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  • il y a 7 heures
Il faut d’abord rendre hommage aux grandes histoires en passe de s’achever, aux héros qui se retirent. Audrey Tcheumeo, qui a commencé sa carrière seniors il y a plus de seize ans de cela, gagné pour elle et pour la France cinq titres européens, deux médailles olympiques et quatre médailles mondiales, dont le titre dès 2011, était encore présente au rendez-vous de Bakou 2026, ses dixièmes championnats du monde, à trente-six ans, après avoir emporté à Tbilissi en mars dernier le dixième Grand Chelem de sa carrière. Quinze après son sacre de Bercy, a-t-elle trouvé les ressources pour signer une nouvelle performance majuscule? Ou est-ce sa jeune rivale Kaïla Issoufi qui a converti dès sa première apparition à ce niveau? Vous le saurez en écoutant ce sixième épisode des Dessous de Bakou, la nouvelle série du podcast Hajime de L’Esprit du Judo.

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Sport
Transcription
00:10Il faut d'abord rendre hommage aux grandes histoires en passe de s'achever, aux héros qui se retirent.
00:16Audrey de Cheméo qui a commencé sa carrière senior il y a plus de 16 ans de cela,
00:21gagné pour elle et pour la France 5 titres européens, 2 médailles olympiques et 4 médailles mondiales
00:26dont le titre dès 2011, était encore présente au rendez-vous de Bakou 2026,
00:31son dixième championnat du monde à 36 ans après avoir emporté à Tbilisi en mars dernier le dixième grand chelème
00:38de sa carrière.
00:39Toujours aussi efficace sur les mains, horriblement dangereuse quand elle parvient à isoler la manche droite de son adversaire
00:45avec son harcèlement incessant en haut et en bas et ses fortes attaques en Hosotogari et Tayotoshi,
00:51elle continue de se faire craindre.
00:52Mais le temps est assassin et emporte avec lui non seulement les rires des enfants et les mistrales gagnants
00:57mais aussi la qualité d'appui des combattants et une petite part chaque année de leur agressivité et de leur
01:03impact.
01:04Pour Audrey c'est quasiment invisible à l'oeil mais pas impalpable à ses plus fiers adversaires,
01:09aux plus féroces qui sentent dans les mains que ce n'est plus tout à fait pareil que leur temps
01:14à elle est venu.
01:15Elles ne sont qu'une poignée à savoir, à pouvoir, l'italienne Bélandi, la portugaise Sampaio,
01:21mais juste assez pour la priver de podiums majeurs depuis son dernier titre européen en 2024.
01:25Parmi celles-ci, l'émiratie Elisabetta Litvinenko qui s'était déjà affirmée contre elle quand elle était encore ukrainienne et
01:32la plus constante.
01:33Et c'est elle qui venait lui barrer la route dès le second tour alors que la Lyonne française avait
01:38réussi à se débarrasser de l'anglaise Reed au premier,
01:40contre laquelle elle était restée sur une défaite agaçante au championnat du monde 2024.
01:45Contre cette grande combattante qui fut médaillée mondiale pour l'Ukraine à 20 ans,
01:49dure sur les mains, 14 ans de moins et une tête de plus, la bataille est serrée et la moindre
01:54erreur est proscrite.
01:55Contre elle, le schéma gagnant de Chomeo, prendre la manche droite avec sa main gauche et monter la main droite
02:00au col,
02:01n'est pas très efficient car Litvinenko est une 2.0 dans le registre des directions d'attaque,
02:07volontiers droitière dominante mais aussi à l'aise avec la main gauche qui vient coiffer le bras droit adverse
02:12ou qui prend sous l'aisselle avec un grip puissant et inquiétant.
02:16Son talent, maître de l'attraction aussi bien à droite qu'à gauche en se latéralisant et en se tenant
02:21très droite,
02:22et c'est horriblement gênant pour ses adversaires.
02:24Ajoutons à l'ambiance anxiogène un arbitre central qui décide de pénaliser très vite cette bataille de tranchées,
02:30bataille qui est pourtant loin d'être froide et les voici l'une et l'autre à deux chilos partout
02:34en une minute.
02:35À mi-combat dans ce jeu constant de saisie et d'arrachage, Litvinenko change d'orientation et fait tout basculer.
02:41Elle monte la main droite cette fois, affirme sa saisie, part en sous-témis latéral et obtient un de ses
02:46youko plat ventre
02:47qui sont la tendance du moment.
02:49On a juste le temps de vérifier qu'il reste plus de deux minutes au compteur pour se refaire
02:53quand l'arbitre annonce, en plus du score défavorable, une saisie à la jambe de la française.
02:58Vérification faite, elle s'est effectivement accrochée fugitivement à la cuisse au moment où elle arrive au sol.
03:03Pensée fugace, comment a-t-on pu passer d'une interdiction des saisies de pantalons pour faire tomber,
03:08qui sévissait dans les années 2000, à cette phobie, cette folie qui traque le moindre contact à la jambe
03:13dans toutes les circonstances, comme un tabou.
03:16Audrey Chuméo n'a pas eu le temps de s'interroger sur la question,
03:19juste celui de subir ce double effet de l'attaque adverse qui la marque et la disqualifie en même temps.
03:25Difficile de s'en remettre rapidement.
03:26C'est filtrant, après moi aussi j'ai pas, j'aurais dû accepter dès le début,
03:30et voilà c'est le judo, mais je trouve ça, je trouve que ça allait assez vite, à mon goût.
