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  • il y a 18 minutes
Ce mardi 13 octobre, des manifestations sont organisées partout en France pour l'"acte V" de la mobilisation des lycéens. Depuis mi-septembre, ils réclament plus de moyens pour leurs établissements et leur enseignement. La crise lycéenne est l'un des sujets principaux occupant la séance de question au gouvernement à l'Assemblée nationale. Pour en débattre, Louise Montangon, responsable UNI Bordeaux et ex-candidate RN aux municipales, et Manès Nadel, ex-président de l'Union syndicale lycéenne.

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Transcription
00:00Et on accueille Louise Montangon. Bonsoir.
00:02Bonsoir Sonia.
00:03Merci d'être là véritablement. Je vais préciser aux téléspectateurs, même si beaucoup vous connaissent un petit peu votre parcours,
00:09et puis vous-même, vous allez nous le présenter.
00:11Et je vous remercie parce que vous avez accepté, tout comme lui d'ailleurs, Manas Nadal, d'échanger tout à
00:15l'heure,
00:15sur le fond, sur les revendications évidemment de ce mouvement.
00:19Alors vos passages, Louise Montangon, font des milliers, voire des millions, de vues sur différentes plateformes.
00:25Certains parlent de vous comme d'un véritable phénomène, mais vous êtes d'abord et surtout une étudiante.
00:30En master de philosophie à l'Université Bordeaux-Montagne.
00:33Je ne suis plus étudiante à l'Université Bordeaux-Montagne, mais j'y étais avant.
00:36Vous y étiez. Et à distance, là, vous continuez les cours ?
00:38Oui, rattachée dans une autre université.
00:41Effectivement. Et vous êtes impossible d'y revenir ?
00:43Exactement.
00:44Bon. Pour des accusés militants, de ceux qui vous empêchent ?
00:47Pour des raisons de sécurité.
00:48Très bien, malheureusement. Et on va également en parler.
00:51Vous venez, et ce n'est pas du tout péjoratif, au contraire de le dire, d'une belle et petite
00:55campagne.
00:56Oui.
00:56Et vous venez d'un milieu qui parle politique en famille, des discussions depuis très longtemps.
01:01Surtout d'actualité.
01:02D'actualité.
01:03Pas d'engagement politique quand vous étiez plus jeune, mais des discussions sur tous les sujets.
01:07Exactement.
01:08Et vous estimez, Louise Montencon, que les revendications, aussi légitimes soient-elles, ne doivent pas empêcher le plus grand nombre
01:15d'étudier, de travailler, de penser à l'avenir.
01:20Vous ne dites absolument pas que c'est illégal, mais vous estimez tout simplement qu'il y a des principes
01:24de base qui doivent être respectés.
01:26Ils ne le sont pas.
01:27Ça fait plusieurs années que nous, avec l'Uni, on observe ça dans les universités.
01:33J'étais encore au collège que ça se produisait déjà, donc des blocus de facultés entières.
01:38Ce ne sont pas des blocus qui durent deux, trois jours.
01:41Ce sont des blocus qui peuvent s'étendre sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois.
01:43Moi, lorsque j'étais en première année de licence à l'université de Bordeaux-Montagne, j'ai connu mon tout
01:48premier blocus au mois de mars 2023.
01:50Et je ne suis retournée à la fac qu'en septembre 2023.
01:54L'année s'est subitement arrêtée.
01:56C'était au moment de la réforme des retraites.
01:59Et c'est là que j'ai découvert effectivement l'empire de l'extrême-gauche au sein des universités.
02:03L'empire, dites-vous.
02:04C'est-à-dire que vous estimez qu'il y a une forme de gangrène, de prise de pouvoir dans
02:08certaines universités
02:09et qui empêche des étudiants comme vous, tout simplement, de dire leur avis, de penser ce qu'ils pensent et
02:15de travailler tranquillement ?
02:16C'est-à-dire que dès que vous avez un avis qui ne leur convient pas
02:19ou une voix qui ne va pas dans leur sens, vous êtes littéralement pris pour cible
02:23ou alors insulté de tous les noms que je ne citerai pas sur ce plateau.
02:28Mais je trouve ça bien dommage parce que je pense qu'il y a quelques années encore, on pouvait avoir
02:31un débat.
02:32Moi, j'adore débattre, j'adore discuter.
02:33J'ai beaucoup d'amis de gauche, vraiment beaucoup.
02:35J'apprends beaucoup aussi en les écoutant.
02:37Et aujourd'hui, on a vraiment deux France face à face qui ne s'écoutent plus, qui ne se parlent
02:41plus
02:42parce que le dialogue n'est plus possible.
02:43Parce qu'aujourd'hui, quand vous êtes juste à droite, vous êtes forcément un facho, vous êtes forcément un nazi.
02:48Et donc, vous n'avez pas le droit à la parole et vous n'avez même plus le droit d
02:51'étudier.
02:51C'est ça la réalité dans les universités.
02:53Et c'est un peu la pente qui se dessine pour les lycées, malheureusement.
02:58Et j'en suis un peu désolée d'ailleurs.
03:00Et vous voulez montrer qu'il y a une majorité silencieuse, je ne sais pas si elle est silencieuse,
03:04mais semble-t-il oui, mais qui n'est pas du tout celle de la casse, qui n'est pas
03:08du tout celle qui bloque, au contraire.
03:09Une majorité qui peut se retrouver dans les revendications des lycéens, tout à fait,
03:14qui trouve aussi ces revendications pour la plupart légitimes, on en rediscutera plus tard.
03:19Mais moi, je fais partie de cette majorité qui estime qu'on n'a pas besoin de tout casser ni
03:22de tout brûler.
03:23Mais malheureusement, après dix ans de Macronie, c'est compliqué de manifester sans tout casser,
03:28sans tout brûler parce qu'ils ont toujours un peu plus de terrain.
03:31Et quand vous voyez aujourd'hui que des étudiants et des lycéens peuvent tabasser leurs profs,
03:35à Toulouse, à Lille, peuvent tabasser leurs surveillantes, à Annecy, peuvent brûler des camions de pompiers,
03:41peuvent brûler le visage d'une femme à Marseille ou balancer de l'acide chlorhydrique au visage et aux mains
03:45d'une lycéenne
03:46et qu'ils sont tout de même reçus par le ministre de l'Éducation nationale et qu'il ouvre une
03:51plateforme pour les doléances,
03:52il y a quand même un deux poids, deux mesures et on est quand même dans un monde qui, moi,
03:57me laisse un petit peu sans voix
03:58parce qu'aujourd'hui, le ministre de l'Éducation nationale et le gouvernement entier sont les visages et les représentants
04:05du laxisme
04:05et le message qu'ils envoient à la jeunesse, c'est « Allez-y, brûlez tout, saccagez vos établissements scolaires
04:10et on vous recevra quand même ».
04:12Vous dites qu'en France, en réalité, il faut malheureusement en passer par la violence, la casse pour être écoutée,
04:17reçue et considérée et respectée ?
04:19Tout à fait. Et en fait, le problème aussi, il est dans les lycées, il est dans les universités.
04:23Dans les lycées comme dans les universités, il y a pas mal d'instances représentatives.
04:27Donc on passe par des élections. Ces instances représentatives, elles sont littéralement vraiment à améliorer.
04:33Et le problème, en fait, avec les ministres, donc le ministre de l'Éducation nationale ou le ministre de l
04:37'Enseignement supérieur,
04:38c'est qu'ils ne nous écoutent pas et ils nous ferment la porte et, en fait, ils entretiennent cette
04:42culture de la violence,
04:44cette culture de la casse parce que les étudiants, aujourd'hui, ils ont bien compris que pour se faire entendre,
04:48il fallait casser.
04:49Et moi, en fait, je fais pas partie de ce pan, en fait, de cette génération qui veut tout casser,
04:55tout brûler.
04:55C'est une génération, vous dites minorité ou génération, vous pensez, Louise Montangon ?
04:58C'est une minorité de notre génération.
05:01Bien, mais qui parle presque au nom de la majorité ou plus fort que vous et d'autres.
05:04C'est ça, parce que, voilà, c'est impressionnant de voir le nombre d'étudiants qu'il y a dans
05:08les rues.
05:09Bon, des étudiants qui sont rejoints par des professeurs, par des travailleurs.
05:11Donc, quand vous voyez ça, c'est comme quand vous arrivez dans une université et que vous voyez 300, 500
05:16élèves étudiants au sein d'une assemblée générale.
05:19Vous vous dites, waouh, ils sont tellement nombreux.
05:20Mais dans une université, on est 20 000.
05:22Donc, en fait, ils ne représentent pas du tout les 20 000 autres étudiants.
05:25Et ça reste une minorité qui est très brillante.
05:27Cette minorité que vous qualifiez d'extrême-gauche, dont vous nous dites qu'elle gangrène l'université, les facs, les
05:32établissements.
05:33Je crois que vous-même, vous avez aujourd'hui 21, 22 ans.
05:36Je crois que ça fait 22 ans.
05:37Je crois que vous-même, il n'y a pas si longtemps, vous étiez mélanchoniste.
05:41J'avais 16 ans.
05:42En tout cas, absolument.
05:43Vous aviez 16 ans, vous avez aujourd'hui 22.
05:45C'est à la fois long et court.
05:46Qu'est-ce qui fait que vous avez changé durant ces six années ?
05:50Alain Finkielkraut dit, c'est parce que je suis de gauche que je ne suis plus de gauche.
05:52Est-ce que c'est la gauche qui a changé ou est-ce que c'est vous ?
05:54Les deux.
05:55La gauche a changé.
05:57Je me rappelle, quand j'avais 16 ans, je regardais souvent la télé, les réseaux sociaux, etc.
06:02Et j'écoutais que Jean-Luc Mélenchon, qui n'est plus le même qu'on a en face de nous
06:06aujourd'hui en 2026.
06:08J'avais un grand frère, enfin j'ai toujours un grand frère, mais qui était militaire.
06:10Et je lui balançais des horreurs au visage.
06:12Je lui disais que j'étais anti-impérialiste.
06:13Je ne savais même pas ce que c'était l'impérialisme.
06:15Mais j'étais dans ce combat, j'étais dans cette révolte.
06:18Parce que quand on a 15 ans, on a tous envie de refaire le monde, on a tous envie de
06:20faire la révolution.
06:22Et puis j'ai eu mon premier boulot étudiant.
06:23On n'est pas sérieux quand on a 17 ans.
06:25Exactement.
06:26J'ai eu mon premier job étudiant.
06:28Alors j'ai côtoyé le monde du travail.
06:29Et puis je me suis un peu sortie de mon spectre.
06:31J'ai discuté.
06:32Voilà, parce que je viens d'un milieu qui n'est pas du tout politisé.
06:34On parlait d'actualité à la maison.
06:36J'ai eu cette chance de ne pas avoir de télé dans la cuisine.
06:37Mais on n'était pas politisé.
06:39Donc j'ai vu ma fiche de paye.
06:41Vous avez vu la différence.
06:42C'est ça, le brut et le net.
06:43Et je n'ai jamais été opposée au prélèveur.
06:44Un job étudiant, si je peux me permettre, c'est 2000, c'est 1009.
06:47Et puis vous êtes tombée à 1700, 1600.
06:50En fait, je vois que j'ai 1009 ou 2000 sur ma fiche de paye.
06:52Je suis aux anges.
06:53Je vais tellement mettre de côté.
06:54Je vais pouvoir profiter pour ma première année de licence.
06:57Et pas du tout.
06:58Je crois que j'ai 1006 ou 1700 sur ma fiche de paye.
07:00Je ne comprends pas.
07:00Donc je m'informe et je me rends compte que je donne énormément pour un service public qui ne fonctionne
07:04pas tant.
07:05Et je ne suis pas du tout opposée aux cotisations sociales.
07:08Le système public, en réalité, il est malade.
