- il y a 11 heures
La crise de régime franchit un nouveau cap. À peine nommé, le gouvernement est déjà défait. Le premier ministre a annoncé ce lundi 6 octobre qu’il remettait sa démission à Emmanuel Macron. Un départ que le président de la République a accepté. Cette situation inédite fait suite à de fortes frictions au sein du « socle commun » depuis l’annonce de la composition du « nouvel » exécutif dimanche 5 octobre. Du côté de la gauche, les appellent à se rencontrer pour discuter se multiplient. Le point sur la situation avec nos journalistes politique Cyprien Caddeo et Aurélien Soucheyre.
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NewsTranscription
00:00Alors il y a eu un véritable séisme politique ce matin avec la démission de Sébastien Lecornu, Premier ministre,
00:04qui n'aura même pas eu le temps d'être Premier ministre de plein exercice,
00:07puisqu'il n'a même pas fait son discours de politique générale, aucune question au gouvernement,
00:10il a été Premier ministre mais de gestion des affaires courantes.
00:14Et maintenant la question qui se pose c'est la suite notamment à gauche,
00:16donc je suis avec Cyprien Cadéo, tu es chef de service adjoint du service politique.
00:20Tout à fait, bonjour.
00:21Et on va donc poser la question de qu'est-ce qui se passe à gauche,
00:23sachant qu'il y a un peu plus d'un an, la gauche était unie au sein du nouveau Front
00:26populaire
00:27et voulait exercer le pouvoir, voulait gouverner.
00:30Aujourd'hui la situation n'en est plus du tout là, en tout cas pas pour tout le monde.
00:34Quelles sont les réactions à gauche depuis la démission de Lecornu
00:36et est-ce que sa démission, qui sidère un petit peu tout le monde,
00:40qui sidère la classe politique et le milieu médiatique et les Français, les citoyens,
00:45est-ce que sa démission a provoqué un sursaut collectif à gauche ou pas vraiment ?
00:49Pas vraiment.
00:49Donc les divisions que la gauche a étalées, on va dire, depuis un an se confirment après la démission de
00:54Lecornu.
00:55Alors il y a quand même une chose qu'on peut dire, c'est que tout le monde est d
00:58'accord sur le constat,
00:59c'est-à-dire que l'impasse politique à un responsable principalement, c'est Emmanuel Macron.
01:03Ça, pour le coup, à gauche, tout le monde le dit.
01:06Il ne s'agit pas de dédouaner Emmanuel Macron de sa responsabilité historique vis-à-vis de la situation.
01:11Par contre, c'est sur les stratégies et sur la position à avoir vis-à-vis de ce constat que
01:15ça diverge.
01:17En fait, concrètement, tout le monde est très conscient qu'il y a trois scénarios possibles
01:20après la démission de Lecornu, c'est-à-dire soit Emmanuel Macron prend la parole
01:25et décide de dissoudre l'Assemblée nationale une seconde fois,
01:28soit il décide de démissionner, scénario moins probable, mais il existe,
01:32ou alors il nomme un gouvernement issu soit du NFP, soit un gouvernement de gauche,
01:38ne serait-ce, c'est-à-dire issu du résultat des législatives de 2024.
01:42D'ailleurs, Lucie Casté est un peu revenue dans le bourrier médiatique en disant
01:47qu'il est toujours temps de respecter le résultat des urnes d'il y a un an,
01:51puisque c'est un peu le péché originel.
01:53D'accord. Donc, en fait, à gauche, tout le monde est d'accord pour dire qu'il faut une fin
01:58des politiques macronistes,
01:59qu'on ne peut pas, en l'état, continuer avec un gouvernement macroniste qui doit passer la main,
02:03que ce soit par une démission, par la convocation d'une législative avec la dissolution,
02:07ou en nommant un Premier ministre de gauche.
