00:00Parce que les étrangers font partie de la richesse de notre pays lorsqu'ils veulent s'intégrer, lorsqu'ils parlent
00:04notre langue, lorsqu'ils veulent élever les enfants dans la patrie des droits de l'homme.
00:07Et on les intègre pas assez bien, parce qu'il n'y a pas assez de travail parfois, parce qu
00:11'il y a trop de limitations pour eux pour s'intégrer, pas assez de logements, pas assez d'accessibilité à
00:16la langue française.
00:17Et puis ils visent aussi à expulser les personnes qui ne respectent pas notre droit.
00:20On va en parler.
00:21Qui commettent des actes de délinquance et qu'on doit davantage pouvoir reconduire dans leur pays d'origine.
00:25Donc c'est à la fois mieux intégré et puis mieux expulsé parce qu'il s'agit de deux publics
00:28évidemment très différents.
00:29On n'en peut plus de ce poncif, je vais le dire comme ça, ce poncif humanité et fermeté sur
00:33les politiques migratoires.
00:35D'abord parce qu'aujourd'hui en matière d'humanité, il est clair que nous avons beaucoup, beaucoup de progrès
00:41à faire sur la façon dont encore une fois on traite les personnes migrantes sur notre sol à Calais, à
00:47Brionçon, à Paris ou ailleurs.
00:48Et ensuite parce qu'en fait pour nous, ce n'est pas une question de et ou humanité et fermeté.
00:54C'est qu'en fait, il y a une règle absolue, c'est le respect des droits fondamentaux et de
00:59la dignité des personnes.
01:00Et donc ça, ce n'est pas négociable.
01:02C'est humanité point barre, respect des droits point barre, respect de la dignité point barre.
01:06Et donc on ne peut pas laisser croire qu'on pourrait négocier ou faire des compromis sur cette question du
01:11respect des droits et des libertés fondamentales.
01:13C'est quelque chose qui est non négociable.
01:15Et donc il faut absolument en finir avec cette petite musique de l'humanité ou de la fermeté qui pour
01:20nous est simplement une manière en fait de contourner nos obligations en matière de droit en direction des personnes réfugiées
01:27et migrantes.
01:38Et tant qu'on n'aura pas fait ce changement de braquet, j'ai envie de dire, on courra à
01:43l'échec parce que les personnes continueront à venir, parce qu'il y aura des drames humains,
01:47parce que l'extrême droite aura beau rejeu de dire que les politiques migratoires sont trop laxistes et inefficaces,
01:53et parce qu'on ne se posera pas les bonnes questions et on laissera des gens, encore une fois, dans
01:56des situations dramatiques, y compris sur notre sol,
01:59sans se poser la question de savoir comment est-ce qu'on peut les accueillir dans le respect de la
02:03dignité et de leurs droits fondamentaux.
02:05Donc avant de rentrer dans les mesures précises du projet de loi, nous on veut vraiment poser cette question politique
02:10préalable de quelle place voulons-nous donner aux migrations dans notre monde et dans nos politiques publiques.
02:16Et c'est vraiment important de commencer par poser ce débat politique.
02:24Quels sont les métiers en tension ? On n'en sait pas encore, mais c'est encore lier l'essor
02:28des immigrés au travail.
02:30C'est lier leurs deux mains et les données au patron voyou.
02:34Parce qu'une fois que le métier n'est plus en tension, il faut que la personne continue à travailler
02:39dans un autre métier en tension.
02:41C'est-à-dire qu'il ne peut pas faire d'autre travail qu'il veut.
02:44C'est un esclavage moderne, c'est les forcer à faire un travail qu'il ne veut pas.
02:47Ce que les autres ne veulent pas, c'est lui, il doit faire ça.
02:50Et ça, ce n'est pas une solution. Les gens veulent des titres parents, pas des titres temporaires.
03:01Moi, ce que j'ai envie de dire, c'est d'écouter et de relayer le travail des associations auprès
03:08des migrants,
03:09de dire l'alerte aussi que ces associations nous donnent, l'alerte sur la santé des personnes qui arrivent, santé
03:15physique, santé psychologique.
03:17Le fait aussi que ces assauts, elles sont criminalisés.
03:21Le fait aussi que le sauvetage en mer aujourd'hui n'est assuré que par ces seules associations et que
03:26si elles ne sont pas là,
03:27ce sont des gens qui meurent en plus en Méditerranée ou dans la Manche.
03:31Le fait qu'il y a des milliers et des milliers de personnes qui travaillent aujourd'hui dans une clandestinité,
03:36qui n'ont pas choisi dans notre pays et que des patrons exploitent.
03:40Voilà ce que j'ai envie de faire entendre aujourd'hui dans l'hémicycle, car je sais qu'il y
03:44a trop nombreux députés,
03:45de groupes parlementaires qui vont, eux, nous parler au QTF, délinquance, terrorisme,
03:50et d'essayer en permanence que dans les consciences, le terme étranger soit accolé à ces termes-là.
04:03Des personnes qui sont depuis de nombreuses années en France, en très très longtemps,
04:07je pense que c'est important qu'elles puissent accéder à leur régularisation,
04:10puisque de toute façon elles sont présentes sur le territoire,
04:12toutes leurs attaches sont sur le territoire français,
04:16elles travaillent, elles déclarent leurs impôts,
04:18elles ont besoin aujourd'hui d'une reconnaissance de leur intégration et des efforts qu'elles font pour s'intégrer.
04:26Et donc de toute façon c'est des personnes qui ne repartiront pas.
04:29Donc c'est très important qu'on puisse leur permettre d'accéder à un titre de séjour à la régularisation.
04:33Et on a besoin aussi de cette main d'oeuvre et de ces personnes,
04:38et c'est vraiment de la maltraitance de les maintenir aussi dans cette précarité.