- il y a 8 minutes
Depuis l’Élysée, à la veille d’une journée de mobilisation sociale indécise mais au potentiel incandescent, le chef de l’État a fait le pari de ne rien changer en nommant l’un de ses premiers fidèles, Sébastien Lecornu. Si le « socle commun » ne devrait pas être difficile à convaincre, le RN continue d’afficher sa volonté d’obtenir une dissolution. La gauche, elle, a unanimement dénoncé cette nomination. Analyse et décryptage avec Anthony Cortes et Cyprien Caddeo, journalistes à la rubrique politique.
0:00 Le contexte de la nomination de Lecornu
5:35 Quelle stratégie pour Lecornu ?
10:01 10 septembre : le retour des gilets jaunes ?
16:52 Les revendications du mouvement du 10 septembre
ABONNEZ-VOUS à la chaîne de l'Humanité https://www.youtube.com/channel/UCar0yo-PpeMk51m116826pQ/
📰 Vous avez aimé cette vidéo ? Pour une info 100% libre et engagée, ABONNEZ-VOUS : https://abonnement.humanite.fr
✊ Nous ne sommes financés par AUCUN MILLIARDAIRE. Et nous en sommes fiers ! Pour nous accompagner face à des défis financiers constants, SOUTENEZ-NOUS : https://www.humanite.fr/donner-a-lhumanite
📣 L'HUMANITÉ C'EST AUSSI :
Un site : https://www.humanite.fr/
Une application : https://app.humanite.fr
Twitch : https://twitch.tv/lhumanitefr
Instagram : https://instagram.com/lhumanitefr
Threads : https://www.threads.net/@lhumanitefr
Twitter : https://x.com/humanite_fr
TikTok : https://tiktok.com/@lhumanitefr
0:00 Le contexte de la nomination de Lecornu
5:35 Quelle stratégie pour Lecornu ?
10:01 10 septembre : le retour des gilets jaunes ?
16:52 Les revendications du mouvement du 10 septembre
ABONNEZ-VOUS à la chaîne de l'Humanité https://www.youtube.com/channel/UCar0yo-PpeMk51m116826pQ/
📰 Vous avez aimé cette vidéo ? Pour une info 100% libre et engagée, ABONNEZ-VOUS : https://abonnement.humanite.fr
✊ Nous ne sommes financés par AUCUN MILLIARDAIRE. Et nous en sommes fiers ! Pour nous accompagner face à des défis financiers constants, SOUTENEZ-NOUS : https://www.humanite.fr/donner-a-lhumanite
📣 L'HUMANITÉ C'EST AUSSI :
Un site : https://www.humanite.fr/
Une application : https://app.humanite.fr
Twitch : https://twitch.tv/lhumanitefr
Instagram : https://instagram.com/lhumanitefr
Threads : https://www.threads.net/@lhumanitefr
Twitter : https://x.com/humanite_fr
TikTok : https://tiktok.com/@lhumanitefr
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Ma première question, c'est quoi le contexte politique de ce mouvement du 10 septembre ?
00:04Et ma première question, elle va porter sur ce qui s'est passé hier soir,
00:06c'est-à-dire la nomination très rapide de Sébastien Lecornu.
00:09On a souvent entendu et lu que le départ, un peu le harakiri parlementaire de Beyrou
00:15avec le vote de confiance, c'était pour désamorcer le mouvement du 10 septembre.
00:20Le fait de nommer en plus derrière, de manière express, Sébastien Lecornu,
00:24qui est un fidèle de Macron, etc.,
00:26est-ce que ça a vocation aussi à couper l'herbe sous le pied du mouvement
00:29ou à l'inverse, c'est contre-productif ?
00:31C'est vrai qu'à l'origine, c'était l'idée.
00:33L'idée, c'était de couper l'herbe sous le pied du 10.
00:36D'ailleurs, ça fait partie d'une stratégie, presque d'un deal.
00:40C'est ce que nous ont confié à l'UMA, différents conseillers présidentiels
00:44et aussi à Matignon.
00:46C'est-à-dire qu'il y avait ce deal entre Macron et Beyrou en disant
00:49« Voilà, le 8, François Beyrou, tu mets ta tête sur le billot,
00:54comme ça tu sauves la nôtre collectivement et la mienne en tant que président Emmanuel Macron. »
00:58Le 10.
00:59Donc, en fait, l'idée, c'était vraiment ça.
01:01C'était de court-circuiter ce mouvement du 10.
01:04Alors, c'est vrai que la nomination de Lecornu, de Sébastien Lecornu,
01:08on ne l'attendait pas aussitôt.
01:09C'est vrai qu'on pouvait se poser la question de quand est-ce qu'elle allait intervenir.
01:12Est-ce qu'il fallait le nommer avant le 10, quitte à donner le tempo,
01:15ou un tout petit peu après, pour voir ce que ça allait pouvoir donner éventuellement
01:19à ces mobilisations.
01:20Mais il y avait le risque de se faire donner le tempo par la rue,
01:23par le mouvement social.
01:24Donc, voilà, le président de la République a finalement décidé.
01:28Il a finalement tranché en nommant Sébastien Lecornu hier,
01:31un petit peu à la dernière minute avant le 10,
01:33par communiquer de façon très limpide.
01:37Mais on voit, on a vu, peut-être qu'on en parlera plus tard,
01:40mais avec la passation de pouvoir,
01:41je pense qu'on voit toutes les intentions de l'exécutif.
01:45En fait, avec cette nomination, c'est de dire,
01:47voilà, on va se laisser donner le tempo par personne.
