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  • il y a 13 heures
La convocation de François Fillon ce matin par les juges d'instruction aux fins de mise en examen et l'ouverture de la voie vers une éventuelle levée de l'immunité parlementaire de Marine Le Pen, demandée dans le cadre d'une enquête judiciaire, ont donné du grain à moudre à Maurice Ulrich, journaliste à l’Humanité. La question est qu’attendent tous les électeurs de Gauche qui soutiennent J.L. Mélenchon et B. Hamon ? C’est clair, Ils attendent une réponse de gauche à cette responsabilité historique face à la droite et l’extrême droite. Réalisation : Abrahim Saravaki

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Transcription
00:01Vous imaginez le général de Gaulle mis en examen ?
00:04Le général de Gaulle, pas vraiment, mais François Fillon, très probablement,
00:08et ce, dans une quinzaine de jours, puisqu'il est convoqué officiellement par des juges d'instruction.
00:13Alors, voilà quand même une situation extrêmement curieuse.
00:17C'est lui d'ailleurs qui avait prononcé cette petite phrase contre Nicolas Sarkozy,
00:21qui revient un peu comme un boomerang.
00:23Mais voilà donc cette situation où un homme politique de premier plan,
00:25le chef de file de la droite, entraîne finalement son camp dans une forme de discrédit
00:30et de pourrissement de la vie politique.
00:33Il n'est pas le seul, Mme Le Pen, qui a aussi de carré des casseroles,
00:37qui teinte après elle au sujet de ses emplois fictifs au Parlement européen,
00:41traîne aussi une affaire judiciaire.
00:43Elle, qui est prête à stigmatiser le moindre voleur de mobilette,
00:47elle refuse tout simplement de se rendre aux convocations de la justice.
00:51Voilà où on en est du côté de la droite.
00:53Mais au fond, du côté de la gauche, on assiste aussi à des choses assez singulières.
00:58Et on va reprendre ici une formule d'Antonin Artaud,
01:03qui parlait d'un théâtre de la cruauté.
01:05Oui, la politique peut être un théâtre de la cruauté
01:08quand on voit la façon dont la droite du PS,
01:12enfin disons son aile hollandaise et valsiste, son aile libérale,
01:17est en train de liquider tout simplement Benoît.
01:20Bon, je dis qu'il n'est bien sûr pas physiquement, mais politiquement.
01:24La semaine passée, Stéphane Le Folle ouvrait le feu, si je puis dire,
01:28ouvrait le tir au canard, en appelant au sens de la responsabilité face à Marine Le Pen
01:33et en dénonçant ceux qui faisaient traîner les choses.
01:36On voit bien de quoi il s'agissait.
01:38Quelques jours après, c'est Jean-Marie Le Gouen,
01:41secrétaire d'État au Développement,
01:42qui indiquait que le programme de Benoît Hamon manquait de crédibilité,
01:47qu'il nous entraînait dans une impasse, parce que c'était une impasse,
01:50et que donc il fallait qu'il change complètement de braquet.
01:54Mais surtout, c'est Manuel Valls qui, mardi soir, a donné le dernier coup,
01:59si je puis dire, enfin le coup le plus fort jusqu'à présent,
02:02en disant tout simplement que, dans le canard enchaîné,
02:05qu'il finirait à moins de 10%,
02:07et en disant aux députés qu'il écoutait,
02:09les 150 parlementaires qui le soutiennent toujours,
02:12qu'au fond, il comprenait tous les choix,
02:15tous les choix étant bien entendu entre Emmanuel Macron et Benoît Hamon.
02:20C'est la porte ouverte, évidemment, au soutien à Emmanuel Macron,
02:23même s'il ne se dit pas explicitement.
02:25Alors, voilà la situation dans laquelle nous nous trouvons.
02:28Face à cela, qu'est-ce qui se passe ?
02:30La gauche, la vraie gauche, a effectivement une responsabilité historique.
02:34Et Benoît Hamon, dans la situation dans laquelle il est...
02:37Alors qu'après la primaire, il posait, je dirais,
02:40il a essayé sa campagne sur deux idées.
02:43D'une part, sa légitimité après la primaire,
02:45et d'autre part, sa centralité au sein de la gauche.
02:48En réalité, cette légitimité, bien sûr, elle existe,
02:51puisque des militants votaient pour lui.
02:52Mais elle lui est déniée par la droite, on va dire, du PS,
02:57en tout cas les Hollandais, les 26.
02:59Elle est mise en cause.
03:00Donc, d'une certaine manière, elle lui est retirée par ses propres amis.
03:04Quant à sa centralité, eh bien, pour le moment, effectivement, elle n'existe plus.
03:08Alors donc, le problème n'est pas de pleurer sur Benoît Hamon.
03:11La question est qu'attendent, justement, tous les électeurs de gauche
03:14qui, pour certains, soutiennent Mélenchon,
03:16et qui, pour d'autres, soutiennent et soutiennent Benoît Hamon.
03:19Eh bien, tous ceux-là, c'est clair,
03:21ils sont toujours en attente d'une politique de gauche,
03:25d'une réponse à cette responsabilité historique,
03:29qui est celle de la gauche face à l'extrême droite,
03:31face à Fillon, face à Macron,
03:33et cette responsabilité historique,
03:35elle ne doit pas être déçue.
03:37Le chemin n'est pas facile,
03:39mais il faut encore y travailler, encore et toujours.
03:42Et, pour terminer sur une petite note concernant Benoît Hamon,
03:46avec ce qui lui arrive,
03:47on pourrait citer cette phrase quand même assez connue,
03:49« Protégez-moi de mes amis, pour mes ennemis, je m'en charge ».
03:53Sous-titrage Société Radio-Canada

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