03:36Et le skoumake, je n'arrête pas trop de comprendre, mais c'est pas ce que je jouais,
03:40et voilà, je suis très déçu, très déçu.
03:44Parce que j'étais bien, je suis pas fatigué, je suis deg.
03:49Pourtant j'étais bien, j'étais en jambe, peut-être que j'étais pas pressé,
03:51je savais que ça allait tomber, il fait 2 minutes, c'est comme ça.
03:56Pour Kylian Leblouk aussi, le débrief du combat avait un parfum d'hommage à la championne.
04:01Démarrage de journée exemplaire, où elle domine quand même une fille qui fait partie des toutes meilleures, voilà, j'ai
04:10pas tremblé.
04:11Et après, bah, match très serré, match très serré, de deux Opena.
04:18Puis bon, bah voilà, un fait de match, elle prend une action, elle prend la jambe et lui met en
04:24skoumake.
04:24C'est vrai que j'aurais aimé l'avoir menée, parce que je pense qu'elle aurait changé un petit
04:29peu de rythme.
04:31C'est un petit sentiment de frustration là-dessus.
04:33Elle est compliquée à manœuvrer, cette athlète.
04:36Audrey, c'est vrai que c'est un profil qui lui convient pas trop.
04:39Et c'est vrai que quand j'ai vu le tirage, j'étais un peu frustré aussi de la voir
04:46l'apprendre.
04:48Mais bon, elle avait bossé sur elle, avec l'ensemble du staff et elle avait bossé pour qu'elle gagne
05:00ce match.
05:00Et ça s'est pas déroulé comme on l'aurait souhaité.
05:04Voilà, après, ça reste une très grande championne.
05:07Elle a été médaillée au Championne du Monde en 2023.
05:11Championne du Monde, il y a une petite paire d'années.
05:14Et puis, elle fait une finale quand même en Mongolie.
05:18Elle gagne la Georgie, cinquième à Paris.
05:22On sait que c'est une athlète de valeur qui, aujourd'hui, pouvait jouer largement la médaille.
05:30Et clairement, le jeu du tirage au sort n'est pas allé dans son sens.
05:35Parce que je pense que s'il y a un autre tirage, ça se goupille bien autrement.
05:39Après, c'est la même règle pour tout le monde.
05:41Mais voilà, il y a ce sentiment de frustration.
05:44Mais voilà, immense respect à ce qu'elle a fait.
05:50Et aussi à toute cette énergie qu'elle apporte à l'équipe.
05:52Parce que c'est quelqu'un qui apporte énormément au groupe, dans la déconne, mais aussi dans le travail.
05:59Je la trouve vraiment épanouie dans ce rôle de grande sœur au sein de l'équipe.
06:06Franchement, à son âge de produire tant d'efforts au quotidien, malgré autant de réussite qu'elle a pu avoir,
06:15encore capable de produire ça, c'est sûr que c'est dingue.
06:21Et puis, je ne l'entraînais pas avant, donc c'est difficile de comparer si c'est une nouvelle Audrey.
06:27En tout cas, moi, l'Audrey que je vois à l'heure actuelle, c'est une Audrey qui a aussi
06:33tout le temps la banane et qui va de l'avant.
06:37C'est super pour l'équipe de France et j'espère qu'elle va continuer à faire son petit bout
06:43de chemin et se faire plaisir.
06:46Et aller chercher des grosses médailles en se faisant plaisir, c'est tout ce qu'on peut lui souhaiter pour
06:52les saisons qui arrivent.
06:53Il n'est pas dit que la grande Choumi est déjà dans sa tête tirer les conclusions de cette éphémère
06:57championnat du monde,
06:58son dixième, répétons-le, depuis sa première sélection en 2010 à 20 ans.
07:02Il n'est pas dit que nous ne la revoyons pas tenter un revival dont elle a le secret dès
07:07l'année prochaine.
07:07Mais entre-temps, les circonstances ont changé et dans la journée même, comme nous allons le voir maintenant.
07:13Et avant d'aborder le morceau de bravoure de la toute jeune carrière de la seconde sélectionnée française en moins
07:18de 78 kg, Keïla Issoufi,
07:20passons voir Daniel Fernandez, le patron des garçons, pour son bilan de compétition.
07:24Un bilan qui ressemble à celui que nous vous annoncions déjà hier, une équipe de France toujours en convalescence de
07:30sa période Riner,
07:31mais qui avance à son rythme, avec le sens de la projection dans le temps et le but à atteindre,
07:36une équipe complète et globalement compétitive à Los Angeles.
07:39Un peu déçu du cru actuel de ses moins de 60 kg, avec la confirmation cependant, et ce n'est
07:44pas tous les ans, d'une nouvelle étoile à son firmament.
07:46C'est moins bien que la grande année dernière, avènement d'un nouveau champion du monde,
07:50mais c'est le même bilan qu'en 2018 et 2019, et mieux qu'en 2021, 2022 et 2024.
07:56Work in progress.
07:57Un bilan mitigé, où j'ai vu des choses intéressantes, j'ai vu des comportements intéressants.
08:07On est passé un petit peu à côté d'une ou deux potentielles médailles, notamment sur la première journée.
08:16Mais nous, on a des explications en interne sur les raisons, donc c'est malgré tout des demi-mouvelles surprises,
08:23on va dire.
