Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 1 minute
Grièvement blessé jeudi en marge d’une action du groupe fémonationaliste Némésis contre la tenue d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan, un militant identitaire de 23 ans est mort à la suite d’affrontements. Une tragédie que récupèrent honteusement la droite et l’extrême droite. On fait le point avec Bruno Rieth et Aurélien Soucheyre.

✊ Faire un don défiscalisé à 66 % : https://www.humanite.fr/don
📰 Accéder aux contenus exclusifs : https://abonnement.humanite.fr/

📱 Pour ne rien manquer de l'Humanité :
Instagram : https://instagram.com/lhumanitefr
X (Twitter) : https://x.com/humanite_fr
Bluesky : https://bsky.app/profile/humanite.fr
Threads : https://www.threads.net/@lhumanitefr
TikTok : https://tiktok.com/@lhumanitefr
Twitch : https://twitch.tv/lhumanitefr

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Que sait-on des événements qui ont conduit à la mort de Quentin Deranque à Lyon ?
00:04Alors, cet après-midi, donc vers 16h, ce lundi après-midi,
00:08il y a eu une conférence de presse du procureur qui est revenue un peu sur les éléments de l
00:11'enquête.
00:13Alors à ce stade, contrairement à ce qui avait été dit au début,
00:16on sait que l'affrontement qui a conduit à la mort de Quentin,
00:22de ce jeune militant nationaliste, en fait, ne se trouve pas à côté de la salle où intervient Rima Hassan,
00:29mais intervient une demi-heure après, plus loin, le procureur explique qu'il y a un affrontement
00:34entre le service de sécurité dans lequel était Quentin, qui devait assurer la sécurité du collectif Nemesis,
00:40qui faisait un puni contre l'arrivée de Rima Hassan,
00:45s'affronte avec un groupe de 20 individus cagoulés, donc il n'a pas précisé plus que ça,
00:51s'ensuit donc une bagarre, et à ce stade de l'enquête,
00:56on sait que Quentin et deux autres personnes se retrouvent en sous-nombre à un moment donné,
01:02tombent à terre, sont tabassés, puis le groupe de la vingtaine de personnes cagoulées repart,
01:08Quentin se relève avec ses amis, fait marche un temps,
01:13et c'est là où il va commencer à ne pas se sentir bien,
01:16les secours sont appelés et on connaît la suite,
01:18il va se retrouver à l'hôpital et il va décéder.
01:21– D'abord en état de mort cérébrale, puis ensuite il décède,
01:26le procureur a dit qu'une enquête était ouverte pour homicide volontaire ?
01:29– C'est ça, absolument, à ce stade il n'y a pas eu d'interpellation,
01:34donc le procureur a précisé que l'enquête était en cours,
01:39notamment pour identifier les auteurs de ces violences,
01:42il a aussi dit quelque chose d'assez intéressant,
01:44à mon sens par rapport à l'emballement médiatique qu'il y a eu autour de ça,
01:47c'est qu'il a dit notamment que cette identification va se faire sur la base,
01:53non pas de rumeurs, mais sur les investigations des enquêteurs,
01:59puisque très rapidement après la mort de Quentin,
02:02il y a un récit médiatique qui s'est installé,
02:04notamment qui a été impulsé par l'extrême droite et ou les médias boulorés,
02:08où beaucoup de choses ont été dites, mais à ce stade de l'enquête,
02:10comme l'a dit le procureur, tous ces éléments ne sont pas confirmés,
02:14qui sont les auteurs, les circonstances exactes,
02:17parce que même s'il a commencé à dessiner un peu cet affrontement,
02:21mais il faut encore éclaircir un peu plus,
02:24donc voilà, on en est au début de l'enquête.
02:26Du point de vue des dirigeants politiques du gouvernement,
02:29des responsables des partis de droite et de gauche,
02:31tout le monde, une de façon unanime, a condamné,
02:34et c'est même beaucoup ému de la mort de Quentin de Ranck,
02:38tout le monde rappelle que la violence politique et les mises à mort,
02:42les tabassages de gens au sol sont intolérables.
