- il y a 11 heures
La rhétorique du « jour d’après » masque de plus en plus mal les efforts faits par les capitalistes pour maintenir intact un système à bout de souffle. Comment éviter que les peuples paient, comme en 2008, l’ardoise de la crise ?
Débat dans le cadre de la fête de l'Humanité, le Vendredi 11 septembre 2020 à La Bellevilloise (Paris)
Avec :
Frédéric Boccara, Économiste,
Phillipe Aghion, Économiste,
Mathieu Plane, directeur adjoint de l’OFCE
Le débat est animé par Clotilde Mathieu, journaliste à l’Humanité
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NewsTranscription
00:00Bienvenue à la fête de l'humanité avec un premier débat sur le capitalisme à l'épreuve du Covid.
00:07Une fête de l'humanité autrement où on vient de me dire à l'instant qu'il n'y avait
00:10pas le bruit en fait de la fête,
00:13ce qui fait que le débat se déroulera un peu plus tranquillement.
00:18La crise du Covid, avec la crise sanitaire, les croissances mondiales plongent
00:23et l'activité après avoir marqué un temps à l'arrêt a du mal à repartir.
00:27La machine est grippée. Pour beaucoup d'économistes, la pandémie a mis en lumière les failles structurelles du modèle libéral,
00:35centrées exclusivement sur la mise en concurrence des travailleurs, la rigueur budgétaire et l'épuisement des ressources.
00:41Un changement de modèle semble indispensable.
00:43Pourtant, si Emmanuel Macron avait un temps parlé du jour d'après, son premier ministre a montré au travers de
00:52son plan de relance,
00:53France relance le visage de son nouveau capitalisme et qui a un goût déjà vu.
00:59Si l'idée d'une société post-capitaliste s'intensifie dans la société, est-ce pour autant la chute d
01:05'un modèle ou une simple correction ?
01:11Avec nous, nous avons trois... Enfin, je tiens à dire la bienvenue à nos trois économistes qui sont venus.
01:20Malheureusement, on a essayé d'avoir des économistes féminines, mais malheureusement, c'était assez difficile de les faire venir.
01:30Mais on est vraiment très heureux, en tout cas, de vous avoir parmi nous.
01:35Donc, je voulais souhaiter la bienvenue à Philippe Aguillon.
01:39Vous êtes économiste, professeur au Collège de France.
01:42Vous avez également l'oreille du président de la République,
01:45qui s'est inspiré de vos travaux pour bâtir son programme présidentiel.
01:51Du point de vue théorique, vous êtes un adepte de la croissance à la chumpeterre.
01:57Mathieu Plannes.
01:58Au Collège de France, vous êtes, vous, de votre côté, directeur adjoint du département Analyse et prévision à l'OFCE.
02:06Vous avez été également conseiller économique d'Arnaud Montebourg.
02:10On vous dit plutôt keynésien.
02:14Frédéric Bogara, vous êtes économiste au CZ.
02:17Vous êtes aussi l'auteur d'un rapport sur le financement des entreprises,
02:22responsable de la commission économique du Parti communiste français.
02:27On ne va pas préciser que vous êtes marxiste.
02:29Je pense que tout le monde ici y conviendra.
02:31C'est le Bocariens.
02:32Oui, c'est le Bocariens.
02:33Le Bocariens.
02:35Alors, j'ai envie de vous poser la question à tous les trois.
02:38En quoi cette crise est différente des autres ?
02:41Et dans quel moment nous sommes aujourd'hui ?
02:46Est-ce que Philippe Ajon, vous...
02:48Je me lance, je vais dire des conneries, et puis mes amis vont me corriger, voilà.
02:52On reste dans le débat.
02:54Voilà.
02:55Donc, alors c'est vrai que d'un point de vue des économistes, ce qui est intéressant avec le Covid,
02:59c'est qu'il y a des modèles qu'on appelle épidémiologiques, par exemple.
03:02Les gens, Imperial College en Angleterre, ils ont fait des modèles, des prédictions.
03:06Mais c'était des modèles où il n'y avait pas les comportements économiques et les interactions.
03:10Et on se rend compte que quand on les prend en compte, les choses sont très différentes.
03:13Donc, d'un point de vue même de recherche en économie,
03:15c'est très intéressant de vouloir mettre, introduire les comportements et les interactions économiques
03:20dans des modèles épidémiologiques.
03:21Donc, il y a eu une série de papiers qui sont sortis depuis cinq, six mois.
03:25Je vais essayer d'en parler un peu au collège dans mon cours cette année.
03:27Je ne suis pas du tout de plus pour mon cours.
03:28Je vais essayer de parler de ces papiers-là.
03:30Donc, ça, c'est intéressant comme sujet.
03:32Parce qu'évidemment, vous voulez vous poser la question,
03:35si par exemple, il y a une deuxième vague, jusqu'où je dois reconfiner, déconfiner ?
03:38Mais pour pouvoir faire ça, il faut avoir ces modèles
03:42qui ont à la fois l'épidémiologie et les comportements.
03:46Et selon que les gens réagissent.
03:47Parce que dans les modèles des gens d'Hippérial College,
03:50il n'y a pas les gens qui décident de mettre des masques,
03:52qui décident de mettre une distance sociale,
03:54qui décident d'avoir des comportements sociaux, etc.
03:56Tout ça, c'est out.
03:57Donc, c'est quand même très intéressant, même pour quelqu'un d'un marxiste,
03:59de dire, voilà, je prends un modèle épidémiologique,
04:01je mets les comportements et tout d'un coup, ça change tout.
04:04Donc, ça, c'est intéressant en soi.
04:06Maintenant, il y a autre chose, je crois,
04:07c'est que le Covid est un révélateur de problèmes
04:10que différents pays capitalistes avaient avant.
04:12D'accord ?
04:13Alors, je vais dire plein de conneries,
04:14et je vais, ben, à pied comme ça, moi.
04:15Alors, premièrement, évidemment,
04:17évidemment, alors, généralement, je ne peux pas montrer des slides,
04:20mais c'est le modèle américain qui est un désastre absolu
04:24du point de vue social.
04:26C'est-à-dire qu'aux États-Unis, eh bien, dès que vous perdez l'emploi,
04:30vous êtes beaucoup plus de chances de tomber en pauvreté
04:33et de perdre l'assurance santé.
04:34Et donc, on voit que, finalement, le nombre de gens,
04:37avec le Covid, le nombre de gens sans assurance santé
04:40et qui sont tombés au-dessus de pauvreté,
04:41a grimpé comme ça, quoi.
04:43Alors que dans nos pays, quand même,
04:45eh bien, c'est moins le cas.
04:47Voilà.
04:47Alors, on a quand même, par rapport aux États-Unis,
04:50donc il y a toujours pire que le pire,
04:52on peut faire beaucoup mieux chez nous,
04:53mais ça, c'est les États-Unis et les pays européens.
04:55Là, j'ai montré l'Allemagne,
04:56mais je pouvais montrer également la France
04:59et les pays de l'Europe continentale.
05:01Nous, quand même, on arrive à assurer,
05:03ben, tout le monde a la couverture santé,
05:06le risque de pauvreté a beaucoup moins augmenté qu'aux États-Unis.
05:09Donc, c'est intéressant parce que, déjà, le modèle américain,
05:12on voit bien maintenant, c'est le...
05:14Voilà, on est en période très fasciste.
05:16aux États-Unis.
05:17Donc, vous voyez, on voit bien, voilà.
05:18Donc, ça, c'est une première chose
05:21qui a été mise en évidence.
05:22La deuxième chose qui a été mise en évidence,
05:23c'est que je me suis demandé
05:24comment ça se fait qu'on n'ait pas de respirateurs en France.
05:27Et ben, c'est parce que...
05:28Eh ben, on a regardé avec des copains,
05:30avec des gens du CEPI, notamment Sébastien Jean et d'autres,
05:34et on s'est rendu compte que c'est parce que la France
05:36avait tout délocalisé et désindustrialisé,
05:38alors que l'Allemagne avait conservé
05:40beaucoup plus de maillons productifs de sa chaîne de valeur.
05:43Et nous, on a des entreprises,
05:45elles ont délocalisé.
05:46C'est-à-dire, à peu près au début des années 2000,
05:47tous les produits Covid, c'est-à-dire
05:49principes actifs, respirateurs,
05:51on était à peu près comme les Allemands.
05:52Eh ben, eux, ils ont maintenu vachement la production.
05:54Et nous, on a tout délocalisé.
05:56Donc ça, c'est un...
05:56Et on s'est rendu compte que c'est vrai
05:57pour pratiquement tous les secteurs.
05:59Et les seuls secteurs où on garde un lead en innovation,
06:02c'est nucléaire et aéronautique.
06:04Et dans plein d'autres trucs,
06:05pharmacie, on était très bon, on a perdu.
06:07Automobile, on était très bon, on a perdu.
06:09Donc là, il y a un gros problème.
06:11Et donc là, il faut réinventer la politique industrielle
06:13et reprendre le contrôle de nos chaînes de valeurs.
06:16Alors ça, c'est une question qu'on va se demander de poser.
06:18Je suis trop long, là.
06:19Alors, un troisième aspect qui est important,
06:21qui est relié au précédent, c'est l'innovation.
06:23Alors c'est vrai que sur l'innovation,
06:24l'Europe, la France, on sous-investit
06:27en recherche fondamentale.
06:28Je crois que...
06:29J'essaye de faire passer l'idée
06:30qu'on ne peut pas faire d'innovation
06:32sans investir dans l'éducation supérieure
06:35et la recherche.
06:35Qu'il n'y aurait pas eu la Silicon Valley
06:37sans Stanford et la route 128
06:39sans MIT-Harvard.
06:40Et donc, il faut investir.
06:42Et là, j'essaie de pousser pour ça avec d'autres.
06:45Et nous, on a...
06:45Et l'Europe, dans son ensemble,
06:48se investit.
06:48Alors que les Américains, de ce point de vue-là,
06:50font mieux parce qu'ils ont créé
06:51ce qu'on appelait des DARPA.
06:52C'est des Defense Advanced Research Project Agency.
06:55Malheureusement, on fait pour la guerre froid,
06:56pas toujours pour des bonnes raisons.
06:57Mais ils ont créé des outils de politique industrielle.
07:00Et on pourra en parler peut-être tout à l'heure.
07:03Et en matière biologique, c'est la BARDA.
07:05Et vous voyez, la BARDA achète plein de vaccins.
07:07Ils sont hyperactifs.
07:08Et l'Europe, nous, on est très mauvais comparé à eux.
07:10Donc, ils sont très mauvais sur le plan social.
07:12Mais sur le plan d'innovation et de pousser pour l'innovation,
07:16ils sont mieux que l'Europe.
07:17Donc, ça, c'est intéressant.
07:18Et voir qu'est-ce que nous, on pourrait faire.
07:19Parce que moi, je pense tout à fait
07:20qu'on peut réconcilier l'innovation avec une politique...
07:24On peut rendre la croissance inclusive et verte.
07:27Moi, mon modèle, c'est les pays scandinaves.
07:28Vous le savez très bien.
07:30Je suis un grand adepte du modèle danois.
07:32Après, avec tous ces...
07:34Bon, ils ont beaucoup de problèmes.
07:34Ils sont retournés, là.
07:35Oui, voilà.
07:36Alors, la Suède a fait des erreurs.
07:39Donc, on en parlera.
07:40Je ne suis pas un adepte aveugle du modèle suédois.
07:43Mais, voilà.
07:44Alors, le dernier truc,
07:45parce que je ne veux pas gasser trop longtemps,
07:46c'est que j'ai mes deux collègues,
07:48Sam Bowles et Wendy Carlin,
07:50qui ont écrit un papier très intéressant.
07:52Et ils ont montré qu'à l'occasion du Covid,
07:54en gros, ils disent, voilà,
07:55ce qui marche bien,
07:56c'est une articulation entre le marché et les entreprises,
08:00d'un côté, l'État, qui doit être présent,
08:02et la société civile.
