00:01Un jour j'ai découvert que Fabien Gillot, notre champion, puisqu'il est ici vraiment du territoire,
00:10avait tatoué sur son corps cette phrase « Je ne suis rien sans eux » en hébreu
00:16et qu'elle faisait écho à la déportation de son grand-père à Buchenwald
00:20et qui lui avait transmis, Max, les valeurs qui étaient derrière cette phrase.
00:30Et ça m'a fait tilt, moi qui suis plutôt dans le monde de l'art et de la culture.
00:36Je me suis dit, il y a quelque chose sur ce corps et à travers la figure de ce champion
00:42qui mérite qu'on s'y arrête.
00:46Et Michel Lefebvre, le maire de Douchy-les-Mines, depuis très très longtemps,
00:51souhaitait rendre hommage à Fabien qui l'a accompagné tout au cours de ces dernières années
00:57en le recevant très souvent.
01:02Donc, il y a un an, un petit groupe de personnes avec le concepteur graphique Nikita de Capa Communication,
01:09avec Michel Lefebvre, avec le papa de Fabien, on s'est réunis.
01:12Puis on s'est dit, il faut qu'on conçoive quelque chose d'unique,
01:17en hommage à Fabien, mais pas forcément qui se limite à la sphère sportive.
01:23Et donc, à partir de là, on a conçu une exposition qui est vraiment tournée vers l'imaginaire, vers le
01:31voyage.
01:32Pour nous, cette exposition, c'est vraiment un voyage à travers la culture, à travers le sport,
01:37mais tout simplement à travers la vie, depuis la naissance de Fabien et depuis ses propres voyages,
01:42notamment puisqu'il est aujourd'hui membre du Cercle des Nageurs de Marseille.
01:47Il a été adopté complètement par cette ville.
01:49Une telle exposition conçue, je pense que ça peut être intéressant de le dire,
01:55avec différents îlots.
01:57Elle représente une masse, elle représente un parcours.
02:03Quatre panneaux par îlot devait avoir un budget assez conséquent.
02:09Et dans ce sens-là, Michel Lefebvre s'est tourné vers différents partenaires, publics et privés.
02:17Si on n'est pas aidé dessus par le ministère de la Culture,
02:21le département nous aide.
02:23Mais aussi un certain nombre d'entrepreneurs.
02:26Et je pense que c'est une chose assez pertinente
02:29que le monde du travail soit aussi représenté dans le financement de cette exposition,
02:36puisqu'elle doit aussi exister pour le monde du travail.
02:41C'est-à-dire qu'on souhaite vraiment avoir un public très très large
02:44qui va des scolaires jusqu'au comité d'entreprise,
02:48en passant par la population donésienne, nordiste.
02:54avant qu'elle ne tourne, c'est notre souhait le plus cher,
02:57dans d'autres villes, et notamment à Marseille,
03:02ou à Paris avec la Fédération Française de Natation.
03:06Alors ce qui est intéressant aussi, c'est qu'on a essayé de valoriser
03:10cet outil qui est propre à Douchy, qui est l'imaginaire.
03:15Il y a des lieux de culte qui ne sont peut-être plus aujourd'hui extrêmement fréquentés.
03:24Et je fais partie des gens qui considèrent que l'imaginaire, ce triptyque,
03:29salle d'exposition, théâtre de 500 places, et puis salle de cinéma,
03:34il devrait y en avoir dans toutes les villes de France.
03:36Alors peut-être des plus petits, mais je pense que cet équipement culturel
03:40est vraiment un outil formidable.
03:43Et cette exposition n'aurait pas pu avoir lieu sans cet équipement.
03:46C'est-à-dire que tout est parti de cette logique aussi de l'imaginaire
03:51et aussi de ses possibilités, puisque dans la prolongation de cette exposition,
03:54il y aura des temps cinéma, des temps de spectacle, des temps de conférences,
03:57des vrais temps d'éducation populaire.