02:09C'est ça, mais sauf que là, après, dans le détail, c'est là où ça se tend un peu,
02:14puisqu'en gros, là, ce qui s'est passé, si je vous fais un peu le résumé de la journée,
02:17la France insoumise était la première à prendre la parole, puisqu'elle a convoqué une conférence de presse,
02:22c'est Jean-Luc Mélenchon qui a parlé lui-même au siège de la France insoumise,
02:26pour dire, en gros, la ligne des insoumises, c'est qu'il faut que la gauche se réunisse pour se
02:31parler tous ensemble,
02:32donc toutes les forces qui ont fait l'ANUPS puis l'ONFP doivent se parler,
02:36mais par contre, la France insoumise a déjà posé le cadre de la discussion en disant
02:39« Nous, on est pour, en gros, s'appuyer sur la motion de destitution qu'ils ont déposée à l
02:45'Assemblée nationale,
02:46et en gros, rappeler, encore une fois, à la démission d'Emmanuel Macron,
02:49étant dans l'esprit des insoumis le responsable principal du chaos,
02:51c'est à lui de démissionner, et les insoumis sont sur une stratégie de la présidentielle anticipée. »
02:55Donc l'AFI a demandé une réunion des forces du NFP, mais pour s'entendre sur une destitution de Macron.
03:02« C'est en gros, oui, la base des discussions, c'est leur stratégie à eux, c'est-à-dire
03:06des destitutions.
03:07C'est-à-dire, eux, ils ne sont pas du tout dans la stratégie de la dissolution,
03:10ils savent très bien que c'est possible, évidemment, ils ne sont pas fous,
03:12mais en tout cas, eux, ils ne la souhaitent pas, ils disent, s'il y a dissolution,
03:15en fait, on va juste hériter d'une équation à peu près similaire,
03:18parce qu'il n'y a pas de raison que les équilibres politiques soient drastiquement changés
03:22s'il y a une deuxième dissolution, en tout cas, c'est leur hypothèse.
03:25– Et ils mettent la pression sur Macron, comme le fait de plus en plus de monde,
03:29notamment Valérie Pécresse, David Linard, qui ont pris la droite maintenant.
03:32– Oui, qui ont pris la droite, les appels à démission commencent à se multiplier.
03:36Et précisons que les insoumis n'ont pas parlé d'un gouvernement de gauche.
03:39Visiblement, ils ont écarté l'hypothèse que Macron puisse un jour céder
03:43et accepter le résultat des journées et nommer un gouvernement de gauche.
03:47Donc ce n'est pas une hypothèse qui a été discutée, en tout cas,
03:49dans la prise de parole des insoumis.
03:50– Et du côté du Parti Socialiste, par contre, c'est envisagé.
03:53– En gros, le reste des partis de gauche, c'est-à-dire des principaux partis du NFP,
03:59évidemment, il y en a plus, mais les communistes, les écologistes et les socialistes,
04:03eux, poussent à ce qu'il y ait un gouvernement de gauche.
04:06Et s'il n'y a pas de gouvernement de gauche, en gros, ils disent
04:07« il y aura des solutions, c'est inéluctable, et donc se préparer à ça ».
04:10Aucun des trois partis de gauche, à part les insoumis,
04:12ne sont sur la ligne Macron-démission, en gros.
04:17Et par contre, ils sont encore sur « écoutez, nommez-nous, quoi ».
04:20« Nommez-nous et laissez-nous gouverner ».
04:22– Oui, nommez-nous en respect des résultats des élections législatives de 2024.
04:26Macron, on s'en souvient, avait dit « si je nomme le NFP,
04:29ce sera le chaos, ce sera la chien-lis, ça ne va pas du tout marcher ».
04:32Exactement la situation dans laquelle il est, peut-être même en pire,
04:35puisqu'on peut imaginer que si Lucie Casta avait été nommée à Matignon,
04:37elle aurait tenu un petit peu plus longtemps.
04:38En tout cas, son gouvernement aurait tenu un petit peu plus longtemps
04:40que celui de Sébastien Lecornu.
04:42– Plus d'une nuit, c'est a priori, oui, ça c'était sûr.