07:10Et ce n'est pas pour autant que je bascule à droite.
07:12Je me dis juste, bon, voilà, il faut que je commence à m'intéresser à tout ça.
07:15Et puis j'atterris à Bordeaux-Montagne, université qui est totalement gangrénée par l'extrême gauche.
07:20Et puis je rencontre des étudiants antifa.
07:23Et je me rends compte que je ne partage pas du tout leur opinion, que je ne partage pas leur
07:25idée.
07:25Mais je ne le dis pas.
07:26Je ne le dis pas parce que je vois...
07:27Vous n'arrivez pas à échanger, à débattre avec eux ?
07:29Mais parce que je vois comment ils se comportent quand des gens en phase 2 ne veulent pas prendre leur
07:32tract.
07:33Ils les insultent, ils les agressent à moitié.
07:35Et je me dis, voilà, moi, je n'ai pas beaucoup d'amis, je viens de la campagne, je suis
07:37à Bordeaux, je suis là pour me faire aussi un petit cercle d'amis.
07:40Je n'ai pas envie que ça parte tout de suite dans les tours.
07:42Et puis arrive mars 2023, la réforme des retraites et le blocus de mon université.
07:47Alors toujours l'université de Bordeaux-Montagne.
07:49Et puis j'arrive à la fac un matin et je vois que tout est bloqué.
07:52Donc je ne comprends pas tout parce que je n'ai pas forcément de nouvelles de mes professeurs.
07:55Enfin, eux-mêmes ne comprennent pas forcément ce qui se passe.
07:57Et puis je me sens très seule parce que mes amis font partie des bloqueurs et moi, je m'y
08:00oppose.
08:02Alors j'enchaîne un peu les jobs étudiants.
08:04Je fais du babysitting, je fais de la plonge, du ménage.
08:06Et puis un jour, il y a une fac qui n'est pas très loin de chez moi, l'université
08:09de Bordeaux, donc de la Victoire.
08:10Et je me dis, bon, elle est ouverte, même si elle est bloquée, je vais aller voir ce qui se
08:12passe.
08:13Et là, je tombe de haut parce qu'en fait, je vois des tables avec des stands de drogue.
08:16En fait, c'est documenté sur Internet avec des seringues, etc., des pancartes.
08:21où ils disent pourtant qu'en AG, ils avaient voté le fait qu'il ne fallait pas utiliser des drogues.
08:25Donc il faut quand même se dire qu'en AG, il faut voter l'utilisation au nom de drogue.
08:29Et puis je découvre une université qui est saccagée, alors que l'université de la Victoire, elle est juste magnifique
08:33de base.
08:34Et là, je tombe sur une publication de Révolution Permanente,
08:37qui est le parti politique de la jeunesse étudiante Le Point Levé,
08:40qui invite en conférence universitaire, dans une fac bloquée, je rappelle que bloquée une fac est illégale,
08:47ils invitent Jean-Marc Rouillant, cofondateur de l'Action Directe,
08:49qui a été condamné pour des actes terroristes.
08:52Et en plus, il intervient sur des violences policières.
08:53Et je me dis, mais ce n'est pas possible, en fait, ces étudiants ne nous représentent pas.
08:56Et ils ne sont pas là du tout pour la réforme des retraites.
08:59Et là, donc, j'ai commencé à lire et à m'informer.
09:01Je me rends compte qu'effectivement, je n'ai pas une tendance de gauche, mais plutôt une tendance de droite.
09:06Mais ça ne s'est pas fait qu'en contradiction du mouvement qui était face à moi.
09:10Ça s'est aussi fait grâce à des lectures et parce que j'ai échangé avec des camarades de promotion
09:14qui, eux aussi, étaient de droite.
09:15Et ça donne aujourd'hui la jeune femme, si je puis dire, en tous les cas, que vous êtes, engagée.
09:21Mais vous tenez aussi à dire que, voilà, et vous avez accepté le débat et l'échange avec Manasse Nadel,
09:26que je salue.
09:27Bonsoir à vous, merci d'être là, qui est aussi un visage emblématique.
09:30Vous avez été, enfin, beaucoup de nos téléspectateurs vous connaissent et vous ont suivi pendant toutes ces années.
09:36Vous avez été président de l'union syndicale lycienne.
09:39Et l'idée, c'est vraiment d'échanger avec Bruno Jody, Rocayadillo et Arthur Berda.
09:43Sur le fond, qu'on comprenne s'il y a vraiment deux jeunesses, deux visions de la France.
09:47Parce que pour vous, Manasse Nadel, vous, il n'y a aucune, comment dire, restriction, ni au blocus, ni aux
09:54manifestations, ni à tout ce qu'on voit.
09:56Au contraire.
09:56– Aucune retenue.
09:57– Aucune, aucune retenue, carrément, c'est le mot.
09:59– Comme le dit Laurent Nunez.
10:00Non, non, pour être plus sérieux, non, je ne dis pas que Madame se détache d'une jeunesse qui veut
10:05tout casser.
10:06Mais ce n'est pas du tout, c'est ni l'objectif, ni très majoritairement les méthodes de ce mouvement.
10:11Et je pense que, pour le coup, il y a une indignation dont peut-être que Louise aurait pu la
10:16partager,
10:17comme elle le dit quand elle était plus jeune.
10:18Et je pense qu'il faut juste l'orienter.
10:20– Ça me paraît compliqué parce que je pense que, quand on dit justement qu'on est attaché au service
10:25public,
10:25à la manière dont va notre argent, à la République, etc.,
10:28je pense qu'on ne peut pas non plus se détacher de son histoire.
10:30Et son histoire, c'est une histoire de lutte, c'est une histoire d'acquis sociaux
10:33qui n'ont pas été acquis dans le calme et la concertation.
10:36Et donc, quand on accepte la France dans laquelle on vit, la République, etc.,
10:41il faut en accepter aussi cette histoire.
10:42Et cette histoire, elle est vivante, elle continue.
10:44Et moi, je pense que c'est plutôt à ça que je me rattache.
10:47– Vous l'acceptez, oui, ce passé, cet héritage, y compris un peu révolutionnaire.
10:52Est-ce que vous pensez que c'est par bouffée paroxystique presque révolutionnaire
10:57qu'on arrive à des acquis, comme le dit Mané Sandel ?
10:59Ou alors non, vous pensez que c'est par la tranquillité, le dialogue et le débat qu'on obtient ?
11:03– Aujourd'hui, le débat, il est sur les revendications lycéennes,
11:05le 8h-18h, le parcours sup, et on pourra étendre le débat un peu plus loin, si vous le souhaitez.
11:09Je ne pense pas qu'il faille brûler son lycée pour obtenir des changements.
11:12Et c'est ce que je disais il y a quelques minutes.
11:14Non, non, je ne dis pas que vous l'avez dit, je dis juste que c'est ma position.
11:17Merci.
11:18Mais là, ce que je suis en train de dire, c'est qu'il y a une minorité peut-être
11:22de votre mouvement.
11:23Minorité, je n'en sais rien si elle est vraiment minoritaire
11:25quand on voit tout ce qui se passe depuis une semaine.
11:26Mais il y a des lycées qui ont été brûlés,
11:28et en fait, des lycéens qui ne pourront plus aller en cours pendant des semaines,
11:31voire des mois.
11:31Je pense au lycée de Nantes, Nelson Mandela.
11:33Et moi, en fait, je pense à tous ces lycéens qui avaient peut-être juste envie de manifester dans le
11:37calme,
11:38et à ces petits perturbateurs qui ont décidé de brûler leur lycée alors que c'était un lycée flambant neuf.
11:42Je pense aussi aux tout premiers lycéens qui ont manifesté
11:45et à qui on ne donne plus la parole aujourd'hui.
11:47Vraiment, il faut le dire.
11:48Je pense aux gros oubliés des milieux ruraux.
11:52Moi, je viens de la campagne.
11:54J'entends le 8h-18h qui est très fatigant.
11:56Je partage ce constat avec vous.
11:58Soyez-en rassurés.
11:59Par contre, quand j'entends effectivement le gouvernement ou Gabriel Attal nous dire
12:03« Voilà, on pourra faire commencer les cours plus tard »,
12:05en fait, il faut se rendre compte que pour les gens des milieux ruraux,
12:08ça ne sera pas forcément possible parce qu'on dépend d'un ramassage scolaire
12:10qui est souvent régional ou départemental.
12:12Vous ne pensez pas que si on fait commencer les cours plus tard ?
12:14Ne me coupez pas la parole, s'il vous plaît.
12:15Non, non, mais je finis juste mon propos comme ça, vous pourrez me répondre.
12:19Mais moi, je dépendais d'un ramassage scolaire régional, voire départemental,
12:22où j'avais des collégiens, des lycéens dans mon bus.
12:24Je prenais le bus à 6h20, je rentrais, il était plus de 19h.
12:27C'était très fatigant, j'ai même fini en internat.
12:29Malheureusement, nous, on n'a pas des transports en commun toutes les 10 minutes
12:31et on ne pourra pas changer des transports en commun régionaux.
12:35Ça veut dire qu'il y aura une minorité ou peut-être une majorité, je ne sais pas,
12:37mais favorisées et l'autre qui devra continuer à faire du 8h-18h,
12:40parfois les employés temps bourrés.
12:42Donc une forme d'injustice, au contraire, qui serait actée.
12:45Qu'est-ce que vous répondez à cela ?
12:46Il y a deux aspects dans ce qu'elle dit qui est plutôt intéressant.
12:50Il y a une question très concrète, le ramassage.
12:52Mais vous savez que si on fait commencer tous les cours une heure plus tard,
12:54ce ne sera pas compliqué de changer l'heure de ramassage de tous les bus une heure plus tard.
12:58Et par ailleurs, dans ce que vous dites, il y a une manière aussi de diviser
13:02entre les premiers qui étaient dans ce mouvement, ceux qui y sont aujourd'hui,
13:05les ruraux, la banlieue, les villes, etc.
13:07Mais les lycéens, à chaque fois qu'ils se mobilisent,
13:10et c'est très intéressant ce que vous dites en zone rurale,
13:12dans des lycées professionnels qui, auparavant,
13:14d'expérience de syndicalistes lycéens, n'étaient pas du tout des lycées mobilisés, etc.
13:19Tous sont rentrés dans ce mouvement-là, et tous avec un seul mot d'ordre,
13:22qui est celui de la solidarité, où justement on n'essaie pas de...
13:25Ce n'est pas vrai, pas tous.
13:26Est-ce qu'on a déjà eu un nombre de lycées aussi important bloqués dans notre histoire récente,
13:30et une diversité de lycées ?
13:31Est-ce que vous savez le nombre de lycées qu'il y a en France ?
13:33C'est quoi, plus de 3 000 ?
13:35Et le nombre de lycées bloqués ?
13:36La semaine dernière, on était quand même de nombre de lycées à l'arrêt,
13:40soit certains qui ont été fermés parce qu'ils avaient été bloqués avant,
13:42soit ceux qui ont été bloqués, on était à à peu près 2 000.
13:45C'est un chiffre qui n'a même pas été contesté par le ministère.
13:48Et aujourd'hui, c'est beaucoup plus fort.
13:49On est à 200.
13:50Donc cette solidarité, elle s'étend pas...
13:52Si, si, si, c'est les chiffres.
13:53Cette solidarité, en fait, elle n'est pas...
13:55Mais oui, mais je suis désolée, moi je vous le dis,
13:57il y a des gens qui partagent vos revendications.
13:59Je confirme que les chiffres aujourd'hui de lycées touchés par le mouvement
14:02sont vraiment...
14:03Le ministère de l'Intérieur lui-même a parlé de 30 000 lycéens devant les lycées.
14:07Pour 200 blocages, pour 200 blocages, 30 000 personnes sur 200 blocages.
14:12Mais au-delà, il n'y a pas que des lycées inquiétés dans le mouvement.
