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  • il y a 19 minutes
Retrouvez le replay de Fauvelle Week-end sur BFMTV.

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Transcription
00:00On va poursuivre cette discussion avec l'homme qui nous rejoint à présent.
00:03Vous Antoine, vous restez évidemment sur ce plateau.
00:05Hélène Lecomte va nous rejoindre également, consultante police-justice à BFM TV.
00:09C'est Alain Boer qui nous rejoint à présent.
00:12Bonsoir M. Boer.
00:13Merci d'être avec nous.
00:15Je signale votre dernier livre, Il faut sauver nos enfants,
00:19publié chez First Edition, qui n'a rien à voir avec la situation actuelle
00:23puisque c'est sur les affaires de pédocriminalité,
00:26Ebet Aram, Epstein et les autres.
00:27Le titre pourrait laisser penser qu'on parle de la situation dans les lycées,
00:31mais absolument pas.
00:32Et on parlera de votre livre, si vous voulez bien, dans quelques minutes.
00:34D'abord, si vous le permettez, ces images que nous commentions ensemble sur ce plateau
00:38il y a quelques minutes, ces images qui ont été filmées hier à Paris,
00:41place de la Bastille, au moment de la manifestation des lycéens.
00:45On aperçoit donc un policier, deux policiers d'abord sortir un homme
00:49du rang des manifestants et un policier lui donner un coup de genou violent à la tête.
00:55Il s'agit d'un homme de 18 ans, celui qui a été arrêté.
00:58Le préfet de police de Paris, Patrice Faure, a pris la parole tout à l'heure,
01:02il y a quelques minutes, en disant, soyez prudents avec ces images.
01:05Il existe d'autres images filmées avant, mais ça n'excuse pas évidemment le geste de ce policier.
01:11Votre réaction ?
01:12Le préfet de police a parfaitement raison.
01:14D'ailleurs, vous voyez à peu près ce qui peut être très bien fait et très mal fait
01:18dans une seule opération de police.
01:20Alors, qu'est-ce qui est très bien fait d'abord ?
01:21Très bien fait, la Brave M récupère ce jeune homme dans des conditions parfaitement correctes,
01:26responsable et suivant les règles d'intervention et d'interpellation,
01:31puis le transmet à un autre policier.
01:34Alors, vous avez l'impression que ce sont les mêmes policiers ?
01:36Oui, aucun de ces policiers n'appartiennent aux mêmes unités.
01:39D'abord, on n'avait ni CRS ni gendarme mobile,
01:40les seules unités spécialisées dans le maintien de l'ordre.
01:44Les autres sont les Brave M, une unité intermédiaire inventée
01:48pour pallier à l'absence d'unités mobiles à Paris
01:51après le syndrome Malik-Ousekine,
01:53parce qu'il se trouve que mon statut de très ancien me permet d'en parler.
01:58Et puis, une unité d'intervention qui sont en général des policiers de la sécurité publique
02:02qui viennent en support.
02:04Donc, celui de la Brave M.
02:05fait bien son travail, c'est ce que vous dites.
02:07Les deux de la Brave M font parfaitement bien leur travail.
02:09C'est des conditions d'interpellation qui ne souffrent aucune discussion particulière.
02:13Même si, suivant ce que dirait le préfet de police,
02:16nous n'avons pas les vidéos d'avant,
02:17il faudrait voir les vidéos d'avant d'avant.
02:19Mais là, au vu de ce que nous avons,
02:22vous avez deux gestes techniques parfaitement maîtrisés
02:25par deux policiers de la Brave M
02:26et un geste technique parfaitement non déontologique
02:29et qui mérite une enquête,
02:31qui est celui du policier de la compagnie d'intervention
02:34qui lui donne un coup de genou.
02:36Je précise que le genou est en plus coquet.
02:39Donc, ce n'est pas juste...
02:40Il y a une genouillère.
02:41Ça s'appelle une bavure.
02:43Ça, je n'en sais rien.
02:44Moi, je qualifie juridiquement ce qui existe.
02:47Bavure n'existe pas ni dans le code pénal, ni dans...
02:49Mais c'est comme ça, dans le grand public,
02:50qu'on appelle ce genre de choses.
02:51Oui, enfin, ça ressemble à un geste particulièrement inadéquat
02:55qui mériterait une sanction si l'enquête le démontre.
02:58Et enquête administrative, peut-être enquête pénale,
03:00puisque ce jeune homme a un avocat
03:02qui va probablement s'exprimer par la voie naturelle de la plainte,
03:06qui sera elle-même traitée par l'IGPN, d'ailleurs, probablement.
03:09Donc, voilà, on pourrait avoir d'ailleurs une enquête administrative
03:12et une enquête judiciaire.
03:12Ce qui arrive d'ailleurs de temps en temps,
03:14quand l'enquête administrative est déclenchée par la hiérarchie
03:17et l'enquête judiciaire par la plainte de la victime potentielle.
03:22Ce que vous semblez sous-entendre quand même, Alain Bauer,
03:23c'est que sous leurs airs à tous de Robocop,
03:25là, on a affaire d'un côté à des professionnels du maintien de l'ordre
03:28qui agissent proprement et d'autres qui sont plus amateurs.
03:32C'est ça le problème ?
03:33J'ai essayé d'expliquer dans votre journal, d'ailleurs,
03:35M. Oberdorf, ce qu'était la psychologie des foules lycéennes
03:39et notamment l'évolution du maintien de l'ordre.
03:42En fait, le maintien de l'ordre, historiquement, en France,
03:44c'est qu'on envoie l'armée, on tire dans le tas.
03:46Le jour où l'armée a décidé de ne plus tirer dans le tas,
03:48on s'est posé la question, dans les années 1920,
03:50de créer des unités spécialisées de maintien de l'ordre.
03:53Et peu à peu, ces unités se sont professionnalisées.
03:56En 1968, on a même décidé d'en faire des unités
03:59dont le principe essentiel n'était ni tué, ni blessé.
04:02Maurice Grimaud, le préfet Grimaud.
04:04Et donc, elles se sont modernisées, etc.
04:06Et puis, à un moment, il s'est produit un drame.
04:08C'est qu'en 1986, dans les grandes manifestations étudiantes,
04:11donc j'étais un des responsables du service d'ordre
04:14et vice-président de la Sorbonne,
04:16service d'ordre dans un syndicat étudiant.
04:18Oui, l'UNEF, je gérais à la Pologne.
04:20Donc, vous étiez l'interlocuteur, pour que les gens comprennent,
04:22l'interlocuteur de la police, pour l'organisation.
04:24Vous avez un rapport du Sénat très développé.
04:27Vous êtes cité à l'encontre.
04:28Je m'appelle le colonel Boer, d'ailleurs,
04:30j'ai été ravi de cette promotion,
04:31que je n'ai jamais dépassée, d'ailleurs, dans mon statut de réserviste.
04:34Donc, au moins, il m'avait identifié.
04:36Et en fait, on est dans des organisations de discussion
04:39sur l'art de gérer une manifestation
04:40pour éviter qu'il y ait trop de casse.