01:49On va développer une méthode.
01:52On a entendu, on voit le blocage, on le constate.
01:55Maintenant, on y va et on se laisse dicter.
01:57Justement, il a, parce qu'une partie du pays n'a probablement pas écouté
01:59la passation de pouvoir, parce que les gens sont dans la rue en partie.
02:03Donc là, il y a eu la passation de pouvoir à Matignon ce midi
02:05entre François Bayrou et Sébastien Lecornu,
02:07qui a forcément pris la parole.
02:08Et donc, si tu devais nous résumer en quelques 30 secondes,
02:11un peu l'essence de ce qu'il a dit, c'est...
02:13Alors, Sébastien Lecornu, il a voulu trancher.
02:17C'est-à-dire qu'en termes de...
02:18Avec François Bayrou, voilà, qui était vu comme quelqu'un de plutôt mou,
02:22même dans ses propres rangs, même au modem,
02:25et du côté de Renaissance, on disait,
02:27il n'y avait pas de méthode, il n'y avait pas de cap.
02:28Voilà, enfin, c'était juste se maintenir pour se maintenir,
02:32mais il n'y avait pas grand-chose qui était fait.
02:34Là, Sébastien Lecornu, il a dit, voilà,
02:36il va falloir une rupture sur le fond et sur la forme.
02:40Et d'ailleurs, il a eu quand même quelques mots assez durs,
02:44c'est peut-être beaucoup dire, mais vis-à-vis de François Bayrou,
02:46mais quand même plutôt critiques.
02:47C'est-à-dire qu'il dit, il va falloir changer,
02:49être plus créatif, plus sérieux,
02:51dans notre façon de travailler avec les oppositions.
02:54Donc, en fait, c'est une façon de reconnaître aussi
02:55que François Bayrou n'a peut-être pas fait totalement le travail,
02:58notamment dans le processus de négociation et de discussion vis-à-vis du budget.
03:02Mais après, ce discours d'ouverture,
03:03de dire qu'il faut aller chercher des majorités plus larges,
03:05en fait, on l'entend depuis 2022.
03:07Oui, bien sûr, bien sûr.
03:08C'est vrai qu'on l'entend depuis 2022,
03:09on a l'impression que c'est le même discours à chaque fois.
03:11Là, ce qui changeait, c'était plus sur la forme,
03:13parce qu'il a parlé du fond et de la forme.
03:15Sur le fond, c'est à peu près pareil,
03:16à part cette volonté de montrer une rupture,
03:18ou en tout cas de la mettre en scène.
03:20Mais sur la forme, on voyait quand même un style très sarcosiste.
03:23Et c'est peut-être pas un hasard, il y a aussi une filiation.
03:25Mais il y avait un côté, voilà,
03:27normalement, les discours durent des plombes et des plombes.
03:30Là, en trois minutes, Sébastien Lecornu a expédié le truc,
03:33en disant, voilà, il y a une instabilité aujourd'hui
03:36qui commande à la sobriété.
03:37Donc, je vais parler en trois minutes et je vais retourner au boulot.
03:40Je vais aller discuter tout de suite avec les forces politiques
03:42et avec les forces syndicats.
03:43Il a annoncé ça aussi.
03:45Donc, on sent qu'il y a une façon de montrer qu'on va tout changer,
03:48même si au fond, rien ne va changer, évidemment.
03:50Et on sait bien sûr que le Premier ministre a,
03:52surtout depuis 2024, un rôle de fusible.
03:56Est-ce que Sébastien Lecornu est un bouclier efficace
04:02à la colère pour Emmanuel Macron ?
04:04On pourrait même dire qu'au contraire,
04:06ça peut aussi provoquer une colère supplémentaire,
04:09parce qu'en fait, c'est Macron qui nomme Macron.
04:11Sébastien Lecornu, c'est vraiment...
04:13C'est un trait proche.
04:13Voilà, c'est un trait proche.
04:15Alors, pourtant, ils sont proches que depuis 2017.
04:17Ils ne se connaissaient pas avant,
04:18mais voilà, c'est devenu une sorte de frère d'armes.
04:20Et Lecornu est ministre depuis 2018.
04:22Voilà, c'est ça.
04:23Il a survécu à sept ans de remaniement
04:24et à cinq premiers ministres, je crois, un truc comme ça.
04:26C'est ça, exactement.
04:28Il a toute la confiance d'Emmanuel Macron,
04:30qui le juge loyal, qui le juge droit, etc.
04:35Et sur sa ligne politique, c'est le même.
04:39C'est Emmanuel Macron.
04:41Emmanuel Macron disant qu'en fait,
04:42il y a toutes les raisons de se dire
04:44que cette nomination peut au contraire
04:45mettre le feu aux poudres,
04:47parce qu'encore une fois,
04:48il y a un déni du résultat des législatives de 2024.
04:51Il y a un déni de toute la colère
04:53qui peut s'exprimer partout en France,
04:56notamment aujourd'hui,
04:57mais aussi de désir de justice fiscale,
05:00notamment de justice sociale.
05:02Ce n'est pas avec quelqu'un
05:03qui a fait toutes ses armes à l'UMP
05:07sous Bruno Le Maire d'abord,
05:08puis François Fillon,
05:09puis Nicolas Sarkozy.
05:11Enfin, Nicolas Sarkozy d'abord, d'ailleurs.
05:12Mais ce n'est pas avec ça
05:13qu'on va aller vers une façon de montrer
05:17qu'on entend la colère du peuple.