02:46Par ailleurs, il y a une petite musique qui commence à monter
02:49et qui dit que la gauche, parfois c'est le mot extrême gauche qui est utilisé,
02:54parfois gauche radicale, parfois le mot France insoumise,
02:57parfois le mot gauche, aurait une responsabilité morale dans cette mort.
03:00Qu'est-ce qui permet à des journaux, des éditorialistes
03:04ou des dirigeants de droite d'affirmer ça aujourd'hui ?
03:06En fait, il faut reprendre le point de départ.
03:10C'est au moment où on apprend, alors à ce moment-là,
03:13Quentin n'est pas encore mort, mais il est déjà à l'hôpital
03:15et il est déjà dans un coma profond et en état de mort cérébrale.
03:20Tout de suite, il y a ce récit médiatique qui s'installe,
03:22notamment qui est sourcé en grosse partie par le collectif Nemesis,
03:26qui va informer une partie des journaux Figaro,
03:30mais aussi les médias Bolloré,
03:32et qui va insister sur le fait que ceux qui sont à l'origine
03:37de la mort de Quentin, c'est la jeune garde.
03:39Et la jeune garde était en train de faire le service d'ordre de Rima Hassan.
03:43Et comme Rima Hassan intervenait, il y a un lien direct
03:46entre la mort de Quentin et la France insoumise.
03:50Autre élément, on sait que Raphaël Arnaud,
03:52qui est le fondateur de la jeune garde, est député LFI.
03:54Donc, il est directement mis en cause comme responsable de la mort de Quentin.
04:00Donc, ce lien se fait comme ça.
04:03À ce stade, comme c'est le procureur qui le dit,
04:06on ne sait pas exactement qui sont les personnes
04:09qui sont impliquées dans le décès de Quentin.
04:14Et voilà, on ne sait pas.
04:15Mais il y a eu ce récit médiatique qui s'est tout de suite installé
04:17et qui a conduit à une partie de la droite et toute l'extrême droite
04:23à pointer du doigt la LFI sur sa responsabilité morale.
04:26Et ce qui a conduit aussi à des premières attaques de permanence
04:29de locaux politiques.
04:32Donc, à ce stade, c'est des dégradations,
04:34même si on a appris qu'il y avait le domicile personnel
04:38d'un élu qui avait été aussi attaqué.
04:40Il y a ce récit qui monte.
04:42Pourtant, la gauche et les partis de gauche, dans toute leur histoire,
04:45n'ont jamais appelé aux assassinats politiques,
04:48aux actions violentes.
04:50C'est toujours la démocratie comme but et comme moyen,
04:52le pacifisme.
04:53La dernière fois qu'en une de l'humanité,
04:55il y a eu un appel à se battre,
04:58c'était la une pour la libération de Paris.
05:00C'est dans un contexte de guerre, d'occupation de Paris par les nazis.
05:03C'était le titre « À chacun son boche ».
05:04Mais en temps de paix, le combat à gauche contre l'extrême droite
05:09a toujours été un combat d'idées,
05:11une compétition électorale,
05:13une argumentation philosophique et politique.
05:16La question que je te pose, c'est est-ce qu'il y a des traces ?
05:19Alors que de l'autre côté, il y a des traces
05:20de promotion de la haine et d'appel à la violence
05:22du côté de l'extrême droite.
05:24On a l'impression qu'il y a une sorte d'inversion des rôles
05:27qui est en train de se faire du point de vue médiatique,
05:28une tentative d'échanger les rôles dans le récit médiatique.
05:31Et qui ne date pas d'hier, parce que je me souviens d'une enquête
05:34qu'on avait réalisée avec Anthony Cortez et Florent Ledoux
05:36sur la question du terrorisme d'extrême droite,
05:39notamment vu par le renseignement.
05:40Et des membres du renseignement intérieur nous avaient bien dit
05:44qu'il y a une distinction, en fait, entre la violence politique,
05:49ils appellent ça d'ultra-gauche, d'extrême-gauche,
05:51qui vise à s'attaquer aux biens,
05:53qui vise à s'attaquer aux symboles, donc aux banques, etc.
05:57Et la violence d'extrême droite, donc politique,
06:01qui vise à s'attaquer aux personnes.
