- il y a 18 heures
Un championnat du monde par équipes le dimanche, c’est la compétition de groupe la plus injuste, mais aussi, et peut-être pour cette raison même, la plus sympa à suivre. Celle où des champions du monde rincés physiquement et mentalement doivent affronter, et souvent perdre, contre des remplaçants qui se morfondent dans leur coin depuis huit jours en attendant leur moment. Il n’est pas garanti d’ailleurs ce moment, car l’attente a parfois des effets aussi délétères que l’action. Qu'a donné cette huitième et ultime journée de compétition à la National Gymnastics Arena de Bakou, alors même que le bilan des individuels prenait déjà de la hauteur et de la perspective vingt-quatre heures après le coup de sifflet final des catégories lourdes? Découvrez-le en écoutant le huitième épisode des Dessous de Bakou, la nouvelle série du podcast Hajime de L’Esprit du Judo.
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00:09Un championnat du monde par équipe le dimanche, c'est la compétition de groupe la plus injuste,
00:14mais aussi, et peut-être pour cette raison même, la plus sympa à suivre, celle où des champions du monde
00:19rincés physiquement et mentalement doivent affronter
00:22et souvent perdre contre des remplaçants qui se morfondent dans leur coin depuis 8 jours en attendant leur moment.
00:28Il n'est pas garanti d'ailleurs ce moment car l'attente a parfois des effets aussi délétères que l
00:33'action.
00:33C'est aussi le jour d'après, le tempo, où les émotions de la semaine légèrement retombées, on aiguise la
00:39vision et on repère un peu plus précisément les manques et la direction à prendre.
00:43Tous les papiers de la presse écrite sont sur les écrans des uns et des autres, révélant avec une dizaine
00:48de nuances le coup de sang dans la zone mixte du président Nomi,
00:52ses adjectifs employés par un tel ou une telle, le mitigé de l'un, la bonne claque de l'autre.
00:58De notre côté, persistons et précisons.
01:00Si le président Nomi, dans la dynamique qui convient à son rôle de carburateur des performances futures,
01:05a raison d'identifier ses championnats comme une prestation modeste pour l'équipe de France, mais pas indigne,
01:10il a sans doute tort, mais il le sait bien, d'avoir proposé un objectif de 4 médailles d'or
01:15pour une équipe qui ne l'a fait que 2 fois dans son histoire,
01:19et c'était à Paris en 1997 et 2011.
01:22Et alors même que, hormis le patron nippon, personne ne l'a jamais réussi par ailleurs, sauf Cuba en 1999,
01:28la deuxième place des nations se jouant toujours entre 2 et 3 médailles d'or.
01:32Sauf à vouloir concurrencer évidemment le Japon dans son rôle d'éternel commandeur,
01:37pour lequel un championnat à 3 médailles d'or est une contre-performance.
01:40Mais pour cela, il faut des arguments, des éléments qui font dire que c'est possible.
01:44Or le Japon ne donne aucun signe de faiblesse, c'est même l'inverse,
01:47et la France fait depuis peu face à une nouvelle période de son histoire,
01:52les Jeux de 2024 en étant le moment charnière.
01:55Elle doit accepter de renoncer aux titres amenés régulièrement depuis cette fameuse année 2003,
01:59la dernière fois où la France n'a pas fait de titre, par le duo Riner-Aigbe Nienu, 15 médailles
02:05d'or à eux deux.
02:06Ils n'ont pas tiré la couverture à eux, ils l'ont constamment assuré pour les intérêts et le prestige
02:11du judo français.
02:11Sur cette longue période de temps, soit 16 éditions, les années où ils ne sont pas présents,
02:16le trou, si l'on peut dire, est bouché par Lucie Descosse en 2005,
02:20Romane Lico en 2022, Margot Pinault en 2024, Johan Benjamin Gabba en 2025.
02:26Nous voici à la 17ème en 2026, et cette fois, personne n'y est parvenu.
02:31A commencer par Clarisse elle-même, qui a aussi le droit d'échouer,
02:34d'être autre chose que la pierre philosophale du judo français,
02:38sa poule aux oeufs d'or, si j'ose la métaphore.
02:41Quelque chose nous dit qu'il va sans doute falloir s'y habituer,
02:44car ce temps est achevé, même si tout le monde rêve de les voir encore une fois
02:48baroudes d'honneur, assurer le spectacle et activer la machine à cash à Los Angeles
02:54dans moins de deux ans.
