propos
35:37du président de la République,
35:38il a fait savoir
35:39qu'il y avait un manque
35:40d'empathie.
35:41Voilà un message
35:42directement adressé,
35:43je pense aux forces de l'ordre
35:44en tous les cas,
35:45à ceux qui mettent en place
35:46la gestion du maintien de l'ordre.
35:49Est-ce que c'est une forme
35:49de...
35:50Est-ce que c'est une manière
35:51de se désolidariser
35:52des forces de l'ordre ?
35:53Et puis,
35:54de l'autre côté,
35:54Laurent Nunez,
35:55hier au Parlement,
35:56qui dit non,
35:57c'est proportionnel
35:58et je soutiens
36:00les hommes et les femmes
36:01qui sont évidemment
36:02investis de cette mission.
36:03C'était une manière
36:03pour le président de la République
36:04de se mettre à l'abri.
36:06de se mettre à l'abri.
36:07Ce qui est étonnant,
36:07c'est que c'est lui
36:08qui a choisi quand même
36:09son Premier ministre
36:11et qui a autorisé
36:13le Premier ministre
36:14à choisir Laurent Nunez
36:15comme ministre de l'Intérieur.
36:17On a connu des situations
36:18où politiquement
36:19c'était plus compliqué,
36:20où on avait
36:20un président de gauche
36:22un Premier ministre de droite,
36:23un Premier ministre de droite,
36:24un président de gauche,
36:26enfin, Laurent Geoffrin
36:26pourrait le raconter
36:27bien mieux que moi,
36:28où on a vécu
36:30des histoires,
36:31souvenez-vous,
36:32c'était la maternelle
36:32de Neuilly,
36:33où on avait un président
36:35de, je ne sais plus,
36:36un ministre de l'Intérieur
36:37qui était pas ce quoi
36:38et puis un président
36:40qui était, bon,
36:41différent de,
36:42je ne me souviens plus,
36:42mais bon.
36:43En tout cas, là,
36:44on a quelqu'un
36:44qui est sur la même ligne
36:45normalement,
36:46M. Macron,
36:47M. Lecornu,
36:48M. Nunez,
36:49et on a un président
36:51qui doit se sentir
36:52très très mal
36:53dans cette situation-là.
36:54parce qu'il n'arrive pas
36:55de donner...
36:56Vous connaissez très bien
36:57les forces de l'ordre,
36:57vous leur parlez régulièrement,
36:59est-ce qu'ils se sont sentis
37:00lâchés ?
37:01C'est sûr qu'ils se sentent
37:02lâchés à chaque fois
37:03parce que les forces de l'ordre,
37:04on leur dit,
37:05et c'est important que les jeunes
37:06l'entendent,
37:07ceux qui sont ici avec nous,
37:08on leur dit finalement,
37:09c'est à eux qu'on dit
37:10allez vous débrouiller
37:11pour nous régler la situation.
37:14Les policiers qui viennent ici,
37:15c'est les fonctionnaires,
37:16les policiers ont manifesté
37:17parce que leurs salaires
37:18sont des salaires
37:19aussi misérables
37:20que les salaires des enseignants,
37:21que les salaires
37:22de nos infirmières,
37:23qu'on a un État
37:25qui est en pleine déliquescence
37:27avec des fonctionnaires
37:28qui ne sont pas respectés.
37:30Vous avez raison,
37:31vous manquez de professeurs,
37:32c'est inadmissible
37:33que dans les écoles,
37:34vous arriviez
37:35et que vous n'ayez pas
37:36un professeur.
37:37Donc on a un contexte particulier.
37:39Oui, il faudrait peut-être
37:39aussi qu'on sait
37:40pourquoi les professeurs
37:41ne sont pas remplacés.
37:42On va en parler,
37:43Yérine, vous savez,
37:43je vous donne la parole tout de suite,
37:44je voudrais simplement
37:45donner ces chiffres
37:46qui nous parviennent à l'instant.
37:49Non mais c'est un vrai problème
37:50parce qu'on occulte là aussi
37:52la raison pour laquelle
37:53les professeurs
37:54ne sont pas remplacés
37:55dans certains établissements,
37:57c'est que précisément
37:58les conditions
37:59de la transmission
38:00ne sont pas réunies.
38:04Moi, à une époque
38:05où je cherchais un poste,
38:07à l'époque,
38:08c'était dans l'enseignement public,
38:10et effectivement,
38:11ça dans le 93,
38:12il y en avait,
38:12mais il était hors de question
38:15que j'y aille
38:15parce que je n'étais pas
38:16un professeur
38:17dans ces établissements.
