- il y a 7 minutes
Les forces progressistes hors LFI ont réclamé, mardi 7 octobre, à Emmanuel Macron, la nomination d’un gouvernement de gauche, dont la feuille de route serait notamment l’abrogation de la réforme des retraites. Les insoumis, eux, demandent le départ du chef de l’État. L'analyse d'Emilio Meslet, grand reporter au service politique et Florent LE DU, journaliste au service Politique.
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NewsTranscription
00:00Peut-être n'a-t-on jamais été aussi prêts d'avoir un gouvernement de gauche depuis les élections législatives
00:06de 2024 ?
00:07C'est ce qui va nous occuper les prochaines minutes, c'est-à-dire essayer de comprendre ce qui se
00:14joue au sein de la gauche aujourd'hui
00:16entre un bloc plutôt PS, écolo, communiste, qui appelle Emmanuel Macron à les nommer à Matignon,
00:23et de l'autre, la France insoumise qui ne croit pas à cette option et qui, eux, font feu de
00:27tout bois sur Emmanuel Macron
00:29pour obtenir soit sa démission, soit sa destitution.
00:33Qu'est-ce qui se passe depuis hier, depuis même lundi, la démission de Lecornu pour la gauche ?
00:40Florent, pourquoi on n'a peut-être jamais été aussi prêts d'avoir un gouvernement de gauche ?
00:43Déjà parce qu'il n'y a pas 36 000 solutions pour Sébastien Lecornu et Emmanuel Macron d'éviter la
00:49dissolution.
00:50On l'a dit tout à l'heure, on sent quand même, et on l'a bien senti dans le
00:53discours de Lecornu à 9h30 tout à l'heure,
00:59qu'ils veulent éviter la dissolution.
01:02Ce n'est pas possible quand on va chercher quelqu'un de LR comme Premier ministre,
01:06ce n'est pas possible quand on va chercher un centriste hors parti macroniste,
01:10ce n'est pas possible quand on va chercher le dernier cercle.
01:13Il reste quoi, en fait ?
01:16Il reste quoi Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu,
01:18si ce n'est de faire un petit pas, au moins un petit pas sur la gauche.
01:23Alors ça peut être un tout petit pas, c'est-à-dire chercher une solution avec Bernard Cazeneuve,
01:30quelque chose comme ça.
01:31Un pas un peu plus franc en allant chercher Olivier Faure.
01:35Il y en a encore plus franc qui serait Lucie Casté,
01:39parce que c'était la candidate désignée par le NFP l'année dernière.
01:45On n'a pas l'impression qu'on se dirige vers ça.
01:49Dans le camp macroniste, la seule option qui est à peu près envisageable,
01:56envisagée, c'est celle de nommer un socialiste.
01:59Oui, c'est d'ailleurs ce que dit, peut-être il faut que je vous le retrouve,
02:03mais le papier de notre collègue Anthony Cortez,
02:06qui suit le bloc présidentiel.
02:09Hier, il a échangé évidemment toute la journée avec des macronistes.
02:17Et alors, je ne le trouve plus.
02:20En tout cas, attendez, hop, on va faire ça.
02:24Cassage de rythme.
02:26Mais ça va arriver vite.
02:29Voilà, Emmanuel Macron, donc, on l'a vu lâché par les siens.
02:32On ne l'a pas dit, mais ça fait partie de la donne.
02:36Gabriel Attal, le président du groupe macroniste,
02:38dit qu'il ne comprend plus ce que raconte et ce que fait Emmanuel Macron.
02:44On a de l'autre côté, Elisabeth Borne, on l'a dit,
02:46une autre ancienne première ministre qui veut sacrifier la réforme des retraites.
02:49Et un dernier premier ministre, le premier des premiers ministres d'Emmanuel Macron,
02:52qui dit qu'il doit partir, il doit démissionner pour organiser une présidentielle anticipée,
02:56à avoir réussi à bâtir un budget.
02:59Et donc, dans ce cadre-là, l'option de la dissolution paraît être la seule,
03:04l'une des rares cartes en main qu'a Emmanuel Macron.