14:15Merci, il y a beaucoup d'étudiants des milieux universitaires.
14:17Il n'y a pas que des...
14:17Je vous pose les questions.
14:18Il y a 200 blocages avec 30 000 personnes.
14:20Oui, ça reste quand même un mouvement d'ampleur.
14:21Si on veut être juste...
14:22Non, non, ça a baissé.
14:23Si on veut être juste, ça a commencé dans un lycée rural.
14:25Pardon, ça a commencé dans un lycée rural à Mayotte.
14:28À la fin du mois d'août, un lycée, le lycée polyvalent du nord de Mayotte,
14:31qui est un lycée rural qui a commencé le blocus.
14:32Et dans les Outre-mer, parce que la ruralité ne s'arrête pas à l'Hexagone,
14:36il y a de nombreux lycées qui sont aussi bloqués par des personnes qui sont en milieu rural.
14:39Donc, il faut quand même être juste et rendre à ceux qui ont commencé la mobilisation
14:42le fait qu'ils l'ont commencé.
14:44Je suis tout à fait d'accord.
14:44Ce que je veux juste dire aujourd'hui, c'est que devant les lycées,
14:47vous voyez même des universitaires.
14:48Moi, j'en côtoie en fait des bloqueurs qui sont des bloqueurs réguliers
14:52depuis 4 ou 5 ans, qui se sont tous mobilisés devant le lycée Magendie à Bordeaux.
14:58Il devait y avoir quoi ? Je pense 200 lycéens et peut-être 300 ou 400 étudiants.
15:03Donc, je suis désolée, mais dire que tous les lycées sont solidaires,
15:06malheureusement, ce n'est pas la vérité.
15:07Pas solidaires des blocus.
15:08Tous les lycées peuvent peut-être être solidaires des revendications.
15:10On l'entend, 8h, 18h, le passe poursuivre.
15:12Les blocus, ça reste interdit normalement, mais bon.
15:13Tout à fait, je suis imprécié que ça reste illégal.
15:15Le nombre de lycées qui ont été mobilisés, vous osez dire que ce n'est pas un mouvement lycéen
15:18d'une ampleur incroyable ?
15:19Comment vous pouvez ne pas le voir ?
15:20Je n'ai pas dit que ce n'était pas d'une ampleur incroyable.
15:22Non, non, je n'ai pas dit ça.
15:23J'ai dit que tous les lycées ne participez pas à vos méthodes
15:27et que vous ne représentez pas du tout tout le monde.
15:29Mais vous non plus.
15:30Je ne l'ai jamais dit.
15:31Je n'ai jamais eu cette prétention.
15:33La question, c'est est-ce qu'on entend aujourd'hui suffisamment dans le débat public
15:37qui est le nôtre, la parole de ceux qui veulent aussi tout simplement ne pas bloquer
15:41et travailler ?
15:42Je note que cette parole, mais d'ailleurs, vous savez, par exemple, le GUD a été fondé
15:47par des gens qui, justement, voulaient s'opposer au blocage, débloquer les facs, etc.
15:49En général, la parole qu'on entend...
15:51La réponse, elle est assez...
15:54Vous allez voir sur ce...
15:55Le GUD n'existe plus aujourd'hui ?
15:56Aujourd'hui, quand même...
15:57Il existe encore.
15:58Mais en tout cas, je peux vous dire que cette parole-là,
16:02cette parole anti-blocage qui s'exprime médiatiquement,
16:04elle ne vient pas de n'importe où.
16:06Elle vient quand même d'un certain secteur politique et militant.
16:09Je suis une descendante du GUD, c'est ça ?
16:12Le salut nazi, c'est proche du GUD.
16:13C'est ce qui est pratiqué dans votre organisation, mais je ne vous l'aime pas.
16:16Vous voyez, Sonia, quand nous nous sommes mis au téléphone ce matin,
16:17je vous l'avais dit, vous voyez la différence entre vous et moi ?
16:20Vous étiez partisan de l'Union syndicale lycéenne,
16:22qui ne cache plus sa proximité avec la France insoumise.
16:24Dans mon organisation, quand il y a eu des débordements,
16:27ils ont été virés manu militari en moins de 24 heures.
16:29Votre parti politique...
16:30Tous les salut nazis qui ont été faits...
16:31Non, mais là, on n'est pas sur ce débat.
16:32Vous parlez d'une ancienne organisation, il y a eu des salut nazis à l'intérieur ?
16:35Laissez-moi terminer.
16:36Il y a eu des salut nazis à l'intérieur ?
16:37Laissez-moi terminer, mais merci.
16:38Je termine juste mon propos.
16:40Vous appartenez à un parti politique, littéralement ?
16:42Non, mais vous ne l'assumez pas, mais vous inquiétez pas.
16:43On connaît vos accords insoumises.
16:44N'affirmez pas des choses qui ne sont fausses.
16:45Laissez-moi terminer.
16:46Je n'y appartiens pas.
16:48Laissez-moi terminer.
16:49Aujourd'hui, vous faites le porte-parole d'une minorité
16:51qui est très partisane de la France insoumise,
16:53qui, je le rappelle, publie des caricatures ouvertement antisémites
16:55et qui multiplie le débordement antisémite.
16:56Je n'ai aucune leçon à recevoir de votre part.
16:59Et je pense que les téléspectateurs attendent un petit peu mieux de vous.
17:02Vous avez su le montrer par vos précédents passages télé.
17:04J'ai rappelé un fait.
17:04Et là, on parle du mouvement lycéen.
17:12Non, non, je peux vous dire quelque chose.
17:14Moi, je ne vais pas ausculter les reins et les cœurs de chacun
17:16pour savoir quel bulletin vous...
17:18Moi, ce qui m'intéresse aujourd'hui, vraiment,
17:20aujourd'hui, parce qu'il y a deux visages emblématiques
17:23et qu'on respecte, je trouve que vous portez chacun de votre côté.
17:26Vraiment, il y a un parcours.
17:27On sent des aspérités, des convictions, peut-être partisanes, je ne sais pas.
17:32Mais ce qui m'intéresse, c'est quelle société vous voulez.
17:34Si demain, vous étiez aux responsabilités, quelle école vous voudriez ?
17:37Qu'est-ce que vous, vous proposeriez ?
17:39Vous me dites, vous annulez, vous supprimez par cours sucre.
17:41Moi, je veux savoir, par quoi vous le remplacez ?
17:43Et est-ce que, par exemple, la sélection est un mot tabou pour vous ?
17:46C'est ça que j'ai envie de savoir.
17:47C'est ça que vous devriez...
17:48Enfin, que vous incarnez pour vous.
17:49La sélection, ce n'est pas une question qu'on a réglée sur un point de vue moral.
17:52Il y a toujours eu des filières qui étaient sélectives, etc.
17:55Et, en vérité, je ne sais pas qui met ça en débat aujourd'hui.
17:57La question véritable, c'est que, depuis des dizaines et des dizaines d'années,
18:02on investit de moins en moins dans l'enseignement supérieur.
18:04Et il y a une période où on ouvrait des facultés par dizaines et par dizaines.
18:08Et, maintenant, depuis deux décennies, disons, tous les sept ans,
18:11l'université, l'enseignement supérieur accueille l'équivalent d'une université tous les sept ans.
18:15Donc, la sélection instaurée par Parcoursup, parce que Parcoursup n'est que ça.
18:19Ça n'est que le véhicule de la sélection et le moyen pour chaque formation d'opérer une sélection,
18:25là où avant d'autres ne pouvaient pas le faire.
18:26Si on attendait à 5h du matin devant les facs, c'était une autre forme de sélection.
18:30Mais c'était aussi une forme de sélection qui était, d'une certaine façon, premier arrivé, premier servi.
18:33Mais avant l'heure...
18:34Vous pourriez ajouter, Arthur, qu'avant et après, entre les deux, il y a eu le tirage au sort.
18:38Absolument.
18:39Il y a un biais ultra-minoritaire, éteigné en avant par les partisans de Parcoursup.
18:42Mais ça a quand même existé.
18:43Avant la mise en place de Parcoursup, il y a eu du tirage au sort, pour le veuille ou non.
18:47Je ne sais pas si c'était le bon système.
18:48Je ne sais pas si Parcoursup...
18:49Je ne sais pas si Parcoursup est le bon système, mais c'est un système, il en faut bien...
18:53Si là, vous aviez une baguette magique, imaginons, là, tout de suite, vous êtes aux responsabilités.
18:57Je ne sais pas si il faut vous le souhaiter un jour, vu l'état de la France et de
19:00ce qui se passe.
19:00Mais qu'est-ce que vous proposeriez pour qu'enfin, il n'y ait plus ce sentiment d'injustice, d
19:04'angoisse ?
19:05C'est vrai, pour les parents et pour, évidemment, les lycéens.
19:08Il faut, à propos de Parcoursup, et c'est quelque chose qui a été mis sur la table et qui
19:12n'est jamais entendu,
19:13il faut ouvrir des dizaines de milliers de places,
19:16opérer une sectorisation des voeux dans certains endroits,
19:18qui permettrait que, quand on a son bac, et qu'on souhaite aller, je ne sais pas, en droit,
19:23on a garanti une licence en droit.
19:24Et vous savez que c'est le principe même d'une licence, normalement, d'être garanti quand on a le
19:28bac.
19:28Et le problème, aujourd'hui, de Parcoursup, c'est qu'il instaure la possibilité pour toutes les formations,
19:33même celles qui ne sont pas censées être sélectives, de sélectionner,
19:35parce que le problème fondamental, c'est celui de l'inadéquation
19:38entre le nombre de lycéens qui souhaitent entrer à l'université
19:41et tout simplement le nombre de places à l'université.
19:43Donc, si c'est un problème qu'on veut régler, on le règle à ce niveau-là.
19:45On ne raconte pas des histoires de « on supprime cette plateforme et demain, tout ira bien ».
19:49Ce n'est pas du tout le sujet.
19:50Et on a des solutions qui sont assez claires.
19:52Mais bien sûr, ça demande de mettre l'argent sur la table.
19:54Et ça, on ne va pas le gagner n'importe quel moment.
19:56J'ai une question et après je déroulerai mon propos,
19:58mais on abroge Parcoursup, pourquoi, du coup, on va vers quoi ?
20:00C'est une vraie question.
20:01Je viens de vous le dire, une plateforme avec une centralisation des voeux,
20:05la possibilité de mettre des voeux divers...
20:06Donc, plus de sélection.
20:07Mais attendez, je suis en train de vous répondre.
20:08Non, non, mais c'est une question.
20:11Donc, on va vers beaucoup moins de sélection,
20:13même si la sélection aujourd'hui n'est pas très grande non plus.
20:15La sélection n'est pas très grande sur Parcoursup.
20:16Mais en fait, quand vous voyez que sur Parcoursup,
20:18vous pouvez envoyer une recette de pâte à crêpes écrite en russe
20:21et que vous êtes quand même accepté en filière,
20:22je me pose des questions sur la sélection.
20:24Et la sélection ne se fait pas sur les lettres de motivation, très majoritairement.
20:27Ce que vous dites déjà n'est pas vrai.
20:29Elle se fait sur les notes.
20:30Elle se fait sur un critère quantitatif, de manière générale.
20:33Quelques formations sélectionnent sur les lettres de motivation,
20:35mais la plupart fonctionnent sur les notes.
20:39Juste, on va parler chiffres un petit peu, parce qu'il en faut.
20:42Est-ce que vous connaissez le taux d'échec en licence,
20:44en première année de licence ?
20:46Je ne sais pas, ça doit dépendre d'un tiers, deux tiers.
20:49Beaucoup plus, 57%.
20:50C'est-à-dire que si on abroge Parcoursup et qu'on enlève toute sélection,
20:53vous envoyez des milliers d'étudiants à l'abattoir.