38:19On devait être assistant social,
38:20on devait être policier,
38:22on devait être tout.
38:22Donc, il faut aussi comprendre
38:24pourquoi il n'y a pas toujours
38:25des professeurs.
38:26Mais vous avez raison
38:26de rappeler cette réalité.
38:27C'est un point quand même
38:28très important à considérer.
38:30ils nous parviennent
38:30à l'instant du ministère.
38:32Donc, le mouvement,
38:33aujourd'hui,
38:33des lycéens comptabilisés,
38:34selon le ministère de l'Intérieur,
38:3671 500 personnes
38:37dans les cortèges
38:38et manifestations
38:39dans toute la France,
38:40dont 24 500 à Paris.
38:43Et par ailleurs,
38:43on estime que 55 000 personnes
38:45ont participé
38:45à des actions
38:46devant des établissements scolaires.
38:48Une partie seulement
38:49et en rejoint
38:49les manifestations.
38:51Je voudrais mettre
38:52qu'on évoque
38:52quelque chose
38:53de très important,
38:54c'est les suites.
38:55On parle beaucoup
38:55d'interpellations,
38:57de garder à vue,
38:58mais quelle réponse pénale ?
38:59Parce que pour certains,
39:00on parle de saccage
39:01et même d'une mise en danger
39:04quand on a vu
39:04ce qui s'était passé
39:05devant le lycée à Paris,
39:06le lycée Vauclin,
39:07où véritablement,
39:08il y a une mise en danger
39:09à la fois des lycéens
39:09qui étaient confinés,
39:10du personnel de l'éducation.
39:13Quel sera le sursaut
39:14à la hauteur de tels actes ?
39:16Le fait de manifester
39:17et quelle que soit
39:17la légitimité de la manifestation,
39:19ça ne vous autorise pas
39:20à commettre des infractions.
39:21Dès que vous commettez
39:22une infraction pénale,
39:23vous retombez dans le droit commun.
39:24C'est-à-dire que vous êtes
39:25passible de poursuites,
39:26poursuites judiciaires.
39:27Et ça, c'est à la discrétion
39:28du procureur de la République,
39:29c'est lui qui a l'opportunité
39:30des poursuites.
39:31À partir du moment
39:32où vous êtes dans un mouvement,
39:33y compris politique,
39:34et que vous estimez
39:34que vous avez le droit
39:35de brûler du mobilier urbain,
39:36que vous avez le droit,
39:37par exemple,
39:38d'envoyer des mortiers,
39:40des tirs de mortiers
39:41dans des lycées,
39:41d'incendier des lycées
39:43ou autre,
39:44vous engagez votre propre
39:46responsabilité pénale
39:46dès que vous avez
39:47plus de 13 ans.
39:48Mais surtout,
39:49vous allez aussi engager
39:50la responsabilité civile
39:52de vos parents.
39:53Et c'est vos parents
39:54qui vont payer.
39:54C'est la loi.
39:55Ça, c'est la loi.
39:56C'est la loi.
39:56Est-ce qu'elle est appliquée ?
39:57Il y a beaucoup de lois
39:58qui ne sont pas appliquées.
39:59Je vais vous dire une chose,
40:00c'est automatique.
40:00À partir du moment
40:01où il y a une condamnation,
40:02qu'un jeune qui aurait,
40:04par exemple,
40:04pour provoquer un incendie
40:05comme on l'a vu
40:05sur certains lycées,
40:06qui a 2 millions d'euros
40:07de dégâts,
40:08que Mme Pécresse
40:09se constitue partie civile,
40:10à partir du moment
40:11où un tribunal
40:12va condamner un jeune
40:13dont on estime
40:13qu'il a une responsabilité,
40:15elle peut être collective,
40:16il peut y avoir 15, 20 jeunes
40:17qui sont condamnés
40:18pour des faits similaires,
40:19à partir du moment
40:20où il y a une circonstance
40:20aggravante
40:21qui s'appelle la réunion,
40:23eh bien, de facto,
40:24la condamnation
40:25entraînera automatiquement
40:27le paiement
40:28de dommages et intérêts
40:29et la solidarité
40:30de ces dommages et intérêts
40:31entre tous les intervenants,
40:32y compris celui
40:33qui a juste fait
40:33que tenir le tube
40:34pour tirer les mortiers.
40:36Donc, ce sont les parents
40:37parce que la loi prévoit
40:38que les civilements responsables
40:39d'un mineur,
40:39ce sont les parents.