05:18On sait que dans la configuration actuelle
05:21de l'hémicycle,
05:21c'est-à-dire avec trois blocs de force
05:23à peu près égale,
05:24aucun, donc les trois blocs étant la Macronie,
05:26le socle commun,
05:27le NFP et l'extrême droite,
05:29on sait qu'aucun des trois blocs
05:31ne peut gouverner sans l'assentiment
05:33ou en tout cas la non-censure
05:34d'un des deux autres blocs.
05:36Pont-Lambarnier,
05:37misé sur la non-censure
05:38du Rassemblement National,
05:39Beyrou misé sur celle du RN
05:41et avait aussi essayé de décrocher le PS,
05:43on s'en souvient,
05:44et du psychodrame à gauche autour de ça.
05:46Sébastien Lecornu,
05:47ce serait quoi son penchant naturel,
05:50on va dire, en termes de négociation ?
05:52Ben alors, le penchant,
05:53j'ai l'impression que c'est à peu près le même
05:55que celui de ceux qui l'ont précédé,
05:58parce que d'abord,
05:59on voit qu'aujourd'hui,
06:00quand on regarde son agenda,
06:01cet après-midi,
06:02il reçoit le socle commun,
06:04donc il reçoit Renaissance,
06:05il reçoit LR,
06:06puis il finit par Horizon.
06:07Donc d'abord,
06:07il va essayer de s'appuyer
06:09sur cette base-là
06:10qui est la base de la Macronie
06:11depuis un certain temps.
06:14Mais c'est 160 députés.
06:15Et voilà, c'est ça,
06:16donc c'est presque rien.
06:18C'est moins que le NFP.
06:19C'est ça.
06:20Ensuite, il y a une volonté,
06:21en tout cas c'est ce qu'il dit
06:22dans le communiqué de l'Elysée,
06:23c'est ce qu'a à peu près dit
06:24Sébastien Lecornu
06:25pendant la passation,
06:26c'est de se tourner
06:27vers les autres forces politiques,
06:28en particulier les socialistes,
06:31sauf que,
06:32quel gage il va pouvoir donner
06:34aux socialistes,
06:35ça, on ne le sait pas vraiment.
06:37Si on est optimiste,
06:38on peut se dire
06:39que la volonté
06:40de créer une rupture
06:41sur le fond
06:42peut peut-être amener
06:43une position
06:43des plus riches
06:45plus importante,
06:46mais bon,
06:47moi, je n'y crois pas tellement,
06:49mais on peut l'espérer.
06:50Par contre,
06:50les socialistes
06:51ont déjà dit aujourd'hui
06:52que si,
06:54c'était Patrick Caner,
06:55je crois,
06:55dans Libé,
06:55que s'il n'y a pas
06:57de volonté
06:57de toucher à la réforme
06:58des retraites
06:59ou la volonté
07:00d'augmenter les impôts
07:01sur les plus riches,
07:02ce n'est même pas la peine
07:03de compter sur
07:03un accord de non-censure.
07:05Donc, de ce côté-là,
07:06ça a l'air
07:08plutôt bouché.
07:09Et ensuite,
07:09il compte aussi
07:10sur, disons,
07:11une sorte de complaisance
07:13du Rassemblement national
07:13qui aime plutôt bien
07:15son profil,
07:15qui le juge courtois,
07:17respectueux.
07:17D'ailleurs,
07:18Sébastien Lecornu
07:18s'est fait épingler
07:20plusieurs fois
07:20parce qu'il avait
07:22organisé plusieurs dîners
07:23avec Marine Le Pen.
07:24Je le montre en même temps
07:25parce que,
07:25pour que vous ayez
07:26une idée
07:28de toutes les fonctions
07:28qu'il a occupées
07:30sous Macron,
07:31en fait,
07:31j'ai dit cinq tout à l'heure,
07:32mais en fait,
07:32il a connu tous
07:32les premiers ministres
07:33puisqu'il était
07:34aux collectivités territoriales
07:36sous Édouard Philippe,
07:37même à la transition écologique
07:38tout début,
07:39en juin 2017,
07:40il était déjà au gouvernement.
07:41Donc quasiment
07:42tout début de la Macronie
07:43et ensuite,
07:43il a fait effectivement
07:44les collectivités,
07:45l'outre-mer
07:47et puis les armées
07:48depuis trois ans.
07:48Donc voilà,
07:49il a connu
07:49tous les premiers ministres
07:50et c'est lui,
07:51du coup,
07:51si vous ne connaissez pas
07:52sa tête,
07:53vous l'avez,
07:54c'est le nouveau premier ministre.
07:56Une autre question,
07:57c'est sur le...
07:58Parce que là,
07:58on a vu des images
07:59qu'on a un peu passées
08:00de répression policière.
08:01On a vu que ça,
08:02à plusieurs endroits,
08:03ça avait cogné.
08:05Bruno Retailleau
08:06avait annoncé hier
08:07ou avant-hier
08:0880 000 policiers mobilisés.
08:10Qu'est-ce que ça raconte
08:10ça aussi de l'état du pouvoir ?
08:12Est-ce qu'il y a eu
08:13en effet crainte
08:14d'un mouvement
08:15gilet jaune
08:16ou d'un mouvement
08:16insurrectionnel d'ampleur ?
08:18Oui, clairement,
08:19ça amène,
08:19en tout cas,
08:20ça dit tout
08:20d'une crainte du pouvoir
08:22vis-à-vis de ce mouvement.