08:04Et en France, le grand problème qu'on a,
08:07c'est qu'avec des interdictions trop fortes,
08:10on infantilise la population
08:12et on muselle la société civile.
08:15Or, c'est très important d'avoir les trois.
08:17Et par exemple, en Allemagne,
08:20il n'y avait jamais eu le confinement comme chez nous.
08:21Moi, j'avais Danny Cohn-Bendit,
08:23avec qui je parle pratiquement chaque semaine.
08:24Bon, ben, lui, il est en Allemagne.
08:25Et il dit, moi, je peux rester au parc.
08:28Et si on est un peu trop proche,
08:29on vient nous dire qu'il ne faut pas être trop proche.
08:30Mais personne ne nous a dit
08:32un kilomètre, une heure par jour,
08:34il n'y avait pas un policier
08:35à chaque coin de rue comme chez nous, etc.
08:38Et nous, la logique, c'est que
08:39c'est la répression et du coup la triche.
08:42Parce que c'est comme à l'école,
08:43si tu es un prof trop autoritaire,
08:45tu es forcé de tricher.
08:46Et eux, ils n'ont pas cette mentalité.
08:48Et dans les pays du Nord,
08:49ils n'ont pas cette mentalité.
08:50Et c'est plus généralement,
08:51le dialogue social, c'est pareil.
08:52C'est-à-dire que chez nous,
08:55le Premier ministre d'avant,
08:56peut-être que j'espère que ça ne sera pas pareil maintenant,
08:58disait, moi, je fais de la concertation,
08:59ça voulait dire, vous êtes des connards,
09:01je vous donne une semaine pour réfléchir
09:03et moi, je ferai des ordonnances.
09:05Bon, voilà, chez eux, ça ne marche pas comme ça.
09:06On fait du dialogue social.
09:08Et là, il y a vraiment cette idée
09:09qu'il faut le secteur privé,
09:11les innovations viennent de beaucoup des entreprises,
09:13il y a de la publique privée d'ailleurs.
09:14Il y a l'État qui est très important,
09:16qui doit investir, assurer, redistribuer.
09:19Et puis, il y a la société civile
09:20qui doit jouer son rôle.
09:21Et ce triangle-là, chez nous,
09:23il est déficient
09:24parce que chez nous,
09:25on ne fait pas confiance à la société civile,
09:27on ne fait pas confiance au dialogue social.
09:28On y reviendra.
09:29J'étais un peu long,
09:30mais voilà, ça peut vous démarrer.
09:32On y reviendra sur les réponses,
09:32justement, apportées à cette crise
09:33et les leçons qu'on a pour l'instant.
09:36Peut-être, Mathieu Plannes,
09:38vous voulez, vous, qualifier cette crise.
09:41En quoi est-elle différente ?
09:43Non, ben oui, c'est...
09:45Il faut essayer de répondre à la question.
09:47Moi, je vois vraiment des éléments importants
09:49dans cette crise.
09:50Enfin, pourquoi c'est une crise
09:51qui n'est pas comme les autres ?
09:52Et je vois trois points.
09:53C'est l'origine de la crise.
09:56Depuis la grippe espagnole,
09:57on n'a pas connu ça,
09:58donc on n'a pas beaucoup de références.
09:59On est habitué aux crises financières,
10:01aux crises d'aide souveraine,
10:03aux crises immobilières,
10:04vous avez tout un tas de choses,
10:05mais pas aux crises liées,
10:07surtout, on va dire depuis 100 ans,
10:09liées à une crise sanitaire.
10:11Il ne faut pas oublier
10:11que la crise économique
10:12est liée à la réponse à la crise sanitaire,
10:15c'est-à-dire le fait de confiner les gens
10:16qui ne puissent plus consommer,
10:17qui ne puissent plus aller travailler.
10:19Donc ça, c'est le premier point,
10:20c'est son origine.
10:21Le deuxième point commun à tous les pays,
10:23c'est l'intensité de la crise.
10:25C'est-à-dire qu'on n'a jamais vu ça
10:26dans les comptes nationaux
10:28depuis l'après-guerre,
10:29une telle chute.
10:29Juste pour donner un exemple,
10:30pour la France,
10:31dans l'espace d'un semestre,
10:32on a perdu 19% de notre PIB.
10:35Pour vous rendre compte,
10:37c'est suite à la crise financière
10:38faillite de Lehman Brothers,
10:40les deux trimestres les plus difficiles,
10:42on avait perdu 3%.
10:43C'est-à-dire que c'est six fois plus fort
10:44en termes d'intensité.
10:46Et ça, c'est vrai dans tous les pays,
10:47même s'il y en a qui s'en sortent mieux que d'autres,
10:48vous êtes entre moins 8 et moins 25,
10:50c'est colossal.
10:51Donc forcément,
10:52les conséquences économiques, sociales,
10:54ne sont pas les mêmes.
10:55C'est pour ça que les États ont tenu,
10:56dans beaucoup de cas,
10:58les économies à bout de bras,
10:59mais pour le moment,
11:00on a vu plutôt la partie émergée de l'iceberg.
11:01C'est pour ça que la suite est un peu compliquée.
11:04Pour la question,
11:04on verra dessus,
11:06et notamment les questions de faillite potentielle,
11:09de licenciement,
11:11de prix garanti,
11:12qu'est-ce qu'on fait de tout ça ?
11:13Et dans beaucoup de pays,
11:14la question va se poser.
11:16Et le troisième point,
11:17et là, en tant que conjoncturiste et prévisionniste,
11:20je suis, on va dire,
11:21entre guillemets,
11:21dans le cœur du réacteur,
11:22c'est l'incertitude.
11:23C'est-à-dire l'incertitude dans laquelle on se trouve.
11:26C'est-à-dire que les politiques publiques
11:27essayent d'apporter une réponse un peu de sécurité,
11:31on va dire,
11:32économique, sociale ou sanitaire,
11:34mais malgré ça,
11:35les comportements sont extrêmement incertains.
11:37On ne sait pas, aujourd'hui,
11:38comment les ménages vont se comporter
11:39dans leur consommation.
11:41On sait qu'il y a de l'épargne qui s'est accumulée,
11:42est-ce que cette épargne va se dégonfler,
11:44ou est-ce qu'elle va devenir de l'épargne de précaution ?
11:46Dans un cas, vous avez une vraie reprise si elle se dégonfle.
11:48Dans l'autre cas, une épargne de précaution,
11:50c'est terrible,
11:50parce que ça veut dire qu'on aura
11:53un certain nombre de secteurs
11:54qui vont être touchés durablement.
11:56Et pareil pour les entreprises sur l'investissement.
11:58Donc pour le moment,
11:59les pouvoirs publics essayent de donner une réponse.
12:00Mais jusqu'à quand ils vont aller,
12:01jusqu'où ils vont aller dans cette relance ?
12:03Et dernier point pour la France,
12:05et c'est pour là que je...
12:06On parlera du plan de relance,
12:08mais j'ai un point un peu d'inquiétude,
12:10on va dire,
12:10un peu plus que d'habitude,
12:11c'est que notre spécialisation sectorielle
12:13nous affecte particulièrement.
12:15Je m'explique,
12:16c'est-à-dire qu'en général,
12:18la France est plutôt mieux protégée
12:20que les autres pays des chocs mondiaux.
12:22Pour une raison simple,
12:23c'est qu'on a un secteur de service qui est développé,
12:25qui marche plutôt bien.
12:26L'industrie, effectivement,
12:27on a un secteur un peu moins exposé au retournement,
12:30on a une épargne qui est assez abondante.
12:32Ce qui fait qu'en général,
12:33on a des capacités de résilience et de résistance fortes.
12:36Sauf que là,
12:37la Covid nous touche en plein cœur sur notre économie.
12:39C'est-à-dire, d'abord, le tourisme,
12:41sachant qu'on a un excédent important lié au tourisme,
12:44on le voit,
12:45et notamment,
12:45c'est un secteur qui vit de ça.
12:48Tous les secteurs de service liés à beaucoup d'interactions sociales
12:50pour envoyer au modèle d'épidémio,
12:52et notamment tout ce qui est activité culturelle,
12:54de loisirs, sportive,
12:57où on a quand même une activité qui est développée.
12:59Et il se trouve que dans l'industrie,
13:00notre floron industriel,
13:02c'est l'aéronautique.
13:03Ça fait 30 milliards d'excédents.
13:05Donc là, on se dit, effectivement,
13:06quelle va être la réponse de court terme,
13:09aussi de moyen terme,
13:10face à ce choc-là ?
13:11C'est-à-dire,
13:12est-ce que ces secteurs-là vont pouvoir rebondir
13:14ou est-ce qu'il va falloir durablement les soutenir ?
13:16Donc il y a des choix à faire
13:17qui vont être extrêmement des cas.
13:18C'est pour ça que,
13:20à la fois de la part des acteurs privés
13:22ou de l'État,
13:22on est face à quelque chose
13:24où le choc n'est pas que ponctuel,
13:26mais avoir des conséquences durables
13:28sur nos économies et les choix politiques.
13:30Donc c'est pour ça que
13:30ce n'est pas une crise comme les autres.
13:32Alors Frédéric Boccarat,
13:34est-ce que c'est une crise comme les autres ?
13:36La réponse est forcément non, mais...
13:38Alors, je vais faire de la dialectique.
13:41C'est à la fois différent et similaire.
13:45En apparence,
13:46et vous restez sur les apparences,
13:48c'est la Covid qui cause la crise.
13:50C'est exogène,
13:51comme autrefois le pétrole en 1974,
13:53quand beaucoup plus de gens étaient à gauche.
13:56Mais vous l'avez dit,
13:59reprenant les phrases de la note
14:01que j'ai faite pour les atterrées
14:02dès le 10 mars,
14:04avec Tournebise,
14:05c'est un révélateur,
14:06mais pas seulement.
14:07C'est un amplificateur
14:08et c'est un catalyseur.
14:11Parce que c'est similaire en partie.
14:15La crise économique était déjà
14:17en train d'avancer profondément.
14:19Il y avait un ralentissement important
14:20de la croissance divisé par deux
14:22pour l'OCDE entre 2017 et 2019.
14:25Je ne vous donne pas les chiffres,
14:26il suffit de les regarder.
14:27Même le transport de marchandises
14:30avant la grève
14:31avait commencé à reculer
14:33pour le transport aérien de marchandises
14:35qui est un indicateur très avancé
14:36parce que c'est des marchandises chères
14:37qu'on transporte par avion.
14:38Mais aussi,
14:39le frais terrestre,
14:40sa croissance avait divisé par deux.
14:43Et la croissance financière,
14:44l'accumulation financière
14:45avait atteint des sommets.
14:46On ne peut pas taire
14:47l'accumulation financière
14:48parce que le modèle industriel
14:51plutôt d'entreprise qu'on a,
14:53c'est Airbus, d'accord,
14:54mais c'est Sanofi
14:55avec les holdings ici.
14:57Donc, dans les services,
14:57il y a l'hôpital,
14:58mais il y a aussi le holding.
15:00Et une partie de la production ici
15:02parce que Sanofi
15:02a moins délocalisé que les autres.
15:04Ce n'est pas tout à fait vrai
15:04cette histoire de production.
15:06Mais quand même,
15:07beaucoup de production à l'étranger
15:09a moins délocalisé
15:10parce qu'il y a les luttes.
15:11Les luttes,
15:12ça fait partie de la société civile.
15:13Nous sommes d'accord.
15:13Pas pour Bowles,
15:15qui était à gauche lui aussi autrefois.
15:17Donc,
15:18Samuel Bowles.
15:20Il n'est plus ?
15:21Bah,
15:23vous pauvres.
15:23Pour certains,
15:24la gauche et la droite,
15:25ça s'est troublé depuis le CICE.
15:27depuis les années d'entreprise et le CICE.
15:29Avec progressiste,
15:30on voit tout.