40:41Mais ça, il faut avoir
40:42conscience de ça.
40:42C'est appliqué en général ou pas ?
40:44Mais c'est automatiquement
40:45appliqué.
40:46Mais c'est appliqué
40:46quand il y a les moyens
40:49financiers de pouvoir rembourser.
40:50Alors, l'exécution
40:51de cette décision,
40:52un tribunal condamne,
40:53par exemple,
40:54pour les mineurs
40:54qui ont mis le feu
40:55à ce portail,
40:57c'est le bénéficiaire
40:58de la condamnation,
40:59ce serait par exemple
40:59le conseiller général,
41:01qui décide ensuite
41:02de le faire exécuter.
41:03Il suffit de prendre
41:03un huissier de justice
41:04à sermenter,
41:04un commissaire de justice
41:05aujourd'hui.
41:07Une fois que vous avez
41:07le jugement,
41:08avec le sceau de la mariale,
41:10vous allez voir
41:10un commissaire de justice,
41:11nos anciens huissiers,
41:12qui lui,
41:13qui est mandaté
41:14par le sceau de la République.
41:15Donc, il n'y a pas besoin
41:16de faire une nouvelle loi,
41:16contrairement à ce qu'on nous voit
41:17Il n'y a aucun besoin
41:18de faire de nouvelles lois.
41:18Toutes les lois existent.
41:19Il faut arrêter de légiférer.
41:22C'est ce que l'on dit,
41:22on va faire des lois.
41:23Et il faut savoir
41:25que vous allez être condamné
41:26à payer,
41:26que vous pouvez être obligé
41:27de payer toute votre vie,
41:28et qu'il peut y avoir
41:29des saisies sur salaire
41:30toute votre vie,
41:31parce que vous êtes
41:32le parent d'un mineur.
41:34Et c'est la loi.
41:34C'est que l'application
41:35de la loi.
41:36Pourquoi une loi
41:36qu'un surpayeur ?
41:37On a discuté au Sénat.
41:38Ça, c'est politique.
41:39Moi, je ne fais pas de politique.
41:40Je suis un juriste.
41:41Pourquoi on en débattre
41:41sur ce plateau ?
41:42Je vous réponds à une nouvelle loi.
41:44Regardez,
41:44le nombre d'interpellations.
41:46Mais parce que,
41:47tout simplement,
41:47il y a un discours
41:48qui est trop politique
41:49et politisé.
41:50Moi, je vous tiens
41:51à un discours juridique.
41:52Les lois ont déjà été votées.
41:54Elles existent
41:54et elles permettent
41:55une répression
41:56sans aucune difficulté,
41:57y compris pour les blocs
41:58policiers et toutes les infractions.
42:00Pour la loi Casseur-Payer,
42:01je crois que ça s'arrête
42:02à 10 000 euros.
42:03Et il va y avoir
42:03des amendements
42:04pour porter le curseur
42:05beaucoup plus
42:06parce que les dégâts...
42:07La loi actuelle,
42:08elle n'a pas de quantum.
42:10Si un mineur
42:12détruit pour 2 millions d'euros
42:13de mobilier urbain,
42:14la responsabilité
42:15de ses parents
42:16sera hauteur
42:16de 2 millions d'euros
42:17s'il est condamné.
42:18La responsabilité civile.
42:20Il n'y a pas un juriste
42:20qui vous dira le contraire.
42:22J'ai juste une petite question,
42:23si vous permettez,
42:23les chiffres que nous avons.
42:25Et je me pose une question.
42:26Vraiment,
42:27ce n'est pas une provocation
42:28de ma part
42:28ni pour les uns
42:29ni pour les autres.
42:29En tant que citoyen français,
42:30on vous regarde.
42:31Moi, j'ai des enfants
42:31ou les lycées aussi.
42:32On s'interroge.
42:33Il y a, en moyenne,
42:34j'ai compté 300 000,
42:35je crois, manifestants
42:36par jour.
42:38J'ai regardé,
42:39il y a à peu près
42:392 200 000 lycéens.
42:43D'abord,
42:44qu'est-ce que vous savez
42:44de ce que pense
42:45la majorité silencieuse
42:46puisque c'est une majorité ?
42:48Et deuxièmement,
42:49est-ce que vous pensez réellement
42:50que les lycéens
42:52qui sont dans la rue,
42:53c'est une question
42:54et ce n'est pas une provocation ?
42:55Mais je crois
42:55qu'on est beaucoup
42:55à se la poser.