06:02Donc nous, bon, voilà, on a cette position de journaliste de gauche,
06:07mais en fait, ce regard-là, il est aussi porté par le renseignement intérieur
06:11qui fait bien la distinction entre cette violence politique
06:15qui existe aussi à gauche, mais qui va être vraiment tournée
06:18sur la question du symbole,
06:19donc ça va être des McDo qui sont attaqués,
06:22une banque qui peut être attaquée, etc.
06:24Et encore, c'est une frange très particulière de la gauche,
06:26c'est, bon, pour l'ultra-gauche,
06:28et d'autre côté, l'extrême droite radicale,
06:32qui, elle, s'attaque ouvertement aux individus,
06:34donc ça va être à l'étranger,
06:36ça va être aux militants politiques,
06:38ça va être à des personnes.
06:41D'accord.
06:43Tu parlais du renseignement, là.
06:45Anthony Cortez a eu tout à l'heure des services de renseignement
06:48qui disent que dans ce qui s'est passé à Lyon, là,
06:50il y a une faillite de la part des renseignements
06:54qui aurait dû anticiper, sachant que Rima Hassan allait venir
06:57et qu'elle est souvent ciblée, avec souvent des manifestations
07:01devant ses déplacements,
07:03qu'à Lyon, on parlera du contexte de Lyon,
07:05il y a aussi des groupes plus identitaires violents depuis des années,
07:08il estime que là, il y a eu une faillite de la part des renseignements.
07:10– Il y a forcément, oui, de toute façon, à partir du moment
07:14où il y a quelqu'un qui meurt, il y a une faillite du renseignement
07:18de l'appareil policier, puisqu'il n'a pas réussi à protéger
07:20les individus, ça c'est sûr.
07:22Quand on regarde un peu les circonstances, effectivement,
07:25Rima Hassan, on sait qu'elle est très exposée,
07:27très critiquée à droite et à l'extrême droite.
07:31Quand elle arrive, elle a besoin d'un propre service d'ordre
07:34pour assurer sa protection, de la gare de Lyon,
07:36aux locaux de Sciences Po, déjà de ce côté-là.
07:39De l'autre, Nemesis, ce collectif, est très habitué quand même
07:43des happenings, d'arriver quand il y a des rassemblements de gauche,
07:46quand il y a des conférences de gauche, pour essayer de les perturber.
07:49Et ça, est-ce que le renseignement ne le savait pas ?
07:54Bon, c'est un peu étonnant.
07:57Et ça a créé forcément un climat, puisque, en fait,
08:01on se rend compte que Nemesis est arrivé avec son propre service d'ordre
08:05pour essayer de pénétrer dans l'enceinte de Sciences Po.
08:11Donc, en fait, il y avait des éléments où on voit bien
08:13qu'une conflictualité allait forcément arriver.
08:16Alors, elle n'est pas arrivée, encore une fois, à Sciences Po,
08:18puisque Nemesis fait son happening et, en fait,
08:21son service d'ordre n'agit pas, laisse faire.
08:24Et c'est en repartant, et c'est là où toute l'enquête
08:27va devoir avoir lieu, c'est de savoir qu'est-ce qui s'est passé
08:30entre le départ du service d'ordre de Sciences Po
08:32et au moment de l'affrontement ?
08:33Qu'est-ce qui se passe ? Là, ça sera à l'enquête de le dire.
08:36On en arrive à ça.
08:37Donc, oui, il y a forcément, à un moment donné,
08:40l'appareil policier, le renseignement, n'a pas vu,
08:42n'a pas réussi à prévoir.
08:44Et forcément, c'est un échec quand on en arrive
08:47à la mort d'un jeune homme de 23 ans.
08:50– Bien sûr. Là, toute la lumière devra être faite par l'enquête.
08:55Il y a déjà eu des échouffourées, des bagarres
08:57entre antifascistes et militants nationalistes d'extrême droite.
09:01– Il y a déjà eu des morts, Clément Méric,
09:03qui est mort il y a 10 ans, tué.
09:05D'ailleurs, ce n'était pas vraiment une bagarre.
09:08C'est plus les militants nationalistes
09:10qui sont à la confrontation contre Clément
09:13et deux de ses amis.
09:14Et Clément Méric est mort à ce moment-là.
09:16– Et là, on verra ce que dit l'enquête.