04:42Malheureusement, un jeune homme qui rentre chez lui,
04:44qui n'est pas manifestant,
04:46se fait interpeller par des pelotons voltigeurs motorisés,
04:49qui sont des amateurs, amateurs de amateurs,
04:52des gymnastes,
04:55des gens qui ont envie de casser,
04:57avec des bidules, c'est-à-dire des outils très violents,
04:59et ils tuent Malik Ousekine.
05:02De ce jour-là, les pelotons voltigeurs sont supprimés.
05:05Le syndrome Malik Ousekine va s'abattre sur les unités de police
05:08et entre trop et rien,
05:11il y a un problème qui ne sera résolu,
05:13même si on en dit beaucoup de mal,
05:14je me permets d'en dire du bien,
05:16par le préfet Lallemand,
05:17qui, dans l'affaire des gilets jaunes,
05:18crée les BRAV,
05:19c'est-à-dire des unités intermédiaires plutôt spécialisées,
05:23plutôt cohérentes, plutôt mobiles,
05:25à qui on essaye d'apprendre le maintien de l'ordre.
05:27Entre les CRS et les gendarmes mobiles,
05:29et les compagnies d'intervention.
05:31C'est ceux qui font bien leur travail dans ce cas précis.
05:34Ce n'est pas toujours le cas,
05:35mais quand c'est bien fait, il faut quand même le dire.
05:37Et voilà quel est le problème qu'on a.
05:39Vous avez d'un côté des amateurs de la manifestation
05:41et de l'autre des amateurs du maintien de l'ordre.
05:43Ça crée beaucoup de blessés de part et d'autre.
05:46Ça ne se justifie en rien.
05:48La réduction du nombre d'effectifs dans chaque section,
05:51du nombre de sections dans chaque compagnie
05:53et du nombre de compagnies de CRS et de gendarmes mobiles
05:55a amené un manque majeur
05:57dans un pays qui a 1000 ans de jacquerie,
05:59où l'État ne sait pas négocier
06:01s'il n'y a pas un rapport de force
06:03qui ne s'exprime pas par la violence.
06:05Vous en avez discuté tout à l'heure.
06:07C'est ça le problème qu'on a.
06:08Donc quand on n'a rien,
06:10les syndicats de policiers chez vous
06:11et sur la plupart des chaînes d'information
06:13expliquaient qu'on avait été récupérés
06:15pour gérer les lycées bloquées par les impériences,
06:17des agents de police secours et du renseignement territorial,
06:22ce qui est le cas du pauvre commandant de police
06:23qui se fait massacrer à Belfort,
06:27dont le métier n'est ni l'interpellation,
06:30ni l'interpellation au sens réel,
06:31et surtout pas le maintien de l'ordre.
06:33Une petite précision sur ces unités,
06:35parce que vous disiez, Antoine,
06:36on a l'impression que c'est tous les mêmes,
06:37et en effet, ce ne sont pas tous les mêmes,
06:39et on peut les reconnaître.
06:40Avec les couleurs.
06:41Avec les couleurs.
06:42Jaune, bleu.
06:42On voit derrière vous, Marc,
06:43ça je ne sais pas si nos téléspectateurs le voient,
06:45et jaune pour les CRS,
06:46bleu pour les gendarmes,
06:47avec la grenade de la gendarmerie.
06:50Et jaune pour les braves
06:52et certaines compagnies d'intervention.
06:54Donc là, on en voit quelques-uns.
06:55Et puis parfois, on ne sait pas,
06:57parce que c'est la tenue Robocop,
06:59récupérée comme on peut, au moment où on peut.
07:02Iliès Chauti, qui était sur ce plateau tout à l'heure,
07:03qui est étudiant, vous avez peut-être entendu
07:05avant d'arriver Alain Boer,
07:06disait, je lui disais,
07:08il y a eu une enquête confiée à l'IGPN,
07:10dans le cas de ce policier,
07:11il y en a 24 au total,
07:12il disait, on n'a pas confiance.
07:13On n'a pas confiance dans l'IGPN,
07:14ce sont des policiers
07:15qui enquêtent sur d'autres policiers,
07:18ça ne me rassure pas.
07:19Est-ce que vous pouvez le rassurer,
07:20ou est-ce que vous aussi,
07:22vous considérez que le fonctionnement...
07:24L'IGPN revient de très très loin,
07:25mais elle est dirigée désormais par un magistrat,
07:27ce qui change beaucoup.
07:28Ça fait deux à la suite, d'ailleurs.
07:29Une magistrate et un...
07:30Une magistrate qui était la première
07:32à diriger l'IGPN,
07:33et qui est effectivement aujourd'hui
07:35suivie par un magistrat
07:36qui est l'ancien procureur de Créteil.
07:38Absolument.
07:38Et donc, il y a plutôt un grand progrès
07:40de ce point de vue-là.
07:41Et puis, il faut savoir que l'IGPN
07:42a deux problèmes.
07:43D'abord, elle s'occupe
07:44des enquêtes administratives
07:45et des enquêtes judiciaires,
07:46et qu'une partie importante,
07:48c'est purement de la déontologie interne
07:51du fonctionnement des policiers
07:52par rapport à leur mission de police,
07:54pas par rapport à leur relation
07:55avec les citoyens.
07:56Et de ce point de vue-là,
07:57elle fait très bien son travail.
07:58Je rappelle que l'IGPN
07:59est l'institution qui sanctionne
08:00le plus de fonctionnaires
08:01dans l'ensemble de la fonction publique.
08:03Toutes catégories confondues.
08:05Deuxièmement, il y a un sujet
08:07qui se progresse peu à peu.
08:09D'abord, beaucoup grâce aux vidéos,
08:10il faut le dire,
08:10c'est un progrès externe.
08:12Et d'autre part, grâce à ces magistrats,
08:15vous avez raison de souligner
08:17la poursuite de ce processus,
08:19il manque un petit élément
08:21que j'ai toujours essayé
08:22de faire avancer,
08:23qui est de dire,
08:24pour rassurer totalement
08:25ceux qui ne croient pas
08:26à l'indépendance de l'IGPN,
08:28et personnellement, je crois
08:28qu'elle est beaucoup plus indépendante
08:30qu'elle ne l'a jamais été
08:31dans son histoire,
08:32c'est de rajouter un représentant
08:33du défenseur des droits,
08:34une autre institution publique
08:36qui défend les citoyens
08:37dans le cadre d'une violence
08:39exercée contre un citoyen
08:41par un policier
08:42et dans le cadre
08:43d'une enquête judiciaire,
08:45c'est-à-dire d'ouvrir encore plus
08:47la focale de l'indépendance
08:49de l'enquête
08:49et de la prise en compte
08:51de tous les éléments
08:52de l'enquête
08:52permettant d'aller jusqu'au bout
08:54de la poursuite
08:55d'un agent de la force publique
08:58qui déraperait trop
09:00et entrerait dans la logique
09:02de la bavure.
09:03Vous voyez, j'arrive à le dire aussi,
09:04il n'y a pas de problème.
