00:01Évidemment, la phrase célèbre du Tartuffe de Molière
00:04« Couvrez ce sein que je ne saurais voir »
00:07Petit chef-d'oeuvre d'hypocrisie, bien évidemment.
00:10Madame Le Pen a fait un peu la même chose au Liban
00:13« Cachez ce voile que je ne saurais porter »
00:17On voit bien que c'était un coup de com'
00:19que c'était préparé à l'avance
00:20puisqu'au fond, elle était prévenue
00:21et elle savait que quand on va voir
00:23le mufti de la République libanaise
00:25eh bien, on se couvre la tête
00:26on peut discuter de ça
00:28mais bon, c'est une coutume
00:29de même qu'en Italie, par exemple
00:31quand on entre dans certaines églises
00:32eh bien, on vous donne gentiment un voile à l'entrée
00:36bon, on peut l'accepter ou pas
00:37mais quand on sait ce qu'il en est
00:40on agit en conséquence.
00:42En fait, cette petite anecdote
00:44parce que c'est une petite anecdote
00:46elle en dit long sur la capacité de Madame Le Pen
00:49à se servir, y compris d'un pays étranger
00:51pour instrumentaliser sa politique
00:54pour, je veux dire, instrumentaliser plutôt ce pays
00:56au profit de sa politique
00:58parce que c'est un coup de com', c'est un petit coup politique
01:00et quand même assez méprisant pour les gens qui l'accueillaient
01:03alors, cette hypocrisie-là
01:05on peut la trouver à d'autres niveaux
01:07chez Madame Le Pen, par exemple
01:08sur la question des emplois fictifs
01:12elle a aussi des casseroles
01:13bizarrement, on en parle moins que de celles de Fillon
01:15bon, celles de Fillon sont sérieuses
01:17mais celles de Marine Le Pen ne le sont pas moins
01:19en plus, sa véritable hypocrisie
01:22la plus fondamentale
01:23c'est celle de sa politique elle-même
01:25c'est-à-dire de rendre
01:27d'une manière générale et massive
01:29les immigrés responsables de la crise
01:31sans jamais mettre en cause
01:33véritablement le capital
01:35et la domination de la finance sur l'économie
01:37quand bien même elle a un discours social
01:39à destination de ceux
01:40qui, comme le disait Machiavel
01:43se laissent séduire
01:44volontairement ou par ignorance
01:46par l'éclat trompeur de ceux
01:48qui méritent le mépris
01:49plutôt que la louange
01:51donc je crois que ça s'applique très bien
01:52à Madame Le Pen
01:53et en plus, puisqu'on en est sur Machiavel
01:56cette autre phrase de Machiavel
01:57s'applique aussi à elle
01:59les troubles sont
02:00le plus souvent
02:02excités par ceux qui possèdent
02:04ça veut dire que ceux qui ont intérêt à diviser
02:06ceux qui ont intérêt à opposer
02:08les français les uns contre les autres
02:10à opposer les immigrés contre
02:11les français de souches
02:13entre guillemets avec de très gros guillemets
02:15et bien ceux-là
02:16ce sont ceux qui possèdent
02:17ce sont les tenants de l'ordre établi
02:19Madame Le Pen
02:20évidemment fait partie de ceux-là
02:23alors face à ça
02:25est-ce que
02:27François Fillon
02:28est une solution ?
02:30est-ce que Emmanuel Macron
02:31est une solution ?
02:32et bien non
02:33en réalité
02:34pour faire face à Marine Le Pen
02:35il faut une véritable politique de gauche
02:38qu'il soit une politique de rassemblement
02:40une politique de solidarité
02:41une politique de lutte
02:43contre la finance
02:43et contre
02:44je dirais
02:46la domination
02:47des grands groupes
02:48sur l'économie
02:49etc
02:51face à ça
02:52il faut une gauche rassemblée
02:54rassemblée
02:54c'est-à-dire
02:56chacun a en tête
02:57une petite addition
02:59Mélenchon
03:00plus Hamon
03:00plus Jadot
03:01ça fait 28%
03:02mais alors on a coutume de dire
03:04que 1 plus 1
03:05ça fait pas forcément 2
03:06parfois ça fait moins
03:06mais ça peut aussi faire plus
03:08parce que 28%
03:09à ce moment-là
03:10c'est attractif
03:11ça devient un pôle magnétique
03:13qui peut attirer aussi
03:14d'autres électeurs
03:16aujourd'hui
03:16captés par Emmanuel Macron
03:18sur la base du flou
03:19de son programme
03:20et de sa politique
03:21et donc
03:22ces 28% là
03:23c'est une chance
03:24c'est une possibilité
03:25oui la gauche peut gagner
03:27à ce moment-là
03:27et c'est parce que
03:29c'est une gauche
03:30qui est reconstruite
03:31c'est une gauche
03:32véritablement de nouveau
03:33de gauche
03:34alors bien sûr
03:34on va dire
03:35tout ça
03:35aujourd'hui c'est compliqué
03:36ce n'est pas en route
03:38mais ça peut l'être
03:39il ne faut pas renoncer
03:40il n'y a aucune raison
03:41pour qu'on dise aujourd'hui
03:42à deux mois d'élection présidentielle
03:43les cartes sont distribuées
03:45tout est joué
03:45il faut
03:46comme disait
03:47on va citer
03:49Lénine pour une fois
03:51oui
03:51on peut rêver
03:52mais il nous faut maintenant
03:54activement rêver