08:23Il y a une crainte,
08:24il y a une volonté
08:24de le réprimer
08:25mais aussi de le diaboliser
08:26parce que c'est aussi
08:28ce que disent les propos
08:30en sous-texte
08:31de Bruno Retailleau
08:32parce que Bruno Retailleau,
08:33ça fait quelques jours
08:34qu'il dit
08:34voilà, ce n'est pas
08:35un mouvement social,
08:36c'est un mouvement
08:36qui a été confisqué
08:37par l'ultra-gauche
08:38avec des dangereux
08:39qui viennent casser,
08:41qui ne sont pas du tout
08:42constructifs
08:42avec lesquels
08:42on ne peut pas discuter.
08:44Donc, c'est une façon
08:45de diaboliser
08:45pour mieux disqualifier
08:48les cris
08:49qui peuvent être exprimés,
08:50toute la souffrance,
08:51etc.
08:52Donc, voilà,
08:52ça dit beaucoup
08:53mais il n'y a rien de nouveau
08:55presque d'une certaine façon
08:56parce que c'est vrai
08:56que ça rappelle totalement
08:57le mouvement des gilets jaunes
08:58à la différence que là
09:00en termes de proportion
09:00dès le premier jour,
09:0280 000 policiers
09:04mobilisés
09:05alors que
09:06les renseignements généraux
09:07prévoyaient
09:08100 000 manifestants
09:09grand maximum
09:10sur toute la France,
09:10c'est quand même énorme.
09:13Oui.
09:14J'étais hyper curieux
09:15parce qu'il y a des gens
09:15dans le chat
09:16qui se sont lancés
09:16dans un débat sur Saint-Louis
09:17donc, ok.
09:21Il y a quelqu'un
09:21qui a posé une question intéressante
09:22il dit
09:22est-ce qu'un premier ministre
09:23devrait faire des compromis
09:24forcément avec les deux autres blocs ?
09:26On peut répondre
09:27qu'un seul bloc suffit
09:29pour...
09:30Si tout le NFP
09:31décide de non censurer
09:32un premier ministre,
09:32ça suffit quoi.
09:33Évidemment, il faut faire
09:34des compromis conséquents.
09:35Oui, après,
09:36ce n'est pas le choix
09:36qu'Emmanuel Macron
09:38entend faire
09:39et encore moins
09:39Sébastien Le Gornier
09:40et surtout,
09:41ils n'ont pas du tout
09:41envie d'acter un divorce
09:42avec LR en particulier
09:44même s'il ne pèse pas
09:45grand-chose
09:46mais voilà.
09:47Donc, en fait,
09:48ne pas se couper
09:49de LR et de son socle
09:50tout en espérant
09:51l'élargir
09:52forcément,
09:53ça nous amène
09:53à faire des compromis
09:54avec les différents blocs
09:55et ça amène
09:56à une équation
09:57quasiment impossible
09:58d'où la situation
09:59de blocage.
10:01Et alors,
10:01tu parlais des Gilets jaunes
10:02parce que la comparaison
10:03était souvent faite
10:04parce que c'est un mouvement
10:05spontané
10:05qui n'est pas né à la base
10:06ni dans l'appel
10:07d'un mouvement politique
10:08ni encore dans un appel
10:09syndical.
10:10Ce n'est des réseaux sociaux.
10:11Tout à l'heure,
10:12on reviendra avec Cyprien Bogonda
10:13qui a aussi bossé là-dessus
10:14sur l'évolution,
10:16la mutation
10:16du point de départ
10:17jusqu'à maintenant
10:18du mouvement du 10 septembre.
10:20Mais sur la comparaison
10:20aux Gilets jaunes,
10:21je te pose la question
10:21parce que tu avais interviewé
10:23Antoine Bristiel
10:23de la Fondation Jean Jaurès
10:24là-dessus.
10:26Est-ce que la comparaison tient
10:28ou est-ce que,
10:29quelles sont les différences
10:29en fait
10:30et qu'est-ce que ça nous enseigne ?
10:32Il y a quand même
10:32un certain nombre
10:33de différences.
10:34Alors peut-être d'abord
10:35commençons par les points communs.
10:36C'est vrai que d'abord,
10:37il y a une mobilisation spontanée
10:41qui est née
10:42en dehors des structures.
10:43Alors ça a un peu évolué après,
10:44mais bon,
10:44on va y revenir.
10:46Mais ça a partie des réseaux sociaux.
10:46Mais ça a partie des réseaux sociaux,
10:48voilà.
10:48En plein été.
10:48En plein été, en plus.
10:50Et il y avait aussi
10:52les mots d'ordre,
10:53les attentes de ce mouvement.
10:54D'abord,
10:55justice fiscale,
10:56justice sociale,
10:57une volonté de démocratie directe.
11:00Et si on écoute
11:01Antoine Bristiel,
11:02notamment de la Fondation Jean Jaurès,
11:03je viens de parler,
11:04qui a créé,
11:05qui a lancé
11:06toute une étude
11:07autour de cette question-là.
11:08Il y a aussi la question
11:08de la protection de l'environnement
11:10qui s'ajoute,
11:10qui est un peu moins le cas
11:11du mouvement des Gilets jaunes.
11:13Au contraire,
11:14le mouvement partait
11:15de la taxe carbone.
11:16Voilà, exactement.
11:17Alors après,
11:18sur les différences,
11:19c'est plutôt sur l'évolution
11:20du mouvement.
11:21Parce qu'on voit
11:22le mouvement des Gilets jaunes,
11:23même s'il y a eu
11:24des tentatives
11:26de tous les bords politiques
11:27d'essayer de s'accaparer
11:28un petit peu ce mouvement,
11:29on voit que le mouvement
11:31Bloquons-Tout,
11:31lui, penche
11:32beaucoup plus à gauche.
