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  • il y a 3 heures
Pierre Chasseray, délégué général de l'association 40 millions d'automobilistes et auteur de l’ouvrage "#BalanceTonPlein Quel est le prix de la vie d'un Français ?" chez Fayard, répond aux questions d'Alexandre Le Mer.

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00:005h, 7h, Europe 1 bonjour !
00:03Vous écoutez Europe 1 bonjour jusqu'à 7h.
00:06Il est 5h42, l'heure de retrouver votre invité, Alexandre Lemaire, Pierre Chasseret,
00:10délégué général de l'association 40 millions d'automobilistes,
00:14auteur de l'ouvrage « Balance ton plein, quel est le prix de la vie d'un Français ? »
00:18publié chez Fayard.
00:19Bonjour Pierre Chasseret !
00:20Bonjour !
00:20On attendait de la part de Sébastien Lecornu des annonces pour les lycées,
00:25et bien c'est finalement aux automobilistes que le Premier ministre les a réservés mercredi soir.
00:30Sa principale mesure, elle concerne le déblocage de 10 millions de barils de gazole
00:34puisés dans les réserves stratégiques de la France,
00:37mesure qui devrait faire baisser le prix du gazole de 12 à 18 centimes le litre à la pompe.
00:43Déjà première question, comment vous la recevez cette annonce du Premier ministre Pierre Chasseret ?
00:47De l'enfumage, de l'enfumage parce que le gouvernement essaye de faire passer cette mesure
00:52qui a été imposée par Donald Trump à la France,
00:56le Premier ministre est en train de nous donner la sensation
00:59qu'en fait cette baisse serait la résultante d'une décision de l'exécutif.
01:03Ce n'est pas du tout le cas.
01:04Revenons un petit peu sur ce qui s'est passé.
01:06Donald Trump a exhorté la France et l'Allemagne de libérer leurs stocks
01:10de manière à faire baisser légèrement les tensions sur le marché du carburant.
01:14Voilà, c'est la raison unique pour laquelle aujourd'hui la France a pris cette mesure.
01:19Maintenant, attention, le gouvernement fait un pari quand même très risqué,
01:22parce que ce pari fait part du principe que derrière,
01:26il n'y aura aucune tension au niveau international,
01:29rien qui ne va faire rebasculer les prix des carburants du mauvais côté
01:33et donc du côté de l'augmentation.
01:35C'est 18 centimes de baisse.
01:37Je trouve que Sébastien Lecornu pour l'instant est très optimiste,
01:40je l'espère, du fond du cœur.
01:42Ça ne suffira pas.
01:4318 centimes, ce n'est toujours pas assez pour les automobilistes
01:45et ce n'est pas la résultante d'une baisse de la fiscalité.
01:48C'est juste un pari parce qu'on libère des stocks, c'est tout.
01:51Bon, vous avez raison de rappeler, Pierre Chasseret,
01:52que ce n'est pas une promesse de la part du Premier ministre.
01:54C'est effectivement une estimation et qui tient, en effet,
01:58comme vous le dites, si le prix du brut ne continue pas d'augmenter encore.
02:01Or, on a beaucoup dit depuis le début de cette crise au Moyen-Orient
02:05qu'il n'y avait pas de plafond théorique pour les prix du gazole.
02:07Oui, il n'y a absolument rien.
02:09Donc, s'il y a la moindre étincelle du côté du détroit d'Hormuz
02:13ou ailleurs, dans un contexte international,
02:15les Français qui, aujourd'hui, ont entendu la promesse gouvernementale
02:19risquent d'être encore plus résignés face à l'absence de décision de l'exécutif.
02:25En revanche, j'ai beau retourner le problème dans tous les sens.
02:28Quand l'exécutif va se retrouver confronté à la baisse de la croissance,
02:32la baisse de la compétitivité, la baisse de la consommation française,
02:35parce que les prix de l'énergie sont beaucoup trop hauts,
02:38je ne vois aucun autre moyen pour l'État que de baisser les taxes.
02:43J'ai l'impression qu'on recule pour mieux sauter.
02:45On va être obligé de baisser, d'ailleurs, davantage la fiscalité
02:48parce que là, les Français ne peuvent pas s'en sortir.
