00:00Voici l'acte 3 de la mobilisation nationale contre le projet de réforme des retraites
00:04une semaine décisive puisqu'elle sera composée de deux grandes journées de manifestations.
00:10Nous sommes le mardi 7 février aux abords de l'Opéra à Paris
00:14et nous allons partir à la rencontre des leaders syndicaux dans le carré de tête de la manifestation.
00:19Quelle continuité souhaite-t-il donner à un tel mouvement ?
00:22Et enfin, comment compte-t-il maintenir le soutien de l'opinion publique
00:25si indispensable à la réussite d'un tel mouvement ?
00:28Allez, c'est parti. Est-ce qu'être 1,2 million, 1,5 million, 1,8 million dans la rue,
00:33ce n'est pas suffisant pour que le gouvernement nous écoute ?
00:36Ce serait quand même très singulier démocratiquement.
00:38Donc on va continuer de le faire. On le fait aujourd'hui partout en France avec une grande détermination
00:43et on va continuer de le faire samedi prochain dans un grand mouvement populaire,
00:47une grande manifestation du monde du travail mais au-delà des citoyens
00:51pour dire que oui, on aime notre travail. On aime le travail contrairement à ce qu'on essaie de nous
00:56faire croire.
00:56On aime les salariés qui sont là, ils aiment leur travail.
00:59Ils ont envie de le faire correctement, qu'on leur donne les moyens de le faire dans de bonnes conditions,
01:03en les respectant physiquement et psychiquement, mais ils ne veulent pas des 64 ans
01:06parce qu'ils considèrent qu'aujourd'hui c'est une mesure injuste.
01:09Donc c'est ça qu'il faut entendre.
01:10Et puis on verra dans les semaines à venir si vraiment c'est totalement sourd du côté du gouvernement,
01:15comment on procèdera. On le décidera ensemble.
01:17Il faut qu'on continue à expliquer un certain nombre de choses,
01:20même si je crois que les citoyens et citoyennes de ce pays ont bien compris
01:24que cette réforme n'était pas juste.
01:27Elle était même inacceptable pour bon nombre de gens qui vont être concernés.
01:32Et donc les syndicats y proposent et les salariés disposent.
01:34Et donc il y a des débats, il y a des votes.
01:39Et si les mobilisations de rue, mais on l'a toujours dit à la CGT, ne suffisent pas,
01:43ce qui semble être le cas, les mouvements vont se durcir
01:48et on proposera aux salariés plus de journées de grève et puis des grèves reconductibles.
01:53Il se passe en fait un phénomène qui est presque un phénomène de société,
01:56c'est-à-dire qu'on a la rencontre de deux choses.
01:58C'est une population qui majoritairement en a marre finalement,
02:02qu'on lui sereine depuis 20 ans, qu'il faut toujours en donner un peu plus,
02:09qu'il faut être un peu malheureux soi-même pour que tous ensemble on soit plus heureux.
02:13Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas dans cette idéologie néolibérale
02:16qui viendrait nous dire que le bonheur de tous, c'est la somme des petits malheurs de chacun.
02:20Les gens commencent à se rendre compte, ils se disent, mais on nous a floué dans cette affaire.
02:23Et d'un autre côté, on tombe mal parce qu'on a affaire à un gouvernement
02:27qui est peut-être le gouvernement le plus idéologique qu'on ait jamais vu.
02:30On le voit dans la façon dont ils mobilisent des arguments mensongers,
02:33dans la façon dont ils se décalent complètement la vérité, ce qui est un peu inquiétant.
02:36On a une grande raison de la population qui s'impose une adhésion ultra majoritaire au refus de cette loi.
02:43Et en face de ça, on a une obstination déraisonnable du gouvernement.
02:48Moi, c'est ça qui m'inquiète.
02:49Moi, je voudrais que le gouvernement ait l'intelligence, la responsabilité en fait,
02:52de comprendre que non, il ne peut pas passer cette loi contre la majorité de sa population.
02:57Moi, je souhaite que le débat au Parlement, dans notre démocratie parlementaire,
03:01eh bien, il permette d'arriver à cette évidence que cette loi ne peut pas passer,
03:04qu'elle ne peut pas être votée, tout simplement.
03:05Il y a des millions, des centaines de milliers, des millions de personnes qui défilent
03:09et il faut additionner les dates et pas seulement les comparer.
03:11Mais ce n'est que la face visible de 30, 35 millions de Français et de travailleurs
03:17qui refusent cette réforme, c'est-à-dire plus que le score cumulé
03:20des deux candidats à la présidentielle au second tour.
03:22Donc, on a une légitimité qui est très forte.
03:24Et moi, j'appelle le gouvernement à la responsabilité et à entendre raison sur ce projet
03:29et à comprendre que sa légitimité existe, mais que celle des 9 actifs sur 10,
03:34elle est aussi forte, voire plus, et que donc, on doit repartir d'une page blanche
03:38sur l'âge légal notamment ou le report ou l'allongement de durée de cotise.
03:42La stratégie que nous avons et les explications que nous sommes capables de donner,
03:45pour l'instant, personne n'a contredit nos explications sur ce projet de réforme des retraites.
03:51Aujourd'hui, 50% de ceux qui liquident leur retraite ne sont plus en emploi.
03:54On l'a déjà expliqué à l'exécutif, mais l'exécutif ne nous a pas entendus
03:58et il a pensé qu'il pourrait faire autrement.
