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  • il y a 19 minutes
Son nouveau gouvernement n’aura pas duré 24 heures. Face au rejet des Républicains, comme de l’opposition, Sébastien Lecornu a remis sa démission. Emmanuel Macron l’a acceptée ce lundi 6 octobre au matin, a annoncé l’Élysée. Le premier ministre démissionnaire fera une déclaration à Matignon à 10 h 45. Le point sur la situation avec nos journalistes Cyprien Caddeo et Aurélien Soucheyre.

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Transcription
00:00Sébastien Lecornu vient de démissionner, on est le lundi 6 octobre, on n'est même pas 24 heures après la
00:04nomination du gouvernement qui est intervenu dimanche soir.
00:07Et donc Sébastien Lecornu jette l'éponge. Bonjour Aurélien Sucher, chef du service politique de l'humanité.
00:12On va essayer de décortiquer ça à chaud parce qu'on est vraiment juste après l'info qui est tombée.
00:17Bon, au revoir Sébastien Lecornu.
00:19Oui, au revoir Sébastien Lecornu. Il y a l'actu chaude et l'actu bouillante.
00:22Là, on est en pleine actue bouillante. On ne sait pas comment tout ça va être cuisiné encore.
00:26On n'a jamais vu dans l'histoire de la Ve République sauf erreur. Il faudra qu'on vérifie.
00:29Le gouvernement a éclaté aussi vite.
00:31Même sur la 4ème République qui était réputée instable, etc. Je crois qu'on n'était pas sur des délais
00:35aussi courts.
00:36C'est excretif tombé. Donc on a eu des ministres démissionnaires qui étaient toujours ministres pendant 25 jours ou plus.
00:43Et puis ensuite des ministres nommés. Et avant même la passation de pouvoir entre les ministres démissionnaires et les nouveaux
00:49ministres,
00:49qui parfois étaient les mêmes personnes, même souvent, très souvent les mêmes personnes,
00:53le gouvernement tombe avec la démission de Lecornu, acceptée par Emmanuel Macron.
00:58Donc nous, on se demandait, c'est quelle est la stratégie de Sébastien Lecornu d'attendre 25 jours pour nommer
01:03quasiment les mêmes ministres à quelques-uns près.
01:07Quelques-unes près avec Éric Wörth, on se disait, mais c'est bon, Bruno Le Maire.
01:10Et puis là, ça explose à une vitesse hallucinante.
01:14Il a estimé qu'il se dirigeait droit vers une censure.
01:17Alors peut-être qu'avant même la censure, parce qu'effectivement la gauche avait promis la censure, y compris le
01:22PS,
01:23le déclencheur peut-être, c'est que la composante du socle commun qui est LR, les Républicains,
01:28a annoncé après la nomination du gouvernement qu'ils avaient accepté a priori, puisque Retailleau y était encore, etc.,
01:34que, rayon de crise au sein de LR, la composition du gouvernement, ça ne leur allait pas.
01:38Et donc Bruno Retailleau a quasiment fait planer le spectre de sa propre démission 24 heures après la nomination du
01:43gouvernement.
01:43Et c'est probablement ça que Le Cornu a anticipé.
01:46Ce qui est hallucinant, c'est que si Le Cornu démissionne, c'est qu'il sait que derrière LR va
01:50le lâcher,
01:50ou que le RN lui a dit « maintenant on le censure et c'est fini ».
01:53Ce qui est fou dans cette histoire, c'est que Bruno Le Maire, qui a été pendant sept ans ministre
01:58des Finances, de l'Économie,
01:59le plus long ministre de l'Économie de Macron, et qui avait dit en 2024, après la dissolution,
02:05« je ne reviendrai plus en politique », il avait été nommé par Sébastien Le Cornu ministre des Armées.
02:11Et apparemment, Bruno Retailleau n'était pas au courant.
02:15Là, d'habitude, on n'aime pas trop les télé-novellas politiques, on n'aime pas ça toujours aujourd'hui.
02:19Mais là, on est obligé de commenter un peu des trucs aussi ridicules que ça.
02:21Ça a des conséquences.
02:23Visiblement, Sébastien Le Cornu n'avait pas prévenu Bruno Retailleau,
02:25qui est quand même un pilier de son gouvernement, qui est ministre de l'Intérieur et président des LR,
02:29c'est-à-dire le parti numéro un allié à la Macronie.
02:32Apparemment, il ne l'avait pas prévenu, qu'il nommait Bruno Le Maire aux armées.
02:36Sachant, je vous le rajoute, qu'il avait proposé a priori Retailleau aux armées en plus.