09:05C'est ce que vous dites,
09:06Alain Bauer,
09:06parce qu'on entend beaucoup
09:07et je crois que vous le disiez tout à l'heure,
09:08tout est filmé tout le temps
09:10maintenant dans ces manifestations,
09:11tout est filmé tout le temps.
09:12Est-ce que précisément
09:13dans ces enquêtes-là,
09:15est-ce que ça n'a pas changé
09:16quelque chose aussi
09:18dans les enquêtes
09:19qui ont été confiées à l'IGPN ?
09:20Parce que la vidéo,
09:21ça dit beaucoup plus de choses
09:22que le témoignage.
09:23Surtout quand la vidéo,
09:24on a, vous vous rappelez,
09:25cette infirmière,
09:27on a la version l'infirmière
09:29dans une des manifestations
09:30d'infirmières,
09:32soi-disant agressée
09:33par les policiers
09:33et puis on trouve la vidéo d'avant
09:35en changeant un peu d'angle.
09:36Où elle les agresse.
09:37Et donc on a en fait
09:38le retour d'un élément
09:41où il nous manquait le début.
09:42Alors la manipulation
09:43de la vidéo est un problème
09:44et quand il y en a tellement
09:45et que j'insiste beaucoup
09:47pour que les policiers
09:48fassent l'effort
09:48de brancher leur caméra
09:49en permanence.
09:50C'est un instrument
09:51de leur protection.
09:53Ce n'est pas un instrument
09:54de leur punition.
09:55D'abord, ça évite
09:56à ceux qui auraient
09:57la pulsion irrésistible
09:59de faire quelque chose
09:59qu'ils ne devraient pas faire
10:00de ne pas le faire
10:01et ensuite de pouvoir expliquer
10:03pourquoi ils l'ont fait
10:03parce que justement
10:04on a la version longue
10:06et pas la petite découpe
10:08qui va bien.
10:08Et vous savez bien
10:09à quel point
10:09il est facile
10:10d'orienter des images.
10:12Je ne parle pas
10:13des fausses images.
10:14Et là, le nombre
10:15d'instruments
10:17qui permet d'ailleurs
10:18de retrouver beaucoup
10:19d'auteurs d'exactions,
10:20d'agressions,
10:21de violences,
10:22parce qu'ils se filment
10:22beaucoup.
10:23Il faut dire
10:23que les auteurs
10:24font énormément d'efforts
10:25pour se faire prendre.
10:26D'ailleurs, vous voyez
10:27les vidéos de saccage
10:28de lycées.
10:30C'est parfois comme ça
10:30qu'on les retrouve.
10:31Bien sûr.
10:31On les remercie.
10:32Et surtout qu'ils poursuivent.
10:34Le fameux numéro RIO
10:36que tous les policiers
10:37sont censés porter aujourd'hui.
10:39Et qu'ils cachent en partie.
10:40Et qu'ils cachent en partie.
10:41Qu'est-ce qu'il faut faire ?
10:42Les sanctionner
10:43quand ils le cachent.
10:44Mais ça, c'est le rôle
10:45de leur hiérarchie immédiate.
10:47Le problème,
10:48c'est qu'il y a un effet
10:48de groupe,
10:49une capacité A,
10:50puis on ne peut pas
10:51toujours tout regarder.
10:52Mais même ça,
10:53ça ne sert plus à rien.
10:54Pourquoi ?
10:54À cause des images.
10:56Il faut leur dire
10:56que ça ne sert plus à rien.
10:57Il faut arrêter.
10:59Il y a trop d'images.
11:00Trop d'images.
11:01Sur ce matricule,
11:02ce RIO quand même,
11:03on peut comprendre
11:03que lorsque les manifestants
11:07insistent lourdement
11:07pour que les policiers
11:08leur donnent comme un dû
11:10quelque part ce RIO,
11:12on peut comprendre
11:13d'un point de vue
11:13strictement humain,
11:14après il y a
11:15la déontologie policière
11:16et ça c'est implacable,
11:17mais que d'un point de vue
11:17strictement humain,
11:19ce soit sans doute
11:20assez pénible.
11:21On ne leur demande pas
11:22leur identité.
11:23Ils sont censés l'afficher.
11:24Non prénom,
11:24H-Qualité,
11:25profession,
11:26non prénom des parents.
11:28Et moi je pense que le RIO
11:29devrait être marqué en grand
11:30sur les casques.
11:30devrait être marqué en grand
11:32partout,
11:33c'est-à-dire un dispositif,
11:34par exemple aux Etats-Unis
11:35ou en Grande-Bretagne,
11:36on ne peut pas dire
11:36que les...
11:37Alors en Grande-Bretagne
11:37c'est un peu particulier,
11:38les polices sont plus soft,
11:39mais aux Etats-Unis
11:40ce n'est pas le cas.
11:41Vous avez des voitures,
11:43les nuits des véhicules
11:44sont sur le toit.
11:47Les éléments d'identification
11:49des policiers
11:49sont particulièrement...
11:50Et puis là c'est nom et prénom,
11:52ou prénom,
11:53enfin la première lettre
11:54du prénom et nom,
11:55officier Murphy.
11:56Donc il y a quelque chose
11:58qu'il faut faire
11:58pour faire comprendre aux policiers
12:00que cacher le RIO
12:03devient un élément à charge.
12:06Comme le refus
12:07qu'ils avaient des caméras piétons,
12:08comme l'idée
12:09qu'on va empêcher
12:10d'être filmés.
12:11Il faut sortir de tout ça,
12:12on est dans autre chose.
12:13C'est leur garantie
12:15par rapport à ce qu'ils subissent.
12:16Parce qu'on voit souvent
12:17les images du policier
12:19qui commet une exaction,
12:20mais les 700
12:21qui ont été blessés,
12:22on les voit peu.
12:23800 ce soir.
12:25Moi je demande
12:25qu'une caméra soit installée
12:26dans un premier rang
12:27de service d'ordre
12:28face à une manifestation
12:29pendant une heure
12:30et qu'on filme
12:31les boulons,
12:32les balles de pétanque,
12:33les extincteurs,
12:35à peu près tout ce qui leur arrive
12:36sur la figure
12:36et qu'on se demande
12:37au bout d'une heure
12:38si ceci amène à la sagesse.
12:39On va en parler justement
12:41de cette violence
12:41du côté de certains manifestants,
12:43du côté des casseurs également.
12:44On va en parler longuement
12:45avec vous ce soir,
12:46Alain Boer.
12:47Un mot sur les grenades assourdissantes
12:49puisque Laurent Nunez,
12:50le ministre de l'Intérieur,
12:50a suspendu leur utilisation
12:53provisoirement
12:53et uniquement
12:54quand ce sont face
12:55aux forces de l'ordre
12:57des jeunes.
12:58Est-ce qu'effectivement
12:58elles posent problème ?
12:59Oui,
13:00toutes les grenades
13:01posent problème.
