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  • il y a 9 minutes
Chaque week-end, l’émission pilotée par Pauline Revenaz avec à ses côtés Dominique Rizet, consultant police/justice BFMTV, traite d’un événement majeur de la semaine, ainsi que d’autres affaires qui sont revenues sur le devant de la scène.

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Transcription
00:00Bienvenue, si vous nous rejoignez, bienvenue dans l'affaire suivante consacrée, je le disais, au maintien de l'ordre dans
00:03toutes les manifestations des lycéens et des étudiants.
00:0615 jours de mobilisation ponctuée de blocus et de manifestations.
00:10Voilà, pour le cadre, j'accueille mes invités général Richard Caminade, général de gendarmerie, spécialiste du maintien de l'ordre.
00:17Merci d'être avec nous, Mathieu Zagowski, consultant BFM TV sur toutes ces questions de sécurité.
00:22Et à vos côtés, maître Ilan Malawi, avocat pénaliste.
00:24Vous défendez ce jeune homme qui a reçu un coup de genou des forces de l'ordre dans la tête
00:28et qui est également poursuivi, rappelons-le, pour violences sur des policiers.
00:31Maxime Ranchetteur, vous êtes aux côtés de Dominique Rizet, journaliste au service PJ de BFM TV.
00:35On va d'abord poser tous ensemble un regard global sur ces manifestations.
00:40Priorité à vous, général. Quelle lecture vous faites de ces 15 jours de mobilisation et effectivement de ce domaine précis
00:45du maintien de l'ordre ?
00:46Alors ce que je peux dire, c'est qu'il y a une mobilisation sans précédent.
00:50Ça faisait longtemps qu'on n'avait pas eu une mobilisation de jeunes comme ça, de jeunes lycéens déjà.
00:56Ce que je peux constater aussi, c'est cette violence, ce caractère un petit peu désinhibé par rapport à la
01:02violence.
01:02Alors ça s'explique par quoi ?
01:04Ça s'explique peut-être par la confrontation quasi quotidienne avec la violence dans les réseaux sociaux,
01:09peut-être même dans leur cellule familiale, dans les médias également,
01:14parce qu'ils voient bien, ils répercutent en fait ce qu'ils entendent et ce qu'ils voient.
01:19Ce que je constate aussi, c'est la violence avec laquelle ils se confrontent aux forces de l'ordre.
01:25Mais pas qu'aux forces de l'ordre, ils se confrontent également aux professeurs, aux corps enseignants,
01:30ils se confrontent aux pompiers.
01:33On va y revenir, on a des professeurs ciblés.
01:35Voilà, ça c'est la nouveauté.
01:36C'est quelque chose d'inédit.
01:37Et là on ne comprend pas trop, on est un petit peu dans le désarroi, on ne comprend pas trop
01:40ce qui se passe.
01:41Parce que ces jeunes manifestement sont en perte de repères, sont en manque de repères d'autorité.
01:48Et là il y a vraiment, on se sent un petit peu tous responsables,
01:51dans la mesure où on apporte tous notre pierre à l'édifice.
01:53En termes d'éducation, ce sont les parents, je le rappelle,
01:56l'éducation nationale fait de l'instruction, on ne fait pas d'éducation normalement.
01:59On va tous réfléchir ensemble à vos côtés.
02:01Vous avez donc le maître Ilan Malawi.
02:02Évidemment, j'imagine que vous ne partagez pas cette lecture.
02:06Votre regard, vous, sur ces 15 jours de mobilisation ?
02:09Écoutez, non, je partage une partie de ce qui a été dit.
02:13Après, si vous voulez, il y a deux champs qui, pour moi, sont totalement hermétiques.
02:17C'est-à-dire qu'il peut y avoir une vision macro, c'est-à-dire assez globale,
02:20qui permet d'analyser effectivement, d'un point de vue objectif, les revendications,
02:25leur légitimité et la proportionnalité du maintien de l'ordre qui en découle.
02:29Et ensuite, il y a ce qu'on appelle la casuistique, c'est-à-dire le droit pénal.