20:56On pourrait faire une parenthèse santé mentale.
20:58Carrément à l'abattoir.
21:00Juste avant que vous me permettez,
21:01si vous me permettez, avant Parcoursup,
21:03c'est-à-dire les chiffres d'échec en première année de fac,
21:07que c'était 67% avant Parcoursup.
21:09Je veux dire que Parcoursup, ce n'est pas génial,
21:11mais ça a ramené le taux d'échec à 5% d'excuser.
21:13Je ne dis pas que c'est bien, mais je donne des faits.
21:16C'est extrêmement dur, en fait, déjà, de rater une année scolaire.
21:20De rater une année scolaire, c'est dur, ça plombe le moral.
21:22Quand vous voyez vos amis passer en L2,
21:23et puis vous, vous vous rendez compte que vous avez des rattrapages,
21:26ou alors même, vous n'êtes même pas sélectionné pour les rattrapages,
21:28vous devez tout retaper, etc.
21:30À côté de ça, vous envoyez des milliers d'étudiants
21:32dans des filières qui sont complètement bouchées.
21:34On prend énormément de retard sur l'IA.
21:36Les autres pays, à côté, ils ne nous attendent pas sur ces sujets-là.
21:39Mais ne rigolez pas, c'est vrai.
21:39Mais ce n'est pas l'IA et Parcoursup, je veux dire.
21:41Non, non, mais je dis juste qu'on envoie des milliers d'étudiants
21:44dans des filières totalement bouchées,
21:45alors qu'il y a d'autres domaines qui pourraient être très intéressants
21:47sur lesquels on prend énormément de retard,
21:49comme l'intelligence artificielle.
21:50À côté de ça, on a tout simplement le fait de vouloir abroger Parcoursup
21:54sans réelle solution derrière.
21:56Et aujourd'hui, le bac, Gabriel Attal me l'a même avoué
21:58en débat chez vos confrères LCI,
22:00où il y a eu vraiment des notes extrêmement gonflées
22:03pour donner le bac à ceux qui...
22:05Ce n'est pas une révélation, tout le monde le savait,
22:06mais il faut que vous puissiez par le direment,
22:09c'est moins de gens au niveau du bac et moins de gens dans le supérieur.
22:11Ce n'est pas vrai.
22:11Non, non, je dis juste que le bac, ce n'est pas qu'un diplôme de papier.
22:14Une licence, un examen, un diplôme n'est pas un diplôme de papier.
22:18Il faut avoir les notes qui justifient le fait que vous avez ce diplôme.
22:21Le bac, c'est le premier vrai diplôme
22:23dans la vie d'un étudiant, dans la vie d'un lycéen.
22:25Que Parcoursup dévalorise totalement
22:27puisqu'il sélectionne avant le bac.
22:28Si dans votre logique, on veut justement revaloriser le bac,
22:31il faut enlever Parcoursup.
22:32Non, je ne dis pas qu'il faut enlever Parcoursup.
22:34Je dis juste qu'il y a un calendrier de Parcoursup à revoir.
22:36D'ailleurs, on pourrait être d'accord sur une des deux choses,
22:38le calendrier Parcoursup.
22:40Quand aujourd'hui, vous faites vos demandes, vos voeux Parcoursup,
22:42que vous êtes sur l'île d'attente,
22:43déjà c'est une période extrêmement angoissante pour l'étudiant,
22:46extrêmement angoissante pour les parents,
22:47et vous avez des étudiants qui sont acceptés fin juillet,
22:49voire peut-être début août,
22:50et vous vous retrouvez dans des grandes villes comme Bordeaux
22:53où il y a une explosion de demandes de logements
22:56et en fait, vous ne pouvez pas vous loger
22:57et c'est terminé pour vous.
22:58Donc, il y a des choses effectivement à modifier dans Parcoursup,
23:00mais désolé, je ne partage pas vos propositions,
23:02je ne veux pas abroger Parcoursup.
23:03Bon, ça, de toute façon, que vous ne partagez pas les mêmes visions.
23:05Moi, je veux comprendre quelque chose
23:06et aussi vos visions de la société, de l'école, de l'avenir.
23:10Il y a quand même une angoisse chez une partie de la jeunesse
23:12et je suis étonnée de voir,
23:13quelle que soit la couleur du gouvernement,
23:15c'est une plateforme, un numéro vert,
23:19une démocratie interne,
23:21ça vous fait sourire les deux,
23:22c'est peut-être la seule chose qui...
23:24Des solutions, en fait, qui ne demandent ni argent sur la table
23:26et qui sont simplement des petits aménagements.
23:28Mais s'il y a une si grande angoisse,
23:29comment on peut répondre par...
23:30Parfois, je l'ai dit, c'est le grenelle du pauvre.
23:32Alors, les 3 000 professeurs, c'est pas mal, hein ?
23:36Je ne sais pas où ils étaient.
23:37On se demande aussi d'où ils sortent, ces 3 000 professeurs.
23:39On se demande d'où ils sortent, ces 3 000 professeurs.
23:40On se demande d'où ils sortent.
23:40Mais comment vous expliquez...
23:41C'est les emploisants habituels, en fait.
23:42Comment vous expliquez,
23:43quelle que soit la manière dont vous prenez le mouvement par le bout,
23:47comment vous expliquez aujourd'hui
23:48que vous ne soyez pas véritablement entendus ?
23:52Comment vous l'expliquez ?
23:53Que ce soit vous, Louise Montangon,
23:54ou d'ailleurs par une partie des militants,
23:56et je pense une partie du gouvernement,
23:58qui se dit, formidable,
24:00elle est pour l'ordre, etc., mais pas plus.
24:03Et vous, Manès Nadel,
24:04avec quand même des revendications aussi,
24:06et on vous dit, non mais voilà,
24:07voilà ce qu'on peut vous proposer.
24:08À l'école, c'est une convention citoyenne, au final.
24:11Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?
24:12On refuse de faire des choix politiques
24:14pour simplement donner des solutions de papier.
24:16Mais ce que je veux dire, c'est quand même que,
24:17Madame, en proposant simplement un décalage de calendrier, par exemple...
24:20Je ne propose pas que ça.
24:21Non mais d'accord, mais en mettant en avant cette mesure,
24:24en fait, on retourne dans cette logique
24:26des petits aménagements, plus de transparence,
24:28changer la plateforme, etc.
24:29Mais ça, le gouvernement le fait déjà,
24:30depuis quelques années, depuis que Parcoursup est là.
24:32Le problème, c'est un problème de fond.
24:34Pas assez de place, et trop, entre guillemets, d'étudiants.
24:37Le résultat, c'est 110 000 étudiants sur le carreau cette année.
24:39Mais ça, il y a une seule manière d'y répondre.
24:42Ça ne sert à rien d'en passer par des solutions diverses et variées.
24:44Il faut en passer par plus de place.
24:46Et ça veut dire mettre de l'argent sur la table.
24:48Mais j'ai une question à vous poser à tous les deux.
24:49Est-ce que...
24:50Parce que, bon, voilà, je sais bien que les mouvements comme ça démarrent
24:53et il n'y a pas de calcul.
24:55Là-dessus, on sera d'accord.
24:56Mais est-ce que, objectivement, ce gouvernement a les moyens
24:59de répondre à ce que vous dites ?
25:01Et vous, M. Madel, à ce que vous vous dites aussi ?
25:04C'est-à-dire que le timing ne permet pas de dégager des solutions
25:10comme vous, vous les revendiquez.
25:12Et vous aussi, est-ce que, finalement, ce débat,
25:14ce n'est pas en avril, en avril de 2027 ?
25:17Effectivement, ce n'est pas une question de timing.
25:19C'est surtout, je pense, une question...
25:20D'opportunité politique.
25:21D'opportunité politique, peut-être, mais aussi d'argent, en fait.
25:23Parce que quand vous voulez beaucoup plus de place à l'université, etc.,
25:26quand on prend aussi le taux d'échec, 57%,
25:28il faut quand même s'en rappeler.
25:29Je tiens à préciser, et je vous pose la question,
25:31est-ce que vous savez combien un étudiant coûte à l'État, en licence ?
25:34Combien est-ce que moi, je coûte, par exemple, à l'État ?
25:35Vous ne faites pas ça d'examen, là ?
25:37Non, mais on est autour des 13 000 euros.
25:39Non, mais parce que c'est important de le savoir, franchement.
25:40C'est important, quand on a des revendications,
25:42de connaître son sujet, quand même.
25:44Je coûte, moi, 13 000 euros à l'État.
25:47Et donc, comment vous faites pour ouvrir
25:49à des centaines de milliers d'autres places
25:51quand l'État n'a déjà plus d'argent ?
25:52Et que, je rajoute, tous les ans,
25:55les étudiants d'extrême-gauche,
25:56parce qu'il faut les appeler comme ça,
25:57je sais que vous n'aimez pas ça, mais c'est la vérité.
25:59Et là, je ne parle pas de la France insoumise,
26:00mais plutôt des marxistes, trotkistes et révolutionnaires
26:02du Point Levé, de l'UNEF et de l'ATSE.
26:04Ça vous a marqué, ça, apparemment.
26:05Ah oui, vous savez, en fait,
26:06quand vous êtes privé de faculté pendant des mois,
26:09effectivement, ça marque.
26:10Et je ne suis pas la seule à le penser.
26:11Donc, quand eux saccagent leur université,
26:13quand, à l'université de Bordeaux, la Victoire,
26:15en quelques semaines de blocage,
26:16on a 1,5...
26:18Non, mais attends, non, je ne dis pas ça.
26:19Laissez-moi terminer.
26:20J'ai le respect de vous laisser terminer,
26:22si je vous plaît, laissez-moi terminer.
26:24Non, mais pas quand vous faites un propos comme ça.
26:26Je vous demande juste de me laisser terminer.
26:27Donc, à l'université de la Victoire, à Bordeaux,
26:30en quelques jours, quelques semaines de blocage,
26:31on est à 1,5 million d'euros de réparation.
26:34Laissez-moi terminer.
26:35Non, non, non.
26:36Je finis mon propos.
26:38Mais c'est un débat.
26:39Oui, parce que là, c'est une faculté.
26:41Et aujourd'hui...
26:42Mais non, mais là, ce n'est pas une solution.
26:43Non, non, ce n'est pas une solution.
26:44C'est un constat.
26:45Il y a des centaines, enfin des dizaines de facs
26:48dans cette situation.
26:49Mais...
26:49Et vous le savez très bien.
26:50Quelle solution, justement ?
26:51Quelle solution ?
26:52Mais moi, je vais vous la proposer, la solution.
26:53Déjà, tu casses, tu bloques, tu bloques,
26:55tu es exclu, tu casses, tu payes.
26:57Déjà, ça.
26:57Et les universités seraient moins en déficit
26:59si vous n'étiez pas en train de tout casser tous les ans.
27:01La réponse de Manas Nadel.
27:02À quoi ?
27:03À un principe qui, pour certains,
27:06qui paraît clair,
27:07mais peut-être que vous le dénoncez.
27:08C'est-à-dire, tu casses, tu bloques, tu répars.
27:11La fac de l'an, par exemple.
27:12La fac de l'an, par exemple.
27:12Donc alors, reprenons le fil de notre discussion.
27:15On était sur la question de pourquoi
27:16est-ce qu'il n'y a pas assez de place dans l'enseignement supérieur.
27:19Parce qu'il manque d'argent, lui, quand même.
27:20Madame, vous voyez, vous m'interrompez encore.
27:21On le fait tous les deux, je suis désolée.
27:23Très bien, je vais continuer alors.
27:25On était sur la discussion de pourquoi
27:27il manque d'argent dans le supérieur.
27:28Et madame met en avant la question des dégradations
27:29en disant peut-être une solution
27:31serait de faire payer ceux qui cassent.
27:33Vous savez qu'il y a un droit en France.