11:33Et d'ailleurs,
11:34c'est ce qu'il dit
11:34Antoine Bristiel,
11:35encore une fois,
11:35dans son étude,
11:36c'est que c'est beaucoup
11:38de personnes très politisées.
11:40Il explique qu'en gros
11:4169% des sympathisants
11:44de Bloquons-Tout
11:45ont voté Mélenchon.
11:47Donc voilà,
11:48ça bascule à gauche.
11:51Et s'il y a
11:52des abstentionnistes,
11:52ce sont des abstentionnistes
11:54du second tour.
11:55C'est-à-dire qu'ils ont refusé
11:57de faire un choix
11:58entre Emmanuel Macron
12:00et Marine Le Pen.
12:01Et là aussi,
12:01c'est une différence
12:02parce que ça montre
12:03qu'il n'y a pas
12:03de porosité, disons,
12:04entre le mouvement
12:05et l'extrême droite.
12:06Ce qui était un tout petit peu
12:07moins le cas,
12:07même pas mal,
12:08beaucoup moins le cas
12:09chez les Gilets jaunes.
12:11En fait,
12:11il y avait beaucoup
12:12de personnes
12:13qui étaient complètement
12:15désillusionnées
12:15de la politique
12:16et qui avaient voté
12:17pour le Rassemblement national.
12:19Et la différence,
12:19c'est effectivement
12:20qu'au moment des Gilets jaunes,
12:21il y avait eu un freinage
12:22au démarrage
12:23côté et syndical
12:25et politique.
12:26Je me souviens
12:26qu'il y avait un peu
12:26de friolisité
12:28à la gauche,
12:29que ce soit
12:29chez les communistes
12:30ou les insoumis.
12:32Là,
12:32les insoumis
12:32sont précipités,
12:34on va dire,
12:34sur le mouvement
12:35pour appeler la grève générale,
12:37en tout cas soutenir
12:37le mouvement,
12:38etc.
12:38Est-ce que ça,
12:39ça a contribué aussi
12:40à lui donner
12:41cette coloration ?
12:42Ça a contribué,
12:43alors ça n'a pas
12:44retourné complètement
12:45le mouvement,
12:45mais ça a renforcé
12:46une dynamique,
12:47ça clairement,
12:47parce que le mouvement
12:48penchait déjà
12:49plutôt à gauche,
12:50mais c'est vrai
12:51que l'appel
12:51de Jean-Luc Mélenchon
12:52a amené un éclairage
12:53particulier sur ce mouvement-là,
12:55mais ce n'est pas
12:56le seul acteur
12:57qui a amené
12:57à politiser
12:58et à gauchiser
12:59le mouvement,
13:00parce que
13:00les syndicats
13:02se sont assez
13:04rapidement joints,
13:05alors avec une part
13:06de distance quand même,
13:07malgré tout,
13:07mais l'appel du 18,
13:08c'est aussi une façon
13:09de vouloir se mêler
13:10de ce mouvement-là,
13:11de le prolonger
13:12également,
13:13et puis au-delà
13:14de la France insoumise
13:16et des syndicats,
13:18les écologistes,
13:19les communistes
13:19ont assez rapidement
13:21soutenu,
13:22en tout cas montré,
13:23vu d'un bon oeil
13:23ce mouvement-là,
13:25les socialistes
13:26à peu près aussi,
13:26même si,
13:27bon,
13:27aujourd'hui,
13:27Arthur Delaporte,
13:28par exemple,
13:29l'un des porte-parole
13:30a eu des propos
13:31en disant
13:32« Je ne me soutiens pas
13:35à un mouvement
13:36qui empêche les gens
13:37de travailler ».
13:38Mais sinon,
13:39à gauche,
13:39c'est largement soutenu,
13:41alors qu'à l'extrême droite,
13:43au contraire du mouvement
13:43des Gilets jaunes,
13:44il y a une sorte
13:45de méfiance
13:45qui s'est développée
13:47vis-à-vis de ce mouvement
13:48en le pointant
13:50assez rapidement
13:50comme une émanation
13:51de l'ultra-gauche.
13:52On va écouter l'extrait
13:53de Delaporte
13:54dont tu parlais tout de suite.
13:55C'était sur BFM,
13:56du coup.
13:57Oui,
13:57le barrage installé
13:58par les manifestants
13:59en faisant juste
13:59d'être levé sur le...
14:01Parenthèse,
14:02nouvelle image,
14:03des trucs qui brûlent,
14:04le clair,
14:04c'est aussi contractuel.
14:06Périphérique canné,
14:07mais vous le voyez,
14:07la circulation reste
14:08pour l'instant suspendue
14:10en attendant
14:11que le feu soit éteint,
14:12bien sûr,
14:13pour des raisons de sécurité.
14:14Il s'agit de feux de poubelle
14:15qui ont été allumés
14:16par des manifestants,
14:18les manifestants
14:18qui ont donc été délogés
14:19par une quinzaine
14:21de CRS sans heure.
14:23Les manifestants
14:24qui se déplacent
14:25vers un autre point
14:25de blocage,
14:26on vous tient au courant
14:27ici dans l'agglomération cannaise.
14:29Et vous nous le direz
14:30bien sûr au fur et à mesure,
14:32on reverra aussi
14:32dans un instant
14:33les images
14:33de ce qui se passe
14:34à Paris
14:35et notamment
14:35dans l'Est parisien.
14:38Arthur Delaporte,
14:39vous soutenez ou pas, vous ?