42:57Sont légitimes
42:57à porter des revendications
42:59pour ceux
43:00qui sont la majorité
43:01et une majorité énorme
43:03de plus d'un million
43:04900 000 lycéens
43:04qu'on ne voit pas.
43:05Ça m'étonnerait
43:06que la majorité des lycéens
43:07refuse qu'on aurait
43:08par leur lycée.
43:09Quand vous n'êtes plus lycéens,
43:11je laisse Marie-Sophénie
43:12répondre.
43:13Je sais que vous en avez envie,
43:15Est-ce que vous pensez
43:16que les lycéens
43:16et les lycéennes
43:22sont contre
43:23rénover les établissements
43:24pour ne plus avoir
43:25des classes sur...
43:26Non, non.
43:27Mais c'est des moyens utilisés.
43:30C'est autre chose.
43:30Mais justement,
43:32ils savent très bien
43:33que l'on joue avec un son.
43:34On est tous pour
43:34avoir de meilleures conditions.
43:35Vous avez le temps de parler.
43:37Est-ce qu'ils sont d'accord
43:38avec vos moyens ?
43:38C'est autre chose.
43:40Mais c'est ces moyens,
43:41encore une fois,
43:41parce qu'on n'a pas
43:42d'autres moyens
43:43et qui ne permettent
43:43d'être écoutés.
43:44Mais quel autre moyen
43:45vous n'avez pas parlé ?
43:47Il y a une énorme majorité
43:48des étudiants,
43:50des lycéens
43:50qui sont,
43:51pour les lycéens,
43:52effectivement,
43:52un peu plus de 2 millions
43:53et les étudiants
43:53à peu près autant.
43:54Donc, on a 5 millions,
43:55encore énormes,
43:56de lycéens et étudiants
43:57qui ne soutiennent pas tous,
43:58effectivement,
43:58et la grande majorité
43:59est silencieuse,
44:00à des aspirations
44:01qui sont, effectivement,
44:02qui peuvent être les mêmes en soi,
44:04avoir plus de profs
44:05à certains endroits,
44:05ça, tout le monde le partage,
44:06mais qui ont aussi
44:07la volonté d'aller en cours.
44:08Et c'est ça,
44:09moi, je voudrais apporter,
44:10vraiment montrer la chose.
44:12C'est-à-dire que
44:12la liberté d'étudier,
44:14aujourd'hui,
44:14elle n'est plus garantie
44:15puisqu'on a des groupes,
44:16des groupuscules
44:17qui bloquent perpétuellement
44:18mais l'écrasante majorité.
44:19Et nous, si vous saviez
44:20le nombre de retours
44:21qu'on a à l'UNI,
44:22et c'est pour ça que nous,
44:22à l'UNI,
44:23on veut se faire le porte-drapeau
44:24de cette jeunesse-là,
44:25cette jeunesse qui, d'habitude,
44:25n'a pas voix au chapitre,
44:27qui, d'habitude, subit,
44:28nous, on dit à un moment non.
44:29Cette majorité,
44:30elle doit aussi se faire entendre.
44:31C'est-à-dire qu'on peut dire ça
44:32de tous les mouvements
44:33parce que quand vous avez
44:33un million de personnes
44:35dans la rue
44:35de salariés,
44:37il y a 20 millions de salariés
44:39donc c'est une démocratie,
44:40ça compte.
44:40S'il vous plaît,
44:42il faut que je donne
44:43certains chiffres
44:44qui viennent d'arriver.
44:45Il y a eu 504...
44:46Le raisonnement ne tient pas de boue, là.
44:48504 personnes interpellées,
44:4948 policiers et gendarmes blessés
44:51et puis,
44:52j'ai quelques questions
44:52qui dérangent quand même
44:53qu'il faut poser
44:54parce qu'on a passé sous silence
44:55des choses qui sont passées
44:57quand même dans le cortège.
44:58Dans certains cortèges,
44:59il ne faut pas les passer sous silence.
45:01crever l'abcès,
45:02si je puis dire.
45:03D'abord, je vous laisse répondre,
45:04Marius Médil.
45:05Vous voulez dire quoi ?
45:06Ah, sur ça ?
45:07Si vous ne vous souvenez plus,
45:09je vais directement
45:09place de la Bastille
45:10parce qu'on nous attend sur place.
45:12Vous voyez que...
45:13Mais rendez-vous compte,
45:15ça fait des heures,
45:15des heures,
45:16que les sommations
45:18ont été faites
45:18pour quitter la place.