15:31Macron se dit progressiste.
15:33Alors,
15:34cette domination de la finance,
15:35on a quand même,
15:36depuis 2008,
15:39l'accumulation financière
15:40a augmenté trois fois plus vite
15:41que le PIB.
15:42Et on n'a rien fait.
15:45Y compris sur Hollande.
15:50Sans parler du reste.
15:52Fondamentalement,
15:52dans cette crise,
15:53et je pense qu'il faut l'analyser,
15:55c'est d'une part,
15:56l'insuffisance de services publics,
15:57dont on n'a pas parlé.
16:00Ça,
16:00ça n'existe pas.
16:01Il faut que les gens le sachent
16:02et ceux qui nous écoutent.
16:03Pour les économistes,
16:04il y a soit l'État,
16:05soit les entreprises.
16:06Les services publics,
16:07ce serait un champ de travail,
16:08mais ça n'existe pas.
16:11C'est un champ de travail.
16:14Donc,
16:15services publics,
16:16emplois,
16:16minés,
16:17c'est les deux choses
16:18qui sont au cœur de la crise.
16:22Avec la désindustrialisation
16:24et tous les problèmes de production.
16:25Et de l'autre côté,
16:26en fait,
16:27en face,
16:28la domination du capital financier,
16:30de toute sa logique,
16:31de toutes ses décisions
16:32de rentabilisation
16:33contre le développement des hommes
16:34avec un peu d'innovation
16:37et le type de mondialisation.
16:38Et donc,
16:40moi,
16:40je pense que cette question
16:41de suraccumulation financière,
16:42dont Keynes,
16:43avait quand même,
16:44le Keynes,
16:45le grand Keynes lui-même,
16:46c'est-à-dire pas forcément
16:47le keynesianisme
16:48qui ne prend pas sa richesse d'analyse,
16:52avait parlé de surinvestissement
16:54et du problème de la finance.
16:56Mais on est au-delà.
16:57Et il s'agit d'ailleurs
16:57de dépasser
16:58et Keynes et Schumpeter,
17:00les deux critiques hétérodoxes.
17:02Parce qu'il n'était pas écrit
17:04que cette pandémie
17:05se transforme en crise sanitaire.
17:07C'est ça, la différence.
17:09Alors,
17:10elle est différente
17:11parce que,
17:12vous l'avez dit,
17:13c'est des crises siamoises,
17:14jumelées,
17:14qui s'auto-entretiennent.
17:15Et il y a des allers-retours
17:16et on est peut-être
17:17dans un aller-retour
17:18et puis ça va continuer.
17:20Et parce que
17:20tout le monde est touché
17:21en même temps,
17:22il y a la violence,
17:22mais tout le monde en même temps,
17:23ça c'est intéressant
17:24du point de vue des mentalités.
17:26Et il y a un problème
17:27de civilisation où on va.
17:28Alors le moment,
17:30ça vient après 2008,
17:32la crise
17:32et le type de réponse
17:34qui nous a enfoncés
17:35dans la crise
17:36en donnant encore plus
17:37les manettes à la finance.
17:39Un éditorial des Echos,
17:40Vittori,
17:40il dit
17:41mais les actionnaires
17:42ont tout le pouvoir
17:42et c'est la relation
17:43actionnaire-manager
17:44qui compte
17:44et pas les employés.
17:45Regardez PSA.
17:47Les gens ne savent pas.
17:47Vous le savez peut-être
17:48ou peut-être pas.
17:49Peugeot.
17:50La famille Peugeot
17:51dans le capital social
17:53du PSA.
17:54Elle détient 300 millions.
17:56L'État 300
17:57et les Chinois 300.
17:580,3 milliards.
18:00Mais le total du capital
18:01c'est 50 milliards.
18:03Donc 1,6 millièmes
18:04du capital Peugeot
18:06et la famille
18:07a tous les pouvoirs
18:08pour décider de la production,
18:10les licences,
18:11etc.
18:11Donc on parle
18:12de société civile
18:13mais quel pouvoir,
18:14quel argent,
18:14qu'est l'utilisation
18:15d'argent ?
18:15Cette question
18:16d'utilisation d'argent
18:17en lien avec le plan
18:18elle est majeure.
18:19Mais,
18:21d'ailleurs la réponse massive
18:22ce n'est pas les 100 milliards
18:23c'est aussi la Banque Centrale Européenne
18:24qui est 3 ou 4 fois plus importante.
18:26Mais la question,
18:27on donne l'impression
18:28qu'on a retourné
18:29la façon de faire
18:30mais on ne la retourne pas.
18:31On dit
18:32on sécurise les gens
18:32et je conclue là-dessus.
18:34On dit
18:34on sécurise les gens,
18:35leurs compétences
18:36et leurs revenus
18:37mais c'est des paroles.
18:38D'abord
18:39le revenu disponible brut
18:40il a baissé 4,6%
18:41au deuxième trimestre
18:42par tête
18:43par unité de consommation
18:45pardon
18:47le chômage grimpe
18:48800 000 chômeurs de plus
18:50parce que le principe du chômage
18:52on le maintient
18:52et donc on fonctionne
18:54et on met les gens au frigo
18:56grosso modo
18:57alors qu'il faut développer
18:58les compétences
18:58il faut mettre l'emploi d'abord
19:01donc ce n'est pas
19:01l'innovation d'abord
19:02et donc faites le capital
19:04et Inch'Allah l'emploi.
19:05ça c'est la vision
19:07que vous développez
19:09et qu'a développé
19:10non non non
19:11non non
19:11le cœur
19:12c'est d'abord l'emploi
19:14d'abord les compétences
19:15des salariés
19:16d'abord les dépenses
19:17pour les êtres humains
19:18et leur capacité
19:19d'abord leur créativité
19:20et les services publics
19:22on ne peut pas faire
19:23une offre à l'ancienne
19:23l'investissement
19:24l'investissement
19:25l'investissement
19:25l'investissement
19:26le capital
19:27et la baisse du coût du travail
19:28avec un peu de peinture verte
19:29donc voilà
19:30alors la mondialisation à bout
19:33ça va avec
19:34ces questions
19:35donc comment
19:37mettre l'emploi
19:38en démarrage
19:38et changer profondément
19:40notre vision des choses
19:40on va en parler de tout ça
19:41c'est ça ce qui est ouvert
19:42aujourd'hui
19:43et qui nous oblige
19:43à être différents
19:44on est obligé
19:44de changer la vision des choses
19:45parce que
19:46on fonctionne
19:47tout frein serré
19:48en prétendant qu'on fait une chose
19:49et on fait le contraire
19:50on maintient le principe du chômage
19:51alors justement
19:52il faut sortir de ça
19:52je l'apprendrai quand même
19:53parce que là j'étais quand même
19:54voilà
19:55alors les entreprises d'abord
19:57l'emploi d'abord
19:57ça c'est un vrai débat
20:00je pense que justement
20:01là dessus
20:01il y a sur le plan de relance
20:03du gouvernement
20:03il y a quand même
20:05une volonté
20:06d'un choc de compétitivité
20:08en fait
20:08c'est à dire une politique
20:09qui soit
20:11par une baisse de la fiscalité
20:12des entreprises
20:13très forte
20:14pour justement
20:15les inciter à innover
20:16à investir
20:17etc
20:17cette politique
20:18elle a déjà été mise en oeuvre
20:20notamment sous le gouvernement Hollande
20:21elle est en échec
20:22c'est une de vos thèses
20:24quand même
20:24Philippe Aguillon
20:25justement
20:26vous disiez à l'instant
20:27que quand Frédéric Boccarat
20:29a dit
20:29d'abord l'emploi
20:31est-ce que justement
20:33vous avez un peu modifié
20:35vos théories
20:36non non non
20:36je n'ai pas
20:36non non
20:37allez-y je vous en prie
20:39je vais me défendre
20:40je sors un livre
20:41je ne veux pas faire de pub
20:43pour le livre que je sors
20:43ou mes cours
20:44allez voir mes cours
20:44j'ai toujours dit
20:46il y a les deux trucs
20:47c'est à dire
20:47j'ai jamais dit
20:48d'abord investition
20:49et après on s'occupera
20:50de la redistribution
20:51j'ai jamais pensé comme ça
20:52non non non
20:53et j'ai passé
20:54et j'ai pas passé
20:55j'ai pas passé
20:56redistribution
20:56et j'ai passé
20:57d'éducation
20:57attends attends attends
20:58j'ai toujours dit
21:00que c'est très important
21:01d'investir dans la mobilité sociale
21:04dans l'éducation
21:05dans la formation
21:08plus important
21:09c'est probablement
21:10la meilleure façon
21:11de promouvoir
21:12une économie d'innovation
21:13j'ai toujours dit
21:13et j'ai jamais dit
21:14qu'il faut
21:15l'investissement dans l'innovation
21:16au détriment
21:17de l'investissement
21:18dans les services publics
21:19dans la santé
21:20dans l'éducation
21:21dans l'éducation supérieure
21:22dans la recherche
21:22jamais
21:23j'ai jamais dit ça
21:25quand il s'agit
21:25des frais universitaires
21:26je me suis toujours bagarré
21:27contre les frais universitaires
21:29toujours
21:29pour la gratuité universitaire
21:30je veux dire
21:31c'est ma bataille
21:31et moi mon modèle
21:33à moi si vous voulez
21:34c'est un modèle
21:35où l'éducation
21:36est gratuite
21:37et de grande qualité
21:38depuis le jardin d'enfants
21:39jusqu'au PhD
21:40où la santé
21:41est gratuite
21:41et de bonne qualité
21:42et ça va de pair
21:43avec également investir
21:44dans l'innovation
21:45et la recherche fondamentale
21:46j'ai jamais dit l'un
21:47par rapport à l'autre
21:48et l'emploi vient
21:49attends et l'emploi
21:49tu le défends
21:50et tu le développes
21:52tu le développes
21:53tu le développes
21:54l'emploi
21:55par plein de politiques
21:56de l'emploi
21:57tu as plein de politiques
21:57de l'emploi
21:57notamment
21:58tu commences par la formation
21:59tu commences par la formation
22:01professionnelle
22:02que tu dois réformer
22:02tu as plein de leviers
22:04pour développer l'emploi
22:05et tu as toute une politique
22:06de l'emploi
22:06et donc
22:07j'ai toujours pensé
22:08que ça allait de pair
22:09avec la politique
22:10mais je crois qu'on a
22:11beaucoup confondu
22:11les débats
22:12par exemple
22:12on a dit
22:13une politique de l'offre
22:14c'est de droite
22:14une politique de la demande
22:15ça c'est Valls
22:16qui a dit ça
22:16et une politique de la demande
22:17c'est pas vrai
22:18Maurice Thorez disait
22:20après la guerre
22:20il faut retrousser ses manches
22:21il faut travailler
22:22je veux dire
22:22donc on ne peut redistribuer
22:25que ce qu'on produit
22:25donc il faut
22:26tout le défi maintenant
22:28c'est de faire de la croissance
22:29si tu n'as pas de croissance
22:30tu n'as rien à redistribuer
22:31mais tu veux qu'elle soit inclusive
22:33c'est à dire
22:33que tout le monde soit dans le coup
22:34qu'il n'y ait pas des gens exclus
22:36et qu'elle soit verte
22:37on veut une croissance verte
22:39donc tout le défi
22:40c'est est-ce qu'on peut avoir
22:41une croissance
22:42qui soit inclusive et verte
22:44ben moi je pense
22:45si tu veux
22:45pour ça que je vous emmerde
22:46tout le temps
22:46avec mes pays scandinaves
22:47mais c'est vrai
22:48qu'ils ont fait plein de conneries
22:49en Suède
22:49et ils ont fait plein de conneries
22:51qui le sont
22:51mais c'est vrai
22:52qu'ils se rapprochent pas mal
22:53disons que je serais bien content
22:55moi d'être aussi bon
22:56que les Danois