08:25Mais en tout cas, c'était un championnat intermédiaire sur l'Olympiade qui, pour nous, est très intéressant,
08:31parce que ça nous permet de faire un premier bilan, l'état des lieux, sur la première période de préparation
08:39pour les Jeux Olympiques.
08:42Là, on bascule sur la phase de sélection, donc là, la stratégie va être un peu différente,
08:47et on va, notamment en fonction des résultats et du comportement de ces championnats-là,
08:53on va élaborer, enfin, affiner la stratégie pour la suite.
08:56On a des jeunes pour qui c'étaient les premiers championnats du monde,
09:00qui ont tous, Diane évidemment, mais qui ont tous montré de très belles choses.
09:05Et ça fait partie des éléments positifs.
09:10Il y a une individualité en plus qui est médaillée mondiale ou olympique dans le groupe.
09:16Ça prouve que le groupe, en général, s'étoffe et progresse.
09:21Donc voilà. Et puis les petits jeunes qui arrivent,
09:24arrivent sans complexe et se donnent le meilleur d'eux-mêmes.
09:29En tout cas, ça montre des belles choses.
09:31Ça donne envie de continuer à construire le projet en donnant la place,
09:35à la fois en respectant les un peu plus anciens qui sont encore performants,
09:40et à la fois donner de la place aux jeunes pour les incorporer le plus vite possible dans la course
09:46olympique.
09:46Stéphane, le président, est dans sa mission de président et il est complètement là-dedans.
09:52Moi, je suis dans la position de responsable de l'équipe de France masculine
09:57où, avec mon staff, on sait le chemin encore qu'il nous reste à parcourir
10:02pour pouvoir prétendre à remplir les objectifs qui nous sont fixés pour Los Angeles.
10:09Et évidemment, quand on a un projet de quatre ans, comme l'année dernière,
10:13où ça s'est très particulièrement bien passé,
10:17tout le monde est content, tout le monde est ravi.
10:19Et forcément, dans un projet, c'est jamais linéaire.
10:22On traverse des périodes qui sont un peu moins fastes en termes de résultats,
10:27mais ça ne change rien, nous, sur la somme de travail et les orientations de travail qu'on se fixe
10:33pour la suite.
10:34Avec le judo, on a parfois une banalisation de la performance.
10:41On pense que le judo, ça devient facile dès lors qu'on est français ou française à fortiori, mais c
10:47'est facile.
10:48Or non, le judo, c'est très dur, c'est très exigeant.
10:53Et comme je vous dis tout à l'heure, un projet de quatre ans olympique,
10:58on traverse forcément des périodes où c'est un peu plus mouvementé que d'autres.
11:01Si c'était que linéaire, qu'une progression linéaire, ça saurait et ça, ce serait entre guillemets facile et écrit
11:09à l'avance.
11:10Là, ce n'est pas le cas.
11:11Et puis, c'est ce qui est normal et ce qui est très bien, d'ailleurs.
11:14Ça nous permet, nous aussi, de prendre un peu de recul et de voir ce qui a été, ce qui
11:18n'a pas été, ce qu'on peut améliorer.
11:22À la fois quand on est responsable ou coach ou athlète, c'est bien souvent quand on a des défaites
11:30ou des périodes difficiles qu'on progresse le mieux.
11:34Keïla Issoufi n'était pas parti pour prendre la relève du puissant duo et même trio Chuméo, Malonga et Pose
11:408.
11:41Cinquième des championnats d'Europe junior 2021 en moins de 70 kilos, elle n'a changé de catégorie que depuis
11:46un an et demi.
11:47Au lendemain du grand chlème de Paris 2025, elle est montée sur le podium national des moins de 78 kilos
11:52à la troisième place qu'en décembre dernier.
11:55Au grand chlème de Paris de cette année, celle qui s'est mise en lumière, c'est Lise Ngelebeya, troisième.
12:00Mais ces deux-là ont été lancés sur le circuit international où c'est finalement Keïla qui s'est montrée
12:05la plus régulière
12:06et a décroché sa première grande sélection au championnat d'Europe.
12:10Une troisième place continentale qui la hissait au rang de titulaire indiscutable pour le championnat du monde de Bakou à
12:1525 ans.
12:16On a déjà appris à la connaître, un schéma technique simple mais qu'elle est toffe et qui fait tomber,
12:21tournant autour de son Soumigeichi redoutable, solide physiquement et surtout mentalement.
12:26Les événements ne la dominent pas, c'est une qualité qui ne se perçoit pas forcément au premier abord mais
12:32qui fait le socle des vraies carrières.
12:33Bien classée à la cinquième place mondiale grâce à ses nombreuses places d'honneur en tournoi et sa victoire au
12:39grand chlème de Tashkent en février,
12:41elle affrontait néanmoins des filles d'expérience à commencer par la lituanienne Julila Dudenait qui en était à son cinquième
12:48championnat du monde senior.
12:50Efficace et tranquille, elle la jetait sur le dos en Osoto Otoshi.
12:54L'Ukrainienne Anna Kozakova avait comme particularité de s'être préparée en emportant le championnat d'Europe de Neuaza organisé
13:01à Riga en Lettonie.
13:02Pas du tout suffisant contre la titulaire française qui l'empêchait littéralement de tenir debout et la sortait aux pénalités
13:08en deux minutes.
