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  • il y a 21 heures
Parrain de la 5e édition du festival du film franco-arabe qui se tient jusqu’au 15 novembre à Noisy-le-Sec, le réalisateur franco-grec revendique la nécessité de montrer des films qui à travers des histoires intimes nous montrent la complexité et la diversité d’un monde arabe trop souvent caricaturé dans les médias. Le réalisateur de Z évoque également la situation actuelle de son pays natal, la Grèce, dont le peuple continue de souffrir, loin des yeux du monde.

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Transcription
00:01...
00:13Costa Gavras, bonjour.
00:14Bonjour.
00:15Vous êtes le parrain de la 5e édition du festival de films franco-arabe
00:20qui se tient à Noisy-le-Sec jusqu'au 15 novembre prochain.
00:23Pourquoi avoir accepté de parrainer ce festival ?
00:27Parce que je connaissais déjà ce festival.
00:28J'avais été il y a plusieurs années en Jordanie
00:32où ce festival franco-arabe a commencé.
00:35Ça existe, je crois, depuis une vingtaine d'années.
00:38Et quand ils m'ont dit qu'ils se reprenaient ici,
00:42je trouvais ça intéressant.
00:44Je trouvais ça intéressant et surtout je les ai demandé
00:46quel film voulait passer.
00:48Et j'ai vu que la qualité d'avoir des films était importante.
00:50C'est pour ça que j'ai accepté.
00:52Parrainer, bon, parrainer ça veut dire quoi ?
00:54Ça veut dire que vous êtes ici, vous me demandez.
00:56Sinon, les journalistes ne viendraient pas.
00:58Ou très peu.
01:00Donc, je dis, si on peut profiter,
01:02si les festivals profitaient de cela,
01:05je vous parraine.
01:07Je n'ai pas fait plus grand-chose.
01:09Je n'ai pas voulu non plus les contrôler,
01:11dire voilà quel type de programmation.
01:13Ils sont complètement libres, ils font ce qu'ils veulent.
01:15Et la programmation, elle m'intéresse beaucoup.
01:17Je pense qu'il y a des très beaux films.
01:18Elle est complexe.
01:20Voilà.
01:20Et ça, la complexité, vous aimez bien.
01:22On l'a vu dans vos films.
01:23La complexité est la complexité de la géopolitique et de la politique.
01:28Ça traverse tous vos films.
01:29Et ça traverse pas mal des films qu'on va pouvoir voir.
01:32Notamment, le film de Malek Benfail,
01:35Contre pouvoir.
01:36Beaucoup de ces films parlent de l'Algérie,
01:37dont un, d'ailleurs, que vous produisez.
01:40Il vous semble intéressant
01:42de montrer un monde arabe complexe
01:44et non pas simpliste,
01:45comme on veut nous le présenter aujourd'hui.
01:46Non, vous voyez, l'autre raison
01:48qui m'a incité beaucoup d'accepter,
01:50c'est qu'aujourd'hui,
01:52on parle du monde arabe comme une entité.
01:54Et on parle du monde arabe
01:56d'une manière un peu négative.
01:58Il y a quelque chose de négatif
02:00quand on dit arabe,
02:01il y a l'arabophobie, etc.
02:03Non, je pense qu'il y a un monde arabe.
02:05Il y a plusieurs mondes arabes, d'abord.
02:06Tout le monde le sait, ça.
02:08Et puis, je pense aussi qu'en ce moment,
02:10il faut parler de ce monde arabe ici.
02:12Le montrer au cinéma.
02:13Pourquoi au cinéma ?
02:14Le cinéma, c'est la fête.
02:15C'est la fête, c'est la communion.
02:16On voit tous ensemble face à un écran
02:18et on voit comment les gens vivent
02:20dans un autre pays.
02:22Dans un autre pays, on n'a jamais été.
02:24Avec des gens et des vues
02:25qu'on ne connaît pas du tout.