27:34Vous savez qu'en France, quand on commet des dégradations,
27:36on est déjà condamné, et parfois de manière très lourde.
27:39Donc c'est quoi votre solution ?
27:40Quelle est votre solution ?
27:41On exclut ceux qui bloquent,
27:43et comme ça, on va trouver de l'argent ?
27:45Vous voyez, vous partez à côté,
27:46on n'est plus sur le débat budgétaire,
27:48on retourne sur les violences.
27:49Je veux simplement préciser les choses.
27:51Il y a, quoi qu'on en pense,
27:52un débat, quand vous voyez la facture,
27:54rien qu'en Ile-de-France, qui se monte à 8,5 millions d'euros,
27:57il y a une facture qui va rester, malgré tout.
28:00On peut la déplorer quand même
28:01au moment où on cherche de l'argent.
28:03Je ne dis pas que c'est directement lié.
28:05Je dis qu'il y a une facture en Ile-de-France
28:06qui est à 8,5 millions d'euros,
28:08que sur le plan national, elle est à 30 millions d'euros,
28:11qu'il y a beaucoup de régions qui gèrent les lycées
28:12et qui ne savent pas comment ils vont faire.
28:14La question, c'est à qui vous...
28:15Lundi matin ou dans deux semaines,
28:17à qui vous apportez la facture ?
28:19Aux Français.
28:19C'est aux Français qui se lèvent à 5h du matin
28:21pour gagner une misère.
28:22Aux Français qui soutiennent majoritairement
28:23ce mouvement, pour l'instant.
28:24Mais ce n'est pas parce qu'ils soutiennent
28:25qu'ils ont envie de payer, en fait.
28:27Moi, je suis désolée, je pense à mes parents,
28:28en fait, ils n'ont pas envie de payer pour ça.
28:30Vous voyez ?
28:30Est-ce que vous le comprenez, ça, peut-être ?
28:32Ce que je comprends très bien,
28:33c'est qu'effectivement,
28:34cette question de la violence
28:35que vous avez ramenée sur le tapis
28:36pour ne plus parler de la question budgétaire...
28:37Mais parce qu'aujourd'hui,
28:38la violence est majoritaire.
28:39Vous avez laissé le termine.
28:40C'est fou.
28:42La plupart des blocus de lycée
28:43se passent sans aucune dégradation
28:44de même de bien.
28:45Ce n'est plus un mouvement lycéen ?
28:46C'est quoi, alors ?
28:47Vous changez sur le cas.
28:48Ce n'est plus un mouvement lycéen.
28:49Vous voyez ?
28:50Vous passez d'un sujet à l'autre.
28:51On n'a pas parlé des choses.
28:52On appelle ça un mouvement lycéen,
28:53mais pour moi, ce mouvement est littéralement...
28:55Et là, je vous demandais juste
28:56un tout petit peu de concentration
28:57pour me laisser terminer.
28:58C'est vous qui orientez cet entretien
28:59en passant d'un sujet
28:59à un autre qui n'a rien à voir.
29:02Mais j'ai la parole.
29:03En fait, il n'a pas terminé.
29:03Vous avez pas parlé de moi.
29:07On peut aussi poser la question
29:11des violences légitimes aussi.
29:14Justement, vous revenez sur les violences
29:15alors qu'on parlait des questions budgétaires
29:17qui se comptent en dizaines de milliards.
29:18Si on veut mettre tous les lycées
29:20à la norme, simplement à la norme
29:21à laquelle on construit les lycées aujourd'hui,
29:23vous savez combien c'est ?
29:23Puisqu'on fait des quiz apparemment.
29:24Dites-moi, vu que vous avez l'air de le savoir.
29:26Et vous les trouvez où, les 30 milliards ?
29:28Vous pensez qu'il part tous les 190 milliards
29:30d'aides aux entreprises chaque année ?
29:32Qu'on augmente année après année ?
29:33Voilà, on y vient.
29:34Non, mais alors là, au moins,
29:35on est sur la question budgétaire.
29:37C'est des choix politiques.
29:38Vous dites que vous défendez l'enseignement,
29:40vous défendez des conditions d'études dignes.
29:41Je vous ai entendu le dire.
29:42Et c'est là que votre discours est intéressant.
29:44Vous n'êtes pas simplement sur la question des violences
29:46que vous ramenez assez souvent.
29:48Vous êtes aussi sur le fait de dire
29:49oui, effectivement, le 8h-18h,
29:51les questions de conditions dignes, etc.,
29:54elles sont intéressantes.
29:55Alors vous, comment vous comptez améliorer
29:58les conditions des étudiants et des lycéens
29:59sans mettre à aucun moment de l'argent sur la table
30:01et sans donner plus d'argent
30:03chaque année dans l'éducation ?
30:04Écoutez, je ne suis pas ministre de l'économie
30:06et je n'ai pas dit que je n'avais aucune solution
30:07ou alors qu'il ne fallait pas redonner de l'argent.
30:09En l'instant, la seule solution,
30:09c'est d'exclure les bloqueurs.
30:11Eh bien oui, je pense qu'on est un grand nombre
30:12aussi en France à partager ça.
30:14Vous voyez, quand vous faites votre entrée scolaire en L1,
30:16qu'il y a un L2 qui bloque la fac
30:17et que vous passez en M1
30:18et que cette personne est toujours en L2
30:20et qu'elle bloque toujours votre fac,
30:21oui, vous avez un peu envie
30:22que ces bloqueurs soient exclus.
30:24Parce que généralement,
30:24quand une fac est bloquée,
30:25ce n'est pas vraiment les étudiants...
30:27Oui, mais vous me posez une autre question,
30:29soyez de bonne foi.
30:30Non, ce n'est pas du tout la question
30:31que vous avez posée.
30:33Comment on améliore les conditions d'éducation
30:35sans mettre l'argent sur la table ?
30:36Vous êtes passé un débat très politique
30:38parce que vous, vous pensez,
30:39Manet Sondel,
30:39que cet argent, il faut le trouver,
30:41qu'il faut aller le chercher
30:42puisque vous estimez
30:42que ça n'a pas été légitime
30:44quand on a aidé les entreprises.
30:46C'est ce que vous dites.
30:48Majoritairement.
30:49Louise Montangon pense
30:50que quand il y a une facture
30:51et parce qu'il y a des violences,
30:52il faut faire payer ceux qui cassent.
30:54Donc, il y a aussi
30:55une partie de l'argent
30:56qui peut être récupérée.
30:57Donc, c'est deux visions
30:58de la société et du sujet.
31:00Arthur Verda.
31:00Je peux vous poser une question,
31:01Manet Sondel.
31:01Vous reprochiez à Louise Montangon
31:03de passer d'un sujet à l'autre,
31:05des violences aux lycéens...
31:06De détourner le sujet du budget
31:07pour aller sur les violences.
31:09Est-ce qu'il faut comprendre
31:10que vous regrettez d'une certaine façon
31:12le choix qui a été fait aujourd'hui
31:13par certains de vos camarades manifestants
31:14de se joindre au mouvement
31:16prévu ce samedi 17 octobre ?
31:18C'est-à-dire celui qui vise
31:19notamment à ressusciter
31:20un petit peu les gilets jaunes.
31:22Et donc, vous craignez
31:23d'être d'une certaine façon
31:25dilué dans un mouvement
31:26qui va être bien plus large
31:27que vos revendications
31:28et donc d'être invisibilisé
31:30d'une certaine façon.
31:31Est-ce que vous regrettez
31:32ce choix qu'ont fait
31:32vos camarades manifestants ?
31:34Non, ce que je regrette,
31:35c'est qu'on essaye de...
31:36Parce que là, les sujets vont changer aussi.
31:37Non, mais ce que je regrette,
31:38c'est que vous posez la question
31:39sur cet angle-là.
31:39Alors que ce qui est quand même remarquable,
31:41c'est que depuis trois semaines,
31:42on est parti de revendications
31:45effectivement extrêmement diffuses
31:46et peut-être pas très compréhensibles
31:47au départ d'un point de vue,
31:48si on se place en surplomb
31:49d'un point de vue national
31:50et qu'aujourd'hui,
31:51on est arrivé à des choses très claires.
31:52Et d'ailleurs, on en parle.
31:52On parle de Parcoursup,
31:54on parle de 8h-18h,
31:55on parle du bâti.
31:56Et c'est quand même intéressant.
31:57Et donc ça, ces revendications,
31:58on peut se mêler
31:59à un mouvement plus global
32:00qui porte d'ailleurs en fait
32:00sur la même question de fond.
32:02Que fait l'État ?
32:03Que fait la République
32:04avec ses enfants
32:05et avec ses citoyens
32:06à qui effectivement
32:07elle prélève de l'argent ?
32:08Et vous savez,
32:09ce n'est pas parce qu'on est de gauche
32:10qu'on pense que mettre
32:11des impôts très importants
32:12pour effectivement
32:13faire des aides aux entreprises...
32:15Vous allez totalement
32:15politiser votre mouvement
32:16en vous diluant
32:17avec les Gilets jaunes samedi.
32:20Mais vous disiez
32:21que les revendications
32:23étaient de plus en plus éparses
32:24en allant avec les Gilets jaunes
32:25et en fait non,
32:25c'est aussi une politisation.
32:27Les Gilets jaunes
32:27n'ont pas de ordre politique.
32:28Attendez, attendez,
32:29attendez, attendez.
32:30S'il vous plaît, attendez.
32:31S'il vous plaît, attendez.
32:31Arthur Bernard, Bruno Jody,
32:33Manet Sandal vous a dit
32:34qu'ils veulent qu'il y ait
32:36une conjonction d'élus.
32:38Voilà, une conjonction d'élus.
32:39Je crois que personne
32:40ne l'a caché de votre côté
32:42ni du côté de certains manifestants.
32:43Ni même de la CGT.
32:44Moi, la question quand même,
32:45je vais la poser quand même
32:46sur les violences.
32:47On parle des revendications,
32:48on va revenir sur le fond.
32:49Mais je sens que c'est important.
32:51On a des violences
32:52du côté des lycéens
32:53et ça, il faut évidemment
32:54le dénoncer, on le dit.
32:55On a des violences aussi
32:56à l'égard des forces de l'ordre
32:58et puis on entend de plus en plus
32:59des slogans hostiles à l'État.
33:01À l'État.
33:02Est-ce que vous estimez aujourd'hui
33:03qu'il y a la violence
33:04qui vient du côté de l'État ?
33:05C'est important d'avoir
33:06votre vision des choses.
33:07Est-ce que vous, vous estimez
33:08qu'il y a, je ne dis pas
33:10qu'il y a de violences légitimes,
33:11mais qu'il y a une réponse
33:12qui doit être apportée
33:13à la violence de l'État ?
33:14Et est-ce que de votre côté,
33:15l'État, vous dites non.
33:16À l'inverse, au contraire.
33:18L'État, il est là
33:19pour protéger les biens
33:20et l'intégrité physique
33:22et il n'y a rien à lui reprocher.
33:23J'aimerais vous entendre
33:23sur ces deux points.
33:24Ça serait mentir de dire
33:25qu'il n'y a rien à reprocher
33:26à l'État
33:27et ça serait mentir
33:28de dire qu'il n'y a rien
33:29à reprocher aux lycéens.
33:30Aujourd'hui, effectivement,
33:31on a pu observer des violences
33:32commises peut-être
33:33de la part de certains policiers.
33:35Moi, j'attends que les enquêtes
33:36de l'IGPN soient faites
33:37avant de me prononcer.
33:40À côté de ça, en fait,
33:41moi, je suis juste effarée
33:43de voir la liste
33:44qui ne fait que s'augmenter,
33:46mais on va juste faire
33:46un petit sting
33:47pour se rendre compte
33:48un peu où on en est aujourd'hui.
33:49147 personnels de l'éducation,
33:51je vous assure,
33:52là, ce n'est pas une question
33:52des violences,
33:53c'est une bascule.
