00:00Avec son projet de réforme des retraites, le gouvernement Macron rêve de mettre fin à certains régimes spéciaux
00:05comme celui des agents RATP ou bien des industries électriques et gazières.
00:10Aujourd'hui, jeudi 19 janvier 2023, nous sommes Place de la République à Paris
00:15et nous allons partir directement à la rencontre de ces salariés visés par ce projet de réforme.
00:20Allez, c'est parti !
00:21Alors effectivement, nous on est encore sous l'égide d'un régime spécial.
00:25Alors ils sont justifiés pleinement puisque nous, les électriciens et gaziers, sont à disposition de la population
00:3124h sur 24, 7 jours sur 7, 365 jours sur 365.
00:36Et à titre d'exemple, par exemple, pour tous mes copains qui sont en horaire décalé, les astreigneurs en gaz
00:41ou en élec,
00:41ils ont une durée de vie moyenne de 12 ans inférieure à des gens qui ont des horaires de bureau.
00:46Donc en fait, la pénibilité qui est reconnue dans les régimes spéciaux permet à ces gens-là,
00:51non pas de jouer une retraite plus longue, mais de partir plus tôt pour jouer d'une retraite équivalente
00:56à des gens qui auront une durée de vie plus importante.
00:58Donc aujourd'hui, les métiers sont toujours au temps difficile.
01:01Quand mes copains, ils doivent sortir en plein hiver sur le réseau à Paris ou en montagne,
01:05c'est les mêmes difficultés qu'il y a 60 ou 70 ans.
01:08Et nous, ce qu'on dit aujourd'hui, on devrait élargir l'intégralité des régimes les plus protecteurs
01:13à l'intégralité de la population.
01:15De toute façon, c'est plus le régime général qu'on devrait réformer par le haut
01:18et diminuer la durée de cotisation et effectivement reconnaître la pénibilité qu'on a chez nous
01:23et l'étendre effectivement de la même manière au régime général.
01:28Notre régime spécial de retraite, il reconnaît par deux gros piliers
01:34les carrières longues et la pénibilité des métiers.
01:37Par exemple, en début de semaine, il y a eu la tempête Gérard.
01:41Les agents des industries électriques gazières qui sont sortis pour réparer d'astreinte,
01:49peu importe le temps qu'ils faisaient dehors d'ailleurs,
01:51ces agents font partie des 23% de 140 000 agents des industries
01:56qui bénéficient de la reconnaissance de la pénibilité.
02:00Et donc, quand ils ont pendant 17 ans travaillé avec la reconnaissance de la pénibilité,
02:07ils peuvent partir 5 ans avant l'âge légal, c'est-à-dire aujourd'hui à 57 ans.
02:13Mais il faut aussi qu'ils aient pendant 30 ans cotisé.
02:18Si ce n'est pas le cas, ça veut dire qu'il faut qu'ils travaillent plus longtemps.
02:21En moyenne, aujourd'hui, un agent des industries gazières part à la retraite à 60 ans.
02:27Et moi, je tiens à préciser une chose, c'est qu'aujourd'hui, le régime spécial,
02:31il est équilibré, il est excédentaire et il contribue à la solidarité des autres régimes.
02:36Nous sommes un régime adossé au régime général.
02:40Les cotisations émanent des employeurs et des agents.
02:44Elles ne viennent pas de l'impôt et donc on ne coûte pas à l'État.
02:47Et ça, c'est important de préciser.
02:53Il faut savoir que pour vendre cette réforme au sein de nos entreprises,
02:57ils parlent de la clause du grand-père.
02:59Ils seront concernés que les nouveaux embauchés, pas les gens qui sont...
03:02Et ça vide petit à petit le statut, comme ils ont vidé à la RATP, à la SNCF, à France
03:08Télécom.
03:09C'est ni plus ni moins une coquille vide après le statut pour les nouveaux embauchés.
03:12Et ils veulent nous vendre cette réforme en faisant cette clause du grand-père,
03:16qui est un véritable scandale pour les futurs embauchés et la fin du statut national.
