00:02Cette marche aujourd'hui c'est pour rendre hommage aux personnes qui sont décédées ici
00:10en France du fait de ne pas avoir de chez soi. 611 personnes au moins sont décédées en 2022.
00:18On sait que c'est malheureusement pas exhaustif, c'est un iceberg et donc en les honorant de cette
00:25façon là c'est une alerte. On agit aussi pour les vivants. Il y a autant de roses que de
00:32personnes
00:32sur notre faire part. C'est important que cet hommage soit beau, ça redonne de la dignité et pour nous
00:40cette valeur humaine, cette condition de vie extrêmement désastreuse qu'ils ont connue,
00:46cette situation de vie et de mort, décédée du fait de ne pas avoir un abri, c'est une réelle
00:53catastrophe.
00:56La moyenne d'âge au décès est extrêmement basse. Elle est de 49 ans pour 2022. Selon les années,
01:03elle va fluctuer à 48 ans, 48 ans et demi, mais elle n'a jamais dépassé 50 ans, ce qui
01:08fait 30 ans de
01:08vie en moins que la moyenne nationale. Dans des conditions de décès effroyables, beaucoup de
01:17morts violentes, des agressions, des maladies, des problématiques de santé, décédés sur la voie
01:26publique dans des abris de fortune, dans un squat, sous une tente, dans un campement, dans une voiture
01:31ou dans un centre d'hébergement. Et que l'on recense autant de décès, des centaines. Et si on se
01:37réfère à
01:38notre dernier croisement de données avec l'Inserm CPIDC, il faudrait multiplier nos données environ par
01:47six fois plus. Ça représenterait plus de 3600 personnes qui seraient susceptibles d'être décédées
01:53en 2022. Voilà, le bilan est effroyable.
02:01Le collectif Gandhi, on est de plus en plus après l'interpellation des pouvoirs publics. Je pense
02:06qu'elle doit continuer parce que malheureusement, je suis heureuse de voir qu'aujourd'hui il y a des
02:10médias et qu'on va pouvoir justement faire que cet hommage y soit entendu. Je pense qu'on attend tous
02:15et
02:15toutes qu'Emmanuel Macron respecte ce qu'il avait dit il y a maintenant six ans, c'est-à-dire
02:19plus une
02:19seule personne à la rue. Mais ce n'est pas le cas. Il y a encore des personnes à la
02:23rue et il y a encore
02:23des personnes qui meurent à la rue. Donc en plus de les rendre hommage, avant ça en fait il faudrait
02:28mettre des personnes à l'abri, recréer des logements, des solutions d'hébergement en nombre. Et là,
02:34pour l'instant, il y a un peu une inaction. Si on perd son logement pour X raisons, on n
02:39'en
02:39retrouve pas. Surtout si on a peu de moyens. Donc c'est vrai qu'on est un pays où on
02:46dépense beaucoup
02:47d'argent pour le logement, nous dit-on. Parce qu'il y a peu de gens qui ont envie de
02:53vivre à la rue
02:55et dans des conditions précaires. En fait, il y a une fragilité énorme sur ce volet-là de nos politiques
03:03publiques.
03:09Nous faisons le décompte de ceux qui vivent dans la rue. Pas seulement les morts, parce qu'avant de
03:15mourir, il y a d'abord une vie. Il y a une souffrance qui se passe et puis de temps
03:21en temps, nous allons
03:22vers des personnes. Il y a ceux qu'on n'arrive pas à identifier. Ils n'ont pas de nom
03:27de famille. Parfois, vous leur
03:28demandez, ils ne le savent pas. Donc nous faisons des recherches par rapport à cela.
03:33On accompagne des personnes décédées. C'est-à-dire qu'on va à l'hôpital et là, on est pris
03:38en charge par la voiture
03:39des bombes funèbres. On voit les personnes qui sont décédées. Moi, j'aime beaucoup voir leur visage
03:44parce que c'est leur donner un nom. Ce n'est plus une personne de la rue. C'est Monsieur
03:48X, Y avec ce visage-là.
03:51Et après ça, avec les peu d'éléments qu'on a, on essaie de faire un hommage le plus personnalisé
03:57possible
03:57pour rendre un hommage à cette personne. Le but, ce n'est pas de dire que c'est un mort
04:01de la rue.
04:02C'est Jean-Claude, c'est Catherine, etc.
04:04Je crois qu'il y a quand même aussi la honte de se faire aider. C'est difficile d'accepter
04:10que quelqu'un intervienne dans sa vie. Je crois qu'il faut rester très humble et quelque part
04:21admiratif quand même du parcours de ces gens qui sont dans la rue parce que ce n'est pas simple.
04:26Et si on peut aider un petit peu dans leur quotidien, même sans les sortir de la rue,
04:31mais leur dire que ce sont des hommes et des femmes et qu'ils sont dignes.
04:35Il faut leur rendre leur dignité, toujours.
04:37Les seigneurs et les princesses, il n'y en a plus beaucoup.
04:43Mais vivre sans tendresse, on ne le pourrait pas.
04:49Non, non, non, non, on ne le pourrait pas.