02:50Vous parlez de paris risqués, Pierre Chasserey,
02:52sur les effets attendus de ce déblocage de millions de barils de gazole.
02:56On sent qu'il y a, de toute façon, un pari dans la façon de Sébastien Lecornu
03:00d'essayer d'apaiser le climat social en mêlant, comme ça,
03:02dans son allocution la crise des lycées, la crise du pouvoir d'achat.
03:07Je schématise, mais pour calmer les enfants,
03:09on commence par essayer de calmer les parents sur le prix du gazole ?
03:12J'ai plutôt l'impression qu'aujourd'hui, le gouvernement tire à vue
03:15et ne sait absolument plus de quel côté aller face à une tension en France
03:22qui est en train de monter.
03:24Qu'on soit favorable ou pas aux événements qui se passent en ce moment
03:27du côté des étudiants, dans un contexte normalement rasséréné,
03:31on n'aurait pas affaire à ce type de dérive, parce qu'il y a aussi des dérives.
03:36Eh bien, c'est la même chose sur les carburants.
03:38Les carburants, ce sont des problèmes qui sont posés sur la table
03:41et sur lesquels le gouvernement n'a absolument aucune réponse à apporter aux automobilistes.
03:46Donc, au final, qu'est-ce qu'on fait ?
03:47Eh bien, on essaye de donner l'impression qu'on s'en occupe
03:50en libérant juste des stocks stratégiques.
03:52Et j'ai envie de dire, mais pourquoi le fait-on seulement maintenant ?
03:56Ce qu'on fait maintenant, on aurait pu aussi débloquer ces stocks il y a plusieurs mois.
04:00Et donc, les reconstruire au moment où il y avait une légère baisse sur les tensions sur le marché,
04:04notamment pendant l'été.
04:06En fait, le gouvernement n'a pas anticipé du tout, pas du tout,
04:10les tensions et l'impact sur le budget des ménages.
04:13Il va falloir que ça cesse, donc il n'y a pas 5 ans de solution.
04:15Baissons la fiscalité, enfin, pour relancer l'économie en France.
04:18Sur le mécanisme, Pierre Chasserey,
04:20les distributeurs vont donc acheter ces barils de gazole à prix coûtant,
04:24enfin, en tout cas au prix où ils ont été achetés,
04:25d'avant la flambée, d'avant la guerre au Moyen-Orient.
04:27C'est ça qui va mécaniquement permettre de faire baisser les prix à la pompe ?
04:31Oui, en fait, ce sont des stocks qui ont été achetés avant
04:34qu'il y ait une tension forte sur le carburant.
04:37Donc, les distributeurs vont mélanger du carburant qu'ils ont acheté cher
04:41avec du carburant qu'ils ont acheté moins cher
04:43et tout cela, l'un dans l'autre, devrait amorcer une légère baisse.
04:48Le problème, c'est que déjà, pour répondre à la première question,
04:52est-ce que les distributeurs vont répercuter la baisse ?
04:55Évidemment, c'est un secteur extrêmement concurrentiel.
04:58Il faut savoir que même toutes petites stations-service,
05:00vous savez, les indépendants, ceux qui sont dans les petits villages,
05:03ils ne font au maximum que 5 centimes de marge par litre.
05:065 centimes.
05:07Donc, ce n'est pas du côté de la distribution qu'il va y avoir une tension.
05:10Il n'y a rien à surveiller du côté de l'État à ce niveau-là.
05:13Ce qu'il faut maintenant, c'est...
05:15Il va falloir, pour Sébastien Lecornu, et c'est un énorme pari qu'il fait,
05:18mais digne de Mme Irma,
05:20il se met à prédire, aujourd'hui, les prix des carburants dans un mois.
05:25Franchement, moi, je ne me risque pas à ça.
05:27Je n'ai pas du tout envie d'avoir des Français déçus dans un mois
05:29parce que les prix n'ont pas baissé.
05:31Bon, mais alors, débloquer 10 millions de barils de gazole,
05:33on ne se rend pas bien compte,
05:35à l'échelle nationale, ça veut dire quoi ?
05:37Ça va permettre de faire baisser les prix pendant combien de temps ?