33:54147 personnels de l'éducation.
33:55Il n'y a pas dans la violence.
33:56Non, non, pas bascule, je veux dire...
33:57Non, parce qu'il était violent.
33:58Il n'y a jamais eu un mouvement.
33:59Depuis deux semaines,
33:59on observe de moins en moins
34:00de dates, effectivement,
34:01totalement...
34:02Oui, mais là, on ne va pas
34:02s'en féliciter.
34:03Vous êtes d'accord ?
34:04147...
34:04On ne va pas s'en féliciter.
34:06On peut s'en féliciter.
34:07147 personnels de l'éducation
34:08en France ont été attaqués,
34:10ciblés, visés,
34:11vilipendés ou violentés.
34:13Quoi qu'on en pense,
34:13c'est une bascule
34:14dans une société.
34:15Donc, moi, je vous pose la question.
34:17Comment vous expliquez
34:18que ceux qui nous instruisent,
34:21ceux qui nous émancipent,
34:22ceux qui nous élèvent,
34:23soient attaqués ?
34:25Je pense que la violence,
34:27effectivement,
34:28qui a pu émaner de ce mouvement,
34:30elle vient du fait
34:31que les gens qui s'y sont investis
34:32sont ceux qui,
34:33dans cette société,
34:33souffrent le plus
34:34d'une violence silencieuse
34:36qui ne dit pas son nom,
34:38mais qui, en fait,
34:39tous les jours,
34:40mine la vie des gens.
34:41Et effectivement,
34:42c'est regrettable.
34:42Est-ce que ça justifie
34:43de taper des profs
34:44et viser des proviseurs ?
34:46Mais viser des proviseurs
34:47ou des professeurs,
34:48c'est tout à fait condamnable
34:50et ce n'est pas quelque chose
34:51qu'on peut souhaiter
34:52quand on est dans un mouvement lycéen.
34:53Non, mais c'est la première fois.
34:53Et je trouve que...
34:54Je ne sais pas si c'est la première fois.
34:55Si c'est la première fois
34:55que dans un mouvement de lycéens,
34:58croyez-moi,
34:58j'en ai vu quelques-uns,
34:59c'est la première fois
34:59qu'il y a autant de personnels
35:01de l'éducation
35:02qui sont visés par des violences
35:03et qui sont atteints dans leur chambre.
35:04C'est du jamais vu, oui.
35:05Et depuis deux semaines,
35:07on ne voit plus ces cas...
35:08Mais on ne va pas s'en féliciter,
35:09c'est juste normal.
35:10Et après, on s'étonne
35:11qu'il n'y a plus de professeurs.
35:12Ça n'arrive plus,
35:13c'est juste normal.
35:13Je ne comprends pas.
35:14En fait, c'est juste normal
35:15qu'il n'y ait pas de violence
35:15envers nos professeurs
35:16ou envers nos proviseurs.
35:17Je suis désolée,
35:18mais là, il n'y a plus aucun cadre.
35:19Qu'est-ce que ça veut dire normal ?
35:20C'est-à-dire normal,
35:21ça a existé,
35:22on essaye de l'expliquer.
35:23Mais non, c'est juste normal
35:23de ne pas frapper son prof,
35:24c'est juste normal
35:25de ne pas asperger son prof d'essence.
35:26Je suis désolée de vous le dire,
35:27mais il y a un moment donné...
35:28Est-ce que c'est normal
35:29de nasser les lycéens
35:30puisqu'on parle de la violence ?
35:31J'ai réprouvé cette violence-là.
35:32Non, ce n'est pas forcément normal.
35:34D'accord, mais je suis content
35:35d'entendre l'uni
35:35dire que les violences policières
35:36ne sont pas normales.
35:37Aujourd'hui, je suis désolée,
35:39mais on s'étonne
35:39qu'il manque des professeurs.
35:41Mais il y a eu une explosion
35:42des démissions des professeurs.
35:44Mais il faut se rendre compte aussi
35:45dans quel cadre
35:46ils travaillent, ces professeurs.
35:48Ils ne sont plus du tout respectés.
35:49Encore, il y a deux jours
35:50où c'était hier, à Aubagne,
35:51il y a un professeur
35:52et un proviseur
35:53qui se sont fait tirer dessus.
35:54Vous croyez que ça donne envie
35:55de travailler dans l'éducation nationale ?
35:56Bien sûr que non.
35:57Ça n'a rien à voir avec nous.
35:58Ça n'a aucun rapport avec le...
35:59Mais je ne dis pas que c'est un...
36:00Non, non, je sais,
36:01c'est un collège
36:02qu'on remette dans le contexte.
36:04Le ministre de l'Éducation nationale
36:06a dit un contexte de violence
36:07contre les professeurs.
36:08Voilà, mais ce n'est pas la première fois
36:09qu'on voit des professeurs touchés.
36:11Notamment, il y a eu pas mal
36:12de professeurs touchés à l'arme blanche.
36:14Et en fait, aujourd'hui,
36:15les professeurs sont extrêmement violentés
36:16dans ces mouvements lycéens.
36:18Je le déplore.
36:19Il y a aussi des proviseurs.
36:20Est-ce que vous pensez sincèrement
36:21que le professeur
36:22qui s'est fait tabasser à Toulouse,
36:24que la surveillante
36:24qui s'est fait tabasser à Annecy
36:26ou que le professeur
36:27qui s'est fait frapper à Lille
36:28a envie de retourner
36:29donner cours à ses étudiants ?
36:30Moi, je n'en suis pas si sûre
36:31et je les comprends.
36:32Et j'ai beaucoup de peine
36:33pour ceux qui avaient
36:33des vraies revendications
36:35et qui ne sont pas obligés d'utiliser.
36:37Mais vous rigolez ou quoi ?
36:39Au début du plateau,
36:39je vous l'ai dit
36:40que je partageais vos constats
36:41que l'8h, 18h,
36:42effectivement,
36:42ce n'était pas normal.
36:43Vos revendications, si vous voulez,
36:44ne jouez pas sur les mots.
36:45Je partage vos revendications.
36:46Non, mais c'est très différent
36:47parce qu'il y a des solutions
36:47qui sont apportées par ce mouvement
36:48et vous les rejetez.
36:50Vous les rejetez.
36:51Il faut le dire quand même.
36:52Arrêtez de faire croire
36:53que vous êtes dans la dénonciation
36:54et le fait qu'il faille apporter
36:55des solutions aux conditions
36:56d'éducation qui sont indignes.
36:57Vous avez dit
36:58qu'on ne peut pas trouver d'argent.
36:59On ne peut pas trouver d'argent.
37:00Et la solution,
37:01c'est des solutions sécuritaires.
37:10Ce n'est pas mettre de l'argent sur la table.
37:11Là, maintenant, tout de suite,
37:11c'est l'ordre
37:12et remettre de l'argent sur la table.
37:13Les deux ne sont pas antinomiques.
37:15Il faut remettre de l'argent sur la table.
37:16Les deux ne sont pas antinomiques.
37:17Comment on remet de l'argent sur la table ?
37:18Alors moi, déjà,
37:19pour moi, il faut couper, bam,
37:21toutes les subventions
37:22que les syndicats touchent
37:23et qui participent de près
37:25ou de loin au blocage.
37:25Mais vous rigolez,
37:25on parle de quelques millions, là.
37:27Mais quelques millions.
37:28Vous revenez sur le discours
37:28anti-syndical de l'extrême droite.
37:31Vous ajoutez ce million
37:32plus ce million
37:32plus ce million.
37:33Vous êtes une démagogie
37:35qui m'étonne.
37:36Arrêtez, s'il vous plaît.
37:37Non, non, mais...
37:37Alors là, des salu nazis,
37:39l'extrême droite,
37:39vous tombez très, très bas.
37:41Franchement, là,
37:42vous vous expliquez
37:43dans ces petites caricatures
37:45des déficits
37:46de financement de l'éducation
37:47par le financement des syndicats.
37:49C'est l'argument
37:49que vous avez utilisé.
37:50C'est illégal
37:50ce que font ces syndicats
37:51et il faut leur couper
37:52leurs subventions
37:53maintenant tout de suite
37:53et que la chaîne pénale
37:54se mette en route
37:55maintenant tout de suite.
37:55Il n'y a pas de démocratie
37:57sans syndicat.
37:58Mais les syndicats
37:58sont censés respecter
37:59la loi.
38:00Ce qu'ils font aujourd'hui,
38:01c'est illégal.
38:02Voilà, parce que je pense
38:02qu'il faut remettre
38:03l'église au milieu du village.
38:04Ce que vous faites,
38:05c'est illégal.
38:05La loi telle qu'elle existe,
38:07l'État tel qu'il existe,
38:08n'existerait jamais
38:09s'il n'y avait pas des gens
38:09qui étaient rentrés
38:11dans des contestations.
38:12Je peux vous mettre d'accord.
38:14En tous les cas,
38:15quoi qu'on pense
38:16de vos opinions,
38:16c'est un niveau
38:17vraiment d'engagement
38:19qui fait plaisir.
38:20On peut vous le dire.
38:22Qu'est-ce que vous voulez
38:22que je dise que je loue
38:23son engagement ?
38:27Moi, je loue le vôtre
38:28et je vous permettrai
38:29toujours de parler
38:29et de faire valoir
38:30vos revendications.
38:31Elle est là,
38:31la différence entre vous et moi.
38:32Mais pas du tout.
38:33J'ai dit justement
38:34que vous preniez la parole,
38:35etc.
38:35Oui, mais je sais très bien
38:36ce que vous pensez de moi.
38:36Vous inquiétez pas.
38:37Qu'est-ce que vous pensez ?
38:38J'ai donné un avis
38:38sur votre syndicat.
38:39Votre syndicat,
38:40il y a des salunazis dedans.
38:41Ce n'est pas un syndicat.
38:42L'UNI n'est pas un syndicat ?
38:43Non, c'est une association.
38:44Pour ce syndicat,
38:44il faut être travailleur,
38:45qu'on remette également
38:46à l'examiner du village.
38:47Non, mais attendez, Mané Sandel,
38:47est-ce que Louise Montangon
38:48ou quelqu'un d'autre,
38:49on voit ce qui lui est arrivé
38:51dans son ancienne faculté.
38:52Vous comprenez aussi,
38:53quelles que soient
38:54les opinions des uns
38:54et des autres,
38:55qu'elle a le droit
38:56de travailler
38:56et qu'il n'y a pas besoin
38:57que des militants
38:58viennent l'embêter.
38:59Ça, vous êtes contre tout ça.
39:01Nous sommes d'accord.
39:01Contre les blocages, non ?
39:02Non, les blocages.
39:03Non, non, mais je veux dire,
39:04elle a le droit aussi
39:05d'avoir, comme vous d'ailleurs,
39:07un avis totalement différent
39:08et de pouvoir...
39:09D'avoir un avis, bien sûr.
39:10Oui, et de pouvoir l'exprimer
39:11au sein d'une université,
39:12d'une faculté,
39:13sans que certains militants
39:14en empêchent.
39:15Mais elle pense justement
39:16que le rétablissement
39:17de l'autorité
39:17doit passer par le fait
39:18qu'il n'y ait plus justement
39:19d'instances, de médiations
39:21politisées précisément
39:22comme les syndicats.
39:22Je ne suis pas contre
39:22les élections étudiantes.
39:24Ce n'est pas vrai.
39:24Je ne suis pas contre
39:25les élections étudiantes.
39:25Mais vous êtes contre
39:25le financement des syndicats,
39:26donc le fonctionnement démocratique
39:27dans l'université.
39:28Ne modifiez pas mes paroles.
39:29Je suis contre le financement
39:30des syndicats qui entravent la loi
39:32et qui font des actes illégaux.
39:33Restez avec nous.
39:34Je vais faire un tour de table.
