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  • il y a 1 jour
Le dernier débat télévisé entre les deux finalistes, Benoît Hamon et Manuel Valls, avant le scrutin de la primaire PS du dimanche 29 janvier a donné du grain à moudre à Maurice Ulrich, journaliste à l'Humanité. Réalisation : Abrahim Saravaki

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Transcription
00:01Le philosophe Paul Ricoeur, dont Emmanuel Macron aurait été l'assistant, mais sans doute avoir tout compris,
00:08disait que l'utopie c'est ce qui nous permet de nous projeter dans l'avenir, d'imaginer un futur.
00:14En revanche, l'idéologie, disait-il, c'est ce qui permet au pouvoir en place, à l'ordre dominant, de
00:20se maintenir.
00:21Alors, sans doute ceux qui disent aujourd'hui que dans les propositions d'une certaine gauche,
00:26qui va de Mélenchon à Benoît Hamon maintenant, il y aurait une gauche chimérique, une gauche de l'utopie,
00:33une gauche de l'illusion, qui n'aurait qu'à vendre de la poudre aux yeux et du sable.
00:37C'est évidemment une absurdité, parce qu'en réalité, quand on se réclame du réalisme,
00:41ce réalisme est ce qui a conduit le précédent quinquennat, le quinquennat dont Emmanuel Valls se réclame aujourd'hui,
00:49au résultat qu'on connaît, c'est-à-dire à l'échec.
00:50Donc, le réalisme c'est l'échec et l'utopie se serait proscrit.
00:54C'est complètement absurde, bien évidemment, il nous faut penser à un futur, il nous faut l'imaginer.
01:00Mais, derrière tout ça, au fond, il y a une autre question qui se pose,
01:03et qui nous a été inspirée par le débat de l'histoire entre Benoît Hamon et Emmanuel Valls,
01:08qui est, comment est-ce qu'on peut penser la question du travail aujourd'hui ?
01:12Tous les deux ont fait état de divergences.
01:15Pour l'un, le travail va se raréfier.
01:18Pour l'autre, le travail, il faut continuer à l'encourager par la compétitivité de nos entreprises, etc.
01:23Mais, en fait, le problème, c'est que tous les deux, si on prend un peu de recul,
01:27ont une vision du travail qui est, je dirais, limitée à l'horizon d'aujourd'hui.
01:32Or, la question du travail, on ne peut pas la poser, si on ne pose pas en même temps la
01:36question de l'aliénation du travail,
01:38pas des travailleurs, mais l'aliénation du travail, par la quête du profit, par le capital.
01:43C'est-à-dire qu'à un moment donné, ce qui est posé à travers le travail, c'est qu
01:46'est-ce qu'on produit,
01:46pour quoi faire et pour qui ?
01:49Or, aujourd'hui, la réalité de la production et du fonctionnement de l'économie,
01:54la réalité du travail, c'est que le fruit du travail va au capital,
01:57va à l'enrichissement phénoménal, qu'on connaît dans certains cas,
02:01et créateur d'inégalités monstrueuses,
02:04et que donc on ne peut pas poser réellement la question du travail et du coût du travail,
02:09si on ne pose pas la question du travail aliéné dans le capitalisme.
02:12Donc finalement, et pour nous résumer, je crois que c'est aujourd'hui la question
02:16que pouvait poser véritablement la gauche,
02:19et qu'il y avait un grand absent jeudi soir sur le plateau,
02:24il y avait un fantôme qui était là présent, mais sans que les protagonistes le voient,
02:29c'était celui du capitalisme.
02:33Le capitalisme

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