09:19On ne peut pas présumer de ce qu'elle dira.
09:21Si c'est des militants antifascistes
09:24qui ont tabassé à mort un nationaliste,
09:26ce serait une première.
09:27Si l'enquête m'élan, il faudra voir au moment de l'enquête.
09:30Qu'est-ce qu'on peut dire de la jeune garde
09:32et du climat de violence qui existe à Lyon depuis des années ?
09:35L'extrême droite est très très faible électoralement à Lyon.
09:38Mais il y a des groupuscules d'extrême droite
09:39qui vandalisent des librairies, qui menacent,
09:41qui font des expéditions punitives depuis des années.
09:44– Alors la création de la jeune garde, en fait,
09:46il faut la voir, pour la comprendre,
09:47il faut se replonger dans le contexte des années 2010.
09:49En fait, dans ces années-là,
09:52il y a les générations identitaires,
09:54qui sont un groupe identitaire,
09:58qui ouvrent dans le Vieux-Lyon un local
10:01qui s'appelle la Traboule.
10:03En fait, leur objectif…
10:04Alors ils arrivent d'ailleurs un peu masqués,
10:05parce que j'ai eu des habitants du coin
10:07qui expliquaient qu'au tout départ,
10:08ils arrivaient un peu sous le profil.
10:10On est des associatives qui voulont défendre
10:12le patrimoine du Vieux-Lyon, etc.
10:14Et en fait, leur objectif, c'est de s'implanter
10:17dans le Vieux-Lyon et de créer leur territoire.
10:21Donc très rapidement, il va y avoir des agressions
10:24contre des gens, des militants qui sont considérés
10:27comme de gauche.
10:27Il va y avoir des agressions contre des habitants
10:30qui ne veulent pas avoir un local,
10:33d'un groupe identitaire juste à côté d'eux.
10:38Il va y avoir…
10:39Ce modèle-là, en fait, va marcher.
10:41Et donc il y a d'autres groupes qui vont venir s'installer.
10:43Donc il y a notamment le GUD qui va créer
10:45son propre local dans le Vieux-Lyon.
10:48Génération Identitaire qui va créer une salle de box
10:50juste à côté de ce local.
10:53Et en fait, ça va commencer à créer
10:55une sorte d'écosystème néo-fasciste
10:58qui va commencer à régenter un peu la vie du quartier,
11:01à la fois dans le Vieux-Lyon, mais dans tout Lyon.
11:03Et donc très rapidement, on va avoir une pression énorme
11:05pour les militants de gauche
11:08ou même les militants syndicaux
11:10pour pouvoir être actifs sur la ville,
11:13puisque régulièrement, on va y avoir des faits
11:15d'agressions de plus en plus violentes.
11:18Il y a même… On m'a expliqué qu'il y avait même
11:19un restaurateur du Vieux-Lyon.
11:23Sa terrasse a été vandalisée à plusieurs reprises
11:25et son seul tort, en fait, c'était d'être algérien.
11:27Donc en fait, le message que l'habitant me dit,
11:29le message était très clair.
11:30On ne veut pas d'arabe dans le Vieux-Lyon.
11:33Donc c'est une méthode…
11:33Pas de librairie de gauche non plus.
11:35Pas de librairie.
11:35Donc 2021, il y a une librairie anarchiste
11:37qui va se faire attaquer.
11:39Et ça, des attaques, il y en a à peu près,
11:41je pense, de 2010 à encore aujourd'hui.
11:44On peut en comptabiliser 100, 150 très facilement.
11:47Je n'ai pas fait de liste exhaustive,
11:49mais on est à peu près là-dessus.
11:50Et donc dans ce contexte-là,
11:53la Jeune Garde, qui est un groupe antifasciste,
11:56va se créer en 2018, en réaction à ça.
12:01Alors non pas pour aller s'attaquer directement à eux,
12:06même s'il y a une notion d'autodéfense dans l'antifascisme,
12:08mais avec l'idée de faire en sorte que les lieux de gauche,
12:12les manifestations de gauche puissent se tenir,
12:15qu'elles ne soient pas interdites
12:16par la présence de ces groupes identitaires, nationalistes,
12:20et pour certains, néofascistes et certains, néonazis.