22:57sur croissance inclusive et verte
22:58je ne dis pas
22:59que je peux faire mieux qu'eux
23:00même taux de pauvreté que nous
23:01Danemark
23:01je ne sais pas
23:02mais alors concrètement
23:03la Finlande
23:05la Finlande
23:05mais alors concrètement
23:06en tout cas je ne dis pas
23:07qu'il faut les copier
23:08mais je dis qu'en tout cas
23:09ça montre
23:09et on peut faire beaucoup mieux qu'eux
23:11mais ça montre
23:11qu'on peut réconcilier
23:13une vraie
23:14tu vois
23:14une croissance
23:15soit par la qualité
23:16une croissance qualitative
23:17par l'innovation
23:18et inclusif
23:19et vert
23:20on peut y arriver
23:21voilà
23:21et comment
23:23concrètement
23:24ce serait quoi
23:24la politique d'offre alternative
23:30alternative
23:30je ne sais pas comment tu la
23:34je ne sais pas
23:35si tu dois poser le problème
23:38en termes de
23:38je change radicalement de système
23:40tu vois
23:41ou est-ce que
23:42je réforme le système
23:45en profondeur
23:46et c'est une vraie question
23:48moi c'est vrai
23:48que dans ma jeunesse
23:49j'ai cru
23:49à la sociale
23:51comme on disait
23:51c'est-à-dire que
23:52table rase
23:53et on change complètement
23:54le système
23:55c'est vrai qu'avec le temps
23:57je me suis dit
23:57les sociodémocrates
23:59scandinaves notamment
24:00ou l'œuf palmé
24:01et des gens comme ça
24:02ont réussi quand même
24:03à faire des grands changements
24:05et d'une manière
24:06qui a réussi
24:06à préserver
24:07si tu veux
24:08des valeurs démocratiques
24:11l'inventivité
24:11la créativité
24:12et quand même
24:13de rendre la croissance
24:14ils sont allés vers le vert
24:15et l'inclusif
24:16tu vois
24:16ils l'ont fait
24:17avec des grandes réformes
24:18voilà
24:18donc moi je ne sais pas
24:19si tu veux
24:20si l'idée c'est de dire
24:22je change de système
24:23ou est-ce que je change le système
24:26et moi je pense plus
24:27à changer le système
24:28qu'à changer de système
24:29quand j'étais jeune
24:30j'ai cru qu'on changeait de système
24:32c'est des généralités
24:32voilà
24:33c'est des généralités
24:34mais on a changé
24:34non c'est très concret
24:35c'est des généralités
24:36c'est concret
24:36c'est-à-dire que tu fais
24:37un réformisme intelligent
24:38est-ce que le CICE
24:39c'est changer de système
24:40c'est approfondir le système
24:41le CICE
24:41est-ce que le plan Castex
24:42c'est la même chose
24:45en pire
24:45attends mais Frédéric
24:46le CICE
24:47l'essence du CICE
24:48je ne veux pas
24:48parce que après
24:49Mathieu ne dit plus un mot
24:50et ça ne sera pas juste
24:51on parle d'égalité
24:52et là je sens que
24:54le GILI est proche de 1
24:55donc c'est pas vrai
24:55mais le CICE
24:57c'était l'idée
24:58d'une dévaluation fiscale
25:00il fallait donner de l'oxygène
25:01aux entreprises
25:03pour investir dans l'innovation
25:06il y avait le rapport Galois
25:08Galois n'était pas un type
25:09voilà
25:09donc il y avait l'idée
25:11qu'il fallait une dévaluation fiscale
25:13si on avait eu le franc
25:14on aurait dévalué la monnaie
25:16c'est ça qu'on aurait fait
25:17et ça nous donnait de l'oxygène
25:18nous ne pouvions pas le faire
25:20puisque nous avions l'euro
25:21et il y a eu l'idée
25:22que quand tu ne peux pas
25:24dévaluer la monnaie
25:24tu peux par des outils fiscaux
25:26tu aurais peut-être pu le faire
25:27autrement et mieux
25:28tu peux
25:29tu peux avoir
25:30tu peux avoir
25:31tu peux avoir l'équivalent
25:32attends attends
25:33attends
25:34mais tu me laisses pas dire
25:35tu peux
25:37avoir les mêmes effets
25:38qu'une dévaluation monétaire
25:40par la dévaluation fiscale
25:42celui qui avait eu l'idée
25:43en premier de ça
25:44c'est Keynes
25:45Keynes avait trouvé l'idée
25:46de la dévaluation fiscale
25:47en 1931
25:49parce que
25:49la livre était arrimée
25:51alors
25:51et il ne pouvait pas dévaluer
25:53donc il a fait ça
25:54par des moyens fiscaux
25:55le CICE
25:55l'idée du CICE au départ
25:57c'était de faire une dévaluation
25:58si on avait eu la monnaie
25:59on n'aurait pas eu besoin
26:00de CICE
26:00on faisait simplement
26:01une dévaluation de la monnaie
26:03alors Mathieu Plannes justement
26:04pour rebondir
26:05pour rebondir
26:06et puis sur la politique
26:07de l'offre interne
26:08ça peut se discuter
26:10parce que c'était quand même
26:11des baisses
26:12d'impôts
26:13conditionnées à la masse salariale
26:14donc
26:14il fallait des bas salaires
26:16pour avoir le CICE
26:16non ça allait jusqu'à 2,5 SMIC
26:17c'est des bas salaires
26:18pour un ingénieur
26:19bah ça fait quand même
26:2080% de la masse salariale
26:21après on peut discuter
26:22le principe
26:23c'est moins salaire
26:24je vais juste aller jusqu'au bout
26:25je pense que le problème
26:26le problème c'est que
26:27c'était très mal ciblé
26:28sur le choix qui était fait
26:29parce que ça fait d'ailleurs CICE
26:30liberté au profit
26:31des compétitivités emploi
26:33ce qui n'est pas exactement
26:34la même chose d'ailleurs
26:35est-ce que vous
26:35moi j'étais pour
26:36que ça soit plus haut
26:36il y a une question
26:37sur les CICE
26:37mais tu as raison
26:38parce que le ciblage
26:39je l'aurais fait différemment
26:39c'est pas moi qui ai fait le CICE
26:40le problème du CICE
26:41c'est pas le CICE en soi
26:43c'est son financement
26:44le problème ça a été financé
26:46par des réductions
26:46de dépenses publiques
26:47et des hausses de TVA
26:48les deux
26:49et donc ça
26:49ça a eu un choc négatif
26:50sur la demande
26:51donc les effets
26:52qui auraient pu être positifs
26:53ne sont pas arrivés
26:54ou très tardivement
26:54donc ça c'est quand même
26:55un point important
26:56sur la question de l'emploi
26:57c'est le social libéralisme
26:58on ne peut pas dire
27:00que rien n'a été fait
27:02par exemple
27:02avec le dispositif
27:03de chômage partiel
27:04quand même
27:05de 40 milliards
27:05qui permettent
27:06de préserver l'emploi
27:07je rappelle juste
27:08on fait une chose
27:08et son contraire
27:09alors je ne sais pas
27:09si c'est son contraire
27:10800 000 chômeurs en plus
27:11là pour le coup
27:11je trouve que c'est un dispositif
27:12de crise
27:13qu'on peut plutôt saluer
27:14avec la France
27:15on n'est pas les pires
27:16bien sûr
27:17on le fait comme les Américains
27:17et même si j'ai des critiques
27:18par ailleurs
27:19et comme les Américains
27:19mais quand on voit
27:20que 19% d'activité
27:21a été perdue
27:22on n'a pas perdu
27:2319% d'emploi
27:24comme aux Etats-Unis
27:25c'est-à-dire qu'aux Etats-Unis
27:26on a eu une explosion du chômage
27:28la question c'est
27:28comment on prolonge tout ça
27:29et l'autre point
27:31c'est quelle politique
27:32d'investissement pour demain
27:33donc l'investissement
27:34c'est ça
27:34l'investissement
27:35alors on peut dire
27:36qu'il y a quelques
27:36mais ça inclut l'éducation
27:37ça inclut la formation
27:38ça inclut tout ça
27:39mais ça inclut la flexi-sécurité
27:40mais non
27:41ça inclut la flexi-sécurité
27:42ça inclut tout ça
27:43l'investissement
27:44par exemple dans des infrastructures
27:45l'investissement
27:46dans des infrastructures
27:47dans la rénovation thermique
27:48des bâtiments
27:49c'est pas un mauvais investissement
27:50après on peut investir
27:51dans l'éducation
27:51dans la recherche
27:52dans le numérique
27:53dans la flexi-séc
27:55dans la formation
27:56mais tout ça
27:57ça fait partie
27:57des politiques d'investissement
27:58donc on peut pas
28:00je pense qu'il fallait
28:01calibrer différemment les choses
28:03et après redéfinir
28:04parce que
28:04étant donné que l'Etat
28:05est arrivé
28:06vraiment comme un pompier
28:07c'est-à-dire
28:08il a essayé
28:09d'éteindre l'incendie
28:10sauf qu'il n'a pas
28:11demandé de contrepartie
28:12par exemple
28:12sur Air France
28:13il n'est pas monté au capital
28:15donc il n'y a pas le rôle
28:16derrière de l'Etat stratège
28:17ce qui me pose problème
28:18c'est que l'Etat
28:19aujourd'hui a mis beaucoup
28:20mais ne demande pas
28:21des contreparties
28:2215 000 suppressions d'emplois
28:23donc c'est pas
28:24sécurisation
28:24Air France
28:25la question qui se pose
28:26c'est à partir du moment
28:27où vous amenez 6 milliards
28:29est-ce que vous faites
28:30juste en fait
28:31un apport
28:32mais vous ne prenez pas
28:33votre participation
28:34à hauteur de 6 milliards
28:35et à ce moment-là
28:36vous êtes monté
28:37en tant qu'Etat actionnaire
28:39et à ce moment-là
28:40vous donnez un rôle
28:41vis-à-vis des autres actionnaires
28:42du privé
28:43sur savoir quelle va être
28:43la stratégie de moyen et long terme
28:44sur ces secteurs
28:45qui sont des secteurs clés
28:46aujourd'hui moi ce qui me gêne
28:48c'est qu'on a eu
28:48un apport important
28:50mais en fait
28:51l'Etat ne prend pas
28:51sa responsabilité
28:52d'Etat stratège
28:53et on n'a pas non plus
28:54une politique
28:55autour des actifs stratégiques
28:57c'est-à-dire qu'on est en train
28:58de découvrir
28:58les problèmes autour de la santé
29:00ça fait quand même
29:0110-15 ans
29:01qu'on ne se pose plus
29:02ces questions-là
29:02et quand on regarde
29:03l'ensemble des secteurs
29:04industriels
29:05on en a quand même
29:05un paquet
29:06aujourd'hui
29:07qui ont été un peu laissés
29:08et on a dit
29:08c'est le marché
29:09qui va régler ça
29:09alors l'Europe se réveille un peu
29:11ça c'est assez intéressant
29:12là-dessus
29:12par exemple sur la question
29:13d'une taxe carbone aux frontières
29:14des choses comme ça
29:15c'est pas l'industrie
29:16c'est une taxe carbone aux frontières
29:17ça fait payer les ménages
29:17il y a la question
29:18des commandes publiques
29:19il y a la question
29:19des aides d'Etat
29:20toutes ces choses-là
29:21elles doivent être dans le débat
29:22et en fait
29:23elles vont définir
29:25notre politique industrielle
29:26de demain
29:26je pense qu'il
29:28c'est pour ça
29:29qu'il y a un peu des deux
29:30je trouve qu'il y a quand même
29:31des orientations
29:32qui sont intéressantes
29:32sur l'investissement
29:34mais par contre
29:34l'Etat ne prend pas
29:35ses responsabilités
29:40sur quelle politique
29:41de l'oeuvre il faudrait
29:43il y a deux choses
29:43un on ne veut pas voir
29:45qu'on a un nouveau monde
29:46et que s'oppose
29:47au nouveau monde
