00:06Une citoyenne américaine a perdu la vie. Quatre jeunes Ivoiriens risquent 20 ans de prison ferme.
00:13Entre la douleur d'une victime, des accusations graves et des prévenus qui nient tout en bloc,
00:19ce procès pose une question essentielle. Jusqu'où peut-on aller pour de l'agent facile ?
00:27Au cœur de cette affaire, une américaine victime présumée de cette tension à travers ce qu'on appelle en Côte
00:34d'Ivoire le broutage,
00:36dont le décès donne une dimension particulièrement grave au dossier.
00:41Selon le ministère public, les investigations ont permis de remonter jusqu'à plusieurs personnes,
00:47après notamment l'arrestation aux États-Unis d'un Ivoirien présenté sous le nom de Cassie.
00:54Quatre jeunes ont comparu devant le pôle pénal économique et financier ce 8 octobre 2026.
01:01Ils sont poursuivis pour associations de cybercriminels,
01:05obtention davantage par le biais d'un système d'information et blanchiment de capitaux.
01:11Placés sous mandat de dépôt depuis le 30 avril 2026, ils contestent les faits qui leur sont réprochés.
01:18Parmi eux, un élève en classe de Terminal D et un titulaire du BTS, ancien étudiant de l'IMPHB.
01:28Des parcours scolaires qui contrastent avec la gravité des accusations.
01:32À la barre, c'est le grand déballage des dénégations.
01:36Les quatre revenus rejettent les charges.
01:39Trois d'entre eux sont revenus sur leur déclaration antérieure,
01:43affirmant avoir parlé sous la pression lors de l'enquête préliminaire et devant le juge d'instruction.
01:51Les accusés nient également être les auteurs des messages incriminés,
01:56des faux profils et des comptes qui leur sont attribués.
02:00Ils contestent ainsi les éléments censés les relier au fait de ces tensions.
02:05Les deux revenus se défendent notamment d'être un buraliste,
02:10thème employé pour désigner un intermédiaire chargé de récupérer l'argent pour le compte de cybercriminels.
02:18Il explique qu'un voisin lui aurait demandé sa carte d'identité
02:22avant de lui demander s'il connaissait quelqu'un aux États-Unis.
02:26Il aurait alors communiqué le contact d'un ancien camarade de promotion de l'IMPHB installé dans ce pays.
02:34Selon son récit, ce tamis aurait effectué des retraits d'argent contre une commission de 100 francs CFA par dollar.
02:42Il évoque trois transactions en deux semaines, dont la somme totale est évaluée à près de 6 millions de francs
02:49CFA.
02:50Mais pour le paquet, les charges sont établies.
02:53Le ministère public estime que les victimes ont versé de l'argent sous la menace
03:00et que les prévenus ont tiré profit de ces opérations.
03:04Le procureur a donc requis 20 ans d'emprisonnement ferme contre chacun des quatre prévenus
03:10et 50 millions de francs CFA pour chacun, des peines complémentaires et les dépens.
03:1620 ans de prison, une réquisition lourde qui pourrait bouleverser durablement l'avenir de ces quatre jeunes.
03:23Mais la défense ne compte pas se laisser faire.
03:25Les avocats contestent la sévérité des réquisitions et s'interrogent sur la différence de traitement
03:33entre les prévenus ivoiriens et un autre protagoniste de cette affaire, le dénommé Cassie arrêté aux États-Unis.
03:41Selon les éléments évoqués à l'audience, Cassie a été condamnée à 18 mois d'emprisonnement aux États-Unis,
03:48mais n'aurait finalement effectué que dix mois de détention.
03:52Une peine que les avocats mettent en perspective avec les 20 ans d'années de prison ferme réclamées contre les
04:00clients en Côte d'Ivoire.
04:02L'un des conseils s'indigne.
04:04Nous ne savions pas qu'il fallait distinguer les morts en fonction des continents.
04:09Derrière cette formule, une question qui dérange.
04:14La nationalité américaine de la victime expliquerait-elle en partie la sévérité avec laquelle cette affaire est traitée en Côte
04:23d'Ivoire.
04:24Pour la défense, le contraste entre les 18 mois prononcés contre Cassie aux États-Unis
04:30et les 20 années requis contre les quatre jeunes ivoiriens méritent des explications.
04:35La présidente du tribunal intervient alors pour rappeler que le pôle pénal coopère avec tous les pays,
04:42qu'il s'agisse du Burkina Faso, du Mali ou du Ghana.
04:45Elle conteste ainsi l'idée selon laquelle la nationalité de la victime serait à l'origine de la célérité de
04:54la procédure.
04:55Désormais, les regards sont tournés vers le 22 octobre 2026, date annoncée du délibéré.
05:01Car une réquisition n'est pas une condamnation.
05:05Les accusations sont graves, mais les prévenus bénéficient de la présomption d'innocence
05:11jusqu'à ce que les culpabilités soient légalement établies.
05:15Une femme a perdu la vie.
05:18Quatre jeunes attendent de connaître leur sort.
05:21Et entre les deux, une justice appelée à départager les accusations, les dénégations et les preuves.
05:29Cette affaire rappelle une vérité.
05:32Derrière les écrans, il y a des êtres humains.
05:34L'agent facile peut avoir un prix terrible,
05:38mais la justice, elle, doit avoir le dernier mot, à condition que ce mot soit celui de la vérité.
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