45:20Depuis 14h50,
45:22il s'agit de faire quitter
45:23ou place de la Bastille
45:26ou...
45:27place de la Bastille,
45:28d'ailleurs,
45:28là où nous sommes
45:29et jusqu'à maintenant,
45:30qu'après quasiment
45:324 heures plus tard,
45:33les forces de l'ordre
45:34sont toujours presque
45:35au même niveau
45:36puisqu'il y a des groupuscules,
45:37si j'en crois les images,
45:39qui sont toujours présents.
45:46Alors, pas uniquement,
45:47il y a aussi,
45:48on a pu apercevoir
45:49des étudiants,
45:50mais également,
45:50en effet,
45:50des personnes un peu plus âgées
45:52et là,
45:52la situation a complètement changé
45:54en l'espace de 10 minutes.
45:55on était au niveau
45:56de l'intersection
45:57entre la place de la Bastille
45:58et la rue de Lyon
46:00et en seulement quelques secondes,
46:02on a bougé là au moins
46:03de 200-300 mètres
46:05puisque les forces de l'ordre
46:06ont chargé
46:07à multiples reprises.
46:08On a vu notamment
46:09des coups de matraques,
46:11on a vu des jets
46:12de gaz lacrymogènes,
46:13on a également aperçu
46:15une personne
46:15qui était en train
46:17de faire un malaise
46:19et il est vrai
46:20qu'à ce moment-là,
46:21eh bien,
46:22avant ces charges-là,
46:23les manifestants
46:23étaient assis face à eux
46:25et que tout était
46:27un petit peu figé.
46:28Là, ça se tend
46:28bien plus ici.
46:30Ils ont fait reculer
46:31vraiment les manifestants,
46:31comme je le disais,
46:32de plusieurs centaines
46:34de mètres
46:34avec donc des jets
46:36de gaz lacrymo
46:37et c'est ce face-à-face
46:39qui continue ici
46:40de se tendre
46:41avec,
46:42vous l'avez vu aussi,
46:43pas mal de gaz lacrymogènes.
46:48Les questions qui dérangent
46:49ou en tous les cas,
46:49ce qu'il ne faut pas
46:50passer sous silence,
46:51je ne sais pas si on peut
46:51montrer les images
46:52en même temps
46:53que ce qui se passe
46:53en direct à la Bastille,
46:55c'est l'entrée du lycée
46:57Édouard Heriot
46:58tout à l'heure au Lyon.
46:58Vraiment,
46:59rendez-vous compte,
47:00on écoutera tout à l'heure
47:01la violence,
47:02des détonations,
47:04ce sont des mortiers
47:04qui ont été lancés
47:05directement dans un établissement.
47:07Dans la banlieue bordelaise,
47:09c'est un autre établissement
47:10qui a été en partie ravagé,
47:12ravagé,
47:12il n'y a pas d'autre mot.
47:13Une vingtaine d'individus
47:14ont tout cassé.
47:16Ils sont rentrés,
47:16ils ont tout cassé.
47:17Donc la facture,
47:18à un moment,
47:19on verra si c'est,
47:21j'allais dire,
47:22individualisé
47:22ou si c'est nous
47:23qui allons payer.
47:23Mais je pense que la question
47:24va devenir très rapidement
47:26une question majeure
47:27dans le débat public
47:28et politique.
47:29Et donc,
47:30il faudra accepter
47:31la question de la responsabilité.
47:32Mais tout le monde
47:32n'est pas d'accord
47:33sur la responsabilité.
47:34Certains vous disent non.
47:36Ce sont parfois
47:37des parents
47:37qui n'ont pas les moyens,
47:39ce sont parfois,
47:39j'ai entendu dire,
47:40des familles monoparentales.
47:42La justice apprécie dans ce cas-là.
47:45Si les gens sont insolvables,
47:46bon,
47:46les dommages ne sont pas fixés
47:48en fonction de la solvabilité
47:49des gens ou pas,
47:50ils sont fixés
47:50en fonction des dommages.
47:52Moi, je voudrais quand même
47:53revenir,
47:54parce que je n'ai pas pu commenter
47:55quand vous avez fait allusion
47:56au mot du président de la République,
47:59un manque d'empathie.
48:00Précédemment,
48:01les chiffres que vous venez de donner,
48:03la situation dont on est spectateur,
48:06montre combien il est totalement...
48:08Alors, non seulement,
48:09je vais revenir à mon mot
48:10de flagorné,
48:11mais que fait-il d'autre
48:12que flagorner la jeunesse,
48:14l'entretenir dans son manichéisme
48:19premier, spontané ?