02:55Et si on ne veut pas s'y habituer, il suffit d'en trouver deux pareils.
02:58Si ce n'est pas possible, alors il faut s'y prendre à plusieurs,
03:02faire en sorte de hausser le niveau de performance du collectif,
03:05s'approcher du Japon sur ce plan, en amenant à chaque fois plus de potentielles médailles d'or
03:10sur les tablettes dans l'avion de départ, pour pouvoir ramener dans l'avion du retour
03:14de vraies médailles d'or, pas celles dont on a rêvé, celles qu'on a vraiment décrochées
03:18au bout d'une journée toujours inattendue, beaucoup moins nombreuses,
03:22que les médailles qu'on projette à l'avance, comme notre histoire sportive le démontre.
03:25Pour nous, Français, seuls Teddy et Clarisse ont pu défier le temps
03:29et la dimension aléatoire de la performance.
03:32Leur présence sur toute une génération a influencé nos perceptions,
03:36alors même que le judo devenait une discipline planétaire,
03:39avec l'explosion des pays de l'Est, la montée de niveau général,
03:43l'arrivée récente des pays du Golfe,
03:45deux finales dont un titre sur ce championnat pour les Émirats Arabes Unis,
03:49le retour de la Russie au premier plan, en dessous chez les hommes cette année,
03:53mais trois fois médaillés avec leurs féminines pour la première fois.
03:56Nous ne sommes plus dans les années 80 où nos rivaux étaient européens,
04:00où les féminines japonaises n'avaient pas encore pris la dimension de l'événement,
04:03où on ne parlait pas de Cuba ou de la Chine chez les féminines.
04:07Et pourtant, ce n'était déjà pas facile.
04:09Avec ou sans Teddy Riner et Clarisse Agbeninou, ce n'est pas la même chose.
04:13La comparaison à faire est celle des championnats du monde de Doha 2023.
04:18Les derniers, ou ces deux-là, qui préparaient les Jeux 2024,
04:21étaient alignés pour les couleurs françaises.
04:24La performance est sensiblement la même que celle de 2026,
04:28à quelques médailles près.
04:29Une médaille de bronze masculine, les moins de 78 kilos et plus de 78 kilos en argent.
04:35Mais tout cela est insignifiant, car Teddy et Clarisse ramènent l'or,
04:38comme tant de fois auparavant.
04:40Ce que démontrent les deux championnats du monde post-Paris 2024,
04:43c'est que ce temps-là, il faut le marteler, est terminé.
04:47En 2025, la France est parvenue à prendre l'or chez les masculins avec Gabba.
04:52C'était un événement, car hormis Riner, il fallait remonter à Piétry 2013 et Demont-Faucon 2001.
04:58Cette année, personne n'y parvient, malgré les deux finales,
05:01et ce n'est pas vraiment surprenant.
05:03Ne pas invoquer la dimension de ses absences pour mettre en perspective les résultats de l'équipe
05:07est un peu étrange, et en même temps plutôt sain.
05:11Quand la page se tourne, il n'est pas mauvais que l'exigence reste,
05:14même s'il faut avoir les idées claires sur ce qui se passe vraiment sous nos yeux
05:17pour trouver les chemins qui doivent s'ouvrir.
05:20Pas de médaille d'or en 2026, ce n'est pas anormal, ce n'est pas bon non plus,
05:24et il n'est pas illégitime de se rebeller.
05:27Mais alors, dans quel sens faut-il travailler ?
05:29Il faut sans doute s'interroger sur les logiques de fond,
05:31le relatif manque de puissance de notre formation d'une jeune élite à haut potentiel,
05:35qui nous permettrait à nous aussi d'entrer plus régulièrement dans des logiques de cycle,
05:39de performances comme les japonais, et qui aérerait par une saine et positive concurrence notre judo de compétition.
05:46Mais c'est du long terme.
05:47A court terme, et c'est ce dont doit s'emparer cette réunion avec les clubs que préconise le président
05:52Nomis,
05:53il faut maintenant étoffer l'équipe masculine de jeunes prétendants crédibles
05:56dans les catégories non représentées ici à Bakou,
05:59en moins de 81 kg, en moins de 100 kg et en plus de 100 kg.