14:40Là, les images
14:41qu'on vient de voir,
14:41c'est dans ma circonscription.
14:43Je peux vous dire
14:43que je ne soutiens pas
14:45les blocages
14:47qui se manifestent
14:47comme ça,
14:48qui empêchent les gens
14:48d'aller travailler,
14:49qui finalement
14:50se traduisent aussi
14:51par des formes de violences.
14:53Mais ce que je peux dire,
14:53c'est que je comprends
14:54la colère
14:55d'une partie des gens
14:56qui se mobilisent aujourd'hui.
14:57Quand ils disent
14:58qu'ils n'arrivent pas
14:58à finir leur fin de mois,
14:59quand ils disent aussi
15:00qu'ils ont l'impression
15:01de ne pas être entendus
15:02et la décision du président
15:03de la République
15:04de nommer Sébastien Lecornu
15:05fait partie de ce sentiment
15:06de ne pas être entendu,
15:08on garde toujours les mêmes,
15:09on garde les mêmes politiques,
15:10etc.
15:10Donc voilà,
15:11moi j'entends cette colère,
15:12mais je dis,
15:13voilà, restons calmes,
15:14on peut se mobiliser pacifiquement.
15:16Oui, le barrage,
15:19je n'avais pas vu l'extrait complet.
15:21La question,
15:22elle est quand même
15:22super cadrée,
15:23super biaisée au départ.
15:24C'est-à-dire qu'en fait,
15:24on lui montre des images
15:25de trucs qui brûlent
15:26et en mode,
15:27et vous soutenez ça ?
15:28C'est l'équivalent de,
15:29et vous condamnez,
15:30et vous condamnez les violences,
15:31monsieur Mélenchon.
15:33Et en fait,
15:33au final,
15:34il dit à peu près la même chose
15:34qu'a dit Mélenchon
15:35au JT de TF1,
15:37c'était quand c'était lundi soir,
15:38quand il a appelé au calme.
15:40Oui, je pense à ça aussi
15:41pendant l'extrait,
15:42c'était Salamé qui lui dit
15:43vous condamnez les violences,
15:44c'est vraiment
15:44la caricature absolue.
15:46Et donc,
15:46il est obligé
15:47de commencer son propos
15:48par sortir du piège d'abord,
15:50oui,
15:51et puis ensuite
15:51d'aller vers un champ
15:53de compréhension.
15:53Mais c'est exactement
15:54ce que fait Arthur Delaporte.
15:56Alors,
15:56il aurait pu avoir
15:56un discours plus,
15:58davantage en rupture,
15:59disons,
16:00en disant,
16:00attendez,
16:00attendez,
16:00la question,
16:01c'est pas ça,
16:01c'est plutôt,
16:03voilà,
16:05ce sentiment d'injustice,
16:06cette volonté
16:07de se mobiliser,
16:08cette impression
16:09en tant que citoyen
16:10d'avoir une parole
16:11qui est complètement neutralisée.
16:12Mais il commence
16:14quand même
16:14par,
16:16pas condamner,
16:17mais en tout cas
16:17montrer quelques réserves
16:18face au mouvement.
16:19Je ne sais pas
16:19si c'est le plus efficace
16:20quand on est
16:21une force de gauche aujourd'hui.
16:22Oui,
16:22c'est sûr.
16:22Bon après,
16:23ça reste l'ADN des socialistes,
16:25c'est pas leur mode d'action.
16:26Mais je note,
16:27quand même,
16:27notons quand même
16:27que la BFM
16:29pourrait très bien
16:29lui poser une question
16:30en choisissant de diffuser
16:31des images.
16:31Je vous ai montré tout à l'heure
16:32Montpellier
16:33où c'est un cortège festif.
16:34Tout à l'heure,
16:35on va aller à Châtelet.
16:35Je ne crois pas
16:36que chaque lé soir
16:37en feu et à feu et à sang.
16:38En tout cas,
16:39c'est pas ce qu'Alien
16:39nous a montré tout à l'heure.
16:41Donc voilà.
16:41Bon bref,
16:42il y a quand même
16:42un choix.
16:43Voilà,
16:43ce plan avec le gendarme
16:45au premier plan,
16:45les flammes derrière.
16:46Enfin bon,
16:46c'est presque
16:47de la très belle
16:48très belle mise en scène.
16:49Ça existe vraiment,
16:50mais enfin quand même.
16:52Il y a des questions
16:52dans le chat
16:53qui nous dit
16:54tout bêtement,
16:55mais c'est quoi
16:55les revendications
16:55du mouvement ?
16:58Bonne question.
16:58Parce que c'est un peu vaste.
17:00C'est pareil que pour le...
17:02Quelque part,
17:03c'est un peu le même problème
17:04que pour le mouvement
17:05des Gilets jaunes.
17:05C'est-à-dire qu'en fait,
17:06il y a un cri qui est exprimé,
17:08il y a une volonté,
17:09il y a un besoin
17:09de justice fiscale,
17:10de justice sociale
17:12et de reconnaître davantage
17:13la parole citoyenne
17:15en facilitant notamment
17:16la démocratie directe
17:17par exemple.
17:17Mais pour l'instant,
17:18il n'y a pas vraiment
17:19de revendications
17:20totalement établies.
17:21Et souvenons-nous,
17:22à l'époque du mouvement
17:23des Gilets jaunes,
17:23ça a duré quand même
17:24quelques semaines
17:25avant qu'on comprenne
17:26vraiment quelles sont
17:26les revendications.