48:20Il a peur,
48:20il a peur,
48:21la hantise de tout gouvernement,
48:22c'est un drame,
48:23c'est un drame,
48:24c'est un drame,
48:41dans son scénario binaire,
48:43à vivre dans le mélodrame
48:44avec les méchants policiers
48:46et les bons étudiants et lycéens.
48:49Or, que fait-il ?
48:50Précisément,
48:51il alimente ce simplisme.
48:53Et c'est pourquoi,
48:54je dis que nous,
48:55notre tâche d'adultes,
48:56c'est de les soustraire...
48:57Mais pardon,
48:58mais ils sont où les adultes ?
49:00Les parents ?
49:00Mais c'est pour ça que je vous dis,
49:02contre l'orange offrin
49:03qui croit que j'accuse la jeunesse,
49:05je n'accuse pas la jeunesse,
49:06je n'accuse que les adultes.
49:08Et c'est pourquoi
49:09j'opposais la figure...
49:11Alors, posons le débat.
49:12Posons le débat.
49:13Parce que le débat n'est pas celui...
49:15Alors, vous n'allez pas être d'accord,
49:16mais je le pose quand même,
49:17il faut bien nourrir ce débat.
49:19L'autorité perdue,
49:20l'autorité perdue du professeur,
49:22l'autorité perdue des parents,
49:23et j'ajoute aussi,
49:24pardonnez-moi dans le panier,
49:25parfois les politiques.
49:27Et certains journalistes aussi.
49:29Mais dis tout le monde.
49:30Non, mais tous ceux
49:32qui ont une parole publique,
49:33en définitive.
49:34Vous voulez interdire
49:34les manifestations lycéennes,
49:36c'est ça ?
49:37Je les interdire.
49:38Je ne le dirai pas,
49:38mais il ne faut en aucune façon
49:40les encourager.
49:41En aucune façon.
49:42La jeunesse n'a pas
49:43être dans la rue.
49:44Si leurs revendications sont justes ?
49:45Non, leurs revendications,
49:46elles sont...
49:47C'est à nous...
49:48Je vois quand même
49:49que vous jouez sur les mots.
49:50Les manifestations,
49:51évidemment,
49:52évidemment,
49:52mais pas les blocus.
49:54C'est interdit, les blocus.
49:55Madame parle des manifestations.
49:57Oui, oui, mais...
49:57Il y a eu beaucoup de blocus.
49:58Non, mais je ne suis même pas
49:59pour encourager
50:00les manifestations de la jeunesse.
50:02La jeunesse,
50:03c'est l'âge lyrique
50:03comme la...
50:04Vous vous rendez compte ?
50:04Écoutez-moi,
50:05Hier, le Premier ministre...
50:07Vous n'avez pas fait
50:08peut-être attention
50:08à cette phrase,
50:09Dominique Griset,
50:10je suis sûre que si,
50:11quand il a dit
50:12« instruction n'a pas été donnée
50:15aux policiers
50:16d'affronter la jeunesse ».
50:17C'est-à-dire qu'il y a besoin
50:19de préciser dans notre pays
50:20qu'on n'a pas donné
50:21une instruction pour affronter.
50:22Le mot « affronter ».
50:24Affronter la jeunesse.
50:25Bien sûr,
50:25mais à l'évidence,
50:27le pouvoir politique
50:28a du mal
50:29à sortir de cette situation,
50:31à se dépêtrer
50:32dans cette situation,
50:33la situation dans laquelle
50:34il se trouve.
50:36Il n'y a pas d'argent.
50:37Les lycéens vont discuter
50:38avec le ministre
50:40et n'obtiennent pas,
50:41ce qui, pour autant,
50:42ne paraît pas très compliqué.
50:43Enfin, moi,
50:44ça ne me paraît pas très compliqué
50:45d'avoir un prof
50:46pour les élèves,
50:47d'avoir des établissements
50:48décents.
50:48La plupart sont décents.
50:49Il y en a qui ne le sont pas
50:50pour ceux qui ne le sont pas
50:51d'améliorer la situation.
50:54On parle du bâti,
50:56on parle de parcours sup
50:57qui pose problème,
50:58visiblement.
50:59On parle des emplois du temps
51:00avec des trous à l'intérieur.
51:01Moi, je suis un baby-boomer.
51:03Je coche toutes les cases.
51:04Je suis retraité,
51:05je travaille encore,
51:07je suis baby-boomer,
51:08j'ai cinq enfants
51:08qui ont entre 34 et 21 ans.