03:06Et pour l'éviter, les macronistes sont prêts à des concessions,
03:08notamment le modem de mémoire.
03:11Si on fait un contrôle F, eh bien, ce n'est pas ici.
03:16Mais en tout cas, dans le papier, il est indiqué que le modem serait prêt à accepter un premier ministre
03:22de gauche,
03:22à condition que ce soit un socialiste.
03:25C'est ça.
03:26Donc, c'est eux qui peuvent leur servir à faire la bascule,
03:31que c'est les socialistes qui peuvent être un point d'appui.
03:34Alors, si on résume ce qui se passe, en réalité, depuis la gauche,
03:37il y a le contexte qu'évoquait Florent,
03:39il y a Emmanuel Macron qui n'a pas énormément d'options.
03:41La gauche l'a bien compris et donc a décidé de pousser son agenda.
03:44Hier, se sont déroulées plusieurs réunions.
03:51D'un côté, il y a ceux qui réclament de rentrer au gouvernement,
03:54donc le parti socialiste, les écologistes, les communistes,
03:58l'après, debout le parti de François Ruffin, Génération.
04:01Donc, tout ce petit monde s'est réuni.
04:03Place publique n'a pas voulu venir pour essayer de voir comment
04:06ils accentuaient la pression sur Emmanuel Macron
04:10pour réussir à obtenir ce qu'ils demandent et la dissolution.
04:14De l'autre, il y a une autre réunion
04:16qui a été tenue autour de la France insoumise cette fois,
04:19l'appel de Jean-Luc Mélenchon,
04:20où se sont rendus les écologistes Génération debout l'après,
04:23mais pas les communistes, pas les socialistes.
04:26Donc, on se retrouve dans une gauche qui est fracturée sur la stratégie
04:28et quelques partis qui sont entre les deux
04:30qui essaient de tenir les debout d'un côté
04:33parce qu'ils essaient de se prémunir de trois scénarios possibles.
04:37Les trois scénarios, c'est lesquels ?
04:38Le premier, c'est ce qu'on a dit,
04:40Emmanuel Macron appelle la gauche à gouverner.
04:42Ça, la France insoumise n'y croit pas,
04:44les autres n'y croient, y croient plus que jamais.
04:47La deuxième solution, c'est la dissolution.
04:51Là, en l'occurrence, tout le monde croit
04:52qu'elle est extrêmement probable,
04:53mais personne ne croit qu'elle réglera vraiment le sujet
04:58parce qu'on risque de se retrouver
05:00avec les mêmes équilibres à l'Assemblée nationale
05:03ou alors pire, une majorité relative, voire absolue,
05:06du Rassemblement national.
05:08Même dans les hypothèses les plus optimistes,
05:10en réalité, de la gauche qui sont tenues par le Parti socialiste,
05:14en réalité, ça ne bouleverse pas la donne pour la gauche.
05:16Elle ne gagne pas en nombre de députés.
05:17C'est juste des rééquilibrages entre les groupes de gauche.
05:20Mais par contre, le Rassemblement national,
05:24sur l'hypothèse très pessimiste,
05:26notamment dans les calculs des écologistes,
05:28arriverait quasiment à une majorité absolue
05:31ou en tout cas serait en capacité d'aller décrocher quelques LR,
05:33mais on en reparlera un peu plus tard,
05:34pour pouvoir faire passer leur texte.
05:37Et la troisième, c'est celle que privilégient les Insoumis,
05:41c'est la démission, en tout cas le départ d'Emmanuel Macron,
05:43que ce soit par la démission ou par la destitution.
05:46Et cette fois, c'est l'autre partie de la gauche,
05:48c'est-à-dire les socialistes et les communistes,
05:49qui ne croient absolument pas à cette option.
05:51Un, parce qu'ils pensent qu'Emmanuel Macron ne démissionnera pas.
05:53Deux, elle ne serait pas souhaitable
05:55parce qu'elle pourrait provoquer l'arrivée plus rapidement
05:57que prévu au pouvoir de l'extrême droite.
