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  • il y a 21 heures
Le papa du champion, Fabien Gilot, raconte comment le nageur a grandi, fort des valeurs ouvrières du Nord et fort d'une famille qui a su être présente dans les meilleurs et les pires moments. Un témoignage touchant, qui se conclut avec un message adressé aux jeunes qui se cherchent...
Entretien réalisé par Laurence Mauriaucourt, dans le cadre de l'exposition "Fabien Gilot : Je ne suis rien sans eux", présentée à Douchy-les-Mines jusqu'au 16 octobre 2016.

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Transcription
00:01Fabien a commencé la natation, c'était avec l'école, il avait été repéré.
00:05On m'a demandé si Fabien voulait faire de la natation, je lui ai dit oui, pas de problème.
00:08Donc je lui pose la question à Fabien.
00:10Il m'a dit oui, comme tous les petits, je vais faire du sport.
00:14Et puis peut-être un mois après, il me dit, oh papa, j'arrête tout, j'arrête tout.
00:19Chez les gulots, ça ne marche pas comme ça.
00:20Je lui ai dit, tu finis ton année, et à la fin de l'année, c'est-à-dire en
00:23septembre, fin juin plutôt,
00:26on en discute et t'arrêteras, mais tu finiras ton année.
00:28Si je n'avais pas fait ça, il n'y aurait pas eu de champion olympique.
00:32Moi, j'ai toujours dit, je n'arrête pas de le répéter à tous les parents,
00:34pour faire un champion, il faut être trois.
00:37Et ça, ça doit être hyper lié.
00:38C'est-à-dire que d'abord le sportif, les parents qui doivent être hyper, plus l'entraîneur.
00:44Si vous n'avez pas les trois, vous n'aurez jamais rien.
00:46Ça, c'est clair.
00:48Famille, Gilot, je les ai éduqués comme on doit les éduquer.
00:53Enfin, pour moi, comme on doit les éduquer.
00:55C'est-à-dire qu'on est très proche.
00:57Fabien est très, très proche de ses frères.
00:59Ça, c'est fusionnel.
01:01Là, il ne se voit pas souvent, mais dès qu'il se voit, comme là, bon.
01:04Là, il en manquait un parce qu'il était à Toronto.
01:06Mais là, ils vont se voir le 24.
01:08Ça va être la fête pour eux.
01:10Ça va être la fête.
01:11Fabien, c'est le grand frère.
01:13C'est lui qui protège ses frères.
01:15Vous avez quatre fils ?
01:17Trois fils.
01:19Tous les trois médailles qui seront sur le côté de Fabien.
01:22D'accord.
01:22Pas de filles ?
01:23Non, pas de filles.
01:24Je n'ai pas réussi.
01:26C'est tous des champions ?
01:27Ils ont tous fait de la natation au niveau.
01:31Alors, il y a Yann, c'était un dossier qui était très bon au niveau régional.
01:36Il aurait pu percer, mais lui a pris un autre chemin.
01:38Par contre, Thibault faisait déjà, il a amélioré déjà les temps de Fabien à son âge.
01:45Marseille avait voulu, donc Barnier avait voulu récupérer Thibault pour l'amener à Marseille.
01:51J'ai même posé la question à Fabien, d'ailleurs, en demandant s'il était d'accord pour le loger,
01:56si ça le j'ai dépensé jamais.
01:58Et Fabien dit non, bien au contraire.
02:00Et Thibault a refusé de partir parce qu'il dit, oui, on dit toujours, quand je vais dans une piscine,
02:05on dit toujours, c'est le frère de Fabien Gillot.
02:07Il dit, moi, je m'appelle Thibault Gillot, je ne m'appelle pas Fabien Gillot.
02:10Et puis, il n'a pas voulu le gêner, quoi.
02:12Mais il y aurait pu faire un excellent nage, je suis sûr.
02:15Et vous, vous êtes qui, Michel ?
02:18Monsieur tout le monde.
02:20Vous n'êtes pas un champion de quelque chose ?
02:21Non, non, ma femme a fait beaucoup de sport.
02:23Moi, j'ai fait du volet et puis du vélo.
02:27Ma femme, elle a fait beaucoup d'athlétisme et beaucoup de natation.
02:30Mais nous, on les a tous éduqués dans le sport.
02:33Dans le sport, on ne triche pas.
02:35On ne travaille pas en arrière.
02:37C'est ça aussi, la famille Gillot.
02:39Il ne faut pas beaucoup d'argent pour aller à la piscine, avoir un maillot de bain, sauter dans un
02:43bassin.
02:43C'est autre chose qu'il faut.
02:44Il faut avoir beaucoup de courage.
02:46Je peux vous le dire parce que voir des carreaux, là, ils les ont vus les carreaux pendant des années.
02:51Et puis, il y a des ennatations, il y a des eaux, il y a des bains.
02:53Moi, j'ai déjà vu Fabien Gillot pleurer dans les vestiaires parce qu'il y avait loupé une compétition.
02:58C'est cyclique aussi, il y a un champion de haut niveau.
03:02On voit toujours le bon côté, la médaille.
03:06Mais forcément, il y a des moments, il y a des trous.
03:09C'est là où les parents doivent être importants.
03:12Et c'est là qu'on doit être là pour rebooster, nous, rebooster Fabien.
03:17C'est à savoir aussi, Fabien, il était en soirée étude à Rouen à l'âge de 14 ans.
03:22Et tout seul dans sa chambre, alors que nous, on était une famille de cinq.
03:26Fabien s'est retrouvée tout d'un coup tout seul dans sa chambre.
03:29Il faut vraiment vouloir pour rester là-bas.
03:33Et l'histoire de ce grand-père d'adoption, vous pouvez nous en dire plus ?