39:35Quand est-ce que les syndicats
39:36dont vous parlez
39:36ont été accusés en justice
39:38et ont perdu en justice ?
39:39L'Union étudiante,
39:39je ne sais pas vous parler duquel.
39:41Tous ceux qui bloquent
39:41les facs aujourd'hui.
39:42Ils ont été condamnés par la loi ?
39:44Non, mais vous savez,
39:45il n'y a pas besoin de savoir
39:46si un tel ou un tel
39:47a été condamné.
39:47Il n'y a plus besoin de juger
39:48pour savoir si ce sont fait
39:49contraire à la loi.
39:49Non, je n'ai jamais dit ça.
39:50Vous modifiez chacun de mes propos
39:51et ça devient vraiment insupportable.
39:53Vous savez, la loi, en fait,
39:55nul n'est censé l'ignorer
39:56et tout le monde
39:57n'est censé la respecter.
39:57D'accord ?
39:58Les syndicats étudiants...
39:59Quand on n'est pas condamné par la loi,
40:00on ne doit pas se faire couper
40:00ces subventions.
40:01Non, mais je sais.
40:02Et moi, je dis juste
40:02qu'il faut les condamner, ces gens.
40:03C'est là, encore une fois,
40:04où vous modifiez mes propos.
40:05Bien.
40:06Bruno Jeudy,
40:06Arthur Berdard au cas de Diallo,
40:08est-ce que vous pouvez nous faire
40:09en quelques minutes un résumé ?
40:11Eh bien, moi, je trouve ce débat
40:14extrêmement constructif.
40:15Ce sont deux visions,
40:16ce sont deux avis,
40:17ce sont deux engagements.
40:18Je vais commencer,
40:19je vais me mouiller.
40:20Le résumé qu'on peut voir,
40:21c'est en réalité,
40:22c'est surtout une différence,
40:23je crois, de priorité.
40:24Si je comprends bien
40:25ce que vous avez dit,
40:25Manasse Nadel,
40:26pour vous,
40:27la priorité des priorités,
40:28c'est que l'exécutif
40:29accède à vos revendications
40:30et ensuite seulement
40:32viendra le déblocage
40:33de tous les établissements,
40:35qu'ils soient estudiantins
40:37ou lycéens,
40:39ça viendra dans un deuxième temps.
40:40Pour vous,
40:41si je comprends bien,
40:41la priorité,
40:42c'est précisément l'inverse,
40:43c'est-à-dire que d'abord,
40:44on commence par débloquer
40:45les établissements,
40:46tant qu'on permette
40:47à ceux qui le souhaitent
40:47de retrouver le chemin
40:48de leur classe
40:49ou de leur amphithéâtre
40:50et que dans un deuxième temps,
40:51qui est celui de la campagne présidentielle
40:52ou celui des débats budgétaires,
40:55alors s'engage une discussion
40:56avec l'exécutif
40:57sur la réponse aux revendications.
41:00Vous y croyez vraiment
41:01qu'un mouvement qui s'arrête,
41:02c'est quand il s'arrête
41:02qu'ensuite il commence
41:04à être satisfait
41:05sur ses revendications ?
41:05Oui, j'ai visé juste.
41:06Non, je crois juste au fait
41:07qu'il y a des milliers de lycéens
41:09qui ont juste envie
41:09d'aller en cours
41:10et des milliers d'étudiants
41:11qui ont envie d'aller en cours
41:12et je tiens juste à préciser
41:13dans ces étudiants,
41:14il y a des étudiants salariés
41:15qui travaillent au sein
41:15des bibliothèques universitaires.
41:17Moi, j'ai une connaissance
41:18pour ne pas dire une amie
41:18qui m'a écrit en me disant
41:19voilà, moi ça fait plus d'une semaine
41:20que l'université est bloquée
41:22et que je ne peux pas travailler
41:23et là, je suis comme ça,
41:24je suis en angoisse.
41:25Donc, on a bien compris
41:26vos revendications,
41:27on les a entendues.
41:27Elle n'est pas payée ?
41:28Comment ?
41:29Elle n'est pas payée ?
41:30Non, elle n'est pas payée.
41:31Et voilà.
41:32Et il y a des milliers d'étudiants
41:33comme moi en première année de licence
41:35qui ne peuvent plus suivre leurs cours
41:37et qui se disent
41:38mince en fait,
41:39j'ai travaillé tellement
41:40pour en arriver là
41:41et aujourd'hui, mon diplôme,
41:42qu'est-ce qu'il va valoir ?
41:43Moi, quand je suis arrivé en master,
41:44mon responsable de master m'a dit
41:45c'est bien, vous avez super notes,
41:47vous avez validé à 17
41:48le dernier semestre,
41:48franchement pas mal,
41:49vous êtes dans les majors top.
41:50Ah, vous venez de Bordeaux-Montagne.
41:52Elle est souvent bloquée,
41:53votre fac quand même,
41:53vous avez moins de cours
41:54que tout le monde.
41:54Elle est là, la réelle injustice.
41:56Vous empêchez ceux
41:57qui ont envie d'aller travailler,
41:58vous empêchez...
41:58De regarder l'origine des gens
41:59plutôt que leur diplôme.
42:00Non, il n'a pas regardé mon origine,
42:01il a regardé d'où,
42:02de quelle fac je venais.
42:04De quelle fac je venais.
42:05Ce que je veux vous dire,
42:05c'est que si vous voulez manifester,
42:10vous pouvez manifester.
42:11Vous découvrez la lune, là.
42:12C'est toujours comme ça,
42:13c'est le fil à couper le beurre.
42:14Aujourd'hui, c'est aussi le bac,
42:15par exemple.
42:16Vous ayez un bac
42:16qui vient d'un ici ou d'un autre
42:17qui n'a plus la même taille.
42:18Non, ça n'a pas toujours existé,
42:20ça n'est pas vrai.
42:20Je vais faire un résumé.
42:21En fait, il y a deux visions.
42:23Il y a la vision,
42:23parce que Parcoursup,
42:24c'est ça, en fait,
42:25derrière, il faut le reconnaître.
42:26Parcoursup, c'est une démarche
42:27qui n'est pas allée au bout,
42:28d'ailleurs,
42:29parce que Parcoursup,
42:29c'était beaucoup plus,
42:30il devait y avoir des partiels
42:31et tout ça.
42:32Donc, il n'y a pas eu tout ça.
42:33C'est une vision aussi
42:34de ce qu'est la sélection
42:36à un moment
42:37dans la vie d'un jeune
42:39parce que même vous,
42:40vous l'avez reconnu,
42:41certains moments,
42:41on sait bien
42:42qu'il faut organiser
42:44cette sélection,
42:45permettre à tout le monde
42:46de pouvoir aller
42:47en première année de fac.
42:49Non, il n'est pas de la sélection.
42:49Non, mais moi,
42:50je pense que c'est ça
42:51qui vous oppose,
42:52notamment,
42:53il y a d'autres choses,
42:54mais notamment...
42:54C'est majeur,
42:55c'est-à-dire le principe
42:56de la sélection, oui.
42:56Il y a ce principe,
42:57vous ne voulez plus
42:58de Parcoursup.
42:59Mais c'est deux sociétés
43:00différentes.
43:01C'est une société qui fonctionne
43:01mieux avec plus de gens formés
43:02et qui accèdent
43:03à un niveau de diplôme important.
43:04Madame, elle accepte Parcoursup.
43:05C'est une vision de la société.
43:07Je pense que c'est majeur,
43:10Parcoursup,
43:11dans le fait que,
43:12après, je suis d'accord avec vous,
43:13ça ne fonctionne pas très bien
43:14et sans remettre
43:15uniquement aux algorithmes,
43:15ça nécessite largement
43:17des améliorations
43:18qui apparemment pourraient être faites.
43:19Il y a même eu
43:20un rapport sénatorial
43:21co-signé par un sénateur communiste
43:23et un sénateur LR
43:24qui l'écrit noir sous blanc
43:26Éric, ce type de l'abrogation ?
43:27Non, c'est un exercice
43:30assez compliqué,
43:31mais c'est vrai que sur la question
43:32de Parcoursup,
43:33il y a vraiment cette question-là
43:34de la sélection
43:35qui me semble vraiment
43:36vous opposer dans la mesure,
43:37effectivement,
43:37qu'est-ce que signifient
43:38les études, en fait ?
43:39Est-ce que c'est un moyen
43:40d'accès à l'émancipation,
43:41au savoir qui garantit
43:43une société sachante,
43:44capable de s'investir
43:46justement dans la vie politique
43:46comme vous le faites,
43:47ou est-ce qu'effectivement
43:48la destination,
43:49c'est de créer des personnes
43:51qui sont aptes
43:52à intégrer le marché du travail
43:53et donc avec une vision
43:55plus capitaliste ?
43:55Je crois que c'est deux visions
43:57qui conçoivent soit
43:58le savoir comme une forme
43:59d'émancipation,
44:00soit un savoir comme quelque chose
44:01de pratique et pragmatique
44:02qui va répondre
44:02à des besoins concrets.
44:03Alors, dans la continuité de ça,
44:04il y a quelque chose
44:05que j'aimerais mettre sur la table
44:06dont on ne parle pas beaucoup
44:07parce qu'on parle
44:07de Parcoursup, etc.
44:09La réforme des lycées pros
44:10qui a été soutenue
44:11par toute la droite
44:12qui n'a même pas été votée
44:13à l'Assemblée nationale
44:13qui est passée par voie de décret
44:15et dont l'objet
44:16est précisément
44:17de réduire le nombre
44:18d'heures de cours
44:19et même si on prend
44:20depuis 15 ans
44:21des mois et des mois
44:23qui ont été enlevés
44:23aux lycéens
44:24de la voie professionnelle.
44:25C'est-à-dire que finalement
44:26et Marine Le Pen
44:27et pour parler un peu
44:28de la campagne
44:29et les candidats macronistes
44:30pensent que finalement
44:31en France,
44:31le lycée professionnel
44:32ne doit plus être
44:33un lieu vraiment
44:34d'enseignement,
44:35d'instruction,
44:36de savoir généraux
44:37mais simplement
44:38un lieu dans lequel
44:39on se forme
44:39à aller le plus rapidement
44:40possible sur le marché du travail.
44:41J'aimerais entendre
44:42votre opinion là-dessus.
44:43Ça devient
44:45des interviews croisées.
44:46Je pense que
44:47quand on va dans
44:47un lycée professionnel
44:48c'est qu'on connaît sa voix
44:49et qu'on veut y accéder
44:50le plus rapidement possible.
44:51Néanmoins,
44:52je ne suis ni Marine Le Pen
44:53ni macroniste
44:54ou que sais-je.
44:55Je suis simplement
44:57une étudiante en master.
44:58Je n'ai pas fait
44:59d'études de politique
45:00ou quoi que ce soit.
45:01Moi, je vous dis juste
45:01que j'avais mon grand frère
45:02qui était en bac pro
45:02parce qu'il savait
45:04directement ce qu'il voulait faire.
45:05Ma maman l'a encouragée
45:06à aller dans un bac professionnel
45:07et je suis très contente
45:08de savoir tous ces jeunes
45:09qui vont dans des bacs pro
45:09parce que ça veut dire
45:10qu'ils savent directement
45:12ce qu'ils veulent faire
45:13et je pense qu'il faudrait même
45:15plus parler des bacs professionnels.
45:16Aujourd'hui,
45:16on a une très mauvaise vision
45:17Améliorer leur formation.
45:18Améliorer leur formation,
45:19tout à fait.
45:20Et aujourd'hui,
45:20on a une très mauvaise vision
45:21des bacs pro
45:22en disant
45:22« Ah oui,
45:23tu ne sais pas ce que tu veux faire. »
45:23Et puis on ne parle que
45:24de l'apprentissage aussi.
45:25Ce n'est pas vrai.
45:25On préfère l'apprentissage.