06:01Voilà, c'est là l'état du débat à gauche aujourd'hui,
06:04il se trouve là.
06:05C'est ce qu'on vous a proposé d'ailleurs dans l'édition
06:07de l'Humanité du jour.
06:10Je vais commencer par vous montrer en réalité la une d'aujourd'hui,
06:14la gauche face à ses responsabilités.
06:18Et donc dedans, le premier papier que vous trouverez,
06:21c'est un papier que nous avons écrit à plusieurs mains
06:23avec nos collègues du service politique,
06:25Cyprien Cadéo, que vous connaissez bien.
06:28Gaël De Santis, Anthony Cortez et moi.
06:33Florent était sur un autre papier sur lequel on reviendra plus tard.
06:37Donc la gauche met Emmanuel Macron au défi d'une cohabitation.
06:44Qu'est-ce qui va se passer ?
06:47En tout cas, pour le moment, on est loin d'avoir toutes les cartes en main,
06:50mais la gauche accentue la pression.
06:56Qu'est-ce qui s'est dit dans ces réunions ?
06:58Et après, j'en termine avec ce monologue interminable pour laisser Florent reprendre la parole.
07:04Eh bien, on a Johanna Roland, qui est la numéro 2 du Parti Socialiste,
07:07qui a bien compris qu'Emmanuel Macron n'a pas 15 000 solutions,
07:09puisqu'il est isolé dans son propre camp.
07:11En réalité, ce qui se passe, c'est que Gabriel Attal, en réalité,
07:14mène des discussions parallèles à celles de Sébastien Lecornu.
07:18Lui, il veut absolument éviter une dissolution,
07:19parce qu'il a bien compris que son groupe serait absolument rabougri,
07:22et qu'en gros, il serait le chef des ruines,
07:25s'il y avait dissolution.
07:26Il n'était pas d'accord avec celle de 2024.
07:30Je pense qu'il est encore moins d'accord avec celle qui pourrait se préparer,
07:34puisque le canard enchaîné nous a révélé hier soir
07:36que les préfets avaient reçu consigne officieuse
07:38de se préparer à des élections anticipées les 16 et 23 novembre.
07:43Et donc, dans ce contexte-là, Gabriel Attal, il essaie d'abattre ses cartes.
07:47Surtout que lui a bien compris qu'Edouard Philippe préemptait l'espace du centre-gauche
07:50et que s'il avait un espace pour lui, pour la présidentielle,
07:53ce serait plutôt celui du centre-droit.
07:55Donc, il essaie de se repositionner.
07:56Et comment ? En discutant notamment avec le Parti Socialiste.
08:00Et il y a eu un moment particulier, avant toutes les réunions de la gauche,
08:04lundi soir, dans les couloirs de TF1-LCI,
08:08où François Hollande, non, Olivier Faure, le lapsus,
08:12Olivier Faure, Marine Tondely et Gabriel Attal ont discuté.
08:16Gabriel Attal leur a proposé de nommer ce qu'il appelle lui un préfigurateur,
08:20c'est-à-dire un négociateur en dehors des partis
08:22qui ne soient pas missionnés par Emmanuel Macron,
08:23pour essayer d'atterrir sur une plateforme commune.
08:25Il essaie de leur vendre ça.
08:26Ce à quoi Olivier Faure et Marine Tondely ont répondu.
08:29D'ailleurs, c'est une information de l'humanité.
08:33Vous n'avez pas vu cette info par ailleurs.
08:36Eh bien, qu'ils ne referont pas l'UMPS.
08:39C'était l'expression qu'avait utilisé le Front National
08:42pour dire que la droite et la gauche, c'était pareil.
08:44Et c'est en réalité ce qu'a voulu créer Emmanuel Macron.
08:46Qu'ils ne feront pas ça et qu'il n'y aura pas de coalition.
08:48Mais par contre, qu'ils doivent se résoudre à une coalition.
08:50Et donc, ils essaient de faire monter la pression.
08:55Oui, et puis monter la pression, il faut voir sur quoi aussi.
08:59Je vois pas mal de...