04:44Mais au-delà de ça, alors là, le problème, c'est que, bon, en l'État,
04:48si, admettons qu'Emmanuel Macron nomme un gouvernement, je ne sais pas,
04:52où Matignon irait au PS, par exemple, option possible,
04:57ce serait compliqué parce que là, il n'y aurait pas des insoumis dedans,
04:59parce que les insoumis ont déjà exclu cette hypothèse-là.
05:01Les socialistes ne veulent plus entendre parler des insoumis,
05:04que ce soit pour gouverner avec eux ou pour faire campagne
05:09en cas de législative avec eux, ni même d'ailleurs de juste discuter,
05:12parce que les socialistes ont fait savoir qu'ils n'iraient pas
05:15à la réunion proposée par Mélenchon, qui n'a pas eu lieu d'ailleurs,
05:18la fameuse réunion des partis proposée par Mélenchon n'a pas eu lieu,
05:21parce que personne n'a donné suite.
05:24Donc voilà, je pense qu'il faut, ça voudrait dire qu'un gouvernement de gauche
05:27sans LFI, ça veut dire un gouvernement de gauche qui s'appuie sur 120 députés.
05:30– C'est-à-dire que la France insoumise a dit que s'il y avait un gouvernement de gauche,
05:35elle ne le soutiendrait pas, parce qu'elle pourrait ne pas le soutenir,
05:38mais ne pas non plus voter de la censure.
05:40C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on n'est pas non plus dans la situation
05:41qui était celle, parce qu'il y a eu un moment donné
05:44où la droite et l'extrême droite avaient tellement mis la pression
05:47au moment où la gauche voulait envoyer Lucie Casté à Matignon,
05:50avait mis tellement la pression, notamment sur la France insoumise,
05:52qu'au bout d'un moment, la France insoumise avait dit,
05:54c'était à peu près, je crois, en juillet dernier,
05:57ou en août ou début septembre,
05:59c'était avant que Barnier soit nommé,
06:02l'AFI avait dit, mais pas de problème,
06:03nommez quelqu'un du NFP à Matignon,
06:06et il n'y aura pas de ministre insoumis,
06:09mais les députés insoumis seront dans le travail parlementaire
06:13pour faire les textes de loi de ce gouvernement du NFP
06:15et pour les voter.
06:16– Oui, cette position, ce n'est plus vraiment le cas.
06:18Enfin, en tout cas, les insoumis n'arrêtent pas de dire,
06:21en gros, le nerf de la guerre, c'est le programme du NFP.
06:23Et donc, tout gouvernement qui renierait sur le programme du NFP
06:29serait soumis à une censure.
06:31C'est-à-dire que là, il n'a pas dit exactement comme ça,
06:33Jean-Luc Mélenchon, mais il a quand même parlé
06:34de compromis contre nature, enfin,
06:36gare au compromis contre nature, etc.
06:38Ça, tout le monde l'a bien compris,
06:39c'était une balle en direction du Parti socialiste
06:42à qui il avait déjà reproché de négocier
06:45sur une base rabotée du programme du NFP,
06:47notamment où il n'y a plus l'abrogation,
06:48la réforme des retraites, etc.
06:50Donc, voilà, c'est une façon de dire,
06:53si jamais Macron nomme un gouvernement NFP
06:56et accepte que le programme du NFP soit appliqué,
06:58OK, mais en vrai, cette hypothèse,
07:00elle s'est largement éloignée
07:01et les insoumis ne la réfléchissent même plus.
07:05Et si c'est raboté, ça ne leur va pas
07:06parce qu'électoralement, les insoumis,
07:09on considère que leur électorat attend une rupture nette
07:12et que tout compromis sera vu comme une compromission
07:15par leur électorat.
07:17Donc, voilà, c'est le pari des insoumis.
07:18C'est vrai que là, on fait un peu de politique fiction,
07:20mais c'est les temps qui veulent ça,
07:21parce qu'il y a beaucoup de flou.