04:00La mobilisation et la rue lui montrent autre chose.
04:03Nous, ce qu'on porte aussi, c'est la diversité des tactiques
04:06et le respect de la diversité des tactiques syndicales.
04:09On ne cache pas, et Solidaire n'a jamais caché qu'on était sur ces mobilisations-là
04:12pour, comme je viens de le dire Muriel, des grèves reconductives.
04:16Parce qu'on le voit d'ailleurs, le gouvernement ne cédera pas
04:19juste avec des grandes journées de grève.
04:21Et puis, nous, pour nous, c'est l'expérience.
04:23C'est ce qu'on avait vu, par exemple, en 2010.
04:25Enchaîner des grandes journées, ça ne suffira pas.
04:27Et on ne peut pas non plus qu'il y ait un seul secteur qui parte
04:30ou qui serait le secteur qui permettrait d'eux.
04:32Parce que le risque, c'est la grève par procuration.
04:34Donc, on essaye de créer les conditions du « tous et tous ensemble ».
04:37Et ce « tout et tous ensemble », il nous semble qu'il peut être,
04:41sur début mars, en tout cas, on en débat actuellement
04:44dans l'Union syndicale solidaire.
04:46Et en début de semaine prochaine, on prendra une position sur cette question.
04:49On voit que les mobilisations sont importantes, qu'elles fonctionnent.
04:52Samedi, l'intersyndicale va se réunir.
04:54Parce qu'après avoir fait 15 jours de mobilisation,
04:56nous réfléchissons à passer à un cap supérieur
04:59avec d'autres actions, peut-être avec des grèves reconductibles.
05:02En tout cas, on est toujours autant motivés.
05:05Nos concitoyens, nos adhérents sont toujours autant motivés.
05:07On est persuadés qu'on va réussir à faire modifier le texte.
05:10Et on est plutôt dans une perspective d'augmenter,
05:13de faire encore plus, peut-être des mouvements supérieurs,
05:16plutôt que dans un effritement et dire qu'on va diminuer nos mobilisations.
05:21Il y a encore un travail d'éducation populaire,
05:24d'explication du projet du gouvernement.
05:26Ce matin encore, j'entendais Michael Zemmour,
05:29qui fait partie des économistes,
05:30qui posent des questions quand même de manière intéressante.
05:34Et il démontait notamment l'argument des 1 200 euros,
05:38soi-disant pour tout le monde,
05:39mais en réalité pas du tout pour tout le monde.
05:41Et il y a encore des choses comme ça
05:43que le gouvernement a réussi à instiller en nous disant
05:45« Mais quand même, notre réforme, elle est plutôt pas mal,
05:47parce qu'il y a les 1 200 euros ».
05:49Même ça, c'est faux.
05:50Même ça, c'est en tout cas pas présenté de manière juste.
05:54Et donc, il faut continuer ce travail de décryptage du projet.
05:57Il faut continuer à populariser l'idée
06:00que des financements alternatifs sont possibles,
06:03sont tout à fait envisageables,
06:06sans mettre l'économie à genoux,
06:09sans même parler de taxer les dividendes.
06:11Même ça, c'est même pas utile
06:14pour financer immédiatement le retrait de cette réforme.
06:16Après, nous, on compte bien poser la question
06:18justement d'une autre répartition des richesses globalement
06:21pour aller vers la retraite à 60 ans
06:23et une baisse des durées nécessaires, etc.
06:27Mais retirer cette réforme, c'est tout à fait possible,
06:29envisageable et des financements sont nécessaires.
06:32Et ça, on va continuer à le populariser.
06:33Les jeunes ont fait un constat aujourd'hui,
06:35c'est précaire à 20 ans et on sera précaire à 67 ans.
06:39Et là, c'est le moment justement de pouvoir réfléchir
06:42à notre contre-projet,
06:43pouvoir l'imposer dans le calendrier législatif.
06:46Et donc, ça passera en fait par différentes actions
06:49qui prendront peut-être plus ou moins de temps
06:51par rapport à d'habitude.
06:53Mais là, l'objectif, c'est vraiment de pouvoir discuter
06:54de l'ensemble des sujets en fait
06:56qui touchent les retraites, le travail, l'écologie
07:01sur un calendrier plus ou moins long sur les universités.
07:04Donc, il y aura des thématiques qui seront abordées
07:06au fur et à mesure des jours,
07:07notamment le 22 février.
07:09Nous, on a des concertations au niveau du ministère
07:11sur l'emploi étudiant qui reviendra dessus.
07:14Le 9 mars, on a des discussions sur les bourses.
07:18Et donc, ça fera que tout au long du mois de février,
07:20du mois de mars, on aura différents temps en fait
07:23de campagne et de mobilisation sur des sujets prédéfinis.
07:2610 euros la photo, tout se vend, monsieur, tout s'achète.
07:29Un petit geste sur les retraites de Bernard Arnault.
07:32Et de Brigitte Macron.
07:36De tous les sénateurs qui ont bien besoin
07:38d'une retraite décente.
07:40Un petit geste, est-ce que vous avez un petit billet de sang ?
07:42Un petit billet de sang ?
07:44Voilà.
07:45Soyez solidaires, parce que je vois des drapeaux solidaires,
07:48mais soyez solidaires envers les riches.
07:50On a besoin de vous.
07:52Cette année, nous n'avons fait que quelques milliards
07:54de bénéfices, à peine.
07:56On s'est à peine remis du Covid.