13:02Votre collègue Maxime Switek
13:04hier sent encore la lacrymo
13:06et doit être à la huitième fois
13:07où il se lave les mains
13:08puisqu'il en a amené une
13:09et qu'il a enfin compris
13:10comment ça marchait.
13:11C'est-à-dire qu'à l'intérieur
13:12d'une grenade lacrymogène,
13:13il n'y a pas juste
13:13de la fumée qui sort,
13:14il y a des projectiles
13:15qui sortent pour envoyer
13:17de la fumée.
13:17Pas un seul jet
13:18mais le plus possible
13:20dans un espace le plus grand.
13:21Et ces diffuseurs
13:22sont des petites rondelles
13:23en plastique
13:23et si vous la prenez
13:24dans l'œil,
13:26malencontreusement,
13:26c'est une grenade lacrymogène
13:27qui ne fait pas l'objet
13:28de grands débats
13:29sauf si vous la tirez
13:31à tire tendue
13:31à 3 mètres devant vous
13:33parce que c'est dangereux.
13:34Donc ces outils sont dangereux.
13:36Il y a trois types de grenades.
13:37La lacrymo
13:38qui diffuse un produit
13:39qui est censé
13:40vous faire pleurer,
13:42tousser, etc.
13:43où il y a relativement peu
13:45de dégâts
13:45sauf quand,
13:46et on a un cas,
13:47l'utilisation à proximité
13:49et à tire tendue
13:51est un désastre
13:52qui amène
13:53au fracas
13:54d'une mâchoire
13:55et à un très grave blessé.
13:57Vous avez deuxièmement
13:57les grenades assourdissantes
13:59qui ont déjà été modifiées
14:00quatre fois dans l'histoire
14:01qui elles-mêmes
14:02envoient des petits plots
14:03qui font beaucoup de bruit
14:05mais qui ont été par exemple
14:06celles qui ont tué Rémy Fraisse
14:07parce qu'elle est arrivée,
14:08parce qu'elle est tombée
14:09dans sa capuche
14:09dans un tir tout à fait légal,
14:11normal,
14:11mais dans la capuche
14:12et là,
14:13quand ça vous explose
14:13derrière la nuque,
14:14vous mourez.
14:15C'est dangereux.
14:16Et enfin,
14:16la grenade de désencerclement
14:18qui est une arme de guerre
14:19enregistrée
14:20comme une arme de guerre
14:21dont la police française
14:22est la seule
14:22à avoir l'utilisation
14:23et qui devrait être
14:26interdite,
14:26supprimée,
14:27renvoyée à l'armée.
14:28Parce que trop dangereuse ?
14:30Pour tout le monde.
14:31Alors celle-là,
14:31elle est dangereuse
14:32pour tout le monde.
14:32Elle sert beaucoup aujourd'hui ?
14:34Non, heureusement.
14:35D'ailleurs, au début,
14:36la grenade assourdissante,
14:37on s'est posé la question
14:38y compris avec certains
14:39des collègues,
14:40au bruit,
14:40parce que comme elle est nouvelle
14:42cette grenade assourdissante,
14:43on n'avait pas encore
14:44la maîtrise à l'oreille.
14:45Pardon pour les vieux
14:45de la vieille.
14:46D'ailleurs,
14:46on reconnaît les trucs
14:47un peu bizarrement
14:48et on s'est dit
14:49c'est une grenade
14:49de désencerclement.
14:50Ça n'a rien à faire là.
14:51Ce n'était pas
14:52une grenade de désencerclement,
14:53c'est une grenade
14:53d'un nouveau type
14:55qui était en expérimentation
14:56et dont on se rend compte
14:57qu'elle est extrêmement dangereuse.
14:59D'abord parce qu'elle
15:00n'aurait pas dû être envoyée.
15:01Alors ça,
15:01les experts techniques
15:02vous disent
15:03qu'il n'y a aucune explication
15:05à l'usage
15:06à cette distance
15:07et dans ces conditions
15:08de cette grenade-là.
15:09La manière dont elle a été envoyée
15:11pose un problème
15:12et l'acte
15:13de vouloir ramasser
15:14cette grenade
15:14pour la renvoyer.
15:16Là,
15:17il faut le rappeler
15:17à tous ceux,
15:18quand vous voyez une grenade,
15:19vous vous tirez,
15:20vous n'essayez pas
15:21de la renvoyer,
15:22ça ne sert à rien,
15:22c'est même dangereux,
15:23même une grenade lacrymogène
15:24qui n'aurait pas fini d'exploser
15:26parce que ce sont
15:26des armes détonantes.
15:28Et la grenade
15:29de désencerclement,
15:30elle est théoriquement utilisée
15:31par exemple
15:32lorsque des policiers
15:33sont encerclés
15:34au milieu
15:36d'un groupe violent
15:37et qu'ils n'ont pas
15:37d'autre choix
15:38pour précisément
15:39des encerclés.
15:40Ce qui n'était le cas
15:41dans aucun des cas
15:42qu'on a vus
15:43et même la grenade
15:44assourdissante
15:44n'avait pas lieu d'être
15:45parce que les techniciens
15:47y compris
15:49Dominique Rizet
15:49le rappelait l'autre jour
15:51en appelant des gens
15:52dont c'est vraiment
15:52le métier,
15:53CRS, etc.
15:54Ils disaient
15:54moi jamais
15:55j'aurais donné l'ordre
15:56de lancer ce truc-là.
15:57Il n'y a aucune raison,
15:58ça ne sert à rien.
15:59Il n'y avait pas
15:59les conditions nécessaires
16:01pour l'envoi
16:02de cette grenade assourdissante.
16:04Question de Béotien,
16:05Alain Bauer.
16:06Ces grenades assourdissantes,
16:08toutes ces grenades
16:09en réalité,
16:10ces armements intermédiaires,
16:11les policiers disent
16:11pour beaucoup
16:12qu'elles sont nécessaires
16:13à l'éloignement
16:14ou maintien à distance
16:15des manifestants.
16:17Moi je me demande
16:17pourquoi les camions
16:19lanceurs d'eau
16:19dont j'imagine
16:20qu'ils causent des lésions
16:21et des blessures
16:22moins graves
16:23que ces grenades,
16:23pourquoi n'y en a-t-il
16:25pas plus souvent ?
16:25C'est parce qu'il n'y en a pas
16:26plus, point.
16:27Et pourquoi on n'en met pas
16:29le paquet ?
16:30C'est un peu comme
16:30les profs
16:31de faire des cours.
16:33Il y a des fois.
16:34C'est de remplaçant
16:34au canon à eau.
16:35Et puis le canon à eau
16:36posait un problème,
16:36c'était de très gros
16:37équipements
16:38qui circulaient
16:39assez mal en ville.
16:40On était plutôt
16:40dans une logique
16:41violente urbaine.
16:42Et le seul qui a voulu
16:44vraiment faire ce travail
16:45c'était le préfet Massaudi
16:45après 1986
16:47et l'inspecteur général
16:48Berlioz
16:48qui gérait les manifs
16:49de 1986
16:49parce que j'ai vu
16:50qu'il y avait
16:50beaucoup de relecteurs
16:51du rapport du Sénat.