03:40Oui, il n'y a pas de souci.
03:42Ma mère s'est remis avec Max Gausschmidt.
03:48Max avait été dans les grandes concentrations à Auschwitz, à Buchenwald.
03:54Donc ça a beaucoup marqué Fabien aussi parce que Max, il n'en parlait pas trop,
03:58mais quand il en parlait, il en parlait quoi.
04:01Et Fabien, il était très intéressé de tout ça.
04:04Et donc forcément, c'était son grand-père.
04:06Les trois, c'était son grand-père.
04:08Mais très, très fort, très très fort.
04:11Et il a vécu au moment des premiers scores de Fabien ?
04:15Tout à fait, tout à fait.
04:16Oui, parce que Max Gausschmidt, il est venu à Douchilmine.
04:18Alors, on a fait deux ou trois réceptions ici à Donin et il était fier d'ailleurs.
04:24Il a même été interviewé par FR3.
04:27Il a des enfants, Fabien ?
04:29Non, non, il n'est pas encore marié.
04:32Là, ça devient très très sérieux.
04:35Là, hier soir, il nous a appris qu'ils ne se sont pas accès.
04:38Donc là, je pense que c'est parti.
04:40Et vous avez invité de grand-père ou l'aide pas ?
04:42Ah oui, moi oui, et puis surtout ma femme aussi.
04:45Ma femme est en train de tricoter, mais il n'est toujours pas vrai.
04:46Parce que j'en ai un qui a la Martine.
04:49Monsieur Yann et sa femme, ils sont tous les deux dans la Marine Nationale.
04:53Et Thibault, lui, il vit en Belgique à côté de Mons.
04:56Enfin, il ne vit pas loin d'ici, quoi.
04:57D'accord.
04:58Mais bon, on attend les petits enfants.
04:59Et à Marseille, il a réussi.
05:01Un gars du Nord, à Marseille, il vit bien ?
05:03Très bien, très bien.
05:04Pour ça, Marseille, de toute façon, je ne sais pas si vous ne serez là le 24,
05:09il y a Paul Lecceau qui va parler de Fabien et Pierre Dantin qui est professeur de l'université.
05:14Il connaissait très bien Fabien et c'est eux-mêmes qui vont en parler.
05:17Mais c'est exceptionnel ce qu'ils disent.
05:21Ils disent toujours, et c'est vrai, on a parlé ensemble,
05:24c'est toujours les extérieurs qui s'attirent.
05:27Les extraits qui s'attirent.
05:29Ah oui, Fabien, ils aiment Fabien par rapport à ses valeurs.
05:33C'est dans le sud, ils n'ont pas forcément tous ses valeurs-là.
05:36Parlez-moi de ses valeurs.
05:39Fabien Gillot, Fabien Gillot, il ne triche pas.
05:42Il ne triche pas.
05:43Fabien, il va vous parler droit dans les yeux.
05:46Il s'appelait, il ne s'appelait pas, mais il va vous parler.
05:48Il travaille.
05:50C'est ça surtout aussi.
05:52Et puis les valeurs de la famille, les valeurs que nous on a occupé à Fabien.
05:56Et puis sérieux, sérieux.
05:58Votre carrière professionnelle, Michel, c'était quoi ?
06:00Moi, j'ai travaillé chez Peugeot et maintenant je suis acheteur chez Halsom.
06:04D'accord.
06:06Et sa maman ?
06:07Elle a maman, elle est travaillée à Dona et maintenant elle travaille à Douchy.
06:11Elle est à Sem, elle s'occupe des petits-enfants en école maternelle.
06:13Si je vous dis valeur ouvrière, c'est en choc ?
06:16Non, pas du tout.
06:17Pas du tout.
06:18Vous savez, mes grands-parents, mon grand-père, travaillaient à l'usine-or.
06:23La maman divine qui est décédée, qu'on était à l'enterrement hier, elle était cafue.
06:29Il y a le charbon à la mine.
06:30Ah ouais, bah nous, son père, le père divine, était aussi mineur.
06:34Donc tout ça, ça ne nous choque pas du tout.
06:36Il en est fier, ça, Fabien, de cette histoire ?
06:38Tout à fait.
06:39Tout à fait.
06:40D'abord, on lui a ressorti, on a retrouvé une vieille photo de ma belle-mère avec son
06:46bandeau à Wallers.
06:48Ça, on lui a donné.
06:50Ah ouais.
06:50Bien sûr, mais c'est très fort.
06:53En quoi ?
06:53Fabien, il y a 3-4 ans, il a invité ce camp populaire à Marseille.
07:00Ils ont fait un aller-retour d'Ouchy-Marseille dans la même journée avec le train.
07:05Fabien les a accueillis.
07:06Donc ils ont mangé avec Fabien au Cercle des Lénageurs de Marseille.
07:09Et après, il a pris un minibus et il leur a fait visiter le...
07:13Bien sûr, d'abord, il a fait visiter le cercle, tous les centres d'entraînement, tous
07:16les bassins, il a expliqué comment ça se passait.
07:18Et après, il est parti avec eux, faire visiter Marseille.
07:21Vous pouvez leur en parler maintenant, ils en se souviennent encore.
07:24Ah ouais.
07:25Dites, Papa Gillou, un message aux enfants du Nord qui cherchent leur voie, qui ne savent
07:30pas se trouver.
07:31Eh ben, il faut...
07:32Il faut qu'ils...
07:33Il ne faut jamais renoncer à leurs rêves.
07:38Il ne faut jamais renoncer à leurs rêves.
07:39Et puis, même s'il y a quelqu'un qui leur dit que ce n'est pas possible, il faut
07:42qu'ils
07:42persistent.
07:44Merci.
07:44Oui, de vrai.

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