00:00C'est la mise à mort pré-programmée des psychologues, cliniciens, psychothérapeutes au Libéral.
00:04C'est un assassinat pré-programmé de la profession qui ne pourra plus vivre.
00:08Parce qu'au Libéral, vous avez des cotisations sociales et des charges entre 40 à 60%.
00:13Avec une rémunération à 22 euros brut, vous ne pouvez plus vivre.
00:16En fait, on a fait le calcul, vous obtenez environ 8 euros la consultation
00:20et vous vivez en dessous du SMIC français par mois, en dessous de 1 200 euros par mois.
00:24Comment une profession à minimum Bac plus 5 peut survivre avec moins que le SMIC par mois ?
00:44Nous, ce qu'on exige, c'est d'être à la table des négociations avec les instances, avec le ministère.
00:50On exige que les mesures soient prises pour les psychologues, avec les psychologues et pas sans les psychologues.
00:55On souhaite co-construire avec le gouvernement une convention de remboursement réaliste, réalisable
01:03et surtout respectueuse de la déontologie, respectueuse des patients, respectueuse des professionnels.
01:10La plupart des psychologues n'ont même pas touché le Ségur de la santé.
01:14En fait, les salaires n'ont pas bougé depuis plus de 20 ans dans la fonction publique hospitalière.
01:19C'est vraiment une catastrophe.
01:20Les psychologues commencent quand même à 1 400 euros net par mois dans la fonction publique hospitalière.
01:25Ça augmente extrêmement, extrêmement lentement pour arriver souvent très vacataire.
01:30Plusieurs CDD avant d'être CDIsé avec une vraie difficulté à accéder à la titularisation.
01:36Exactement, on peut être en CDD pendant des années.
01:40Moi, par exemple, je suis en CDD toujours.
01:48Être dans l'angoisse et l'anticipation de la crise sanitaire, ça a vraiment révélé d'autres problèmes
01:54qui n'étaient peut-être pas tout aussi présents chez les personnes ou alors qui étaient déjà présents
01:59mais qui étaient amoindriés ou qui étaient camouflés par la vie quotidienne.
02:04Et le fait d'être enfermé seul avec soi-même chez soi, ça a multiplié les sensations de souffrance.
02:10Et en fait, les personnes qui ont vécu le confinement et qui ont été, on peut le dire,
02:14certaines très traumatisées par le confinement, elles ne sont pas toutes à 100% malades.
02:18Il faut vraiment distinguer la psychiatrie de la souffrance psychique que tout le monde et tout à chacun peut vivre.
02:28L'annonce de la prise en charge et du remboursement des consultations par les psychologues
02:34est très séduisante pour le grand public qui ne connaît pas forcément notre métier
02:39et qui se dit qu'il va pouvoir consulter sans que ça lui coûte.
02:44Mais il faut bien expliquer que c'est une fausse bonne idée.
02:47Le tarif annoncé et dérisoire ne va pas permettre aux psychologues d'exercer dans de bonnes conditions.
02:56Donc ça risque, contrairement à ce qui est annoncé,
02:59de dégrader considérablement la qualité de la prise en charge des concitoyens
03:05qui, effectivement, on l'a vu depuis la crise sanitaire,
03:09ne sont pas tous en forme psychologiquement parlant.
03:13Il va falloir travailler sur prescription du médecin,
03:17qui va décider du médecin qui, au passage, n'y connaît rien,
03:22qui va décider que le patient est éligible ou non à des consultations chez le psychologue.
03:27En nombre limité à l'avance, ça va vraiment être un parcours du combattant.
03:33Donc sous couvert d'une annonce de prise en charge gratuite, entre guillemets, pour tous,
03:38on va se retrouver dans une situation où, finalement,
03:42qui va pâtir de ça les plus vulnérables ?
03:45Et ceux qui ne vont pas pouvoir être pris en charge mieux ailleurs,
03:50et peut-être à leurs frais.
03:56Nous, on ne travaille pas en libéral, on travaille à l'hôpital.
04:00Et pourquoi on est là aussi ?
04:01Parce que du moment où les remboursements vont avoir lieu pour les psys en libéral,
04:06nous, ça risque de changer notre pratique à l'hôpital.
04:10C'est-à-dire qu'on va commencer à nous demander à faire un nombre d'actes par jour ou
04:15par semaine,
04:16ce qui ne correspond pas à notre travail dans les services.
04:20Parce que nous, dans les services, quand on accompagne des familles,
04:22des fois, ça peut être une famille pour une journée.
04:25Ça dépend du nombre de gens qu'on doit rencontrer.
04:28Et on n'est pas là pour faire 12 patients à la journée, quoi.
04:31Les services publics sont sinistrés.
04:34On se décharge sur les libéraux, qu'on précarise un peu plus.
04:37Enfin, c'est pas sérieux.
04:39C'est séduisant.
04:40Politiquement, c'est séduisant, mais c'est pas sérieux.
04:42Et quiconque a éprouvé déjà un peu sa vulnérabilité
04:47et a eu un besoin d'aide sur le plan psychologique, le comprendra.
04:51C'est vraiment pas sérieux.
04:53Avec ce remboursement, ils veulent nous faire rentrer dans le système de santé tel quel
04:59et nous mettre à la botte du médical, en fait.