16:53Mais à l'époque
16:55on n'avait pas trouvé
16:55de solution intelligente
16:58sur l'usage.
16:59Mais je reconnais
16:59que des petits camions
17:01lanceurs d'eau
17:02à haute pression
17:03et surtout avec colorisation
17:04du point de vue
17:05du maintien de l'ordre.
17:06C'est-à-dire avec colorisation ?
17:08D'un point de vue
17:08de neutralité axiologique
17:09comme prof
17:10et pas comme ex-syndicaliste.
17:13Coloration,
17:13quel est l'intérêt ?
17:14Vous retrouvez
17:15qui est le casseur
17:16parce qu'il est jaune,
17:16il est vert,
17:17il est bleu
17:17et puis ça s'enlève
17:18difficilement.
17:19Il faut bien viser.
17:20Pour être sûr,
17:21il faut viser le casseur
17:21mais pas le manifestant.
17:22Il y a de l'ADN dessus.
17:24Et ça peut être très précis.
17:26Et Patrick Fort,
17:27le préfet de police de Paris
17:28qu'on a entendu
17:28il y a quelques minutes
17:29sur BFM TV
17:30disait que précisément
17:31l'utilisation des canons à eau
17:33que les canons à eau
17:34seraient utilisés
17:35si besoin
17:36lors de la manifestation
17:37de mardi
17:37et lui considère
17:38que c'est une intervention
17:40très efficace.
17:41J'ai bien à dire
17:41que c'est un très grand professionnel
17:43et que la gestion
17:44de la manifestation
17:44de mardi,
17:46je vais m'y retrouver,
17:47était absolument remarquable
17:48de coordination
17:49et de cohérence
17:50entre le service
17:51ordre central de la CGT
17:51et la préfecture de police.
17:53Ça empêche,
17:54ça n'enlève rien
17:54aux autres épisodes
17:55que nous avons traités
17:56mais il faut aussi saluer
17:57le travail
17:58quand il est bien fait.
17:58Pour être complet,
17:59sur le matériel
18:00des forces de l'ordre
18:00il y a un petit nouveau
18:01en ce moment
18:02Alain Bauer
18:02qui est apparu
18:04dans les cortèges
18:05ces derniers jours
18:06ce qu'on appelle
18:06le bouclier stroboscopique.
18:08Oui, c'est mignon.
18:10Stroboscopique,
18:10on dit comme ça ?
18:11On dit comme ça.
18:12Un bouclier,
18:13alors on voit les images,
18:15orné d'une bande lumineuse
18:16qui envoie des flashs
18:17verts ou blancs.
18:18Pouvez-vous nous expliquer
18:19à quoi ça sert ?
18:20Vous avez un effet rétinien
18:21qui fonctionne sur le cerveau
18:23et c'est un élément perturbant
18:25qui amène en général
18:26soit être un peu gelé sur soi
18:28soit à se tirer
18:29soit pour certains
18:30d'ailleurs ça provoque
18:31des crises épileptiques.
18:35Merci, je vais chercher.
18:36C'est aussi simple que ça.
18:37On l'allume et ça éloigne.
18:39Ce n'est pas si simple que ça
18:39mais si vous le regardez
18:40trop longtemps,
18:41essayez, vous allez voir.
18:42J'étais en train de regarder
18:43et je vous vois plus.
18:44J'ai regardé pendant 15 secondes
18:45pour voir les photos.
18:46J'ai du mal à voir.
18:47Là, vous n'avez pas l'effet direct.
18:49Si vous êtes dans un effet direct,
18:51vous ne tenez pas 30 secondes.
18:52Je vous pose la question
18:52parce que des associations
18:53et notamment
18:54Reporters sans frontières
18:55ont dit
18:56que ça va empêcher
18:58la presse de faire son travail.
18:59Elle ne pourra plus filmer
19:01ce qui n'est pas le cas
19:02sur ces images
19:02puisqu'on les a filmées
19:03mais il y a plusieurs dizaines
19:05d'associations qui ont dit
19:06que c'est dangereux
19:06pour la liberté de la presse.
19:07C'est beaucoup pour les photographes,
19:08je crois,
19:09si j'ai compris
19:10ce que dit RSF.
19:12Mais oui,
19:13évidemment,
19:13si vous avez des flashs éblouissants,
19:16vous avez des flashs éblouissants.
19:17Mais dans une zone de guerre
19:19avec des projecteurs,
19:20vous avez les mêmes problèmes.
19:23Je pense que ce n'est pas
19:24l'effet initial recherché
19:26mais c'est un sujet
19:27qu'il faudra traiter
19:28et je pense qu'il faudra
19:29que la préfecture
19:30et la DGPN,
19:32je crois que la DGPN
19:33n'en est pas encore équipée
19:34à ma connaissance
19:34mais j'ai peut-être
19:35loupé un épisode
19:36parle avec les organisations
19:37de journalistes
19:38pour leur permettre
19:38de faire leur travail.
19:39On a parlé de ce qu'il faudrait
19:40selon vous changer
19:42dans l'armement,
19:43dans les consignes
19:43données également
19:44aux forces de l'ordre.
19:45Non, les consignes,
19:46il faut qu'elles soient suivies.
19:47Les consignes,
19:47elles sont parfaites.
19:48Changer l'armement,
19:49c'est juste le réduire
19:50ou l'utiliser
19:51ce pour quoi il est fait.
19:52On va aller de l'autre côté
19:52de la barrière,
19:53si vous voulez bien,
19:54avec vous maintenant.
19:55Laurent Nunes,
19:56cette semaine,
19:56je le cite,
19:57la violence que l'on rencontre
19:58notamment à destination
19:59des enseignants
20:00et des forces de sécurité intérieure
20:02qui sont systématiquement
20:03prises à partie,
20:04c'est une violence inédite.
20:07Est-ce qu'il y a aujourd'hui
20:08de l'autre côté de la barrière
20:09une violence inédite ?
20:09La partie 1, oui.
20:10La partie 2, non.
20:12Donc, contre les enseignants, oui.
20:13Contre les enseignants,
20:14violence inédite.
20:15Oui.
20:15Jamais ça n'est arrivé.
20:16Jamais.
20:17On a déjà brûlé
20:18des établissements scolaires,
20:19des médiathèques,
20:20une de temps en temps.
20:21On ne s'est jamais attaqué
20:22violemment, volontairement
20:23et de manière délibérée
20:24à du personnel
20:25à la fois enseignant
20:27et non enseignant
20:28de l'éducation nationale.
20:30C'est une première
20:31dans ces quantités-là,
20:33dans cette volonté
20:34de blesser
20:35ou peut-être même
20:36de tuer.
20:37C'est une sorte d'instinct
20:38de mort
20:39extrêmement impressionnante
20:40dans les instruments
20:42utilisés,
20:43le lance-flamme,
20:45l'essence.
20:47Voilà.
20:47On n'est pas dans
20:48le coup de pied
20:49où je te pousse
20:50et tu tombes.