09:00Enfin, quelques commentaires qui reprochent en fait à ces parties-là
09:06de chercher un accord.
09:07Je voyais tout à l'heure la gauche des places.
09:11Il faudrait voir ça.
09:13Effectivement, il ne faudrait pas que ce soit juste un accord
09:18pour obtenir des sièges de ministre.
09:21Mais il faut quand même envisager la question
09:25de est-ce qu'on peut arracher des conquêtes sociales
09:30avec un tel accord.
09:32En fait, c'est tout le débat.
09:33C'est ça le vrai enjeu.
09:35Et c'est ça, normalement, je vous espérais,
09:37qui va se jouer dans les réunions de ce matin.
09:39On rappelle que les trois principaux partis de gauche
09:43à l'exception de la France insoumise
09:45seront reçus à Matignon par Sébastien Lecornu ce matin.
09:48Et je vois Longos qui nous reprend en disant
09:51cohabitation à la place de coalition.
09:52Non, non, c'est bien.
09:53Ils ont bien dit à Gabriel Vettel
09:54qu'ils ne voulaient pas de coalition avec lui
09:57et qu'ils souhaitaient justement une cohabitation
10:00et que les macronistes devaient s'engager
10:01à ne pas censurer un gouvernement de gauche
10:03parce que c'est la seule voie pour la stabilité
10:08et éviter une nouvelle dissolution,
10:11mais que ça doit se faire au prix de concessions fortes
10:12sur un programme de gauche.
10:13Parce que Florent, tu viens de le dire,
10:16la France insoumise, en réalité, même au sein de cet attelage,
10:18ils ont des craintes sur qu'est-ce qu'on peut faire concrètement,
10:22qu'est-ce qu'on peut arracher,
10:24parce qu'on peut bien imaginer que la France insoumise
10:26qui ne veut pas rentrer n'a pas forcément spécialement intérêt non plus
10:28à ce qu'un gouvernement de gauche, auquel il n'y partit pas,
10:32réussisse à obtenir énormément de comptes-quêtes
10:34à quelques mois d'une présidentielle.
10:36Et de l'autre côté, les macronistes auront tout intérêt
10:39à tirer cet attelage vers eux, ce gouvernement vers eux,
10:43parce qu'ils ont la possibilité de le censurer
10:45en essayant de limiter au maximum les concessions qu'ils peuvent faire.
10:49Après, la France insoumise ne s'opposera a priori pas...
10:55Voilà, s'il y a des réformes importantes qui vont dans leur sens,
10:59ils ne vont pas s'y opposer par principe, en tout cas c'est ce qui se dit en coulisses
11:05si on lit votre article de ce matin.
11:08Tu fais la transition, c'était effectivement ce que je voulais vous montrer ensuite.
11:12Donc les filles n'y croient pas, on a vu Mathilde Panot ce matin
11:16qui dit qu'elles ne croient pas à l'hypothèse d'un gouvernement de gauche.
11:20Jusqu'ici, en réalité, les insoumis ne voulaient pas répondre
11:23aux questions qu'on leur posait dès qu'on les interrogeait
11:27sur l'hypothèse d'un gouvernement de gauche, ils disaient de toute façon,
11:29c'est une hypothèse qui n'existe pas, on ne répond pas sur le vent.
11:33Donc il faut que ce soit Macron démission, Macron destitution qui prime.
11:39Désormais, la donne a un peu changé chez les insoumis,
11:40ils ont bien compris que l'hypothèse se crédibilisait.
11:44Et donc, j'ai perdu le passage que je voulais vous montrer,
11:51mais c'est normal, c'est pas la bonne page, c'est celle-ci.
11:57LFI dit que la proposition vient du PS qui est décidée à faire sans nous,
12:01donc sans les insoumis, elle ne nous concerne donc pas,
12:03d'autant plus qu'on est dans une crise politique.
12:06Voilà, ça c'est ce qu'ils disent, Macron doit partir.