45:26Mais c'est bien l'apprentissage.
45:27S'il vous plaît.
45:29C'est très bien aussi l'apprentissage.
45:30Mais je pense qu'il faut
45:32arrêter de dire
45:32« Tu ne sais pas ce que tu veux faire.
45:33Va en bac pro ou autre. »
45:34Non, ce n'est pas vrai.
45:35Moi, j'incite aussi
45:36à ce qu'on ouvre plus
45:37au bac professionnel
45:38en disant
45:38« Est-ce que cette voie te plaît ? »
45:39Tant mieux,
45:40on a cette voie-là
45:40dans le bac professionnel.
45:41Il faut y aller.
45:42Il faut arrêter
45:42de dégrader la voie professionnelle.
45:45Quand même,
45:46je vais vous montrer
45:46les dernières images.
45:47Je vais rappeler comme ça,
45:48on est tous d'accord,
45:49qu'il y avait quand même
45:50des cortèges fournis.
45:53Moindre,
45:53c'est un signe.
45:54Ça ne veut pas dire
45:55que le mouvement s'essouffle,
45:56même si le gouvernement
45:57parie quand même
45:58sur le pourrissement.
45:59Moi, je trouve
46:00qu'il s'essouffle un peu,
46:01le mouvement.
46:01Mais il y a quand même
46:02une manifestation aujourd'hui
46:03avec du monde.
46:04Il y avait du monde,
46:05il y avait du monde dans les villes,
46:06il y avait du monde en province.
46:07Alors, moi, je dis toujours
46:08à Paris,
46:09comment vous expliquez
46:10véritablement qu'il y a toujours
46:11les mêmes ?
46:11Comment vous expliquez
46:12qu'on soit pris en otage
46:13par 300, 400, 500,
46:15je ne sais pas ?
46:16Non.
46:17Bon.
46:18Non, vous ne pouvez pas dire
46:19que les CRS
46:19ne sont pas en otage
46:20les Français.
46:21Le Nassage,
46:21c'est un peu une prise en otage.
46:23Non, honnêtement,
46:23vous ne pouvez pas dire ça.
46:24Mais vous pensez vraiment,
46:25Manasseh Adel,
46:25qu'un policier se lève le matin
46:27en se disant
46:27tiens, je vais me faire un jeûne.
46:28Le policier,
46:28si vous savez,
46:29j'ai parlé aujourd'hui
46:30avec Manasseh Adel,
46:31appelez-les,
46:31puis vous aurez la réponse
46:32à votre remarque.
46:33Appelez-les un jour,
46:34un soir,
46:35je ne vous souhaite pas
46:35d'en avoir besoin,
46:36mais peut-être faites le test
46:37pour vous amuser,
46:38et puis vous verrez
46:38que les CRS,
46:38ils ne sont pas là
46:39pour prendre les gens en otage.
46:40Vous verrez.
46:41Vous aurez assez vite
46:41la technique de la NAS,
46:43une technique où on empêche
46:44les gens de sortir
46:44dans l'espace donné.
46:45Vous aurez assez vite
46:46la réponse.
46:46Manasseh Adel,
46:47je ne suis pas spécialiste,
46:48mais vous savez pourquoi ?
46:48Parce que quand il y a des casseurs,
46:49si on veut les sortir tout le monde,
46:51on ne peut pas les interpeller.
46:52Je pense que le maintien
46:54de l'ordre en France
46:55devrait consister,
46:56à propos des lycéens,
46:57en ce qu'il consiste en fait
46:58pour d'autres mouvements sociaux,
47:00c'est-à-dire à protéger
47:00à tout prix
47:01ceux qui manifestent pacifiquement,
47:04quitte à accepter
47:05des dégradations de biens
47:06quand c'est nécessaire.
47:08Voilà.
47:08Ça a été le cas
47:09pour les agriculteurs,
47:10par exemple.
47:10C'est la doctrine
47:11qui avait été encouragée,
47:12y compris par le gouvernement
47:13et par le gouvernement,
47:14de considérer
47:15que les dégradations
47:19des agriculteurs
47:20pouvaient garder...
47:21C'est aussi le cas
47:22avec les étudiants.
47:22On peut s'en réjouir
47:23ou le déploier,
47:23mais c'est aussi le cas
47:24avec les étudiants.
47:24Si vous vous baladez
47:27dans Paris,
47:28les jours de manifestations
47:28et pas que,
47:29vous passez dans les établissements
47:30qui sont des facs,
47:31vous voyez qu'il y a
47:3110 bloqueurs,
47:33il y a 300 étudiants
47:33qui voudraient rentrer,
47:34mais que les 10 bloqueurs
47:35ne sont pas délogés
47:36par les 300 étudiants
47:37qui voudraient rentrer
47:37face à 10 bloqueurs.
47:38Si, c'est vrai.
47:39Ils ne sont pas face,
47:40justement.
47:40Ils sont à côté,
47:41ils sont un petit peu spectateurs.
47:43Si vous voulez,
47:43les forces de l'ordre
47:44sont là pour assouciter.
47:45Non, mais non.
47:47Quelle scène vous avez vue
47:48cette semaine
47:49avec des centaines de gens
47:50qui veulent rentrer
47:50face à une dizaine
47:51de personnes qui bloquent ?
47:52Bordeaux-Montesquieu aujourd'hui.
47:54Vous êtes en train de créer
47:55une université de Bordeaux-Montesquieu.
47:57Ce que je vous dis,
47:57c'est qu'il y a 10 bloqueurs,
47:59des forces de l'ordre,
48:00des étudiants
48:00qui voudraient rentrer.
48:01C'est tellement malhonnête
48:02de dire qu'il y a seulement
48:0310 bloqueurs
48:03et 300 qui veulent rentrer.
48:04Il y a des forces de l'ordre
48:05qui ne viennent pas
48:06déloger les bloqueurs
48:08précisément pour éviter
48:08tout débordement.
48:10Je crois que c'est plutôt
48:11ce que vous appelez de vos voeux.
48:12Est-ce qu'on peut
48:12faire une question rapide
48:14pour terminer ?
48:15Tout à l'heure,
48:15vous avez dit
48:16qu'il y a une jonction,
48:17il y a des lycéens
48:18et des étudiants
48:19et vous avez parlé
48:20de ceux qui souffrent.
48:21Moi, j'ai vu aussi
48:22des images d'un blocus
48:23de Sciences Po Paris.
48:24Sciences Po Paris,
48:25c'est dans la rue Saint-Guillaume,
48:28très chic 6e arrondissement
48:29de Paris.
48:30Et c'est vrai,
48:30quand je les ai vus,
48:31je me suis dit
48:31mais alors,
48:32quel lien,
48:33quel rapport ont-ils
48:34avec les lycéens
48:35qui sont pour certains,
48:36il est vrai,
48:37dans des lycées poubelles ?
48:38Je veux dire,
48:40Sciences Po Paris
48:42et certains lycées
48:43à Saint-Denis
48:44et à Créteil,
48:45même combat ?
48:46On ne peut pas manifester,
48:48se préoccuper des autres
48:49si on n'est pas soi-même
48:49dans la pierre des situations.
48:51Dans ce cas-là,
48:52il faut que toute la France descende.
48:53Oui,
48:53je suis d'accord avec vous.
48:54voilà.
48:56Là.
48:56Ce sera peut-être le cas.
48:57Donc on a eu la vraie réponse,
48:58c'est ça ce que vous voulez.
48:59Il y a encore peut-être une différence
48:59d'appréciation,
49:00il n'y a pas seulement l'intérêt,
49:01l'égoïsme,
49:01etc.
49:02dans la vie
49:02ou le fait que,
49:03ah,
49:03il faut absolument que j'aille en cours,
49:04il faut absolument que ce jour-là,
49:06précisément,
49:06ce blocus ne tienne pas.
49:07Ce n'est pas de l'égoïsme.
49:08Moi,
49:08vous voyez,
49:09juste pour vous répondre,
49:10moi,
49:10mes parents,
49:11ils se saignent au travail
49:12pour me permettre
49:12de faire des études.
49:13Ce n'est pas égoïste
49:14de vouloir juste réussir mes études.
49:15Ce n'est pas égoïste,
49:16en fait,
49:17de dire j'ai juste envie
49:17d'aller en cours.
49:18On ne parle pas de réussir
49:20ces études.
49:20On ne parle pas d'un jour,
49:21en fait.
49:21Là,
49:21les universités de Bordeaux,
49:22ça fait presque une semaine
49:23qu'elles sont bloquées.
49:23Ce n'est pas un jour.
49:25Si on se donne rendez-vous
49:26dans plusieurs années...
49:26Je l'ai déjà ma licence,
49:27vous n'en faites pas.
49:28Si on se donne rendez-vous
49:29dans plusieurs années,
49:30avec...
49:31voilà,
49:31vous imaginez une société,
49:32une France,
49:33dans laquelle vous auriez
49:35un poste,
49:35une place,
49:36une mission,
49:37qu'est-ce que ça pourrait être,
49:38Louis-en-Tango ?
49:39Rien de tout ça.
49:40Moi,
49:40je veux juste une vie de famille
49:41et des enfants
49:42et c'est tout.
49:43Là,
49:43je ne suis pas...
49:44Ce n'est pas l'heure
49:44des ambitions politiques.
49:45C'est tout ce qu'on vous souhaite.
49:45Merci.
49:46Manasse Adel ?
49:47La question,
49:47c'est si j'ai des ambitions politiques.
49:49Non.
49:50Des ambitions professionnelles,
49:51politiques.
49:52Est-ce que vous vous projetez
49:53dans l'avenir,
49:53tout simplement ?
49:54Est-ce que je me projette
49:55dans l'avenir ?
49:55Mais justement,
49:56on revient sur cette question,
49:57etc.
49:58Non,
49:58mais je ne veux pas
49:58que ce soit mal compris
49:59ce que j'ai dit
50:00de quelqu'un
50:00qui veut aller en course
50:01et de l'égoïsme,
50:01etc.
50:02Je ne trouve pas du tout.
50:03Les gens essayent
50:04de réussir
50:05comme ils peuvent
50:05dans ce monde-là
50:06et actuellement,
50:07la majorité des lycéens
50:09sont solidaires
50:09de ce mouvement
50:10parce qu'ils considèrent
50:11que justement,
50:12pour avoir une vie heureuse,
50:13une vie qui se passe bien,
50:16il faut avoir des conditions
50:17qui sont meilleures
50:17et qu'on a des choses
50:18à attendre de la société
50:19et qu'on n'est pas simplement
50:20sa petite personne
50:21dans son coin
50:22qui conteste
50:22les mobilisations sociales.
50:24On peut être solidaire
50:24sans bloquer son lycée.
50:25Je vous propose de revenir
50:26la semaine prochaine.
50:29Non, moi,
50:29c'est terminé pour moi.
50:30Vous allez rentrer.
50:31Ce débat auquel on vient d'assister,
50:33Sonia,
50:33je voudrais aller dans votre sens,
50:34ce débat auquel on vient d'assister,
50:34il est plus intéressant
50:35et il y a plus d'engagement
50:36et de conviction
50:37que beaucoup de débats
50:38que nous, journalistes,
50:39nous couvrons ou nous animons
50:40dans le cadre
50:41de cette campagne présidentielle.
50:42Non, mais vous aussi,
50:42vous avez la terre
50:43de l'engagement à Arthur Verdun.
50:44Non, puissent vos aînés
50:44s'inspirer de vous,
50:46ça fera du bien au débat.
50:47Merci d'avoir accepté.
50:48Je trouve un débat bien tenu
50:49grâce à vous deux,
50:50vraiment,
50:50et grâce évidemment
50:51à Bruno, Arthur et Rocaillage.
50:53Je vous remercie.
50:53Je vous dis à très bientôt.
50:54– Sous-titrage Société Radio-Canada

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