20:50On est dans vraiment
20:51une volonté délibérée d'eux.
20:53Et d'ailleurs,
20:53ça amène à rappeler
20:54un élément
20:55dont je souhaiterais vraiment
20:56qu'on fasse
20:57le travail de recherche.
20:59Je dis ça à mes collègues
21:00et peut-être même
21:01aux forces de l'ordre
21:01et aux journalistes.
21:02C'est que
21:03dans les diverses populations
21:04étudiantes qu'on a rencontrées,
21:06ceux qui ont des revendications,
21:07je veux un prof,
21:08je veux des cours,
21:08je veux qu'il fasse pas froid
21:09quand il fait froid,
21:10je veux qu'en vrai,
21:11les revendications normales
21:12qu'on comprend bien
21:12et qui sont très communément répandues.
21:15Il n'y a pas un responsable politique
21:16qui vous a dit que non.
21:17Ensuite,
21:17vous avez une partie
21:18plutôt agitateur,
21:21organisateur,
21:21etc.,
21:21qui surfe sur un mouvement
21:22qu'ils n'ont pas déclenché,
21:25mais qui adorent avoir
21:26l'impression
21:27d'en être les générateurs.
21:29Et donc,
21:29tout le monde
21:30vient récupérer
21:31son petit bout de mouvement
21:31et eux,
21:32ce sont des militants.
21:33D'ailleurs,
21:33ça a des avantages
21:34en termes de services d'ordre
21:35pour les protéger
21:36puisque la plupart des lycéens,
21:37ils n'en avaient pas.
21:38Et en 1986,
21:39quand j'étais à l'UNEF,
21:40on avait 30 000 lycéens
21:41qui ont déboulé
21:42un beau matin
21:44juste avant
21:44et puis juste après
21:46Malik Ousekine.
21:46Et donc,
21:47notre angoisse totale
21:48était de les protéger,
21:49eux,
21:49parce qu'ils n'avaient
21:50aucune idée
21:50de ce qu'ils faisaient,
21:51de où ils vous allaient
21:52et aucune capacité
21:54à envisager
21:54ce que c'est qu'une manifestation,
21:56la déclaration,
21:56le serviteur.
21:57Donc,
21:57on a été très angoissés
21:58pour protéger,
21:58on protégeait plus les lycéens
21:59que les étudiants.
22:00Et puis,
22:01troisièmement,
22:02vous avez des petits commandos
22:04très mobiles,
22:05très déterminés,
22:06ceux qui mettent le feu
22:07et ceux qui agressent
22:08très violemment
22:09parce qu'eux,
22:10c'est soit des anciens élèves
22:11exclus,
22:12c'est un sujet,
22:13soit des petites mains
22:14des narcos.
22:15Et je dis qu'on a un sujet
22:16du passage des anarchos.
22:17Il y a un sujet narco
22:18pour vous-là en ce moment ?
22:19Pas des narcos,
22:20les narcos,
22:20ils ont un problème de business,
22:21tout ça les agace.
22:22Mais les petites mains,
22:24ceux qui sont utilisés par,
22:25qui deviennent
22:26tueurs à gage
22:27à 13 ans
22:28pour 500 balles,
22:29là vous avez un sujet
22:30avec une population
22:31désormais très violente,
22:32très déterminée,
22:33qui va de commando
22:34en commando
22:35et elle,
22:35elle s'attaque
22:36à l'institution en tant que telle
22:37sur une logique
22:38de contrôle territorial.
22:39Là, on n'est plus dans l'argent.
22:40Le but n'est pas
22:41de gagner de l'argent,
22:41c'est d'aller quoi ?
22:42Brûler, casser ?
22:43Brûler, casser,
22:44montrer qui est le patron
22:46sur tel territoire.
22:47Ça, c'est un événement
22:48qu'il faut prendre en considération.
22:49C'est une population inédite.
22:51Alors, ce n'est pas
22:51la population inédite
22:53des victimes,
22:53c'est la population inédite
22:55des agressions.
22:55Mais vous dites bien
22:56que la violence
22:57contre les forces de l'ordre
22:58n'est pas à son plus haut niveau
23:00aujourd'hui,
23:01on ne peut pas le dire.
23:01Non, parce que tout le monde
23:02a oublié Génération Naël,
23:03pardon, 50 000 émeutiers,
23:0550 000 émeutiers,
23:0745 000 policiers,
23:08des centaines de blessés,
23:09des milliers de bâtiments brûlés.
23:11C'était il y a deux ans.
23:13Pardon, pourquoi il dit ça,
23:13Laurent Nunez ?
23:15Pourquoi il dit
23:16c'est inédite
23:16la violence contre les forces de l'ordre ?
23:18Le moment, le mouvement,
23:20il a raison
23:20sur la partie personnelle
23:21de l'enseignement.
23:22Je lui ai dit
23:23que c'est moitié vrai,
23:24moitié inexacte,
23:25mais on a un problème
23:26d'amnésie collective,
23:27c'est lié probablement
23:29à la surproduction d'images
23:30et au fait que
23:31tout ce qui arrive est nouveau,
23:32rien n'était là avant.
23:33Moi, j'ai l'impression
23:34d'être un ancêtre,
23:35vous voyez,
23:36je me tiens bien,
23:37mais voilà,
23:38je revis 86.
23:39Il faut avoir l'histoire
23:40des mouvements de l'enseignement.
23:40Non, mais je revis 86
23:42et j'ai vu un collègue
23:43qui me disait...
23:44On peut encore vous ramener
23:44en 86.
23:45Non, mais j'ai vu un collègue
23:46qui me rappelait...
23:47Ah, ça me rappelle 68.
23:48Il est beaucoup plus vieux que moi,
23:49mais vous comprenez
23:50ce que je veux dire.
23:51Il y a un moment
23:51où tu dis,
23:52mais il n'y a rien
23:52de particulièrement nouveau,
23:53mais il y a,
23:54dans ce qui n'est pas nouveau,
23:56des curiosités.
23:57L'une,
23:58sur l'agression
23:58sur des personnels
23:59de manière délibérée
24:00de l'éducation nationale,
24:01ça n'était jamais arrivé
24:02comme ça.
24:03Et deux,
24:04sur cette nouvelle population
24:05de micro-commandos tournants
24:07qui ne viennent pas
24:08pour bloquer,
24:09mais pour détruire.
24:10Bloquer,
24:10on l'a toujours fait.
24:11Détruire,
24:12c'est nouveau.
24:12Alors ça,
24:13il faudra quand même
24:13qu'on attende
24:14d'avoir l'ensemble
24:15des remontées,
24:16l'ensemble
24:18des interpellations
24:19et que chaque profil
24:20ait été passé au crible
24:21pour avoir
24:22soit un portrait robot,
24:23soit pas de portrait robot,
24:24soit des groupes,
24:25soit pas de groupe.
24:25Pour l'instant,
24:26dans les premières remontées
24:27qu'on a,
24:27on a quand même
24:28d'abord énormément
24:28de mineurs.
24:3087%.