07:23Par contre, là, ce qu'on peut se dire,
07:24c'est que Emmanuel Macron, parfois, surprend.
07:28Mais s'il y a une cohérence chez lui,
07:29enfin, s'il y a une constance,
07:30une cohérence, c'est un bien grand mot,
07:31s'il y a une constance chez lui,
07:32ça a toujours été, jusqu'à présent,
07:34de refuser que la gauche arrive au pouvoir
07:36pour mettre en œuvre des politiques de rupture
07:38et qui s'opposent à son bilan
07:40et à toute sa politique économique et sociale.
07:43Donc, ça, ce serait l'hypothèse,
07:44on évoquait l'hypothèse,
07:45si jamais il y a un gouvernement de gauche.
07:47Par contre, il y a une autre hypothèse,
07:48tu l'as dit, c'est celle de la dissolution.
07:49Si jamais demain, il y a dissolution,
07:51est-ce que les forces de gauche
07:52qui étaient alliées au sein
07:53du nouveau Front populaire,
07:55donc le PCF, le PS, la EFI et ELV,
07:59et puis il y en a d'autres,
08:00il y a Génération aussi,
08:01puis il y a des formations qui,
08:02depuis, sont issues,
08:03même s'ils n'étaient pas dans l'FP.
08:04Il y a d'autres figures à gauche,
08:05il y a l'après, il y a Debout.
08:07Est-ce que les forces de gauche,
08:09dans les réactions qu'elles ont données,
08:10si demain, il y a une dissolution,
08:11est-ce qu'ils ont envisagé une dissolution
08:12et est-ce qu'ils ont dit,
08:13si demain, il y a dissolution,
08:14on repart ensemble
08:15ou on repart chacun de notre côté ?
08:16Eh bien, là encore,
08:18ce n'est pas la même voie
08:19et la même position partout.
08:21En gros, bon, déjà,
08:22là, on discute à un instant T.
08:24Si demain, il y a vraiment
08:25dissolution concrètement,
08:26la vérité des prix peut changer.
08:28On sait que ça fait électrochoc.
08:30Typiquement, en 2024,
08:31tout le monde disait,
08:31bon, la gauche ne saliera plus jamais.
08:33Ils se sont mis violemment
08:35sur la tronche aux européennes,
08:36ce qui était le cas.
08:37Et pourtant, en fait,
08:38il y a eu le NFP en 2024.
08:40Et d'ailleurs, la première réunion,
08:40il n'y avait pas l'IFI.
08:41Il y avait l'IFI,
08:42il y avait l'IFI,
08:43l'IFI a fini par rejoindre
08:44parce qu'il y avait aussi
08:45une pression unitaire
08:46de la part de la base
08:46et de l'électorat.
08:47Ça joue aussi.
08:47Bon, bref, on n'en est pas là.
08:48Mais en tout cas,
08:49là, si on prend les prises
08:50de position actuelles,
08:51si on doit s'appuyer là-dessus,
08:53en gros, les verts sont pour
08:56que tout le monde parle
08:57sans exclusion,
08:58donc l'IFI,
08:59l'IFI au PS
09:00et que, pourquoi pas,
09:03en sorte qu'on discute
09:05de l'hypothèse d'une dissolution
09:06et de ce qu'on fait
09:06tous ensemble,
09:07en gros, à gauche.
09:08Le Parti communiste aussi
09:10est sur cette position-là.
09:11Mais le Parti socialiste,
09:13lui, a quasiment,
09:14en bureau politique,
09:15cet après-midi,
09:15enterré l'hypothèse
09:16d'alliance avec l'IFI
09:17en cas de législative.
09:18Alors, bon,
09:20encore une fois,
09:21il faudrait clarifier ça
09:22parce que Olivier Faure
09:23avait dit quand même
09:24dans des interviews précédentes,
09:25mais qui ne sont pas très vieux,
09:27qui date d'il y a quelques jours,
09:29que, en fait,
09:30dans les circonscriptions
09:31où il y a un risque
09:32de bascule
09:33au Rassemblement national,
09:34la France insoumise
09:35pourrait redevenir
09:35un partenaire électoral
09:40fréquentable,
09:41au nom de la lutte
09:42contre l'extrême droite.