06:03Il faut amener de la jeunesse aussi autour du noyau dur de cette équipe de France féminine
06:08pour essayer d'en extraire celles qui auront la bonne idée de hisser leur niveau de performance
06:12comme vient de le faire Keïlai Soufi à 25 ans.
06:15C'est d'autant plus important que la France a pris de mauvaises habitudes avec ses champions d'exception.
06:19Elle manque de motivation dans son travail de renouvellement.
06:22Les chiffres parlent pourtant sur ces championnats.
06:25La moyenne d'âge des filles en or n'est même pas de 24 ans.
06:28Celle des garçons est de 26 ans.
06:29Avec ses 29 ans, Ifumi Abe, qui fut le plus jeune en 2017,
06:33est le plus vieux champion du monde en 2026.
06:36Cela devrait faire réfléchir.
06:38Enfin, il faut faire en sorte que le trio de têtes qu'incarnent
06:41Shirin Boukli, Sarah Leonisizik, Romane Dicot dans l'équipe féminine,
06:45toutes médaillées une à deux fois sur ces deux années post-olympiques,
06:48mais qui ne sont pas parvenues à se hisser jusqu'alors,
06:51puissent maintenant changer de statut,
06:53devenir un trio de médaillés d'or potentiel crédible.
06:56C'est presque le cas, mais pas tout à fait encore.
06:59Et leurs résultats le montrent, il reste une marche à franchir.
07:02Il n'y aura pas beaucoup de temps pour la franchir, cette marche,
07:05puisque les prochains championnats du monde sont déjà en ligne de mire.
07:08C'est dans 8 mois, en juin 2027, à Astana.
07:11Tandis que chacun en discute, les athlètes combattent.
07:13La France était à l'ouvrage ce dimanche pour défendre ses chances.
07:16Dans la compétition des équipes mixtes, un premier tour contre le Kazakhstan.
07:20Une équipe bis pour eux.
07:21L'entrée en action pour nous du plus de 100 kg Thieman Ghabi,
07:24le solide lourd de l'AGA Paris 20,
07:25qui lâchait le point sur un petit Ouranaguet et de Marta Fawaz,
07:29en moins de 57 kg, qui gagnait le sien.
07:31Diane Boulême-Tafès, Clémence Aimée, Alexa Mitrovic finissait le travail sans tension.
07:36Elle arrivait juste derrière la tension avec la Grande Russie.
07:38Il allait falloir compter ses forces et se battre point par point pour s'en sortir.
07:42Malheureusement, la première pointe de flèche, Marta Fawaz,
07:45l'excellente moins de 57 kg victorieuse du Grand Chelem de Paris en 2025,
07:50sélectionnée pour donner du punch à cette équipe de France,
07:53où en plus Sarah Léonis-Sizik était encore sous le coup de sa chute sur la tête,
07:57ne parvenait pas à gérer contre la Russe Irina Zueva, 17e mondiale,
08:02alors que la Française affiche une belle 7e place.
08:04Elle est poussée dehors aux pénalités sans avoir pris la mesure du combat.
08:08Ce point va manquer.
08:09Fatigué mais courageux et productif, Diane Boulême-Tafès battait Mourad Chopanoff
08:13et Clémence Aimée réussissait la belle performance de placer 3 yukos
08:17à la médaillée de bronze Madina Taïmazova au bout de son rouleau.
08:21Alexa Mitrovic se jetait un peu tout seul sur le dos face à Mansour Lorsanov, 21e mondiale,
08:26et finissait en frappant au sol en guise d'abandon,
08:29sans se défendre sur un Osaïkomi,
08:31une attitude troublante qu'on aimerait lui voir abandonnée.
08:34Romane Dicot était impeccable ensuite face à la grande Sartseva
08:37sur laquelle elle cultivait son travail au sol
08:39en comptant efficacement les tentatives de Neuaza adverse.
08:43Mais Thiemann Diaby ne pouvait pas garder l'avance française
08:45et malgré son combat appliqué contre le petit lourd Tamerland Bachaev,
08:49ancien médaillé mondial et olympique,
08:51mais très loin de son meilleur niveau,
08:52il finissait par se dérouler sur son Serunagé.
08:55Et la roulette désignait Alex Samitrovic,
08:58qui se battait 4 minutes avant de prendre un Kosotogari bien placé de l'Orsanov.