17:27À l'époque,
17:28il y avait eu une plateforme
17:30qui s'appelait
17:30Le Vrai Débat,
17:31justement en réponse
17:32au grand débat
17:33qui approchait,
17:34qui avait fait voter
17:35un certain nombre
17:36de personnes
17:37qui participaient
17:38d'acteurs du mouvement
17:39des Gilets jaunes.
17:40Et là, à partir de là,
17:41il y a pu avoir
17:41un classement
17:42en sachant exactement
17:44quelles étaient
17:44les mesures préconisées.
17:46Il y avait notamment
17:46le référendum
17:47d'initiative citoyenne
17:48en particulier.
17:49Et à ce moment-là,
17:50on a compris
17:51ce que le mouvement
17:52des Gilets jaunes
17:52voulait très clairement.
17:54Mais là, pour l'instant,
17:55on a plutôt seulement
17:56un penchant,
17:58on arrive à toucher du doigt
17:59les valeurs
18:00qui animent le mouvement,
18:01les raisons de la colère aussi.
18:03Mais évidemment,
18:04de là à trouver,
18:06à faire dérouler
18:08une sorte de base
18:08programmatique,
18:09on n'y est pas encore.
18:10Oui, par ailleurs,
18:10les Gilets jaunes,
18:11c'était un peu comme ça
18:11que ça avait commencé aussi.
18:12Ça s'est affiné aussi
18:13sur les ronds-points
18:14qui étaient devenus
18:15des agoras
18:16et des assemblées
18:18parfois constituantes,
18:19même d'ailleurs,
18:19où les gens travaillaient
18:20à des propositions
18:21plus concrètes
18:22par le dialogue
18:23et la discussion
18:23et en fait,
18:24ils aient le travail parlementaire
18:25hors les murs un peu.
18:27Notamment à Commercy,
18:28je sais qu'on va faire de la pub
18:30demain dans les mailles,
18:31il y a un reportage à Commercy,
18:32je vous souviens sur les traces.
18:33Mais à l'époque,
18:34à Commercy,
18:34il y avait toute une assemblée
18:35citoyenne.
18:35Un rond-point important
18:37des Gilets jaunes
18:37qui se remobilise
18:38à l'occasion du 10.
18:39Et à l'époque,
18:40il y avait eu tout un manifeste
18:41qui était né
18:42de ce rassemblement-là,
18:44comme tu le dis,
18:45avec une sorte d'agora
18:47où tout le monde
18:48y allait de son idée,
18:48on débattait,
18:49etc.
18:50Et ce manifeste-là,
18:51il s'est propagé,
18:53il a été distribué
18:55d'une certaine façon,
18:56il a été récupéré
18:57par tous les ronds-points
18:58et chacun y a amené
18:59sa petite patte.
19:00Et là,
19:00on est au jour 1,
19:00donc c'est très difficile
19:01de dire exactement
19:03où on va,
19:04mais le mouvement
19:05des Gilets jaunes,
19:06c'était pareil.
19:07Oui,
19:07il faut quand même rappeler
19:08que ceux qui ont un effet
19:10déception parce qu'ils pensaient
19:11que le pays serait
19:11complètement paralysé
19:12et que ce serait la révolution,
19:14ça se construit.
19:14Un mouvement social,
19:15ça ne peut pas être
19:17un one-shot sur un jour
19:18et tout est réglé,
19:19évidemment.
19:20Une lutte sociale,
19:21ça se construit dans le temps.
19:23Tu parlais donc
19:23de ces revendications-là
19:25et de la coloration aussi
19:26plutôt à gauche.
19:27Est-ce que précisément
19:28ce mouvement du 10 septembre
19:30et les suites
19:30qu'il va engendrer
19:32ouvrent un boulevard
19:34à la gauche
19:36pour imposer ces thèmes
19:37dans l'agenda,
19:39pour exister médiatiquement,
19:42sachant que le feuilleton
19:43de est-ce que la gauche
19:44ira au gouvernement ou pas
19:45et après le temps d'exister,
19:47il y a juste le PS
19:47qui a eu deux jours
19:48pour faire une oeuvre de service
19:49et proposer d'être
19:50à la tête du gouvernement,
19:51mais enfin,
19:52c'est assez réglé,
19:52il y a le cornu,
19:53c'est terminé,
19:54il n'y aura pas le PS
19:55au gouvernement.
19:55Bon, du coup,
19:57la tractation,
19:58on va dire un peu politicienne
19:59autour de
19:59est-ce qu'on va au gouvernement
20:00ou pas est terminée.
20:01Est-ce que dans l'opposition,
20:02du coup,
20:02la gauche a moyen d'exister,
20:04de capitaliser,
20:05même si le terme
20:05n'est pas très beau,
20:07sur ce qui se passe en ce moment ?
20:08En théorie,
20:09on pourrait se dire que oui,
20:10on pourrait même se dire
20:10qu'il y a tout un boulevard
20:11pour la gauche,
20:12parce que si on doit résumer
20:14le mouvement du 10 septembre,
20:15c'est un ras-le-bol
20:16vis-à-vis du macronisme,
20:18de la politique macroniste,
20:19parce que les riches
20:22ne sont pas assez mis
20:23à contribution,
20:25le travail paire et moins,
20:27enfin voilà,
20:28toute cette question
20:28de justice sociale et fiscale.
20:30Il y a aussi la question
20:30du déni démocratique.
20:32On a parlé des législatives,
20:33c'est notamment le cas là-dessus,
20:35mais on pourrait faire
20:36tout le bilan du macronisme
20:37depuis 2017,
20:38où les dénis de démocratie
20:39sont plutôt nombreux.