13:08Ça ne pouvait pas durer plus longtemps sur ce registre de promenade de santé et la marche s'était beaucoup
13:13plus haute pour sortir en tête du quart de tableau.
13:16C'était la japonaise Ikeda Kurena qu'elle retrouvait là, quatrième mondiale, mais battue par elle pour la place de
13:22Troyes au grand chlème de Lausanne
13:23et d'ailleurs par toutes les françaises qu'elle a rencontré à l'international, Fanny Estelle Posvit au grand chlème
13:28de Paris 2025 et Audrey Chuméo au grand chlème de Paris 2026.
13:32Dans le creux actuel des moins de 78 kilos japonaises, cette combattante, qui n'était que cinquième du championnat du
13:38Japon cette année,
13:39a su gagner sa place en emportant le grand chlème de Tokyo en 2024 et 2025. Une accrocheuse.
13:45À 23 ans, elle manque beaucoup d'impact physique et ne gagne ses combats quasiment qu'au sol où elle
13:50est, comme il se doit, vraiment redoutable.
13:51Cette fois encore, elle ne trouvera pas la faille dans la garde et le placement d'Issoufi,
13:55qui lance habilement son Soumiyeishi dans un petit temps faible de sa posture après une minute de golden score.
14:00Tandis que pour sa première sélection à ce niveau, la fille de Mayotte, Médine Morbihan, passe en demi-finale,
14:06l'employé de Komatsu, formé à Tokay, encore une, remonte modestement le couloir des repêchages sans état d'âme
14:13pour finir sur le podium pour la deuxième fois consécutivement.
14:16Les demi-finales, c'est encore une autre dimension, avec l'opposition de la grande Allemande Anna Monta Olek,
14:21l'un des plus purs engins de cette catégorie de machines, fabrication allemande,
14:25comme la récente double championne du monde Anna Maria Wagner et la championne d'Europe Alina Böhm.
14:30Anna Monta est d'ailleurs déjà vice-championne du monde en 2025,
14:34combat dantesque perdue de peu contre la grande Italienne Alice Bellandi,
14:38championne du monde et championne olympique, absente de bas coups pour blessures.
14:41Mais là encore, Keïla Isoufi n'a pas de complexe à faire, ce qui ne semble d'ailleurs pas son
14:45tempérament,
14:46car c'est contre elle, en finale du grand chlème de Tashkent, qu'elle a vraiment commencé son aventure
14:51avec une victoire facile et pleine de confiance qui a durablement bluffé l'encadrement national.
14:56De quoi la mettre en bonne disposition, même si le contexte n'a plus rien à voir.
15:00Olek a déjà fait et gagné une demi-finale de championnat du monde, ce n'est pas le cas de
15:04la novice Isoufi.
15:06Mais on l'a compris, la Française n'a pas peur des premières fois ni des deuxièmes,
15:09et dès la première séquence mettait l'Allemande à genoux pour un chilo précieux d'écart.
15:13Pragmatique et se souvenant qu'elle avait été plaquée sur le dos par deux forts Kusotogaki au corps à corps
15:18à Lausanne,
15:18et qu'elle n'aimait pas beaucoup le puissant bras droit de Keïla,
15:22Anna Monta optait pour l'option a priori la plus efficace,
15:26bras tendu pour maintenir à distance et Makikomi sans efficacité mais à répétition.
15:31Oui, l'arbitre aurait dû réagir à un moment ou à un autre,
15:35mais c'est la volonté de la championne qui finissait par avoir raison de lui,
15:38un peu perdue sans doute dans les méandres des différentes arborescences de pénalités
15:42pour faute, fausse attaque, non combativité.
15:45Il décidait de lui donner crédit et sanctionnait régulièrement la moins capée,
15:49qui devait s'arracher pour échapper à la troisième, alors qu'il restait plus d'une minute et demie.
15:54C'est dos au mur qu'elle faisait les séquences suivantes,
15:56et dans cet état d'esprit qu'elle s'enroulait elle aussi dans un Makikomi flottant
16:00et sans traction, tellement flottant qu'elle se retrouvait un peu pendue
16:03entre les jambes de l'allemande qui ne voyait pas le piège,
16:06mais bloquée un peu sur sa jambe avant et finalement repoussée légèrement vers l'arrière,
16:10avec un pied français qui traînait derrière sa cheville,
16:13elle se retrouvait assise au sol comme un nourrisson maladroit.
16:16Elle regardait, incrédule, le bras de l'arbitre indiquait le yuko.
16:20Il restait une seconde, le hold-up au pistolet à eau était accompli.
16:24Un beau miracle, mais aussi l'attaque à faire, juste à la fin, sans faiblir,
16:27action positive, petite vibration sur l'arbre qui fait finalement tomber le fruit mur.
16:32Cette fois ça y est, la France a sa seconde médaille féminine
16:36et une nouvelle championne, quel que soit le résultat à venir, à inscrire sur les registres.
16:41En or, ce serait mieux, mais comme on se retrouve,
16:43c'est la grande Emirati qui s'est hissée jusque-là, d'ores et déjà première médaille féminine en judo
16:48pour le pays,
16:48et son parcours ne laisse pas de doute, c'est elle la plus forte de toutes les adversaires du jour.
16:53Étonnamment, c'est encore une fois Keila Issoufi qui a la data favorable.
16:57En 2025, au Grand Chelem d'Abu Dhabi, c'est elle qui l'a emportée pour aller chercher le bronze,
17:01dans la période où l'Ukrainienne reprenait la compétition sous ses nouvelles couleurs nationales.
