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  • il y a 3 semaines
Alors que le groupe Total compte transformer sa raffinerie de Grandpuits (Seine-et-Marne) en une plateforme de production de biocarburant et de bioplastique, supprimant ainsi près de 700 emplois, les syndicats sont en lutte depuis plusieurs mois pour la préservation de l'emploi et de l'activité.

Adrien Cornet, représentant CGT Grandpuits, rappelle que si cette transformation s'effectue sous couvert de préservation de l'environnement, les organisations écologistes consultées par la CGT contestent cette version. « Greenpeace, les Amis de la Terre, tous nous ont assuré que ça n'était pas écologique de fermer aujourd'hui une raffinerie, pour aller produire du plastique et de l'agro-kérosène demain », souligne-t-il.

Et la liste des paradoxes ne s'arrête pas là. « En parallèle, Total construit un pipeline de 1 600 km en Ouganda en plein milieu d’un parc naturel, et lance un projet gazier au Mozambique pour plus de 20 milliards d’investissements », rappelle Adrien Cornet. Ce qui revient, donc, à délocaliser la production de carburant polluant dans des pays à moindres normes sociales et environnementales.

« C'est ça, la transition écologique aux mains des patrons » accuse Adrien Cornet. Pour faire face, la CGT Grandpuits s'est rapproché de militants écologistes, avant d'aboutir à un mot d'ordre commun: «nationaliser l’ensemble du secteur du raffinage et le mettre sous contrôle ouvrier pour protéger les travailleurs, et la planète » détaille le représentant CGT. « Car nous, ouvriers, n'avons aucun intérêt à polluer. On veut protéger notre famille, nos enfants, qui habitent autour des raffineries », appuie-t-il.

Le représentant CGT appelle ainsi à placer le secteur des raffineries sous contrôle ouvrier pour une période transitoire, et à mettre « autour de la table des ingénieurs spécialisés et des ouvriers pour réfléchir à un projet voué au bien commun ».

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Transcription
00:00Aurélien Cornet, bonjour. Vous êtes représentant CGT à la raffinerie Grand Puy.
00:04Vous luttez depuis des mois pour la préservation de l'activité et de l'emploi.
00:09On a un projet porté par Total. Qu'est-ce que vous proposez comme alternative ?
00:12Nous, à la CGT Grand Puy, on s'oppose avant tout aux 700 emplois qui vont être supprimés.
00:18Et en fait, la définition de savoir si c'était bien écologique ou pas,
00:22on a été chercher vers des gens qui sont spécialistes de ça,
00:25les organisations écolo, notamment les Amis de la Terre et Greenpeace,
00:28et avec qui on avait déjà fondé des alliances pendant la bataille de la fermeture de la Maine,
00:33mais aussi celle de Flandre en 2010.
00:35Et en réalité, ils nous ont dit bien sûr que non, ce n'est pas écologique.
00:38On ne peut pas demain fermer une raffinerie pour ensuite produire du plastique à base d'agrocarburant
00:44et faire aussi de ce qu'on appelle de l'agro kérosène,
00:49c'est-à-dire mettre des huiles, notamment de soja ou de l'huile de palme dans les avions.
00:54Ça, ce n'est pas du tout écologique.
00:56Et puis, en parallèle de fermer les raffineries, notamment celle de Grand Puy,
01:01Total construit un pipeline en Ouganda au milieu des parcs naturels qui fait 1500 kilomètres.
01:06Il fait un projet gazier au Mozambique qui fait plus de 20 milliards d'investissements.
01:10Voilà, c'est ça la transition écologique aux mains des patrons.
01:13Et c'est ça qu'on voulait dénoncer.
01:14C'est pour ça qu'on s'est organisé, qu'on a créé justement ce modèle, cette méthode Grand Puy
01:19avec les écolos.
01:21Et qu'à la fin, on a même fait ce mode ordre commun qui est la volonté de nationaliser l
01:26'ensemble du secteur du raffinage
01:27et de le mettre sous contrôle ouvrier pour protéger les travailleurs et la planète.
01:33Ce que vous expliquez là, c'est que ce n'est pas un projet écologique, c'est une délocalisation.
01:36Voilà, tout simplement. On va aller produire de l'essence, des carburants dans des pays où les normes sociales et
01:43environnementales sont moindres par rapport à la France.
01:46Et du coup, augmenter les profits. C'était tout simplement ça le projet.
01:49Et nous, ce qu'on propose à la place, c'est d'abord, dans cette période transitoire, de laisser tourner
01:55les raffineries,
01:56mais de la mettre sous contrôle ouvrier parce que nous, on n'a aucun intérêt à polluer.
02:00Et justement, on protège notre famille, on protège nos enfants qui habitent autour des raffineries.
02:04Mais ensuite, de dire, voilà, pensons un projet qui dépasse les énergies fossiles parce qu'on le veut.
02:09Nous, on est concerné par cette transition, mais pour les dépasser, il faut du temps.
02:14Il faut se mettre autour de la table avec des ingénieurs qui soient spécialisés là-dedans,
02:17mais aussi des ouvriers qui portent sur leurs conditions de travail, les conditions de sécurité.
02:21Et ensemble, on fait un projet pour le bien commun.
02:23Sous-titrage Société Radio-Canada

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