20:40On parlait du mouvement
20:41des Gilets jaunes,
20:42on pourrait parler
20:43du grand débat,
20:44on pourrait parler
20:44de la Convention citoyenne
20:45pour le climat
20:45et de toutes les conventions
20:46citoyennes qui ont suivi
20:47d'ailleurs et qui n'ont pas donné
20:48beaucoup plus de résultats.
20:51Donc normalement,
20:52on est sur le terreau,
20:53sur un terreau parfait
20:54pour la gauche,
20:55pour justement montrer
20:58que regardez,
20:58le camp qui représente
21:00la colère populaire
21:01et qui apporte des solutions
21:03et des réponses,
21:05c'est la gauche,
21:05c'est le nouveau front populaire.
21:06Alors le problème,
21:07c'est qu'on est dans un contexte
21:08de division.
21:09Ah bon ?
21:11Donc ça n'est pas rendu compte.
21:12Donc voilà,
21:13c'est ça qui peut forcément
21:15perturber le jeu de la gauche
21:16de ce côté-là,
21:16avec des stratégies
21:17qui peuvent s'entrechoquer,
21:18des réponses
21:19qui seront vues
21:20par certains
21:21comme étant de rupture
21:23et puis de l'autre
21:24comme trop molle,
21:25j'en sais rien.
21:25Mais enfin voilà,
21:26il peut y avoir ce choc-là
21:27qui peut neutraliser
21:28la marche en avant
21:30de la gauche
21:31dans un pays
21:32en colère
21:33et qui n'en peut plus
21:34et qui dit
21:35tout son rejet
21:35justement
21:36de ses gouvernants
21:38depuis 2017.
21:39et il y a une autre échéance
21:41au-delà du mouvement
21:42du 10 septembre.
21:43Il y a aussi la question
21:44sur le budget
21:45qui peut amener
21:46là encore
21:48certaines lignes
21:49de fractures
21:50sur le devant
21:50de la scène
21:51et qui peut perturber
21:52le fait que la gauche
21:53puisse être
21:54une espèce
21:55de prolongement
21:56de ce mouvement
21:57de ce mouvement social.
22:00Et tu disais
22:01d'autant
22:01sur l'opportunité
22:03pour la gauche
22:03d'autant plus
22:04est-ce que c'est une force
22:05ou pas
22:05on peut le discuter
22:06mais c'est globalement
22:08son électorat
22:08qui est dans la rue
22:09aujourd'hui.
22:10On a fait un sujet
22:13dans le Luma de ce matin
22:14mais là je vous montre
22:15la version web
22:16sur qui sont
22:17on a fait
22:18en gros des témoignages
22:19de gens qui aujourd'hui
22:20sont dans la rue
22:21pour bloquer
22:21et quand on voit
22:22les profils
22:23là je vous le passe
22:24un peu rapidement
22:24mais on a un enseignant
22:26on a là
22:27on a une syndicaliste
22:28cheminot CGT
22:29un ancien gilet jaune
22:31alors lui pas forcément
22:31il est forcément à gauche
22:32mais voilà
22:34une infirmière
22:34et maire isolée
22:35donc là on est encore
22:36sur la question
22:36des services publics
22:37mais aussi
22:39des travailleuses
22:40de première ligne
22:41on va dire
22:42des femmes
22:42qui sont dans
22:43ce qu'on appelle
22:43le CARE
22:44et qui sont super mal payées
22:46un père célibataire aussi
22:47pareil
22:48qui visiblement
22:48était un ancien gilet jaune
22:51encore un quelqu'un
22:52de la CGT
22:52bon bref
22:53des questions
22:54militantes LGBT
22:55aussi
22:56donc on est quand même
22:57sur l'éventail
22:58de la mobilisation
23:00plutôt des gens de gauche
23:01quoi
23:02ouais
23:02c'est vrai que
23:03de ce côté là
23:03pour avoir un aperçu
23:04de la sociologie
23:05je vais revenir
23:06sur l'étude
23:07de la fondation
23:07change-jouresse
23:08mais elle dit
23:08elle dit beaucoup
23:09d'abord en termes
23:10de sociologie
23:12de catégorie
23:13socio-professionnelle
23:14il y a
23:14beaucoup d'étudiants
23:16beaucoup d'étudiants
23:17de gauche
23:17en particulier
23:19il y a des employés
23:20et des ouvriers
23:20il y a des cadres
23:21plus de cadres
23:21que pour le mouvement
23:22des gilets jaunes
23:22un tout petit peu
23:23moins d'ouvriers
23:23que pour le mouvement
23:24des gilets jaunes
23:26et quand on regarde
23:30le comportement électoral
23:31de ces personnes
23:32qui se mobilisent
23:32autour de Bloquantou
23:33donc je le disais
23:3469% disent avoir voté
23:36Jean-Luc Mélenchon
23:3610% Philippe Poutou
23:38on est bien loin
23:38de son score
23:40sur la population globale
23:41donc voilà
23:42ça dit beaucoup
23:43et il y a aussi
23:44une grande partie
23:45d'abstentionnistes
23:46mais des abstentionnistes
23:47avec des valeurs
23:48de gauche
23:48qui ont pu se sentir
23:50abandonnés par la gauche
23:51ces dernières années
23:51ou déçus par la présidence
23:54de François Hollande
23:54notamment
23:55et pas que
23:56donc voilà
23:56il y a tout un vivier
23:59disons
24:00qui est susceptible
24:01d'adhérer
24:02aux tests de la gauche
24:02très clairement
24:03de la gauche