12:23Donc c'est le contexte de la création de la Jeune Garde.
12:27dont l'un des fondateurs est Raphaël Arnaud,
12:29qui va devenir deputé par la suite.
12:32Et dont l'assistant parlementaire est interdit d'accès
12:35à l'Assemblée nationale par la présidente de l'Assemblée nationale,
12:37Yael Brunfé, qui lui s'est mis en retraite de ses fonctions,
12:39parce que...
12:40Il a été accusé d'être l'un des agresseurs de Quentin,
12:46étant donné que...
12:47Et là, c'est un élément qui est un peu étonnant,
12:50c'est que le procureur a bien précisé
12:52que les personnes qui avaient agressé Quentin et les autres,
12:55parce qu'il n'était pas tout seul,
12:57ce Quentin,
12:58étaient cagoulés.
12:59Donc il y a une question de comment il a pu être reconnu.
13:01Bon, ça, c'est l'enquête qui le dira.
13:03Et donc voilà, la Jeune Garde se crée, en fait,
13:06dans l'idée d'autodéfense,
13:08de faire en sorte que...
13:10de protéger, en fait, tous les événements de gauche
13:12qu'il peut y avoir, mais aussi les lieux de gauche.
13:14Donc ça va être les librairies,
13:15ça va être les lieux syndicaux, etc.
13:19Et donc la Jeune Garde a été dissoute en 2025,
13:25parce qu'elle était considérée qu'elle participait
13:28à une forme de radicalisme sur la ville de Lyon.
13:31Une autre question, c'est qui était Quentin ?
13:34Évidemment, quel que soit son parcours,
13:39rien ne justifie, absolument rien, je le précise,
13:41sa mise à mort.
13:42Mais qui était-il ?
13:43Puisqu'on dit qu'il était à la fois membre...
13:45Enfin, sa famille dit que non,
13:47mais il y a l'Action française
13:49qui dit qu'il était membre de l'Action française.
13:50Il y a le collectif Némésis,
13:52donc visiblement, il était venu protéger,
13:54faire le service d'ordre à Lyon.
13:56Et il était aussi vraisemblablement membre des Allobroges,
13:59qui était un groupuscule identitaire.
14:03Alors, ce qu'on sait et les éléments qu'on a,
14:06c'est que d'abord, il a été à l'Action française,
14:10puisque l'Action française a expliqué
14:12qu'il était passé par leur rang.
14:15Donc l'Action française,
14:16c'est un groupe monarchiste bien connu,
14:19assez inscrit dans le paysage poétique.
14:22Puis après, il s'en serait éloigné
14:25pour rejoindre notamment...
14:27Alors en fait, il y a ce groupe dont on parle,
14:28mais c'est un tout petit groupe qui s'est créé en 2025.
14:33Mais c'est surtout, en fait,
14:33il aurait rejoint un peu ce carrefour aujourd'hui,
14:37parce qu'il y a des groupes aujourd'hui définis.
14:40Et en même temps, il n'y a pas de frontière entre ces groupes.
14:42Donc en fait, il aurait rejoint un peu ce mouvement nationaliste.
14:47Dedans, on va trouver des identitaires, des royalistes,
14:50on va trouver des néo-nazis, des néo-fascistes.
14:54Et en fait, il aurait rejoint ce groupe-là,
14:56puisque l'Audace Lyon,
14:59donc l'Audace Lyon,
15:01pour l'Audace Lyon, en fait,
15:04c'est le nouveau groupe à Lyon,
15:07qui a pris la suite de Lyon populaire,
15:09qui lui-même avait pris la suite du Bastion Social,
15:11qui lui-même avait pris la suite du GUD,
15:13puisque l'une des techniques de ces groupes...
15:15Qui sont dissous ?
15:17Ils sont dissous.
15:18Un mois après, ils reviennent avec un nouveau nom.
15:20Donc si je vous refais le trajet,
15:21il y a le GUD, puis Bastion Social,
15:23Lyon populaire et l'Audace.
15:24L'Audace a expliqué que Quentin était un camarade bien connu de leur rang.