02:40Donc, Retailleau avait refusé les armées et il a pris derrière que, du coup, on mettait Bruno Le Maire.
02:44Donc, c'est totalement hallucinant, dans cette situation de faiblesse politique énorme,
02:48de ne pas prévenir Retailleau du casting gouvernemental.
02:52Bon, après tout, Bayrou n'avait pas prévenu apparemment Retailleau,
02:54qu'il engageait la confiance du gouvernement sur son projet de budget,
02:58enfin, sur la dette même, parce que c'était à l'entendre.
03:01Donc là, c'est du grand, grand, grand, du grand flou artistique.
03:06Il y a déjà pas mal d'appels à la dissolution de la part de responsables politiques de gauche comme
03:12de droite.
03:12Il va y avoir des appels à la démission de Macron aussi.
03:15On voit mal quel est le plan d'Emmanuel Macron tout de suite.
03:18Je ne sais pas si toi, tu le...
03:19Oui, parce que là, en fait, on avait quand même dit que Le Cornu,
03:22dans la perspective macroniste, qui consiste à ne pas vouloir rien changer de la politique,
03:27et donc, il est hors de question, dans son esprit, de nommer un Premier ministre de gauche,
03:32on avait dit que Le Cornu, c'était la dernière cartouche, quoi.
03:34C'est-à-dire qu'au moment, tu as usé un Premier ministre LR qui était Retailleau,
03:37tu as usé un Premier ministre du socle commun, enfin, de la Macronie historique,
03:41Beyrou, mais qui était Modem.
03:43Et là, tu uses un de tes plus proches, qui est là depuis le début de l'aventure,
03:47et là, qui jette l'éponge au bout de 25 jours.
03:50Donc, juste pour qu'on le situe bien, il a été Premier ministre pendant 25 jours,
03:54c'est-à-dire bien moins que Barnier, qui a duré 3 mois, je crois, de mémoire à peu près.
03:57Il n'a jamais gouverné, puisqu'il n'a jamais eu le gouvernement au-delà du gouvernement des missionnaires.
04:01Et c'est à ce point que, par exemple, un ministre comme Eric Wehrs,
04:04qui a été nommé hier à l'aménagement du territoire,
04:06aura été ministre 13 heures sur le papier,
04:09et n'aura même pas pu découvrir ses bureaux,
04:11puisque la dépassation de pouvoir n'a pas eu lieu.
04:13Il n'y a pas eu de prise de fonction, tout à fait.
04:14Et peut-être, pour ceux qui n'ont pas suivi l'actualité, ça arrive hier soir,
04:19puisque, en fait, hier soir, c'est la nomination d'un nouveau gouvernement.
04:22Non, vers 20h.
04:23Vers 20h.
04:23Et ce matin, ça a démission de le cornu,
04:26parce que ce nouveau gouvernement ne passe pas l'épreuve du feu des accords politiques entre les uns et les
04:29autres.
04:30Donc, pour ceux qui n'étaient pas au courant,
04:31ce gouvernement était exactement quasiment le même que le gouvernement Bayrou.
04:35On peut se demander à quoi ça sert de mettre 25 jours pour nommer quasiment les mêmes.
04:38C'est-à-dire que Manuel Valls était ministre de l'Outre-mer,
04:41Gérald Darmanin restait, donc Manuel Valls l'était déjà,
04:44Marc Darmanin restait à la justice,
04:46Retailleau restait à l'intérieur,
04:48Vautrin restait ministre du Travail et de la Santé,
04:51Dati, Rachida Dati restait ministre de la Culture,
04:53Agnès Panier-Runacher, ministre de l'Environnement,
04:55Agnès Gennevard, ministre de l'Agriculture,
04:58Montchalin des Comptes Publics,
04:59Tabarro au Transport, etc.
05:01Parmi les nouveaux...
05:01Barro au Quai d'Orsay.
05:02Il y avait Barro au Quai d'Orsay, ministre des Affaires étrangères.
05:06Parmi les nouveaux, il y avait Roland Lescure, ministre de l'Économie,
05:08qui avait déjà été ministre d'Emmanuel Macron auparavant.
05:12De l'industrie, de mémoire.
05:13De l'industrie.
05:14Et donc, il y avait Bruno Le Maire qui revenait de son exil suisse
05:19de façon assez surprenante aux armées.
05:21Je ne sais pas s'il a déjà pris le train parce qu'il a pu y retourner.
05:26Oui, et il y avait Éric Wirtz qui est très...
05:28Qui vient juste d'être relaxé dans le procès Sarkozy.