02:26Donc, on connaît la vie quotidienne
02:28de ce monde arabe
02:29qui n'est pas celui qu'on risque d'avoir,
02:32après avoir écouté des choses négatives,
02:34avoir vécu des choses négatives,
02:35avoir peur aussi,
02:36parce que ça peut arriver
02:37dans des choses horribles,
02:38peut arriver dans la rue,
02:39ce qui est arrivé à Nice ou ailleurs.
02:41Donc, on associe trop ça
02:42à tout le monde arabe.
02:43Donc, c'est ça qui m'a incité beaucoup
02:44de dire, voilà, il y a un autre monde arabe.
02:46En France, nous avons, je ne sais pas,
02:483 millions, 4 millions d'arabes
02:49qui sont déjà très bien.
02:50Moi, j'en connais beaucoup,
02:51quelques-uns, dans la profession
02:53et en dehors.
02:54Et ils sont des bons travailleurs,
02:55des bons pères de famille.
02:56Donc, tous ces gens-là,
02:57ils sont absolument effrayés
02:59de l'image qu'on projette sur eux.
03:01Alors, un film a l'avantage
03:03de montrer autre chose
03:04que cette image-là.
03:05Voilà ce qui m'a intéressé essentiellement.
03:07Et je pense que,
03:08dans cette multiplicité des films
03:10qui sont présentés,
03:11il y en a une soixantaine,
03:12que ce soit de documentaire
03:13ou de long-métrage,
03:14je trouve qu'il y a des choses
03:15formidables à voir.
03:17Ce serait quoi vos coups de cœur,
03:18par exemple,
03:19si vous avez le droit de le dire ?
03:20Oh, des coups de cœur,
03:20je ne les ai pas tous vus.
03:21J'en ai vu quelques-uns.
03:22Il y a au moins 10 films
03:24qui se présentent, je crois,
03:24pour la première fois.
03:25C'était tout neuf.
03:27Il y a des films,
03:28naturellement,
03:29c'est lui que j'ai produit,
03:29moi, que nous avons produit
03:31avec ma femme,
03:32qui est un film
03:33sur l'Algérie
03:34des années terribles.
03:36Et ça montre
03:37comment les gens ont existé,
03:38comment ils se sont sortis
03:40peu à peu
03:41de cette horrible situation.
03:43c'est parti.
03:56Assalamu alaikum wa rahmatullah.
03:58Aftahini albaab ya akhti.
04:04Bismillah arrahman arrahim.
04:06Aftahini ya akhti,
04:08ana ana ana li oudiyekni b'nuri wa sakinati al-khaliq.
04:12Bismillah, atati u-khaliq.
04:14Ana ana ana ana, ya akhti,
04:16le usahadi khalbaki,
04:17le usahid khalbaki,
04:18le usahid khalbaki,
04:20le usahid khalbaki,
04:24le usahid khalbaki,
04:26le usahid khalibaki.
04:28attendingassehili,
04:31ayadha na tutish.
04:32Oni tu ambyle me,
04:33allow me that je numbaraki,
04:37Perfect,
04:38out by~~
04:38Para usahid khalibaki,
04:39khalibaki wa tambo,
04:41koyamati al-khalibaki,
04:42meんですi akhidpaki.
04:52Suhaid del Senatoran,
05:18Alors ce film effectivement, il s'appelle Maintenant ils peuvent venir,
05:21c'est un film de Salem Brahimi qui sera présenté donc le vendredi 11 novembre à 17h30 donc pour la
05:27première fois en France. Comment vous l'avez rencontré ce film, ce réalisateur ? Parce que
05:32c'est un film sur les années terribles et c'est un film aussi absolument terrible dans lequel on
05:37apprend plus que dans n'importe quel livre sur cette fameuse décennie noire. Absolument. Le film,
05:42le jeune Brahimi est rentré comme stagiaire dans un film comme il y en a d'autres. Et puis il
05:49y a
05:49beaucoup de stagiaires dans le film et puis il y en a qui disparaissent, ils partent, ils travaillent et
05:52lui il est resté et puis il a travaillé très bien. Il est devenu très vite second assistant et puis
05:56assistant à la production. Donc il a fait un parcours formidable et puis le jour il est venu avec un
06:02livre algérien qui est du même nom et il a dit est-ce qu'on peut le monter. Michel, ma
06:07femme,
06:07s'est beaucoup occupé et ils ont trouvé l'argent et le film et il a fait un beau film.