24:3186,
24:32selon les derniers chiffres.
24:34Allez,
24:34on a perdu 1%.
24:35On a pris 1%.
24:38Donc,
24:39effectivement,
24:39beaucoup de mineurs
24:40et souvent,
24:42en tout cas,
24:43dans les premières remontées
24:43qu'on a pu avoir
24:44des primo-délinquants,
24:46inconnus
24:47des services de police.
24:48Mais,
24:48c'est que le début.
24:50Le fait qu'ils soient
24:51mineurs et inconnus.
24:52Parce qu'ils soient inconnus,
24:54mais en partie connus.
24:55Quand je dis génération à elle,
24:57c'est parce qu'il y a
24:57un état d'esprit
24:59d'affrontement structurel
25:00avec l'institution,
25:02notamment policière,
25:03ce qui explique
25:03le nombre de blessés policiers
25:05et le fait que plus personne
25:06n'a peur de la police
25:07au sens de personne ne recule.
25:09Tout le monde avance,
25:10c'est un vrai sujet.
25:11Le deuxième,
25:12c'est comme le disait
25:13un procureur
25:13que je connais bien
25:14et qui était un procureur
25:15de l'Est de la France
25:16« Oui, M. Bauer,
25:18quand je lui disais
25:18exactement ça,
25:19il me disait
25:19« Oui, M. Bauer,
25:20les autres,
25:20ils courent plus vite. »
25:23Il ne faut pas négliger ça.
25:24Et le commando,
25:25son principe,
25:25c'est la mobilité
25:26et la rapidité
25:27et le fait qu'ils savent
25:28justement éviter
25:29les interpellations
25:30et le reste.
25:31Donc, il faut bien voir
25:32que nous ne parlons
25:33que de la partie connue
25:34de ceux qui ont été interpellés.
25:35Mais nous sommes en train
25:37de vivre une génération,
25:38l'apparition d'une génération
25:41militante, déterminée, engagée,
25:42qui n'a pas peur
25:43de l'affrontement,
25:44qui trouve ça même
25:45plutôt fun.
25:46Et je pense qu'il y a là
25:47une inquiétude
25:48à avoir
25:49sur la suite
25:50des événements.
25:51Alors d'abord,
25:51quelque chose de rassurant,
25:53la jeunesse n'est pas
25:54désoeuvrée
25:54et elle n'est pas dépolitisée,
25:57elle est en train
25:57de se repolitiser.
25:58La mauvaise partie,
25:59c'est qu'elle se repotisse
26:00par la violence.
26:01Ce n'est pas une bonne...
26:02Non,
26:03ce dont nous parlons.
26:04Nous avons évoqué...
26:05Tout mouvement social
26:06commence par une génération
26:08concernée,
26:09une avant-garde
26:09et se termine par la violence
26:11de l'État.
26:13De la même manière.
26:14Voilà.
26:14On a évoqué la méthode
26:16de Laurent Nunez.
26:17À l'étage de dessus,
26:17il y a Sébastien Lecornu.
26:18Or,
26:19peut-être parce que nous sommes
26:20amnésiques,
26:20on a tendance à l'oublier,
26:21mais Sébastien Lecornu,
26:22avant Matignon,
26:23a une histoire,
26:23y compris il a géré
26:24d'autres crises,
26:25hors de la métropole,
26:27notamment je pense
26:27à la Nouvelle-Calédonie
26:28puisqu'il était
26:29ministre des Outre-mer
26:30et c'est lui au fond
26:31qui, fin 2021,
26:32était là au moment
26:33où le gouvernement
26:34a essayé de passer en force
26:35sur ce troisième référendum
26:36d'autodétermination
26:37boycotté
26:38par les indépendantistes,
26:39on sait que ça a très mal fini.
26:40Est-ce qu'il y a un sujet
26:41avec la méthode Lecornu
26:43de ces crises,
26:44de ces gestions de crise ?
26:46Alors, moi,
26:47je sous-estime pas du tout
26:48le Premier ministre
26:49et je pense que
26:51la manière dont il a suggéré,
26:52par exemple,
26:53le ministère des Armées
26:54était plutôt remarquable
26:56et j'ai été,
26:56c'est pas secret,
26:58extrêmement critique
26:59sur la manière
27:00dont a été gérée
27:00la Nouvelle-Calédonie
27:01qui, comme tous ceux
27:02qui connaissaient
27:03Nouvelle-Calédonie
27:04de droite, de gauche,
27:05du centre,
27:05tous ceux qui ont eu l'occasion
27:06d'aller en Nouvelle-Calédonie,
27:08Alors, moi, c'est là
27:0988,
27:10quand j'étais
27:11auprès de Michel Rocard
27:13à Matignon
27:13et qu'il a rétabli
27:14la paix
27:15en Nouvelle-Calédonie
27:16après un drame
27:17à Ouvéa,
27:18des dizaines de morts,
27:20des gendarmes
27:21tués, interpellés,
27:22de nombreux indépendantistes
27:23aussi,
27:24l'assassinat ultérieur
27:25de Jean-Marie Djibaou,
27:26l'homme de la paix
27:28canaque
27:29et pas seulement
27:30sur le territoire.
27:31Donc,
27:32il peut arriver
27:33qu'on fasse
27:34des erreurs.
27:35Mais jusqu'à présent,
27:37et vous avez raison
27:38de rappeler cet épisode
27:38parce qu'il a été
27:40particulièrement mal traité
27:41et mal géré,
27:43mais je dirais
27:44qu'il n'était pas
27:45le principal protagoniste
27:46dans cette affaire.
27:46Il faudrait en parler
27:47beaucoup à Mme Bacchès
27:48plutôt,
27:49pour ceux qui connaissent
27:50bien le sujet
27:51du caillou.
27:52Par contre,
27:53je pense que
27:53jusqu'à présent,
27:54la méthode
27:56du Premier ministre
27:57qui ressemble un peu
27:57à celle d'un président
27:58du Conseil
27:59sans majorité,
28:00comme le président
28:01de la République
28:01a dissous l'Assemblée,
28:02il a dissous
28:02la Ve République aussi.
28:03C'est un peu
28:04le problème
28:04que nous avons.
28:05Et donc,
28:06le Premier ministre
28:06s'en sort pas trop mal
28:08comme président du Conseil.
28:09Maintenant,
28:10est-ce que la méthode
28:11du pourrissement
28:12et de l'attente
28:13est une bonne méthode ?
28:14Personnellement,
28:15je ne le crois pas.
28:16La différence
28:16avec tous les mouvements
28:17étudiants précédents,
28:18c'est qu'il était facile
28:19à l'époque
28:19de retirer
28:20ce qu'on venait
28:20de proposer.
28:21La loi de Bacchès...
28:21Là, il n'y a rien
28:22à retirer,
28:22c'est des choses en plus.
28:23Alors,
28:24la seule porte de sortie,
28:25je le pense,
28:26c'est d'annoncer
28:27probablement des états généraux
28:28de l'éducation
28:29en disant
28:30qu'on va modifier
28:31Parcoursup.
