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  • il y a 14 heures
« Quelles reponses pour sortir de la crise ? » Extrait de la table ronde organisée par l'Humanité des débats avec Valérie Rabault, économiste, vice-président de la commission finances de l'assemblée nationale, députée PS Tarn-et-Garonne; Xavier Timbeau, directeur département Analyse et Prévision de l'OFCE; Frédéric Boccara, économiste du PCF

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Transcription
00:00Qu'est-ce qu'il faut analyser cet accord dans un contexte qui est surdéterminé ?
00:30Qui consiste à dire, quand on est face à des risques de fermeture d'entreprise, quand on est face à
00:35des risques de plans sociaux massifs, il vaut mieux préserver le contrat de travail, même si ça doit coûter en
00:42masse salariale, en réduction de salaire, en réduction du temps de travail.
00:46Donc ça aura un impact sur le revenu des salariés, ça va réduire leur revenu, ça réduira leur consommation, donc
00:53ça participe au mouvement de restrictions budgétaires et de récession.
00:58Mais de notre côté, ça préserve le contrat de travail, ça préserve la structure de l'entreprise. Et on peut
01:03espérer que le jour où il y aura un rebond, en ayant préservé cette entreprise et ce contrat de travail,
01:10on aura les éléments pour une reprise de l'activité, pour ne pas perdre des parts de marché, comme ça
01:15a été le cas en 2011 face à l'Allemagne dans des circonstances proches.
01:20Voilà. C'est un moyen d'accommoder une politique de restrictions budgétaires et d'essayer de limiter les effets en
01:28termes de chômage en les traduisant par, plutôt que du chômage, des baisses de salaire.
01:34Je pense que c'est un mauvais accord. D'abord, il est signé par des partenaires sociaux qui ne sont
01:40pas majoritaires.
01:43Et les autres ont eu raison de rester à la négociation pour s'opposer à ce qu'il y avait
01:47de plus négatif. Et donc, on ne va pas dire qu'ils sont restés parce que c'était positif, bien
01:51au contraire.
01:52C'est mauvais parce que ça va jouer contre la demande, la consommation, par les baisses de salaire, etc.
01:59C'est mauvais aussi parce qu'en réalité, malgré son titre de sécurisation, il facilite encore plus les licenciements, voire
02:08il facilite les contrats de très court terme,
02:10de moins d'un mois, même si on taxe d'autres contrats. Il facilite les licenciements. Et même, on a
02:15une interview de Michel Sapin qui dit que quand les licenciements sont inéluctables,
02:19il faut laisser faire, sans qu'il y ait jugement et possibilité d'appropriation par les acteurs sociaux sur qu
02:24'est-ce qu'on fait, est-ce que c'est l'emploi, est-ce que c'est d'autres choses.
02:27Et donc, du côté de la demande, les salaires, la consommation, les licenciements et du côté de l'offre, effectivement,
02:35on fragilise les capacités de production avec les licenciements,
02:39on fragilise les capacités des salariés en détruisant et en disant que ce qui compte, c'est diminuer les salaires.
02:46Et en même temps, il exprime une contradiction parce qu'effectivement,
02:50il essaye d'aller vers une forme de sécurisation, mais sous une dominance qui est la mauvaise dominance. Puisqu'on
02:58dit, il faut dans certains cas quand même garder les salariés,
03:00donc on prend en acte du besoin des capacités. Mais comme on ne veut pas toucher à la finance, aux
03:06autres coûts, au coût du capital, aux dividendes, aux charges financières,
03:09effectivement, on le fait à l'envers. Et ça ne va pas marcher comme une sortie de crise. Et on
03:14insiste sur le coût salarial, alors que c'est des autres coûts qu'il faut baisser.
03:18Un chiffre quand même, deux chiffres de l'INSEE. Les entreprises payent un certain nombre de choses. Elles payent des
03:24dividendes, des charges sociales, des achats, des salaires.
03:26Les dividendes et les charges d'intérêt représentent plus de 300 milliards d'euros. Alors que les cotisations sociales employeurs
03:34effectives en font la moitié seulement, 140 milliards.
03:37Qu'est-ce qu'il faut baisser ? Donc il y a vraiment un problème d'autres coûts à baisser.