02:32C'est-à-dire les dossiers, lorsqu'on les prend in concreto,
02:35ce qu'ils valent et ce qu'ils doivent, en réalité, donner d'un point de vue judiciaire.
02:40Et moi, j'interviens aujourd'hui en tant qu'avocat pour une personne
02:43qui, effectivement, a été victime de violence.
02:46Dominique, vous avez une question.
02:47Oui, mais dans quel cadre ?
02:48Parce qu'en fait, vous dites qu'il y a la légitimité des lycéens.
02:52Et oui, on est tous d'accord là-dessus.
02:54Leurs conditions de vie, elles sont tellement discutables
02:57qu'ils ont raison de descendre dans la rue.
02:59Et puis ensuite, ceux qui viennent s'agréger au mouvement,
03:02qui viennent casser.
03:03Vous, est-ce que vous défendez un lycéen ?
03:06Ou est-ce que vous défendez quelqu'un qui est en marge des manifs ?
03:09Par exemple, quel âge a votre client ?
03:10Est-ce que c'est un lycéen de 14-15 ans ?
03:12Ou est-ce qu'il a 25 ans ?
03:13Non, non, non, c'est très intéressant ce que vous dites
03:15parce qu'effectivement, dans ce type de dossier,
03:18et ce n'est pas à dominem où je ne lance pas l'anathème
03:20sur ceux qui peuvent penser ainsi,
03:22mais il est toujours question de pouvoir expliquer finalement
03:24que la personne n'était peut-être pas là
03:25pour des questions de légitimité étudiante ou autre.
03:27C'est un étudiant de 18 ans qui fait des mathématiques et de la physique.
03:30Le vôtre, votre client ?
03:31Donc, il est concerné.
03:33Il est très concerné.
03:34Il est au cœur de ce mouvement.
03:36Donc, c'est important de le dire
03:37parce qu'effectivement, il y a toujours peut-être des paroles,
03:41j'ai envie de dire, qui ne sont pas toujours bienveillantes aussi.
03:45De vouloir systématiquement dire qu'en réalité,
03:48il n'y a pas de vocation peut-être étudiante
03:51et qu'en réalité, ces personnes qui viendraient
03:53ne viendraient que pour casser.
03:54Moi, je parle simplement,
03:55et je suis la voix de celui qui est aujourd'hui un étudiant
03:58en mathématiques et en physique
03:59et qui a été victime,
04:00je crois et je crois et j'espère que cela fait consensus
04:03d'une violence qui ne peut pas être admise.
04:07Très bien.
04:08Qu'est-ce qui lui est arrivé ?
04:09Écoutez, il lui est arrivé,
04:10tout simplement, il y a des vidéos,
04:12et d'ailleurs, il y a une vidéo récente
04:15qui, je crois, est absolument non équivoque
04:17où vous avez effectivement un jeune homme
04:19qui reçoit un certain nombre de coups de matraque
04:23au niveau du crâne,
04:24on voit qu'il n'est quand même pas en état.
04:26Ça, c'est le coup de genou qui déclenche l'ouverture de l'IGPN,
04:29on le rappelle.
04:29Oui, mais juste avant, justement,
04:30il y a une autre vidéo qui est sortie
04:32et qui montre en réalité qu'il y avait déjà des coups
04:35parce qu'on ne comprendrait pas,
04:37sinon, les plaies suturales sur le crâne de 4 cm,
04:40ce n'est pas le coup de genou.
04:41Et ensuite, la vraie question qui se pose,
04:43parce que j'entends, moi,
04:44ce qu'ils peuvent penser et dire, finalement,
04:45il y a peut-être eu une antériorité, etc.
04:48Le préfet de police l'a dit ça vendredi.
04:50Oui, mais en fait, si vous voulez,
04:51à partir du moment...
04:52Alors, je suis le père de mes propos aujourd'hui, d'accord ?
04:54Je ne suis pas le gardien du droit pénal,
04:55je dis simplement qu'il y a quand même des principes.