03:21Parce que derrière la fin du régime spécial, il y aura la fin du tarif agent,
03:25il y aura la fin sûrement de l'accès aux activités sociales,
03:28qui est le salaire différé des agents, des électriciens et des gaziers.
03:32C'est tout le statut des jeunes qui sera mis à mal.
03:41On arrive au travail à 4h30, il faut qu'on aille chercher nos trains.
03:44Bien souvent l'hiver, il fait froid.
03:46Le temps qu'on aille chercher nos trains, qu'on les mette en service, etc.
03:50Il est 5h, 5h15, et après on part en ligne.
03:54Et on travaille pendant 6h30.
03:57Et pendant moins de 21 ans, je n'ai fait que du matin, 4h30.
04:01Et je peux vous dire que ça bousille la santé déjà au niveau du sommeil.
04:06Et après, il faudrait peut-être qu'on se pose la question,
04:09pourquoi on ne trouve pas de gens qui veulent venir travailler à la RATP ?
04:13Aujourd'hui, c'est très compliqué de pouvoir couvrir les postes.
04:17Parce qu'il n'y a plus aucune attractivité à travailler à la RATP.
04:23On travaille les jours fériés, on travaille en 3-8.
04:25Et pour des salaires qui ne sont qu'avec beaucoup de primes,
04:30enfin pas qu'avec des primes, mais beaucoup de primes,
04:31et donc à l'extérieur, c'est beaucoup plus intéressant
04:34et on a la possibilité de ne pas travailler les jours fériés, etc.
04:40Ce qui est archaïque, c'est de vouloir faire travailler les gens plus longtemps.
04:43Justement, toute la bataille du monde du travail,
04:47depuis 100 ans, c'est de se battre pour avoir un régime de retraite,
04:51pour pouvoir partir plus tôt, pour faire diminuer le temps de travail.
04:55Ceux qui sont archaïques, c'est eux.
04:56Aujourd'hui, les régimes, justement, les dispositifs qui existent dans les régimes spéciaux
05:02sont les seuls qui sont efficaces.
05:04Ce que le gouvernement met en avant comme prise en compte de la pénibilité,
05:09ce sont des gadgets qui concernent une infime minorité de travailleurs.
05:13Le progrès social qu'on défend, c'est de faire bénéficier de ces dispositifs
05:18l'ensemble des travailleurs qui, aujourd'hui, sont dans des métiers pénibles,
05:22et aussi, avant même ça, d'éradiquer la pénibilité au travail.
05:27Ce n'est pas normal qu'en 2023, on soit toujours dans des situations
05:31où la pénibilité augmente, alors que les moyens d'éradiquer cette pénibilité,
05:36de par l'évolution technologique, elles existent.
05:39Par exemple, dans ma catégorie, un conducteur de bus sur 4 finit pas sa carrière
05:44parce qu'il est en inaptitude avant la fin de sa carrière.
05:46On n'ose pas imaginer ce que ce serait s'il fallait qu'il travaille 5 ou 10 ans de
05:50plus.
05:53Au fur et à mesure du temps, ce régime spécial, de toute façon, va disparaître.
05:57Donc, est-ce qu'on est réellement quelques années près ?
06:00Parce que le métro, ça sera également, normalement,
06:03et on espère que ça ne le sera jamais, parce que le service public, ce n'est pas ça,
06:07mais, normalement, également, une ouverture à la concurrence en 2039
06:11pour tout ce qui est métro et RER.
06:14Donc, voilà, à un moment donné, de toute façon, ce régime spécial prendra fin.
06:16Et avec les nouveaux entrants, il prend déjà fin.
06:19Donc, voilà, nous qui avons donné tout pour nos usagers
06:24et non pas des voyageurs et des clients comme ça,
06:26musent à l'appeler notre président.
06:29Oui, effectivement, le régime spécial est encore nécessaire.
06:40Il y a des mouvements partout. Le Samo, c'est bien de rêve.
06:43Ah oui ?
06:44Je l'appelais.