00:02Rien n'est joué, rien de ce qui semble être écrit ou de ce qui a été écrit déjà n
00:07'a lieu.
00:08Donc on se trouve un peu, je dirais, dans ce clair-obscur dont parlait Antonio Gramsci,
00:13le dirigeant communiste italien, emprisonné par Mussolini en 1927 et jusqu'à sa mort dix ans plus tard.
00:19Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître, et dans ce clair-obscur surgissent les monstres.
00:25On le voit bien au plan international, le monstre aux cheveux jaunes qui est maintenant à la tête des Etats
00:31-Unis,
00:32fait des siennes comme sans doute jamais on aurait pensé qu'il le ferait,
00:36parce qu'on se disait peut-être qu'un certain principe de réalité s'imposerait à lui, visiblement il n
00:40'en est rien.
00:41Mais aussi chez nous, on voit bien que les déboires de François Fillon,
00:45dont on pense maintenant qu'il ne pourra pas finalement être candidat, vont plutôt nourrir Marine Le Pen.
00:53En même temps, dans ce clair-obscur, il y a peut-être aussi du nouveau qui apparaît malgré tout.
00:59Il est vrai que le résultat de la primaire du Parti Socialiste marque, témoigne d'un, je dirais,
01:06d'un réancrage à gauche d'une partie des socialistes, et qu'au fond c'est plutôt une bonne nouvelle.
01:12En même temps, il est bien clair que les pressions qui s'exercent sur Benoît Hamon,
01:16de la part de la direction du PS, de Bernard Cazeneuve, etc.,
01:21risquent de ne pas être tout à fait sans effet.
01:24Et au fond, Jean-Luc Mélenchon a été fondé il y a quelques jours à dire,
01:28c'est eux ou nous, ce n'est pas un ultimatum, ce n'est pas une oucase,
01:32c'est est-ce que Benoît Hamon va choisir une synthèse improbable,
01:37mais avec une partie de l'aile droite du PS, au prix de concession,
01:42ou est-ce qu'il va plutôt chercher des convergences sur sa gauche,
01:48aussi bien avec les écologistes qu'avec Jean-Luc Mélenchon et les communistes.
01:51Alors, on pourrait dire que tout ça c'est du calcul politicien,
01:54mais en réalité la question, elle est essentiellement sur les idées,
01:59sur les programmes.
02:01Les communistes soutiennent Jean-Luc Mélenchon pour des raisons essentiellement programmatiques,
02:07il ne s'agit pas d'une affaire de chapelle.
02:09Et donc, les convergences qui peuvent se dégager à gauche,
02:13on ne peut pas dire aujourd'hui jusqu'où elles vont aller.
02:17Il est vrai que si on prend les sondages aujourd'hui,
02:20Mélenchon plus Hamon plus Jadot, ça fait plus de 30%.
02:23C'est vrai qu'on peut être fondé à se dire, oui, il y a là une possibilité.
02:27Mais comment ? Sur quel programme ? Quelle discussion ? Quelle convergence ?
02:31Et je crois que nous entrons aujourd'hui à 4 mois de la présidentielle,
02:35je pense qu'il est indispensable que ces forces-là discutent,
02:39que des convergences se dégagent sur des programmes, sur des démarches,
02:43notamment par rapport au travail.
02:44Et là-dessus, le Parti communiste vient de proposer une loi sur une sécurité d'emploi
02:49et de formation tout au long de la vie,
02:51qui ne s'oppose pas forcément au revenu universel,
02:53mais qui garantit sa validité.
02:55Et donc, c'est là-dessus, sans doute, qu'il y a à discuter, à avancer,
03:00et après, eh bien, on verra.
03:03Et peut-être que dans le clair-obscur dont on parle avec Gramsci,
03:05il y aura autre chose que des monstres qui apparaîtront.