04:58Et à partir du moment où vous avez un jeune de 18 ans
05:00qui a un genou à terre
05:01et qui lève le bras gauche quasiment en signe de reddition,
05:05étranglé par un fonctionnaire de police avec le bras gauche
05:07et qui reçoit ensuite un coup de genou plein,
05:09fer au visage,
05:11si, sur une telle vidéo,
05:13on ne fait pas consensus en disant
05:15que c'est non pas seulement inadéquat,
05:17comme j'ai pu l'entendre sur votre plateau,
05:19que c'est pénalement répréhensible.
05:22Il ne convient pas de dire que la police,
05:25dans son ensemble,
05:25ne sait pas faire son travail.
05:26Et c'est important de le dire.
05:28Il faut simplement dire
05:29qu'une police, pour être légitime,
05:31elle doit être respectée.
05:33Et pour être respectée,
05:34il faut qu'elle soit respectable.
05:35Et ce respect,
05:36il se gagne lorsqu'il y a des excès.
05:39Il faut être intransigeant.
05:40Alors, on le rappelle quand même,
05:41il y a plus de 700 blessés
05:42parmi les forces de l'ordre général.
05:44Comment est-ce qu'on gère les interpellations ?
05:46Quelle est la théorie ?
05:48Quelle est la pratique ?
05:48On a des moyens de captation d'images.
05:50Et je sais ce que vous allez dire,
05:51Maître,
05:52si on n'avait pas ces images,
05:53on n'aurait pas ces enquêtes,
05:54on ne serait pas là,
05:54tous autour de la table pour en parler.
05:56Néanmoins,
05:57comment est-ce qu'on gère
05:57les interpellations dans ces cas-là ?
05:59Les interpellations se gèrent
06:01dans toutes les manifestations
06:02à peu près de la même façon.
06:04L'idée,
06:05c'est ne surtout pas
06:07faire monter davantage
06:09les tensions,
06:10aggraver une situation
06:11qui est plutôt stabilisée.
06:14L'idée,
06:14c'est ne pas mettre en difficulté
06:15le dispositif d'efforts de l'ordre.
06:17L'idée,
06:17ce n'est pas mettre en difficulté
06:19ou de blesser les personnels
06:21ou les personnes
06:23qu'on va interpeller.
06:24c'est qu'il faut combiner
06:25adroitement tout ça
06:26avec le juste niveau,
06:28le strict niveau de force nécessaire.
06:31Encore une fois,
06:32ce que je dis
06:33et j'en suis convaincu
06:34pour l'avoir éprouvé
06:35sur le terrain,
06:37l'arrestation,
06:37ce n'est pas une fin en soi.
06:40Ce n'est pas une fin en soi.
06:41On ne doit pas rechercher
06:44systématiquement l'arrestation.
06:45On n'interpelle pas
06:46n'importe comment
06:46et à n'importe quel client.
06:48On n'interpelle pas
06:49n'importe qui,
06:50n'importe comment,
06:50n'importe où.
06:52D'abord.
06:52Alors bien sûr,
06:53on a des inputs
06:54de situation,
06:55on a des inputs
06:56de la hiérarchie,
06:57on a des inputs politiques.
06:59Ça fait beaucoup.
06:59Ça fait beaucoup
07:00et c'est le chef
07:01sur le terrain qui décide.
07:02Il y a une grosse pression.
07:04Si effectivement,
07:05il y a nécessité
07:06de faire une interpellation
07:07parce qu'on a
07:08l'opportunité de la faire
07:10à la personne
07:10qu'on met en acte
07:11qui a porté
07:12des forces de l'ordre,
07:14on ne peut pas laisser faire
07:15les bras ballants comme ça.
07:17On doit intervenir.
07:18Il y a toujours
07:18une consigne hiérarchique ?
07:20Il y a une consigne hiérarchique
07:22qui dit
07:22qu'on interpelle
07:24si possible,
07:25mais on ne met pas
07:27en difficulté
07:28le dispositif
07:29et on ne porte pas
07:31atteinte
07:31à l'intégrité physique
07:33des gendarmes,
07:34des policiers
07:34ou de la personne
07:35qu'on va interpeller.
07:36On est suffisamment
07:37préparé à cela.
07:38D'accord ?
07:39Vous êtes bien formé ?
07:40Ce que je veux dire
07:41c'est qu'une interpellation
07:43ça ne s'improvise pas.