51:10J'ai vu arriver parcours sup.
51:11Je peux vous dire
51:12que les deux grands
51:13qui ont 34 et 31 ans,
51:14c'était assez simple.
51:16Les trois autres
51:17qui ont 26, 22 et 20,
51:21c'est beaucoup plus compliqué.
51:22Parcours sup,
51:23je n'ai rien compris.
51:24Le jour où ma dernière enfant
51:25est arrivée en me disant
51:26tiens, il y a parcours sup,
51:27je n'ai pas compris
51:28comment ça marchait.
51:28Et je ne comprends toujours pas
51:29comment ça marche.
51:30J'ai juste compris
51:31qu'on avait complexifié
51:33quelque chose
51:34qui était assez simple.
51:35Oui, oui.
51:35Il marchait bien.
51:36Vous voyez ?
51:37Donc, je veux dire,
51:38c'est une situation...
51:40C'est un témoignage.
51:41Mais quand bien même
51:42le gouvernement
51:43satisfait à toutes ses attentes,
51:45de toute façon,
51:46ils resteront dans la queue
51:47comme tous les syndicats.
51:48s'il vous plaît,
51:49s'il vous plaît,
51:49s'il vous plaît,
51:50s'il vous plaît,
51:50s'il vous plaît,
51:51s'il vous plaît...
51:52Justement, je vous le dis,
51:52nous avons 10 points.
51:54Et je dis encore à tout le monde,
51:55si vous pensez
51:56que nos revendications sont floues,
51:57allez-y sur 10mesures.fr
51:59et vous les verrez.
52:00Et quand nos 10 revendications
52:02auront été écoutées,
52:03quand il y aura 10 milliards
52:04sur la table,
52:05oui, le mouvement
52:05va s'arrêter.
52:06Je vous pose une question,
52:07s'il vous plaît,
52:08s'il vous plaît,
52:09s'il vous plaît,
52:10c'est la fin de ce débat.
52:12S'il vous plaît,
52:13je vous pose une question
52:14à tous,
52:15vraiment,
52:16c'est une réponse.
52:17S'il fallait faire quelque chose,
52:18si vous étiez même
52:19aux responsabilités,
52:20avec la colère,
52:21avec les revendications,
52:22avec ce que vous pensez
52:23ou pas d'une récupération politique,
52:25avec un pays fracturé,
52:26que décideriez-vous ?
52:27Randalf Dorfer.
52:29Moi, je déciderais
52:30d'entamer,
52:30et j'aurais décidé
52:31depuis très longtemps,
52:32depuis le début,
52:32d'entamer un débat
52:33immédiatement
52:34avec les étudiants.
52:34Bérenice Levey ?
52:35Pas de débat.
52:36En amour.
52:37Moi, je serais pour les faire rentrer
52:39d'abord à l'école
52:41et dans les universités,
52:43et ensuite,
52:43on discute éventuellement
52:45avec quelques représentants.
52:46Bien.
52:46Baptiste Gélie ?
52:47Réouvrir les lycées,
52:48garantir la liberté d'étudier
52:50et surtout,
52:50des sanctions
52:51pour les bloqueurs,
52:52les casseurs
52:52et ceux qui détruisent...
52:53Laurent Geoffrin ?
52:54Moi, j'aurais négocié
52:56en témoignant
52:57une certaine considération
52:58tout en expliquant
52:58que 10 milliards,
53:00ça, c'est pas possible,
53:01c'est trop cher.
53:02Dominique Rizet ?
53:03Moi, je prendrais ça
53:04de mes lycéens,
53:04ceux qui veulent aller à l'école
53:06et ceux qui revendiquent
53:08légitimement.
53:09Je me débrouillerais
53:09pour trouver des moyens.
53:10Peut-être moins dans l'armement,
53:11peut-être moins dans...
53:12Voilà.
53:13Non, non, non,
53:14c'est pas un débat.
53:14Marie-Souzine ?
53:15Oui, bien sûr,
53:16il faut signer le chèque
53:16de 10 milliards
53:17et ceux qui veulent aller à l'école.
53:18Mais nous voulons aller à l'école,
53:19justement,
53:19nous voulons aller à l'école
53:20et avoir des professeurs.
53:21Merci, merci à vous.
53:23Justement,
53:23aller à l'école.
53:25Je suis désolé.
53:25Merci à vous.
