00:06Aujourd'hui en comité central d'entreprise d'EDFSA, les directions ont convoqué les élus pour statuer sur la fermeture
00:14de la centrale nucléaire de Fessenheim.
00:15Qu'est-ce qui va se décider lors de cette réunion ?
00:18Ce qui va se décider c'est que forcément les membres du personnel refutent complètement la fermeture, d'ailleurs c
00:24'est pour ça qu'on est rassemblés, on s'y oppose totalement.
00:26Et donc nous on va voir pour demander une expertise entre autres et afficher par une motion unanime notre opposition
00:35et que Fessenheim doit perdurer, doit continuer à produire et qu'on a besoin demain d'avoir un mix énergétique
00:41en France au service des usagers, donc un véritable service public de l'électricité et du gaz dont Fessenheim doit
00:47faire partie.
00:48Comment on renouvelle les centrales nucléaires demain ? Comment on va mettre les conditions nécessaires pour que les agents soient
00:54formés pour mettre en place des nouveaux réacteurs, nouvelle génération et qu'on accompagne les fermetures nécessaires pour les centrales
01:02?
01:03Mais aujourd'hui elles ne le sont pas parce que ce que je suis en train de vous dire sur
01:06la politique énergétique n'a pas été pensé ni même débattu dans ce pays, c'est un véritable scandale.
01:11Comme toutes les centrales nucléaires, on est surveillés par ce qu'on appelle les autorités de sûreté nucléaire, les ASN,
01:17qui sont indépendants d'EDF, donc indépendants de la production nucléaire, et eux nous garantissent la sûreté de nos installations.
01:25Il faut savoir que nous sommes surveillés et qu'il n'y a aucun risque pour la sûreté et la
01:30sécurité.
01:30Il y a 750 agents EDF, 400 prestataires, c'est une manne pour les communautés de communes et la vie
01:37sociale, donc il n'est pas acceptable de fermer un site nucléaire.
01:41On produit de l'électricité en toute sûreté, mais en plus de ça, on est décarboné.
01:45La production d'électricité par le nucléaire est l'une des plus efficientes d'un point de vue industriel,
01:55et le consommateur en France, que ce soit des industriels ou que ce soit des personnes privées, paye leur électricité
02:03parmi les moins chères, sinon la moins chère en Europe.
02:07Et je n'ai pas en tête les comparaisons mondiales, mais en tout cas en France, c'est un avantage
02:12concurrentiel, une force concurrentielle très forte et très importante.
02:18Donc forcément, un jour, si on continue comme ça, à fermer des sites industriels qui fonctionnent bien, forcément un jour,
02:24le citoyen ou le consommateur va s'en ressentir.
02:28Cette centrale, elle existe depuis 30 ans. Le village, il vit avec, on a toujours vécu avec, on a toujours
02:34connu la centrale.
02:35Pour nous, c'est vrai que c'est également une manne financière, il ne faut pas le cacher, mais bon
02:39voilà, vous avez les écoles, on a construit un collège,
02:43vous avez tous les prestataires, vous avez les restaurants, vous avez les hôtels, qui, quand il y a des arrêts
02:50de tranche, à 40 km à la ronde, tout est complet.
02:53La centrale de Fessenheim est un outil du service public de l'électricité.
02:58Donc, son but, c'est de produire justement cette électricité dont on a besoin.
03:03Un, elle est rentable.
03:05Deux, elle produit une énergie décarbonée.
03:09Trois, elle fait vivre un bassin d'emploi important.
03:12Et c'est une usine, l'autorité de sécurité nucléaire nous le confirme, qui peut fonctionner encore pendant au moins
03:1810 ans.
03:18Donc, il n'y a aucune raison d'aller fermer cette usine qui marche.
03:22Nous, on dit simplement qu'il y a tellement d'usines qui ferment en France.
03:25Pourquoi ce gouvernement, qui, il y a 5 ans, a créé un ministère du redressement productif,
03:30en rajoute une couche en fermant des usines qui marchent ?
03:33Et comme par hasard, des usines du service public.
03:34Parce qu'au-delà de Fessenheim, on a eu l'annonce, il y a un mois, de la fermeture de
03:38la centrale de Porcheville, dans les Yvelines,
03:40et de la centrale de Cordemey, en Loire-Atlantique.
03:43Alors, nous, on dit stop, ça suffit.
03:44Ça suffit de fermer les moyens du service public de produire.
03:47Parce que, quand même, ce qu'on est en train de vivre, c'est quand même, non seulement les fermetures
03:52de centrales,
03:52mais le bradage de concessions hydrauliques, la vente du capital de RTE, qu'on nous a annoncé, là aussi, il
03:57y a 15 jours.
03:58Donc, en fait, on assiste à quoi ?
04:00On assiste à la casse organisée d'EDF et du service public d'électricité.
04:03Ni plus ni moins.
04:04Dans quel but, vous pensez ?
04:06Mais, dans les buts de servir les appétits marchands à côté.
04:09C'est-à-dire que, tant qu'on cassera les outils du service public, ça fera les affaires d'autres
04:13pour lancer des moyens de production privés.
04:15Il n'y a pas d'autre but que ça.
04:17EDF, c'est un ovni, aujourd'hui, dans le ciel libéral européen.
04:21Il n'y a pas de politique européenne de l'énergie, et EDF constitue un ovni.
04:24Donc, le but, c'est quoi ?
04:25C'est de casser les moyens du service public pour faire régaler les appétits marchands.
04:29C'est tout.
04:29En même temps, les salariés, les agents EDF, sont des gens qui luttent, qui ont lutté pour leur statut, qui
04:36luttent pour leurs droits.
04:37C'est aussi un modèle unique.
04:38Est-ce que c'est ce modèle-là de protection sociale qu'on veut casser aussi ?
04:41Évidemment, tout ce qui gêne le corollaire social des agents EDF, comme tous ceux des IOG d'ailleurs, c'est
04:48leur statut national du personnel.
04:50Alors, bien évidemment, chaque fois qu'on supprime des services ou des moyens de production du service public,
04:55on rabougrit le nombre de salariés qui bénéficient de ce statut,
04:59et puis on va vers les appétits du MEDEF à mettre tout le monde au droit commun, voire sans convention
05:04collective.
05:04Sous-titrage Société Radio-Canada
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