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  • il y a 1 semaine
Psychologues, psychiatres, orthophonistes, éducateurs spécialisés, ergothérapeutes et d’autres professions du médico-social se sont donné rendez-vous devant le ministère de la Santé et des Solidarités à Paris, pour dénoncer ce qu’ils perçoivent comme la « destruction du système de santé ».

Politiques de santé inadaptées voire contreproductives, manque de moyens et de personnel, salaires contestés et absence de reconnaissance… Tous espéraient faire entendre leurs revendications communes, mais aussi singulières à chaque profession, à quelques pas du ministère, alors qu’une délégation était reçue dans les locaux. Reportage.

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Transcription
00:27C'est une colère, mais c'est d'abord
00:29une folle inquiétude pour l'avenir du soin, du soin psychique des enfants.
00:35Nous, on travaille en CMPP et on s'aperçoit de plus en plus que l'institution est complètement menacée.
00:42Et au-delà de l'institution, je pense que c'est toute la question du soin,
00:46c'est-à-dire du travail de parole, de la manière dont on accueille un enfant,
00:50dont on prend soin de sa famille, qui est complètement bouleversée,
00:54remis en question au nom d'approches qui sont beaucoup plus...
01:00Alors, le mot qui me vient, c'est bureaucratique, il y en aurait d'autres.
01:03En tout cas, c'est très mécanique.
01:05Voilà, c'est très mécanique.
01:06Et il y a eu différentes actions politiques ces derniers temps qui ont mis le feu aux poudres.
01:13Il y a un projet de loi santé qui est en train d'être travaillé en ce moment,
01:17qui va être proposé aux députés, aux sénateurs.
01:19Donc on alerte un petit peu, on est là aussi pour alerter députés et sénateurs,
01:24et voir le ministre.
01:26On espère être reçu aujourd'hui pour discuter aussi de l'état du soin en France,
01:31mais en règle générale.
01:35Moi, je suis éducatrice spécialisée, il parle du Ségur,
01:38on était soignants en période de Covid, on a laissé tout ouvert, le XAPA,
01:42et à l'heure d'aujourd'hui, on n'est plus soignants.
01:44Donc parce qu'il parle de Ségur, donc nous, on n'a pas le droit au Ségur,
01:47parce qu'on n'est pas soignants, finalement.
01:49Avec des risques psychosociaux qui sont quand même assez conséquents
01:53au niveau de la pratique, au niveau du quotidien,
01:55et on n'est pas assez reconnus.
01:57Et c'est d'ailleurs pour ça qu'il y a mon affiche.
02:00Ce qu'on demande, c'est une augmentation de salaire,
02:02une augmentation de reconnaissance.
02:04On galère, en fait, on fait des boulots quand même qui sont compliqués.
02:07On est là pour les gens, on est là pour l'humain.
02:09Nous, au départ, si on s'est lancé dans ce boulot-là, c'est pour l'humain.
02:12Et finalement, on n'est pas reconnus, ou pas assez en tout cas,
02:17avec des salaires de misère, et plein de conditions de travail
02:22qui sont en manque de moyens, en manque de ceci, en manque de cela.
02:25C'est un tout, en fait.
02:27Et je rejoins ma collègue.
02:29Le principal problème, c'est qu'on est vraiment confronté
02:32aux risques psychosociaux.
02:33Je pense que c'est vraiment ça qui est à souligner,
02:35que pendant la crise du Covid, on a souligné énormément le fait
02:39qu'il fallait valoriser les soignants, valoriser la santé mentale et physique.
02:44Or, on n'est pas du tout valorisés.
02:46On n'est pas du tout valorisés.
02:48C'était quelque chose de publicitaire, c'était quelque chose de marketing.
02:52Mais nous, on y est au quotidien, il ne se passe rien.
02:54Et la réalité, elle est là.
02:56Pour la case du médico-social et de la psychiatrie,
03:00pour la case du médico-social et de la psychiatrie,
03:04pour la case du médico-social et de la psychiatrie.
03:07Il y a beaucoup de psychologues, on le sait,