28:31C'est la fin de Parcoursup ?
28:32Pas la fin.
28:34Supprimer Parcoursup,
28:35c'est revenir à l'avant.
28:36C'est ce qu'ils demandent.
28:37J'accueillais des parents
28:38à 3h du matin.
28:39Et avant,
28:39il y avait le tirage au sort.
28:40Oui, le tirage au sort
28:41qui était pire.
28:42Et à Tolbiac,
28:42à 3h du matin,
28:43première arrivée,
28:44premier servi,
28:45avec un espèce
28:46de rassemblement
28:46de pauvres gens
28:48qui attendaient
28:49les résultats
28:49de leurs enfants
28:50à leur place
28:51pour avoir
28:51la première place
28:52ou les seules places
28:53disponibles
28:53dans les secteurs
28:55en tension.
28:55Non, il faut remplacer
28:57Parcoursup
28:57et il ne faut pas
28:58le supprimer.
28:59Mais si ce débat
29:00commence à exister,
29:01c'est un verrou
29:02très important
29:03qui sera probablement
29:05ouvert
29:05pour une négociation
29:07intelligente
29:07avec les syndicats.
29:08Une image pour conclure,
29:09Alain Bauer,
29:09si vous le permettez,
29:11c'est celle du préfet
29:12des Hauts-de-Seine
29:13qui a reçu cette semaine
29:14les parents de casseurs
29:15pour leur tirer les oreilles.
29:17Vous avez une formule
29:18qui me semble assez juste
29:18et je voudrais qu'on s'y arrête
29:19juste un instant.
29:20Vous dites qu'il faut arrêter
29:21avec les parents démissionnaires.
29:22L'histoire des parents démissionnaires
29:24où on dit les parents...
29:24Il y a des parents
29:26qui sont licenciés
29:28par leurs enfants.
29:29Donc arrêtez de vouloir
29:30faire culpabiliser les parents,
29:31c'est ça ?
29:31Oui, absolument.
29:32Il faut les aider,
29:33il faut les assister.
29:34Le préfet Brugère
29:35a une pratique très intelligente
29:37et assez marrante d'ailleurs
29:38de gestion de l'ensemble
29:39des crises à la fois sociales
29:41et éducatives.
29:42Il va sur le terrain,
29:43il ne reste pas dans son bureau
29:44et je pense que ça fait partie
29:46des éléments.
29:47Il faut alors tirer les oreilles
29:48et les aider.
29:50Ce ne serait pas une bonne idée.
29:51C'est le code civil
29:52donc je n'ai pas de problème
29:53avec ça.
29:53Je rappelle à tout le monde
29:54que la lecture du code civil
29:55n'est pas interdite.
29:56Que ça existe aujourd'hui
29:57et que c'est très peu appliqué.
29:59Ah !
29:59Et que c'est très peu appliqué.
30:00Oui, mais je rappelle
30:01aux parlementaires
30:02qui votent les lois,
30:02qui devraient d'abord les lire
30:03avant de les voter,
30:04ensuite essayer de faire en sorte
30:05qu'elles soient appliquées
30:06ou alors se décider
30:07à les supprimer
30:07quand elles ne servent à rien.
30:09Votre dernier livre,
30:09Il faut sauver les enfants,
30:10est donc paru chez First Edition,
30:12livre consacré aux fléaux
30:14des violences sexuelles
30:15commises sur les enfants
30:16après Bétaram,
30:17après Epstein,
30:18après le Squarnec,
30:19après Liana,
30:20plus récemment.
30:21Vous dites que c'est le livre
30:22d'un homme en colère.
30:23En colère contre qui ?
30:24D'abord, j'ai sous-estimé
30:26cette situation
30:27pendant très longtemps
30:27parce que je m'occupais
30:28des choses sérieuses.
30:29La criminologie,
30:30le terrorisme,
30:31le crime organisé.
30:32Un beau matin,
30:33j'ai découvert le dossier Epstein
30:34parce que j'ai eu
30:35les 3,5 millions de documents
30:36et j'en ai fait un livre
30:37dont j'ai parlé chez vous,
30:38d'ailleurs,
30:39qui permettait d'évoquer ça.
30:40Bientôt, je parlerai
30:41du volet français
30:42puisque 26 plaintes
30:43sont chez la procureure
30:44de Paris
30:44avec la moitié
30:46sont des femmes
30:47totalement inconnues
30:48ou des victimes
30:48totalement inconnues
30:49et 6 prédateurs
30:50a-t-elle dit
30:51dont 4 sont
30:52ou étaient inconnues
30:53donc le dossier français
30:54ne fait que commencer
30:55et puis après
30:56l'affaire Liana,
30:57j'ai découvert
30:5790 000 affaires
30:59non traitées,
31:005,5 millions
31:01de victimes vivantes
31:03d'une agression sexuelle
31:03dans leur enfance,
31:05160 000 par an.
31:07Ça m'a fait un choc
31:08en me disant
31:08mais comment je n'ai pas vu ça
31:09alors qu'en fait
31:10c'est mon métier
31:11parce que chaque fois
31:11c'est un petit fait divers
31:13passer au tamis
31:14de ci ou de là
31:15et en fait
31:15c'est l'élément essentiel
31:16et ça se rapproche
31:17d'ailleurs de la crise
31:18de l'école
31:18parce qu'au moment
31:19où on discute
31:20de la loi intégrale
31:20vous avez eu un amendement
31:21qui a dit
31:24le dialogue
31:24qui doit être fait
31:25avec les enfants
31:26au moment où
31:26ils viennent à l'école
31:27pour déceler
31:28le plus possible
31:28s'ils sont victimes
31:29a été supprimé
31:31faute de moyens
31:32parce qu'il aurait fallu
31:33recruter
31:35des infirmières,
31:36des médecins
31:37et on en revient
31:37à cette question-là
31:38et on en revient
31:38à cette question
31:39qui est que nous sacrifions
31:41nous sacrifions
31:42160 000 enfants
31:42tous les ans
31:43nous avons 5 millions
31:44et demi de victimes
31:45qui traînent
31:45cette douleur
31:46et cette souffrance
31:47ce drame
31:48cette tragédie
31:48y compris la reproduction
31:49de ce qu'ils ont subi
31:50pour certains
31:51c'est aussi un sujet
31:52de prévention
31:52c'est pas seulement
31:53de réparation
31:54et nous ne nous en occupons pas
31:55donc je dis qu'à un moment
31:56de temps en temps
31:57il fallait aussi faire
31:58des livres plus personnels
31:59que purement
32:00sur mon aventin
32:01de neutralité prof
32:03oui c'est un livre personnel
32:04mais c'est un livre personnel
32:05d'engagement
32:07et de volonté
32:08que les autres s'engagent
32:09parce que tous les jours
32:10160 000 enfants
32:11ça en fait beaucoup
32:12Il faut sauver les enfants
32:13chez First Edition
32:14merci beaucoup Alain
32:15Merci à vous
32:15Bienvenue ce soir
32:16sur le plateau de BFM TV
32:17Merci à vous
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