12:09Pour autant, il se trouve que c'est aussi les informations qu'on a obtenues,
12:13les informations exclusives qu'a obtenues l'humanité hier,
12:15pour le papier que vous lirez dans le journal d'aujourd'hui
12:17ou sur notre site internet, n'oubliez pas de vous abonner
12:20et de faire des dons, tant qu'on y est,
12:23eh bien, on y apprend que la France insoumise,
12:26dans la réunion d'hier matin, sous pression des potentiels partenaires,
12:30notamment des écologistes, a reconnu que s'il n'y avait pas
12:33de ministre macroniste dans un gouvernement,
12:35et si surtout, en fait, ce qui ressort,
12:39ce n'est pas du macronisme light sur les fonds des mesures
12:42qui sont adoptées, eh bien, ils ne censureraient pas.
12:44C'est une option auxquelles ils ne croient pas forcément,
12:46mais en tout cas, ils le disent.
12:46Par contre, ce qui est intéressant, c'est qu'ils n'ont pas voulu
12:48que ce soit inscrit dans le communiqué qui est sorti
12:50de cette discussion, parce que, en fait,
12:53ce serait accrédité publiquement, l'hypothèse d'un gouvernement de gauche
12:57auquel ils ne croient absolument pas.
12:58Mais en tout cas, c'est sur la table,
13:00la non-censure de la France insoumise.
13:03Ils ne croient pas, ils ne souhaitent probablement pas,
13:07dans le sens où ils...
13:09Je ne veux pas du tout en procès d'intention
13:10à la France insoumise en disant ça,
13:12c'est plutôt que, de leur point de vue,
13:14ils pensent que même s'il y a un gouvernement de gauche,
13:16en fait, ça passera forcément par un accord avec les macronistes
13:20qui, en soi, est problématique.
13:24Mais ce qui ne sera pas un accord de fond ?
13:26A priori.
13:27C'est pour faire quoi après ?
13:30Si un gouvernement de gauche met suspendu à l'aval des macronistes
13:37à chaque fois, ou en tout cas pour éviter la censure,
13:42les perspectives sont minces.
13:45C'est un peu tout l'enjeu qu'il y aura aujourd'hui.
13:47Le chemin est quand même très, très étroit
13:50pour croire à ce que les macronistes
13:53laissent faire un certain nombre de réformes.
13:56Et si elles sont au rabais,
13:59c'est-à-dire une suspension de la réforme sur quelques mois
14:02et pas une abrogation,
14:03une taxe Zuckman qui ne serait pas à 2%,
14:06mais à 0,7%,
14:08est-ce que c'est vraiment souhaitable ?
14:10C'est toujours des petits pas.
14:13Alors, quand on échange avec...
14:14Notamment les socialistes, les écologistes et les communistes,
14:19ils nous disent que eux,
14:21ils arriveront avec un gouvernement de gauche
14:23qui proposera à l'Assemblée nationale
14:24un programme de gauche,
14:26c'est-à-dire qu'ils iront piocher dans les mesures qu'ils pensent
14:27et ensuite, ils laisseront la discussion faire.
14:29Ensuite, soit ils obtiennent des majorités sur leur sujet
14:34et du coup, les lois sont adoptées,
14:37soit il se passe des compromis
14:40qui sont a priori acceptables pour eux
14:41et donc, ils les valident
14:44et donc, en gros, c'est le jeu parlementaire
14:47qui fait la loi parce que c'est le Parlement
14:49qui l'écrit, pas le gouvernement
14:51et donc ça passe.
14:51Et si les textes qu'ils ont sont balayés,
14:55dénaturés, etc.,
14:56ils retirent les textes.
14:57Voilà.
14:58Ça, c'est ce qu'il dit sur la méthode.
15:01Mais il y a une chose quand même,
15:04là, ce qui va se jouer,
15:05c'est un accord de non-censure.
15:07Partons de l'hypothèse d'un gouvernement de gauche
15:10qui est nommé.
15:11Il ne se fera pas a priori sans,
15:13en tout cas, c'est ce que disent les socialistes,
15:16si je ne me trompe pas,
15:17il ne se fera pas sans un accord de non-censure,
15:19en tout cas de non-censure a priori,
15:23des macronistes.