06:10Un film qui
06:11vraiment mêlent d'être vu parce qu'on voit la résistance, on voit comment on peut vivre des
06:16situations aussi terrifiantes que celles qui ont vécu l'Algérie pendant près des dix ans,
06:20n'est-ce pas ? Il y a eu combien ? Deux cent mille morts je crois. Et ça c
06:24'était, ça me pensait
06:26qu'il s'était fait absolument aider ces jeunes hommes de faire son film et il a fait parfaitement bien.
06:30Il y a une époque où on met la religion un peu au centre de tout, de tous les maux
06:34et bien on
06:35voit dans ce film que les frères musulmans d'Algérie c'était pas tellement la religion qui les
06:43intéressait. C'est un film vraiment où la politique a son importance, où le pouvoir à
06:47son importance. Oui il y a une partie des musulmans qui ont pris, qui ont voulu prendre
06:52le pouvoir par la religion, en utilisant la religion et en faisant des horreurs. Il faut dire très vite,
06:59ils ont dégoûté tout le monde mais c'est vrai mais la religion aujourd'hui dans certains, il y a
07:03une
07:04certaine ambiguïté de l'utilisation de la religion mais là c'est un vaste projet, un vaste debat,
07:11c'est difficile d'y entrer. Mais il est vrai aussi que la religion, le problème de la religion c
07:15'est
07:15qu'elle permet tout, le meilleur et le pire. Ou plutôt les gens peuvent s'associer à l'idée de
07:21la religion et faire le meilleur et faire le pire. Mais heureusement à mon avis il y a beaucoup plus
07:27de
07:27gens qui sont pour le meilleur que pour le pire. On reconnaît votre optimisme légendaire. Alors une
07:34question qui n'a pas grand chose à voir avec le festival, vous êtes franco-grec, je crois que vous
07:39avez des liens très forts encore avec la Grèce où vous retournez très régulièrement. Quel est
07:43votre regard sur ce pays dont on a beaucoup parlé au moment de l'arrivée de Tsipras au pouvoir, qui
07:49a
07:49suscité un grand espoir, là qui a aussi un petit peu défrayé les chroniques des journaux à travers
07:57l'arrivée des gens qui s'exilent pour fuir la guerre en Syrie. Mais aujourd'hui, la Grèce que vous
08:06connaissez bien, comment va-t-elle ? On n'a plus de nouvelles de la Grèce. La Grèce va très
08:09mal. La Grèce va très
08:11mal mais on ne sait pas parce qu'on n'en parle plus. On a beaucoup parlé à un moment
08:14donné parce
08:15qu'il y a eu toutes ces relations avec l'Europe et tout d'un coup on n'en parle
08:19plus du tout. Beaucoup
08:20des gens me disent bon ça doit aller mieux. Mais non ça va mieux, ça va même pire. Ça va
08:25pire parce qu'il y a
08:26toujours sous l'emprise de la Commission européenne qui ne respecte que les, comment dirais-je,
08:34que les banques, qui n'aide que les banques et ils s'affichent complètement du peuple. Voilà. Il y a,
08:40vous devez le savoir, peut-être la majorité des gens ne le savent pas, qu'il y a une Troïka.
08:43Il y a
08:44trois Européens, trois, quatre Européens qui sont en Grèce qui vendent, qui ne sont pas grecs du tout et
08:49qui ne se réfèrent pas du tout au gouvernement grec. Ils vendent des aéroports, des plages, enfin tous les
08:54biens du État grec. Il est vendu par des gens qui n'ont rien à voir avec la Grèce, avec
08:58les gens élus
08:59par la Grèce et tout cela pour rembourser des gens qui auraient investi en Grèce. Alors ce qu'on n
09:05'a pas
09:06dit beaucoup non plus, c'est que les responsables dans cette affaire c'est naturellement les hommes
09:11politiques grecs, que ce soit la droite ou que ce soit la gauche. Mais les autres responsables sont aussi
09:16les Européens, que ce soit les Français, les Allemands, les Anglais qui ont vendu, et d'autres qui ont vendu
09:23beaucoup de biens
09:23à crédit pendant des années et des années en Grèce, sans se préoccuper si la Grèce pouvait les payer ou
09:29pas.