15:29Et d'après d'autres éléments,
15:31on sait qu'il aurait participé à la manifestation
15:35du Comité du 9 mai en 2025,
15:39qui se tient à Paris tous les ans,
15:40et qui est un peu le carrefour de tout ce que compte la France
15:44de néo-nazis et de néo-fascistes et d'identitaires
15:48dans un grand mélange,
15:50pour rendre hommage à ce militant nationaliste,
15:53Sébastien Desieux, qui était mort.
15:55Et on sait qu'il était présent en 2025.
15:58Donc en fait, il faisait partie de cet écosystème ultra-radical
16:03de l'extrême-droite,
16:07dont certains membres n'hésitent pas à faire le coup de poing violemment,
16:11à agresser, etc.
16:11– Ok. On n'a pas évoqué aussi,
16:15parce que tu évoquais le terrorisme d'extrême-droite,
16:17les morts d'extrême-droite.
16:19Il y a 11 morts en quelques années,
16:21qui sont imputables à des agressions soit racistes,
16:25soit de gens liés au mouvement fasciste.
16:28Souvent des crimes racistes,
16:29qui sont très peu évoqués médiatiquement.
16:31Certains le sont, mais pas tous.
16:35Et il y a aussi un appel des partis de gauche
16:37à ne surtout pas alimenter une rhétorique de la guerre civile,
16:40de l'affrontement.
16:42Et de l'autre côté, on voit sur les réseaux sociaux,
16:44on appelle à la vengeance de certains membres de groupes identitaires.
16:51Quel regard tu portes sur le climat, là, justement ?
16:54– Là, c'est un climat explosif,
16:56puisque notamment, ce qu'on voit,
16:59c'est qu'en fait, les différents groupes identitaires,
17:03on va les regrouper sous le terme nationalistes,
17:05puisque dedans, on voit bien qu'il y a les identitaires,
17:08les néo-fascistes, etc.
17:09Bon bref, tous ces groupes nationalistes
17:10veulent en fait s'emparer de Quentin
17:12pour en faire un martyr,
17:14puisqu'ils n'attendent qu'une chose,
17:16c'est justement cette logique de guerre civile
17:18qu'ils essayent de provoquer depuis des années.
17:20En fait, tout l'objectif de ces groupes-là,
17:22c'est de créer le chaos pour démontrer
17:27que la société ne va pas bien.
17:30Et donc, c'est des accélérationnistes,
17:32un peu d'une certaine manière,
17:33c'est-à-dire qu'ils veulent accélérer l'effondrement,
17:35et donc ils essayent de le provoquer par tous les moyens.
17:38Et là, on voit très bien qu'il y a une logique,
17:39effectivement, de vengeance, de vendetta,
17:41qui est en tout cas développée sur les réseaux.
17:46On en appelle à la vengeance.
17:48On explique que les personnes qui,
17:51soi-disant, ont été identifiées
17:52comme étant les agresseurs de Quentin,
17:54qui à ce stade, il faut le rappeler,
17:56et le procureur l'a bien rappelé,
17:58personne n'a été identifié,
18:00il y a des noms, des photos,
18:03des adresses personnelles
18:04qui sont publiées sur les réseaux sociaux
18:06avec des messages,
18:08là, il ne faut pas les louper, les gars.
18:10Donc clairement, on est dans un truc,
18:12on est dans une période assez explosive.
18:16Et je pense que d'ailleurs,
18:17la logique de cette conférence de presse du procureur,
18:19c'est d'essayer de ramener un peu de calme,
18:21de laisser faire la justice,
18:23de permettre à la justice de travailler calmement
18:25et d'essayer d'identifier, effectivement,
18:27ce qui s'est véritablement passé
18:29pour éviter de tomber dans cette logique
18:31de confrontation, bande contre bande,
18:34mort pour mort, etc.
18:36parce qu'on sait où ça commence,
18:38on ne sait pas où ça peut s'arrêter.
18:40Merci beaucoup à toi, Bruno,
18:42pour cet éclairage.
18:43On suivra évidemment,
18:44il y a plein d'articles sur le sujet
18:45dans l'humanité,
18:46plusieurs angles,
18:47on suivra l'enquête,
18:49et on fera des points d'étape à chaque fois
18:52qu'il est possible d'en faire.
18:54Merci beaucoup.
18:55Merci.
18:55Et à bientôt.

Recommandations