15:23Et il doit bien y avoir un petit peu de fond
15:27dans cet accord-là ?
15:28Alors, c'est tout le sujet.
15:29En fait, pour l'instant, il se parle.
15:31Il y a des discussions informelles.
15:34Il n'y a pas de cadre de négociation
15:35qui a été défini de façon officielle.
15:38En fait, il se trouve que Gabriel Attal,
15:39lui, il est assez embêté,
15:40parce qu'en fait, il ne tient pas son groupe
15:43sur la censure.
15:43On l'a vu sur la question des retraites tout à l'heure
15:46dans les échanges.
15:47Il y a d'un côté des gens qui sont prêts
15:49à accepter un parti socialiste
15:50et de ne pas se censurer a priori.
15:52Et, évidemment, il y a une partie de son groupe
15:53qui dit la gauche, c'est mort.
15:55Il a compris aussi que Horizon, a priori,
15:58c'est ce qu'il a dit, Gabriel Attal,
16:00a priori, à Olivier Faure et Marine Tondulic,
16:02quand ils se sont vus dans les coulisses de TF1,
16:04que Horizon aussi censurerait.
16:08Donc, il y a assez de ne-la à prendre.
16:12Et, en tout cas, moi, ce que me disaient
16:14les socialistes hier soir avec qui j'ai échangé,
16:16c'est que les macronistes,
16:18au nom de la stabilité qu'ils prônent,
16:20ont tout intérêt à ne pas censurer.
16:22Par contre, effectivement,
16:24les macronistes ont aussi compris
16:25que le débat parlementaire
16:26peut tourner en leur faveur.
16:28C'est-à-dire qu'ils ont la capacité
16:29de bloquer à peu près tout ce que proposera la gauche.
16:33Mais la gauche préfère, en réalité,
16:34tomber, être nommée au gouvernement
16:36et tomber en disant,
16:37regardez, ils ne veulent pas l'attaque Zuckman,
16:39ils ne veulent pas arborger la réforme des retraites,
16:41ils ne veulent pas faire de gestes
16:41sur le pouvoir d'achat,
16:42ils ne veulent pas prendre de sanctions
16:44contre Israël pour arrêter le génocide à Gaza.
16:48C'est-à-dire qu'ils iront avec ces sujets
16:50et s'ils tombent là-dessus,
16:50ils se disent, ok, mais nous,
16:52on ira avec ce capital-là aux élections
16:53et c'est les macronistes qui auront la responsabilité.
16:56Je ne dis pas que ça marchera.
16:57En tout cas, c'est là-dessus qu'ils comptent.
16:59Et surtout pour ça, il faudra que la gauche,
17:02les partis qui feront partie de cette coalition-là,
17:06ne lâchent rien sur leurs propositions.
17:10Bon, il faut voir.
17:12On voit que les socialistes,
17:14il y a un peu moins d'un an,
17:18ont réussi à lâcher,
17:19en tout cas à ne pas voter la censure,
17:21juste sur...
17:23J'ai oublié même le mot.
17:27sur une réflexion autour de la réforme des retraites.
17:30Le conclave, pardon.
17:31Le conclave, pardon.
17:31Le conclave.
17:33Voilà, ça, ça a suffi à éviter la censure.
17:36Est-ce que les socialistes sont assez solides
17:39sur les propositions de la gauche,
17:41une fois au gouvernement
17:43et une fois à l'Assemblée
17:46pour débattre de leurs propositions ?
17:48Ça, ça sera un enjeu important.
17:51On peut regarder,
17:51on va s'amuser à regarder sur le site du Monde,
17:54qu'est-ce que ça donnerait ?
17:56Parce qu'il y a un truc qui est super,
17:58un outil qui est un simulateur
18:01de majorité absolue à l'Assemblée nationale.
18:03Alors, ça ne veut pas dire que ce sera une coalition,
18:05mais on va essayer de regarder
18:07qui doit ne pas censurer un Premier ministre de gauche
18:11pour que ça tienne.