07:45Ça se prépare.
07:47Il faut désigner l'objectif.
07:48Il faut désigner
07:48les personnels
07:49qui vont interpeller.
07:50Il faut désigner
07:51les personnels
07:51qui vont protéger.
07:52Et ensuite,
07:53on coordonne.
07:54En général,
07:55quand on voit
07:57des policiers,
07:57des gendarmes,
07:58des compagnies
07:58d'intervention
07:59et en phase 2,
08:01des gens qui leur jettent,
08:02on a vu ça
08:02cette semaine à Bastille,
08:04des pots de fleurs,
08:05des jardinières,
08:10des objets au sol.
08:11Des objets du matériel urbain.
08:12Ceux qui étaient sur le toit,
08:13on ne peut pas aller les chercher
08:14et on ne peut pas
08:16tirer sur eux
08:16avec tout le matériel
08:19que Maxime
08:19va nous montrer
08:20tout à l'heure.
08:20Mais quand c'est au sol,
08:22quand vous êtes face à face,
08:23vous allez chercher lesquels ?
08:24Alors on voit
08:25ceux qui font des signes
08:26aux policiers,
08:28ceux qui leur jettent
08:29des pavés,
08:30ceux qui les insultent,
08:32ceux qui leur balancent.
08:33Vous allez chercher
08:34lequel ?
08:34Le plus véhément ?
08:36Le plus chaud de la bande en fait ?
08:37Normalement,
08:39il y a une hiérarchie
08:40dans les délits,
08:42dans les exactions
08:43qui sont commises.
08:44Quelqu'un qui vous jette
08:45un caillou,
08:46bon,
08:46au regard de la masse,
08:48on ne va pas le traiter
08:49en priorité.
08:50Ça ne nécessite pas
08:51une manœuvre particulière.
08:52Maintenant,
08:53si on a quelqu'un
08:54qui est venu
08:55à plusieurs reprises,
08:56qui a jeté des projectiles
08:58et qui a utilisé
09:00un artifice pyrotechnique,
09:02un mortier d'artifice pyrotechnique,
09:06quelqu'un qui a jeté
09:08des cailloux,
09:08quelqu'un qui a blessé
09:09un camarade,
09:10on essaye de le cibler,
09:11etc.
09:11Mais,
09:12encore une fois,
09:13ce n'est pas une fin en soi.
09:15On a aujourd'hui
09:15des capacités
09:16en termes de captation
09:17d'images,
09:18au niveau des caméras piétons,
09:20au niveau des prises de vue
09:22avec des caméscopes
09:23dans les unités,
09:24on a un appui en PJ
09:26avec les unités,
09:27on a des drones,
09:28on a des vidéos,
09:30le système de vidéo.
09:31Mais c'est parfois
09:32beaucoup mieux.
09:33Parce que,
09:34plutôt que l'interpeller
09:35dans le feu de l'action
09:36et générer encore plus
09:37de désordres,
09:38il vaut mieux...
09:39Général,
09:39c'est quand plus tard ?
09:40C'est à la fin de la manif ?
09:41Mais plus tard,
09:42ça peut être le soir,
09:43ça peut être le lendemain matin,
09:45quand les choses sont apaisées
09:46et qu'il n'y a plus de risque
09:47de créer d'autres désordres.
09:49Ça, c'est l'idéal.
09:51Ça, c'est l'idéal.
09:52Mais cela vaut,
09:53parfois,
09:54pour la plupart des cas,
09:56plutôt que d'aller,
09:58coûte que coûte,
09:59chercher à interpeller
10:00et générer des désordres.
10:01Alors,
10:02on va reprendre la discussion.
10:03On rappelle que le ministre
10:05de l'Intérieur a interdit
10:05les grenades assourdissantes
10:06le temps de l'enquête de Lens.
10:08On rappelle que Lens,
10:08c'est un jeune homme
10:09qui a eu la main arrachée
10:10à la suite d'un lancement
10:12d'une grenade assourdissante.
10:13Mathieu Zagros,
10:14si vous allez venir avec moi,
10:15on va essayer de comprendre
10:16comment ça se passe
10:16chez nos voisins
10:18en termes, justement,
10:19de maintien de l'ordre.