09:02Sortie de piste pour l'équipe de France,
09:05habituée depuis le début de cette épreuve à aller en finale,
09:08perdre contre le Japon aux champions du monde
09:10et bien sûr, comme chacun le sait, gagner contre eux au jeu.
09:14En 2025, la France s'était retrouvée pour la première fois à la 7ème place,
09:19le Japon cédant lui aussi en finale à la Géorgie.
09:22Il fallait faire mieux cette fois, mais pas de chance.
09:25La Géorgie, championne en titre, battue à la roulette
09:27par la double défaite de sa lourde Sofio Somkijvili,
09:31était sur la route et l'avait mauvaise.
09:33Le groupe s'est sacré, la Géorgie n'aime pas perdre,
09:36la France pas tellement non plus,
09:38et c'est elle qui menait rapidement 2 à 0
09:39par les impeccables Boulemtafès et Aimé,
09:42qui tenaient leur rang face à Géorgie Loladze et Nino Gourbandli.
09:46Dos au mur, la Géorgie sortait alors sa carte maîtresse,
09:49son choquer, le double champion olympique, la Cha Bekaori.
09:53Et c'était contre notre électron libre, Alexa Mitrovich.
09:57Le colosse géorgien battu au 3ème tour en individuel par le japonais Mourao
10:01et encore sur une phase de retour après sa blessure à l'épaule opérée en France.
10:06Mais en 15 secondes, à peine, sa saisie croisée cauchemardesque
10:10déroulait le monégasque sur le dos.
10:13Wazahari, mais Bekaori, se tient le genou,
10:15et on le voit bien, c'est sérieux.
10:17Il se relève, c'est à peine s'il tient debout tant il boit de bas.
10:20Bien sûr, il va chercher à tenir son Wazahari d'avance.
10:23Normalement, dans ces circonstances, le combat ne va pas au bout.
10:27Le géorgien tombe vers l'avant à chaque traction coup de patte
10:29que Daniel Fernandez, sur la chaise, suggère à son combattant d'accumuler.
10:33Mais Mitrovich ne va pas là-dedans.
10:35Un peu décontenancé par la situation,
10:37il se contente de faire le combat en évitant même d'en rajouter là où ça fait mal.
10:42Il trouve tout de même l'ouverture pour un Ouranagué qui le ramène à égalité.
10:46Cette fois, c'est cuit pour le monument géorgien,
10:47sauf que celui-ci n'est pas fait du même bois,
10:50on devrait même dire du même métal que les autres.
10:52La séquence suivante, il va à la rupture, monte la main,
10:55lance la hanche et plante Mitrovich en une seule bouchée.
10:58Un animal, un chevalier.
11:01Il peut lever les bras pour haranguer ses troupes.
11:03Il a mérité de la patrie.
11:05Léa Fontaine enroule rapidement,
11:07sauf qu'au Somme Kijvili,
11:08qui se blesse d'ailleurs, elle aussi, au genou.
11:09Hirakli, Demetrajvili, numéro 4 mondial,
11:12c'est trop fort pour Tieman Gabi.
11:14Il prend un Dehashibara cuisant.
11:16Tout repose alors sur Marta Fawaz,
11:18qui pourrait, en contrant la vice-championne du monde,
11:20et Théry Liparteliani,
11:22sauver sa journée et l'équipe.
11:23Elle ne se montrera pas assez consistante
11:26pour la plus féroce de la catégorie,
11:28qui mène par 3-0 contre elle.
11:30Sur sa première très forte attaque en Haussotogari,
11:33la gorgonne géorgienne la plante sur la nuque.
11:35Les deux équipes sont à égalité,
11:37mais l'une d'entre elles n'a plus que 4 combattants valides sur 6.
11:41Et la roulette facétieuse désigne une seconde fois Alexa Mitrovic
11:45et l'achat Bekaori quasiment porté sur le tapis par ses camarades.
11:49Si son pied n'est pas sûr, lui ne se dérobe pas.
11:53Avec le regard tourné vers le haut,
11:55vers le Saint-Esprit,
11:56dans une prière qu'il murmure pour lui-même,
11:58il monte à cloche-pied sur ce tapis
12:00pour faire face à un garçon qui tente de forcer sa nature.
12:04Alexa Mitrovic est un colosse,
12:06mais pas un tueur,
12:07ce qu'on n'a pas envie de lui reprocher.
