00:27C'est une colère, mais c'est d'abord
00:29une folle inquiétude pour l'avenir du soin, du soin psychique des enfants.
00:35Nous, on travaille en CMPP et on s'aperçoit de plus en plus que l'institution est complètement menacée.
00:42Et au-delà de l'institution, je pense que c'est toute la question du soin,
00:46c'est-à-dire du travail de parole, de la manière dont on accueille un enfant,
00:50dont on prend soin de sa famille, qui est complètement bouleversée,
00:54remis en question au nom d'approches qui sont beaucoup plus...
01:00Alors, le mot qui me vient, c'est bureaucratique, il y en aurait d'autres.
01:03En tout cas, c'est très mécanique.
01:05Voilà, c'est très mécanique.
01:06Et il y a eu différentes actions politiques ces derniers temps qui ont mis le feu aux poudres.
01:13Il y a un projet de loi santé qui est en train d'être travaillé en ce moment,
01:17qui va être proposé aux députés, aux sénateurs.
01:19Donc on alerte un petit peu, on est là aussi pour alerter députés et sénateurs,
01:24et voir le ministre.
01:26On espère être reçu aujourd'hui pour discuter aussi de l'état du soin en France,
01:31mais en règle générale.
01:35Moi, je suis éducatrice spécialisée, il parle du Ségur,
01:38on était soignants en période de Covid, on a laissé tout ouvert, le XAPA,
01:42et à l'heure d'aujourd'hui, on n'est plus soignants.
01:44Donc parce qu'il parle de Ségur, donc nous, on n'a pas le droit au Ségur,
01:47parce qu'on n'est pas soignants, finalement.
01:49Avec des risques psychosociaux qui sont quand même assez conséquents
01:53au niveau de la pratique, au niveau du quotidien,
01:55et on n'est pas assez reconnus.
01:57Et c'est d'ailleurs pour ça qu'il y a mon affiche.
02:00Ce qu'on demande, c'est une augmentation de salaire,
02:02une augmentation de reconnaissance.
02:04On galère, en fait, on fait des boulots quand même qui sont compliqués.
02:07On est là pour les gens, on est là pour l'humain.
02:09Nous, au départ, si on s'est lancé dans ce boulot-là, c'est pour l'humain.
02:12Et finalement, on n'est pas reconnus, ou pas assez en tout cas,
02:17avec des salaires de misère, et plein de conditions de travail
02:22qui sont en manque de moyens, en manque de ceci, en manque de cela.
02:25C'est un tout, en fait.
02:27Et je rejoins ma collègue.
02:29Le principal problème, c'est qu'on est vraiment confronté
02:32aux risques psychosociaux.
02:33Je pense que c'est vraiment ça qui est à souligner,
02:35que pendant la crise du Covid, on a souligné énormément le fait
02:39qu'il fallait valoriser les soignants, valoriser la santé mentale et physique.
02:44Or, on n'est pas du tout valorisés.
02:46On n'est pas du tout valorisés.
02:48C'était quelque chose de publicitaire, c'était quelque chose de marketing.
02:52Mais nous, on y est au quotidien, il ne se passe rien.
02:54Et la réalité, elle est là.
02:56Pour la case du médico-social et de la psychiatrie,
03:00pour la case du médico-social et de la psychiatrie,
03:04pour la case du médico-social et de la psychiatrie.
03:07Il y a beaucoup de psychologues, on le sait,
03:09mais il y a aussi des psychomotriciens qui souhaitaient également,
03:13qui sont sans doute là, des ergothérapeutes, des psédo-psychiatres.
03:18Je ne sais pas s'ils sont là, mais je sais que certains nous soutiennent.
03:21Effectivement, c'est toute une vision du soin à la française qu'on défend
03:25parce qu'on a mis en place ces structures de soins
03:28justement pour pallier la difficulté pour certaines familles
03:32d'accéder à un soin de qualité.
03:35Et donc, quelquefois, une seule séance par semaine ne suffira pas.
03:38Et une seule vision du soin ne suffira pas.
03:41Et le travail que nous faisons dans les structures de soins,
03:44nous avons des réunions de synthèse où nous pensons le soin des enfants,
03:47des adolescents.
03:49Et c'est cette pensée du soin qui va tout changer.
03:53Et c'est ça qui va soigner.
03:54Car si vous avez entendu parler des plateformes,
03:58nous, nous sommes très réticents ou très interrogatifs
04:01par rapport à ces plateformes,
04:03car ce seront des gens qui ne recevront pas de manière physique les patients.
04:09Et donc, ça sera des plateformes téléphoniques, de guidage et d'orientation.
04:12Nous ne voulons pas des plateformes de tri.
04:14Nous ne voulons pas trier les patients.
04:16Nous voulons les soigner.
04:21On a tenu à être présents à double titre.
04:24La première raison, c'est qu'on partage le désarroi
04:27de l'ensemble de nos collègues du médico-social et du soin psychique
04:30face à la casse absolue au démantèlement de nos institutions
04:36et à l'impossibilité croissante de bien travailler auprès de nos patients.
04:40Toutes professions confondues.
04:42Et puis, on a, nous, des revendications spécifiques
04:46propres à notre corps de métier,
04:47mais qui s'inscrivent dans la volonté farouche
04:51de préserver un soin de qualité
04:53à côté de tous nos collègues, toutes professions confondues.
04:57Le gouvernement crée des mesures qui sont maltraitantes,
05:01qui sont vraiment très méprisantes à l'égard de nos patients,
05:04comme de tous les psychologues.
05:06Et nous ne pouvons plus accepter ça, en fait.
05:07Le gouvernement a décidé de rembourser les séances de psychothérapie
05:11pour les psychologues libéraux.
05:13Sur le principe, les psychologues sont tout à fait d'accord
05:15que les psychothérapies puissent être remboursées.
05:18Notre slogan, c'est « Oui au remboursement, mais pas n'importe comment ».
05:21Et en fait, le souci, c'est que c'est fait vraiment n'importe comment.
05:24C'est une mesure qui est vraiment de la poudre aux yeux.
05:27C'est uniquement à visée électorale.
05:29Les Français attendent janvier 2022 avec impatience
05:32parce qu'ils ont entendu ces annonces.
05:34Mais en fait, ils vont être extrêmement déçus
05:36parce qu'il n'y a quasiment personne qui va pouvoir avoir accès à ce dispositif.
05:38Les personnes qui souhaitent consulter un psychologue,
05:41qui sont mal, qui sont en souffrance psychique,
05:43ne vont jamais réussir à intégrer ce dispositif.
05:46Aussi, c'est uniquement les troubles anxieux ou dépressifs
05:49d'intensité légère à modérée
05:51qui rentrent dans les critères d'inclusion dans le dispositif.
05:54Et tous les autres patients.
05:55Donc ça veut dire qu'en fait, le gouvernement dit
05:57« Tous les autres patients, vous n'avez pas le droit d'être remboursés ».
06:00Donc nous sommes vent debout contre cette mesure
06:03que nous trouvons discriminante,
06:05que nous trouvons maltraitante.
06:07Ce n'est pas possible de dire aux victimes de violences familiales,
06:11de dire aux victimes d'abus sexuels,
06:13de dire aux personnes qui souffrent de troubles,
06:14qui ne sont pas légers ou modérées,
06:17de leur dire tout simplement
06:18« Vous, vous n'avez pas accès au remboursement.
06:20Donc vous, on ne s'en intéresse pas. »
06:23« Ça n'est pas possible ! »