17:06De l'eau a coulé sous les ponts de puits et ce n'est plus la même.
17:09Il faut donc lutter contre ce kumikata tentaculaire aussi bien à droite qu'à gauche.
17:14Dès le premier choc, ça grince du côté de la française, prise de crampe dans une main.
17:18Naïvement, elle demande même un peu d'aide à l'arbitre qui lui explique gentiment qu'elle n'en a
17:22pas le droit.
17:23On doit repartir à l'abordage avec ou sans les doigts qui fonctionnent.
17:26La consigne, contrôler à deux mains le revers droit de l'adversaire pour tenter de la maintenir à distance et
17:31de la déstabiliser si possible.
17:33À l'entrée de la deuxième minute, Issoufi secoue ce revers à plusieurs reprises et se lance dans un hérisseoï
17:39imprécis.
17:39La grande ne se laisse pas inquiéter, relance en mouvement de hanche, change de direction vers l'arrière.
17:44Toujours accroché à un unique revers, Issoufi veut relancer d'un fauchage spontané mais inopportun et se jette seul sur
17:55le dos dans la direction prise par l'adversaire.
17:58L'arbitre Don Yoko se sera oisari pour la table.
18:01Il ne reste que l'énergie et la nécessité d'agir.
18:04À nouveau à deux mains sur le même revers, Issoufi tente de se lancer au sol dans une sorte de
18:08sasaïe bien trop lâche avec cette saisie.
18:11La grande Lydvinenko la contrôle, inverse le mouvement et l'accompagne en Uchimata, c'est le Hippon.
18:16La victoire, le premier titre pour son nouveau pays et la probable prime substantielle qui accompagne sans doute son apport
18:23essentiel au soft power des Émirats Arabes Unis.
18:26Passer d'une enfance à Orjonokidze dans l'oblaste de Tnipo-Petrovsk, bien connu pour son usine de manganèse au
18:32quartier riche d'Abu Dhabi, c'est un destin, celui de Yelizabeth Litvinenko.
18:37C'est aussi ça aujourd'hui le judo international.
18:40Keleï Soufi est désormais vice-championne du monde et ce n'est pas rien, comme elle en convenait elle-même.
18:45Elle revenait aussi.
18:46Un bon message pour tous ceux qui font du judo dans la souffrance des régimes, sur la meilleure décision de
18:51sa courte carrière, monter dans la catégorie supérieure, ce qui a tout déclenché.
18:55C'est vraiment la meilleure décision de ma vie.
18:57Je suis contente d'avoir pris ce risque et de m'être vraiment fait confiance.
19:02Depuis, je m'amuse, je performe, je ne me blesse plus.
19:07C'est vraiment la meilleure décision de ma vie et j'ai enfin les résultats à la hauteur de mon
19:13investissement.
19:14On est dans une équipe de France Féminine où le niveau est vraiment très élevé.
19:18Je pense aussi que ça c'est quelque chose qui me motive, où je me dis que je n'ai
19:22pas le choix, il faut y aller.
19:24Ce n'est pas parce que c'est la première fois qu'on est là pour regarder et découvrir.
19:28Ce matin, quand je me suis réveillée, j'ai vraiment eu le sentiment que ça allait être une belle journée
19:31et ça a tenu ses promesses.
19:34Forcément, de l'appréhension, on veut faire bien.
19:37Je ne voulais vraiment pas faire d'erreur.
19:39Je pense aussi que ça s'est un peu vu sur mon judo.
19:42J'attaquais moins que d'habitude.
19:43J'ai aussi regardé les premiers jours où il se sanctionne vraiment très sévèrement.
19:49Donc je me suis dit, vaut mieux en faire moins que d'en faire approximativement.
19:54Mais dès l'échauffement, je sentais que ça y est.
19:59Je pense que j'avais besoin de m'échauffer pour me refaire confiance.
20:01La japonais, c'était un combat que j'appréhendais un peu.
20:03Je l'avais prise déjà à Lausanne.
20:05Mais je me doutais qu'elle allait changer son game plan.
20:08Et c'est ce qu'elle a fait.
20:10Donc c'était un combat très accroché.
20:12Mais je pense que psychologiquement, j'y croyais vraiment.
20:16De toute façon, tant qu'il y avait encore le temps, il était encore ouvert, j'y allais.
20:21Et à un moment, elle m'a donné une opportunité à l'avant sur moi.
20:25Et je l'ai saisie en faisant ma technique préférée.
20:27Donc trop bien.
20:28Olek, elle a beaucoup beaucoup attaqué.
20:31Plus que moi.
20:33Et il fallait être opportuniste.
20:34Je pense que le judo, c'est aussi ça.
20:36Savoir saisir des opportunités quand elles se présentent.
20:38Il n'y en a pas beaucoup.
20:39Surtout sur des filles de ce niveau.
20:41Elles font pas beaucoup d'erreurs.
20:43Donc il faut être très attentif.
20:44C'était vraiment l'action du désespoir.
20:46Je me voyais perdre.
20:48Parce que l'attaque est beaucoup plus vite que moi.
20:50Plus que moi, je me faisais embarquer.
20:52Et en fait, là, Kylian il me dit, il faut que tu attaques.
20:55Il faut que tu fasses quelque chose, sinon tu vas perdre.