12:08Il met le géorgien à genoux,
12:10tente de le bousculer.
12:11On lui a dit d'éviter tout corps à corps
12:12et le bras droit de Bekaori fonctionne encore très bien.
12:15Deux fois, le français doit se jeter au sol
12:17pour ne pas prendre le Tsurigoshi façon Shidaoba
12:20de la machine blessée.
12:21Et c'est finalement sur un haut chigari
12:23que le guerrier géorgien lance avec sa jambe en ruine
12:25qu'il trouve la faille dans la posture défensive adverse.
12:28Il peut rester au sol en grimaçant de douleurs
12:31sous les yeux en pleurs de son actuel chéri
12:33dans l'ombre des tribunes
12:34et les exultations de ses commenceaux
12:36dans la lumière du tapis.
12:37Il a sauvé une nouvelle fois le groupe
12:39et la nation tout entière.
12:41Pas de place de 3 pour la France.
12:43Laquelle opportunité sera cette fois
12:44pour une étonnante Chine,
12:46celle de Stéphane Trenot,
12:47Xavier Mondinx et Florent Urani,
12:49les français qui font bouger les choses là-bas.
12:51Mal payé en individuel,
12:52mais tombeuse du Brésil en équipe.
12:54Quant à Alexa Mitrovic,
12:55il cherchait à rassembler ses esprits
12:57et trouver les mots
12:58pour éclairer l'expérience qu'il venait de vivre
13:01face au mollusse géorgien.
13:03Ça m'a vraiment créé un choc dans l'état psychologique.
13:06Le fait qu'il s'est pété la jambe
13:07et qu'il a continué.
13:08Je vous dis, c'est comme si on vous donne un pistolet
13:09et tirer lui dessus.
13:10C'était vraiment ça le matin.
13:12C'est dur.
13:13C'est dur de le faire.
13:15Après même, quand je suis parti dans le Golden,
13:17je n'ai pas forcément pensé.
13:18C'est difficile de...
13:21Ça n'arrive pas.
13:21Ça n'est arrivé, ça ne m'a jamais arrivé.
13:24Ça, c'est une dinguerie.
13:25Gentil ou pas gentil, je ne sais pas.
13:27C'était question d'humanité.
13:29Je sais que lui, il n'a pas hésité
13:30et qu'il voulait aller.
13:33Je sais bien, mais...
13:35Ah, pétard.
13:36Vraiment, je n'ai même pas quoi dire.
13:37Aucun commentaire.
13:38Je n'ai pas assuré du tout.
13:41J'aurais dû être patient.
13:42Voilà, j'arrive à le jeter une fois.
13:45On ranaillait.
13:47Plutôt facile.
13:50Et après, je ne sais pas.
13:53Vraiment, ça m'a déboussolé.
13:55L'équipe de France sort sans médaille,
13:57mais se trouve une autre figure,
13:58un autre capitaine en l'absence de Gabba,
14:00qui avait pris la casquette l'année dernière.
14:02Il est jeune, mais il est déjà médaillé européen
14:04et mondial.
14:05Nous, on était venus avec l'objectif
14:08de repartir avec une médaille,
14:10sachant que l'équipe n'avait pas remporté
14:12de médaille sur ces championnats.
14:14Donc, on avait tous quelque chose
14:15à aller chercher.
14:16On a une équipe qui est un petit peu
14:19rafisolée par rapport à ce qui devait être,
14:22mais avec que des bons éléments
14:23qui sont capables de se battre.
14:24Aujourd'hui, on n'a pas su faire la différence.
14:27Et c'est malheureux,
14:28parce qu'il y avait vraiment quelque chose
14:29à aller chercher au bout,
14:30de repartir sans la médaille.
14:32On est forcément très déçus,
14:34comme tout le staff,
14:35comme tous ceux qui croyaient en nous.
14:38C'était dur, mais en fait,
14:39c'est dur pour tout le monde.
14:40Il y en a qui sont là,
14:41qui devaient être au poids.
14:43Donc, on a tous fait l'effort.
14:45Moi, pas plus dur que les autres.
14:49Il faut faire avec l'état actuel,
14:51mais on est des guerriers.
14:53On doit se surpasser,
14:54même dans les moments difficiles.
14:57Donc, c'est dommage qu'on n'ait pas su faire
14:58la différence aujourd'hui.