05:30Pilié de la Sarkozy pendant des années, ministre du budget,
05:33si je ne dis pas de bêtises, de Sarkozy.
05:34Puis ensuite, président de la commission des finances de l'Assemblée nationale,
05:38Kester, mis en cause dans plein d'affaires judiciaires de Sarkozy,
05:42relaxé à chaque fois, et relaxé dans le cadre de l'affaire du financement libyen de Sarkozy.
05:46Sitôt relaxé, sitôt nommé au gouvernement, et sitôt démissionné.
05:51Oui, c'est assez triste.
05:52Peut-être juste avant d'aller sur le...
05:54Se projeter un peu, autant qu'on peut.
05:57Sur le move, le geste de Retailleau,
06:00parce qu'on a dit effectivement, il y a la question de Bruno Le Maire,
06:03éventuellement, c'est un peu un prétexte.
06:05On sait que Bruno Retailleau, il vise une candidature à la présidentielle,
06:08c'est aussi pour ça que LR l'a nommé la tête du parti.
06:11On sait qu'il prépare sa sortie depuis le moment propice pour partir
06:14et pour orchestrer, mettre en scène son désaccord avec la Macronie.
06:17Est-ce que là, c'est ce qu'il est en train de faire ?
06:19Et auquel cas, ce n'est pas étonnant de partir sur une simple question de casting ?
06:23C'est très, très bizarre.
06:25On sait souvent ce qui se murmure dans les cabinets.
06:28On a souvent des off, des on.
06:30Des fois, on arrive à voir le calendrier.
06:32Ce qui se murmurait, c'était que, en gros, le corps nu allait deal avec LR.
06:36Il avait fait plein de gestes vis-à-vis du RN.
06:38Là, à l'Assemblée nationale, ils avaient donné des postes clés au Rassemblement national.
06:42Ils renonçaient au 49-3, ça veut dire qu'ils allaient avoir le débat parlementaire sur le budget
06:46et qu'ensuite, s'il n'y avait pas de vote du budget, ça passait par ordonnance.
06:49Et du coup, on voyait un chemin avec le corps nu Premier ministre jusqu'en janvier prochain.
06:53Et là, tout était ouvert avec le RN qui peut dire, on est responsable,
06:57on laissait passer son budget, on a pesé dessus.
06:59Et maintenant, c'est parti pour une des solutions.
07:01Là, ça a explosé.
07:02Si ça a explosé de façon aussi surprenante pour les Français, pour les politiques, pour les journalistes,
07:08c'est qu'il devait se passer plein de choses, de tensions internes dont on n'était pas au courant.
07:13Là, il y a une réponse que je peux apporter à ta question, c'est la stratégie LR sur Retailleau.
07:17Retailleau, il était tout le temps un peu schizophrène entre je suis ministre de l'Intérieur
07:20qui marque des points pour devenir candidat à la présidentielle,
07:24et je suis aussi président de LR, où là, il ne faut pas trop que je me mêle à la
07:28Macronie.
07:28Et je marque les désaccords.
07:30Donc il était un peu genre, je viens prendre des points au gouvernement, mais il faut que je reste un
07:33opposant.
07:34Et ce va-et-vient, qui était vraiment à surveiller comme du lait sur le feu,
07:40de la part de Lecornu et de Macron, à mon avis, n'a visiblement pas été à se surveiller,
07:43puisqu'il n'a pas été mis au courant que Bruno Le Maire allait entre au gouvernement.
07:46Et que derrière, il y a toute cette tragique comédie d'un bureau exceptionnel convoqué par LR ce matin
07:52pour dire quelle est la suite, avec David Lysnard, qui est le maire de Cannes,
07:56et le président de l'Association des maires de France, donc quelqu'un qui compte dans le paysage politique,
08:01surtout avant des municipales qui arrivent, et qui disait ce matin, ou dès hier soir d'ailleurs,
08:05dès hier soir, David Lysnard disait « si LR reste au gouvernement, je quitte LR ».
08:09Donc il y a une crise à LR qui nourrit la crise au gouvernement, qui nourrit la crise à LR,
08:14tout ça se nourrit.
08:15Et on ne voit pas trop bien où on va.
08:18Il y a de fortes chances maintenant, à mon avis, qu'il y ait une dissolution.
08:21Sachant que oui, ça c'est très important, tu l'as évoqué dans une de tes questions.
08:24Si on en est là aujourd'hui, c'est parce que la Macronie refuse de changer de politique.
08:27À aucun moment...
08:28Oui, ils organisent l'impasse.
08:29Ils organisent l'impasse.