20:57Et quand je reviens à la plage, je me dis, je ne peux pas me perdre une demi-finale mondiale
21:02par une moulinette en fait.
21:04Un manque de combativité.
21:05Donc je me suis dit, j'essaye.
21:07Et puis j'ai essayé, c'était un peu approximatif.
21:09Et sur l'arrière, j'accroche un bout.
21:11Et là, je sens qu'elle touche.
21:13J'entends le gong, mais j'arrive pas à savoir si c'était dans le temps, pas dans le temps.
21:17Donc c'était les plus longues secondes de ma vie, je pense.
21:20La dernière fois que j'avais pris Litvinenko,
21:22et puis quand on regardait ses combats,
21:26elle venait mettre sa main sur ma hanche.
21:29Du coup, elle m'enfermait au niveau de la hanche.
21:30Et ça, on ne l'avait pas prévu.
21:32Et du coup, quand je me retrouve enfermée comme ça,
21:35il fallait que je réussisse à sortir.
21:38Et je dirais qu'elle a eu un bon game plan.
21:41Je me suis dit crampe, pas crampe.
21:42Je veux vraiment y aller.
21:44Je veux attaquer.
21:45À la fin, j'attaque une technique.
21:48Attention, c'est le jeu.
21:49Un peu approximatif.
21:51Et je me fais contrer.
21:53Mais je préfère quitte à perdre, perdre comme ça.
21:55Aujourd'hui, elle était plus forte que moi.
21:57Et j'ai hâte de la reprendre.
21:59Aujourd'hui, il y a 1-1.
22:00Et je compte bien inverser la tendance.
22:02Je suis une compétitrice.
22:03Je n'aime pas perdre.
22:04Je pense qu'il y a de la frustration.
22:06Finir une journée sur une défaite, c'est toujours difficile.
22:10J'aurais aimé plus, je pense, me battre.
22:14De toute façon, à chaque fois qu'on perd, on veut tout refaire.
22:17Je pense que j'ai juste besoin d'un peu de temps pour réaliser.
22:21Mais je suis super fière quand même de cette médaille.
22:23J'espère l'année prochaine, ou dès que possible,
22:28changer enfin la couleur de ce dossard et la couleur de cette médaille.
22:31Je pense qu'il y a un an, on m'aurait dit que j'aurais fait cette saison.
22:34Je n'y aurais pas forcément cru sur le moment.
22:38Donc, ça montre encore vraiment que le travail, il n'y a pas de secret.
22:41En fait, quand on travaille très dur, ça finit toujours par payer.
22:45Et je suis vraiment fière qu'aujourd'hui, le travail finit enfin par payer.
22:48Je ne sais pas si ça peut changer mon statut.
22:50Mais je pense que ça peut vraiment changer, moi, la perception que j'ai de moi-même.
22:57Et m'aider à me faire confiance, à préparer les prochaines échéances.
23:00Et vraiment, dès que je serai sélectionnée quelque part, de tout donner.
23:05Il y a encore plein de premières fois à faire.
23:07Mon premier master en décembre, etc.
23:10Donc, trop bien. Que du kiff.
23:14Le coach Kylian Leblouc n'avait que des éloges pour la si talentueuse débutante au parcours presque parfait.
23:19Je me suis dit, aujourd'hui, c'est vraiment sa journée.
23:21Elle arrive à inverser la tendance quand l'arbitrage n'est pas forcément avec elle.
23:26Et là, ce n'était pas jusqu'à la fin de la journée.
23:32Mais ça reste quelque chose de très positif, honnêtement.
23:35C'est une belle journée pour elle.
23:37On peut être fier de ce qu'elle a fait cette saison.
23:39Médaille aux Europe et Champion du Monde, c'est plutôt pas mal.
23:42C'est une médaille d'argent, mais je pense qu'elle aura quand même un goût d'or pour elle.
23:47Et puis, ce que je lui ai dit, c'est que par contre, c'était la dernière finale qu'on
23:49perdait au Monde.
23:50Je pensais qu'elle arriverait mieux à contrôler sa manche et ne pas se faire coiffer triceps.
23:54On est parti sur un truc, on pensait que ça allait fonctionner.
23:58Après, forcément, quand tu es mené, il faut t'arracher, il faut essayer.
24:02Pas de regrets, entre guillemets.
24:04Même si je pense qu'il y aurait pu avoir mieux.
24:06C'est comme ça.
24:07Peut-être qu'elle aurait pu quand même un peu plus construire.
24:09Il y avait une minute, il ne restait pas non plus dix secondes.
24:12Après, c'est ça ce dilemme entre construction et rapidement chercher à marquer.
24:22Mais c'est des points à travailler, c'est des points à travailler.
24:27C'est cool.
24:28Avec Kaila, il y a quand même une très bonne base au vu de ce qu'elle produit et de
24:33sa capacité à faire tomber sur différents mouvements.
24:36Et puis aussi sa capacité à avoir plusieurs styles au Kumikata.
24:42On bosse beaucoup aussi sur le Nihwaza parce que ce n'était pas spécialement son point fort.
24:48Et pour l'instant, ça ne se voit pas.
24:49Mais en tout cas, l'entraînement, ça se voit beaucoup.
24:51Je pense qu'elle n'est pas encore suffisamment confiante pour pouvoir l'exploiter.
24:55Mais ça pourra être peut-être aussi une possibilité sur ce genre de combattante où les opportunités ne seront pas
25:01debout d'aller les chercher au sol.