03:41Et puis il faut inverser. Il faudrait au contraire une impulsion très positive qui mobilise les partenaires sociaux,
03:46oui, sur la sécurisation, sur la saisie des moyens financiers avec une vraie banque publique d'investissement qui a une
03:53vision expansive, avec à chaque fois une sélectivité pour l'emploi
03:56et pour les services publics qui sont les ressorts de la nouvelle croissance et de façon coordonnée en Europe qu
04:02'on peut construire avec aussi des partenaires publics dans toute l'Europe.
04:06Moi, ce que je voudrais dire, c'est que cet accord, ça s'inscrit dans une vision et une politique
04:11globale. Enfin, je vais en dire vraiment deux mots, mais très rapidement, je reviens sur l'accord.
04:15Alors la politique, il y a eu une première étape au mois de juillet, c'était quand même corriger tout
04:20ce qui était délirant, notamment la TVA Sarkozy,
04:22qui aurait coûté entre 400 et 500 euros par ménage et par an, c'est-à-dire la moitié d
04:25'un SMIC. L'étape de novembre, c'est de dire, on fait, le gouvernement de Sarkozy avait baissé les impôts
04:33des plus riches.
04:34Nous, on a créé une tranche d'impôts sur le revenu. Les plus grandes entreprises seront plus mises à contribution
04:39alors qu'elles payaient 8% aujourd'hui d'impôts sur les sociétés.
04:41Ça, c'est des choses extrêmement importantes. Et enfin, le fait que les dividendes et les intérêts sont taxés au
04:46même niveau qu'un euro gagné sur le salaire.
04:49Pour les ménages, ça, c'est... Mais sur les entreprises, il y a un certain nombre... L'élargissement de l
04:53'assiette, c'est quand même super important.
04:54Donc ça, c'est le mois de novembre. Troisième étape qui s'est produite là au mois de décembre, c
04:59'est une négociation qui a abouti, enfin plutôt janvier,
05:02une négociation qui a été lancée en juillet, qui, je crois, est vraiment à la marque de fabrique de Jean
05:07-Marc Ayrode,
05:08qui est vraiment le dialogue social... Enfin, c'est quelque chose qui lui tient vraiment à cœur, qui dit, voilà,
05:12un accord a été signé,
05:15certes, pas par toutes les organisations syndicales, mais c'est quand même par rapport à... C'est un accord historique,
05:21si on regarde ce qui s'est fait ces dernières années.
05:24C'est quand même un accord historique qui a été signé, qui prévoit un certain nombre de droits nouveaux pour
05:28les salariés.
05:29Et alors, sur ce point qui est de dire, sur les plans sociaux ou sur les périodes de chômage qui
05:33peuvent être mises en place pour les entreprises,
05:36c'est de dire qu'effectivement, avec les organisations syndicales, il y a un certain nombre de choses sur le
05:41temps de travail qui peuvent être négociées.
05:43Ça ne peut pas durer plus de deux ans. Ça permet de protéger et de préserver l'emploi, notamment, comme
05:48ce que tu disais,
05:50sur le moment où les gens sont dans l'entreprise, au moment où il peut y avoir un rebond.
05:54Et ça, c'est quelque chose de très important. Moi, je ne fais pas de comparaison avec l'Allemagne.
05:59Je ne m'intéresse pas forcément de faire des comparaisons avec l'Allemagne.
06:01Mais de dire qu'on peut rester dans l'entreprise, que c'est quelque chose qui est négocié, encore une
06:05fois,
06:05ça ne se fait pas sans les syndicats, me paraît très important.
06:09Et le dernier volet, enfin, aussi de cet accord, notamment sur les droits nouveaux, c'est, bon, on a parlé
06:14de la sécurité professionnelle,
06:17dont on a beaucoup parlé dans les campagnes, mais qui n'a jamais été forcément mise en place,
06:22le fait qu'il y ait une complémentaire.
06:24Ça, c'est des choses importantes, c'est des droits nouveaux pour les salariés qui paraissent aller dans la bonne
06:30direction.
06:31Merci.
06:33Merci.
06:34Merci.
06:34Merci.
06:35Merci.
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