05:02Or, on n'est pas des médicaux, on n'est pas des paramédicaux.
05:06Nous, on est issus des sciences sociales.
05:07Et le métier de psychologue est tellement varié.
05:10Il y a les psychologues du travail, il y a les psychologues cliniciens.
05:12Il y en a qui ne le sont pas, il y en a qui font de la recherche.
05:15On ne peut pas paramédicaliser notre profession, quoi.
05:19Et sous couvert de faire des économies, ça va faire beaucoup, beaucoup de casses.
05:23Et coûter très, très cher à moyen et à long terme, en termes de souffrance psychique.
05:28Et on sait combien la souffrance psychique s'est accentuée ces deux dernières années.
05:38Je crois qu'il y a eu deux psys invités aux assises, sachant qu'on est 75 000 psychologues en
05:45France
05:46et qu'il n'y a que 15 000 psychiatres en France.
05:49Et donc, la représentation, elle est nulle.
05:52Et depuis le mois de juin, on a des députés qui reprennent nos questions à l'Assemblée.
05:59Et qui sont, enfin, toutes les questions, c'est...
06:02Véran les envoie bouler, quoi.
06:03C'est-à-dire, toutes les revendications, tout ce qu'on explique, c'est vraiment comme si on pissait dans
06:08un violon, quoi.
06:09Les psychologues ne défendent pas seulement leur bout de gras et le tarif de leur consultation.
06:13C'est vraiment, en matière de santé mentale, tout professionnel confondu,
06:18et plus largement la question de la société dans laquelle on veut vivre,
06:22et des structures, des dispositifs que l'on veut privilégier
06:26pour prendre en charge les plus vulnérables d'entre nous.
06:30Parce que c'est ça dont il est question.
06:31Donc, baïonner les psychologues, c'est aussi baïonner la parole.
06:36C'est baïonner le fait de pouvoir parler contre une société qui ne veut que du chiffre et de l
06:43'évaluation.
06:44C'est ça, en fait.
06:46Bonjour à tous. Je m'appelle Laurent Laporte, je suis le secrétaire général de la...
06:50La Covid a été le prétexte de fermer de nombreux services en psychiatrie,
06:53de redéployer le personnel où il y a manqué,
06:55et finalement, de baisser l'offre de soins pour les patients qui en ont besoin.
06:59Et ça, c'est absolument scandaleux.
07:01Aujourd'hui, quand on est un patient, qu'on souffre de troubles mentaux,
07:05il est extrêmement compliqué de se faire hospitaliser en France.
07:07Il est extrêmement compliqué d'être admis pour des soins.
07:10Et il faut en arriver parfois à des gestes extrêmes pour qu'ils soient reçus.
07:14C'est vraiment regrettable.
07:15Ce que proposent Macron et Véran, c'est un tri des patients.
07:19C'est-à-dire qu'on va graduer l'état des patients pour les hospitaliser.
07:24Mais c'est complètement méconnaître les troubles en psychiatrie.
07:27Aujourd'hui, c'est la dictature du moindre coût, de la durée moyenne de séjour.
07:31Quelle que soit la pathologie, il ne faut pas les garder plus de trois semaines.
07:35Il faut les faire sortir.
07:37Donc c'est ce qu'on fait.
07:38Parfois, on fait sortir des patients, on les réadmet le lendemain.
07:40Et parfois, on ne les réadmet pas tout simplement parce qu'on les a fait sortir
07:43dans de mauvaises conditions et ils se sont suicidés.
07:45Donc c'est absolument dramatique ce qui est en train de se vivre.
07:48Les patients qui ne seront pas accueillis à l'hôpital psy seront soit à la charge des familles
07:53qui n'ont pas du tout les moyens pour contenir parfois les troubles mentaux de leurs proches.
07:57Et ça, c'est insupportable de remettre cette charge-là sur le dos des familles.
08:02Ou alors seront désocialisés, désinsérés et finiront par traîner dans la rue.
08:06Et on le voit, nombre de SDF sont en fait des patients psy qui mériteraient d'être pris en charge
08:10et d'être à l'hôpital.
08:11Donc oui, il y a une mobilisation qui est forte, mais en plus, il y a le printemps de la
08:15psychiatrie qui est là
08:15pour défendre plus globalement les soins psychiatriques parce que les psychologues ne travaillent pas qu'en psychiatrie.
08:20On les retrouve un peu partout.
08:21Donc le psychologue, c'est vraiment dans la fonction publique territoriale.
08:24C'est vraiment une profession qui est transversale.
08:27Donc il y a deux mouvements qui se rejoignent aujourd'hui, les psychologues et le printemps de la psychiatrie
08:31qui alertent sur la destruction des moyens mis à disposition des patients.
08:34Et ça, c'est plutôt bien qu'il y ait une convergence des luttes.
08:42Et ça, c'est vraiment très le plus.
08:46Et ça, c'est vraiment très le plus.
08:49Et là, il y a aussi un peu de choses qui sont l'immigration,
08:49et ça, c'est vraiment très le plus.
08:50Mon commentaire, c'est vraiment très le plus.
08:51Et ça, c'est vraiment très le plus.
08:52Allez !