10:20Qui utilise quoi
10:22et qu'est-ce qu'on a à disposition,
10:24si je puis dire ?
10:24Ça, c'est chez nous.
10:25Le premier picto,
10:26c'est en France.
10:26Absolument.
10:27Il faut d'abord parler
10:27de l'organisation des polices.
10:29On a différents schémas différents.
10:31En France,
10:32on a une police,
10:32enfin, des forces qui sont nationales
10:34avec les CRS
10:35et les gendarmes mobiles.
10:37Également,
10:37des compagnies d'intervention
10:38au niveau départemental,
10:39mais tout ceci dépend
10:40du ministère de l'Intérieur.
10:41Et puis,
10:42à l'autre bout du spectre,
10:43on a les États-Unis
10:43qui ont un système
10:44extrêmement fragmenté.
10:45Il y a 18 000 services de police
10:46au total.
10:48Chacun est susceptible
10:48d'avoir ses unités
10:50de maintien de l'ordre
10:51avec des situations
10:53intermédiaires
10:53comme en Allemagne
10:54ou en Grande-Bretagne
10:55où ce sont des forces régionales,
10:5645 dans le cas britannique,
10:5816 dans le cas allemand
10:59et enfin,
11:00l'Espagne
11:00qui est similaire à la France
11:01mais avec quelques polices autonomes.
11:02Qui utilise quoi
11:05chez nos voisins ?
11:06On va voir ça.
11:06On va le voir
11:07en commençant par les grenades.
11:08Petit rappel,
11:09il y a trois types
11:11de grenades différentes
11:12pour faire très simple,
11:13lacrymogènes,
11:14assourdissantes
11:15ou désencerclements
11:15même si certaines
11:16mêlent l'assourdissement
11:18et le lacrymogène.
11:19On voit que les Britanniques,
11:21les Allemands,
11:21les Espagnols
11:22en font un usage
11:23parcimonieux.
11:24Ils utilisent
11:24presque exclusivement
11:26des grenades lacrymogènes.
11:27Encore une fois,
11:28difficile de faire
11:28une généralisation
11:29sur les États-Unis
11:30puisque je viens de le dire,
11:31il y a 18 000 services
11:32de police différents.
11:34Néanmoins,
11:35on peut noter
11:36que dans certains États
11:37comme la Californie,
11:39l'usage de grenades
11:41assourdissantes
11:42ou de désencerclements
11:43a été fortement limité
11:44par la loi locale.
11:45Comment est-ce qu'on fait
11:46sur Terre ?
11:47Et puis ensuite,
11:48on va voir dans les airs.
11:48Sur Terre,
11:49d'abord les véhicules.
11:49Alors sur Terre,
11:50là encore,
11:51on va parler
11:51des véhicules blindés,
11:54grande variété
11:55justement de véhicules,
11:57grande variété
11:58de situations.
11:59On note que par exemple,
12:00les Britanniques
12:01les utilisent assez peu.
12:02C'est utilisé
12:03dans des circonstances
12:04exceptionnelles
12:05sur des manifestations
12:05très sensibles.
12:07Encore une fois,
12:08rappelons à quoi peut servir
12:09un véhicule blindé.
12:10Ça peut servir à transporter,
12:11ça peut servir à s'abriter.
12:12On l'a vu aux États-Unis
12:13lorsqu'il y a eu
12:14les mouvements
12:14autour de Black Lives Matter,
12:16les policiers
12:16qui en fait
12:17portaient des armes lourdes
12:19et se mettaient
12:20derrière les véhicules,
12:21se réfugiaient
12:22parce que potentiellement,
12:24il peut y avoir
12:24échange de coups de feu
12:25aux États-Unis
12:26où rappelons-le,
12:27beaucoup d'armes
12:27sont en circulation.
12:29On peut les utiliser
12:30pour tirer
12:31des gaz lacrymogènes
12:33ou encore
12:34pour dégager
12:34des obstacles,
12:35dégager des barricades.
12:36Dans les airs à présent ?
12:37Alors dans les airs,
12:38tout le monde
12:38ou presque
12:39utilise les drones.