03:09mais il y a aussi des psychomotriciens qui souhaitaient également,
03:13qui sont sans doute là, des ergothérapeutes, des psédo-psychiatres.
03:18Je ne sais pas s'ils sont là, mais je sais que certains nous soutiennent.
03:21Effectivement, c'est toute une vision du soin à la française qu'on défend
03:25parce qu'on a mis en place ces structures de soins
03:28justement pour pallier la difficulté pour certaines familles
03:32d'accéder à un soin de qualité.
03:35Et donc, quelquefois, une seule séance par semaine ne suffira pas.
03:38Et une seule vision du soin ne suffira pas.
03:41Et le travail que nous faisons dans les structures de soins,
03:44nous avons des réunions de synthèse où nous pensons le soin des enfants,
03:47des adolescents.
03:49Et c'est cette pensée du soin qui va tout changer.
03:53Et c'est ça qui va soigner.
03:54Car si vous avez entendu parler des plateformes,
03:58nous, nous sommes très réticents ou très interrogatifs
04:01par rapport à ces plateformes,
04:03car ce seront des gens qui ne recevront pas de manière physique les patients.
04:09Et donc, ça sera des plateformes téléphoniques, de guidage et d'orientation.
04:12Nous ne voulons pas des plateformes de tri.
04:14Nous ne voulons pas trier les patients.
04:16Nous voulons les soigner.
04:21On a tenu à être présents à double titre.
04:24La première raison, c'est qu'on partage le désarroi
04:27de l'ensemble de nos collègues du médico-social et du soin psychique
04:30face à la casse absolue au démantèlement de nos institutions
04:36et à l'impossibilité croissante de bien travailler auprès de nos patients.
04:40Toutes professions confondues.
04:42Et puis, on a, nous, des revendications spécifiques
04:46propres à notre corps de métier,
04:47mais qui s'inscrivent dans la volonté farouche
04:51de préserver un soin de qualité
04:53à côté de tous nos collègues, toutes professions confondues.
04:57Le gouvernement crée des mesures qui sont maltraitantes,
05:01qui sont vraiment très méprisantes à l'égard de nos patients,
05:04comme de tous les psychologues.
05:06Et nous ne pouvons plus accepter ça, en fait.
05:07Le gouvernement a décidé de rembourser les séances de psychothérapie
05:11pour les psychologues libéraux.
05:13Sur le principe, les psychologues sont tout à fait d'accord
05:15que les psychothérapies puissent être remboursées.
05:18Notre slogan, c'est « Oui au remboursement, mais pas n'importe comment ».
05:21Et en fait, le souci, c'est que c'est fait vraiment n'importe comment.
05:24C'est une mesure qui est vraiment de la poudre aux yeux.
05:27C'est uniquement à visée électorale.
05:29Les Français attendent janvier 2022 avec impatience
05:32parce qu'ils ont entendu ces annonces.
05:34Mais en fait, ils vont être extrêmement déçus
05:36parce qu'il n'y a quasiment personne qui va pouvoir avoir accès à ce dispositif.
05:38Les personnes qui souhaitent consulter un psychologue,
05:41qui sont mal, qui sont en souffrance psychique,
05:43ne vont jamais réussir à intégrer ce dispositif.
05:46Aussi, c'est uniquement les troubles anxieux ou dépressifs
05:49d'intensité légère à modérée
05:51qui rentrent dans les critères d'inclusion dans le dispositif.
05:54Et tous les autres patients.
05:55Donc ça veut dire qu'en fait, le gouvernement dit
05:57« Tous les autres patients, vous n'avez pas le droit d'être remboursés ».
06:00Donc nous sommes vent debout contre cette mesure
06:03que nous trouvons discriminante,
06:05que nous trouvons maltraitante.
06:07Ce n'est pas possible de dire aux victimes de violences familiales,
06:11de dire aux victimes d'abus sexuels,
06:13de dire aux personnes qui souffrent de troubles,
06:14qui ne sont pas légers ou modérées,
06:17de leur dire tout simplement
06:18« Vous, vous n'avez pas accès au remboursement.
06:20Donc vous, on ne s'en intéresse pas. »
06:23« Ça n'est pas possible ! »

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