00:01Vous imaginez le général de Gaulle mis en examen ?
00:04Le général de Gaulle, pas vraiment, mais François Fillon, très probablement,
00:08et ce, dans une quinzaine de jours, puisqu'il est convoqué officiellement par des juges d'instruction.
00:13Alors, voilà quand même une situation extrêmement curieuse.
00:17C'est lui d'ailleurs qui avait prononcé cette petite phrase contre Nicolas Sarkozy,
00:21qui revient un peu comme un boomerang.
00:23Mais voilà donc cette situation où un homme politique de premier plan,
00:25le chef de file de la droite, entraîne finalement son camp dans une forme de discrédit
00:30et de pourrissement de la vie politique.
00:33Il n'est pas le seul, Mme Le Pen, qui a aussi de carré des casseroles,
00:37qui teinte après elle au sujet de ses emplois fictifs au Parlement européen,
00:41traîne aussi une affaire judiciaire.
00:43Elle, qui est prête à stigmatiser le moindre voleur de mobilette,
00:47elle refuse tout simplement de se rendre aux convocations de la justice.
00:51Voilà où on en est du côté de la droite.
00:53Mais au fond, du côté de la gauche, on assiste aussi à des choses assez singulières.
00:58Et on va reprendre ici une formule d'Antonin Artaud,
01:03qui parlait d'un théâtre de la cruauté.
01:05Oui, la politique peut être un théâtre de la cruauté
01:08quand on voit la façon dont la droite du PS,
01:12enfin disons son aile hollandaise et valsiste, son aile libérale,
01:17est en train de liquider tout simplement Benoît.
01:20Bon, je dis qu'il n'est bien sûr pas physiquement, mais politiquement.
01:24La semaine passée, Stéphane Le Folle ouvrait le feu, si je puis dire,
01:28ouvrait le tir au canard, en appelant au sens de la responsabilité face à Marine Le Pen
01:33et en dénonçant ceux qui faisaient traîner les choses.
01:36On voit bien de quoi il s'agissait.
01:38Quelques jours après, c'est Jean-Marie Le Gouen,
01:41secrétaire d'État au Développement,
01:42qui indiquait que le programme de Benoît Hamon manquait de crédibilité,
01:47qu'il nous entraînait dans une impasse, parce que c'était une impasse,
01:50et que donc il fallait qu'il change complètement de braquet.
01:54Mais surtout, c'est Manuel Valls qui, mardi soir, a donné le dernier coup,
01:59si je puis dire, enfin le coup le plus fort jusqu'à présent,
02:02en disant tout simplement que, dans le canard enchaîné,
02:05qu'il finirait à moins de 10%,
02:07et en disant aux députés qu'il écoutait,
02:09les 150 parlementaires qui le soutiennent toujours,
02:12qu'au fond, il comprenait tous les choix,
02:15tous les choix étant bien entendu entre Emmanuel Macron et Benoît Hamon.
02:20C'est la porte ouverte, évidemment, au soutien à Emmanuel Macron,
02:23même s'il ne se dit pas explicitement.
02:25Alors, voilà la situation dans laquelle nous nous trouvons.
02:28Face à cela, qu'est-ce qui se passe ?
02:30La gauche, la vraie gauche, a effectivement une responsabilité historique.
02:34Et Benoît Hamon, dans la situation dans laquelle il est...
02:37Alors qu'après la primaire, il posait, je dirais,
02:40il a essayé sa campagne sur deux idées.
02:43D'une part, sa légitimité après la primaire,
02:45et d'autre part, sa centralité au sein de la gauche.
02:48En réalité, cette légitimité, bien sûr, elle existe,
02:51puisque des militants votaient pour lui.
02:52Mais elle lui est déniée par la droite, on va dire, du PS,
02:57en tout cas les Hollandais, les 26.
02:59Elle est mise en cause.
03:00Donc, d'une certaine manière, elle lui est retirée par ses propres amis.
03:04Quant à sa centralité, eh bien, pour le moment, effectivement, elle n'existe plus.
03:08Alors donc, le problème n'est pas de pleurer sur Benoît Hamon.
03:11La question est qu'attendent, justement, tous les électeurs de gauche
03:14qui, pour certains, soutiennent Mélenchon,
03:16et qui, pour d'autres, soutiennent et soutiennent Benoît Hamon.
03:19Eh bien, tous ceux-là, c'est clair,
03:21ils sont toujours en attente d'une politique de gauche,
03:25d'une réponse à cette responsabilité historique,
03:29qui est celle de la gauche face à l'extrême droite,
03:31face à Fillon, face à Macron,
03:33et cette responsabilité historique,
03:35elle ne doit pas être déçue.
03:37Le chemin n'est pas facile,
03:39mais il faut encore y travailler, encore et toujours.
03:42Et, pour terminer sur une petite note concernant Benoît Hamon,
03:46avec ce qui lui arrive,
03:47on pourrait citer cette phrase quand même assez connue,
03:49« Protégez-moi de mes amis, pour mes ennemis, je m'en charge ».
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