09:30Et puis un jour ils se sont aperçus que cette dette est devenue colossale et qu'elle ne pouvait pas
09:34la payer.
09:34L'Europe elle-même, la Commission européenne et toutes les autorités européennes de la Commission,
09:39ils ont vu cette dette monter mais ils ne sont pas intervenus pour dire arrêtez comment ils vont payer.
09:43Et tout d'un coup, ils se trouvent tous d'être complètement, comment dirais-je, avoir raison et dire payez
09:51-vous les Grecs.
09:51C'est ça. Et les Grecs ne peuvent pas payer. En même temps tout le monde sait que la Grèce
09:55ne peut pas payer cette dette.
09:57Elle est tellement colossale, c'est comme on disait à moi ou à vous de payer 100 millions d'euros.
10:02Je ne sais pas quoi. On ne les trouve pas. Ce n'est pas possible.
10:05Donc les Grecs ne peuvent pas les payer mais ils le savent. Ils ne font rien pour arranger leur vie.
10:08La situation est encore plus négative parce que le fait qu'on ne fait rien pour que cette dette soit
10:15étalée, soit réduite,
10:17les investissements en Grèce ne se font pas. Donc il y a un chômage colossal.
10:21Il y a tous les jeunes Grecs qui s'en vont, ce qui est un autre appauvrissement.
10:25Le pire de tous à mon avis, parce qu'il y a à peu près 200 000 jeunes Grecs qui
10:29sont partis.
10:30Ça veut dire que ce sont les cadres en plus. Ce n'est pas les ouvriers qui peuvent partir.
10:35Ce sont ceux qui font des études supérieures. Et ceux-là, ils ne sont pas sûrs de revenir.
10:39Donc c'est un double appauvrissement, en dehors de la situation terrible que vivent beaucoup, beaucoup de gens quotidiennement.
10:48Mais vous, vous y retournez, qu'est-ce qu'on ne pourra pas prendre à la Grèce ? La lumière
10:53?
10:54Non, la Grèce, il y a plein de choses. Il y a la lumière, il y a la beauté de
11:00la Grèce, il y a la gentillesse des Grecs.
11:01Mais malgré tout, vous voyez, pour l'histoire de tous ces immigrés qui sont passés de la Turquie à la
11:06Grèce,
11:07ils les ont très bien accueillis finalement, en général.
11:11Malgré les difficultés économiques qu'ils ont, ils ont tout fait pour que ça se passe correctement.
11:15Donc il y a tout cela. Il y a tout le côté positif.
11:18Et puis c'est un peuple qui a quand même une tradition extraordinaire.
11:21Et on se réfère sans jamais en grec, n'est-ce pas ?
11:23Donc il y a tout ça à la Grèce.
11:25Ce n'est pas un pays dont on peut rester indifférent.
11:29Mais l'Europe reste indifférente.
11:32La Commission européenne reste fermée complètement.
11:34Monsieur Jung propose des cravates à Tsipras,
11:37qu'il n'a pas envie d'en mettre d'ailleurs.
11:39Mais il ne propose pas des changements radicaux pour que la situation économique du pays change.
11:45Est-ce que le cinéma peut quelque chose ?
11:47Le cinéma, ils font des films, les jeunes grecs.
11:51D'ailleurs je pense que peut-être en mars ou en avril,
11:54il va y avoir une sorte de rétrospective du cinéma grec comme ça.
11:57Les Français verront peut-être aussi un autre aspect de la Grèce.
12:01Ils vont aussi voir le drame que vivent beaucoup de Grecs.
12:04Merci beaucoup Costagabras.
12:12C'est parti !

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