18:12Donc, on peut déjà acter que les socialistes,
18:14a priori, ils sont dans l'attelage,
18:16les communistes et les socialistes,
18:19pardon, écologistes communistes et socialistes.
18:21Donc, ça, c'est le socle qui irait au gouvernement.
18:24On dit que s'ils sont nommés,
18:27les députés Ensemble pour la République,
18:28donc le groupe de Gabriel Attal,
18:30en partie, ne censurerait pas.
18:32Si on les met ensemble, ça donne ça.
18:34Ensuite, le modem a l'air a priori OK
18:36si c'est un socialiste.
18:36Donc, on peut mettre le modem
18:38et a priori, Liot ne censurerait pas non plus.
18:41Donc, le Liot, c'est les républiques,
18:42c'est des centristes, des centres gauches,
18:44des centres droits, des anciens socialistes,
18:46des gens, voilà, mais en gros,
18:47qui sont entre les macronistes et la gauche.
18:50Donc, on se retrouve à 271 sièges
18:55si l'ensemble des macronistes ne censurent pas,
18:59ce qui n'est pas assez.
19:00Si tout le reste de l'Assemblée censure,
19:04un gouvernement de gauche tombe.
19:06Donc, pour ça, il faudrait soit
19:10qu'Horizon décide de ne pas censurer,
19:13ce qui, a priori, est peu probable,
19:14soit que la France insoumise
19:17dise qu'il ne censure pas.
19:19Voilà.
19:20C'est les seules conditions
19:21selon lesquelles la gauche
19:23pourrait obtenir de rester à Matignon.
19:28Parce que si on fait l'inverse,
19:30on voit que si l'UDR de Éric Ciotti,
19:33le Rassemblement national,
19:34la droite républicaine,
19:37Horizon et la France insoumise censure,
19:39on dépasse les 289 voix nécessaires
19:41pour faire tomber un gouvernement,
19:42ça tombe.
19:45Voilà.
19:46C'est juste une petite démonstration chiffrée.
19:48Vous pouvez vous amuser avec ça
19:49sur les sites du Monde.
19:51En tout cas,
19:53c'est une hypothèse aujourd'hui
19:54qui est davantage crédible
19:56qu'elle ne l'était il y a encore un mois
19:58lorsque les socialistes ont commencé
19:59à réclamer très très fort d'aller à Matignon.
20:01On voit quand même que ce serait vraiment sur un fil.
20:04C'est-à-dire que si sur des propositions sociales,
20:11ils veulent être ambitieux,
20:12ils peuvent avoir la France insoumise à leur côté.
20:15Mais ils risquent de perdre une bonne partie,
20:19voire l'enterté des 91 députés de Renaissance.
20:25Et d'un autre côté,
20:26s'ils font des concessions trop fortes
20:30sur le programme de la gauche,
20:32la France insoumise se fera pas prier
20:34pour ne pas soutenir, voire censurer.
20:37Enigmatique viewer nous demande
20:38si on pense que les sites pourraient censurer
20:40un gouvernement PCF, PS, ELV.
20:42Oui, oui, ils le peuvent.
20:44Ils le peuvent et même ils agitent la menace.
20:47Puisque si sur le fond,
20:50les propositions ne leur vont pas,
20:51ils ont tout intérêt,
20:52dans l'optique de 2022,
20:55de censurer ce gouvernement
20:57en essayant de jouer la pureté de la gauche.
21:00En gros, si je...
21:01Dans l'optique de 2027 ?
21:02Oui, dans l'optique de...
21:03J'ai dit quoi ?
21:03De 2022.
21:04Pardon, oui, de 2027.
21:05Dans l'optique de 2027,
21:06de la présidentielle.
21:08Dans cette optique-là,
21:09pour essayer de ramener une partie des électeurs
21:11qui étaient favorables à l'entrée au gouvernement,
21:13mais qui seraient déçus par son action,
21:16de les ramener vers eux
21:17pour ensuite rentrer dans la bataille présidentielle
21:19avec ce capital politique-là.
21:24Ou peut-être...
21:24...