53:26À suivre,
53:26notre premier invité politique
53:28de la soirée,
53:28il souhaite ni plus ni moins
53:30la révocation du maire
53:31LFI Bali,
53:32Bagayoko Éric Ciotti,
53:33présidente de l'UDR,
53:34n'a pas de mots assez durs
53:35pour dénoncer le rôle
53:36de la France insoumise
53:37et appeler à la plus grande fermeté.
53:39Jusqu'où ?
53:40Il nous l'expliquera.
53:40Mais tout d'abord,
53:41on va prendre la direction de la nation.
53:43Regardez ces images.
53:44Là, véritablement,
53:45on parle d'une fin,
53:47d'une situation de dispersion tendue.
53:49Ça fait des heures
53:50que les sommations sont claires
53:51et pourtant,
53:52place de la nation,
53:54certains groupes
53:55sont encore présents
53:56et bien actifs,
53:57si j'en crois les images.
54:02Oui, je vous le confirme,
54:03plusieurs groupes
54:04assez actifs ici.
54:05Il y a une espèce de...
54:06Ce n'est même pas un jeu
54:07de la chat et de la souris,
54:09c'est un affrontement
54:10entre policiers
54:12et manifestants qui sont là.
54:13Vous voyez quelqu'un
54:14qui a été visiblement...
54:15Plusieurs personnes
54:15qui ont été interpellées
54:16dans la manifestation.
54:17En fait,
54:18on se trouve au milieu
54:18de la place de la nation
54:19et depuis tout à l'heure,
54:21les policiers avancent
54:22puis reculent.
54:23Alors, il y a des manifestants
54:24qui avancent sur eux
54:26en leur jetant
54:26divers projectiles.
54:27ils répliquent en chargeant
54:29avec des gaz lacrymogènes
54:31et c'est comme ça,
54:31vous voyez,
54:32il y a une charge des policiers.
54:33Vous êtes en train
54:33d'assister à une charge
54:34de policiers.
54:35Ils sont en train
54:35d'essayer de disperser
54:36les manifestants
54:39qui jettent plusieurs
54:40gaz lacrymogènes.
54:41C'est assez tendu ici,
54:42assez confus
54:43parce que, vous le voyez,
54:44la place de la nation
54:45n'est pas remplie.
54:46Il y a des manifestants
54:46un peu partout
54:47et du coup,
54:48il y a un espèce de jeu
54:49de la chat et de la souris.
54:50Ils courent dans une direction,
54:51les policiers se replacent,
54:53ils partent ailleurs.
54:54Vous voyez ces boucliers lumineux
54:59pour impressionner,
55:00pour éviter,
55:01pour empêcher
55:02de viser la troupe
55:04des policiers
55:04avec des projectiles
55:05et les policiers
55:06qui sont au milieu
55:07de cette place de la nation
55:08qui essuient
55:09des jets de projectiles
55:11et qui chargent régulièrement
55:12des manifestants
55:13et au moment où je vous parle,
55:14ils avancent,
55:15ils continuent d'avancer
55:16sur la place de la nation
55:17pour essayer d'interpeller
55:18des personnes.
55:19Effectivement,
55:20et ce qu'on comprend
55:20à ce que disent tous
55:21nos envoyés spéciaux
55:22et nos journalistes,
55:24c'est que,
55:25eh bien,
55:25depuis tout à l'heure,
55:26les forces de l'ordre
55:27essaient de désengorger
55:28la place de la République
55:29et que tous les groupes
55:30sont allés
55:31vers la place de la nation
55:32mais aussi,
55:33toujours,
55:33avec des tensions
55:34et des violences.
55:36Bonsoir,
55:36Éric Ciotti.
55:37Bonsoir.
55:37Merci d'être avec nous.
55:39Vous êtes le président
55:39de l'UDR
55:40et maire de Nice.
55:41Merci de votre présence ce soir.
55:43Dominique Rizet,
55:44je le remercie
55:45est resté avec nous
55:45parce que nous commentons
55:46en direct ces images.
55:48Vous voyez à la fois
55:49ces jets de gaz lacrymogènes,
55:52ces groupuscules
55:52qui sont restés.
55:53On a évoqué tout à l'heure
55:54aussi des groupes violents,
55:56des casseurs professionnels
55:57qui ont attaqué
55:59les forces de l'ordre
56:00avec des bouts de cheminée,
56:01avec des jardinières,
56:02avec des chaises.
56:02Je salue également
56:03la présence d'Arthur Berda.
56:04Bonsoir Sonia.
56:05Merci d'être là,
56:05cher Arthur,
56:06et des journalistes politiques
56:07à BFM TV.
Commentaires