09:43Mais dans des circos
09:43où cette problématique
09:45n'existe pas,
09:47plus aucun accord.
09:48Il y a des gens au PS
09:49qui ne veulent pas d'accord du tout.
09:50Enfin, voilà,
09:50c'est assez compliqué,
09:51mais globalement,
09:52on ne va pas vers
09:53une reconduction
09:54de l'accord de 2024
09:55pour ce qui est du PS
09:56qui veut globalement
09:57couper les ponts
09:58avec la France insoumise.
10:00Voilà,
10:01c'est ça qu'il faut avoir en tête.
10:02Donc là,
10:02à l'heure actuelle,
10:03s'il y a des solutions de demain,
10:04bon, évidemment,
10:04tout le monde irait
10:05rediscuter quand même,
10:06quitte à acter des désaccords,
10:07mais il y aura forcément
10:08une phase de discussion.
10:10Et il est peu probable,
10:12en tout cas,
10:12qu'il y ait effectivement
10:14la reconduction du NFP
10:15dans le périmètre
10:15qu'on avait en 2024.
10:16Même si on n'est jamais
10:17au bout de nos surprises,
10:18surtout ces dernières années,
10:19il faut se souvenir d'ailleurs
10:20qu'Emmanuel Macron,
10:21quand il dissout en 2024,
10:23son pari,
10:23c'est de s'appuyer,
10:25de profiter de la division
10:25de la gauche
10:30et provoquer une cabitation
10:32avec le RN.
10:32Et puis finalement,
10:33ça ne s'est pas passé
10:33comme c'était prévu.
10:34Et puis là,
10:35on verra s'il y a dissolution ou non.
10:37Mais disons quand même,
10:38si on doit se projeter,
10:39quand même,
10:40pour qu'on mesure aussi
10:41la responsabilité de la gauche,
10:42si jamais il n'y a pas d'accord
10:45du tout à gauche
10:45et que tout le monde
10:46part un peu divisé,
10:47ça veut dire que le risque est grand
10:48que les second tours,
10:49beaucoup de candidats de gauche
10:50s'éliminent entre eux
10:51et n'arrivent pas
10:52à se qualifier au second tour.
10:53Et que cette fois-ci,
10:54ce soit surtout les macronistes
10:55qui sont en position
10:56d'incarner le Front républicain,
10:57là où le NFP
10:58était largement présent
10:59dans les second tours
11:00en 2024,
11:01et que dans ces conditions-là,
11:03en fait,
11:03beaucoup de macronistes
11:04soient perdants face au RN
11:06parce que peut-être
11:07que les gens de gauche
11:07n'iraient pas voter barrage non plus.
11:09Donc,
11:09dans ces configurations-là,
11:11on peut imaginer
11:12que le RN gagnerait
11:12un nombre très conséquent
11:14de sièges.
11:15Est-ce que ce sera assez
11:16pour avoir une majorité ?
11:16Ça, c'est...
11:17Ils en sont quand même loin.
11:18Mais bon, voilà.
11:21Il y a un risque quand même
11:22que...
11:22Enfin, la gauche,
11:23si la gauche allait diviser,
11:24elle prendrait le risque
11:24d'avoir un RN largement
11:26en première force
11:26au Parlement.
11:27C'est vrai que même
11:28un tout petit peu
11:29plus d'un an après
11:30les législatives de 2024,
11:32on n'est pas du tout sûr
11:33que déjà la gauche se réunisse
11:34et que le barrage républicain,
11:36s'il est fait,
11:37parce que c'est pas sûr
11:37qu'il soit fait,
11:38fonctionne à nouveau
11:39étant donné qu'il a été
11:40vraiment maltraité
11:41par la Macronie
11:42jusqu'à la semaine dernière
11:43à l'Assemblée nationale
11:44avec la Macronie
11:44qui a dealé
11:45avec le Rassemblement national
11:46pour les postes clés
11:47à l'Assemblée.