08:30Ils préfèrent jouer comme des apprentis sorciers avec les institutions, avec la démocratie française,
08:35plutôt que déjà de reconnaître que c'est le nouveau front populaire qui est arrivé en tête du deuxième tour
08:39des législatives la dernière fois.
08:41Ce qui ne veut pas dire que le NFP n'aurait pas eu de problème.
08:43Oui, le gouvernement aurait aussi pu tomber assez rapidement.
08:46Après, ils auraient pu faire une déclaration de politique générale en disant qu'on augmente le SMIC, on revient sur
08:51la réforme des retraites, on augmente les fonctionnaires, on rétablit l'ISF, on met la taxe Zuckman, etc.
08:59Et puis si on tombe, on tombe là-dessus.
09:01Devant les Français sont pris un témoin que la gauche tombe parce que les autres refusent ça.
09:06Et là, il y a une sorte de pourrissement de la Macronie avec Barnier, avec Beyrou, avec le Cornu.
09:11Et à chaque fois, c'est presque de plus en plus grotesque.
09:17Il ne faut pas s'en réjouir non plus.
09:19Parce qu'en fait, ils maintiennent tout le temps le même cap politique.
09:22Et derrière, on ne sait pas jusqu'où ça va en termes de pourrissement de la démocratie française.
09:26Donc là, il faut faire un sursaut responsable de tout le monde.
09:28De fait, ils ne peuvent plus gouverner.
09:29Parce que là, c'est l'exemple typique.
09:31Ce n'est même pas qu'on n'arrive pas à passer un budget, c'est qu'on n'arrive
09:33pas à composer une équipe gouvernementale.
09:34Donc, on a atteint encore un stade de la crise supérieure.
09:37Je précise que là, on dit que c'est LR surtout qui a fait exploser l'attelage.
09:40Mais le modem était mécontent parce qu'il n'avait plus que deux ministres par rapport à la période Beyrou.
09:45Même s'ils appelaient à être responsables.
09:47Voilà, ils n'ont pas quitté.
09:48Mais en tout cas, il y avait quand même un courroux de la part du modem.
09:52L'UDI, qui on l'oublie souvent, mais fait partie du socle commun.
09:54Alors, ce n'est pas très important à l'Assemblée, mais ça allait au Sénat, puisqu'ils ont un groupe
09:57au Sénat.
09:58L'UDI a annoncé hier soir prendre sa liberté, c'est-à-dire sortir du socle commun.
10:02Ce qui, au Sénat, peut avoir des conséquences.
10:05C'est pareil pour les radicaux de gauche, je crois.
10:07Le parti radical qui avait annoncé ne plus être allié avec la Macronie.
10:11Ce qui peut paraître anecdotique, mais ce qui est assez important pour les municipales,
10:14même si la Macronie n'a jamais performé.
10:18Oui, ils aiment bien ce mot, les Macronies.
10:21Ils n'ont jamais performé aux municipales.
10:22Et pour terminer, Renaissance, Gabriel Attal a refusé de rentrer au gouvernement.
10:26Et a exprimé publiquement, enfin a fait chuter opportunément, on va dire, un courrier, je crois,
10:32ou un message à ses troupes, en mode, ne soyons pas comptables de ce cirque, quoi,
10:40et de cette comédie de gouvernement.
10:42Donc, personne n'est content.
10:43Et le corps nu, c'est aussi la conjonction de toutes ces colères qui fait que le corps nu, je
10:48pense,
10:48démissionne au-delà de la simple question des Républicains.
10:51La dernière question, c'est sur Macron, puisque tu l'as dit, bon, là, on a souvent dit que le
10:56roi était nu,
10:56le roi était nu.
10:58Là, si Beyrouth devait constituer un fusible face à la colère sociale,
11:02et notamment au 10 septembre, puis au 18, ça n'a pas marché.
11:06Là, le corps nu, c'était le fusible, le dernier fusible.
11:08Il n'a même pas eu le temps d'opérer, on va dire, presque.
11:10Donc là, tous les regards sont sur Macron.
11:13Oui, tous les regards sont sur Macron.
11:14Juste avant que tu poses cette question, j'étais déjà en train de me dire que ça nous posait des
11:17questions journalistiques,
11:18nous, le roi est nu.
11:20Qu'est-ce qu'on titre ?
11:21À chaque fois, on a l'impression que la Macronie dépasse une étape dans son pourrissement et son agonie.
11:27Alors, qu'est-ce qu'on va titrer demain ?
11:28Le pourrissement de la Macronie est consommé, le roi est plus que nul.
11:33Là, Macron est vraiment, on a l'impression, au bout du rouleau.