29:48où c'est les compétences humaines
29:50c'est pas l'éducation à côté
29:52comment on peut faire
29:53la rénovation thermique
29:54sans avoir des gens formés
29:55on fait les deux
29:56mais non on ne fait pas les deux
29:57non non
29:58alors le plan
29:58il faut regarder les chiffres
30:00le plan Castex
30:01ne fait pas les deux
30:02c'est 1%
30:03on ne parle pas du plan
30:04on ne fait pas
30:06et pourquoi on ne fait pas
30:09parce que les actionnaires
30:10et le capital
30:11ils veulent sa dîme
30:13ah c'est archéo
30:14mais c'est la vérité
30:16le capital
30:17il veut sa dîme
30:18il veut son pognon
30:19et on ne peut pas satisfaire
30:20comme dit La Fontaine
30:22son père
30:22son fils
30:23et son maître
30:24en même temps
30:24et son âne
30:26c'est pas possible
30:28donc
30:28il y a un problème
30:30j'y peux rien moi
30:31j'aimerais bien
30:31qu'il n'y ait pas
30:32de l'aide de classe
30:32elle est là
30:34ça demande une radicalité
30:35pas d'imposer un système
30:37par dessus le système
30:37mais de l'intérieur
30:38il faut changer profondément
30:39inverser les buts
30:40et changer les critères
30:41la conditionnalité
30:42ça peut être un élément
30:43commun
30:45mais c'est pas
30:46de combien vous allez
30:46vous couper le bras
30:47si on vous donne
30:48une subvention
30:49il faut changer
30:50la logique des conditions
30:51c'est pas la baisse
30:52du coût du travail
30:52des conditions
30:54c'est le développement
30:54des capacités humaines
30:55on est d'accord
30:57alors il faut dénoncer
30:58ce qui se fait
30:59il ne faut pas dire
30:59on est d'accord
31:00il faut dire
31:00qu'on peut le faire
31:01par la formation et l'éducation
31:02bien sûr
31:03mais c'est ce qu'ont fait
31:05les pays scandinaves
31:05non c'est parce que font
31:07les pays scandinaves
31:07ils ne sécurisent pas l'emploi
31:10les Danois n'ont rien fait
31:11pour sécuriser
31:11la flexi-sécurité
31:12de Rasmussel
31:13c'est du pipeau
31:13c'est pas sérieux
31:15voyons
31:15il faut aller regarder
31:16il y a 10 ans
31:17ils ont inversé
31:18et signé tout un ensemble
31:20d'accords
31:20qui inversent leur système
31:22il faut lire
31:22les articles
31:23ils ont fait autre chose
31:24il y a tout un dossier
31:25là dessus
31:25il y a déjà trois ans
31:26ils ont inversé le système
31:28et ils ont consolidé
31:29tout ce qui est licenciement
31:30parce qu'effectivement
31:31on fait
31:32chômage partiel
31:33mais on maintient le principe
31:34du chômage
31:34et on met les gens au frigo
31:35ça va être activité partielle
31:36oui oui
31:37parce qu'il faut aussi
31:38de la com'
31:38c'est plutôt éviter
31:39que les gens se retrouvent au chômage
31:40il faut de la com'
31:41on les met au frigo
31:4310% de gens dans l'aéronautique
31:45qu'on veut licencier
31:46je comprends au frigo
31:49restez chez vous
31:50non non
31:50voilà ça veut dire
31:51ça au frigo
31:51je pense que tout le monde
31:52avait compris
31:54mais ça veut dire
31:55on près
31:5610%
31:57Airbus maintenant dit
31:58il va nous falloir
31:59supprimer 10%
32:00de nos emplois
32:01Air France
32:0110 000
32:04est-ce qu'il ne s'agit pas
32:05au contraire de dire
32:05on garde ces gens
32:07on va faire recherche
32:08formation
32:08on veut 10%
32:09du temps de travail
32:10en formation
32:10donc c'est 10%
32:11de l'effectif
32:12gardé dans les entreprises
32:14avec leurs responsabilités
32:15de salaire et d'emploi
32:16avec un appui
32:17et un suivi des aides
32:18c'est ça la nouvelle chose
32:20c'est ça le révolutionnaire
32:22c'est pas plaquer un système
32:23c'est on va suivre
32:25les aides
32:25on va avoir des pouvoirs
32:27avec des conférences territoriales
32:28avec de nouveaux pouvoirs
32:29des comités d'entreprise
32:30ou des comités
32:31des CSE
32:32socio-économiques
32:33pour suivre
32:33ce qui est fait avec les aides
32:34on va garder les gens
32:35on va développer des recherches
32:37qu'est-ce qu'on fait ?
32:38il faut regarder
32:39hier
32:40General Electric
32:42il annonce
32:42la fermeture
32:44les turbines
32:46hydroélectrique
32:46s'il y a un truc
32:47qui est green
32:48c'est quand même
32:48l'énergie hydroélectrique
32:50il ferme
32:51parce qu'il faut
32:52alors là
32:52il faut satisfaire un actionnaire
32:54c'est des fonds
32:55d'investissement américain
32:57il ferme le grid
32:59c'est-à-dire
33:00toute la coordination intelligente
33:01des réseaux
33:03donc
33:04aéronautique
33:0510%
33:05les ingénieurs
33:06tout ça
33:06qu'est-ce qu'on va faire ?
33:07on va les jeter
33:08pour renforcer le capital
33:09donc il faut
33:10vous êtes d'accord
33:11que l'emploi devient important
33:12que les compétences
33:13deviennent importants
33:13mais alors il faut accepter
33:14changer le logiciel
33:15c'est-à-dire qu'il faut
33:16soumettre l'investissement
33:17à ce grand enjeu
33:18de la formation
33:19et de l'efficacité nouvelle
33:20on va baisser les coûts
33:21autrement
33:21parce qu'on ne baisse pas les coûts
33:22on baisse les dépenses
33:23comme vous l'avez dit
33:24tu n'as pas dit
33:25mais tu le penses peut-être
33:26on baisse les dépenses
33:27au lieu de baisser les coûts
33:28alors qu'il faut des dépenses
33:30tout autrement
33:30j'ai toujours pensé
33:31que l'investissement
33:32en éducation
33:32ne devait pas rentrer
33:33dans les critères
33:34dans les critères
33:35de dépenses publiques
33:36j'ai toujours pensé
33:36que tout ce qui était
33:37investissement
33:38éducation
33:39formation
33:39l'emploi sécurisé
33:40la flexi-sécurité
33:42non
33:42la flexi-sécurité
33:43c'est le chômage
33:44et des cachous
33:45entre deux emplois
33:46non
33:46peut-être
33:46non parce que
33:47je crois que là
33:48si on veut changer
33:49inverser des principes
33:50je suis d'accord
33:51mais je pense qu'il y a
33:56il faudrait toujours
33:56que la personne
33:57reste dans la même entreprise
33:57non pas forcément
33:59si moi je te permets
34:00si je te permets
34:00de rebondir
34:01si je te permets
34:02de te former
34:02et de rebondir
34:03en améliorant ta qualification
34:05de rebondir
34:06d'un emploi à un autre
34:07en te qualifiant
34:09ça c'est acceptable
34:09mais nous sommes d'accord
34:10mais sans passer
34:11par la classe chômage
34:12il faut organiser
34:12des mobilités
34:13dans la sécurité
34:14alors dans le rapport
34:15j'étais dans la commission
34:16j'étais dans la commission
34:17à Thali
34:17mais concrètement
34:18cette histoire
34:19dans la commission
34:19à Thali
34:20voilà il y avait une idée
34:20je m'excuse
34:21il y avait l'idée
34:22du contrat d'évolution
34:23et je pense
34:23c'était une belle idée
34:24qu'est-ce que c'était
34:25le contrat d'évolution
34:25c'était de dire
34:26qu'il n'était pas vraiment
34:27au chômage
34:27tu étais toujours en contrat
34:28ou tu étais en emploi
34:30dans une entreprise
34:31ou tu étais en contrat
34:32avec l'état
34:33pour te former
34:33et te qualifier
34:34donc il n'y avait plus
34:35le concept de chômage
34:36tel qu'on le connait
34:37tu étais en contrat
34:38permanent d'évolution
34:39ça je pense que c'était
34:40une très belle idée
34:41voilà un peu la vision
34:43que j'ai moi
34:44du contrat d'évolution
34:45il y a un problème
34:45de responsabilité
34:46des entreprises
34:47et du patronat
34:48le CICE
34:48il est de développer
34:49les profits
34:50on ne peut pas
34:51conforter
34:52et les profits
34:53et la formation
34:54je pense
34:55je ne vais pas monopoliser
34:56parce que
34:57après Mathieu
34:58ne dit plus rien
34:58voilà
34:59Mathieu sur les questions
35:00c'est une vraie question
35:01ça sur l'emploi
35:02comment on évite
35:03l'hémorragie sociale
35:04comment on fait
35:05en sorte que
35:06les gens soient formés
35:07on sait qu'il y a
35:08extrêmement de difficultés
35:09il y a besoin
35:10énormément d'investir
35:11là-dessus
35:12il va y avoir
35:13une vague
35:14ça on le sait
35:15mais comment en fait
35:16on fait en sorte
35:18que cette vague
35:18on est suffisamment
35:21de formation
35:22enfin tous les éléments
35:25en fait
35:25que viennent de citer
35:26Frédéric ou Philippe
35:27voilà
35:28pour vous
35:29est-ce que la France
35:30aujourd'hui
35:31est en capacité
35:32de réinvestir
35:32dans les forces humaines
35:34dans la formation
35:36des gens
35:36pour que
35:37ce ne soit pas
35:38une équitance sociale
35:39qui soit vraiment
35:40du chômage de masse
35:42indéfiniment
35:43et qu'on puisse avoir
35:44les emplois de demain
35:45en fait prévoir
35:46un petit peu
35:47alors on va dire
35:48que c'est effectivement
35:49l'enjeu majeur
35:51de cette crise
35:52il va falloir
35:53qu'économiquement
35:55on n'a pas trouvé
35:56mieux que
35:57dans l'activité
35:58la croissance
35:59pour créer des emplois
35:59c'est-à-dire
36:00qu'il y a quand même
36:00cette question qui se pose
36:01donc c'est l'emploi après
36:02d'abord l'emploi après
36:04alors on peut faire
36:05on peut inverser
36:07mais
36:08alors d'ailleurs
36:08il va falloir décider
36:09quel secteur produit
36:11mais c'est-à-dire
36:11c'est administrer l'économie
36:12donc là
36:13c'est un peu changé
36:14là c'est pour le coup
36:16c'est un changement radical
36:17disons que
36:18on veut verdir
36:18on est
36:19donc pour verdir
36:21il faut des politiques
36:21d'investissement
36:22on est d'accord
36:23il faut donner des orientations
36:24pour l'emploi
36:25mais pour l'emploi
36:27alors soit
36:28on dit
36:29effectivement
36:29le secteur non marchand
36:30peut décréter
36:31l'éducation peut recruter
36:32par exemple
36:33on peut dire
36:34que le volet
36:35sur les emplois
36:36notamment les emplois jeunes
36:37les emplois d'avenir
36:37on aurait pu remettre en place
36:39et insuffisant
36:40on regarde la crise des jeunes
36:41pourquoi pas des profs
36:43mais on peut aussi
36:45la question
36:45tout le monde
36:46ne peut pas être prof
36:46ou infirmière
36:47c'est combien
36:48jusqu'où on va
36:49donc le reste
36:51reste quand même
36:51un secteur
36:52qu'on appelle marchand
36:54et ce secteur marchand
36:55est quand même déterminé
36:55en tout cas
36:56l'emploi par l'activité
36:57donc
36:59donc après
37:00il y a un problème
37:00de productivité
37:01qu'on va appeler
37:02alors la compétitivité
37:03si on considère
37:03qu'il n'y a pas de problème
37:04effectivement
37:05et qu'on