12:40On prend les quatre pays
12:41européens
12:42de notre panel,
12:42France,
12:43Royaume-Uni,
12:44Espagne,
12:44Allemagne,
12:45tout le monde
12:45les utilise.
12:46C'est pareil aux États-Unis
12:47mais là encore,
12:48quelque chose
12:49d'assez intéressant
12:49puisque ça remonte
12:50à il y a quelques jours,
12:52à mardi dernier,
12:53l'État de l'Ohio
12:54a voté une loi
12:55qui restreint
12:56l'utilisation
12:57de ces drones
12:59sur les manifestations.
13:00On peut les utiliser
13:01en repérage
13:01au préalable
13:02d'une manifestation.
13:03On peut les utiliser
13:04par exemple
13:05s'il y a des incidents.
13:06En revanche,
13:06on ne peut pas surveiller
13:07de manière permanente
13:08des individus
13:08ou des groupes.
13:09Dernière information,
13:10le fameux LBD,
13:12on dit qu'on est les seuls,
13:14enfin on entend
13:15sur certains plateaux
13:15qu'on est les seuls
13:16à les utiliser
13:17avec nos voisins.
13:19Faux !
13:19Alors c'est faux.
13:20La France n'est pas la seule
13:21à utiliser le LBD.
13:21L'Espagne l'utilise
13:23sauf la police autonome
13:24de Catalogne.
13:26Alors en Grande-Bretagne,
13:27en Allemagne,
13:28c'est très limité.
13:30Uniquement Irlande du Nord
13:30dans le cas du Royaume-Uni
13:32et la Saxe
13:33qui est tout à l'est
13:34de l'Allemagne
13:36donc chez nos voisins
13:37d'Outre-Rhin.
13:39Une nouvelle fois,
13:40je me répète,
13:41impossible de faire
13:42une généralisation
13:43sur les Etats-Unis
13:44où plusieurs types
13:45d'engins sont utilisés.
13:46Des balles en caoutchouc
13:48de plus petite taille,
13:49des sacs contenant
13:51des billets de plomb.
13:52Là encore,
13:53sur le LBD 40,
13:53alors le LBD,
13:54c'est le lanceur
13:54de balles de défense.
13:55Merci de le rappeler.
13:56Voilà.
13:56C'est utile de le rappeler
13:57qu'ils tirent donc
13:58des balles en caoutchouc
13:59de 40 millimètres.
14:02Une décision
14:03d'un tribunal fédéral
14:04du mois de janvier dernier
14:06a décidé
14:06de les proscrire
14:08suite à une intervention
14:09du Los Angeles Police Department,
14:11donc la police de Los Angeles,
14:12sur justement
14:12une opération
14:13de maintien de l'ordre.
14:14Merci beaucoup Mathieu.
14:15Maxime,
14:15je me tourne à présent
14:16avec vous
14:16parce que vous étiez
14:17dans la manifestation
14:18de jeudi à Paris.
14:19Vous en avez fait d'autres
14:20des manifestations
14:21depuis que vous êtes journaliste
14:22à BFM TV.
14:22Qu'est-ce qui vous a frappé,
14:23vous ?
14:24Et je crois que vous n'êtes pas
14:24venu les mains vides
14:25pour cette émission.
14:26Oui.
14:28Ce qui m'a frappé
14:28à la manifestation,
14:30c'est presque déroulé
14:31en deux temps
14:31puisqu'il y a eu
14:33le temps principal,
14:34j'ai envie de dire,
14:34à Bastille
14:35avec cet énorme rassemblement
14:36où il y avait
14:37beaucoup de monde
14:37où il faut le dire,
14:38ça est resté
14:40assez calme
14:41la plupart du temps
14:42et c'est à la fin
14:43au moment de la dispersion
14:45pour un événement
14:46assez classique.
14:47La dispersion,
14:48vous savez,
14:48les policiers et gendarmes
14:49essayaient de maîtriser
14:50le flux de personnes
14:51qui quittaient la place
14:52en ouvrant certains endroits,
14:54en enfermant d'autres,
14:54parfois en changeant.