25:03Mais on a des axes de travail avec l'ensemble de son staff pour la faire avancer et le Kumikata
25:13en faire partie.
25:14Les attaques et la propreté, je pense qu'aujourd'hui, elle a quand même rendu vraiment plus propre son judo
25:19comparé à ce qu'elle faisait avant.
25:21Il ne faut pas non plus tomber dans le côté où je n'attaque plus, mais ça reste positif.
25:28Et puis là, on a le Nihwaza, on a toutes ces petites choses aussi de combats clés où il va
25:33falloir faire la différence.
25:34Et ça, tu ne le devines pas quand tu es sur le tapis à l'INSEP parce qu'il n
25:38'y a pas non plus dix filles qui ont le style de ces combattantes-là,
25:44que ce soit la JAP ou l'UAE.
25:50C'est dans la compète qu'on va observer ces situations et essayer de faire avancer les athlètes petit à
25:57petit.
25:59On a un championnat du monde dans huit mois, je pense qu'elle y sera.
26:03Et voilà, on coûte force à elle pour la suite et on ne va pas lâcher le bout de gras.
26:07Il revenait aussi sur son adversaire du jour, la championne du monde Elisabeth Litvinenko,
26:12qu'il avait affrontée par procuration dans la matinée et dans la soirée avec deux athlètes françaises différentes
26:17pour deux échecs à analyser pour l'avenir.
26:20Ce qui est dur sur Elisabeth Litvinenko, c'est qu'elle est capable de se mettre des deux côtés.
26:26Quand tu as un bon game plan d'un côté, elle se met de l'autre côté.
26:30Elle a des attaques fortes aussi.
26:32J'en parlais tout à l'heure avec David, la Rose.
26:35Il me dit d'habitude qu'elle est plus forte sur ses attaques à gauche et Mauchi à droite.
26:41Franchement, c'est dur d'imaginer qu'elle soit capable d'envoyer des attaques propres de ce niveau-là en
26:46scène au scène.
26:47Elle est très dure à cadrer quand même.
26:50Surtout en ce moment, j'ai l'impression qu'elle est vraiment dans une période très face de sa carrière.
26:57Elle est difficilement jouable.
26:59Il y avait quand même pour objectif d'avoir la manche de la même manière.
27:03On savait que c'était le point faible de cette fille quand elle avait la manche.
27:08Les deux approches n'ont pas fonctionné.
27:09Au moins, on aura plus d'éléments pour essayer peut-être de la battre.
27:11On évacuera ses possibilités pour la prochaine confrontation de l'une et de l'autre.
27:16J'ai le sentiment qu'elle te laisse ce truc que j'ai déjà vécu avec certains combattants.
27:23Tu sens qu'il peut se passer un truc à tout moment, mais ils ne te mettent pas non plus
27:27une pression physique au point d'être dominé.
27:35de prendre des Shido, mais du coup, c'est quelque chose qui est quand même assez dur à cadrer.
27:39Tu ne sais pas à quel moment ça peut partir.
27:43Après, j'avais plutôt pour objectif de ne pas trop la laisser exister dans ce truc-là de sensations, etc.
27:50Mais il faut croire qu'elle a réussi à faire le job et être très efficace.
27:57Franchement, immense respect.
27:59J'ai salué son coach à la fin parce qu'ils ont fait une belle prestation aujourd'hui.
28:02Et ça donne envie de travailler pour la battre au bon moment.
28:08La compétition des masculins était traditionnellement disputée dans cette catégorie de grands monstres
28:13où brillent notamment les Russes, les Géorgiens, les Canadiens, les Azerbaïdjanais et les Japonais,
28:18mais aussi l'Italie désormais avec la belle envolée de Gennaro Pirelli vers la place de numéro 1 mondial.
28:24Un championnat d'Europe, deux grands chelèmes et un grand prix sans défaite.
28:2819 combats séries à suivre à son arrivée.
28:30Il en gagnait trois de plus, mais se faisait arrêter sur un Dehashibarai merveilleux
28:34par le vice-champion olympique Ilya Sulamanize, le plus brillant de l'équipe georgienne actuelle.
28:40L'Italien se consolait avec le bronze, la troisième médaille transalpine de ce championnat.
28:45Dans l'autre tableau, le japonais Dottaharai, vice-champion du monde,
28:48réussit à surpasser le russe Adamian sur un énorme oochigari,
28:52lequel Adamian sera battu dans la petite finale par son rival d'équipe Niaz Bilalov.
28:57Et deux-trois aussi pour la Russie.
28:59La carte finale est la plus belle, les deux hommes sont au-dessus du lot.
29:03Il y a Sulamanize, pour donner un second titre masculin à la Géorgie,
29:07Dottaharai pour le quatrième des japonais.
29:09Tactique, le géorgien s'arrange à empêcher le japonais de poser sa main en revers,
29:13lequel parvient tout de même à lancer des attaques dangereuses.
29:16A l'entrée du golden score, le grand gaucher japonais prend sa chance et va vers son risque,
29:20monte la main gauche et enclenche le grand oochigari seigneurial japonais en kenken,
29:25que fait aussi si bien Mourao.
29:27Se décale parfaitement pour accompagner jusqu'au bout le géorgien qui ne contrôle pas l'attaque,
29:31mais lance en bout de piste une forte tentative de contre en levant la jambe.