11:37Il a un détachement assez fascinant là-dessus.
11:39Depuis que Beyrouth, c'était déjà très difficile,
11:43et lui, il s'était concentré sur l'international.
11:45Oui, on a l'impression qu'il a renoncé à gouverner au national.
11:47En tout cas, c'est l'impression qu'il donne, puisqu'il veut quand même sanctuariser sa politique.
11:51Et qui plane complètement au-dessus de la situation politique française.
11:54Apparemment, c'est lui qui avait fait la composition du gouvernement Lecornu.
11:58Des bruits de couloirs qu'on a, c'est lui qui a vraiment pesé de tout son poids,
12:01pour que ce soit ce gouvernement-là qui ressemble autant à l'ancien.
12:05Comme si le seul problème, avant, c'était Beyrouth.
12:07Vraiment, le gouvernement Lecornu nous montre que, pour Lecornu, pour Macron,
12:11le problème du précédent gouvernement, c'est Beyrouth et c'est tout.
12:14Alors qu'en fait, ce n'est pas uniquement Beyrouth qui, c'est vrai,
12:17avait tenté ce coup de poker du vote de confiance sur la dette, ce qui n'existe pas.
12:23Et le problème, en fait, ce n'est pas que Beyrouth, le problème, c'est toute l'équipe gouvernementale.
12:27Et c'est surtout le cap politique que la Macronie impose depuis 2017.
12:31Alors, elle avait une grosse majorité pour pouvoir mener cette politique jusqu'en 2022.
12:36Et puis après, c'est la dégringolade 2022-2024.
12:39Aujourd'hui, la Macronie refuse de changer de politique et elle est en train de pourrir sur pied.
12:44Et on se demande bien ce qui va se passer maintenant.
12:46À voir, tous les scénarios sont ouverts, sachant qu'on est dans une situation politique française assez inédite.
12:51Puisqu'on n'est pas dans la Ve République, pendant longtemps, à fonctionner avec un gros bloc de droite, un
12:55gros bloc de gauche.
12:56Aujourd'hui, il y a trois blocs. Gauche, droite, extrême droite.
13:00Sachant qu'en plus, il y a une partie de la droite qui est de plus en plus alignée sur
13:03les propositions d'extrême droite d'un point de vue programmatique.
13:06Ce n'est pas le cas au niveau des alliances électorales.
13:08Mais il y a une union des droites qui est en train de se faire, en tout cas d'un
13:10point de vue philosophique,
13:12même s'il n'est pas fait d'un point de vue partidaire.
13:15À gauche, c'est une situation explosée avec un paysage morcelé, capable très vite de s'allier, très vite de
13:21se chercher des poux, très vite de se chercher des poux.
13:25Et le danger d'extrême droite est immense.
13:27Et le capitalisme en crise a refusé le résultat des urnes la dernière fois au législatif.
13:33Donc oui, la...
13:35C'est vrai que de toute façon, ça c'est une certitude.
13:38Dernière chose, peut-être juste, parce qu'on m'a posé la question dans un couloir en arrivant là,
13:41et je trouve que c'est une bonne question, même si c'est un peu anecdotique par rapport...
13:44Est-ce que les ministres qui ont été en poste, nommés en tout cas, pendant une dizaine d'heures là,
13:50vont toucher des indemnités des ministres ?
13:51Normalement non, d'ailleurs maintenant, il faut être ministre plusieurs mois avant de pouvoir prétendre des indemnités.
13:57Ok, c'est bien.
13:57Donc là, ils n'ont même pas pris leur fonction.
14:01Donc peut-être que ce ne sera même pas sur leur fiche Wikipédia, qui sait ? On ne sait pas.
14:04Ah si, si, moi je vais aller changer les pâles.
14:07Je fais en sorte que ça soit bien marqué.
14:09Ils ont été ministres sans être ministres, c'est ça qui est assez...
14:12Exactement, ils n'ont jamais pris leur poste.
14:14Eh bien, vous découvrirez à la Une de l'UMA, du coup, le titre qu'on aura choisi ce soir
14:18sur l'humanité.fr et sur les réseaux sociaux et puis d'en kiosque.
14:22Et puis de toute façon, on va suivre ça de très près.
14:25Et puis pour ceux qui se posent des questions sur la 6e République ou sur une autre République, c'est
14:28le moment d'aller se documenter aussi.
14:30On va peut-être préparer quelque chose dans l'humanité parce que...
14:32C'est le moment d'y réfléchir, on est vraiment dans le bout du bout d'une crise de régime.
14:37Tout à fait.
14:38Eh bien, à plus tard.

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