14:55Ça a généré
14:56de l'incompréhension
14:57et c'est là que notamment
14:57on a vu beaucoup de tensions
14:59et des affrontements
15:00assez violents
15:01ceux-là
15:01entre la police
15:02et certains des manifestants.
15:04Il y a eu un deuxième temps
15:05qui s'est passé à Nation
15:06parce que la police
15:08a orienté le flux
15:09de personnes vers Nation
15:09pour continuer
15:10la manifestation
15:11et là je dois vous dire
15:12j'ai été moi-même à Nation,
15:13ça a duré assez tard
15:14et là j'ai vu
15:15une autre physionomie
15:16où il y avait
15:17beaucoup moins de...
15:18Il y avait toutes sortes
15:19de personnes à Bastille,
15:20des adultes,
15:20des lycéens,
15:21des étudiants,
15:22des personnes plus âgées.
15:23À Nation,
15:24c'était essentiellement
15:25des lycéens,
15:25je dois vous dire
15:25et il y a eu
15:26des affrontements
15:26avec la police
15:27mais on était bien loin
15:29des black blocs
15:30qu'on peut imaginer
15:32organisés et structurés.
15:33On était vraiment
15:33face à quelques lycéens
15:34qui lançaient
15:36quelques objets
15:37face à la police
15:37et à chaque charge
15:38se dispersaient
15:40un petit peu partout.
15:41Voilà, il y a eu
15:41ces deux étapes-là.
15:42Qu'est-ce que vous avez
15:43sur la table ?
15:44Alors, on a ramené
15:45pas que moi
15:47et les camarades
15:48de BFMTV
15:49différentes grenades
15:50qu'on a pu ramasser
15:51sur ces manifestations.
15:52Alors déjà,
15:53il y a celle-ci,
15:55donc grenade
15:56lacrymogène MP7
15:57que j'ai...
15:58Celle-ci, vous voyez,
15:58elle a été lancée à Nation,
15:59vous voyez,
16:00pour disperser
16:00un groupe de lycéens
16:01qui avait monté
16:03une barricade
16:04pour essayer
16:04de bloquer la circulation.
16:04Donc on dégoupille en fait.
16:06Vous pouvez expliquer
16:06comment ça marche ?
16:07Alors, elle se lance
16:08à la main
16:09ou au lanceur Cougar,
16:11vous avez ces fusils
16:12qui peuvent les envoyer
16:13en cloche.
16:13En fait, c'est très simple.
16:14Celle-là a été lancée
16:15à la main
16:15puisqu'il y a ce dispositif-là.
16:17On dégoupille,
16:18elle est jetée
16:19et en fait,
16:19elle va s'ouvrir
16:20au ras du sol
16:21et à l'intérieur,
16:22vous voyez,
16:22il y a MP7.
16:23Des espèces de palais.
16:25Voilà,
16:25sept petits plots
16:26comme ceux-là.
16:27Vous le voyez
16:28qui en fait...
16:29D'où MP7.
16:30Souvent,
16:31les deux parties
16:31se séparent
16:32dans une gerbe d'étincelle
16:33et ces petits plots
16:34se répandent sur le sol
16:35et vous voyez
16:37la fumée s'échapper
16:38de chacun
16:38de ces sept petits plots.
16:40L'acrymogène.
16:41L'acrymogène.
16:42Celui-là,
16:42on le voit,
16:42c'est un gaz acrymogène
16:43à l'intérieur.
16:43Celui-là,
16:44on le voit à l'antenne,
16:44il est carbonisé
16:45parce que le gaz
16:46s'est déjà échappé.
16:47Je le manipule
16:47avec précaution
16:48parce que...
16:48Ça sent encore.
16:49Voilà,
16:49ça sent encore.
16:50Même si c'était
16:50jeudi dernier,
16:52sur le plateau,
16:53on sent encore.
16:53Et donc voilà,
16:54ça, c'est pour cette grenade
16:54qui a été lancée à la main.
16:56Vous voyez,
16:56à l'intérieur,
16:57il y a les autres plots.
16:58Je vous laisse les autres.
16:59Vous me montrerez la suite
17:00dans un instant.
17:01Vous restez.
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