29:35Il s'effondre sur le dos, Arai gère le final en s'efforçant de ne rien donner au contre,
29:40sur le coude et à plat ventre.
29:41L'arbitre central donne Wazahari au japonais qui serre le point,
29:44après deux médailles de bronze et d'argent en 2024 et 2025, il est enfin champion du monde.
29:49Mais le trouble s'installe, les docteurs de la loi consultent leurs écrans,
29:53ils se décident et c'est finalement le contre qui leur paraît devoir être pris au sérieux.
29:57Le japonais est tombé à plat ventre, c'est donc Yuko.
30:00D'où ils le sortent ce Yuko, restera tout de même un mystère.
30:03Avec le bras dégagé sur le côté, un plat ventre complet sans aucun tangage,
30:07en d'autres temps, il n'y aurait même pas eu de Kinza dans l'esprit des juges.
30:11Une fin médiocre, réduite comme souvent par les obsessions vétilleuses
30:15et trop souvent à côté de nos experts qui se congratulent à la sortie du tapis pour leur discernement.
30:20En d'autres temps, si le doute l'avait emporté sur qui domine l'action à la fin,
30:24on aurait simplement remis les deux hommes face à face.
30:27C'était la sagesse, elle n'est pas passée par là.
30:29Il y a Exulte, mais il aura toute sa vie peut-être un vague sentiment de doute sur la valeur
30:33de ce titre.
30:35Dota Arai pourra être amère d'avoir pris un Yuko sur un si beau Uchigari.
30:39Il en était presque à la protestation dans le regard en sortant du tapis,
30:43ce qui pour un japonais exprimait le comble du mécontentement.
30:47Le voici une nouvelle fois médaillé, une nouvelle fois brillant,
30:50mais une nouvelle fois arrêté juste avant la fin.
30:53Qu'il se console tout de même, ce triple médaillé mondial,
30:55il n'a après tout, toujours que 21 ans.
30:58Il n'apporte donc pas la 8ème médaille d'or japonaise,
31:00ce qui aurait constitué le record absolu au championnat du monde,
31:03hors Tokyo 2010, où l'équipe était doublée dans chaque catégorie et avait atteint les 10 titres,
31:09à égalité seulement avec Birmingham 1999,
31:13la seule fois où le Japon atteint les 8 titres mondiaux,
31:16avec un titulaire par catégorie, mais avec les deux toutes catégories en plus.
31:20On ne compare pas non plus avec les 8 titres olympiques d'Athènes et 9 de Tokyo,
31:24mais qui compte encore ?
31:25Le Japon écrase la concurrence et c'est sans cesse une nouvelle leçon.
31:30On parle souvent de leur supériorité technique classique, elle est évidente,
31:33on a évoqué leur pertinence tactique, leur sens du travail,
31:37la maîtrise parfaite du né au hasard qui leur offre tant de solutions.
31:40On a évoqué leurs conditions physiques, souvent sous-estimées,
31:43l'efficacité de leur préparation depuis plusieurs années.
31:46Il est loin le temps où leurs athlètes descendaient de l'avion
31:49avec derrière eux les seuls entraînements quotidiens de leur université.
31:53Mais en observant l'incroyable accomplissement de Sanchiro Murao hier,
31:57qui fut longtemps aussi le brillant un peu fragile sélectionné jeune
32:01dans cette catégorie des moins de 90 kg,
32:03et qu'on voit désormais intouchable jusqu'au jeu de Los Angeles,
32:07et sans doute au-delà à 24 ans,
32:09on comprend à quel point tout ceci est une logique de système.
32:13Murao a patienté en 2020-2021 dans l'ombre des leaders de l'époque,
32:17Nagazawa et Mukai, tout en étant sélectionné au championnat du monde 2021
32:21aux Jeux d'Asie, avant de prendre définitivement son tour.
32:25C'est ainsi qu'on a vu arriver à 19 ans le grand Dota Arai en moins de 100 kg,
32:29brillant et fragile à l'époque, plus du tout fragile aujourd'hui.
32:32Il a été dans l'ombre d'Aaron Wolf jusqu'au Jeux 2024,
32:36il est désormais au centre du jeu, immense favori pour les Jeux.
32:39C'est une maîtrise globale dont fait preuve le Japon en l'occurrence,
32:43une maîtrise qu'on ignore par chez nous,
32:45faute aussi du potentiel de talent nécessaire,
32:48celui des cycles de performance.
32:49La gestation, la montée en puissance, l'épanouissement,
32:53avant de s'arrêter sur un dernier grand rendez-vous olympique
32:55pour laisser la place au cycle suivant.
32:57On a pronostiqué parfois l'affaiblissement et même la mort
32:59de cet horloge interne du judo japonais de ce mouvement perpétuel.
33:04Manifestement, il est plus régulier que jamais.
33:06À suivre, dans le dernier jour des individuels,
33:08leurs trois dernières chances d'enfoncer encore le clou
33:11et de battre un record.
33:13Du côté français, on espère bien,
33:15après l'argent d'Issoufi qui met du baume au cœur,
33:17voir enfin l'éclat de l'or avec nos deux armes absolues,
33:20les deux plus de 78 kilos françaises,
33:23Léa Fontaine et Romain Dicot,
33:24numéro 2 et 3 mondiales.
33:26pour finir en fanfare.
33:27Sous-titrage Société Radio-Canada
33:31...
33:32...

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