05:39Si on décide d'être optimiste avec Sébastien Lecornu, Pierre Chasseret ?
05:42Non, on va pouvoir, techniquement, jusqu'à la fin de l'année,
05:46amorcer une baisse d'en gros, oui, une dizaine de centimes
05:50par rapport au prix du marché.
05:52C'est-à-dire qu'en fait, si on a une envolée,
05:54comme je vous le disais, avec une petite étincelle
05:56qui fait remonter les cours du pétrole,
05:58oui, il y aura les stocks stratégiques
06:00qui feront légèrement baisser de 10 à 15 centimes.
06:02Mais sur un prix plus élevé.
06:04Donc, les Français ne le verront pas.
06:05Et quand bien même, regardez aujourd'hui,
06:07avec des prix à 2,35 euros sur le diesel,
06:10vous enlevez 12 centimes, qu'est-ce qu'il reste ?
06:12Il reste un prix inacceptable.
06:13Dans tous les cas, on ne peut pas se satisfaire de ça.
06:16Et puis, il y a un autre problème aussi
06:17qu'il va falloir regarder de près.
06:19Total avait bloqué ses marges.
06:22Lorsqu'il va y avoir l'arrivée des stocks stratégiques,
06:24que va faire Total ?
06:25Est-ce qu'ils vont abaisser leur prix bloqué ?
06:29Ou est-ce qu'ils vont le laisser à 2,25 euros ?
06:32Oui, parce que si c'est le cas,
06:33ils sont au même niveau ou pas ?
06:35Et oui, 18 centimes au moins,
06:36si Total Energy garde son plafondement actuel,
06:3918 centimes, ce n'est pas assez pour aller redescendre
06:42sous les tarifs plafonnés, en effet, comme vous dites,
06:44pratiqués par Total Energy jusqu'à la fin de l'année.
06:46Le gazole, très bien, Pierre Chasserey.
06:48Alors, en revanche,
06:49pour les automobilistes qui roulent à l'essence,
06:51là, pas un mot.
06:52Ça veut dire que cette baisse ne va pas leur bénéficier.
06:54Et oui, fatalement,
06:55parce que là, on n'a pas les stocks stratégiques sur l'essence,
06:57ou en tout cas, si on en a sur le sans-plomb,
06:59on n'a pas décidé de les débloquer,
07:01parce que c'est, selon le gouvernement,
07:05légèrement moins cher.
07:06Mais non, les prix sont indécents des deux côtés.
07:09Ce que je ne comprends pas,
07:10c'est qu'on a affaire quand même à des gens
07:11qui sont à la tête du gouvernement
07:12et qui ont quand même une dimension,
07:13on ne peut pas renier qu'ils ont quand même
07:15une dimension d'État.
07:17On peut être d'accord ou pas d'accord.
07:18Ce que je ne comprends pas,
07:19c'est que ces hommes et ces femmes
07:21qui nous dirigent aujourd'hui
07:23voient le navire France couler,
07:26voient que la consommation est en berne,
07:28voient qu'on perd en PIB,
07:30qu'on perd en croissance,
07:31qu'on perd en économie,
07:32qu'on perd des dizaines de millions d'euros
07:35sur la croissance française.
07:36Et qu'est-ce qu'on fait ?
07:38Eh bien, rien.
07:38On regarde le navire couler
07:40et on ne baisse pas la fiscalité.
07:42Le seul moyen,
07:43on ne peut pas demander aux Français
07:44de dépenser l'argent,
07:45ils n'ont pas,
07:45le seul moyen aujourd'hui
07:47de relancer la consommation en France
07:48et donc la confiance,
07:50ça passe par une baisse drastique
07:52de la fiscalité
07:52d'au moins 50 centimes par litre,
07:55ce que l'Europe permet aujourd'hui
07:57en combinant la baisse de la TVA
07:59à la baisse des axes de mobilité,
08:01anciennement TICPE,
08:02anciennement TIPP.
08:04On vous a entendu,
08:05Pierre Chasserey,
08:06délégué général
08:06de l'association
08:0740 millions d'automobilistes.
08:09Merci d'avoir été avec nous ce matin.

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