37:06on est quand même
37:07malgré tout
37:07dans un monde en concurrence
37:09alors moi je veux bien
37:10dépenser pour les hommes
37:11c'est ça qui baisse les coûts
37:12dépenser des masses
37:13pour le capital
37:14c'est ça qui pèse
37:14sur les compétences
37:15on peut dépenser
37:16pour la formation
37:17je ne pense pas
37:18alors je demande
37:20où est-ce qu'on met les emplois
37:21c'est-à-dire
37:21où est-ce qu'on met les emplois
37:22on sait
37:23on connait quelques leviers
37:24pour jouer sur les emplois
37:26je ne connais pas
37:28effectivement
37:28la sphère publique
37:29fait partie des leviers
37:30c'est-à-dire
37:30est-ce qu'on le voit
37:31dans le secteur de la santé
37:32dans l'éducation
37:33en particulier dans le primaire
37:34on voit qu'on a un niveau
37:36d'encadrement
37:37qui est beaucoup plus faible
37:38que la plupart des pays
37:40sachant que
37:41une chose intéressante
37:42l'éducation et la santé
37:44sont les deux vecteurs
37:46les plus redistributifs
37:47de l'économie
37:47en fait on parle beaucoup
37:48de la fiscalité
37:49mais en réalité
37:50la redistribution
37:51se fait beaucoup
37:51par l'éducation et la santé
37:52parce que
37:53étant donné qu'en fait
37:54elle est financée par l'impôt
37:55et qu'à peu près tout le monde
37:57touche la même chose
37:57sur l'éducation et la santé
37:58c'est ce qui nivelle beaucoup
37:59les niveaux de vie
38:00donc ça c'est extrêmement important
38:01et c'est une fierté
38:02du modèle français
38:03la santé elle est financée
38:04par cotisation sociale
38:05par CSG
38:06oui d'accord
38:06par CSG
38:07par cotisation sociale
38:08oui bien sûr
38:09enfin c'est quand même
38:09la CSG
38:10d'accord
38:11enfin la CSG
38:11est quand même
38:12bon enfin bon
38:13donc tout ça fait que
38:16on a quand même des leviers
38:17maintenant
38:18cette crise
38:18elle est terrible
38:19c'est à dire
38:20qu'il y a ce que tu dis
38:21c'est à dire
38:21on avait des choses structurelles
38:23déjà
38:24qui étaient
38:25on voit
38:26on ne s'est pas remis
38:27notamment de la crise financière
38:28de 2008
38:28jamais vraiment
38:30on a approfondi
38:31surtout
38:31on a vu
38:32les effets
38:33de la désindustrialisation
38:34aussi
38:35alors on est peut-être
38:36dans un moment un peu différent
38:37là sur la démondialisation
38:38et on voit des relocalisations
38:40apparaître
38:40je pense qu'on a des choses
38:41à faire quoi
38:42aujourd'hui
38:42là-dessus
38:43les rapports ont changé
38:44même sur la question écologique
38:46rapprocher le producteur
38:47et le consommateur
38:48c'est important
38:49c'est aussi important
38:50sur la concurrence fiscale
38:51ou la concurrence sociale
38:52dans un certain nombre de choses
38:53donc
38:53il faut qu'on réfléchisse
38:54à tout ça
38:55par contre
38:57évidemment
38:57il n'y a pas
38:57aujourd'hui
38:58de solution miracle
39:00qui permet de dire
39:01il n'y aura pas d'effet
39:02sur l'emploi
39:02le problème
39:03c'est comment on fait
39:04pour par exemple
39:05quand on dit
39:06il y aura moins 20%
39:07d'emplois
39:07dans la restauration
39:08l'hôtellerie
39:09et on va en créer
39:10plus 10 dans l'informatique
39:12alors effectivement
39:13moi je veux bien
39:13qu'on fasse des formations
39:15et je ne suis pas sûr
39:15que toutes les personnes
39:16qui avaient au départ
39:18choisi d'être dans l'hôtellerie
39:19restauration
39:19souhaitent travailler
39:20dans l'informatique
39:21mais c'est lui qui dit
39:22on fait la formation
39:23je dis on garde les emplois
39:24et on voit avec les gens
39:26ce qu'on fait
39:27comment
39:27on garde les buts
39:28ailleurs
39:30on sécurise les gens
39:31regarde l'Airbus
39:32tu ne peux pas faire le gros plan
39:34c'est pas possible
39:35tu ne peux pas dire
39:36à telle entreprise
39:37non
39:37non
39:38mais je veux dire
39:38tu ne peux pas faire un plan
39:40il faut accepter d'ouvrir
39:41attend
39:41tout le monde parle de planification
39:43au CSE le patronat
39:44parle de planification
39:44mais c'est une planification indicative
39:45tu ne peux pas faire un plan
39:47stratégique
39:47même eux ils disent stratégique
39:48mais ils ne disent pas que indicative
39:49elle est incitative
39:50elle est stratégique
39:51elle n'est pas
39:52je ne vais pas te dire
39:53je te force
39:54je ne peux pas faire du micro-management
39:56aujourd'hui on force
39:56non mais tu ne peux pas faire
39:58ce qu'on appelle du micro-management
39:59ce que tu peux faire
40:00c'est créer des incitations
40:02c'est créer des encouragements
40:03c'est avoir un secteur public actif
40:05tu peux avoir des leviers
40:06comme dit Mathieu
40:07tu ne peux pas micro-manager
40:09toute l'économie
40:10ça ça ne fonctionne pas
40:11ce que tu peux
40:11c'est avec des leviers
40:12attend
40:13à réussir à faire la politique
40:15ok
40:16vous avez votre vision
40:17où l'état intervient dans sa sphère
40:19et n'agit pas sur les entreprises
40:20mais même la Chine
40:21fait comme ça maintenant
40:22la Chine
40:22la Chine
40:23écoute
40:23même la Chine
40:24on va faire un débat sur la Chine
40:25la Chine
40:26deux choses s'entrechoquent
40:27et il y a un élément
40:28de rattrapage
40:29non mais si on pouvait rester
40:30sur la France
40:32Frédéric
40:33et surtout
40:33est-ce que
40:34voilà
40:35on a une vision
40:36il y a un problème
40:36de logique d'action
40:37sur les entreprises
40:38l'argent qui est mis
40:40sur les entreprises
40:41il fait partie du monde
40:43la conditionnalité
40:44est une façon d'entrer
40:46dans une autre action
40:47sur les entreprises
40:47encadrée
40:48par des institutions
40:49de planification
40:51prospective et stratégique
40:52il ne s'agit pas
40:53d'une planification
40:54type GOSPLAN
40:55mais on pourrait avoir
40:56nous préconisons
40:57des conférences permanentes
40:59dans les territoires
41:00et au niveau national
41:01avec des engagements
41:02d'emploi
41:03et des réflexions
41:04sur les productions
41:06vertes
41:06qu'est-ce qu'il faut développer
41:07où et comment
41:08et avec des engagements
41:08sur les entreprises
41:09et avec idée de cœur
41:11les allemands
41:12ils font ça décentralisé
41:13ils font ça au niveau
41:13de l'entreprise
41:14excuse-moi
41:14dans les territoires
41:15tu appelles ça centraliser
41:16ah d'accord
41:16tu fais dans les territoires
41:17d'accord
41:17parce que moi je pense
41:17que ça doit être
41:18beaucoup décentralisé
41:18donc enlève les lunettes
41:19en pot de saucisson
41:21enlève les lunettes
41:23en pot de saucisson
41:23je ne suis pas pro-soviétique
41:24non non
41:25golbertiste
41:25mais non
41:25d'abord il y a beaucoup
41:26sur l'Union soviétique
41:27que je ne suis pas du tout
41:28un anti-soviétique
41:29mais je dis simplement
41:30nous on a toujours
41:31une vision en France
41:31assez colbertiste
41:32et très centralisatrice
41:34et je crois que c'est beaucoup
41:35je reviens à ma société civile
41:36je crois qu'il faut
41:37la bonne balance
41:38et il faut le top down
41:39et le bottom up
41:40tu sais les anglais
41:41ils ont ce que faire
41:42et le bon mélange des deux
41:43je crois qu'on ne peut pas
41:44tout faire top down
41:45c'est vraiment ce que je te dis
41:46parce que ça ne marche pas
41:47parce que la tendance
41:48ne suit pas
41:49tu dois faire les deux
41:50donc écoutons-nous
41:51tu as fait un truc
41:52pour vérifier que j'avais bien dit
41:53territorial
41:54et avec des pouvoirs
41:55dans les entreprises
41:56des pouvoirs des salariés
41:57dans les entreprises
41:58ça on ne peut pas
41:59oui bien sûr
42:00mais des pouvoirs
42:00sur l'utilisation de l'argent
42:01donc avec une autre logique
42:02de sécurisation des emplois
42:04comment on maintient les emplois
42:06quelle production
42:07pour maintenir les emplois
42:08quel rebasculement
42:09d'une production à l'autre
42:10en maintenant les gens
42:11en sécurisant leurs revenus
42:12c'est-à-dire au lieu
42:13d'être tout frein serré
42:14et de faire une chose
42:15et son contraire
42:16comment on passe
42:17à notre logiciel
42:17à mon avis
42:18c'est ça qui est posé
42:19mais par deux l'avis
42:19mais on va
42:21effectivement
42:21s'affronter
42:22on va nous donner un exemple
42:23on regarde le réforme
42:24de Général Électrique
42:26Frédéric
42:27comme tu interviens
42:28pour les autres
42:29laisse les autres intervenir
42:30il y a une réforme
42:31à laquelle je pense
42:32tu vois par exemple
42:32l'idée d'être réformiste
42:35en Allemagne
42:36par exemple
42:37c'est pratiquement obligatoire
42:38que les employés
42:39soient représentés
42:40au conseil d'administration
42:41des entreprises
42:41je pense que c'est une très bonne chose
42:42mais sans moyens
42:43d'accord
42:44je te dis
42:45non non non
42:45mais si c'est ça
42:46mais attends
42:47je ne suis pas en train
42:48de te dire
42:48l'Allemagne
42:49je te dis nous
42:50par exemple
42:51la logique réformiste
42:53ce serait de dire
42:53nous en France
42:54poussons
42:54pour des réformes
42:56qui déjà
42:57ne seraient pas en avant
42:58énormes
42:59moi par exemple
42:59je pense
42:59ça ne sera pas en arrière
43:00parce que sans moyens
43:01et intégrer
43:02sans moyens
43:03ça ne sera pas en arrière
43:04que de faire entrer
43:05les employés
43:05dans les conseils d'administration
43:06systématiquement
43:07je suis d'accord
43:07je pense que ça
43:08serait quand même
43:09un point
43:09d'avancée majeure
43:11qui s'appelle
43:11la cogestion
43:15et éventuellement
43:16même une participation
43:17au capital
43:17des salariés
43:18encore le capital
43:19qui vient
43:20non mais le capital
43:20à partir du moment
43:21il y a des actionnaires
43:22alors comme il y a l'idéologie
43:23de nous
43:24il faut déconstruire
43:25les concepts
43:26c'est pour ça
43:27parce que chaque mot
43:28est piégé
43:30moi je suis pour
43:30l'intervention
43:31et la gestion
43:31et une autre gestion
43:32voilà
43:33avec d'autres critères
43:35le conseil d'administration
43:36c'est satisfaire
43:37les actionnaires
43:38s'il n'y a pas
43:38d'argent alternatif
43:40les salariés
43:41ils sont coincés
43:41intégrés
43:43ils ne sont pas d'accord
43:44mais pourquoi
43:44pourquoi
43:45tous les deux
43:46banques publics
43:47d'investissement
43:47Frédéric
43:48avec pouvoir
43:48de saisir
43:49des travailleurs