04:00Et puis on allie également d'autres ressources,
04:04comme le Centre Régional de la Photographie du Nord-Pas-de-Calais,
04:07qui est également basé à Douchy,
04:10et qui est le fruit vraiment de la mémoire ouvrière de cette ville et de Nésie,
04:16puisqu'il a été construit à partir du photoclop d'Uzinor,
04:22qui a été détruit dans les années 80.
04:25Donc ça c'est important.
04:26Donc pourquoi le CRP ?
04:27Parce qu'un certain nombre de photographes nous ont fait confiance
04:30et ont accepté que leurs photos apparaissent,
04:33non pas sur les panneaux principaux,
04:35mais soient valorisées sur des pupitres bien particuliers.
04:39Alors il y a des gens comme Bernard Plossu, qui est un très très grand photographe,
04:43Maxime Brigo, qui est un jeune photographe,
04:45qui avait photographié le chantier de l'imaginaire,
04:49donc on en retrouvera aussi des photos.
04:50Voilà, cette exposition c'est aussi cette richesse humaine
04:54et cette richesse artistique qu'on souhaitait valoriser
04:58à travers cette exposition,
05:00qui n'est donc pas simplement le portrait d'un homme,
05:03même si cet homme on l'apprécie beaucoup de par ses engagements.
05:06Un des éléments tout à fait significatifs pour moi
05:10est que Fabien est né en 1984,
05:13les années 80, le début des années 80,
05:17j'ai été moi-même confronté, même si j'étais très très jeune,
05:21au moment de la fermeture d'usineurs de Nain,
05:25la casse de 10 000 emplois,
05:27et l'intuition du modeste auteur que je suis sur cette exposition,
05:33c'est que Fabien, qui naît en 1984,
05:36forcément dans cette désolation qui régnait dans la ville de Denain et autour,
05:41a pu être marqué par un climat difficile, dur,
05:49et comme je dis sur le premier panneau d'exposition,
05:51en réponse déjà ses parents,
05:53mais d'autres parents évidemment l'ont fait,
05:55lui ont appris à nager,
05:56et je pense que ce verbe nager renvoie évidemment à beaucoup de choses,
06:00sans compter que dans son cher club du sporting des libellules de Denain,
06:07les premières choses qu'a appris Fabien,
06:08c'est le sauvetage et le waterpolo,
06:11donc un rapport au collectif,
06:12un rapport à la nécessité d'une natation utile,
06:17on va dire,
06:18valeur dont il s'est continuellement nourri,
06:21et pour moi, c'est ma petite interprétation,
06:25ça n'explique pas complètement son parcours,
06:29parce qu'il est fait d'un métal particulier,
06:31mais en tout cas ça lui donne une certaine signification,
06:37et l'idée c'est que si les gens repartent de cette exposition,
06:40en se disant,
06:41nous aussi on n'est rien sans les autres,
06:44nous aussi on a notre parcours,
06:47si ça leur donne de l'énergie,
06:49de la confiance,
06:50le but sera atteint.
06:54On est très heureux d'avoir eu le soutien
06:58de la Fédération française de natation,
07:00ce qui fait qu'on a de très belles photographies
07:03des finales de Fabien,
07:05mais on est aussi très très heureux
07:10que les illustrations ne soient pas simplement photographiques
07:14ou documentaires avec cette valeur ajoutée vraiment importante
07:19des créations de Philippe Aulvout,
07:22dessinateur, illustrateur, créateur à part entière de cette exposition,
07:29aux côtés de Dominique Rangeval et donc de Nikita,
07:34puisqu'il a créé des dessins,
07:38souvent c'est des portraits de champions,
07:41à partir d'un certain nombre de photographies célèbres,
07:44il y a Mohamed Ali, il y a Claude Donnesta,
07:47il y a Daniel Herrero,
07:48mais il y a aussi d'autres personnes,
07:51et puis à partir aussi de ses propres dessins existants,
07:54il apporte à mon sens une touche d'humour,
07:57de tendresse, de décalage
07:59dans une exposition qui aurait pu être trop sérieuse.