14:59Il est temps de rentrer,
15:00de retrouver le repère de Vincennes,
15:02penser les blessures
15:03et penser à l'avenir.
15:05Les deux patrons d'équipe,
15:06Daniel Fernandez et Lucie Descosse,
15:07nous donnent leurs conclusions
15:08sur cette dernière bataille.
15:10Oui, on n'était pas loin.
15:11Ce sont des détails,
15:12mais des gros détails.
15:13L'année dernière,
15:14on a fait la même place
15:16au championnat du monde,
15:17mais l'engagement et la mentalité
15:19étaient vraiment différentes.
15:20Là, on a vraiment préparé
15:23ce championnat du monde par équipe.
15:24Alors, certes,
15:25on n'a pas l'équipe une,
15:27en tout cas,
15:27une grande partie de l'équipe une,
15:28mais on se devait de répondre présent.
15:31C'est notre responsabilité à tous,
15:34de répondre présent
15:34au championnat du monde par équipe.
15:37On l'a bien fait au premier tour.
15:39Sur les Russes,
15:40ça passe pas loin.
15:42On a eu une belle attitude.
15:43En tout cas,
15:44je parle des garçons,
15:44on a eu une belle attitude.
15:47Voilà.
15:48Et puis,
15:49en repêchage,
15:50sur les géorgiens,
15:52ça aurait dû mieux se passer.
15:54Il faut intégrer
15:55que le judo,
15:55c'est un sport de combat.
15:57Et qui dit sport de combat,
15:58dit sport et combat.
16:02s'il a été trop gentil,
16:03c'est une erreur de sa part.
16:06Si Bekaori,
16:08si Alexis s'est fait mal au genou
16:09sur Bekaori,
16:10je pense pas qu'il aurait été
16:13dans le « je veux pas lui faire mal ».
16:15On fait un sport de combat,
16:16donc il faut être prêt à ça.
16:18Et voilà,
16:20ce qui est un peu rageant,
16:22c'est qu'il y a le premier tour
16:25et après il y a la roulette
16:26où ça se passe de la même manière.
16:27Là, la question,
16:28elle ne se pose même pas.
16:30Sur un champion olympique
16:33où on sait pertinemment
16:35que sa force,
16:36c'est le corps à corps,
16:39quand il a un croisé en moins,
16:41on ne va pas au corps à corps
16:42et on met de la distance
16:43et on fait les décalages.
16:45Voilà.
16:46Bon.
16:47Ça va faire partie de,
16:48s'il veut passer un cap
16:49au niveau international,
16:50il faut apprendre l'intransigeance,
16:52il faut apprendre
16:55l'aspect combat de la discipline.
16:58qu'on le veille ou non,
16:59ça en fait partie.
17:00C'est pas ne pas respecter l'adversaire
17:02que d'aller dans sa zone de faiblesse
17:07au moment où il est sur le tapis.
17:08Avec ça, c'est avec ça.
17:09Après, de manière générale,
17:11de manière générale,
17:13on se doit de faire mieux
17:16au chouadouement par équipe,
17:17pour le coup.
17:18L'achat Bekaori avait eu raison
17:20de se battre jusqu'à la déraison.
17:21Son équipe ne faisait qu'une bouchée
17:23de la Chine,
17:24sortie de 4-1,
17:24et c'est finalement le tombeur
17:26de la Géorgie
17:26qui s'était incliné à la roulette
17:28face à la Russie,
17:29une étonnante équipe d'Ouzbékistan
17:30qui s'offrait l'autre médaille de bronze,
17:32comme en 2021,
17:33en dominant la Mongolie.
17:34Pour la première fois en finale,
17:36la Russie frustrée de titres masculins
17:38cette année,
17:38un seul comparé aux trois
17:40récoltés en 2025,
17:42extraordinaire record,
17:43se voyait bien repousser le Japon
17:45dans les limbes
17:45pour une deuxième année consécutive.
17:47Mais le Japon est éternel
17:49et seul Bachaef parvenait
17:50à prendre le point
17:51au lourd Nakano.
17:52Le groupe, emmené par Murao,
17:54impeccable,
17:55emportait son frémir
17:56le 8ème titre japonais
17:58en 9 ans.
17:59La France est venue voir,
18:00dans deux ans à Los Angeles,
18:02il y aura un double titre à défendre
18:03avec ou sans Teddy Riner
18:05et Clarisse Agbeignenou.