43:49à l'appui de leur projet
43:51parce que sinon
43:51les patrons
43:52qu'est-ce qu'il dit
43:52le patron de Général Électrique
43:53il dit
43:54moi je veux bien garder le grid
43:56moi je veux bien garder
43:57l'hydroélectrique
43:58mais ça me coûte trop cher
43:59qu'est-ce que vous avez à mettre
44:00et les salariés
44:00ils n'ont rien à mettre
44:01donc
44:02pour ne pas être coincé
44:03parce que l'Allemagne
44:04elle est en crise aussi
44:05donc ils font des pouvoirs
44:07des travailleurs
44:07sur l'argent
44:08utilisé dans les entreprises
44:10en lien avec les banques
44:10la co-gestion
44:12est quand même
44:13un début de réponse
44:14à ça
44:14parce que si vous n'avez pas droit
44:15à l'argent
44:18Frédéric
44:18nous n'avons pas le droit
44:20de parler
44:20des investissements
44:21nous n'avons pas le droit
44:22de parler
44:23de l'accompagnement social
44:24c'est ça que disent
44:25les salariés
44:25il y a différents types
44:26de co-gestions
44:27quand même
44:27il y a différents types
44:28de co-gestions
44:30mais une co-gestion
44:31décisionnaire
44:31dans laquelle
44:32les salariés
44:33sont représentés
44:34et ont un droit
44:36effectivement
44:37plus que de regard
44:37il y a un droit
44:38de décision
44:39tu vois l'intelligence
44:41des communistes italiens
44:42je vais parler
44:43des communistes italiens
44:44la décision sans ressources
44:45les sociologues ont montré
44:46si les acteurs
44:47n'ont pas de ressources
44:48ils ne comptent pas
44:48et après je pense
44:49qu'il y a autre chose
44:49c'est qu'on se voile
44:50beaucoup la face
44:51avec la participation
44:52par exemple
44:53moi je n'en ai pas parlé
44:53la participation
44:54en disant
44:55la participation
44:56c'est une forme
44:56de rémunération
44:57au profit
44:58sauf qu'en fait
44:58souvent ça se substitue
45:00au salaire
45:00je ne parle pas de ça
45:01et donc moi je pense
45:02à partir de certains moments
45:03il faudrait
45:04mais moi je
45:05tu peux apprendre
45:06justement on disait
45:07est-ce qu'il faut un changement radical
45:08mais je ne crois pas vraiment
45:09au changement radical
45:09je pense qu'on peut
45:10des réformes assez profondes
45:13et on a une occasion
45:14mais ça c'est pas profond
45:15on a une occasion
45:15et donc
45:16au bout d'un certain temps
45:17si les salariés
45:19rentrent au capital
45:20les gains sont sur le capital
45:22ils sont plus sur la participation
45:24c'est vraiment énorme
45:26Philippe
45:26oui
45:26allions justement
45:27là-dessus
45:28sur les salariés
45:30comment les intégrer
45:31dans les décisions
45:32des entreprises
45:32moi je crois que c'est très important
45:34comment mettre
45:34de la démocratie sociale
45:36en fait
45:36dans les entreprises
45:38alors moi je ne sais pas
45:39ma spécialité
45:39mes amis connaissent
45:40beaucoup mieux que moi
45:41donc je ne sais pas
45:41mais ce que si tu veux
45:42un des grands problèmes
45:44chez nous
45:44c'est que le climat
45:45est détestable
45:45dans les entreprises
45:46on traite mal
45:47les gens dans les entreprises
45:48moi j'ai un exemple
45:50j'avais rencontré
45:51un patron suédois
45:54la Suède avait pris le contrôle
45:55d'un chantier naval
45:57et ils avaient dû restructurer
45:58ils avaient été obligés
45:59ils avaient dit
46:00écoute mais je vais réunir
46:00mes employés
46:01je vais discuter avec eux
46:01on va voir comment on peut faire
46:03et ils lui ont dit
46:04vous savez c'est la première fois
46:06qu'on nous parle
46:07comme des êtres humains
46:08qu'on nous demande
46:08qu'on nous consulte
46:10qu'on voit comment on peut y arriver
46:11c'est la manière dont Sénard
46:13a traité H&R
46:14c'est scandaleux
46:15c'est scandaleux
46:16c'est vraiment traiter
46:16les gens comme du bétail
46:17ça c'est inacceptable
46:19c'est ça qui doit changer
46:20voilà des grandes choses
46:21qui doivent changer
46:22mais on peut les changer
46:23aussi par des réformes importantes
46:24je crois que c'est vraiment l'idée
46:26je crois que c'est ce que
46:27les communistes italiens ont compris
46:28les premiers
46:28ils sont morts
46:29ils sont morts
46:30écoute il y avait des gens
46:31très bien
46:31je veux dire voilà
46:32il y avait des gens
46:33et c'était l'idée
46:33on peut par des réformes importantes
46:36changer des choses
46:37et je crois que c'est ce que
46:37Palmay aussi a compris
46:39c'est ce que Rasmussen
46:40au Danemark a compris
46:41ils ont pris plein de conneries
46:42tu peux faire beaucoup mieux
46:43mais c'est ça l'idée
46:44qu'ils ont eu
46:45ils ont dit
46:45il y a certaines grandes réformes
46:46tu vois
46:47qui permettent
46:48qui te donnent un levier
46:49pour continuer
46:50et t'appuyer là-dessus
46:51et aller de l'avant
46:52c'est cette vision là
46:53de la transformation du monde
46:54tu vois je veux dire
46:55c'est très différent
46:56de la vision
46:57quand j'étais petit
46:57je pensais qu'il y avait
46:58le grand soir
46:59et que du coup
47:00on passait un peu galop
47:01mais là tu te vas avec des fantômes
47:01et tu te vas pas avec ce que j'ai développé
47:03non non mais je ne te dis pas
47:04je parle de réformes profondes
47:05qui donnent des pouvoirs aux travailleurs
47:07pas seulement de présenter
47:08mais conseils d'administration
47:09attends
47:09on peut avancer
47:10mais il y a tout
47:11je ne donne pas
47:11mais attends
47:12mais des pouvoirs
47:13sur l'utilisation de l'argent
47:15des banques
47:16en relation avec les entreprises
47:17mais c'est ce que vous faites
47:18quel projet
47:19parce qu'il y a un problème de conflit
47:22mais c'est ce qu'on veut pas casser nous
47:34mais c'est pour ça
47:34je ne comprends pas
47:35ce que vous faites avec Mélenchon
47:35mais va pas dans le sens
47:36je ne comprends pas
47:37ce que vous faites avec Mélenchon
47:37mais Mélenchon qu'est-ce qu'il dit
47:39je ne comprends pas
47:39ce qu'on fait avec Mélenchon
47:41Denis Durand qui est ici
47:42a écrit un article
47:44le problème de Mélenchon
47:45c'est le programme
47:46je voulais être rassuré
47:48donc je suis venu pour quelque chose
47:49et les communistes
47:49au 38ème congrès
47:50ont voté pour être présents
47:52avec leur originalité
47:53à la présidence
47:53on n'est pas sur ce débat là
47:55par contre
47:56on est sur un débat économique
47:58sur la crise
47:58ni avec Hollande
47:59ni avec Mélenchon
48:00mais notre originalité
48:01on peut garder votre originalité
48:03des conditions
48:04de comment font les entreprises
48:05ça peut créer une nouvelle démocratie
48:07peut-être comme il ne nous reste plus que 10 minutes
48:10et qu'on doit rendre l'antenne
48:11parce qu'on est dans une fête de l'Huma
48:13autrement
48:14donc on doit vraiment rendre l'antenne
48:16dans 10 minutes
48:18peut-être une dernière question
48:21mais qui colle un petit peu
48:23on nous parle beaucoup de relocalisation
48:25de revenir en fait
48:26sur une industrie forte
48:29puisqu'elle est structurante
48:30pour toutes les économies
48:31on a besoin de construire
48:33j'ai deux questions là-dessus
48:34déjà
48:35est-ce que c'est possible
48:36parce qu'on a tellement des industrialisés
48:39que la question se pose
48:41quand on n'a pas les filiales
48:43quand on n'a pas les formations
48:44donc déjà
48:45est-ce que c'est possible
48:46comment on fait
48:47quand il y a des trous
48:49dans la filière
48:50pour recréer des choses
48:52mais surtout
48:53comment on remet des usines
48:55dans les lieux de vie
48:57alors que les citoyens
48:59aujourd'hui
48:59ont un sentiment
49:01que les usines sont sales
49:03ou mauvaises pour l'environnement
49:05et comme vous l'avez dit
49:07souvent
49:08socialement
49:08environnementalement
49:09les entreprises
49:10ne jouent pas le jeu du tout
49:11donc ça c'est une vraie question
49:13c'est comment on réindustrialise
49:14le pays
49:15sachant que quand même
49:16on a parlé d'éducation
49:18on a parlé de formation
49:19mais l'industrie aussi
49:20c'est quelque chose de primordial
49:23ça c'est un problème difficile
49:25alors que tu mentionnais
49:26la banque publique d'investissement
49:27c'est un levier
49:28on a des leviers
49:29qui existent
49:29qu'on peut utiliser
49:31je pense qu'il faudrait
49:32qu'on développe des DARPA françaises
49:33tu vois l'équivalent
49:34de ce qu'avaient fait les américains
49:35pour de bonnes raisons
49:37c'était pour la guerre froide
49:38mais ça a été très important
49:39les agences de recherche
49:42parce que c'est un mélange
49:42de top down et de bottom up
49:44c'est à dire que le gouvernement
49:45met des moyens
49:46et puis il y a des équipes
49:47qui se forment
49:48et les équipes ont tant de temps
49:49pour arriver
49:50à réaliser des innovations
49:51de rupture
49:52tu vois
49:53mais le type ne reste pas là
49:54pour tout le temps
49:54et ça développe plein de choses
49:56c'est bien parce que ça mélange
49:58quelque chose qui vient d'en haut
49:59et quelque chose qui vient
50:00un peu d'en bas
50:01il peut y avoir d'autres instruments
50:02mais l'idée c'est que
50:04je ne pense pas
50:04que c'est simplement
50:05en fermant ailleurs
50:06et en les ramenant ici
50:07je pense que ça sera beaucoup
50:09en investissant chez nous
50:10vers de nouvelles entreprises
50:12de nouvelles activités
50:13et en incitant
50:14à ces nouvelles activités
50:15et en créant toutes les conditions
50:16pour que se créent du modèle
50:17il faut l'éducation
50:18il faut la formation
50:19il faut les gens qualifiés
50:20pour pouvoir le faire
50:20il faut investir dans l'innovation
50:22et la recherche
50:22comme on ne l'a pas fait
50:23on a sous-investi
50:24en recherche et innovation
50:25c'est ces investissements-là
50:26qui sont très importants
50:27mais faire vraiment
50:28de la politique industrielle
50:29mais qui ne soit pas
50:30comme on l'a fait
50:30dans les années 60
50:31et qui sont uniquement
50:31d'en haut en bas
50:32il faut de l'en haut en bas
50:33je crois que c'est très important
50:34mais il faut aussi le mélange
50:35du en haut en bas
50:36et du en bas en haut
50:38Mathieu Plannes
50:39vous avez en plus
50:40une expérience
50:41auprès d'Anne Normandbourg
50:42quand vous étiez
50:43conseiller au ministère
50:45du redressement productif
50:46donc est-ce que c'est possible
50:48de réindustrialiser aujourd'hui ?
