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  • il y a 2 semaines
Le collectif Les Morts de la rue a organisé une marche silencieuse à Paris afin de rendre hommage aux 611 personnes décédées dans la rue en 2022. Reportage.

Environ 150 personnes ont participé à une marche silencieuse, ce mardi 13 juin, en hommage aux 611 personnes sans-abri, mortes brutalement en 2022, rappelle le collectif Les morts de la rue.

La moyenne d'âge au décès est particulièrement basse, elle est de 49 ans pour 2022 et celle-ci n'a jamais dépassé les 50 ans. Ce qui fait 30 ans de vie en moins que la moyenne nationale et souvent dans des conditions de décès effroyables. Parmi les 611 personnes recensées cette année, se trouvaient 526 hommes, 80 femmes et cinq enfants de moins de cinq ans.

Un chiffre loin de la réalité souligne Bérangère Grisoni, présidente du collectif Les morts de la rue. «Ce chiffre de 611 personnes décédées en 2022 n'est malheureusement pas exhaustif et en les honorant de cette manière, c'est une alerte. On agit aussi pour les vivants».

«Il ya autant de roses que de personnes sur notre faire-part et c'est important que cet hommage soit beau, ça redonne de la dignité suite à ces conditions de vie extrêmement désastreuses qu'ils ont connues. Décéder du fait de ne pas avoir un abri est une véritable catastrophe.», souligne la présidente.

Le collectif regroupe une cinquantaine d'associations proches des personnes sans abri dont La Cloche, qui agit contre la grande exclusion. «On attend tous qu'Emmanuel Macron respecte ce qu'il avait dit il y a maintenant six ans, c'est à dire plus une seule personne à la rue mais ce n'est pas le cas. En plus de leur rendre hommage, il faudrait mettre des personnes à l'abri, créer des logements en nombre et actuellement il y a une inaction», déclare Rachel Saez, coordinatrice de l'association.

La marche s'est élancée depuis la place de la Nation à Paris pour rejoindre le cimetière du Père-Lachaise, où de nombreuses roses ont été déposées avant que la chorale de l'association La Cloche, rendre un dernier hommage aux nombreux disparus.Abonnez-vous à l'Humanité 👉 https://abo.humanite.fr/2243

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Transcription
00:02Cette marche aujourd'hui c'est pour rendre hommage aux personnes qui sont décédées ici
00:10en France du fait de ne pas avoir de chez soi. 611 personnes au moins sont décédées en 2022.
00:18On sait que c'est malheureusement pas exhaustif, c'est un iceberg et donc en les honorant de cette
00:25façon là c'est une alerte. On agit aussi pour les vivants. Il y a autant de roses que de
00:32personnes
00:32sur notre faire part. C'est important que cet hommage soit beau, ça redonne de la dignité et pour nous
00:40cette valeur humaine, cette condition de vie extrêmement désastreuse qu'ils ont connue,
00:46cette situation de vie et de mort, décédée du fait de ne pas avoir un abri, c'est une réelle
00:53catastrophe.
00:56La moyenne d'âge au décès est extrêmement basse. Elle est de 49 ans pour 2022. Selon les années,
01:03elle va fluctuer à 48 ans, 48 ans et demi, mais elle n'a jamais dépassé 50 ans, ce qui
01:08fait 30 ans de
01:08vie en moins que la moyenne nationale. Dans des conditions de décès effroyables, beaucoup de
01:17morts violentes, des agressions, des maladies, des problématiques de santé, décédés sur la voie
01:26publique dans des abris de fortune, dans un squat, sous une tente, dans un campement, dans une voiture
01:31ou dans un centre d'hébergement. Et que l'on recense autant de décès, des centaines. Et si on se
01:37réfère à
01:38notre dernier croisement de données avec l'Inserm CPIDC, il faudrait multiplier nos données environ par
01:47six fois plus. Ça représenterait plus de 3600 personnes qui seraient susceptibles d'être décédées
01:53en 2022. Voilà, le bilan est effroyable.
02:01Le collectif Gandhi, on est de plus en plus après l'interpellation des pouvoirs publics. Je pense
02:06qu'elle doit continuer parce que malheureusement, je suis heureuse de voir qu'aujourd'hui il y a des
02:10médias et qu'on va pouvoir justement faire que cet hommage y soit entendu. Je pense qu'on attend tous
02:15et
02:15toutes qu'Emmanuel Macron respecte ce qu'il avait dit il y a maintenant six ans, c'est-à-dire
02:19plus une
02:19seule personne à la rue. Mais ce n'est pas le cas. Il y a encore des personnes à la
02:23rue et il y a encore
02:23des personnes qui meurent à la rue. Donc en plus de les rendre hommage, avant ça en fait il faudrait
02:28mettre des personnes à l'abri, recréer des logements, des solutions d'hébergement en nombre. Et là,
02:34pour l'instant, il y a un peu une inaction. Si on perd son logement pour X raisons, on n
02:39'en
02:39retrouve pas. Surtout si on a peu de moyens. Donc c'est vrai qu'on est un pays où on
02:46dépense beaucoup
02:47d'argent pour le logement, nous dit-on. Parce qu'il y a peu de gens qui ont envie de
02:53vivre à la rue
02:55et dans des conditions précaires. En fait, il y a une fragilité énorme sur ce volet-là de nos politiques
03:03publiques.
03:09Nous faisons le décompte de ceux qui vivent dans la rue. Pas seulement les morts, parce qu'avant de
03:15mourir, il y a d'abord une vie. Il y a une souffrance qui se passe et puis de temps
03:21en temps, nous allons
03:22vers des personnes. Il y a ceux qu'on n'arrive pas à identifier. Ils n'ont pas de nom
03:27de famille. Parfois, vous leur
03:28demandez, ils ne le savent pas. Donc nous faisons des recherches par rapport à cela.
03:33On accompagne des personnes décédées. C'est-à-dire qu'on va à l'hôpital et là, on est pris
03:38en charge par la voiture
03:39des bombes funèbres. On voit les personnes qui sont décédées. Moi, j'aime beaucoup voir leur visage
03:44parce que c'est leur donner un nom. Ce n'est plus une personne de la rue. C'est Monsieur
03:48X, Y avec ce visage-là.
03:51Et après ça, avec les peu d'éléments qu'on a, on essaie de faire un hommage le plus personnalisé
03:57possible
03:57pour rendre un hommage à cette personne. Le but, ce n'est pas de dire que c'est un mort
04:01de la rue.
04:02C'est Jean-Claude, c'est Catherine, etc.
04:04Je crois qu'il y a quand même aussi la honte de se faire aider. C'est difficile d'accepter
04:10que quelqu'un intervienne dans sa vie. Je crois qu'il faut rester très humble et quelque part
04:21admiratif quand même du parcours de ces gens qui sont dans la rue parce que ce n'est pas simple.
04:26Et si on peut aider un petit peu dans leur quotidien, même sans les sortir de la rue,
04:31mais leur dire que ce sont des hommes et des femmes et qu'ils sont dignes.
04:35Il faut leur rendre leur dignité, toujours.
04:37Les seigneurs et les princesses, il n'y en a plus beaucoup.
04:43Mais vivre sans tendresse, on ne le pourrait pas.
04:49Non, non, non, non, on ne le pourrait pas.

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