11:48Donc, ça n'a peut-être pas...
11:49Ça n'a pas été très médiatisé.
11:51À l'Humanité,
11:51on a insisté
11:52parce que ça nous semblait
11:53une information d'ampleur.
11:56Mais que feront les castors ?
11:57Est-ce qu'il y aura toujours
11:58ce sursaut républicain
11:59contre l'extrême droite
12:00alors qu'elle est sans cesse banalisée,
12:01y compris par les macronistes ?
12:03C'est une bonne question,
12:04mais on n'en est pas là,
12:05on verra.
12:06Et on vous invite évidemment
12:07à suivre l'actualité
12:08sur l'Humanité.
12:09Juste un truc avant la conclusion.
12:10Non, une chose
12:11qu'il faut quand même bien préciser,
12:12c'est que les divergences
12:15sont avant tout stratégiques
12:16et notamment sur fond
12:17de la présidentielle
12:18parce que, en fait,
12:19rappelons-nous quand même
12:20que tous ces partis-là
12:21ont réussi à se mettre d'accord,
12:22alors certes dans l'urgence,
12:24dans des conditions particulières,
12:25mais ont réussi à se mettre d'accord
12:25sur un programme
12:27qui est globalement
12:27un programme de relance
12:30keynésien,
12:30qui n'a rien de soviétique,
12:31contrairement à ce qu'on peut entendre
12:32à droite, etc.
12:33Mais voilà,
12:33un programme qui est un socle commun,
12:36j'allais dire,
12:37même si la Ligue Fréchon
12:37est préemptée par le bloc libéral.
12:40Mais donc là,
12:42il y a aussi un peu un surjeu
12:43sur les divisions
12:43parce que, certes,
12:45l'EPS a abandonné
12:47une partie du programme
12:48du NFP
12:49pour rentrer dans une logique
12:50de responsabilité,
12:52en tout cas,
12:52c'est comme ça qu'ils le vendent,
12:54et pourquoi pas...
12:56Voilà,
12:57et arracher des choses,
12:57par exemple,
12:58arracher l'attaque du KMA,
12:58arracher ce qu'ils considèrent
13:00être des progrès,
13:00en fait,
13:01dans le budget,
13:02mais sur le fond,
13:03ils sont quand même...
13:04Les divergences
13:04ne sont pas aussi grosses
13:05que ça, en fait.
13:06Elles sont avant tout stratégiques.
13:07Est-ce qu'il n'y aurait pas aussi
13:08ce problème-là
13:09du côté du socle commun
13:10de l'LR et de la Macronie ?
13:12Si, si, bien sûr.
13:12La présidentielle pèse
13:14de plus en plus.
13:14Avant, ils arrivaient à s'entendre.
13:15Aujourd'hui, ils n'y arrivent plus.
13:17Dans un contexte
13:18où Macron n'a pas désigné
13:19de successeur clair,
13:20et je ne suis pas sûr
13:21qu'il le veuille,
13:23eh bien, oui,
13:24de fait,
13:24les appétits s'aiguisent
13:25et on a des frictions
13:27entre les personnalités.
13:28Typiquement,
13:29le geste d'humeur
13:30de Bruno Retailleau
13:31qui entraîne au final
13:32la chute du gouvernement
13:34montre qu'effectivement,
13:34la gauche n'est pas la seule
13:36concernée par le poids
13:37de la présidentielle
13:38qui approche.
13:40Eh bien, très bien.
13:41Merci, Cyprien,
13:42pour cet éclairage sur la gauche.
13:43Comme vous l'avez vu,
13:44la situation est assez floue
13:45et instable.
13:45Donc, n'hésitez pas
13:46à suivre l'humanité
13:47pour avoir les informations
13:48et l'analyse aussi
13:50de notre journal
13:50et de nos journalistes.
13:51Merci à toi.
13:52Salut.