50:50je pense qu'on a une occasion
50:52une occasion incroyable
50:55quelque part avec cette crise
50:56c'est-à-dire qu'il y a d'abord
50:57une prise de conscience
50:59et que finalement
51:00on se rend compte
51:01à quel point c'est important
51:02d'avoir une industrie solide
51:04dans certains secteurs
51:05on pense bien sûr
51:06notamment à la question de la santé
51:08on voit sur des histoires
51:10qui paraissent assez bêtes
51:13comme les masques
51:13la production de masques
51:14les respirateurs
51:15donc il faut déjà
51:17que l'État
51:19définisse
51:20une liste d'actifs stratégiques
51:22dans lesquels
51:23on doit être
51:23on doit produire
51:24et ce n'est pas
51:25une question de rentabilité
51:26c'est une question
51:26d'investissement
51:28de sécurisation
51:29par rapport à des chocs
51:31qu'on peut avoir
51:31qui soient des chocs
51:32même des guerres
51:33par exemple
51:34on achète effectivement
51:35régulièrement
51:36renouvellement le matériel militaire
51:37en cas de guerre
51:38on ne s'en sert pas à chaque fois
51:39donc il y a toutes ces
51:40des filières effectivement
51:41qu'on doit considérer
51:41comme stratégiques
51:43ça c'est un premier point
51:44et ça l'État
51:45aujourd'hui ne l'a pas fait
51:46c'est à dire que
51:47on a vraiment
51:48il y a eu un laisser faire
51:49et donc il faut repenser tout ça
51:52deuxième levier
51:53qui me semble essentiel
51:54c'est la commande publique
51:56la commande publique
51:57et fait vivre les territoires
51:58la commande publique
52:00donc il faut réfléchir
52:01à la commande publique
52:02quels sont les critères
52:03qui permettent de dire
52:04en fait on va peut-être
52:06donner la priorité
52:07à une PME
52:08made in France
52:08plutôt que d'aller
52:09prendre à l'autre bout
52:10de la planète
52:11pour des raisons
52:12en fait juste
52:13si vous mettez dans les critères
52:14des histoires
52:15de distance géographique
52:16ça peut rentrer
52:17donc il y a une réflexion
52:18la commande publique
52:18est un levier important
52:21là-dessus
52:22et puis
52:23effectivement
52:23il y a toute la réflexion
52:25qu'on doit avoir
52:25sur la politique industrielle
52:26quels sont les moyens
52:27qui vont être mis
52:28alors ça va être compliqué
52:29parce que
52:30c'est vrai que
52:30dans la question européenne
52:32la question européenne
52:33vous n'avez pas le droit
52:34de subventionner des secteurs
52:35à la base
52:36donc il y a la question
52:36des aides d'État
52:37jusqu'où vous allez
52:38pour aider
52:39des relocalisations
52:41il y a quand même
52:41une question qui est essentielle
52:42c'est d'avoir
52:43un protectionnisme intelligent
52:45et c'est vrai que
52:45par exemple
52:46une taxe carbone
52:47aujourd'hui aux frontières
52:49européennes
52:50pour éviter
52:51justement
52:51qu'on aille
52:52importer des produits
52:53qu'on pourrait fabriquer
52:55proche de chez nous
52:56effectivement
52:57permettrait de
52:57ce qu'on dit
52:58c'est en tout cas
52:59corriger les externalités
53:00par exemple
53:01et donc
53:01effectivement
53:02vous rétablissez
53:03un prix au carbone
53:03qui serait meilleur
53:04et donc
53:05vous devenez plus compétitif
53:06en produisant
53:07chez vous
53:07donc il y a tous ces
53:08choses là
53:09on a quand même des leviers
53:10alors ça ne sera pas
53:11du jour au lendemain
53:12il faut vraiment avoir
53:13une politique
53:14qui soit extrêmement
53:17courageuse aussi
53:17sur un certain nombre
53:18de points
53:18et avoir une vision
53:19en fait
53:19c'est avoir une vision
53:20et une orientation stratégique
53:22là dessus
53:23mais il y a certainement
53:24des choses à faire
53:25en tout cas
53:25je trouve que
53:26les réflexions
53:27aujourd'hui
53:28ne sont plus les mêmes
53:28qu'il y a encore deux ans
53:30et partout en Europe
53:31alors c'est là
53:31où ça va être compliqué
53:33c'est qu'on n'est pas
53:34les seuls
53:34à penser à ça
53:34c'est que tous les pays
53:35disent
53:36on va relocaliser
53:36notre production
53:38donc
53:38c'est pour ça
53:39que moi j'étais en faveur
53:39de DARPA européenne
53:40aussi
53:40je pense qu'elle ne soit
53:41pas uniquement française
53:42il y a des secteurs
53:43au niveau européen
53:44également
53:44on le voit par exemple
53:46sur la question des batteries
53:46effectivement
53:48le critère géographique
53:49c'est plutôt l'Europe
53:50on le voit sur l'hydrogène
53:51sur des choses comme ça
53:52donc il y a aussi
53:53si on croit à l'Europe
53:54en tout cas
53:55la politique industrielle
53:56donc bien sûr
53:57il faut privilégier
53:58le médecin de France
53:59il y a de la commande publique
53:59mais par contre
54:00sur des grands projets
54:01il faut penser aussi
54:02au niveau européen
54:03et l'Europe a peut-être
54:03une occasion
54:06de répondre à cette
54:07je trouve que jusqu'à présent
54:09elle a subi la mondialisation
54:10et n'a pas été proactive là-dessus
54:12et donc je pense que
54:13il y a une forme de
54:14cette crise
54:15donne cette
54:15en tout cas
54:16révèle les dysfonctionnements
54:17qu'on a tenu
54:18alors Frédéric
54:19une politique industrielle
54:21radicale
54:22ou
54:22alors il faut
54:23une nouvelle industrialisation
54:24c'est absolument nécessaire
54:28et
54:28on va parler de la santé
54:29on pourrait parler de l'énergie
54:31bien sûr
54:31santé
54:32en fait tous les numériques
54:33tous les domaines
54:34bien sûr
54:38Alcatel
54:38enfin Nokia
54:39avec le problème de la 5G
54:41je ne sais pas
54:42pas à l'Agnon
54:42etc
54:45automobile tout autre
54:46transport tout autre
54:47ferroviaire
54:48etc
54:49mais pourquoi on ne l'a pas fait
54:51pas seulement parce qu'on ne voulait pas industrialiser
54:53c'est qu'il y avait deux choses
54:55un
54:55on laissait faire
54:56on mettait de l'argent
54:58et vous en faites ce que vous voulez
54:59donc délocalisation
55:00toute la politique
55:01que ce soit le CICE
55:03ou la BCE
55:04c'est
55:05sans condition
55:06donc le profit
55:07donc délocalisation
55:07donc il faut
55:09prendre autrement
55:09et deuxièmement
55:10baisse le coût du travail
55:11et d'ailleurs Castex
55:13il nous dit
55:13on va faire délocalisation
55:14on va faire relocalisation
55:16si vous acceptez
55:16de baisser le coût du travail
55:17donc il faut voir
55:18qu'il faut s'opposer
55:19à des idées dominantes
55:21héritées très fortes
55:22comme le faisait Kelsier
55:23et donc travailler là-dessus
55:26parce que
55:27on va faire des dépenses autres
55:29parce que si on veut
55:30développer l'industrie
55:31il faut des dépenses
55:32donc il faut les financer
55:33et ça ne peut pas être seulement
55:35à l'ancienne avec des taxes
55:37ça ne peut pas
55:38donc il y a un problème
55:39de banque
55:40d'avance
55:41parce que c'est quoi les banques
55:42j'avance
55:43avant de produire
55:45et je dois me refaire
55:46sur la production
55:46si on produit
55:47et donc il faut mettre
55:48une toute autre démocratie
55:49pour pousser à cette production
55:50mais donc ça ne peut pas être dominé
55:52par la valorisation financière
55:55et le taux de profit
55:57donc on doit
55:58et c'est ça la radicalité
55:59arrêtez de dire
56:00comme je ne veux pas
56:01changer tout le système
56:01je n'écoute rien
56:02de ce qui est radical
56:03chez un communiste marxiste
56:04parce qu'il est à la fête de l'humain
56:06au contraire
56:06c'est beaucoup plus radical
56:08que de dire
56:08je vais faire le grand soir
56:10donc c'est pas le grand soir
56:13si on met des critères
56:14très profonds
56:15tout de suite
56:17on met du capital
56:18combien de valeurs ajoutées
56:19pas seulement
56:19combien de profits
56:20combien d'emplois
56:21combien d'emplois sécurisés
56:23c'est là-dedans
56:23qu'on va entrer
56:24donc banque
56:25et banque publique
56:25d'investissement
56:27il faut des pouvoirs
56:27des travailleurs
56:28pas d'en haut
56:29ou d'en bas
56:29et en bas
56:30c'est les petits patrons
56:31c'est aussi les travailleurs
56:33et dernière chose
56:34les partages
56:35parce qu'en Europe
56:38c'est concurrence
56:39ou très grand champion européen
56:41qu'on va nous faire maintenant
56:41en changeant les règles
56:42mais par exemple
56:43Alstom-Zimins
56:45Alstom fait le TGV
56:46Zimins fait aussi le transport
56:48il y avait une fusion
56:48qui était envisagée
56:50dépense en capital financier
56:51dépense 2 à 3 milliards
56:52donc on est déjà tout nu
56:53et en plus
56:54comme on met une valorisation
56:55plus forte
56:56il va falloir payer
56:57des dividendes
56:58à ses investissements
56:59au contraire
57:00accord de coopération
57:01entre les entreprises
57:03avec un coût
57:04si l'accord se défait
57:06coopération
57:06avec les services publics
57:07ferroviaires
57:08et on développe
57:09un nouveau système
57:10c'est le train hydrogène
57:11par exemple
57:11qu'a fait Alstom
57:12or là
57:13ce que dit
57:14l'Union Européenne
57:15c'est
57:15puisque vous fusionnez
57:16avec Bombardier
57:16vous devez vendre
57:17le train hydrogène
57:18la folie
57:19non mais moi
57:20j'étais opposé à ça
57:21mais c'est un raisonnement
57:23économique faux
57:24qui a conduit à la fusion
57:27une autre logique
57:27ça veut dire
57:28baisser le coût du capital
57:30et pas celui du travail
57:31une nouvelle démocratie
57:32dans les territoires
57:33et des instruments financiers
57:35bancaires
57:36etc
57:37notamment bancaires
57:38avec au coeur
57:39combien on développe
57:40l'emploi
57:41le dernier point
57:42c'est les institutions
57:43de la mondialisation
57:44si on veut pousser
57:45la coopération
57:46est-ce qu'il n'y a pas
57:47une question
57:47d'autres types de traités
57:48plutôt que des traités
57:49qui ont pour but
57:51de développer
57:52à tout prix
57:52les échanges
57:53et l'investissement
57:53en contenu
57:54des traités
57:55qui ont pour but
57:56le développement
57:56en commun
57:57des biens communs
57:58donc de l'emploi
57:59de la santé
58:00mais tu dois t'insérer
58:01dans le monde
58:01comme il est
58:02tu ne peux pas dire
58:02ça moi je vais
58:03je vous lis le monde
58:04comme il est
58:04je vais vous proposer
58:05un autre monde
58:05ok
58:06ok
58:06laisse moi développer
58:07j'ai peut-être tort
58:08laisse moi dire les bêtises
58:09non
58:09on a 30 secondes
58:12alors
58:14l'Europe ou la France
58:15ce n'est pas rien
58:16dans le monde
58:17si nous disons
58:17on va co-développer ensemble
58:20et on va investir
58:21si ça développe
58:22l'emploi des deux côtés
58:24si ça développe
58:25la santé
58:25et l'écologie
58:26des deux côtés
58:26on va trouver du monde
58:27on va avancer
58:28et c'est ça le message
58:30que l'Europe
58:31peut avancer
58:32très fortement
58:33et la France en Europe
58:33alors Frédéric
58:34de nouveau traité
58:35de maîtrise des échanges
58:37donc je te coupe
58:39radicalement
58:40et je veux remercier
58:42l'ensemble
58:43de nos participants
58:44en tout cas
58:44pour ce débat
58:45passionnant
58:45et passionné
58:46et puis
58:47je vous laisse
58:48avec la suite
58:50du programme
58:50bonne journée
58:52et bonne fête
58:52de l'humanité
58:53autrement